‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.15Chapitre 20 sur 98 · CHAMBON · texte numérisé non relu

CHAMBON

bnent à rendre agréable cette eau .lont la saveur est pourtant manifestement ferrugineuse. L'eau des sources de Chaudefour n'a jamais été analysée.

^"''source chaude du Bavin. Sur le bord droit du même ruisseau et a 50 mètres de distance en suivant son cours, au milieu d'une excavation naturelle, émeroe une source dont l'eau est couverte par les crues du ruisseau à la suite des pluies de l'hiver ou des orages. L'aspect de cette eau fumante, son goût, ses caractères phvsiques et cliimiques, et sa température, la rapprochent beaucoup de celle des somxes du Mont-Dore {voy. Mont-Dore). Les habitants de la contrée en font usage à l'intérieur, dans les maladies qui sont le plus ordinairement soignées à la station du Mont-Dore.

Emploi thérapeutique. Des six sources de Ghambon, une seule, celle de la Pique, est surtout employée. La description sommaire que nous venons de faire de son captage et de son aménagement indique qu'aucun établissement n'existe auprès d'elle, et que son eau est exclusivement administrée en boisson. Les personnes affectées de chlorose, d'anémie, ou des troubles causés par ces deux états pathologiques, trouvent auprès de la source de la Pique, dont elles ingèrent de cinq à dix verres tous les matins, une amélioration ou une guénson qu'il faut attribuer aux principes ferrugineux dissous dans cette eau minérale fortement carbonique. ^ ,. .

Le défaut du captage de la source hyperlhermale du Ravin n a .lusqu ici pas permis d'utiliser son eau en bains ou en douches. Son action efficace à l'intérieur dans les maladies stomacales et surtout bronchiques, où les eaux du Mont-Dore sont indiquées, fait espérer qu'un jour un petit établissement thermal utilisera les eaux chaudes de la source du Ravin de Ghambon.

Durée de la cure, soumise au caprice des buveurs.

On n'exporte pas les eaux athermales ou hyperthermales et fortement carboniques de Ghambon. A. Rotureau.

Bibliographie. — Lecoq (H.). Le Mont-Dore et ses environs. Ghambon, Clermont-Ferrand' 1835, ln-8». — NivET (V.). Dictionnaire des eaux minérales du département duFwj-ac- Dôme. Clermont-Ferrand, 1846, in-8». ^- ^'

CHAiaBOni (Joseph), né à Grignan, en 1647. Personnage singulier, coureur d'aventures, quelque peu charlatan, très-habile médecin d'ailleurs et fort savant homme, doué de mille qualités remarquables, Joseph Ghambon mériterait d'être assez longuement étudié; nous sommes obligé ici de nous borner aux traits principaux de son existence fort agitée. Il fut reçu docteur à la Faculté d'Avignon, et vint ensuite se fixer à Marseille. 11 y eut une querelle, grave sans doute, mais dont aucun biographe ne donne le détail, qui le força à s'expatrier. 11 visita l'Italie, l'Allemagne, puis la Pologne, oii ses talents le désignèrent, comme médecin, au choix du roi Jean Sobiesky. Il le quitta bientôt, et se rendit en Hollande pour y étudier les doctrines de Paracelse et de van Helmont. 11 acquit, dès lors, cette réputation de médecin hermétique que lui donne l'abbé Lenglet du Fresnoy, et qui le précéda ou le suivit en Fiance où il revint bientôt. Fagon le reçut avec unegrande distinction, se fit son protecteur et voulut le faire agréger à la Faculté de médecine. Toujours fort sévère sur ce chapitre, plus sévère encore à ce moment à cause de divers procès qu'elle avait à soutenir, la Faculté refusa l'agrégation, et Ghambon dut se faire recevoir bachelier et licencié. Mais, avant de lui donner le bonnet de docteur, la Faculté voulut lui faire promettre de ne point délivrer de remèdes particuliers, ou, comme nous dirions aujourd'hui, de remèdes secrets. En véritable

'•^^ CHAMBON DE MONTAUX.

élève de Paracelse, Chambon possédait nne foule de recettes toutes plus merveilleuses les unes que les autres ; il refusa de se soumettre au désir de la Faculté, s engageant seulement à ne délivrer personnellement aucun des remèdes qui se trouvaient chez les-apotliicaires. La Faculté tint bon de son côté, refusa le bonnet de docteur, et il fallut un arrêt du Parlement qui permît au protégé de Fagoii d exercer la médecine avec le simple titre de licencié. Il acquit bien vile une grande réputation et une clientèle très-lucrative. Mais un seigneur napolitain ayant été mis à la Bastille, Chambon fut désigné pour lui donner des soins; et voilà que, non content de lui rendre la santé, il veut encore lui rendre la liberté. Il rédige un mémoire, et le fait présenter à Louis XIV; malheureusement ce mémoiie attaque le duc de Savoye et l'enfant gâtée du roi, la duchesse de Bourgogne; si bien que, sur la demande de celle-ci et un peu grâce à l'influence de cette bonne madame de Maintenon, notre médecin est condamné à la Bastille, où il reste deux années. 11 en sortit pauvre, découragé, sans clientèle, et se retira en Provence, oii, sur la recommandation du comte de Grignan, il fut nommé médecin des galères'à Marseille. En 1705, il donna des soins à la fille de madame de Sévigné, madame de Grignan, qui mourut rapidement de la petite vérole. Cette mort, dit-on, affecta beaucoup Chambon, ou peut-être compromit-elle sa position; toujours est-il qu'il quitta Marseille et se retira à Grignan, auprès d'un de ses frères, doyen du chapitre de cette ville. On ne sait pas l'époque précise de sa mort; tous ses biographes s'accordent à dire qu'il vivait encore eu 1752, époque où il aurait eu, par conséquent, 85 ans. Se^ ouvrages sont autant ceux d'un physicien que d'un médecin; ils sont assez singuliers et ne manquent pas de quelque mérite. En voici les titres : I. Principea de physique , rapj>ortés à la médecine pratique. Paris 17H in-i9 —

irer. Ibi Ibid. Vi H. Mr.

.0 "''*' xff "'^^'^"^ ^' ^^^ minéraux et des remèdes qu'on en peut tirer îbid 1714 in-12-. — m. Suite des principes de physique rapportés à la médeciyie. Ibid. 1714-1716' 2 vol., in-'l2. '

CHAMBOIV BE ifloiVTAUX (NicoLAs), né à Breuvannes (Haute-Marne) en 1748, mort à Pans en 1826. Apres avoir terminé ses études à Paris, Chambon alla se fixer à Langres, où il exerça la médecine pendant quelques années En 1780, il revint à Paris, s'agrégea à la Faculté de médecine et fut nommé médecin delà Salpêtrière. C'était un homme instruit, très-répandu et justement considéré Aussi, en 1792, Pélion ayant refusé la mairie de Paris, Chambon fut-il nommé maire à une grande majorité. D'un caractère modéré, penchant beaucoup plus du cote de la Gironde que de la Montagne et nullement ambitieux, il n'accepta qua regret ces périlleuses fonctions. Ce fut lui qui, le 11 décembre 1792 fut chargé de signifier à Louis XVI l'arrêt de la Convention qui le mandait à sa barre et c est dans sa voiture que le roi fut conduit de la prison du Temple à la salle de la Convention. Chambon cessa d'être maire de Paris le 13 février 1793 • il ne fut jamais député à la Convention. Dans son Histoire delà Révolution, M. Thiers conlond le maire Chambon avec Chambon, ancien trésorier de France député de la Lozère, et qui fut tué en 1793. Nous avons cru utile de relever cette erreur Après avoir quitté la mairie, le médecin Chambon rentra complètement dans la vie privée, et rep.it l'exercice de son art, qu'il a exercé jusqu'à sa mort. Comme beaucoup de ceux qm avaient joué un rôle pendant la grande révolution il fut attaqué sous la Bestauration et n'eut pas de peine à se défendre et à se disculper Chambon prend, dans quelques-uns de ses ouvrages, le titre de premier médeciL des armées; nous n'avons pas pu savoir jusqu'ici d'où lui venait ce titre- dans tous les cas, il ne paraît jamais avoir rempli les fonctions qu'il comporte.

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