CHAMBERLAYNE
CH4ltlBERLAT]VE (Pierre) . On a fort peu de renseignements sur ce médecin qui vivait dans la première moitié du dix-septième siècle. Il étudia en Ano-leterre' se fit recevoir docteur à Padoue et revint se fixer à Oxford. Nous n'avons pu nous procurer les titres exacts des deux ouvrages qu'il a publiés en anglais et qui peuvent se traduire ainsi : Le Médecin des pauvres, ou Le Samaritain ; Apologie des bains artificiels. , H. Mr
CHAMBERLiiTlVE OU mieux chambërlen (Les). C'est à cette famille d'accoucheurs anglais que l'on doit l'invention du forceps. Cette découverte leur a été contestée, et, par suite de l'ignorance dans laquelle on est resté longtemps sur la véritable forme de l'instrument qu'ils employaient, divers auteurs venus après eux en ont été considérés comme les véritables auteurs. Mais depuis 1815 toute discussion est devenue impossible, comme nous allons le voir.
Les biographes ont donné des détails fort étranges sur les Chamberlen. Le père était chirurgien-accoucheur, ainsi que ses trois fils, et c'est à Hugues, l'un des trois, que l'on attribue, sans preuve aucune, la fameuse invention. On le fait naître en 1664 et son premier ouvrage porte le millésime de 1665 ; on le fait venir à Paris en 1670, et il aurait eu alors six ans, ce qui est bien jeune pour un accoucheur ! Hugues, qui paraît avoir été le plus capable et le plus instruit de la famille, vint, en effet, à Paris en 1670, pour vendre au gouvernement le secret de sou instrument, dont il demandait la somme énorme, pour le temps, de 10,000 écus. Mauriceau nous a raconté et l'histoire de ce voyage, et les prétentions exagérées du chirurgien anglais, et la déconvenue qu'il éprouva dans le seul essai qu'il ait fait de son instrument sur une femme atteinte d'une déformation très-considérable du bassin. Mauriceau avait déclaré l'extraction du fœtus impossible, et Chamberlen échoua comme on l'avait prédit. H alla voir ensuite l'illustre accoucheur Parisien, qui lui donna son livre pour le traduire en anglais. A son retour à Londres Hugues traduisit, en effet, le traité d'accouchement''s de Mauriceau, et, dans la préface, on trouve ce passage relatif à la fameuse découverte- « Mon père, mes frères et moi, seuls en Europe, par la grâce de Dieu et notre industrie, avons trouvé et pratiqué le moyen de délivrer toutes les femmes, alors que la tête, par suite d'une disposition particulière, ne peut passer, et cela sans inconvénient pour elles ni pour leurs enfants. » Par suite de circonstances diversement racontées, ce même Hugues étant allé en Hollande, trafiqua de son secret avec le célèbre Roonhuyseu, et quelques personnes croient même qu'il ne lui fit connaître que le levier. Quoiqu'il en soit, sans empiéter sur ce qui sera dit a 1 occasion du forceps et de son historique nous devons raconter, en quelques mots, comment au commencement de ce siècle, on a acquis la connaissance du secret de cette famille.
L'un des trois frères, Pierre Chamberlen, avait acheté, en 1683 la terre de Woodham, près de Walden, dans le comté d'Essex, et qui resta en sa possession jusqu aux environs de 1715. A cette époque elle passa en d'autres mains. Un siècle après, en 1815, le possesseur de cette propriété, trouva dans une cachette ménagée sous le plancher, une collection de vieilles médailles, de bijoux de lettres adressées par P. Chamberlen à divers membres de sa famille et enfin plusieurs instrunients obstétricaux. Ces derniers ayant été donnés à M. Carwardin, celui-ci en fat généreusement présent à la Société médico-chirurgicale de Londres. D'après la terme de ces divers instruments on peut suivre les progrès et les modifications successives apportés par les Chamberlen à leur invention. G est d'abord un