CHALVET
CDALLîMEAII. Le chalumeau, de date très-ancienne, n'a été appliqué aux déterminations chimiques que dans le dernier siècle, et c'est aux chimistes suédois qu'on est redevable de ce progrès. Il consiste essentiellement en un tube par lequel on fait arriver sur une flamme, soit par insufflation avec la bouchej soit au moyen de soufflets ad hoc, de l'air atmosphérique ou du gaz d'éclairage, ou de l'oxygène mêlé d'hydrogène. La condition essentielle de la construction du clialumeau est que la flamme ne puisse rétrograder. Pour cela, le tube qui reçoit un mélange de gaz d'éclairage et d'air (chalumeau Schloesing) doit avoir 1 centimètre 1/2 de diamètre, et celui que traverse un mélange d'hydrogène et d'oxigène ne doit avoir que 1 millimètre. Les gaz destinés à se mêler dans le tube sont renfermés dans des réservoirs séparés.
Le chalumeau ne peut rendre que de faibles services à l'analyse quantitative; mais il en a rendu et il en rend tous les jours de très-grands à l'analyse qualitative. D.
CHALUSSET (EaU MINÉRALE De). VoJJ. BrOMONT.
CHALVET (Pierre). Jeune médecin qui donnait les plus brillantes espérances et qu'une mort prématurée enleva à la science. Il était né à Conberlines dans le Cantal, le 3 décembre 1830. Il avait commencé un peu tard ses études qu'il acheva assez rapidemment et s'adonna immédiatement à la médecine et surtout à la chimie qu'il poursuivit dans ses applications à la pathologie. Dénué des ressources nécessaires à ce genre de recherches, il avait transformé sa chambre en laboratoire et créé pour son usage une foule d'appareils aussi simples qu'ingénieux. Chalvet avait ainsi rassemblé parties par parties les matériaux d'un traité de chimie médicale, dont il n'a laissé que les note?. Mais les divers travaux qu'il a publié sur les miasmes nosocomiaux, sur les désinfectants, travail couronné par l'Académie de médecine, sur les altérations des humeurs par les matières dites extractives (déchets de la nutrition des tissus, solubles dans l'alcool absolu, saul l'urée), etc., donnaient la mesure de ce qu'on pouvait attendre de lui. Dans son mémoire sur les matières extractives, entre autres résultats dignes de fixer l'attention et de provoquer de nouvelles recherches, il avait établi que, pendant les attaques dites d'urémie, l'urée diminue parallèlement dans le sang et dans l'urine sans jamais descendre jusqu'aux limites inférieures de l'état physiologique. Tandis que les déchets organiques retenus dans le sang, par le défaut d'activité des divers émonctoires, deviennent la cause réelle des accidents attribués à l'urée. C'est qu'en effet dans l'albuminurie, les combustions organiques sont, suivant lui, tellement ralenties, qu'il se fait toujours moins d'urée qu'à l'état normal, en dehors, cela s'entend, de toute complication.
Chalvet nommé interne à la fin de 1858, reçu docteur en 1863, conquit, à son premier concours la place d'agrégé, en 1869, "et, quelques mois après, celle de médecin du bureau central. Mais bientôt ses travaux excessifs, activèrent la marche d'une phthisie tuberculeuse qui l'enleva le 9 décembre 1871.
Il a laissé les mémoires suivants :
I. Recherches sur la coloration bleue et verte, qu'on observe au voisinage des plaies et qu'on a souvent confondue avec la véritable coloration bleue des auteurs. In Bull, de la Soc. anat., 2'= série, t. V, p. 225; 1860. — II. A propos de la discussion sur l'hygiène des hôpitaux. In Gaz. des hôp., 1862, p. 66, 81, 101, 127. — III. Des désinfectants et de leurs applications à la thérapeutique et'à l'hygiène [coxir. par l'Acad. de méd. en 1863). In Mém. de l'Acad. de méd., t. X.XVI, p. 473 ; 1865, iLl-4^— IV. Considérations sur l'influence de l'hygiène dans la pathogénie et le traitement dus plaies. Th. de Paris; 18C3. — V. Note sur les
^6 CILUIyliGElRON.
altérations des humeurs par les matières dites exlractives. In Bull, de la Soc. de binl., 4° série, t. IV, p. H9; 1867. — VI. Physiologie et pathologie de l'inflammation. Th. agrég-., 1869. — \I|. Des moyens pratiques d'obvier à la mortalité des enfants. In Gai. des hôpit., 1869 .et 1870. E. Bgd.
COAM^'ACTE. Ce nom, qui signifie littéralement petit sureau, est appliqué à Vlhjèhle {Sambiiccus Ebulus L.) {voij. Sureau).
Le préfixe Chamae, qui veut rlire bas, couché à terre, est placé devant un grand nombre de noms de plantes, pour indiquer des espèces qui ressemblent à ces plantes, mais qui sont plus petites qu'elles. Nous signalerons, dans les articles suivants, celles qui peuvent plus ou moins intéresser la médecine.
DioscoRiDE. Mat. medic. lib. IV, cap. 149. — C. Bauhin. Pinax Thealri Botanici. — Spren- OEL. Hisl. Rei herbariœ,\9'i. Pl.
cnAM.ï;BALAl\[Ui§>. Nom donné à la Gesse tubéreuse {Lathyrtis tuberosus L., dont la racine renflée a été nommée Gland. Rumphius a appliqué le mot à une variété de l'Arachide. Pl,
CHAM^BATOS. C'est le fraisier, dont le fruit rappelle celui de la Ronce, /Saroç des Grecs. On l'a aussi appliqué à une variété du Framboisier. Pl.
CllAM^CISSUS. Nom donné par divers auteurs au Lierre terrestre (Glechôma hederacea L.). On l'a aussi appliqué à la Rugle, de la même famille des Labiées {Ajuga reptam L.). Quant à la plante à fleurs amères, désignée sous ce nom par Dioscoride et Galien, et qu'ils disent employée contre les douleurs sciatiques et la jaunisse, elle a été rapportée par certains auteurs et, entre autres, par Sprengel {Hist. Rei herh., p. ]81), à V Antirhinum A?arina L. Dioscoride. Maleria medica, lib. IV, cap. 121. ' p^
CHAM.«;CLEMA. Nom attribué par quelques auteurs au Lierre terrestre {Glechonia hederacea L.)
CHAM^CYPARISSL-S OU petit Cyprès. Ce nom désigne l'espèce de Santoline la plus répandue [Sanlolina Chamœcyparissus L.). Pl.
cnAti^DAPHKE. Petit Daphne ou Petit Laurier. Ce nom a été appliqué à diverses espèces : 1° au Daphne Laureola L. ou Lauréole. C'est d'après Ch. Bauhin, à cette espèce qu'il faut rapporter le Chaniœdaphnede Matthiole ; 2° au Daphne Mezereon L. ; c'est le Chamœdaphne de Lobel ; S" à quelques espèces de Fragon (Ruscus).
Dioscoride. Mat. 7nedic., lib. IV. cap. cxxxx.x. - C. Bachin. Ptnax Theatn Botanici. - Sprengel. Htst. Rei herbariœ, 192. p
CDAMJ^DRYS ou Petit Chêne. Ce nom a été également appliqué à un certain nombre d'espèces. Celle qu'on désigne le plus habituellement ainsi est la Germandrée Petit Chêne {Teucrium ChamœdrysL.) [voy. Gekmandrée), de la famille des Labiées.
Une autre espèce est le Veronica Chamœdrys, de la famille des Scrophulariiiée^ {voy. Véroimque). Enfin on applique plus rarement cette désignation au Dryas octopetata L. , de la famille des Rosacées. Pj^
CHAM^GEIROiV. Nom grec du Tussilage [Tussilago Farfara L.).
chamj;rithos. 97
CHAM/SLŒjIGNUS. Nom donné parfois au Myrica Gale L. [voy. Myrica),
CHAM'ïlLEA on Petit Olivier. Nom domié à une plante basse commune dans le Midi, le Cneorimi Tricoccum L. Pl.
CHAMiïiLEOlv. Ce nom était donné par les anciens à deux Garduacées à feuilles de Scolymus, l'une acaule, l'autre caulescente, toutes deux remarquables par leurs propriétés médicinales et toxiques. On nommait la première Chamceleon blanc, l'autre Chamceleon noir.
Les auteurs ont assez longtemps varié sur la vraie synonymie de ces espèces. Ciusius et Lemery et, avec eux, la plupart des savants ont longtemps regardé le Chamœleon blanc comme le Carlin acaulis L. et le Chamceleon noir comme la variété caulescente de cette même espèce. Mais Belon a bien établi, ainsi que l'a montré récemment M. Lefranc, que le vrai Chamceleon blanc est le Carlina gummifera Lesson, et le Chamœleon noir le Cardopatium corymbosum DC. {voy. Carline).
Théophraste. — Histor. Plant., lib. IX, cap. xii. — Dioscoride. Mat. med., lib. III, cap. i eUi. — Lefranc. Sur les plantes connues des Grecs sous les noms de Chamœleon blanc et de Chamceleon noir. In Bull. Soc. Botanique de France, t. XIV, 48. Pl.
CBAM^LEUCE. Nom donné par Dioscoride à une plante employée contre les douleurs de rein. On a ainsi nommé le Caltha palustris L., de la famille des Renonculacées et le Petasites officinalis Mœnch,, de la famille des Composées.
Pl.
cnAM^MELUM OU Petite Pomme. Ce nom a été donné à diverses espèces du genre Anthémis. Ainsi V Anthémis Cotula L. ou Maroute a été appelée Chamœmelum fetidum ; la Camomille Romaine [Anthémis nobilis) Chamœmelum nobile ou romanum. On a de même désigné sous le nom de Chamœmelum vulgare, la Camomille commune [Matricaria Chamomilla L.).
CH4lH^KlORUS. Nom d'une petite ronce herbacée {Rubus Chamœmorus L.) dont on mange les fruits dans le Nord [voy. Ronce), Pl.
CHAM/SMYRSIIVE. Pline attribue ce nom au Ruscus aculeatus ou Fragon (voy. Fragon). Dalechamps donne le même nom à une variété du Polygala ordinaire {Polygala vulgaris L.). Pl
CHAm^PYOli^. Nom donné à une espèce d'Euphorbe, que les anciens nommaient Apios et dont Linné a (ait ÏEuphorbia Apios {voy. Euphorbe).
Pl.
CHAM^PITYSi ou petit Pin. Ce nom a été donné à une espèce du genre Bugle {Ajuga). C'est ÏAjuga Chamœpitys Schreb. {voy. Bugle). Une autre espèce de ce genre, Ylvette {Ajuga ii;a L.) a porté dans les officines les noms de Chainœpitys monspeliaca et de Chamœpitys moschata. Pl.
CHJlM.'ERITHOS. Nom donné à deux espèces de la famille des Caryophyllées qui répondent au Struthium des anciens et donnent toutes deux de la saponine. Ce sont; le Gypsophila Struthium L., qui est le Struthium de Dioscorule, et le Saponaria officinalis L., qui csl le Struthium de Fuchsius. Pl.
DICT. ENf.. XV. 7
98 CIIAMBERLAYNE.
CHAM^RODËKISROIV. Nom donné par Tournefort à deux espèces de la famille des Éricacées-Rliododendrées ; l'Agalea pontica L. et le Rhododendron ponticiim.
Tournefort. [Voijage, I, 511 et III, 70). Pl.
cnAM^ROPS. Genre de la famille des Palmiers, que nous décrirons à l'iirticle des Palmistes [voy. Palmistes). Pl.
CHAM^SYCE. Nom donné à VEuphorbia Chamœsyce L.
CHAMALIÈRES (EaU MINÉRALE de). Voy. ROYAT.
CHAmBËBE'r {Jean-Baptiste-Joseph-Anne-César Tyrbas de), né en 1779 à Chamberet, près de Limoges, d'une très-ancienne famille de ce pays. Conscrit en l'an VIT, il fut bientôt réformé à cause de la faiblesse de sa constitution. Sa famille depuis assez longtemps déjà, avait été ruinée, il avait perdu ses parents et de l'héritage de sa mère il ne lui restait qu'une somme de 2,500 francs ; c'est avec ces maigres ressources qu'il entreprit avec ardeur l'élude de la médecine à Paris. C'est là qu'il eut pour condisciples les deux frères Gay-Lussac, Pariset, Villeneuve Le Sauvage, qui restèrent ses amis. Reçu docteur en 1808, il fut commissionné l'année suivante, d'abord pour l'Italie, puis pour l'Espagne, où les misères affreuses, endurées par nos soldats, lui donnèrent maintes fois l'occasion de déployer son courage et son humanité. Rentré en France, à pied, en 1813, il fut d'abord attaché à un hôpital militaire; mais bientôt il reprit du service dans l'armée active, assista au désastre de Waterloo, et après le licenciement de l'armée de la Loire, il revint à Paris et se livra à des travaux de littératui'e médicale; il passa ensuite comme professeur de physiologie et d'hygiène à l'hôpital militaire d'instruction de Lille. En 1851, Chamberet accepta la mission d'aller étudier en Pologne le choléra qui faisait irruption en Europe ; enfin, quelques années après (1839), il entrait au Val-de-Grâce comme médecin en chef. Chamberet prit sa retraite en 1843, et depuis lors il vécut dans le repos, cultivant eucore avec amour les lettres qui avaient fait l'occupation de sa vie entière. Ce savant et honnête médecin s'éteignit au milieu de sa famille et de ses amis, dans le mois de septembre 1870, à l'âge de 91 ans.
On a de lui :
I. Dissertation sur une maladie de la peau désignée sous le nom de prurigo. Thèse de Pans, 1808, n» 68.— II, Obs. sur un abcès entre l'utérus et le rectum ouvert spontanément dans cet intestin. In Journ. de Leroux et Corvisart, t. XVII, p. (j- 1809 — III Obs sur un anévrysme clu cœur. Ibid., t. XX, p. 5; 1810. - IV. A collaboré au grand Dictionnaire des sciences médicales, auquel il a fourni 24 articles, parmi lesquels nous citerons • Galénisme Maladie. Paralysie et Paraplégie. Révolution, Syncope. - V. Une séiie d'articles sur les constitutions météorologiques et médicales (avec Villenedve). In Journ de 1 eroux Corvisart, etc 1814 1815 1816 etc. - VI. Plusieurs ariicles dans ï Encyclopédie méthodique, dans le Journal complémentaire des sciences médicales, etc.- VII. Rapport sur le choléra morbusde />o%«e (avec TrachezI .Paris. 1852, in-8». - VIII. La Flore médicale (avec Chau- METON et PoiRBj. PaHS, 1841-46, m-8", 7 vol . avec 400 pl., Hg. peintes par madame Panckoucke et J. TuRPiN. p „
li. lieu.
CHAiUBERLATmE (Guillaume), né en 1619, morten 1689. On saitfoit peu de choses sur ce personnage, qui e.xerça la médecine à Shaftesbury et se trouva très-activement mêlé aux guerres civiles de son temps; il avait embrassé la cause royale. 11 fut également un poète d'un certain mérite; mais tout cela, paraît-il, ne le mena guère à la fortune. jj y,^^