I. Étude STATIQUE des FORMES des organes, et organogénie
7. Sous-division des Mycoïdes *. Revenons aux trois appareils indiqués au § 3 : mycélium, réceptacle, organes de reproduction. Si ces trois appareils sont distincts sur la plupart des Champignons, ils vont s' effaçant ou se confondant dans les derniers groupes. D'abord chez la plupart des coniomycètes ou coniodés* (■/.ovtî, poussière), l'appareil intermédiaire ou réceptacle, portant les corps reproducteurs {spores) et les mettant en rapport avec l'appareil de nutrition (mycélium) , a disparu ou a cessé d'être nettement appréciable ; les spores paraissent reposer directement sur le mycélium non changé. Cependant, comme cet organe intermédiaire, réceptacle ou simple porteur, quelquefois fort peu distinct du mycélium, n'est évidemment qu'un accessoire, la nature des Champignons chez lesquels il disparaît n'en saurait être radicalement modifiée ; elle les |aisse sans contestation dans le groupe des Champignons proprement dits.
8. Mais il n'en est plus de même quand manque l'appareil spécial de nutrition, le mycélium : c'est là un organe primordial autant par son importance physiologique que par son ordre d'apparition. Nous verrons en effet que la première manifestation vitale d'une spore de vrai champignon germant est de s'épandreen longs filaments constituant justement le mycélium ; cette germination commence par une petite tumeur, puis un petit sac herniaire qui se développe sur un point de la paroi de la spore, enfin s'allonge en un tube long et flexueux, ayant à peine 1/200 de millimètre de diamètre, plein d'un liquide plus ou moins limpide, incolore, souvent granuleux, toujours dépourvu de chlorophylle : c'est le protoplasma. Si ce premier développement a lieu sur un substratum capable de fournir les substances alibiles appropriées, ce tube va se cloisonnant, se ramifiant et constitue
' un riche mycélium qui, après un développement suffisant et dans la saison favo-
rahle, produit enfin, soit directement (en apparence), chez les Coniodés, soit par l'iiiterniédiaire d'un porteur plus ou moins complexe, chez les Fcnginés et les NÉMATÉs, les corps reproducteurs ou spores. Voilà, dégagé de toute complication, le mode d'évolution qui caractérise le groupe des Ghamjngnons proprement dits ou Mycéliomycètes .
9. On voit par cette esquisse l'importance du mycélium, première forme du champignon et, le plus souvent, le constituant tout entier pendant la plus longue partie de sa vie. Aussi la plupart des mycologues sont aujourd'hui d'accord pour en faire la caractéristique du vrai champignon et pour reléguer, dans des groupes voisins, les êtres mycoïdes qui manquent de mycélium. On peut diviser ces êtres ambigus en deux groupes fort différents : le premier (a) paraît se placer entre les Algues et les Champignons; le second (6), qui semble être la plus simple et peutêtre la première manifestation de la substance vivante, se place entre les animaux (amibes, infusoires) et les champignons.
10. a. Les espèces du premier groupe, qui comprennent 'surtout les libres sporules des divers ferments {Hormiscum Kutz ou Cryptococcus Kutz), confondues par beaucoup d'auteurs avec le genre Torula, ayant des chapelets de spores portées sur des filaments mycéliens, se rapprochent beaucoup des Champignons proprement dits, en ce qu'elles ont comme eux leur protoplasma toujours enclos de parois cellulo-membraneuses ; mais elles s'en séparent en ce que la nutrition et l'accroissement ne se font plus par l'intermédiaire d'un mycélium : c'est la spore elle-même, isolée, qui extrait, sépare les sucs nutritifs de son substratum nécessairement liquide et les élabore pour pourvoir à sa multiplication, soit par bourgeonnement, comme dans la levure de bière (mode plutôt propre aux Champignons), soit par divisions ou scissions comme chez les Ghytidés (mode plus fréquent chez les Algues).
H. ê. Les espèces du second groupe s'éloignent bien plus des Champignons, puisque, dès le principe et pendant tout le temps de leur nutrition et de leur accroissement, le protoplasma, qui sort nu de la spore, reste tel et constitue une masse muqueuse ou spumeuse, libre de toute enveloppe sarcodique, mobile, tantôt pénétrant, imbibant son substratum nourricier, tantôt en exsudant, puis ambulant sur sa surface, selon le mode des Amibes, et pérégrinant même sur les corps voisins, enfin se fixant, s'agglomérant et, pour ainsi dire, se cristallisant en innombrables spores arrondies et arrangées selon les modes spécifiques les plus divers : c'est le groupe si curieux des Myxomycètes (pw?a, morve), qui sera étudié à part {voy. ce mot).
12. Mycélium. L'importance du mycélium ressort de ces considérations, puisque sa présence est la meilleure caractéristique du groupe entier des Champignons pi'oprement dits. Mais de plus, c'est dans ce mycélium que réside au plus haut point l'individualité du champignon. En effet, disent MM. V. Tieghem et Le Monnier : « Depuis que les travaux modernes ont démontré le polymorphisme des appareils reproducteurs, tout le monde admet la nécessité d'une révision de la classe entière des Champignons. Aujourd'hui, une espèce ne peut être considérée comme connue que si on a découvert tous les appareils que son mycélium est capable de produire sans cesser d'être identique à lui-même, et si on a déterminé l'ordre suivant lequel ces appareils se succèdent ou alternent dans le cycle de la végétation de la plante. » Et plus loin, pour compléter leur pensée, les auteurs ajoutent : « Le mycélium d'un champignon, c'est-à-dire son appareil végétatif, se conserve toujours identique à lui-même, et il représente l'unité de la plante
au milieu de la variété des appareils reproducteurs qu'il peut produire et porter, etc. » r i r r
13. Nous croyons cependant qu'en posant cette borne à la variation, les savants auteurs ont été encore trop restrictifs; car, dans les générations alternantes les plus complètes chez lesquelles lesubstratum lui-même est changé (§ 119), ce n'est évidemment point le même mycélium qui continue la plante, et nous ne croyons pas qu on ait jamais montré l'identité du mycélium produisant Posidoma sm Juniperus et la phase suivante Rœstella sur le Poirier. C'est là une continuité qui n'a plus pour lien que la spore. Si l'on s'en tenait rigoureusement à la caractéristique de 1 espèce de M. V. Tieghem, Posidoma et Rœstelia ne seraient pas des phases de la même espèce, mais deux espèces à descendance enchaînée et alternée. C'est d ailleurs une vue qu'il ne faudrait peut-être pas rejeter trop vite, et qu'il y aurait lieu d'adopter si on découvrait, dans chaque forme de générations alternantes une véritable fructification, résultat d'une fécondation sexuelle. Mais un tel phénomène n'a pas encore été signalé, et beaucoup le regardent comme contradictoire (contradictoire à ce que nous savons ou à nos à priori, ce qui ne veut pas dire impossd, le). Quoi qu'il en soit, ces digressions mêmes montrent bien l'importance du rnycelium, puisque, cette base manquant, nos idées et notre langage se troublent. Etudions donc d'abord ses formes et ses fonctions
14. Le mycélium est, dit-on, l'appareil végétatif toutentier r c'est la plante e^le-meme saii^ ses fleurs et ses fruits ; c'est l'organisme chargé d'absorber, d'emmagasiner et d e aborer, au moins en partie, les éléments de nutrition que fournit e substratum. Je remarquerai que cet appareil végétatif des Champignons est tout entier enfonce dans son substratum, c'est4-dire ertièrement soustrait à linlluencedela lumière qui paraît lui être plutôt défavorable. Quelle différence avec 1 appareil végétatif des plantes qui ne sauraient se passer d'elle sans périr ! '
• 15. Nous avons dit (§ 8) que le mycélium est la première formation de la spore germant : il se développe en longs filaments tubuleux, très-fins, plus ou moins rameux, presque toujours blancs, mais quelquefois teintés, soit en jaune, soit en orange pale ou vif, soit en rouge, soit enfin en noir. Nous croyons que c'est toujours la membrane enveloppante qui est colorée, et non le protoplasma, qui est à pe^ne teinte, jaunâtre, presque incolore et ne renlerme jamais de granulations
16. Quoi qu'il en soit, ces filaments peuvent revêtir des formes très-diverses :
TTo s r'''7-"P't' '"^""''"' ^^"^'^'^'^^ ' des filaments d'ouate ; on dt alors mycehumfloconneua: ou byssoïde. Quelquefois ils se g oup nt en faisceaux parallèles, et forment de longs cordons ayant la forme extér eure des fines racines des autres végétaux; mais ces cordons, souvent d'un blanc éda tant, ont une couche corticale plutôt blanche ou hygrophane (colZoZlll
Tin des"esnè 1 d r" '""^ ^'''"" (^^izomorphe, etc.) que l'on renc ntre dans des espec s de e™,nees, mais souvent fort éloignées les unes des autres par exemple, dans les Phallus, dans les Clathrus, mais aussi dans plusieurs A r X'
L^'etZir" "'"' '• ''''^'^■'" '""•' ^^' (^«'-•) --dr::Zs
Dans d'autres circonstances qui paraissent tenir quelquefois à l'espèce quelque- OIS aux circonstances du développement, les fils mycéliens s'entre-cmlent t s étendent en membranes plus ou moins longues, plus ou moins résistan s 'e "
le mycélium membraneux. Plusieurs ont depuis longtemps attiré l'atlenlion par leurs dimensions remarqual>les. On en a décrit comme types spécifiques sous les noms de Racodium {R. cellare Pers.), à'^thalium, Xtjlostroma, Mycoderma, etc.
17. Quelquefois, chez les Agaricinés les plus parfaits (Amanites et peutêtre Lépiotes), le mycélium, ou une partie du mycélium, se pelotonne en une niasse toujours floconneuse ou filamenteuse et cellulaire (ce qui la distingue des scléroles ci-après étudiées), au sein de laquelle le réceptacle se développe par diflérenciation de tissus (sans doute par substitution), tandis que la périphérie, non modifiée, mais bientôt distendue par l'accroissement central, constitue h volve ou \e, vélum universel (§41-45).
18. Sclerotium. Cependant ce mycélium normalement floconneux, au plus fibriileux, peut aussi s'enchevêtrer, se tasser, se serrer, puis se fondre en une masse charnue dont on ne connaît pas bien encore l'anatomie intime, mais où on ne retrouve pas l'élément histologique des Champignons, la cellule allongée pu filament. Quoi qu'il en soit, ces petits tubercules s'appellent scle'rotes {sclerotium, l'ergot du seigle est une sclérote). Beaucoup de ces scléiotes ont été longtemps prises pour des espèces. C'est un mycologue français, le trop modeste docteur Léveillé, qui le premier a montré que ce n'était là qu'une forme, qu'une phase transitoire de l'organe de nutrition, c'est-à-dire du mycélium, état qui n'est pas sans analogie avec les tubercules de notre Parmentière ou du Topinambour. Pries a décrit environ soixante formes distinctes de sclérotes.
Nous dirons seulement, pour qu'on puisse décrire une sclérote, que M. de Bary les range en sept groupes, suivant les détails anatomiques de l'écorce et du parenchyme : l'écorce est lisse ou verruqueuse, ou sillonnée, ou labyrinthée: elle est celluleuse, vacuolée ou compacte, etc., etc. ; le parenchyme est gélatineux ou charnu, ou médulleux, ou farineux, avec ou sans vacuoles plus ou moins grandes, remplies soit d'air, soit de liquide plus ou moins limpide ou granuleux, etc. etc. ; en outre, l'écorce et le parenchyme offrent des consistances et des couleurs trèsdiverses et ordinairement caractéristiques. Mais le trait physiologique, général et typique de la sclérote, c'est d'être un organe conservateur de la vie latente du mycéte qui l'a produite, pouvant traverser les saisons de froid ou de sécheresse impropre à la vie d'un champignon, et retrouver son activité vitale, revêtir les formes qui sont propres à son parfait épanouissement dans les saisons favorables, souvent éloignées de neuf à onze mois de l'époque de sa léthargie.
19. La singulière faculté de se ramasser en sclérote n'est pas la caractéristique d'une famille, non plus que dans les phanérogames la propriété de former des tubercules; elle se rencontre dans les groupes les plus éloignés par leurs autres caractères. Ainsi on trouve des sclérotes dans les Mucédinés : Polyactis cinerea Berk. Botrytis erythropusLev.; dans les Clavariés : Typhula erythropus Fr., Ty. lactea Tul., Ty. gyrans Fr., Ty . phacorhiza Fr., Pistillaria micans Fr., Clavaria complanata Tod., Cl. scutellata, Cl. minor Lev. ; dans les Agaricinés: Ag. {Naucoria) arvalis Fr., Ag. (CoUibia) racemosus P., Ag., [ColUbia] tuberosus Bull., Ag. (ColUbia) fusipes Bull., Ag. (CoUibia) cirrhatus Sch., Ag. (Volvaria) volvaceus Bull., Coprinus stercorarius Bull.; dans les Polyporés : Polyporus tuberaster Jacq. ; dans les Gastrorasidés : Tulostoma britmale Fr. ; dans les Pézizés : Peziza Candollana Le\ . , P. Fuckeliana, P. sclerotiorum Lib., P. Curregana Berk, P. ciborioldes Fr., P. tuberosa Bull. ; dans les Spiiéronémés : Vermicularia minor Fr. et Tul.; dans les Sphériacés : Claviceps purpurea, Cl.
microcephala, Cl.ni(jricnml\û. et Roze, Cl. pusillaCes., Hypomyces armeniaceus Tiil., Xylaria bulbosaP.; mais un grand nombre sans doute nons sont encore inconnues.
20. Durée du mycélium. Cette durée est peu connue et paraît fort variable. Souvent le mycélium ne produit qu'une seule fructification et meurt, comme la volve et son fin chevelu chez les Amanites, ou au moins ne fructifie que pendant une seule saison : Pucciniœ graminis, etc. ; d'autres au contraire ont une durée indéterminée, ou qui, par leur accroissement souterrain, semble telle ; alors, chaque année, pendant leur saison d'élection, on les retrouve aux mêmes lieux tant que le substratum est nourricier, ainsi qu'il arrive pour le champignon de couche (Ag. campestris) généralement récolté avant la maturation des spores nouvelles. 11 est pourtant peu probable que ce soit réellement le même mycélium; ce sont plutôt les rameaux adventifs qu'il développe chaque année; et comme ce développement est souvent centrifuge, il en résulte que les tiges fructifères, qui pour l'observation extérieure et superficielle constituent tout le champignon, affectent souvent des formes circulaires à rayon toujours progressif, par exemple Marasmius oreades, Hydnum repandum L., truffes (Quélet), etc.
21 . Le mycélium de plusieurs champignons a paru être réviviscent : Léveillé a observé la reviviscence sur un mycélium conservé plusieurs années dans son herbier. Le blanc de champignon, que les jardiniers vendent pour la propagation de Ag. campestris (Psaliote pratelle), paraît souvent entièrement desséché, et il a pu, assure-t-on, être conservé ainsi pendant douze ans, Cl. Tollard dit même vingt ans (Cordier), et reprendre vie avec la même vigueur que le mycélium frais. Enfin plusieurs sclérotes, et entre autres l'ergot, paraissent parfaitement secs et cependant ont pu reprendre leur activité vitale et leur évolution. Avouons pourtant que ces phénomènes ont été très-superficiellement étudié?, qu'aucun expérimentateur scientifique n'a constaté qu'un mycélium vraiment desséché, ne contenant plus de protoplasma liquide, ait repris vie; ce sont des études à poursuivre. Les sclérotes conservent leur aptitude à reprendre la vie active pendant un temps qui a été trouvé variant de quelques mois à deux aHnées. Il est rare que cette activité puisse s'éveiller dès la formation du tubercule, même placé dans un milieu favorable; le plus souvent cette puissance doit demeurer dans cet état léthargique plusieurs mois, souvent durant les mois de l'hiver ; alors elle se réveille au printemps : c'est au moins ce qui arrive pour Claviceps (ergot) et pour plusieurs autres. Nous compléterons (§ 133 et 136) ce qui a trait aux actions mécaniques et chimiques du mycélium sur son substratum.
22. Réceptacle. Au point de vue de l'aspect, le réceptacle semble le plus souvent être le corps même du champignon, car c'est la seule partie du corps appréciable, le mycélium étant ordinairement immergé dans le sein du corps nourricier. Au point de vue physiologique, le réceptacle est l'organe fructifère, portant' et nourrissant les organes de reproduction. Au point de vue anatomique et morphologique : ou bien c'est un simple fil libre, plus ou moins dressé tubuleux (vijpa-aToç, fil), à peine visible à l'œil nu, et j'appellerai Nématés k groupe de champignons, généralement composé de moisissures, qui n'ont pas d'autres réceptacles pour leurs spores^; ou bien les réceptacles sont : l^soil
« Nous ne savons pourquoi il est passé en usage chez quelques mycologistes, de Bary par exemple, de donner à la racine û^/j, hyphe ou tissu, le sens de lilament, et, par exemple, d'appeler hyphomijcètes les champignons représentés par de simples fils tubuleux, libres, non enchevêtrés, bien que ûjjjj se dise seulement d'un tissu et jamais d'un fil isolé, de sorte que
CHAMPIGNONS. i2û
un composé de cellules contextées (contextce) en un tissu ('tali' eu membrane, et on dit ces champignons membraneux, et la membrane gi'nératrice des spores hyménium ou hymène; 2» soit un disque mince {Smoç, palet, disque), d'où les discomycètes des auteurs; 3" soit un disque, un coussin plus ou moins épais , quelquefois élevé et même rameux , et portant sur sa face supérieure ou dans sa couche superficielle les organes de fructification; on appelle alors ce réceptacle stroma (c7Tpwf;ia, coussin, matelas sur lequel on se couche) , et on pouira dire stromatés les champignons portant leurs spores et cellules fécondes sur un tel réceptacle ; mais j'appellerai A-sarcoDÉs (sans chair) ceux qui sont sans aucun réceptacle contexte; 4" et généralement tous les champignons à réceptacle contexte en une masse plus ou rnoins spongieuse, celluleuse (charnue, coriace, tubéreuse ou même ligneuse), de forme, détaille, de volume, de poids, très-variables seront compris, soit sous l'ancien nom général de Funginés (fiingus, champignon ayant un corps charnu, de (7^0770;, éponge) soit sous celui de Sargodés, en opposition avec les Asarcodés qui n'ont pas de réceptacle contexte et qui comprennent : 1" ceux dont les spores sont portées sur de simples fils plus ou moins dressés et distincts du mycélium ou les Nématés; 2" et ceux qui n'ont plus aucun réceptacle distinct et dont les spores comme une poussière (zoviç, eu?) reposent directement sur un mycélium couché sur le substratum et plus ou moins distinct, ou les Conidiacés (uolis prenons ce groupe dans un sens beaucoup plus restreint que les Coniomycètes des auteurs).
23. En outre, le réceptacle, étant l'intermédiaire entre le mycélium et les organes de reproduction, contracte des rapports non moins importants et non moins variables avec les corps reproducteurs et leurs annexes, dont il est successivement l'origine, le nourricier, le porteur, et le plus souvent le protecteur. Ce sont ces formes et ces rapports, bases de là classification, qu'il faut passer rapidement en revue, ne signalant pourtant que les formes principales.
24. a. Réceptacles nématés, c'est-à-dire composés de filaments tubuleux manifestes, isolés ou facilement isolables. Daius sa forme typique la plus élémentaire, ce réceptacle est formé par une cellule allongée, tubuleuse, continuant le mycélium, mais s'en distinguant : d'abord par son extrémité libre, productrice d'une ou de plusieurs spores ou cellules mères de spores, ensuite le plus souvent parmi port différent, par une direction spéciale ordinairement redressée, et dans une longueur bien supérieure aux diamètres de leurs spores, enfin par quelque autre caractère distinctif d'insertion et de persistance, d'arrangement, de cloisonnement, de ramification, de diamètre ou de couleur, etc. Alors non-seulement est manifeste la nature capillaire du réceptacle, mais la structure peut en être facilement étudiée. Le réceptacle nématé producteur de fruits peut être un fil tubuleux, isolé, piliforme, dressé, atteignant d'ordinaire un ou plusieurs millimètres de hauteur, quelquefois plusieurs centimètres; il est : ou continu, comme dans Aspergillus, Peronospora, Rhodocephalus, ou cloisonné {septé), comme dans Pénicillium, Botrytis; il peut être couché, comme dans Aremonium, Zygo-
hyphomycètes devrait se dire exclusivement des cliampignons à réceptacle contexte, tandis que les mycologistes qui emploient cette expression s'en servent pour les champignons presque exclusivement composés de filament libre. C'est une erreur de langage qu'il est encore temps de rectifier; et puisqu'on a voulu parler grec, au moins faut-il le faire le plua correctement possible. Déjà Fries, qui se servait de cette expression, l'a abandonnée. Nous suivrons cet exemple, et reprenant une expression de Persoon, nous dirons INématés au lieu de Hijphomyc'etes.
(lesmiis, Gtc. Il peut encore être simple comme dans Aapergillus briarea, ou bien rameux comme dans Peronospora.
-5. Cette ramure fournit des caractères très-nombreux, suivant qu'elle est diou trichotome, ou verticillée, ou alternée, ou fasciculée, ou fastigiée, ou irrégulière ; suivant qu'elle est une ou plusieurs fois répétée ; suivant le mode d'évolution, l'ordre successif d'apparition (§ 85-86), et aussi suivant le mode de terminaison du tronc principal et des rameaux ; suivant leur direction, leur écartement et surtout suivant les points d'émeigence des spores et les caractères de ces points sporophores, etc., etc., tous traits spécifiques et d'autant meilleurs que ce sont eux qui commandent le port, c'est-à-dire l'aspect d'ensemble du Nématé. Ce réceptacle filamenteux présentera encore des caractères de couleur : il y en aura de blancs , d'hyalins, de pellucides, comme en général chez les Mucédinés* de noirs comme chez les Sclérotrichés, de jaunes ou de rouges (jamais verts) ; d'ailleurs on se gardera de confondre les 'couleurs des spores, souvent très-spéciales, avic celles du réceptacle capillé. Nous verrons enfin (§ 104-125) que ces formes nématées des réceptacles ne sont souvent que des formes d'une première existence qui eu prépare une seconde.
26. g. Cependant les fils tubuleux, producteurs de spores, peuvent être couchés ou très-courts, et dissimulés par la rapide production d'innombrables spores arrondies, caduques, tombées, reposant éparses sur le mycélium ou sur son stratum nourricier; alors le réceptacle ou porteur filamenteux manque ou paraît manquer, et le champignon ne trahit plus guère sa présence, même sous une forte loupe, que par un amas d'ovules libres, plus ou moins ramassées en un nid bientôt ouvert, tandis qu'à l'œil nu ils n'offrent qu'une poussière impalpable, de là le nom de champignons-poussière (Conidiacés et Coniodés) donné à ce premier groupe (comprenant ceux des Coniomycètes des auteurs décidément sans fil porteur appréciable), p. 208.
27. D'autre part il arrive chez les Nématés que le filament porteur, au lieu d'être isolé dans toute sa longueur, peut vers sa base s'associer à d'autres fils et constituer un tronc composé d'un assemblage de fils parallèles, simplement adnexés (quelquefois adnés vers la base), plus ou moins compacts, avec ou sans fine enveloppe corticale vers le pied, mais dont la composition tubulo-capillaire reste bien manifeste, et les tubules facilement séparables et encore séparé^ épanouis en gerbe au haut; ce réceptacle déjà substipité sera encore nématé ou au moms nematoïde; mais, dès que les tubules capillaires seront ou enchevêtrés ou adnexés du haut en bas et formeront un seul corps recouvert d'^s spores ou de leurs cellules mères, le réceptacle deviendra un s <r orna. Cependant on pourra dire un stroma nématé, si cette base est le stratum à! on s'éièvsnt des formes nématés.
28. y. Réceptacles contextes (conteœti), ¥moims ou S a^cobés, c'est-hdire composes de capillan-es enlacés; car l'élément anatomique constant de ces masses charnues ou subéreuses qui constituent les gros champignons paraît être toujours le filament tubuleux diversement ramifié et entre-croisé.
Cependant dans certains groupes (Lactaires et Russules, et notamment chez R virescens), le réceptacle adulte ne présenté plus guère qu'un amas d'utriculcs {utriculus, petite outre), ou polyédriques, ou même arrondies {R. virescens) adiiexées et plus ou moins reliées par quelques filaments rameux- mais d'après M. de Bary, qui nomme celte chair utriculaire « pseudo-parenchyràe » (pourquoi pseudo?), cet état est toujours secondaire et résulte de la segmentation des fila-
ments tubuleux. Nous appellerons ce tissu utriculaire, el, quand les deuxéléments sont mêlés, contexto-utriculaire i.
29. Canaux lactifères. Cependant un grand nombre (sinon tous) de ces champignons à réceptacle utricul:iire, présentent un fait anatomique que je dois au moins signaler, c'est la présence, au milieu de leur tissu utriculaire, de canaux très-nombreux, surtout sous-hyméniaux, dans lesquels circule une humeur le plus souvent laiteuse ou opaline, épaisse ou séreuse, etc. ; ces canaux sont longs, lluxueux, rameux, turgides chez les Lactaires*, et laissent sortir, quand onjes rompt, un lait abondante Corda avait déjà signalé {icônes fung . , t. IV, f. 139) lies canaux lactifères chez Russ. fetens P. var. laclifliia ( est-ce une variété, n'est-ce pas plutôt l'étal normal ?) et chez R. consobrina Fr. Depuis M. Boudier a découvert el figuré [Des champs, 1866, pi. II, f. 4) ces mêmes conduits chez Russule émétique , mais plus courts, plus rares, simples, et ne renfermant sans doute qu'un latex peu abondant, séreux, el par suite non manifestement laiteux. Et avant lui M. de Seynes (1863), a trouvé des canaux succifères qu'il signale comme plus commodes à étudier, chez Fistulina hiiglossoïdes , et dont il donne en effet de beaux dessins [Ess. d'une flore myc. PI. I, fig. 4).
Outre ces champignons à réceptacle utriculaire, il y a encore des Agaricinés à réceptacle plutôt fibreux, les Mycènes, qui sont aussi lactifluents, et les Hygrophores. aquiftuents, mais nous ne savons rien de leur anatomie.
50. Quoi qu'il en soit des variétés de leur tissu, les réceptacles, suivant la base que l'on adopte , peuvent se classer en plusieurs groupes très-différents, et fort utilisés pour la taxonomie.
1» Au point de vue de la forme extérieure, les réceptacles sont :
A. minces et membraneux : papyracés ou dermatoïdes, soit étendus et bien étalés sur leur SH&sfra^Mm (Mérules), soit plus circonscrits en disques, quelquefois relevés en cupule (Pézizés), ou diversement contournés (Helvèlles). En outre, ces réceptacles membraneux ou discoïdes sont, soit direcleraent appliqués sur leur stratum, c'est-à-dire sessiles, soit stipités ;
B. étendus en plateau le plus souvent renversés , dont l'épaisseur est déjà notable, mais bien moindre que les deux autres dimensions. Ces plateaux sont également ou sessiles ou le plus souvent stipités ; ou de formes diverses : méplats, discoïdes, excipulés (en soucoupe) ou diversement contournés, très-souvent en parapluie plus ou moins ouvert (Amanites, Coprins, etc.) ; quelquefois en entonnoir (CuTocïBEs) ; quelquefois même treillages (Clathrus) ;
C. ramassés en masse arrondie ou pulvinée (en coussin) ou hépatiforme ; nous avons déjà vu (§ 27) qu'on leur donne souvent le nom de stroma, mais exclusive-
* Ou remarquera que, pou.- exprimer les nuances si utiles à déterminer dans l'histoire naturelle descriptive, un moyen précieux est offert par les mots composés de deux noms ou de deux adjectifs toujours susceplibles de deux formes (à moins que l'euphonie ne s'y oppose), suivant l'ordre adopté; par exemple, on peut dire contexto-utriculaire et utriculo-contexté.' Or il convient de ne pas écrire arbitrairement l'un ou l'autre; et comme il entre dans le génie de toutes les langues qui peuvent modifier l'ordre des mots, dans la phrase, de mettre en dernier le principal, il faudra dire, par exemple, dans le cas présent ; utriculocon texte, quand l'élément filament l'emportera sur l'utricule, comme chez beaucoup de lactaires, oîi au contraire contexto-utriculaire, quand l'élément utriculaire l'emportera, comme chez Russula virescens. Si tous les naturalistes, à l'exemple de M. Guillard dans son inflorescence, adoptaient un usage si conlorme au génie du langage, ils augmenteraient singulièrement leurs ressoures sans surcharger la mémoire.
2 L'analyse microscopique de ces canaux est rendue plus facile en mettaul dans 1 alcool, ou en faisant bouillir des tranches les spécimens à étudier.
ment quand ils portent superficiellement leurs organes de fructification : soit des périthèques ou des pseudo-périthèques (ou périclines § 33 et 85) s' ouvrant à la surface ; soit, sur cette surface elle-même, des clinides ; ces deux dernières sporifications le plus souvent précurseurs des périthèques (g 82). Quelquefois ces réceptacles pulvinés s'allongent en haut pour se terminer en une masse elliptique ou claviforme, ou bien en rameaux et ramuscules arrondis ou laminés.
Cependant ces réceptacles plus ou moins ramassés se divisent en deux groupes très-distincts, suivant que leur fructification est extérieurement exposée avant sa maturité, ou reste intérieure (§ 36) ; dans le premier cas on peut les regarder comme vraiment massifs, tandis que dans le second ils sont creux ou creusés en divers compartiments pour loger dans leur ventre (gaster) les corps reproducteurs; on peut alors avec les auteurs appeler ces champignons en général gasteromycètes, et leur enveloppe péricarpe.
31. 2» Au point de vue de la consistance, les réceptacles sont : celluleux soit friables comme chez les Myxomycètes, soit charnus et utriculaires, mais encore secs et cassants comme chez les Russules et Lactaires ; ou charnus , pulpeux, déprimables, écrasables, comme chez les Bolets ; ou, au contraire, fermes et résistants comme chez les Truffes ; ou bien ils sont fibro-charnus : soit fissiles ou cassants comme chez les Ag. Tricholoma, ou mous et fissiles comme chez Fistulina; ou fibro-celluleu.v mous et fragiles comme chez les Coprins, les Hygrophobes ; ou fissiles et résistants comme chez les Cantarelles; ou gélatineux comme chez Bulgavia et les Trémélinés, ou tenaces comme chez les Lenzités ; enfin ou subéreux, ou cartilagineux, ou cornés, ou ligneux, comme chez la majorité des Polïpores, des Dédales.
32. 3° Les autres propriétés organoleptiques ; odeurs, saveurs, couleurs, ne sont guère susceptibles de généralités, ce qui est d'autant plus regrettable que le plus souvent elles sont très-spéciales et fournissent , à ceux qui les ont une fois appréciées, des traits au moins spécifiques importants. Mais, jusqu'à ce jour, notre impuissance à exprimer avec quelque précision soit par le langage, soit autrement, nos impressions olfactives ou gustatives, ne nous permet pas de tirer un grand profit de ces caractères fugitifs ; cependant, eu attendant que la taxonomie de ces sensations nous permette une plus exacte détermination , on devra les rendre, tant bien que mal, d'après les expiessions en usage (Voyez art. Agaricinés*, p. 127). Les couleurs peuvent au contraire être fixées par la peinture et exprimées par le langage àû à M. Chevreul (Voy. Agaricinés, p. 126 et art. Couleur) (Voy. aussi g 60 et 132).
33. 4» Au point de vue de leur connexion avec le mycélium dont ils tiennent leur origine, ces réceptacles ou les péricarpes qui en tiennent lieu sont en rapport, soit immédiat avec le mycélium encore filamentaux sur lequel ils reposent, soil médiat par l'intermédiaire d'un organe de sustentation.
a. Dans le premier cas de rapport immédiat, ce rapport a lieu : soit par toute la surface externe du réceptacle, face my céliale opposée à la face hyménale ou fructifère) comme dans bon nombre de réceptacles membraneux appliqués, où de réceptacles sphéroïdes hypogés (Hysterangium, Melanogaster, etc.); ou bien par une partie circonscrite de cette surface (ordinairement celle sur laquelle repose le fungus), dite hase absorbante si cette surface est étendue et aplatie, sinon hile,
p. Dans lé second cas, de happôrt médiat, la coiluexion s'établit pat Un support intermédiaire entre lé i-éceptacle proprement dit et le mycélium. Cet or-
"aiie prend le nom de stipe {sUpes, tronc), quand il est en forme de colonne, de subicule {subiculus, petit coussin), et dans le même sens sfroma, employé notamment pour le disque supportant certains petits réceptacles qui deviennent peu à peu des périthèques ou des périclines (§82 et 83) membraneux ou crustacés, c'est-à-dire plutôt des organes considérés comme annexes de la fructification que comme des réceptacles ; et alors c'est le stroma charnu (§ 53) qui peut être pris pour le vrai réceptacle, comme nous l'avons admis (§ 30 C). Ainsi se confondent, dans certains cas, le support et le réceptacle supporté; ainsi s'expliquent la confusion où tombent des auteurs et le double sens qu'ils donnent au stroma, le prenant tantôt comme réceptacle, tantôt comme support. Pour nous, nous appellerons exclusivement subicule une base pulvinée ou discoïde portant un vrai réceptacle charnu ou subéreux, et nous réserverons le nom de stroma pour le cas contraire déjà déterminé (§ 30 C.) Cependant il arrive quelquefois que la base stromateuse sur laquelle reposent les organes de la frnctificalion quels qu'ils soient, n'est ni le tissu propre du champignon méritant le nom de stroma, ni celui du seul substratum nourricier, mais le résultat d'une fusion, d'une pénétration de celui-ci par celui-là, formant un tissu d'un caractère mixte : on dit alors pseudo-strome.
34. 5° Au point de vue du rapport des réceptacles avec les organes de reproduction qu'ils développent, portent, protègent et nourrissent, ces réceptacles se divisent en deux grandes catégories qui servent puissamment à la classification, et suitout à la détermination des grands groupes, à savoir : 1» ceux qui portent l'ensemble de leurs organes reproducteurs (hymenium, cellules mères et spores) h l'extérieur, soit dès le principe, comme les clavaires, soit de très-bonne heure, et avant la maturité, comme la plupart des Agaricisés (Russule, Ag. Tricholome, etc.), et des Pezizés ; soit un peu avant cette maturité (Coprins, etc.), on les appellera ectogènes (sztoç, en dehors, ysvo?, génération) ; 2" ceux qui, jusqu'au delà de la maturité complète, portent leurs organes de reproductions enclos dans leur sein igaster) et à cause de cela sont dits endogènes (Gastéromycètes, etc., des auteurs).
35. Cependant les réceptacles ectogènes et ceux endogènes ont reçu des noms particuliers suivant que les spores qu'ils produisent sont attachées au sommet des cellules mères clinides ou basides § 68 et 70, ou sont libres d'attache, mais incluses dans les cellules mères dites alors asces ou thèques (§ 36).
Les champignons qui offrent la première disposition s'appellent IUsidiosporés ou plus simplement Basidés, et ceux qui offrent la seconde thécasporés ou ascisporés et plus simplement âscidés. Ces deux grandes divisions, sur lesquelles nous aurons souvent à revenir, étant posées, voyons ce que devient le réceptacle en chacune.
A. Chez les réceptacles ectogènes basidés, le réceptacle porteur de basides prend, dès qu'il devient charnu et abstraction faite de ses formes variées, le non: gènérû à' hyménophore : car, quoique toute couche membraneuse de cellules mères ait reçu le nom àliyménium, il est passé en usage d'attribuer principalement ce nom à la membrane fructifère qui produit les basides ; de là le nom i'hyménomycètes donné par Pries au grand et important groupe de champignons ainsi constitué, ou celui plus court, plus commode et plus élégant d'/i?^ inéniés adopté par le docteur Quélet (voy. aussi § 68 et 69). Nous eussions préléré Basïméniés, indiquant précisément les porteurs d'un hymenium formé de basides, en opposition avec Ascïméniés pour dés^ner ceui ayant un hyméniunl
composé d'Asces (Pézizés, etc.). Quand l'hyménophore a la forme d'un disqu" soutenu par un stipe, ordinairement central, et tapissé en dessous par riiymtnium, il prend le nom de chapeau (pUeus).
B. Chez les réceptacles ectogènes thécasporés, le réceptacle porteur des thèques ou asces, et méritant le nom d'AscïMÉNiÉ, a souvent une forme de disque diversement contourné; de là le nom de discomycètes, ou plus précisément de Discothèques.
36. a. Chez les réceptacles endogènes basidés ou Gastérobasidés, le réceptacle, plus ou moins régulièrement sphéroïdal, est au dehors constamment formé par une enveloppe extérieure, membraneuse, appelée péridium, conslituée le plus souvent, sinon toujours, par plusieurs couches concentriques, et entouré d'un contenu, ou unique appelé gléba, et mieux basiglebe (glèbe basidée), ou composé de petits sphéroïdes secondaires munis de leur enveloppe propre, laquelle je désignerai exclusivement sous le nom de péridiole, tandis que l'enveloppe générale conserve \e nom de péridium, delà, celui de péridiés donné à ce groupe par M. Quélet.
ê. Enfin chez les réceptacles endogènes thécasporés, que l'on peut appeler légitimement Gastérothèques, le réceptacle est formé ordinairement d'une masse compacte essentiellement charnue ou cornée, creusée de lacunes dans lesquelles sont logés les organes de la fructification.
Dans les cas assez rares oii ces Gastérothèques ont une enveloppe distincte, elle est charnue, crustacée, indéhiscente, et si distincte du péridium membraneux des endogènes basidés ou gastérobasidés, dans sa forme comme dans ses origines (§50), qu'il nous paraît, avec le docteur Quélet, que la même dénomination ne saurait être appliquée aux deux groupes. Aussi, conservant le nom de péridium exclusivement aux gastérobasidés, nous adopterons celui de cortex (écorce) donné par Vittadini à l'enveloppe des gastérothèques, cortex qui n'est au fond qu'un réceptacle charnu et cupule, diversement replié et chiffonné. Cette origine est surtout manifeste dans le genre Genea.
37. h° Enfin un dernier point de vue est celui de Yorganogénie ou du développement, de l'ordre d'apparition et de maturation des réceptacles et de leurs annexes, et des analogies anatomiques qui en résultent. Bien que de considération très-nouvelle, cet ordre d'apparition doit nous arrêter un instant, à cause de son importance à venir : en lui réside ce qu'on pourra appeler l'anatomie philosophique des champignons.
a. Chez les Agaricinés, cette évolution se poursuit, suivant les groupes, en des sens très-différents :
A. Chez les uns, elle est nettement centrifuge ou périphérique, à peu près comme chez les végétaux cotylédonés ; et aussi de bas en haut, du mycélium au stipe, du stipe au cliapeau, à peu près comme chez un arbre qui ajoute de jeunes rameau>c à la périphérie de ses branches ; ainsi des filaments nouveaux, s'épanouissant du stipe à la périphérie du chapeau, vont augmentant incessamment le rayon de ce dernier : ce stipe lui-même commence par être une petite tumeur arrondie, surmontée d'un tout petit corps lenticulaire, à peine appréciable, qui sera le chapeau ; aussi le slipe reste longtemps obèse, tuméfié de suc alimentaire, servant à développer le volume et à augmenter le nombre des filaments de l'hyménophore. Nous appellerons exvoluté ce mode de développement centrifuge et à découvert; c'est celui généralement observé chez les Agaricinés dits Gymnocarpes (à fruit nu (^upej), non voilé) et plus précisément dans les groupes sui-
vauts: Clitocïbe, Mvcena, Omphalu, Pleurotes, et aussi chez les Telephorks, Paxillus, Gomphidius, Lactarius, Rdssula, Cantharellus, Nïctalis, Marasmius, Lentiinus, Panus ; chez beaucoup de Gollybia {C. Driopliylus — tuberosus, — cirrhatus, etc.) ; cependant, d'après les dessins de H. Hoffman, Collybia velutipes, et C. fusipes ne seraient pas purement centrifuges mais aussi Galycarpes.
38. B. Chez les autres, que, par opposition, il faut appeler Agaricinésvoilés ou cahjcarpes (xaXu? calice, enveloppe) ; le développement, au lieu d'être périphérique, est endophérique : une petite masse sphéroïdale, charnue, homogène en apparence, est d'abord produite par le mycélium, puis peu à peu àei différenciations intérieures de nuance, de consistance, se produisent à part et esquissent ce qui sera les lames, le chapeau ; puis , de bas en haut, le stipe se dessine et vient comme s'implanter sous le chapeau , le tout restant entouré et enclos par une couche épaisse de tissu blanc qui sera le vélum universel de Pries. Avec Bonorden nous appelons involuté ce mode de développement par l'intérieur, et nous dirons qu'il a lieu par différenciation des tissus; cependant, par rapport aux voiles, il présente deux variétés :
a. Si une pellicule séparative s'est formée sur le chapeau, l'enveloppe générale ne restera pas concrétée avec la face supérieure du chapeau, et on aura la volva ou membraneuse ou pulvérulente des Amanites, des Volvartes, des Coprins, qui ne conserve des connexions indissolubles qu'avec le pied du stipe, alors le plus souvent bulbeux ou subbulbeux ;
ft. Si la pellicule séparative ne se constitue pas sur le chapeau, alors le voile se concrète avec la surface du chapeau, et on a le voile universel des Lépiotes, des Psaliola, des Armillaria, des Pholiota, des Hypholoma [voy. Agaric et Chromosporées), dont le chapeau ne s'affranchit que par r^upture successive des filaments. Cependant les observations ne sont pas assez complètes, ou sont encore trop contradictoires pour décider à quel groupe de formation, par accroissement périphéiique ou par différenciation intérieure, appartiennent les Ag. tri- CHOLOMES, les Cortinaires, les Hygrophores, les Bolbites et plusieurs autres.
59. D'ailleurs, le procédé de formation des tissus spéciaux (Hyménium, etc. ), par différenciation, modification d'un tissu antérieur qui se trouve dans l'évolution de tous les êtres vivants, est à fortiori commun aux Gymnocarpes comme aux Galycarpes ; mais il se présente dans ces derniers comme moyen presque exclusif de donner la forme aux parties. Par cette différenciation des tissus sont comme sculptés dans la masse uniforme les organes et les formes du jeune fiingus ; tandis que, dans la végétation centrifuge et à découvert, ce sont les additions et les poussées successives des filaments, nouveaux ou accrus, qui viennent se grouper les uns auprès des autres, de manière à esquisser les traits spécifiques du champignon.
Outre cet ordre d'apparition des organes par différenciation successive, il y a un ordre de développement et de maturation, généralement de bas en haut, et centrifuge pour le chapeau. Cependant dans certains Coprins (G. comatus, C. micaceus, etc.), la maturité des spores (appréciable par la coloration) commence par la marge, elle est centripète. Elle paraît simultanée dans C. fimentarius, dans Ag. campestris, Ag. prœcox, etc.
40. Nous venons de dire très-succinctement les évolutions anatomiques constatées de visu; cependant il resterait à relier ces faits, ces formes successives, par une théorie générale d'évolution, comme les botanistes l'ont fait en montrant la feuille et le bourgeon générateur de tous les organes de la plante. Nous ne
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soiiinics pas encore capables d'une telle syntlièse en mycologie. Les Agaricinés voilés se prêtent pourtant à quelques vues théoriiiues qui ne sont pas sans intérêt et même sans application pour la subordination des caractères. Les auteurs, il est vrai, ne sont pas bien d'accord sur les origines et les affinités et les différences intimes de la volve, du vélum universel et des voiles liyméniaux inférieurs et supérieurs des Agaricinés.
41. Bonorden regarde la volve des Amanites, des Volvariés et sans doute des Coprins comme une dépendance du mycélium. A la vérité, on peut trouver que cette déclaration a un air de banalité, puisque c'est du mycélium qu'est sorti tout le champignon et d'abord la petite masse sphéroïde, début de tous les caly. carpes. La volve, qui fait partie des champignons, est donc aussi fdie du mycélium ; mais il est admissible et même vraisemblable, malgré l'opposition de De Bary, que la différenciation qui change les diverses portions des tissus intérieurs y sculpte les organes successifs, sans toucher notablement à la superticie, qui reste émanation primordiale du mycélium. Quant au vélum inférieur, il est manifestement la continuation des filaments extérieurs du stipe, qui vont se continuer et se perdre dans la cuticule du chapeau , entourant ainsi tout le champignon comme un peridium. Mais il n'en est plus de même pour le vélum supérieur de la face hyméniale, dont les fibres rayonnantes, concentriques et un peu ascendantes à partir du bord du chapeau, vont se joindre dans la rainure entre les lames et le stipe.
42. Une théorie d'évolution que réalisent les genres Tulostorna, Battarrea et tout le groupe des Podaxinés*, que Payer a entrevue, et que mes recherches organogéniques me conduisent à proposer, paraît rendre compte de tous les faits observés. Si l'on admet, en effet, que dans tous les .Agaricinés voilés, la volve et le vélum partiel (ou hyraénial) soient les représentants d'un double péndmm concentrique d'une gastéro-basidée, enveloppant la gleba (lames ethymémum) et l'hyménophore (chair du chapeau), et que le stipe soit une colonne de sustentation qui s'estd'abord développée isolément entre les deux péridiums, en réunissant alors tous les faits, on sera amené à concevoir comme il suit la naissance et le développement d'un Agariciné voilé.
43. Dans le principe, une petite tumeur ovoïde s'est développée sur le mycélium. Cette petite tumeur mycéliale possède déjà, au moins en puissance, ses ' deux péridiums (résultant peut-être des influences physiques et chimiques de l'atmosphère). Ces prémices incontestables étant posées, qu'on imagine maintenant que ce qui se voit chez Tulostorna se passe ici : au-dessus du point d'insertion de la tumeur sur le mycélium, entre les deux péridiums, là où afflue le protoplasma, naît, dans l'épaisseur du peridium externe ou sur sa face interne, un petit tubercule basique qui, entrant bientôt en connexion avec le peridium interne, lui transmet les sucs nutritifs qu'il reçoit du mycélium. Le peridium interne ainsi alimenté, muni de suc, développe à la face profonde de sa calotte supérieure la masse charnue qui sera le chapeau (l'hyménophore), et commence à ébaucher l'hyménium lui-même, tandis que l'hémisphère inférieure de ce même peridium interne, poussée de bas en haut par le rapide accroissement du tubercule basique se développant en une colonne centrale de sustentation ou stipes, vient s'appliquer comme une membrane sur la face inférieure de l'hyménophore, coiffant la tête du stipe : celui-ci pressant plus particulièrement le centre de cette membrane, l'amincit, la perce et contracte des adhérences avec le centre et l'hyménophore lui-même. Par le fait de ces connexions nouvelles, les sucs nourriciers
chano'ent de voie et arrivent à l'hyménophore directement par le stipc. Ce doit être à partir de ce moment que, dans l'Agariciné naissant, le développement s'opère en rayonnant et symétriquement au stipe qui apporte les matériaux d'organisation, et que l'évolution, jusque-là centripète, devient centrifuge, tandis que les voiles qui ne sont plus conducteurs des sucs nourriciers vont se desséchant.
4-4. Il résulte de ce développement que l'hyménophore ou chapeau n'est autre chose que la calotte supérieure du péridium interne, agrandie et épaissie ; que le stipe est un tubercule né du péridium externe ; que ces deux développements centripètes, marchant en sens inverse, se rencontrent et entrent en co nionction à travers le segment inférieur du péridium interne, percé à son centre par la poussée de la tête du stipe. (Peut-être doit-on voir là une conjonction copulatrice?) Il résultera encore de cette conception que le péridium interne ou vélum {vélum partiale Fr.) sera toujours en continuité avec le chapeau et surtout avec sa cuticule qu'il a contribué à former ; que le péridium externe ou « vélum universel » sera toujours en continuité avec le pied du stipe (développement du tubercule basique) formé par lui et dans son épaisseur; que chez l'Agariciné voilé adulte, les fibres du vélum {partiel) en continuité avec la périphérie du chapeau iront s'insérant au fond de h rainure qui existe entre la naissance centrale des lames et la tète du stipe chez ces Agaricinés voilés, puisque dans l'origine elles coiffaient cette tête, et qu'on pourra souvent suivre encore leur trace au-dessus de cette tête, comme il arrive chez les jeunes Amanites; que les connexions plus ou moins tardives contractées entre la face inférieure du chapeau et la tète du stipe pourront être encore débiles, comme on l'observe chez beaucoup de Calycarpes {Lep. procerus, Ag. campestris, etc., etc.); enfin que les tissus du stipe et ceux de l'hyménophore, qui se sont développés à part, seront le plus souvent fort dissemblables ou hétérogènes , comme on le voit chez les calycarpes, tandis qu'ils sont homogènes et manifestement se continuant l'un l'autre chez les Gymnocarpés types {Clitocybe, Cantharellus , etc. etc.).
45. Nous n'insisterons pas sur beaucoup d'autres conséquences de cette théorie d'évolution, qui nous paraît très-féconde. Elle explique un fort grand nombre de faits : par exemple, la forme nécessairement plus ou moins campanulée de tous les Agaricinés voilés, tandis qu'un chapeau méplat ou infundibulé dès la jeunesse est l'indice certain d'une tout autre organogénie, et notamment d'un développement centrifuge et extérieur {exvoiuti), etc., etc. De là l'importance des études embryogéniques chez les champignons, études à peine entamées jusqu'ici.
Je ferai encore remarquer que, suivant les détails de la nutrition, si le vélum universel (péridium externe) contracte ou plutôt conserve des connexions avec la surface supérieure du péridium interne, on aura, sur la surface supérieure du chapeau, la fusion plus ou moins complète des deux péridiums, soit des deux vélums, et, par suite, une organisation comme celle des Lépiotes, ou encore d'i^. campestris, vrai Lépiote à spores teintées, etc.; mais que, si une pellicule séparative se forme sur la surface supérieure du péridium interne, c'est-à-dire du chapeau, les deux péridiums, et, par suite, les deux voiles (volva et vélum proprement dits) resteront distincts, et on aura l'élégante famille des Amanites.
La théorie des vélums mixtes (voy. Agaricinkes) sera facilement déduite de ces considérations, sans que nous ayons besoin de nous arrêter sur un sujet trop théorique pour convenir à tous les lecteurs.
Nous allons maintenant passer rapidement en revue les développements des
principales classes, qui tous se rapportent aux deux modes involuti et exvoluli que nous venons d'expliquer.
46. Les Gastéromycètes et plus précisément Gastérobasidés * comprennent tous les funginés (à réceptacle contexte) et enfermant dans leur intérieur, jusqu'à la maturité et au delà, les organes de reproduction basidée formant une masse dite gléba basidée ou basiglèbe. Cette basiglèbe réunie en une seule masse ou divisée en plusieurs péridioles : de là la forme plus ou moins globuleuse du jeune réceptacle. Ces péridiums sont souvent sessiles {Bovista, etc.), souvent aussi stipités, soit par un stipe vrai, spécial, se développant à part entre deux péridiums dont nous avons déjà parlé (Tulostome, Gyrophraginium Montag., phalloïdes), soit en dehors des péridiums {Secotium Kunz.), soit faisant suite à une colonne de sustentation intérieure, support de la gleba (quelques Geaster, Podaxikés), soit enfin que l'on n'observe qu'un pseudo-stipe, court épaississement et prolongement du réceptacle lui-même (Lycoperdon, etc.). Cependant, dès qu'il est visible, le Gastérobasidié n'est qu'un petit paquet blanc semblable à du mycélium feutré; mais plus tard une ou plusieurs masses centrales, qui deviendront gleba, se différencient du pourtour qui deviendra péridium.
Le péridium est toujours composé de plusieurs couches concentriques ayant chacune des propriétés spéciales qui jouent un grand rôle dans l'évolution postérieure et le groupement en familles, genres et espèces {voy. Lïcoperdacées). C'est ainsi que les Geaster doivent leur faculté de s'épanouir en étoile et leur propriété hygrométrique à deux des six couches concentriques en lesquelles se divise leur péridium,
47. Le développement des Phalloïdes n'est pas sans analogie avec celui des Agaricinés voilés et stipités. Sur le mycélium en cordon apparaît un petit tubercule charnu, gros comme un grain dechènevis, dont lesommetest surmonté d'un péridium adhérent continu avec sa base, et bientôt distendu par une matière gélatineuse. Le petit tubercule se développe : puis, sur les parties latérales de son sommet, se dilférencie la gleba ; le corps s'allonge en stipe, se vacuole, se fraye un passage à travers la matière gélatineuse, repousse et distend le péridium ; de plus les vacuoles du stipe sécrètent des gaz (lesquels?) qui se compriment et dont l'effort brise tout à coup le péridium et distend le stipe avec bruit,
48. Les NiDULAiREs, petites urnes pleines de conceptacles lenticulaires, se développent d'abord comme un petit ovule fermé, villeux à sa surface : une coupe suivant l'axe -montre le contenu, un feutre gélatineux, dans le sein duquel se différencient peu à peu les conceptacles, avec leur hile et le funiculum qui s'y insère chez les genres pourvus de ce petit organe ; bientôt les parois supérieures s'évasent, le tissu celluleux, puis membraneux, qui clôt supérieurement cet élégant petit vase, se déchire et laisse à découvert les conceptacles, que le petit ressort à boudin, dit funicule , projette dehors.
49. Les Pezizés se développent d'abord en un petit tubercule calyciforme, presque fermé à son sommet conique, mais qui, par le développement plus rapide de la face hyméniale et de ses thèques, s'ouvre et s'épanouit peu à peu en une cupule caractéristique de la famille.
50. Les ToBÉRACiis, suivant nous les Ascypogés, étudiés dans quelques types encore peu compliqués {Genea Vitt., G. pulchra, par exemple), apparaissent' clairement comme des cupules dont l'épanouissement a été empêché par les conditions de milieu où elles se sont développées; alors elles se sont chiffonnées, recoque\illées en tout sens, de sorte que leur face externe n'est (jne la face ii)fé
rieiire et mycéliale de la cupule, leurs sinus ou veiues intérieures, la face basyméniale, et le cortex (§ 36 g) — les parois mêmes de la cupule. Le D' Quélet a donc rapproché avec raison, sous l'excellente dénomination de Cupules, les Gastéracés hypogés ou ascypogés (Hypogées des auteurs) des autres Discothèques (Discomycètes des auteurs).
51 . Cependant, et abstraction faite des analogies anatomiques ci-dessus indiqués, les Ascypogés (Elaphomyces, Truffes, etc.) sont des funginés ayant des réceptacles tuberculeux irrégulièrement arrondis, et hypogés pendant toute la durée de leur existence, par conséquent se développant, constituant leurs sucs, leurs éléments organiques, azotés ou non, et souvent riches en arôme, en dehors de toute influence de la lumière; et on avouera que c'est un fait bien éloigné de la nutrition végétale. Ces réceptacles sont formés au moins de deux substances différentes :
1" Une couche externe ou cortex, mate, sèche, dense, presque toujours fort résistante, et, suivant les espèces, chagrinée, verruqueuse, hérissée, villeuse ou portant des aiguillons, et plus rarement lisse ;
2" Une couche interne, feutrée, aérée, d'abord blanchâtre, au sein de laquelle se développent par différenciation des lacunes allongées et tapissées de tissu fructifère plus serré, mat, souvent teinté diversement ; de là l'aspect veiné de la section d'une truffe : les veines noires sont les sillons, les replis que revêt l'hyménium gorgé desucprotoplasmique, les veines blanches sont des couches de tissu aéré, les grises sont formées par le tissu hyménial et sous-hyménial.
52. Cependant la Truffe, dans son premier développement, lorsqu'elle n'a encore qu'un millimètre de diamètre, est formée d'un petit feutre blanc de mycélium, sous lequel on découvre bientôt ce que sera le cortex, formant déjà une coque assez épaisse ; cette coque n'est pas complètement fermée ; elle présente, en effet, au centre d'un renfoncement, un assez large pertuis, communiquant intérieurement avec une sorte de vestibule, où viennent s'embrancher les nombreux diverliculums aériens, tapissés de la membrane ascymène, qui parcourent en tous sens le tissu de la truffe ; mais ces lacunes, cette chambre à air vont s'oblitérant avec la croissance des tissus, avec leur épaississement et leur multiplication, tandis que le mycélium qui entourait le réceptacle ne tarde pas luimême à disparaître de bonne heure.
53. Pyrénomycètes {■Kvpijv, noyau), ou nuclée's (nucleus) du docteur Quélet, comprenant les sphériacés et les sphéronémés (etMélanconiées?). Nous avonsdéjà parlé du stroma, tantôt subicule,, tantôt réceptacle (§ 30,c35ê), toujours formé d'une sorte de feutrage du mycélium, diversement tassé et induré, et sur lequel ou dans la couche superficielle duquel se développent par différenciation les périthèques et périclines avec leur contenu. Quelquefois cependant ces petits organes reposent sur ou dans un tissu qui diffère peu du substratum nourricier; c'est le substratum dont le tissu infiltré de suc et de mycélium est plus ou moins modifié, et sert de réceptacle aux organes de reproduction. On a donné à cette base le nom de pseudo-strome ; dans ce stroma ou ce pseudo-strome sont immergés, comme autant de petits pépins, les périclines et périthèques, le plus souvent crustacés et charbonnés, et sur lesquels nous reviendrons (§ 82 et 83).