CHAMEAUX
région iiUoroculaire; leur lèvre sujiérieure est fendue, leurs narines n'ont pas de mufle ; leur cou est long el recourbé ; leur dos est surmonté d'une ou de deux bosses graisseuses et leurs. dents molaires, au nombre de six à la mâchoire supérieure, et de cinq à l'inlérieure, sont appropriées au régime herbivore, lis ont des callosités à la poitrine, aux coudes et aux poignets ainsi qu'à la rotule et au talon et c esc sur ces callosités qu'ils reposent. Leurs mamelles sont au nombre de quatre.
Quoique les chameaux adultes n'aient qu'une seule paire d'incisives supérieures, on trouve chez les jeunes animaux de ce genre une seconde paire de dents de même sorte et une troisième chez leur fœtus, ainsi que j'ai eu l'occasion de le constater. Ces deuxième et troisième paires d'incisives n'existent que pour la première dentition.
Comparés aux autres ruminants, les chameaux ont quelque chose d'étrange, mais l'on se rend^bien compte de la singularité apparente de leurs caractères, si 'on étudie certaines espèces fossiles également herbivores, qui les relient aux porcins, tandis qu'ils constituent eux-mêmes la liaison de ces espèces éteintes avec es ruminants pourvus de cornes. Ces animaux actuellement anéantis, ont été particulièrement enfouis dans les dépôts tertiaires de l'Amérique septentrionale.
Les dimensions des chameaux dépassent celles des lamas, et ces ruminants sont à cause de leur force, ainsi que de la docilité de leur caractère des animaux d'une grande utihté pour l'homme. Leur poil, leur lait, leur chair, et jusqu'à leur fiente, qui sert d'engrais et Iburnit le sel ammoniaque, les rendent également précieux.
Ce sont surtout les mahométans, qui se servent des chameaux, et ils les ont conduits avec eux sur tous les points où s'est étendue leur puissance. Les peuples de l'extrême Orient en tirent aussi un parti avantageux et l'on emploie des chameaux, dromadaire ou chameaux de Bactriane, depuis la Sénégambie jusqu'en Chine. C'est principalement dans les contrées arides, telles que les immenses déserts de l'Afrique ou les steppes de l'Asie que ces animaux offrent un avantage marqué sur les chevaux et les bœufs, ce qui tient à leur sobriété, à la facilité avec laquelle ils supportent la soif, ainsi qu'à la possibilité dont ils jouissent de marcher longtemps et sans fatigues, au milieu des sables. L'appareil gaufré de leur panse leur permet de se passer de boire, et l'on assure qu'à l'occasion les Arabes, voyageant en caravanes, ne se font pas scrupule, lorsque les liquides leur manquent complètement, d'éventrerdes chameaux, pour se procurer l'eau accumulée dans la portion delà panse de ces animaux à laqu'elle on a donné le nom de cinquième estomac. La privation d'aliments agit néanmoins sur les chameaux en les émaciant, pour ainsi dire, mais l'eau leur rend presque instantanément l'apparence de santé dont ils jouissaient au départ ; aussi lorsque ces animaux arrivent auprès de quelque fontaine, boivent-ils une quantité énorme de liquide, qui, en pénétrant leurs tissus, leur rend l'embonpoint qu'ils avaient perdu et opère en très-peu de temps une telle transformation dans leur apparence extérieure, qu'on a parfois de la peine à reconnaître ceux qu'on avait pour monture quelques instants auparavant et à les distinguer des autres.
Le rut modifie momentanément le caractère des chameaux. Les mâles deviennent rebelles; une sueur grasse s'écoule de leur occiput; leurs lianes suintent également, et ils ont un gonflement particulier de la gorge, qui ajoute à ce que leur apparence offre en elle-même de bizarre.
Ces ruminants ne figurent guère dans l'Europe centrale et occidentale qu'à titre de curiosités ; on a cependant essayé, mais sans succès, de les acclimater sur cer-
CIIAJIOIS. 109
f.ius points pour les y employer; ils n'ont pas davantage réussi en Amérique et en Australie; mais on a recours à eux dans plusieurs pays de 1 Europe orientale, ainsi que dans une grande partie de l'Asie et de l'Afrique.
Comme nous l'avons déjà fait remarquer, le chameau à deux bosses est prnicimlementune espèce asiatique. On le suppose originaire de la Bactriane (pays actuel de^ Usbecks) d'où lui vient le nom de Camelus bactrianiis ; le dromadaire est lu'contrair^ plus répandu en Afrique où l'on en distingue deux races, l'une surtout employée pour le transport des fardeaux, l'autre qui sert de monture. Cette dernière reçoit plus particulièrement le nom de Méhari. Le mot dromadaire rappelle d'ailleurs que le chameau à une bosse est un animal de course.
Si répandu que le dromadaire soit de nos jours sur le continent africam, il a une origine étrangère à celte partie du monde; c'est un animal d'Arabie, et il n'a été^connu des Égyptiens que par suite de leurs relations avec les Hébreux. Encore u'a-t-il pas dès celte époque prospéré sur les bords du Nil. En effet il ne figure pas sur les monuments de l'ancienne Egypte, et Desmoulins qui a fait beaucoup de recherches à cet égard, croit qu'il ne se trouvait pas encore dans la même contrée lors de la domination grecque; cependant Galien, qui vivait au deuxième siècle, nous apprend que des chars attelés de dromadaires étaient en usage de son temps
à Alexandrie. . ,
C'est avec les Arabes et conduit par eux, que le dromadaire est arrive en Africnie et ce sont eux qui l'ont répandu sur une étendue si considérable du même continent. Il est en effet certain , que les Carthaginois ne le possédaient pas, et l'Algérie ne le reçut qu'après l'époque de Bélisaire.
Les Romains combattirent pour la première fois des cavaliers montes sur des chameaux dans la guerre contre Milhridate.
Les animaux, dont nous venons de nous occuper, sont remarquables, par plusieurs particularités anatomiques importantes. Celles que fournit le squeletle résident dans la conformation du crâne, dans la forme des vertèbres, du cou dont les trous destinés à l'artère vertébrale, ont une disposition spéciale. Leur sternum est notablement élargi à sa parlie postérieure, ce qui répond à la callosité propre à cette partie du thorax et leurs membres diffèrent à plusieurs égards de ceux des autres ruminants. On trouvera la description du squelette du chameau dans le chapitre que de Blain ville a consacré au genre Camelus dans son Ostéographie.
Les espèces de Camélidés intermédiaires aux chameaux et aux Lamas que l'on trouve iossiles dans les dépôts tertiaires de l'Amérique septentrionale formaient plusieurs genres à part, dont la diagnose est donnée dans l'ouvrage de M. Leidy sur le Nebraska. Au contraire on a observé dans l'Asie, parmi les animaux éteints de la fuiiie miocène des monts llimalayas, des camélidés du genre des chameaux proprement dits; ils ont été signalés pour la première fois par MM. Baker et Durand. Quant à l'indication de semblables animaux, parmi les fossiles de l Europe, qui a été donnée par plusieurs paléonlogistes, elle ne s'est pas confirmée.
P. Gerv.
CHiUtiiLLE. Synonyme de camomille {voy. ce mot).
CH.lMOIS. Sorte de ruminant de la famille des Antilopes, qui est, avec le s,r.ade Tartarie, la seule espèce de cette famille qui vive actuellement en Europe. Cet" animal est répandu dans les Pyrénées et dans les Alpes, mais on le trouve aussi en Orient, sur un petit nombre de points, il acquiert une taille moyenne .
CHAMOAIX (eau minérale de).
un peu plus de 1 mètre en longueur, et 90 centimètres environ de hauteur au tram de devant; c' est ï Antilope rupicapra des auteurs. Il se distingue principalenient par la forme et la position de ses cornes, qui sont médiocres, lisses sur la plus grande partie de leur surface, faiblement annelées à la. base, rapprochées une de I autre, droites d'abord, puis recourbées en arrière vers la pointe, où elles se terminent en hameçon. Ces cornes existent chez la femelle aussi bien nue chez le mâle. " ^
^ Le chamois est regardé par les naturalistes actuels comme constituant un genre a part, auquel on a conservé le nom de Rupicapra. 11 a le pelage ronx brun" lavé de jaunâtre, est plus clair en été et plus foncé en hiver, a la gorge et le dessous du corps pâles, et porte une bande noirâtre au-dessus des yeux. Ses formes sont élégantes, et, quoi qu'on en ait dit, il ne ressemble que très-peu aux bouquetins ou aux chèvres, à la tribu desquels il est même étranger; encore moins se mele-t-il aces animaux, comme le supposait Buffon, qui, voulant expliquez' l'ori-ine des chèvres, admettait que le bouquetin serait le mâle dans la race originaire de ces rummants et le chamois la femelle. Cette opinion, qui, toute singulieVe qu'elle est, reste bien au-dessous , en fait d'exagération, de celles que soutiennent sur d autres points certams transformistes de nos jours, ne repose sur aucun fonde-
ment
Le chamois se tient dans les lieux peu accessibles, à une élévation considérable et près de la région des neiges qu'il aborde fréquemment. Il est agile, saute avec souplesse de rocher en rocher, se joue sur le bord des précipices et ne se lais que difficdement approcher; aussi sa cliasse est-elle remplie d'obstacles. Sa chair es estimée ; sa peau sert à faire.des tapis ou des vêtements grossiers, et les touristes, particu lerement ceux qui visitent les glaciers de la Suisse, recherchent ses cornes, dont ils ornent leur bâton de voyage. Les chamois n'ont en général qu'un petit a chaque portée. ^ ^
Ceux des Alpes reçoivent plus particulièrement le nom d'Isards. On a pensé quelquefois qu ds constituaient une espèce différente des chamois des Pyrénéë et on leur a donne le nom de Rupicapra capella. Les chamois de cette de S chaîne reçoivent alors la dénomination de R. pyrenaïca; mais ce sont pïuir des variétés que de véritables espèces. ^
<cn.7é!lTZÎ'''' '% ^"'f' 'T''.'' "' '^^ ""'''^ '' tiennent habituellement ^^tpares des femelles, sauf pendant la saison des amours.
^ Les chamois étaient autrefois plus répandus qu'ils ne le sont maintenant ce nue d montre la présence des débris fossiles qu'ils ont laissés dans plusieui. par S de la France, particulièrement dans le Périgord et dans la montagne Noire b^^
avec'ceîf d'" '^ " ''r'T' '"" ^'"^ grande extension paraît avoir çoncré avec celle des rennes, dont les ossements, provenant d'individus utilisés par 1 homme, se rencontrent aussi dans une grande partie de l'Europe. P Gerv.
CIIAIVIOISECJRS. Voy. Peaux.
CHAMOXW, ou CHAMOUr^ï, OU CHAMOUtVIX (Eau minérale de) Athermaie, sulfurée calcique faible, azotée moyenne. Dans le département de la Haute-Savoie, à 20 kilomètres de Salhmches, à 12kilomètres de Saint Grrvail (vou ce mot), est un gros bourg peuplé de 2,300 habitants, situé à i 052 mètres au dessus du niveau de la mer. La valléede Chamounix, située en face du montBlanc au sud-est de Bonneville, est arrosée par le haut Arve. Ses immenses «laciers
CHAMOUSSET. IH
formés d'eaux qui descendent du mont Blanc, sont connus des voyageurs qui visi- ' lent l'ancien Faucigny. La Mer de Glace, qui a une superficie de plus de 8 kilo mètres; les glaciers des Bossons, des Bois, etc., sont les excursions accoutumées des nombreux touristes qui, tous les ans, séjournent ou passent à Chamounix. La source émerge au milieu de la vallée d'un sol exclusivement calcaire ; son eau est conduite par un tuyau de bois, à environ un kilomètre, au petit établissement minéral de Chamounix, oij on élève sa température au moyen de serpentins qui la chauffent au degré des bains ou des douches. L'eau de Chamounix est claire, limpide et transparente; son odeur est franchement hépatique; sa saveur est fade, et son arrière-goût, un peu sucré; sa température est de 12»,3 centigrade. Son analyse chimique, faite par Pyrame Morin, pharmacien à Genève, a découvert dans 1 ,000 grammes d'eau les principes suivants :
Sulfure de calcium 0,0il2
Bicarbonate de soude 0,1435
Sulfate de chaux 0.0503
- soude 0,1084
Chlorure de potassium 0,(J0-i7
- sodium 0,0076
Oxyde rouge de fer 0,0040
Silice 0,0037
Glairine (sèche) 0,0029
Total DES MATIÈRES FIXES 0,3913
Gaz azote 19 centim. cubes 65.
Emploi thérapeotique. L'emploi thérapeutique de l'eau de Chamounix est mal connu. Le voisinage de Saint-Gervais, dont les eaux ont une grande analogie de composition élémentaire, et qui sont mésothermales ou hyperthermales, a jusqu'ici empêché l'application suivie des eaux qui alimentent le petit établissement de Chamounix. ^■^•
CHAMOUSSET (Cl. Humbert Piarron de). Philanthrope pratique ([ui se rattache par trop de côtés à la médecine pour que nous ne tenions pas à honneur de faire figurer son nom à côté des plus éiuinents de noire profession. Né à Paris, en 1717, d'un conseiller au Parlement, il entra d'abord dans la Chambre des comptes, mais entraîiié par un zèle ardent pour le soulagement de ses semblables, il se livra à des études médicales assidues et, sans prendre le titre de docteur, il acquit dans les sciences accessoires, botanique et chimie, en médecine et même en chirurgie des connaissances très-étendues. Maître d'une fortune considérable, il en fit le plus noble et le plus généreux emploi. Sa maison fut transformée en hôpilal et là, aidé de quelques chirurgiens, il donnait ses soins aux pauvres malades, pratiquant, lui-même, et avec une grande habileté les petites opérations, que leur état nécessitait. Bien souvent, au départ, il leur donnait une indemnité égale au siilaire dont la maladie les avait privés. Le seul délassement qu'il se permit était la musique qu'd cultivait avec beaucoup de goût. Ce véritable homme de bien mourut le 27 mars 1773, à peine âgé de 56 ans, trop tôt pour le bonheur de l'humanité à laquelle il avait cons cré sa vie.
L'un des premiers il soutint le système des hôpitaux avec lits séparés pour chaque malade; il en avait fondé chez lui le modèle. C'est à lui que l'on doit l'idée des associations de secours mutuels, établies non pas seulement, comme les 'corporations, en vue des intérêts industriels, mais de manière à s'assurer à l'aide d'une cotisation hebdomadaire insignifiante, des secours en cas de maladie. Malheureusement cette conception mal soutenue par la société frivole de cette époque
11 '-i cil A MIME 11.
n'eut pas le succès qu'il en atlcadait. C'csl sur ses plans que fut créée et organisét; la petite poste de Paris. Il avait proposé la fondation d'un Mont-de-Piété sur les bases les plus équitables et les plus avantageuses pour les malheureux. La liberté du commerce des grains avait encore fait l'objet de ses recherches, on n'en finirait pas si l'on voulait énumérer ses diverses études toujours en vue du bonheur de l'humanité.
Ses nombreux mémoires, les plans qu'il avait si laborieusement préparés, ont été rassemblés et mis au jour dix ans après sa mort par l'abbé Cotton des Houssayes sous le titre: Œuvres de M. de Chamoussel, contenant les projets d'humanité, de bienfaisance et de patriotisme, précédées de son éloge, dans lequel on trouve une analyse suivie de ses ouvrages. Paris, 1783, in-8«, 2 vol.
E. Bgd.
CHAMPCORAIL. Chirurgien français, vivait dans la première moitié du dixhiîitième siècle. Il a publié un :
Traité des opérations de chirurgie, avec un traité de toutes les maladies dit corps humain. Amsterdam, 1739, 3 vol. in-8°. A D.
€HARLG«$ (RiîNÉ). Ce médecin distingué, praticien habile, a surtout été signalé à l'attention des biographes par Dom Galmet, sou compatriote. Nous ne pouvions mieux faire que de copier le savant bibliophile {Biblioth. de Lorraine- \%\ in-lol., p. 166, 167).
René Charles, originaire de Prény-sur-Moselle, docteur en médecine, et professeur royal dans la Faculté de Besançon, a composé et fait imprimer' un o-rand nombre d'ouvrages concernant la médecine, dont il a eu la politesse de nous^faire présent.
I. Oucestiones medicœ circa Thermos Borhonienses , quas propugnavit D. Antonus Dospoit Borbomensis, medicinœ licencialus, die \&aprilis, 1721. Besançon, 1721, iii-S». — II. Quœscioiies medicœ circa acidulas Bitssanas, quas propugnarit Franciscus j'osephùs Parien Jiï seiensis, die 1 martii, 1738. Besançon, in-8°. — IlL Observations faites par M. Charles professeur et médecin, sur les cours de ventre et de dysenterie qui régnent dans quelques endroits de cette province, 26 octobre 1741, in-4» — IV. Observations sur les différentes espèces de fièvres, et particulièrement les fièvres putrides, malignes, et épidémiques et sur les pleurésies qui ont régné en Franche-Comté depuis quelques années, 1743, in-S"' — V. Lettre dun professeur en médecine de l'Université' de Besancon à un curé de l'a campagne sur la toux et les rhumes épidémiques. Besançon, 1743. — VI. Observations sur la maladie contagieuse qui règne en Franche-Comté parmi les bœufs et les vaches. Besançon, 1744, ni-4°. — VII. Quœstiones medicœ circa fontes medicatos Plumbariœ, quas propuqnavit D. Claudius Maria Giraud. Lœdosalmensis, M. Bened., die U juin 1745. A. C.
€UAMP1ER (Symfhorien). C'est M. AUut, de Lyon, qui, dans un livre ma- " gnifique, sorti des presses de Louis Perrin [Étude biographique et bibliographique sur SymphorienChampier. Lyon, 1859, in-8»j, nous a bienfait connaître cet étonnant personnage ; c'est lui qui a marqué avec précision la part que ce fécond écrivain a eue dans le mouvement intellectuel de la fui du quinzième siècle et de la première moitié du seizième, en défendant sa mémoire contre les abominables attaques de J.-C. Scaliger, en réhabilitant dans la pensée des modernes un homme à peu près oublié, et qui avait rempli le monde de son nom et de sa renommée.
En effet, dit M. AUut, Champier « étonna nos pères par son vaste génie et par la variété infinie de ses connaissances. Vaillant soldat, homme de cour, poli élégant dans ses formes et son langage, administrateur habile et dévoué à là
CHAMPIER. 113
chose publique, et jusqu'à la fin praticien consommé; écrivain infatigable, aljordant toutes les questions, traitant tous les sujets avec une incroyable facilité ; médecine, philosophie, théologie, droit civil, histoire ancienne et moderne. » ; Champier, cela est incontestable, occupe une place fort distinguée parmi tous ' ces hommes méritants, qui aidés de l'incessante activité de l'esprit humain, de l'émigration des Grecs chassés de Constantinople, de l'invention de l'imprimerie, de la découverte de l'Amérique, ont employé leur vie entière à étudier, à commenter, à traduire les autears anciens, à corriger les livres viciés par l'ignorance des copistes, à s'affranchir, en ce qui regarde la santé si précieuse à l'homme, de la tyrannie et de la barbarie des Arabes, et à donner le dernier coup à la routine scholastique du moyen âge.
D'ailleurs, deux actes honorent à jamais Champier, et ils suffiraient pour conserver sa mémoire parmi nous. L'un est la part qu'il a eue à la fondation du collège de la Trinité de Lyon, en 1527 ; l'autre, la générosité qu'il mit à constituer le corps médical en société ayant ses règlements, ses devoirs, ses privilèges, réunissant sous la même discipline et sous une surveillance réciproque, toutes les individualités éparses dans une grande ville, et qui exerçaient la médecine au gré de leur caprice, de leur ignorance et de la routine. Qu'on lise le De quadrupUci vitâ, où Champier parle de tout, médecine, théologie, philosophie, astrologie judiciane, histoire, et on trouvera, dans cet opuscule, imité du De triplici vitâ de Marsile Ficin, et imprimé dès l'année 1507, les éléments de cette association qui ne devait pas se réaliser sur-le-champ, mais qui fut comme le berceau des sociétés de médecine de Lyon.
Il nous est impossible de donner ici, même d'une manière écourtée, la liste de tous les ouvrages de Symphorien Champier, de cet homme extraordinaire, tout à la fois poète, soldat, magistrat, chevalier, médecin des princes, agrégé à plusieurs Universités, théologien, historien, botaniste, échangeant le silence de son cabinet contre le tumulte des camps, la robe et le bonnet de docteur contre le corselet et le heaume, la plume contre l'épée ; ferraillant à la journée d'Agnadel ; gagnant ses éperons à la bataille de Marignan ; armé chevalier en plein champ de bataille par le duc de Lorraine, agrégé triomphalement à la célèbre Université de Pavie ; connu et recherché de tous les savants de son temps, des rois, des princes, des prélats ; s'égarant dans une foule de productions complètement étrangères à la profession, mais revenant sans cesse, comme malgré lui, vers « l'art péonien, » comme il appelle la médecine ; né tout bonnement dans la bourgeoisie, niais sans cesse préoccupé de parchemins généalogiques, achetant à bons deniers comptants la seigneurie de La Faverge pour pouvoir se dire seigneur terrier, se substituant d'une manière regrettable au nom et aux armes de la noble maison de Champier, en Dauphiné, usant de mensonge flagrant pour s'enter sur la maison illustre des Campège.
C'est à l'admirable livre de M. Allut qu'il faut recourir pour connaître à fond toutes les œuvres de ce médecin, qui atteignent le nombre cent, lesquelles se recommandent par leur grande rareté, sont toutes remarquables par le luxe et l'élégance de leur exécution typographique, par la beauté du papier, par les magnifiques capitales ornées, et les gravures sur bois qu'on y a prodiguées, en un mot, par la réunion d'une foule de détails qui font de ces vieux livres d'admirables spécimens de l'art encore à son berceau ; sans compter qu'ils sont généralement baptisés d'un titre original, excellente enseigne pour le succès d'un livre : La nef des Princes et des batailles de noblesse; la nef des Dames vertueuses;
DICT. ENC. XV. 8
Rosa Gallica; Clysterium Campi; les Lunettes des Cijrurgiens , le Mijroueldes Ojrurgiens ; Preciosa Margarita; SympJwnia Galeno; et Hippocratis; Symphonia Platonis cum Aristotele, et Galeni ciim Hippocrate, etc.
Syniphorien Champier, qui était né vers la fin de l'année 1471, à Saint-Symphorien-le-Chatel, gros bourg du Lyonnais, aujourd'hui Saint-Symphorien-sur- Coisne, mourut, très-probablement, eu d537. Son père, Claude Champier, était un bourgeois noiable de ce lieu ; sa mère était une Marguerite Girard. De sa femme, Marguerite Terrail, il eut deux fils, nommés Antoine et Claude.
CHAMPiGXEULLE (Eau MINÉRALE DÉ). Cette source, connue aussi sous le nom d'eau de Croczille, émerge dans le département de l'Yonne, dans l'arrondissement de Joigny, dans la commune de Ghampigneulle. L'eau de cette source contient du fer et surtout du manganèse, au dire des membres du conseil d'hvgiène et de salubrité de Joigny; M. Henry (Ossian), qui en fit l'analyse en 1855, ne trouva dans cette eau que des traces insignifiantes de fer et des traces douteuses de manganèse. Confiante dans les résultats obtenus par le chef de son laboratoire sur l'eau ou les dépôts de la source transportés, l'Académie de médecine n'a point autorisé l'exploitation de la source de Champigneulle. Les médecins, et surtout les habitants de la contrée, n'en persistent pas moins à trouver à cette eau minérale une vertu analeptique et reconstituante qu'elle montre, chaque année, sur les buveurs qui viennent lui demander la guérison de troubles fonctionnels de l'estomac, consécutifs à l'existence d'une anémie profonde ou d'une chlorose ancienne et confirmée. ^ j{
Bibliographie. — Hexm (Ossian). Analijse chimique de l'eau de la source de Champigneulle [yonne). In Bull, de l'Acad. imp. de médecine, t. XXII, p. 505 et Rapport sur Veau d'une source découverte à Champigneulle. In Revue bibliographique des Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, année 1857-58, p. 18 de la Revue bibliographique.
CHA9lPlGXO\s (? campi champs, production champêtre ?) en latin fungus (ffyovyos, éponge i), d'où le synonyme fcnginés, qu'avec la plupart des auteurs nous emploierons quelquefois comme synonyme de S arc ode s pour désigner les champignons qui offrent un corps charnu, spongieux, c'est-à-dire composé^de filaments tubuleux, diversement contextes pour constituer un corps ou une membrane, en opposition avec les A-sarcodés qui sont exclusivement composés de filaments libres et non contextes. En grec, MOxv;ç, ^v^-nro; , d'où la terminaison mycètes si souvent,... trop souvent employée; d'où Mycologie, la science des champignons et mycologues ceux qui la cultivent, etc. ; enfin, Mycoïdes* que nous emploierons pour désigner des groupes voisins (Chytridés *, Ferments*, Myxomycètes*, etc.) longtemps confondus avec les champignons vrais qui, 'munis d'un mycélium, pourraient, par opposition, être appelés Mycéliom'ycètej.
» Dans le cours de cet article nous écrirons : en italique, les titres de nos parao-raphes les titres des ouvrages cités, etc., et les noms latins ; — en lettres ordinaires mais^espacées les traits caractéristiques sur lesquels nous voulons appeler l'attention du lecteur ■ -- en italiques espacées les termes spéciaux et nouveaux de la langue mycologique, et quand nou« l'avons cru utile, avec l'apposition § 00 indiquant les paragraphes où ils sont définis — en PETITES CAPITALES Ics nouis de genre ou de famille des champignons (mais en italique leurs noms latins). Enlin nous marquerons d'un astérisque ' ceux qui ont des articles spéciaux daus ce Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales.
1, Définition et earatépistique du clicwipigiion. Je voudrais d'aboi'd donner au lecteur une idée sommaire du champignon, et lui dire, par exemple le champignon est une plante vivant sans chlorophylle, inhabile à séparer et à s'approprier le carbone de l'acide carbonique de l'air, recherchant l'ombre plutôt que la lumière, pouvant naître, prospérer et fructifier en pleine imit ; ayant comme les animaux absolument besoin d'emprunter tout ou partie de son alimentation aux combinaisons tertiaires déjà formées par les organismes vivants et de l'oxygène à l'air ambiant, exhalant de l'acide carbonique, souvent de l'hydrogène libre ou oxydé (eau) ; et dont les principes constituants, pauvres en carbone, sont trèsriches en azote et en combinaison quaternaire, par suite dont les tissus, s'ils sont frais, sont pour les animaux un aliment presque aussi riche, et aussi réparateur que ia viande, et s'ils sont pourris, ont toutes les horribles exhalaisons des charognes et sont pour les végétaux un excellent fumier. Mais par cette caiactéristique, je détruis le premier trait de ma définition ! Ce n'est plus une plante, car tous ces attributs sont destructifs de l'idée de végétal !
Dirais-je donc : le champignon est un animal immobile et passif, sans ombre de système nerveux, ayant comme élément anatomique la cellule creuse du végétal constituée par la cellulose, et pompant sa nourriture par osmose au moyen (l'un fin chevelu (mycélium) qui pénètre le substratum nourricier sur lequel il est fiché, avec du suer e (ou autres composés organiques tertiaires) faisant de l'albumine (ou autres composés quaternaires azotés) ; se reproduisant par des spores issues d'un ensemble d'appareils très-voisins de ceux des Algues (je ne nomme pas les Lichens qui ont perdu leur individualité et ne paraissent plus aujourd'hui être que des appareils complexes et monstrueux d'exploitation parasitaire de certaines Algues par certains Champignons !). La seconde définition est donc également destructive de sa base! Un tel être ne saurait être un animal.
Quelles sont donc ces innombrables formes vivantes.que nous ne pouvons appeler ni animales ni végétales, et qui, avec un organisme de végétal, semblent se nourrir et respirer comme les animaux ? Ce sont les Champignons ! ce sont les dévorants et les destructeurs de la matière organique dont la création est la meilleure caractéristique, physiologique et chimique, du règne végétal. Si donc on leur applique 1 adage du gourmet, de si haute portée en histoire naturelle : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es, » la seule réponse qu'ils puissent faire • « Nous mangeons les vivants et les morts, tout ce qui vit ou a vécu, » les ferait membres du règne animal, d'où les proscrivent pourtant et l'anatomie et l'adage linnéen « Animalia... sentiunt, » mais dont les rapproche singulièrement la chimie et jusqu'à un certain point la physiologie. Et à ce sujet j'attirerai l'attention sur 'une brillante faculté qui ne se rencontre que chez les animaux et chez les champiouons et jamais, que je sache, chez les végétaux : celle d'émettre de la lumière (g'iag) ! Ainsi ni végétaux, ni animaux, mais champignons! Voici la seule conclusion provisoire qui me paraisse répondre aux faits aujourd'hui connus.
2. Voilà les êtres étranges dont j'entreprends de faire connaître l'histoire de décrire les organismes, de révéler les activités et de classer les séries des formes Comme toutes descriptions anatomiques et morphologiques, surtout privées dé figures, la première et la cinquième partie (§ 8-91, 204), seront nécessairement sévères; elles doivent être étudiées plntôt que lues.
Mais comme dédommagement, quel grand intérêt me semble présenter la seconde, bipartie physiologique, et pour le biologiste et pour le plnlosophe 8 (92-158) Suivre dans les insidieux développements de leur début ces débiles et iormidables
destructeurs, et surtout ceux d'(;ntre eux qui s'attaquent aux vivants, les voir s'uisinuer chez un hôte sans laisser trace d'effraction, pousser en tous sens leurs longues et invisibles villosités, pénétrer, infiltrer l'organisme de leur malheureux amphitryon, grandir avec lui, le sucer en silence, l'émacier, stériliser ses amours et dans le nid prédisposé pour en recevoir les légitimes fruits, établir, mûrir les innombrables prolifications de son parasitisme ! C'est l'histoire fort affaiblie des UsTiLAGiNÉs et de maints autres parasites.
Reconnaître ensuite chez ces êtres éphémères une prolification si multipliée, et en outre si variée dans ses formes qu'il en est qui ont des ovules pour le temps présent et d'autres pour le temps à venir, qu'ils en ont pour être charriés par les vents pendant les temps secs , et d'autres munis de nageoires pour les temps de pluie! Et pourtant beaucoup de ces êtres dont la lignée est déjà si assurée, sont encore prémunis contre la mort prématurée : ils" ne peuvent vivre qu'abreuvés de rosée, pénétrés d'humides vapeurs; mais, desséchés, momifiés pendant des années, ils revivent aussitôtque l'eau leur est rendue; et aussi jeunes qu'à l'heure où leur vie a été interrompue, ils reprennent et continuent le cycle de leur existence ! Et non-seulement ces organisations privilégiées réalisent ainsi le gracieux conte « de la belle au bois dormant, » mais encore, par un autre don aussi féerique, celui rêvé par les pythagoriciens, ils semblent mourir dans une forme, pour se réveiller dans une autre, qui s'efface à son tour pour se modeler en une troisième et quelquefois en une quatrième ! Et toutes ces formes sont fécondes, fécondes à profusion ! Et ces formes passagères sont souvent si éloignées les unes des autres, que chacune était regardée, il y a peu d'années, comme spécimen d'un genre , ou d'une famille ou d'un ordre, et même occupait souvent les deux extrémités de la série dans laquelle on avait rangé les formes que l'on croyait les espèces du monde mycologique, quand elles n'en étaient que les transformations successives. Malgré l'immobilité apparente de ces redoutables parasites si profondément attachés à leur proie , on verra une seule descendance vivre, sous des formes diverses, d'abord sur un arbuste, puis sur un gramen, et (comme pour dérouter l'observation) changer à la fois de figure, d'aliment et d'habitat, et, par attribut divin, être en même temps un et plusieurs ! Enfin chez ceux des champignons dont on a surpris les amours, on a pu assister aux embrassements, aux copulations , aux pérégrinations du zoosperme en quête de l'ovule vierge, à leur pénétration et à la constitution de l'ovule fécondé. Si une histoire aussi pleine de merveilles ne suffit à exciter, par simple curiosité , le désir de pénétrer dans ce monde mystérieux, que ce soit au moins par souci de notre salut, car l'homme n'a pas aujourd'hui d'ennemis plus redoutables que ces infiniments petits. Ceux dont j'entreprends l'histoire, ne respectent rien : ils dévorent nos conserves alimentaires et pharmaceutiques, nos serviteurs des deux règnes, et nous-mêmes. A mesure quela science progresse, le microscope les retrouve de plus en plus comme causes de nos maladies ou de celles de nos plantes et de nos animaux domestiques. Or, apprendre à connaître son ennemi, c'est se préparer à le vaincre. J'espère même montrer à mon lecteur qu'il ne serait pas impossible de réduire quelquefois cet ennemi au rôle de serviteur, ce qui serait le comble de la victoire.
5. Plan et divisions. Quelle que soit, parmi les vivants, la place que l'on veuille faire aux champignons, comme tout ce qui a vie, ils naissent, se nourrissent, se développent, se reproduisent et meurent, bien que généralement ils parcourent ce cycle latal plus vite que les autres organismes. Ils ont donc des appareils de nutrition [Mycélium), de reproduction [spores el annexes), et le p!us sou-
vent un corps portant et mettant en rapport l'organe de nutrition avec les appareils de reproduction ; ce corps prend le nom général de réceptacle (porteur de fruit?, disent les Allemands). De là le plan de ce travail, qui devra comprendre tous les cliampignons, c'est-à-dire, non-seulement ceux auxquels l'usage vulgaire a imposé ce nom, mais tous les êtres auxquels convient la délinition du § 1, — et qui les envisagera aux divers points de vue :
I. Étude STATIQUE de leurs FORMES et de" celles de leur organe, et organo-
génie (p. 118);
II. Élude DYNAMIQUE de leurs FONCTIONS {nutrition, développement, re-
productions, poly- ou méta-morphisme, germination), (p. 147). m. De leur ROLE DANS LA NATURE (p. 174);
IV. De leur COMPOSITION CHIMIQUE, de leurs PROPRIÉTÉS et de leurs
USAGES (p. 174);
V. Leur TAXONOMIE ou CLASSIFICATION (p. 191); (Voir pour plus de détails, les labiés p. 217).
4. Langage. Avant d'aborder la mycologie, qu'on nous permette quelques observations sur son langage. Les lecteurs de cet ouvrage sont trop familiarisés avec les sciences pour qu'il soit besoin de démontrer la nécessité de noms nouveaux pour les faits nouveaux dont lacryplogamie abonde. Us savent que personnifier par des dénominations appropriées les conceptions ou faits généraux qui résument nos connaissances est une des conditions essentielles de notre savoir et de sa transmission. Mais il faut avouer que l'on s'y est pris bien malheureusement pour satisfaire à cette nécessité.
Des causes de deux ordres ont fait anarchique et barbare le langage scientifique. Les unes, aujourd'hui plus multipliées pour la mycologie que pour la plupart de nos autres connaissances, résultent de la presque simultanéité des faits découverts et conséquemment dénommés par plusieurs observateurs souvent de pays différents ; plus souvent encore la similitude ou même l'identité de deux faits ou groupes de faits n'a été aperçue qu'après que chacun d'eux avait reçu une appellation, de là encore une désastreuse surabondance.
5. Mais une autre cause, et plus générale, a fait désagréable la langue des savants et notamment celle des médecins et des naturalistes : c'est l'ignorance ou le malencontreux dédain des lois qui ont spontanément présidé à la formation des idiomes ; c'est notamment d'avoir introduit au milieu des sons si parfaitement harmonisés delà langue populaire les sons rébarbatifs empruntés tout crus aux vocabulaires des langues mortes dont nous ne connaissons plus les lois phonétiques, et en nous abstenant bien, ou par pédanterie ou par fausse science, d'en amortir la rudesse, d'en restreindre la longueur, et de leur appliquer les lois d'adoucissement et d'abréviation spontanément créées par le goût public.
J'admire trop le génie des Hellènes pour ne pas regretter qu'on ait donné à nos oreilles modernes et françaises une si fâcheuse et trompeuse idée de leur harmonieux langage par la funeste manie de parler grec ; et quel grec que celui auquel nous appliquons notre arbitraire prononciation en français, et toutes ces terminaisons en ique, et tous ces mots odieux, rocailleux et longs d'une toise: « pathognomonique,idiopalhique,phthisique, hépatomacrosie (Jaccoud), etc. «oîitantde consonnes et d'/i, et d'y, aussi antipathi(|ues à l'optique qu'à l'acoustique française, vont gâtant de plus en plus l'euphonie de la langue populaire. Au moins, puisque le mal est fait, que le pli en est pris, au moins faut-il s'efforcer d'en atténuer les
funestes effets, qui sont de rebuter dès l'abord les commençants, attirés par le sujet, mais lepoussés par le langage, aussi bérissé, aussi effarouchant pour l'œil que pour l'oreille, aussi écrasant pour la mémoire.
6. Il faut, suivant le mode populaire si régulier dans ses procédés aujourd'hui connus et si euphonique dans ses résultats, s'efforcer d'adoucir ces cacophonies et surtout d'élaguer ou de contracter Jes syllabes ^secondaires, suivant d'ailleurs l'exemple timidement donné par quelques botanistes, qui se hasardent à écrire monocotylé au lieu de monocotylédoné, et de quelques médecins, trop peu suivis, qui ont. osé phtisie, diagnose, etc.; et en mycologie le docteur Quélet qui dit hyménié au lieu de hyménomycètes de Pries, etc. Nous oserons quelquefois imiter ces exemples: nous dirons, Basidés, Ascidés, Clinidés, Coniodés pour « Basidiomycètes ou Basidiosporés, Ascoraycètes ou Théca spores {ascus = Ony.-ii), Cliniomycètes ou Clinosporés, Goniomycètes, etc. ; et, quand nous hasarderons un néologisme, notamment un de ces mots composés si précieux, en histoire naturelle tant qu'un son fâcheux n'est pas la monnaie dont on paye la précision, nous n'hésiterons pas à élaguer les syllabes secondaires, et à substituer une terminaison française à une étrangère : au lieu d'écrire hyménium basidiosporé, hyménium ascisporé, etc., ou basidio-hyménium, asco-hyménium pour dire un hyménium composé de basides,oud'asces, nous dirons basymène, ascymène, etc. Nous espérons qu'on nous pardonnera des néologismes aussi faciles, que d'ailleurs nous nous permettons fort rarement, et qui donnent beaucoup de précision aux diagnoses. Nous recommandons encore, à propos de ces néologismes et des mots composés, les notes des § 28 et 70.