SOURCE DES BAINS IID DES BAINS
» DETAL. BROSbON. ROCHER. BARSE.
Chlorure de sodium 1,617 1,737 1,780 1,849
— potassium 0,178 0,161 0,131 0,132
— magnésium 1,218 1,260 1,256 1,104
— lithium indices. indices. indices. indices.
Bicarbonate de soude 1,034 0,699 0,412 0,341
— chaux 2,103 2,089 2,094 2,081
— magnésie 0,440 0,599 0,429 0,433
— proloxyde de fer. . . 0,034 0,044 0,032 0,042 Sulfate de chaux 0,498 0,432 0,482 0,515
— slroiUiane ]
Arséniate de soude [ indices. indices. indices. indices.
Matière organique bitumineuse . . . |
Alumine 0.008 0,007 0,010 0,008
Silice. 0,126 0,166 0,122 0,116
Total du» «atières fixes. . . 7,308 7,054 6,748 6,659
Gaz acide carbonique libre 0 gr. 258 Ogr. 120 0 gr. 381 Ogr. 347
M. Lefort ajoute qu'il a recherché en vain la présence de l'iode et du brome dans l'eau des sources de Châtelguyon.
Mode d'administration et doses. Les eaux de Châtelguyon s'emploient en boisson, en bains généraux de baignoires ou de piscines et en douches. L'eau de ce poste minéral se prend à l'intérieur, le matin, à jeun, par verres de quait d'heure en quart d'heure. « Un préjugé vulgaire, dit M. le docteur Aguilhon,afait croire dans nos contrées que les eaux doivent être ingérées avant le lever du soleil. L expérience nous a appris qu'il est inutile de s'astreindre à cet usage, la fraîcheur des matinées pouvant être préjuciable d'ailleurs à la santé de certains malades. Une autre croyance plus fâcheuse encore, c'est que les effets salutaires des eaux soient en raison des quantités qu'on ingère; aussi nos sources méritentelles une grande surveillance sous ce rapport. La dose ne peut être fixée d'abord d'une manière rigoureuse. On commence ordinairement par trois ou quatre verres, et l'on augmente graduellement d'un verre chaque jour. La quantité est élevée ainsi à huit, dix et même vingt verres, suivant les conditions organiques et les effets que l'on obtient ou que l'on cherche à obtenir » {Notes sur l'action thérapeutique des eaux de Châtelguyon, p. 7-8 ; Annales de thérap. chir. et méd. de Paris, 1849).
CIIATELGUYON (eaux minérales de). 521
Certnins buveurs digèrent mal l'eau de Cliàtelguyon, qui leur donne des pesanteurs d'estomac, des nausées, des vomissements même ; mais ces cas sont rares et indiquent qu'il faut en diminuer la dose et les couper avec du lait ou une infusion édulcorée par un sirop, ou même que leur usage doit être complètement supprimé. Ordinairement elles sont tout d''abord apéritives ; elles augmentent l'appétit et facilitent l'assimilation des aliments. C'est une des raisons pour lesquelles ces eaux sont toniques, analeptiques ou reconstituantes, ce qu'explique encore la proportion notable de bicarbonate de fer que tiennent en dissolution les eaux des diverses sources de Cbâtelgoyon.
Emploi thérapeutique. L'action physiologique de ces eaux à l'intérieur, à laquelle MM. Deval et Aguilhon attachent la plus grande importance, est sans contredit leur vertu purgative. « Les eaux de Chàtelguyon, disent ces deux confrères, possèdent, en effet, au plus haut degré et plus qu'aucune autre source minérale de France, la propriété purgative. Elles sont aussi puissamment diurétiques » (loc. cit.). La composition chimique de ces sources ne pouvant expliquer suffisamment ces deux propriétés, nous avons voulu nous assurer sur nous-mêmes, si ces eaux possédaient des vertus, inexplicables par les éléments qu'y constate l'analyse. Ce résultat a été complètement négatif, et, sans penser à mettre sur la même hgne notre expérience et celle de MM. les docteurs Doval et Aguilhon, nous ne pouvons nous empêcher d'exprimer, à propos des effets purgatifs et diurétiques des eaux de Chàtelguyon, l'opinion que nous développerons à propos des mêmes prétentions qu'ont les eaux de Contrexéville, de Vittel, de Niederbronn et de Sermaize (voy. ces mots). Comme ces dernières eaux, les eaux de Chàtelguyon sont purgatives et diurétiques, en raison de la quantité trop considérable qu'on en absorbe ; elles purgent surtout par indigestion. Est-ce à dire que ces eaux, prises à doses rïiodérées d'un, deux ou trois verres, ne purgent jamais? Nullement; et si l'on veut se reporter aux effets physiologiques de la plupart des sources, on pourra constater que, sans avoir réellement des vertus laxatives, elles donnent pourtant au début la diarrhée. Mais faut-il conclure de là , conune M. Deval et M. Aguilhon, que les eaux de Chàtelguyon, même lorsqu'elles ont subi le transport, « ont une action purgative bien supérieure à celles des eaux de Pullna, et qu'elles peuvent marcher de niveau avec l'eau de Seidlitz artificielle? » Cela nous paraît une exagération sur laquelle nous appelons l'attention de M. le docteur Aguilhon lui-même, praticien aussi distingué que consciencieux. Nous savons bien que le chlorure de sodium, trouvé par M. Lefort, associé au gaz acide carbonique, peut donner à lui seul l'explication de l'action purgative de l'eau de Chàtelguyon ; mais, ainsi que M. J. Lefort le fait remarquer lui-même, avec juste raison, il existe, dans le département du Puy-de-Dôme même, une foule d'autres sources qui ne sont aucunement laxatives et qui pourtant renferment une quau- ■ tité supérieure de chlorure de sodium à celle des eaux de Chàtelguyon. M. Lefoit ajoute : « Il faut donc admettre dans ces dernières des sels distincts par leur nature et par leur quantité de ceux qui se rencontrent dans les premières ; ces sels sont, à n'en pas douter, à base de magnésie, le chlorure de magnésium et le bicarbonate de magnésie, dont les propriétés laxatives, même à petites doses et surtout prolongées, sont connues des thérapeutistes. » Nous avons rapporté textuellement l'opinion de M. Lefort, afin que le lecteur puisse juger, en connaissance de cause, la question de la vertu purgative des eaux de Chàtelguyon.
Ces eaux prises eu boisson déterminent la lourdeur de tête, la titubation, la somnolence et l'ébriété. Tous ces phénomènes sont produits par la proportion de
522 CUATELGUYON (eaux minérales de).
gaz acide carbonique libre contenu dans ces sources. Nous avons tant de fois signalé déjà ces accidents des eaux fortement gazeuses, que nous croyons inutile de répéter les précautions nécessaires pour les éviter : séjour dans le \erre, chauffiige artificiel de l'eau, etc. L'eau de ces sources, prise en boisson seulement, peut occasionner la poussée; mais les bains et les douches avec l'eau suréclniuffée de cette station minérale, concurremment avec les eaux à l'intérieur, déterminent surtout une manifestation cutanée arrivant ordinairement du sixième au douzième jour, Elle est précédée de démangeaisons sur toute la surface du corps, de plaques rouges autour des articulations radio-carpiennes et à l'hypogastre ; elle revêt toujours la forme d'urticaire, de miliaire ou de rougeur scariatineuse qui force de suspendre le traitement hydrotbermal pendant quatre à cinq jours, après lesquels, la desquamation se faisant, la cure peut être reprise. Les effets physiologiques des bains et des douches d'eau sont ceux des bains et des douches administrés avec une eau assez fortement carbonique, et ils varient suivant leur chiileur. Sédatifs, calmants et toniques à basse température, ils sont excitants, révulsifs et hypersthénisants, quand leur eau est portée à 40" ou 45" centigrade, par exemple.
Les eaux polymétallites de Ghàtelguyon sont hypothermales, chlorurées sodiques, bicarbonatées calciques, sulfatées sodiques, ferrugineuses et fortement carboniques. Elles renferment des éléments si complexes que leur étude thérapeutique est difficile, sinon impossible, à celui qui veut tenir compte seulement des principes chimiques. Aussi est-ce l'expérience et une observaiion attentive qui font connaître les propriétés curatives des sources de cette station minérale.
L'usage interne et externe des eaux de Ghàtelguyon convient surtout aux personnes faibles, anémiques, chlorotiques, hystériques et hypocondriaques chez lesquelles l'administration des ferrugineux est indi'quée. Elles sont, en effet, puissamment mai tiales, comme il est facile de s'en assurer par le tableau des substances qui les rendent médicamenteuses ; et la proportion sensible de chlorures qu'elles renferment augmente encore leur vertu tonique, analeptique, reconstituante. 11 n'est donc pas étonnant qu'une cure, à ce poste bydrolhermul, remédie aux accidents pathologiques dont l'aglobulie du sang est le caractère principal. Dans ces circonstances, au dire de MM. les docteurs Deval et Aguilhon, les eaux doivent être conseillées « à faible dose et de façon qu'elles soient complètement assimilées. Elles n'agissent bien qu'à cette condition. » Nous ajouterons que la quantité notable de sulfate neutre dissous dans ces eaux est un élément précieux, parce qu'il combat la constipation ordinaire dans ces états maladifs, qu'augmentent encore les principes ferrugineux et le chlorure de sodium, à petite dose, qui entrent aussi dans leur composition. Les bains de baignoires et surtout de piscines, à la température native des sources, principalement administiés à l'eau courante, et les douches, sont encore un puissant adjuvant par leur effet sthénique, stmiulant et sédatif à la fois.
Telle nous semble être la spécialité d'action des eaux de Ghàtelguyon, que les médecins éloignés doivent principalement connaître. S'ensuit-il que les sources de cette station ne puissent être victorieusement opposées à d'autres affections? Non assurément ; et, d'un commun accord, MM. les docteurs Deval et Aguilhon disent que leurs eaux, artificiellement chauffées, combattent avec beaucoup de succès les manifestations diverses du rhumatisme chronique. Ils disent encore qu'on les oppose utilement, en les employant en boisson et à haute dose, aux troubles de l'estomac, de l'intestm, du foie et des reins, dans lesquels les eaux bicarbonatées sont habituellement prescrites avec avantage, et qu'enfin ils ont vu ces eaux
CHATENOIS (eaux minérales de). 525
guérir les tumeurs blanches, même lorsqu'elles existent chez des sujets scrofuleux, les rétractions musculaires, les atrophies localisées, les fausses ankyloses et certaines maladies utérines ; mais ces honorables confrères ne prétendent pas et ne peuvent prétendre mettre les eaux de Giiàtelguyon sur la même ligne que celles de Bourbonne, de Bouibon-l'Archanibault, de Balaruc, etc. , dans les rhumatismes auxquels convienneat les eaux chlorurées; que celles de Vichy, de Saint- Nectaire, etc., dans les affections des organes digestifs et de leurs annexes, partilièrement dans celles du foie et des reins ; que les chlorurées bromo-iodurées hyperthermales dans les tumeurs blanches, chez les scroluleux, et enfin que toutes les sources d'une plus haute température native, dans les accidents de contractures idiopathiques, d'alropliie des muscles, de roideurs articulaires, etc. Ajoutons avant de terminer que les eaux de Chàtelguyon, par leur composition chimique, par leur température et par leurs effets physiologiques et curatifs, doivent être rapprochées de celles du bain ferrugineux de Luxeuil et de celles de Szliâcs, en Hongrie, en rappelant toutefois que ces dernières sont plus chaudes et beaucoup plus fortement carboniques {voy. Luxeuil et Szliâcs).
La durée de la cure est de 15 à 20 jours.
On exporte peu les eaux de Chàtelguyon. A. Rotureau.
Bibliographie. — Buclos. Observations sur les eaux minérales de plusieurs provinces de France. Paris, 1675, iii-18, p. 157. — Bue' Hoz. Dictionnaire hydrographique. Paris, 1772, in-r2, t. I, p. 271. — Cadet (de Paris) et Dufour (de Riom). Analyse des eaux de Châtel- GuyoH. In Mémoires de l'Académie des sciences, 1774. — Raulin. Traité analytique des eaux minérales. Paris, 1774, in-12, t. II, p. 155. — Du même. Parallèle des eaux minérales de France et de V Allemagne ; parallèle des eaux minérales de Vichy et de Cliâtel-Guyon; différence de leurs principes et de leurs propriétés. Paris, 1777, m-12, p. 156. — Cariière. Catalogue raisonné des ouvrages qui ont été publiés sur les eaux minérales en général et sur celles de France en particulier. Paris, 17S5, iii-4°, p. 155. — Legrand u'âussy. Voyaijc fait en 1787 et 1788 dans la ci-devant province d'Auvergne. Paria, llQi, an IIl, delà républ. in-8'>. — Barse (J,). Châtel-Guyon et ses eaux minérales. Riom, 18i0, iii-S" et in Journal de pharmacie, 2" série, 1840, t. XKVI, p. 485. — Aguilhon. Notes sur l'action thérapeutique des eaux minérales de Châtel-Guyon. In Annales de thérapeutique de Rogiietla. Paris, 1845, p. 40. — GoNOD. Analyse de l'eau de Châtel-Guyon, 1858. — Hesrï (Ossian fils). Rapport sur le travail de M. Gonod, intitule: Analyse des eaux de Châtel-Guyon. In Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, t. V, p. 455-46i; 1858 59. — Ciii;vallier (M.-.\.). Notice sur l'eau minérale de Châtel-Guyon [Pmj-de-Dôme). Paris, 1859, in-8°, 16 pages et in Journal de chimie médicale, année 1859. — Allard (G.-C.) et Boucaumom (F.). Les eaux thermo-minérales d' Auvergne, leurs spécialités médicales, leur état actuel et leur avenir, Paris, 18tJ2, in-S», p. 51-56. — Lecoq. Les eaux minérales du massif central de la France, considérées dans leurs rapports avec la chimie et la géologie. Paris, 1864. — Chalouim. Etude sur l'action des eaux minérales de Châtel-Guyon dans certaines paralysies et dans quelques affections de l'utérus ou de ses annexes, 1804. — Le Bret. Rapport sur le travail précédent. In Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, t. XII, p. 54- iU, 1865. — Lefort (Juk'S). Mémoire sur les propriétés physiques et la composition chimique des eaux minérales de Châtel-Guyon [Puy-de-Dôme]. In Annales de la Société d' hydrologie médicale de Paris, t. XI, p. 559-572, 1865. A. R.
CHATEl^ois (Eaux MiKÉRALEs de). Athermales, chlorurées sodiques moyennes, carboniques et sulfureuses faibles. Dans le. département du Bas-Rhin, dans l'arrondissement de Schelestadt, émergent deux sources, nommées source Beninger et source Buckel, qui viennent du même terrain et qui ont des eaux d'une tomposition à peu près identique.
Leur eau claire, limpide et transparente, a une odeur légèrement sulfureuse ; sa saveur est salée et amère, des bulles gazeuses, les unes grosses, les autres d'un très-petit volume, les traversent sans cesse et viennent s'épanouir à leur surface.