‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.14Chapitre 36 sur 77 · CHABERT · texte numérisé non relu

CHABERT

CHAAB. On appelle ninsi, dans la matière médicale indienne, le fruit du chavica offtcinarum , doué de vertus stimulantes et carminatives {l'Oij. Chavic.v).

CHABERT, chirurgien très-distingué, qui vivait dans la seconde moitié du dix-septième siècle et au commencement du dix-huiiième. Nous ne savons de sa vie que ce qu'il nous en apprend lui-même dans la préface de ses Observations de chirurgie, le seul livre qu'il ait publié. 11 fut reçu, dit-il, en 1649, médecin de la marine. Il y a très-certainement ici une faute typographique, et c'est 1669 qu'il faut lire, les dates suivantes le montrent clairement. En effet, il passa en 1685 à l'emploi de chirurgien de l'hôpital royal des équipages des galères, et se fit recevoir en 1693 maître chirurgien juré au collège de Marseille ; puis, en 1705, il devint chirurgien royal des galères et de leurs hôpitaux, et c'est en 1724 qu'il fit paraître son ouvrage (on voit, avec le chiffre de 1649, quel âge il eût eu à ces différentes époques de sa vie) .

Haller en fait l'éloge suivant : « Chahert, chirurgus massiliensis jani senex ex longa experientia doctiis, firmi judicii vir et simplex ; » éloge mérité, quand on voit avec quelle patience, quel esprit d'investigation il a recueilli ses observations, modifiant sans cesse sa pratique d'après les résultats de son expérience. A une époque oii le trépan était prodigué, il s'en abstient le plus qu'il peut, et ne croit point à l'efficacité de ce moyen quand il y a du pus épanché sur le cerveau. A l'égard des plaies simples ou compliquées de fractures, dont il lapporte un trèsgrand nombre d'exemples, il se montre grand partisan de la chirurgie conservatrice, et s'efforce de guérir plutôt par les médicaments que par le fer. Il suit, dans ses pansements, la grande réforme instituée par César Magati, et préconise les pansements peu fréquents et à plat, et l'emploi des adoucissants au lieu des dilatants et des suppuratifs, dont on avait coutume de bourrer les plaies.

Ce Chahert ne doit pas être confondu avec un autre chirurgien du même nom qui pratiquait à Paris dans la première moitié du dix-huitième siècle, et qui est cité dans les Mémoires de l'Académie de chirurgie pour une machine destinée à faciliter la saignée de la veine jugulaire (t. II, p. xciv, 1753). E. Bgd.

CHABERT (Philibert), un des médecins vétérinaires les plus éminents que la France ait produits; il était né à Lyon, le 6 janvier 1737. Son père, qui exerçait la profession de maréchal, lui donna les premiers principes d'un art qu'il devait porter si loin; puis il vint à Paris se perfectionner sous Lafosse (le père). Après avoir fait les campagnes de Hanovre en qualité de maréchal, il entra en 1763 à l'école vétérinaire de Lyon, qui venait d'être fondée par le célèbre Bourgelat, où il remplit les fonctions de chef de la maréchallerie et des hôpitaux. De là, en 1 766, il fut appelé à l'école d'Alfort, d'abord en qualité de professeur, puis comme directeur, et, à la mort de Bourgelat, il fut -jugé digne de succéder à ce savant (1780) dans la place d'inspecteur général des écoles vétérinaires. 11 perdit cette position pendant la tourmente révolutionnaire, mais pour reprendre bientôt la direction de l'école d'Alfort. Chabert, membre correspondant de l'Institut, chevalier de la Légion d'honneur, attaché à une foule de sociétés savantes, mourut à Alfort le 8 septembre 1814, à l'âge de soixante- dix-sept ans. Ses travaux portent tous le cacliet de son esprit pratique et observateur. Outre d'importantes recherches au point de vue séméiologique et pathogénique, ses disciples vantent surtout ses belles recherclies sur les affections vermineiises, si communes chez les animaux

•628 CIIABETOUT (eaux minérales de).

et dans le traitement desquelles, à l'huile de Dippel, substance Irès-coûleuse, il a substitué l'huile animale empyreumatique.

On a de Chabert les ouvrages suivants :

I, Traité du charbon ou anthrax dans les animaux. In Journ. de VAgricuU., 1779. Paris, 1780, 111-4» et in Alman. vétér., 1782. Paris, ri82, in-8°, plus. édit. — II. Du claveau. Extr. d'un ms. de Bourgelat. Paris, lïSJ, in-4°. — 111. Ahnanach vétérinaire, avec Flandrin et IluzARD. Ibid., 1782, in-12. — IV. Traité des maladies vermineuscs dans les animaux. Ibid. 178:', in-S". — V. Traité de la gale et des dartres des animaux. Ibid., 1783, in-S". — VI. Instruction sur la manière de conduire et de gouverner les vaches laitières. Ibid., 1785, in-8°; 2"= édit. avec Huzard. Ibid., 1797, in-8°. — VIL Instruction sur les tnoijens de s'assurer de l'existence de la morve et d'en prévenir les effets. Ibid., 1785, 4" édit., avec Huzard, augmentée de la dernière loi sur les maladies contagieuses. Ibid., 1797, in-8°. — VIII. Bu sommeil. Ibid., 1796, in-8° ; ibid., 1800, in-8°. — IX. Instructions sur la péripneumonie des bHes à cornes. Paris, 1797, in-S". — X. Des organes de la digestion dans les ruminants. Ibid., 1797, in-8'>. — XI. Des lois sur la garantie des animaux, etc. Ibid., 1804, in-8». — XII. Des moyens de rendre l'art vétérinaire plus utile, en améliorant le sort de ceux qui 'exercent, etc. Ibid., 1804, in-8°. — XIII. D'une altération du lait de vache, désignée sous sous le nom de lait bleu. Ibid.; 1805, in-S". — XIV. Traité élémentaire et pratique sur l'engraissement des animaux domestiques, avec les moyens de les guérir, de les conserver en santé, etc. In Recueil, dans lequel se trouvent quelques-uns des mémoires précédents, composé avec Flandrin et lli/zAiiD. Ibid., 1812, i)i-8°, 6 vol. E. Bgd.

CHABETOUT (Eâux MINÉRALES de) . Athermalcs, bicarbonatées sodiques moyennes, ferrugineuses faibles, carboniques fortes. Dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondissement et à 5 kilomètres d'Issoire, dans le canton d'Ardes-sur-Couze, émergent les trois sources de Chabetout, qui ont un débit de 56,000 litres en 24 heures. Leur eau est limpide et transparente, quoique un dépôt ocreux recouvre les parois de leur bassin ; elle n'a aucune odeur; sa saveur est agréable, piquante et légèrement ferrugineuse, surtout à l'arrière-goi^it. De; bulles, grosses et assez nombreuses, la traversent constamment. Elle ramène au bleu les préparations de tournesol rougies par un acide faible ; sa température est de 14" centigrade. M. Henry (Ossian) a trouvé dans 1,000 grammes de cette eau les principes suivants :

Bicarbonate de soude 1,88l>

— potasse 0,096

— chaux 1,278

— magnésie 0,180

— proloxyde de fer i „

— avec crénate et apocrénate . j '

— manganèse t. sensible.

Sulfate de soude

( 0,052 — chaux )

Chlorure de sodium 0,2'2S

— potassium 0,093

Silice et silicates -, ! 0 197

Alumine 1 '

Phosphate, silicate ou carbonate de lithine, \

boiate, iodure alcalin, principe arsenical, > 0,048

matière organique de l'humus )

Total ces matières fikes ...... 3,10.^

Gaz acide carbonique, à peu près le volume de l'eau. ... 0 lit. 88

Une société a créé un petit établissement minéral à quelque distance des sources. L'eau de Chabetout est donc employée en boisson, en bains, en douches et en lotions par certains malades des environs, auxquels les médecins ont conseillé une cure par ces eaux minérales. La coexistence du bicarbonate de soude à la dose de plus d'un gramme par litre et des sels ferrugineux que renferme en assez grande quanlité l'eau de Chabetout, laitesjérer que cette station est appelée à prendre un

GHABRELY. 629

développement qu'elle n'a pas encore aujourd'lmi. Quoi qu'il en soit, cette eau est utilement administrée dans les dyspepsies acides, les congestions hépatiques et la gravelle des sujets lymphatiques, scrofuleux, anémiques ou chlorotiques. M. Henry (Ossian nls) a publié une brocliure dans laquelle il cite quelques observations oiî il a usé avec succès des eaux de Chabetout à l'intérieur, et en lotions sur les yeux de petits malades qui avaient des conjonctivites et des kératites scrofuleuses.

La durée de la cure est de 25 à 30 jours.

On exporte peu les eaux de Chabetout. A. Hotureau.

DiDLioGBAPHiE. — Barruel (Emest) et IIenrï (Ossian, lils). Notice aur Chabetout et ses sources minérales, suivie de considérations médicales. Paris, 1857, in-8°, 20 pages.

CHABODIG (D.wid).' Médecin français, vivait dans le milieu du dix-septième .'iècle à Limoges. On lui attribue un ouvrage devenu assez rare:

Le Petit Monde où sont représentés au vrai les plus belles parties du monde. Paris, 1604, puis 1607, in-8°. A. D.

CHABRËE (Dominique). Né à Genève vers la fin du seizième siècle, et mort dans cette ville en 1763. Il exerça la médecine à Yverdun et fut chargé de surveiller la publication du grand ouvrage de botanique de Jean Bauliin : Historia plantarmn universalis, etc., Yverdun, 1650 à 1651,5 vol. in-fol. En 166.6, il donna un abrégé de cet ouvrage, mais ni l'œuvre complète, ni l'abrégé ne jouissent d'une grande réputation. A. D.

CHi^BRELY (BERisARD-AtGUSTE), praticien très-distingué de Bordeaux, né dans cette ville le 9 juin 1803. Une véritable vocation l'entraînait vers les sciences na turelles, spécialement vers la botanique ; et, dès l'âge de dix-neuf ans, il entrait à la Société linnéenne. Après cinq années d'études à l'hôpital Saint-André de Bordeaux, sa position de fortune ne lui permettant pas d'atteindre aux frais élevés du doctorat, il dut se résigner, en 1830, à prendre le titre d'olficier de santé, bien qu'il possédât, depuis 1826, le diplôme de bachelier, et qu il fût très-veisé dans la connaissance des langues anciennes et modernes; mais, ici, la valeur de l'homme relevait l'apparente infériorité du grade, et bientôt il se trouva placé au rang des médecins les plus estimés de Bordeaux. Son mérite, attesté par de nombreux travaux, lui ouvrit les portes de la Société médicale d'émulation, dont il eut l'honneur d'être élu président. Persuadé que la médecine doit être en réalité l'art de guérir, Chabrely s'était par-dessus tout attaché à la pratique dans le sens le plus élevé de ce mot, La plupart des notices ou mémoires qu'il a publiés, et dont le nombre s'élève à plus de soixante-dix, ont pour objet la thérapeutique; il trouvait l;'i, tout naturellement, l'application de ses études en botanique et en histoire naturelle. Nous citerons particulièrement une série de recherches très-importantes sur l'emploi des caustiques, qu'il maniait avec une remarquable habileté. Ce savant et honorable médecin succomba le 14 avril 1864 (Docum. fournis par le docteur Chabrely fils).

Nous ne donnons ici que ses principales publications :

I. Des topiques pulvérulents employés à sec dans les lésions de la peau et des ganglionslymphatiques. In Bull, médical de Bord., 1840, p. 225. — II. Coup d'œil sur l'emploi des bandelettes de diaclujlum dans les affections chirurgicales, etc. Ibid., 1841, p. 30 K — m. Cure de V incontinence d'urine. Ibid., 18i5, p. 136. — IV. Le la cautérisation par divers caustiques et de son emploi thérapeutique, etc. Ibid., 18 15-1846, suite d'articles. — V. Du bandage de sparadrap de diachijlum dans les hernies des enfants et dans les

Page 1