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CÊTRAIUQUE

sont plus méridionales. C'est ainsi qu'en Amérique, on la trouve jusque sur les montagnes du Nord de la Caroline et de la Virginie, qu'en Asie elle se rencontre dans l'Oural, et en Europe depuis l'Islande et la Laponie jusqu'aux Pyrénées, même en Espagne, sur les Alpes, en Italie, dans l'Albanie, et dans la Russie centrale.

Les thalles de ce lichen sont minces, cartilagineux. Simples, étroits et roulés en gouttière à la base, ils se dilatent en expansions lobées, déchiquetées, ciliées sur les bords. Les faces sont complètement glabres, de couleur variable. La base est marquée le plus souvent d'une lâche rouge. La face supérieure est tantôt d'un vert olivâtre, tantôt d'un brun marron, parfois même presque noirâtre. La face inférieure, généralement convexe, est d'une couleur plus pâle, grise ou fauve, montrant çà et là des points d'un blanc crétacé, qui correspondent à des solutions de continuité de la membrane extérieure. Les fructifications, placées obliquement sur la marge des lobes terminaux, sont des scutelles orbiculaires, d'un brunrougeâtre.

Le lichen d'Islande présente un grand nombre de variétés, tenant à la largeur plus ou moins grande des thalles ; à leurs bords tantôt simplement ondulés, quelquefois très-fortement crispés : à la coloration plus ou moins foncée des deux faces, etc., etc.

Les thalles du lichen d'Islande sont formées de trois couches distinctes , bien visibles au microscope. Au milieu, une sorte de moelle centrale, formée de cellules tubuleuses lâchement unies et laissant entre elles des interstices remplis d'air. De chaque côté de cette moelle centrale, des cellules très-allongées parallèlement aux faces du lichen et formant un feutre assez dense ; extérieurement, sur les deux faces, des cellules arrondies ou polyédriques à parois épaisses et à cavité intéiieure rétrécie. G est entre la zone centrale et les deux couches qui la hmitent de chaque côté que sont répandues les grosses cellules verdàtres, qu'on nomme les gonidies, et qui existent en général chez les lichens. Lorsqu'on touche ces membranes avec l'acide sulfurique d'abord, puis avec la teinture d'iode, on voit la couche feutrée bleuir très-manifestement, tandis que la couche superficielle devient jaune et que les gonidies prennent une couleur brune. — La couleur bleu violacé de la couche intermédiaire y décèle la présence d'une assez grande quantité de la matière amylacée particulière aux lichens qu'on a désignée sous le nom de Lichénine.

Linné. Species, 1611. — De Candolle. Flore Française, il 399. — Acharids. Lichenographia universalis, 512. — Berg et Schmidt. Darstetliing und Beschreibung der offizinellen Gewàchse. Tab. XXXII d. — GuiDocRT. Drogues simples, G' édit., p. 57. Pl.

g IL Emploi médical. {Voy. LiCHEN d'IslaNDe).

(JÉTRARIIV, cÉTBARll^E. On donne ces noms à l'acide cétrarique [voy. Cétrarique (acide).

CÉTRARIQUE (Acide). Cétrarine. C^^fl^O^ Cet acide est tiré du lichen d'Islande {Cétmria Islandica) en traitant cette plante par de l'alcool bouillant mêlé à quinze millième de son poids de carbonate de potasse. On en doit la préparation à l'état pur à MM. Knop et Schenedermann [Ann. der Chem. u. Pharm., T. XXI, p. 137).

L'acide cétrarique cristallise en très-fines aiguilles d'une blancheur éclatante. 11 a une saveur amère, l'alcool absolu bouillant le dissout très-facilement, l'éther fort peu et l'eau à peine.

Cl'jTTl'j (station maiune). 605

Cet acide brunit quand on le fait bouillir avec de l'eau alcaline, et même, mais plus lentement, avec de l'eau seule. L'acide sulfurique le jaunit d'abord, puis il le fait passer au rouge et ensuite il le dissout, mais l'eau ajoutée à la solution y détermine un dépôt ulmique.

Par son contact, l'acide chlorhydrique bleuit l'acide cétrarique, qui devient rouge eu se dissolvant dans l'acide sulfurique iVoù l'eau le précipite avec sa couleur bleue primitive.

L'acide cétrarique décompose les carbonates alcalins en donnant naissance à des sels jaunes très-amers, solubles dans l'eau et dans l'alcool, et que les acides puissants décomposent, en mettant en liberté de l'acide cétrarique incolore.

Cet acide paraît être bil)asique à cause de sa tendance à former des sels acides. Lescétrarates n'offrent aucun intérêt jusqu'à présent. M.

CETTE (Station marine de), dans le département de l'Hérault, dans l'arrondissement de Montpellier, chef-lieu de canton, est un port de mer peuplé de SS/tSS habitants. La ville basse et la haute ville sont construites sur le canal de Cette, entre l'étang de Thau et la mer sur le golfe de Lion. Cette, à l'embrauchement des lignes de fer de Marseille, de Bordeaux et de Montpellier, possède un phare, une citadelle, un collège, une école èe pilotes et un lazaret. La pêche est très-active à Cette, qui est un centre conimercial important, à cause de ses morues séchées, de ses vins blancs du Roussillon, et surtout de ses vins d'Espagne imités, si bien réussis que, quoiqu'il n'y entre que des raisins de ceps acclimatés des crus qu'ils représentent, trompent les plus fins gourmets qui les prennent pour des vins véritables. La fabrication des cendres gravelées, des bouchons et du chlorure de sodium, si beau et si blanc des marais salants qui entourent Cette, forment les branches d'industrie qui doivent surtout attirer l'attention. Les paquebots qui, chaque jour, vont ou viennent à Marseille, ceux qui chaque semaine font le voyage d'Alger ou d'Oran, contribuent encore à faire de Cette une ville maritime dont les importations et les exportations deviennent de plus en plus considérables. La promenade du Ghâteau-d'Eau, les beaux quais qui bordent les bassins et les canaux maritimes, et oii les navires et les bateaux peuvent venir décharger et prendre leurs cargaisons, les gares de terre et d'eau qui se trouvent en dehors et au dedans de la ville, doivent enfin être signalés, si l'on veut ne rien omettre des avantages principaux du port de Cette.

Les habitants de Lyon et de la ligne du Midi sont ceux qui fréquentent le plus les bains de mer de Cette, dont la plage est une des plus unies, des plus vastes et des mieux placées de toutes celles de la Méditerranée. Elle continue, en effet, une des places centrales de la ville. Cette plage est à l'extrémité orientale de la jetée de Frontignan ; elle se compose d'un sable fin et doux, sans aucuns galets; son inclinaison, à peine sensible, permet de faire cent ou cent cinquante mètres avant de perdre pied. Cette disposition est très-appréciée des baigneurs, qui sont dispensés de l'aide des gens de service, et des parents dont les enfants n'ont presque pas besoin de surveillance. La mer est à Cette, comme dans les autres points du littoral méditerranéen, une sorte de lac salé oii l'influence de la vague ne se fait sentir que lorsque le vent, à midi, souffle avec violence.

Des bains et des douches d'eau de mer chauffée sont à la disposition des malades, auxquels les médecins ont recommandé l'emploi de cette médication.

Enfin, des bains de sable complètent l'installation balnéolhérapique de la ville de Cette. Une excavation de 30 à 40 centimètres de profondeur est creusée dans la

DICT. liiNC. XIV. • 39

G06 CÉTYLIQUE.

grève i le sable que l'on en a retiré est exposé aux rayons du soleil, ainsi que la fossé qui vient d'être faite. Lorsque l'un et l'autre se sont élevés à une température qui varie entre 28" et 30» centigrade, les malades se couchent dans leur baignoire naturelle et sont recouverts par le sable qui la remplissait.

La durée des bains de mer froids est, en général, à Cette, de dix à trente minutes. Quelques personnes prennent deux de ces bains par jour ; l'un de six à dix heures du matin, et l'autre de quatre à six heures du soir. Le temps que les baigneurs passent dans l'eau de mer artificiellement chauffée, est de quarante-cinq minutes à une heure. Les douches à l'eau de mer, à la température de l'air ambiant, sont de dix minutes, et les douches d'eau de mer chaude sont de vingt à trente minutes. Les bains de sable sont en moyenne d'une demi-heure.

Les malades qui craignent pour leurs voies aériennes, ceux qui redoutent une température basse ou variable, ceux qui cherchent une chaleur assez élevée, ceux qui n'ont rien à gagner à l'agitation du flot, se rendent volontiers à Cette dont la plage est remarquable et la ville assez animée pour n'avoir pas la monotonie des petites stations maritimes.

Les bains du sable marin de Cette sont suivis surtout par les rhumatisants, chez lesquels il importe de congestionner la surface cutanée, d'y appeler une grande chaleur et d'y déterminer une sueur abondante et profuse.

A. ROTUREAU.

cÉT¥liA.TES. On désigne sous ce nom générique des composés formés d'oxyde de cétyle (G^*H*°0^) et d'un radical quelconque. Exemples. Célylate d'ethyle composé d'oxyde cétyliqueet d'éthyle [(C'^H'')(G*0^)0^]; Cétylate de potassium formé d'oxyde cétylique et de potassium (C'WKÛ^), etc., etc.

Cétylènë. Cétène. C'*fP*. Hydrogène carboné ayant la même composition centésimale que le gaz oléifiant (hydrogène bicarboné C*H*). On l'obtient soit par des distillations répétées de l'Ethal sur de l'acide pho^phorique anhydre, soit en distillant vivement la cétine et en traitant le produit distillé par la potasse qui dissout les acides gras, tandis que le cétylène vient surnager.

Le cétylène est un liquide incolore, insipide, huileux, insoluble dans l'eau, trèssoluble dans l'alcool et l'éther, tachant le papier à la manière des corps gras et complètement neutre. Il brûle avec une flamme blanche et distille vers 275° sans altération.

Sa densité déterminée par M. Mendelejef à la températurede 15°2 estde 0,789 Comptes rendus de l'Académie. T. L, p. 52). La densité de sa vapeur est de 8,007.

Suivant M. Berthelot, le cétylène s'unit aux acides chlorhydrique et bromhydrique à la température ordinaire et encore mieux à 100" : mais ces composés sont détruits par la simple distillation {Ann. de Chim. et de Phys. 3* série. T. LI, p. 81).

Le cétylène se combine directement avec le brome et donne lieu à un composé (G'^H'^Br*) que la distillation détruit en partie et que la potasse décompose en donnant naissance à un produit de substitution (C^^H^'Br).

Le ctlore donne des produits mal définis.

ctTYUQVE {khcooi). Hydrate de cétyle. Ethal. C'^H'W. Le groupe moléculaire qui, dans la cétine, joue le même rôle que la glycérine dans les corps gras ordinaires, une fois dégagé de sa combinaison avec l'acide ou les acides con-

CÉVADILLE (botanique). 607

stituant la cétine porte le nom d'Ethal : c'est un corps solide, incolore, crisLallisable en lames brillantes. Fondu dans un tube, il se fige à 48° ; fondu sur l'eau, il se solidifie à 51° (Ghevreul).

L'Ethal est insoluble dans l'eau, soluble en toute proportion dans l'alcool et l'éther et peut-être distillé sans altération. On l'appelle aussi alcool éthalique, car il possède de nombreux caractères chimiques qui le rendent comparable à l'alcool et jusqu'à un certain pointa la glycérine, qui est elle-même un alcool, mais un alcool triatomique,

En effet, avec l'éthal et l'acide sulfurique, il est aisé de préparer l'acide sulfoéthalique qui correspond à l'acide sulfovinique ; avec le perchlorure de pliosphore il donne naissance à un corps huileux homologue de l'éther chlorhydrique. Lorsqu'on chauffe à 220» un mélange d'éthal et de chaux potassée, on obtient de l'acide éthalique, comme on obtiendrait de l'acide acétique, si l'on soumettait l'alcool au même traitement. Si l'on distille de l'éthal avec de l'acide phosphorique anhydre, on obtient lecétène ou cétylène qui est au corps dont il dérive, ce que le gaz oléifiant est à l'alcool. Enfin M. Berthelot, ayant combiné l'éthal avec l'acide stéarique, a formé un véritable corps gras neutre et a mis en pleine évidence sa nature alcoolique.

h'éthal a été découvert par M. Ghevreul en saponifiant le blanc de baleine (Recherchessur les corps gras, 1823, p. 171). Plus tard MM. Dumaset Peligot l'ont également tiré du blanc de baleine en faisant agir sur cette substance fondue de la potasse en fragments {Ann. de Chim. et de Phys. T. 62, p. 4). Plus tard encore M. Heintz l'a préparé en faisant bouillir le blanc de baleine avec une dissolution alcoolique de potasse {Poggend. Ann., T. 84 et 87, p. 232 et 553). M. .

CÉVADILLE. g 1. Botanique. Sabadilla, Brândt. Genre de plantes Monocotylédones, appartenant à la famille des Golchicacées, et à la tribu des Vératrées. La seule espèce qui entre actuellement dans le genre Sabadilla, faisait tout d'abord partie des Yeratrum et on la désignait sous le nom de Veratrum officinale, Schlect. et Gham. On l'a fait sortir de ce genre pour la placer successivement dans un certain nombre d'autres appartenant au même groupe des Vératrées ; c'est ainsi qu'elle a porté les divers noms de Helonias officinalis, Don ; Schœnocaulon officinale, A. Gray. ; Asagrœa officinalis, Lindl. et qu'elle constitue maintenant, à elle seule, le genre Sabadilla, sous le nom de S. officinarum, Brandt.

C'est une plante bulbeuse, haute de près de deux mètres, munie de longues feuilles parallélinerviées, et portant, au sommet d'une hampe centrale, une grappe spiciforme atteignant près d'un demi-mètre de long. Les fleurs, qui composent cette grappe, sont polygames ; celles de la partie inférieure, hermaphrodites; celles du haut à pistil avorté. Toutes ont un périgone de couleur verdâtre, à six divisions presque distinctes, linéaires, lancéolées, un peu élargies à la base, et munies, en ce point, d'une glande nectarifère. Ges six divisions sont disposées sur deux rangs, de même que les six étamines, dontles trois extérieures dépassent en longueur les pièces du périanthe, tandis que les trois intérieures sont manifestement plus courtes. Les anthères fixées à l'extrémité du filet de ces étamines sont réniformes, presque uniloculaires par la destruction incomplète de la cloison qui séparait les deux loges ; elles s'ouvrent par leur bord convexe en deux parties qui se rabattent sur un même plan et deviennent ainsi peltées. Le pistil est formé de trois carpelles, réunis par le bas, libres par le haut : les ovaires sont oblongs

608 CÉVADILLE (phahmacolûgie).

lancéolés, atténués vers le haut en un style court, portant un stigmate peu apparent. Le fruit, qui est la partie employée, est formé de trois capsuler papyriformes réunies parleur base et entourées par les pièces du périgone persistant et les étaniines. Ces capsules, longues d'un centimètre environ, larges d'un demicentimètre, sont acuminées vers le haut et s'ouvrent à la maturité par la suture ventrale. Chacune d'elles contient de une à six graines oblongues ou lancéolées, atténuées au sommet, marquées à la base, sur l'une des faces, d'un sillon assez profond. Ces graines contiennent, au-dessous d'une enveloppe d'un brun foncé ou noirâtre, un albumen blanchâtre, charnu, entourant à sa base un tout petit embryon.

La Cévadille croît dans les gazons de la partie orientale des Andes du Mexique, du côté duCoffre de Perote et du Pic d'Orizaba. On la cultive dans certaines villes du littoral sur le golfe du Mexique.

Une espèce, qu'il ne faut pas confondre avecle Sabadilla of^cmarMm, Brandt, est le Veratrum Sabadilla, Retz, qui vient dans les Antilles et dans les terres chaudes du Mexique. Les fruits de cette plante qu'on mêle quelquefois, mais rarement cependant, à la Cévadille, s'en distinguent par leur forme plus arrondie, et leur couleur plus foncée {voy. Veratre).

Brandt. In Haïne Arzneigewâclise , XIII, 27. — Lindley. Médical and Economical Botany, p. 55. — Berg (0.) et Schmidt. Darstelluiig imd Beschreibung der offizinellen Gewâchse, II, tab. IX, 1. — GuiBooBT. Drogues simples, 6" édit., II, p. 152. Pl.

g 11. Pharmacologie. La cévadille des pharmacies est le fruit d'une plante du Mexique, de la famille des colchicacées, décrite d'abord par Schlechtendahl sous le nom de veratrum officinale, nommée ensuite par Don Helonias officinalis, par Lindley Asagrœa officinalis, enfin par Giay Schœnocaulon officinale. Ce fruit est formé d'une capsule à trois loges ouvertes par le haut, mince, légère, d'un gris rougeâtre ; chaque loge renferme deux ou trois semences noirâtres, allongées, pointues et recourbées en sabre par le haut (Guibourt).

D'après M. Schaffner, pharmacien à Mexico, la cévadille pourrait aussi être fournie par d'autres espèces, particulièrement par le Veratrum Sabadilla, auquel on a longtemps et exclusivement rapporté l'origine de la cévadille, et qui avait été décrit par Retz. Mais d'après Planchon, on ne rencontre que rarement dans la cévadille officinale le fruit du Veratrum sabadilla, qui s'en distingue par sa forme plus arrondie et sa- couleur plus foncée.

Le nom de cévadille vient de la ressemblance du port de la plante avec celui de l'orge (en espagnol, cebada, sebadilla, petit orge). C'est Monard qui le premier a fait connaître ce produit exotique, en 1572 (Drogues, 143).

Les semences de la cévadille, beaucoup plus actives que la capsule qui les enveloppe, ont une saveur amère, acre, corrosive, provoquant la salivation. Leur poudre est fortement sternutatoire.

L'analyse de la cévadille, par Pelletier et Gaventou, a donné pour résultats : une matière grasse, composée d'oléine, de stéarine et A' acide cévadique; de la cire; du gallate acide de vératrine; une matière colorante jaune; de la gomme, du ligneux, des sels de potasse et de chaux et un peu de silice (Annales de physique et de chimie, t. XIV, p. 69 et Journal de Pharmacie, t. VI, p. 354).

L'acide cévadique est blanc, cristallisé en aiguilles nacrées, a une odeur butyrique faible, est fusible à 20 degrés et volatil.

CÉVADILLE (emploi médical). 609

Merck a trouvé un autre acide particulier, qu'il a nommé acide vératrique, et qui appartient aussi à la série des acides gras volatils.

La vératrine est un alcaloïde qui a pour formule : G^'H^'AzO^ Elle a été découverte dans la cévadille par Meissner, en 1816, constatée dans ce fruit par Pelletier et Caventou, qui l'ont retirée également du veratnim album, et retrouvée dans les bulbes de colchique par Mélandre etMoretti. Étudiée ensuite par 0. Henry [Journal de Pharmacie, t. XVIII, p. 663), par Couerbc, elle a été obtenue en 1855 sous sa forme la plus parfaite par Merk. Couerbe a trouvé en outre dans la cévadille un autre alcaloïde, qu'il a nommé sabadilline.

Nous ne devons pas insister davantage ici sur la Vératrine, qui, vu son importance et ses nombreuses applications thérapeutiques, doit faire l'objet d'un article spécial.

Formes pharmaceutiques et doses. Poudre de cévadille. Il faut prendre beaucoup de précautions pendant la pulvérisation de la cévadille. En raison de la vératrine qu'elle contient, les plus petites quantités de poudi'e causent des éternuements violents. Les semences se pulvéïisent en dernier, et l'on doit avec grand soin mélanger les produits (Soubeiran). 20 à 50 centigrammes ; a été donnée jusqu'à 2 grammes par Bremser.

Teinture de cévadille. Poudre de cévadille, 1 ; alcool rectifié, 2. — Faites macérer pendant huit jours; filtrez (Turnbull). Emploi externe, en applications, frictions.

Extrait de cévadille. Il s'obtient en faisait évaporer la teinture ci-dessus (Turnbull).

Pilules de cévadille. Extrait de cévadille, 10 centigrammes; poudre de réglisse, S. Q. F. S. A. 10 pilules (Turnbull). 1 pilule d'heure en heure, en observant les effets.

g 111. Emploi médical. La cévadille est une substance très-énergique dont les effets sont également sensibles à l'exlérieur et à l'intérieur. Sur les muqueuses, sur les plaies, son action est très-aggressive et presque caustique. Sur la peau même elle produit de l'irritation, et y détermine surtout un picotement désagréable. En se prêtant à l'absorption, elle peut en outre causer des accidents toxiques. A l'intérieur elle irrite vivement la muqueuse digestive, provoque des vomissements et des superpurgations, et peut aller jusqu'à déterminer le délire, des convulsions et la mort. Après un usage interne de quelque jours, elle occasionne, dit Gubler, une sensation de chaleur et de fourmillement vers la périphérie cutanée, et parfois une éruption. Elle me paraît avoir sur le système nerveux une action excitante qui a quelque analogie avec celle de la noix vomique.

Ce médicament a été essayé contre diverses maladies des centres nerveux ; par exemple, contre l'apoplexie et les paralysies qui en résultent, contre certaines névroses, entre autres l'éclampsie; on l'a préconisé aussi contre l'hydrophobie rabique. On a pensé que, dans ces diverses circonstances, il pouvait agir, tantôt comme excitant, tantôt comme antispasmodique ou révulsif drastique. Mais ses avantages éventuels n'ont point paru compenser ses inconvénients, ses dangers même, et l'on y a généralement renoncé. Il n'est pas mieux démontré qu'il soit bien efficace contre les névralgies, notamment celles de la face connues sous le nom de tics douloureux, auxquelles ont été opposées les pilules de Turnbull. Dans ces cas, de même que dans les affections goutteuses et rhumatismales, on a recours de préférence aujourd'hui à la vératrme, qui, quoique condensant en

Mi) CÉVADIQUE

elle la plus grande énergie de la cévadille, n'en est pas moins plus facile à maniei, plus appréciable dans ses effets, plus sûre dans ses résultats.

On a persisté néanmoins pendant assez longtemps à conseiller et à employer la cévadille comrate anthelminthique, tant contre les ascarides lombricoïdes que contre le taenia. Sclimucker, Brewer et Bremser oat particulièrement recommandé ce moyen comme tsenicide, et ce dernier auteur a donné ainsi la poudre de cévadille jusqu'à un demi-gros par jour chez l'adulte. Seeliger et Carger l'ont emjiloyée contre les ascarides chez les enfants ; elle en serait en eftet le spécifique, dit Ilippolyte Cloquel dans sa Faune des médecins (II, 128). Mais s'il est de principe qu'un anthelminthique rationnel ne doit nuire qu'aux parasites intestinaux et non à la fois au sujet qui les porte, on devra renoncer à un moyen qui n'offre pas, dans l'espèce, toute la sécurité désirable. On trouve encore dans les traités de pharmacie et de matière médicale des formules de lavements anthelminthiques, qui comportent jusqu'à huit grammes de poudre de cévadille et seraient certainement susceptibles de causer de graves accidents ; il faut les proscrire, et non les prescrire.

Il ne reste donc pour la cévadille que l'usage externe, et encore, comme on va le voir, devra-t-il être bien limité.

Il paraît que la première destination donnée à ce médicament fut de servir à la destruction des poux de tête ; il entrait dans une poudre composée, avec la stapliysaigre et le persil, vulgairement employée jusqu'à nos jours pour combattre la vermine, et connue sous le nom de poudre de capucins. Ce mélange, s'il n'était pas employé avec réserve, avec précaution, sur un cuir chevelu parfaitement intact, pouvait devenir très-dangereux. Le comble de l'imprudence serait d'employer la poudre de cévadille pure ; imprudence parfois commise, et qui a été suivie de résultats funestes. On peut en revanche s'en servir avec avantage pour détruire les insectes nuisibles tels que les punaises, et elle entre probablement dans certaines des poudres insecticides répandues dans le commerce.

La poudre de cévadille a été employée mêlée à l'axonge en onction sur les parties atteintes de névralgies. On a essayé sa teinture en frictions sur les articulations engorgées par des rhumatismes chroniques, soit pour exciter la résolution, soit pour calmer la douleur. Gubler {Comment, thérap. du Codex) indique cette teinture en application sur la région précordiale, dans les cas de palpitations nerveuses ; elle régularise les battements du cœur ; elle peut aussi contribuer à les ranimer dans la syncope.

La cévadille sert principalement aujourd'hui à obtenir la vératrine.

Bibliographie. — Lottingbr. Mémoire sur la cévadille. In Ane. Journ. de méd., t. XXV, p. 231, 17C6. — WiLLEMET, Mémoire pour servir à l'histoire naturelle et botanique de la cévadille. In Eouv. mém. de Dijon, 1782, 2° semestre, p. 197. — Bbewer. Observations sur l'usage de la cévadille administrée comme vermifuge. In Journ. de la Soc. de méd. de Paris. t. m, p. 536. — Desessartz. Réflexions sur les observations de Brewer. Ibid., p. 370. — Descocrtils. Mémoire sur la cévadille. In Ann. de la Soc. Lin. de Paris, mai 1824. — Mérat et De Lens. Dict. univ. de mat. médic., t. VI, p. 860. — Couerbe. Recherches chimiques sur quelques substances quaternaires d'origine organique. In Journal de pharmacie et des sciences accessoires, t. XIX, p. 527 et suiv. Paris, 1833. — Gdieourt. Observations sur les 2)roduclioni du Mexique In Journ. de pharmacie et de chini., août 1866, 4'= série, t. IV, p. 101. — Gdibobrt etPLANCHON. Hist. nat. des Drogues simples, 6' édition. Paris, 1869, t. Il, p. 152. D. DE Savi&nac.

CÉVADIQVE (Acide) . Acide retiré par Pelletier et Gaventou des graines de la cévadille. Cristallisé en aiguilles blanches, volatil, se sublime à une ifaible chaleur, se fond à -1- 20", et est soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther.

CEYLAN (géographie). 6H

CETLa.iv (GÉOGRAPHIE médicale). L'île de Ceylan, l'une des plus riches du inonde, est incontestablement celle qui a le plus attiré l'attention de tous les peuples, dans le moyen âge comme dans les temps antiques. La multiplicité des noms qu'elle a reçus est une des conséquences de cette réputation universelle dont elle a si longtemps joui. Connue sous le nom de Taprofcane dans la géographie classique, elle était désignée sous celui de Lanka, dans la littérature indienne, et sous celui de Sinhala, ou plus souvent Sinhala-dwipa (l'île des Lions) dans la littérature indigène. Nous pourrions ajouter toute une série d'autres dénominations qui ont été usitées, dans l'antiquité ou au moyen âge, par les peuples divers de l'Europe et de l'Orient. Contentons-nous défaire remarquer que ce nom de Sinhala est précisément celui qui, altéré par les prononciations étrangères, a donné Zeilan, Ceylâo (portugais), Geylon (anglais), Ceylan (hollandais ot français), etc.

L'île de Ceylan, comprise entre 5»55' et 9«51' N. et entre 77"16' et 79''38' E, est une grande et magnifique terre située au Sud-Est de la péninsule indienne, dans la mer des Indes, où elle occupe, relativement au continent asiatique, une position un peu comparable à celle de Madagascar, près du continent africain. Allongée en forme de perle, avec la partie la plus large dirigée vers le Sud, elle mesure de la pointe de Pedro ou Palmyra, au N., à la pointe de Dondra (Dondera head), 437 kilomètres ; et dans sa plus grande largeur, de Colombo à l'O. àSangemankande, 281 kilomètres. Sa superficie, en y comprenant celle des îles qui en dépendent, a été évaluée à 65,600 kilomètres carrés (25,742 mil, carrés angl.) c'est-à-dire, les cinq sixièmes de la surface de l'Irlande.

Orographie ; Géologie. La surface de l'île est loin de présenter un aspect uniforme et sans accidents. Vers le milieu de la partie la plus large, c'est-à-dire vers le point d'intersection des deux axes de l'espèce d'ovale que décrit le contour de l'île, s'élève une masse montagneuse, assez considérable pour csuvrir un espace de 10,400 kilomètres carrés, c'est-à-dire environ la sixième partis de la superficie totale. Le massif élevé a pour origine un soulèvement brusque, à la suite duquel les débris des formations stratifiées qui reposaient sur les rocnes éruptives ont été violemment dispersées, et ont recouvert de leurs débris, le sol environnant, à une assez grande distance. Le centre d'action de ce soulèvement, dont la direction moyenne est orientée de S.-O. à N.-E. paraît devoir être placé dans les environs du pic d'Adam, par 6°50' N. à peu près. Mais le soulèvement semble néanmoins avoir été assez irrégulier, et particulièrement au S. et à l'O. ciupic d'Adam, où. les chaîpes de montagnes ont une orientation apparente du S.-E. au N.-O. Vers le nord, la masse se divise en longs coteaux, séparés par des vallées peu profondes, et qui vont se perdre dans les grandes et riches plaines des provinces septentrionales.

Dans ce groupe, quelques sommets atteignent une altitude élevée, et méritent d'être cités. Le plus remarquable est le pic de Pedrotallagalla, 2,523 m.; Kirrigalpotta, 2,379 m.; Totapella, 2,552 ra. ; le pic d'Adam, 2,260 m.; Namuni Kuli, 2,055 m. ; le plateau de Neuera-EIlia, 1,892 m. Indépendamment de cette chaîne, dont quelques anneaux détachés s'avancent jusque vers Trincomalie, dans la direction du N.-E., il n'existe presque pas de montagnes isolées à Ceylan; il faut pourtant citer le mont Mihintala qui domine la ville sainte d'Anamj apura.

Tout autour de la masse centrale s'étalent des plaines ondulées, auxquelles la prodigieuse végétation du pays donne partout une animation sans égale.

Les parties élevées du massif montagneux de Ceylan sont constituées essentiel-

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lement par des roches appartenant aiix formations cristallines, et notamment par du gneiss, parsemé de \eines de quartz cristallisé. Âvi travers des couches de gneiss, le granit a fait irruption par place, et a déplacé et contourné les couches, en éparpillant leurs débris dans toutes les directions. Vers le sud, le mélange des roches éruptives et des gneiss est assez complet, pour qu'il soit souvent difficile de dire oii l'un finit et où les autres commencent. Le basalte, qu'on trouve près de Trincomalie, au N.-E. del'île, se rencontre aussi tout à fait dans le sud. Quelques traces plus ou moins évidentes, de phénomènes volcaniques relativement récents, ont été signalées sur la côte orientale ; mais, c'est le gneiss qui couvre à peu près complètement tout le sol, auquel il donne son aspect si original, La poussière rouge qui s'étend, en couches souvent épaisses, sur les routes de l'île, est formée par la pulvérisation des débris de cette roche, qui a servi à construire, à toutes les époques et sous toutes les dénominations, lesédifices importants. C'est donc complètement à tort que les Espagnols et les Portugais avaient regardé Ceylan comme une île volcanique. Dans certaines parties des districts montagneux, le gneiss est recouvert par des calcaires cristallins ; mais il est remarquable qu'on ne trouve, à Ceylan, aucune trace des terrains tertiaires.

Le long descôtes, et tout particulièrement dans la péninsule qui forme la pointe septentrionale de l'île, on rencontre, eu grande abondance, les formations modernes, dues à la fois aux alluvions récentes et aux dépôts madréporiques. L'examen de ces accumulations de sables entremêlés de débris et de dépôts corallifères, a fait émettre l'opinion, assez plausible, semble-t-il, que la configuration des côtes, vers le nord surtout, a été successivement modifiée d'une façon très-marquée, et que l'île avait autrefois une forme beaucoup plus rapprochée de celle d'un cercle; cela devient évident, si l'on retranche de l'île la portion formée par les entassements de madrépores. Nous devons faire observer tout de suite que cette manière de voir est en opposition complète avec une opinion puisée dans les traditions plus ou moinslégendaires des chroniques singhalaises, défendue sérieusement par des observateurs modernes, et qui veut que Ceylan ne soit qu'un fragment détaché du continent Indien, dont cette île aurait fait partie. On sait que certains auteurs, et entre autres, dans ces derniers temps, M. Richard Owen, ont pensé que Ceylan avait dû être englobée autrefois dans un grand continent, comprenant les îles de Java, Sumatra, Bornéo, les groupes d'îles Andaraan, Nicobar, etc. Nous ne dirons rien de cette dernière hypothèse qui n'a pas revêtu jusqu'ici un caractère suffisamment scientifique pour pouvoir être sérieusement discutée ; mais, quant à la première, elle a été combattue très-vigoureusement, et M. Emerson Teunent, le savant historien de Ceylan, a, dans plusieurs passages de son livre, résumé les. objections que soulèvecette manière de voir. Chacun admet, cela est incontestable, qu'il existe entre la presqu'île du Dekkau et l'île de Ceylan, de nombreuses et protondes analogies de toutes sortes ; mais, les différences, même dans la constitution géologique, sont sérieusement marquées. Tandis qu'à Ceylan, par exemple, les dépôts stratifiés occupent la première place, ces terrains sont r'^lativement rares dans le voisinage du cap Gomorin. Dans les Gathes orientales, les fossiles d'eau douce et d'eau salée sont répandus, tandis que les roches de Ceylan n'en renferment pas. Ces différences géologiques sont encore renforcées par des distinctions très-sérieuses que la science a dû établir entre la faune et la flore de Ceylan, et celles de la péninsule.

Quoi qu'il en soit, nous devons constater que les phénomènes géologiques dont le nord de l'île et la meravoisinante sont actuellement le théâtre, tendent non pas à

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