‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.15Chapitre 28 sur 98 · Oidium* albicans Ch. Robin, champignon du Muguet · texte numérisé non relu

Oidium* albicans Ch. Robin, champignon du Muguet

5. ChionypheCarteriBerk, dans une maladie des os du pied qu'on rencontre dans l'Inde. Cependant M. Gh. Robin se refuse à voir dans la maladie de Carter une affection parasitaire.

La plupai t de ces parasites sont des champignons très-imparfliitement connus, puisque l'on ne sait que leur prolification formée par étranglement du mycéhum, et constituant des chapelets de spores conidiennes (§ 1 08) , comme dans 3Iucor Mucedo, ou Pénicillium, dont les spores ressemblent assez à celles de ces parasites. De cette ressemblance et aussi du développement du Pénicillium sur leurs spores amassées, on a voulu conclure à l'identité de ces parasites cutanés avec Pénicillium ; mais Peuicillium croît partout, tout terrain organique lui est bon, et on n'obtient jamais rien de l'inoculation de ses spores, tandis que l'inoculation des spores parasi-

taires développe l'affection spéciale qui décèle la présence de chaque paras! t<! (Kobiier). J'ajouterai que l'on a trouvé assez souvent Aspergillus dans les bronches, surtout chez les oiseaux, et dans le conduit auditif.

IM. Germination des Spores. Il résulte de ce que nousavons dit (§ 61) que, sous le rapport de leur germination, les spores se divisent en plusieurs groupes :

1» Les unsparaissent être toujours le résultat d'une production non-sexuée, comprenant, entre beaucoup d'autres, les con irfi es et les sfî/ / o.sp o r e s (g 1 08) , toutes clinidées (§ 70), généralement plus petites, simples, peu colorées, chez la plupart desquelles on ne distingue pas nettement une double paroi, etc. Ces spores germent immédiatement, fournissant un vrai mycélium, apte à extraire tout de suite les sucs nutritifs du substratum; mais elles sont éphémères, leur aptitude à germer dure peu.

2» Le second groupe comprend d'autres spores , certainement issues de conjugaisons sexuelles, et particulièrement nommées oospores (§ 93), généralement plus grosses, plus colorées, à épispore et endospore manifeste, ayant un protoplasma qui semble plus concentré , ordinairement riche en granulations et surtout en gouttelettes oléagineuses. Celles-ci ne germent pas immédiatement après leur maturité apparente, mais doivent avoir sulà l'influence favorable soit ieïhi\er (hibernantes), soit de la sécheresse [estivantes) (§61). Après cette épreuve, les spores placées dans des conditions d'iiiimidité et de température convenable germent; mais, au lieu de fournir de suite un vrai mycélium, apte h extraire l'aliment du substratum, elles donnent un promycélium généralement peu allongé (quelquefois simple tumeur sur la spore), et dans lequel passe le protoplasma de la spore, augmenté ou seulement étendu par absorption de l'humidité ambiante ; sur ce promycéhum se forment bientôt plusieurs spores de seconde génération, acrogènes, à tendres et minces parois, peu colorées, éphémères, et que j'ai appelées spores secondes ou hypospores (g 110). 11 y a même des espèces oii ce piomycélium n'existe pas et chez lesquelles la spore hivernée se hérisse directement de spores secondes.

Ces hypospores, sorte de conidies, peuvent germer tout de suite et fournir immédiatement un vrai mycélium apte à se nourrir.

3° 11 y a pourtant d'autres spores, celles qu'avec M. deEary nous avons nommées téleutospores (g 109), (parce qu'elles sont les fructitications delà dernière saison précédant l'hiver), et il'autrcsque la disposition épaisse et plissée de leur épispore afaitnommer chlamydospores (§ 56). qui, bien que paraissant n'être pas une production de la sexualité, (car elles sont produites par un tout autre mode que celui qui donne les oosporesdans le même genre) ont cependant tous les attributs des oospores que nous avons énumérés ci-dessus, et entre autres celui de pouvoir germer sans avoir hiverné et de fournir d'abord un promycélium donnant lui-même des hypospores. Devant cette similitude on se demande s'il n'y aurait pas chez les mucorinés une autre forme de fécondation sexuelle (g 95) ?

145. Enfin, en dehors de ces trois types bien étudiés, il y a l'immense majorité des spores non encore soumises à l'observation, ou plutôt à l'expérimentation, expérimentation toujours délicate, qui demande beaucoup de temps et une grande persévérance aidée de quelque habitude et d'esprit scientifique... Car une spore qui devrait germer ne germe pas toujours; il en résulte que les insuccès ne peuvent donner lieu à des conclusions négatives qu'après un grand nombre d'essais répétés et variés.

146. Nous avons indiqué (§ 8), et trop succinctement, comment débute la ger-

mination : la spore placée dans un milieu humide » se gonfle, puis son épisporese rompt en un point, non toujours déterminé, et quelquefois en deux points opposes ; a travers la rupture l'endospore fait hernie et pousse un long tube, bientôt bifurqué, dans lequel passe une grande partie ou la totalité du protoplasma de la spoie. Ce tube est tantôt promycélium, alors il n'entre pas en rapport intime avec le substratum nourricier et donne de suite une récolte d'hypospores; ou bien il est mycélium vrai, et alors il s'étale sur le substratum, et il y pénètre suivant la nature de 1 un et de l'autre. S'il s'agit d'un parasite sur une feuille, nous avons vu que, suivant le champignon, ce germe peut percer l'épiderme de la feuille et s'enfoncer de suite dans le parenchyme (les spores des Urédinés, des Ecidiacés, de Puccinia Dianthi, etc.) ; ou chez d'autres, le jeune tube de germe doit chercher un stomate pour pouvoir pénétrer dans le tissu nourricier (les hypospores des Urédinés et de la plupart des Péronosporès, etc.).

■147. Nous ne pouvons pas dire ici quand et comment arrive le cloisonnement, parce que ce point, encore mal défini, ne se prête pas à un exposé assez succinct! Constatons seulement que toutes les fois que le promycélium ou le mycélium se dispose à produire une spore, une cloison séparative de la spore se montre de bonne heure, en sorte que la jeune spore semble ne pouvoir bien s'achever que par osmose. Dans le cours du mycélium, d'autres cloisonnements surviennent, plus ou moins rapprochés suivant les espèces, et servent de caractère distinctif, ainsi que la fréquence et la forme des ramifications.

Il n'est pas sans intérêt de signaler ici que, dans le cas où la spore est ambulante (§ 62) , sic'est unezoospore que l'on observe {Cystopus, Peronosporanivea), nageant dans une goutte d'eau à la surface d'une feuille, c'est toujours sur un stomate qu elle s'arrête ; elle s'y fixe, perd ses cils et pousse son tube mycélien précisément dans le stomate (de Bary).

148. Conditions extérieures de la germination. La germination des spores exige des conditions extérieures d'humidité etdecaloricité très-variées et dont trèspeu ont été déterminées: Ustilago carbo germe déjà à -+- 0°,5, Pénicillium, et Botrytis cinerea à + 2», etc. Mais à ces basses températures, la germination est lente. Ustilago desiruens, qui germe à + 5°, peut encore se développer à + 38",75 (Hoff.) et Pénicillium jusqu'à 43° (Wiesner). Nous avons vu des spores spéciales supporter, et même avec avantage, les rigueurs de l'hiver ; mais, quand la germination est commencée, le froid l'arrête d'abord, et bientôt la tue. L'influence hygrométrique est également variée : beaucoup de spores ne germent que sur un substratum humecté et dans un air presque saturé ; d'autres germent bien sur l'eau, d'autres germent encore entièrement submergées. On ne sait rien de l'action de l'oxygène ni des autres gaz. Quant au substratum alimentaire, nous avons vu qu'il paraît rarement utile avant la constitution d'un mycélium vrai: ce sont les

^Culture en capsule. On se procure de petits anneaux de verre cylindrique de quelques millimètres (4 a 5) de haut, facilement découpés dans un tube de verre, bien aplanis sur leurs deux faces parallèles, scellés par un peu de cire, de poix ou de bitume de Judée sur des porte-objets ordinan-es, et chacun recouvert d'un verre mince fixé par une fine goutelette d huile sur le pourtour de 1 anneau. On a ainsi des capsules trés-commodes pour l'étude. On suspend une goutte de hquide(eau ou liquide nourricier (§149etnotes) aucentredela face inférieure du verre mince, et l'on y noie la spore à étudier. Il n'est pas facile de n'en mettre quune; le plus important, et non moins diflicile, est de n'en mettre que d'une seule espèce. On dépose une ou deux gouttes d'eau bien pure au fond de la capsule pour tenir ^f,y V^!,'."' atmosphère toujours saturée d'humidité. Tel est le simple appareil .dopté par MM \. Tieghem et Le Monmer pour la culture des spores, qui est la base indispensable de toute étude de mycologie biologique de quelque valeur.

lianides sucrés surtout avec du glucose (dioit ou gauche?) , légèrement acidifiés par des acides organiques (alors on a à redouter Penicillmm), ou même légèrement alcalins (alors les bactéries, les vibrions et les infusoires, sont abondants et tres- "ênantspour l'observation microscopique).

" 149 MM V Tieghem et Le Monnier ont fait la plupart de leurs expériences avec

la décoction de crottin, ou avec du suc d'orange, tous deux bouillis et filtrés, pour les débarrasser des spores étrangères et accidentelles. On peut employer aussi un liquide artificiel composé d'azotate de chaux, 4 grammes, phosphate de potasse, sulfate de magnésie, nitrate de potasse, de chacun 1 gramme, eau 700, avec ou sans addition de 7 grammes de sucre *. Ces liquides constituent des substratums propres au développement du mycélium et à la fructification. - La première liqueur convient à un plus grand nombre d'espèces ; mais comme elle est alcaline, elle est bientôt envahie par les bactéries qui font échouer les cultures ; elle paraît aussi moins nutritive que la seconde, qui est acide et avec laquelle on n'a à redouter que le Fenicillium glaucum, peste des cultures. L'eau simple suffit d'ordinaire pour le développement du promycélium et des spores secondes. D'ailleurs, la liqueur nutritive a moins d'importance qu'on ne l'a cru, et les échecs sont dus à des causes très-diverses, souvent peu connues : l'état des spores, leur âge, etc.

150. Résistance des spores. C'est une connaissance qui importe au moins autant à la pratique qu'à la théorie, et cependant il faut avouer que pour avoir lait le sujet d'assez nombreux travaux, elle est encore peu avancée, et que les iaits sur lesquels elle repose paraissent souvent contradictoires.

11 faut d'abord distinguer avec soin la résistance à la destruction physique, et celle à la destruction des facultés physiologiques de germination.

1» La résistance à la destruction simplement j)hysique est fort grande. Les acides puissants, même concentrés, et l'acide sulfurique lui-même, sont longtemps sans action apparente sur l'épispore, d'autant plus résistant qu il est plus coloré. Mais les spores sont bientôt détruites par l'ébullitiou dans une solution potassique. M. E. Boudier a montré que les spores des Agaricinés, comestibles e vénéneux, résistent fort bien à la digestion, et qu'on les retrouve facilement et intactes (au moins en apparence) dans les fèces {voy. § 193 et note).^

r Résistance de la faculté germinative. Nous savons d'abord qu elle est tresinégale, puisque chez les conidies, stylospores et autres spores éphémères, 1 aptitude à germer se perd très-vite par la sécheresse et par le froid, qui developpen au contiaixe la puissance germinative des téleutospores, des chlamydospores et des oospores, toutes spores pouvant, et même devant passer un temps p us on moins long dans un état léthargique avant de germer, sans compter les sclerotes qui jouissent de la même faculté (§ U^*)-

E Boudier regarde comme certain que les spores des nombreux Ascoboln^ stercoraux, lancées, sur l'herbe environnant les bouses, par l'éjaculation des asces mûres, puis introduites dans les organes digestifs des herbivores sont rejetees intactes avec les fèces de ceux-ci , et qu'elles se trouvent ainsi toutes disséminées et naturellement immergées dans le milieu stercoral favorable à leur germination. Cette petite théorie est aussi vraisemblable que judicieuse. Ainsi, les spores d Ascobolns ne seraient ni digérées, ni altérées dans leur passage à travers les organes digestux 1 51 . Durée de la faculté germinative des spores. Les unes conservent ti es^

1 On pourrait sans doute prendre aussi la liqueur, composée par Pasteur pour ces essais de nanspermie: eau 100, sucre candi (et mieux sucre de raisin) 10, tartrate d ammoniac 0,J à 0,5, cendre de levure de bière (ou sans doute d'autres champignons] 0.1.

^""fgT'^^f"'' ^^^""'''' "^''"^'^ ''I""^^ ^^"^^ "^té desséchées (dans l'air sec) à plus e 1-0» ; d autres (conidies de Peronospora infestans) la perdent en 24 heures pour avoir été desséchées à l'air ordinaire.

Ustilagocarbo a germé après un an et même une fois après trente et un mois • Us.destruens après un à trois ans et demi; Us. majalis après deux ans; TiUia mrîes pendant tout le cours de sa deuxième année. Les ascospores de Sordaria curvula, qui, comme les précédents, germent volontiers immédiatement après leur maturité, ont germé encore vingt-huit mois plus tard ; la Muscardine {Botry. tis Bassiana) conserve sa faculté germinative pendant un à deux ans, mais pas au delà. Les spores de Rhysopus nigricans ne germent pas toutes après l'année

152. Résistance des spores à la chaleur. En général, dans l'air humide ou dans l'eau dont on élève la température, les spores perdent très-vite leur aptitude germinative : 22 degrés C. ont suffi pour les conidies de Peronospora. Mais dans 1 air sec, les spores d'Ustilago ont supporté jusqu'à 120° (?) (Hoff.) ; celles de PeniciUmmglaucummo, et même quelques-unes 119à 121» (?) (Pasteur) mais toutes 1 ont perdue à 127-132». 11 en serait de même pour Ascophora elegans (Mucor mucedo ?) , pour Botrytis ou Polyactis cinerea (Conidies de Peziza fukeliana)

M. Pasteur a trouvé qu'en chauffant jusqu'à 100» des spores en suspension dans un liquide, on les tuait très-généralement (?) ; mai.s dans d'autres expériences il a trouve que, si 100» suffisaient dans un liquide acidulé, il enfallaitl05 dans un liquide neutre ou alcalin et notamment dans le lait (?) K Dans un milieu saturé de vapeur d eau il n a fallu à Hoffmann que 58 à 62» pour tuer ÏJstilago carbo - 74 a 78° pendant une heure pour Ustilago destruens, et seulement 70 à 73» pen- 1 • .on ^,'r''--^"'' ^'^''' '''"''' ^"' ^^■^^■"'^ aurantiacum, dans le pain réc mi, P^ ^•^T'ï"! 1^0» ilchangede couleur et meurt. Enfm,si l'on'encroit Schm.tz, Pen^«//^^^m glaucum ne supporte que 61», et Trichothecium roseum seulemen 12° 1/2 (?? et de 68 à 75» dans l'air sec, -les spores de Peûza repanda, dans 1 eau, 63 à 64», et dans l'air sec, 137,5 (?9) ^

La congélation paraît avoir peu d'influence sur 'la faculté germinative des spores. La levure de bière supporte 80» au-dessous de zéro (Cagniard-Latour) de vir ''"^^''l'^'^'f^ ^^« ^-Périences sont contradictoires et par suite de peu de valeur ; - combien elles ont besoin d'être reprises, non-seulement pai' un expénmentateur habile, mais par un mycologue habitué aux cultures ercel3 aux nombreuses précautions dont il faut s'entourer pour éloigner les causes niultiples qui peuvent mduire en erreur.

fn,I!f tJ' '■^^'''" '"'^°"' ^"'^ ^''^P^'* ^' l'expérimentateur soit libre de toute heorie préconçue ; elle l'inciterait, quoi qu'il fît, à se garantir bien plus sévèrement des erreurs capables de favoriser les résultats contraiial par exemple, a recommencer ses expériences comme entachées d'erreur ou à les regarder comme bonnes suivant leur résultat, et non exclusivement uivant les circonstances de l'expérience elle-même. Nous allons dire pourquoi ette con ition primordiale de la méthode, ayant manqué aux recherches de M. Pasteur entre autres, frappe à nos yeux ses conclusions de discrédit.

li)ô. Génération spontanée OU hélérogénie des Champignons. Nous nou. garderons bien de nous enfoncer dans un débat aussi inextricable. Pour résumer

^irealr'" '' iT^™ ";*'' '' ^"' "^"^ '''^'''' «"""^î^^^ t«"^' et pour en faire la critique scientifique, il nous faudrait plus de pages que nous n'eli avons

oHiSrjc^ ^''"''f °' "°"' "' P°"^°"^ accepter qu'avec beaucoup de doute cette extraoïdinaire résistance des spores dans Teau faiblement alcaline annoncée par M Pasteur

consacré à cet article, et ce, pour aboutir à une conclusion négative. C'est qu'en effet le résultat final de tant de travaux (V. Comptes r. Ac. se. , les discussions entre Pasteur, Frémy, Pouchet, Joly,Trecul, etc., etc.) peut se formuler ainsi:

D'une part, dans les infusions organiques appropriées, quelques précautions que l'on ait prises pour éloigner tout ancêtre, ovule ou « germe », comme dit M. Pasteur, on n'a pas réussi jusqu'à ce jour à empêcher à coup sur les apparitions des molécules vivantes, infusoires ou fungoïdes ;

Et d'autre part, dans quelques conditions favorables que l'on mette un liquide pour le rendre générateur d'organismes vivants, tant par le milieu où on le place que par la composition intime qu'on lui donne, si l'on se garde soigneusement des fécondes poussières de l'atmosphère, on n'est pas toujours sûr d'y voir naître

des êtres vivants.

La conclusion évidente de ces résultats ambigus , c'est que toutes les conditions de production de ces êtres infinitésimaux ne nous sont pas encore connues ; « le déterminisme » n'en est pas fait !

154. D'ailleurs, il faut l'avouer, rien de faible, de peu scientifique comme la polémique, comme les arguments échangés entre des savants pourtant fort éminents. Voici, par exemple, comment M. Pasteur réfute les faits contrariants qu'il rencontre: d'un côté, il affirme que, si ces fungoïdes et ces infusoires se montrent quelquefois oii on ne devait pas les voir, c'est que l'atmosphère, comme l'arche de Noé, charrie incessamment d'innombrables germes de toutes les espèces (théorie delà panspermie),et que quelques-uns de ces germes ont échappé à sa vigilance, ou ont résisté aux moyens destructeurs qu'il emploie. C'est même pour réduire ces faits rebelles qu'il a avancé cette proposition hardie : que, dans les liqueurs neutres ou légèrement alcalines (c'est surtout le lait qu'il avait en vue) , il y a des germes qui résistent à une ébuUition prolongée! D'un autre côté, si ces germes n'apparaissent pas toujours dans les vases librement ouverts, comme ils le devraient, c'est que l'atmosphère n'est panspermiqueque par instants; ce sont des bouffées qui passent, et le panspermisme « souffle où il veut ! ))^

Combien serait plus scientifique, je dirai même plus habile, un sincère aveu d'ignorance des causes de ces expériences contradictoires et relativement rares.

155. Quant à la thèse contraire, elle ne nous paraît pas beaucoup plus solidement établie. Selon les hétérogénistes, si les infusoires ne naissent pas toujours dans les décoctions organiques mises à l'abri des ensemencements fortuits, c'est que les conditions les plus favorables à la genèse d'une cellule vivante, encore inconnue, manquent en quelques points nécessaires. Si les infusoires deviennent plus rares à mesure que l'on s'efforce de tuer les germes que les adversaires de l'hétérogénie supposent dans l'atmosphère ou dans la liqueur, c'est que, du même coup, on détruit les conditions (inconnues, il est vrai), qui sont nécessaires à cette genèse ; on remplace les conditions naturelles par des conditions purement artificielles, etc. Sans doute tout cela est possible, mais non démontrable.

156. Quand on parcourt tous ces travaux si considérables, on est saisi d'admiration pour l'ingéniosité et la beauté et le nombre des expériences instituées, et sous ce rapport, M. Pasteur l'a certainement emporté sur ses adversaires pourtant si ingénieux. Mais on est affligé aussi de l'esprit sectaire qui a gâté tant de travail, et sous ce rapport encore M. Pasteur a singulièrement dépassé ses contradicteurs. Son enseignement à ce sujet, ses arguments ne sont pas ceux d'un savant qui a charge de découvru- la vérité, mais d'un théologien qui, comme le disait lui-même le fougueux professeur, « ucharged'àmes » ! Qui ne sent que, dans

cet aveu (précieux parce qu'il révèle l'état meutal du maître), l'âme usurpe la place de la venté, et le professeur celui du prêtre, au grand dommage de l'usurpée et de 1 usurpateur? car, dans une investigation nouvelle, un savant ne tire pas tant son autorité de son savoir ancien que de sa méthode actuelle, et il n'est pas de méthode plus antipathique, plus opposée au véritable esprit scientifique qu'un a priori regardé à l'avance comme certain, et dont il reste à chercher la dé monstration. Un tel but fiappe de discrédit tout ce que cet esprit ingénieux et passionne a fait sous cette dirimante disposition intellectuelle, dans laquelle il laut bien le dire à sa décharge, l'ont poussé plusieurs de ses collègues les plus considères de l'inslitut; c'est une campagne regrettable dans laquelle l'esprit sec taire 1 a emporté ; el j'avoue que si la courtoise et tranquille argumentation de M. le professeur Fremy n a pas paru suffisamment convaincante, au moins a-t-elle ele toujours soutenue par l'esprit scientifique et par le seul désir de découvrir la vé iite. \oila pourquoi nous ne pensons pas que le difficile problème de l'hétérogénie soit résolu. Nous avons déjà formulé à l'article Mésologie*(8 123) les seules conclu sions provisoires que Tétat actuel de nos connaissances nous paraisse comporter"

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