‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales V 16Chapitre 17 sur 49 · CHIRAC · texte numérisé non relu

CHIRAC

cniR4C (Pierre). Si l'on jtigeait un homme exclusivement sur l'importance des places qu'il a remplies, sur les honneurs qui ont charmé sa vie et sur la réputation qu'il s'est acquise de son vivant, le médecin qui fait le sujet de cette îiotice, serait, asssurément une des grandes illustrations de la profession. Mais rhis'toire est plus exigeante; elle demande à Chirac, si par des talents hors ligne, par quelque grande découverte, par son enseignement, par quelque progrès apporté à la science, il a justitié les cent voix de la Renommée, qui l'ont proclamé un grand médecin dans son temps, et l'ont, en enfant gâté, recommandé à la postérité. Eh bien, Chirac, soumis à ce contrôle sévère, et dépouillé des oiipeaux dé la cour, ne présente dans sa vie presque rien qui justifie sa grande célébrité, et il doit être mis au rang de ces médecins, grands seigneurs, qui ont tourbillonné auti/ur du grand soleil, et du triste Louis XV, et qui, commensaux complaisants des maîtres qu'ils servaient, singulièrement assouplis par le rôle de courtisans, gonflés d'orgueil, vivant dans un milieu dépravé, n'ont eu ni le temps ni la vertu de s'arracher à la vie du boudoir, et de faire servir au profit delà science des talents, peut-être réels, que la nature leur aurait prodigués. Pierre Chirac naquit en 1650, à Conques petite ville, faisant partie aujourd'hui du département de l'Aude. Il fut, dès son enfance, destiné à l'état ecclésiastique, et il fut mis entre les mains de quelques moines, dont le rôle consistait à former des enfants de choeur ; plus tard, il était à Rodez dans un collège de jésuites, et y parcourait ce qu'on appelait alors les humanités. Ces études préliminaires finies, il se rendait à Montpellier (1678), y professait un cours de théologie, et se chargeait de l'éducation d'Isaac Carquet, fils d'un apothicaire de la ville. Cette circonstance fut le point de départ de sa destinée future ; l'odeur des drogues lui monta à la tête, un buste d'Hippocrate placé dans l'officine Carquet lui sourit, et Chirac, abandonnant pour toujours une carrière pour laquelle il n'était guère fait, résolut d'embrasser la profession médicale. En 1680, il se faisait immatriculer sur les registres de la Faculté de Montpelher ; en 1685, il était reçu docteur; et peu à peu, il occupait ces charges : professeur en médecine à la place de Jérôme Tenques (1687) ; médecin des armées françaises en Catalogne (1692) ; médecin du port de Rochefort (1694) ; médecin du duc d'Orléans (1706) ; membre libre de l'Académie des sciences (1716) ; surintendant du jardin du roi en remplacement de Fagon (1718) ; anobli (1728) ; enfin, premier médecin de Louis XV, à la mort de Dodart (1731). Seulement Chirac ne jouit pas longtemps de l'honneur de tàter le pouls de Louis le Rien-Aimé, car il mourut le 11 mars 1752. Il avait 82 ans.

Chirac, il faut lui rendre cette justice, sentit vivement les immenses avantages de l'élude approfondie de l'anatomie ; il la savait mieux que la plupart de ses contemporains, et il en propagea le goût, mais il ne savait mettre dans ses livres ou dans ses écrits, ni méthode, ni ordre, ni clarté, ni justesse ; son style est dur, obscur, difiicile ; il avait adopté les hypothèses V^illisiennes, qui étaient à la mode de son temps, et il les proposait avec tant de confiance, d'un air si décidé, si éblouissant, qu'il faisait illusion à des écoliers qui croyaient trouver dans ses explications le développement des mystères de la nature.

On cite sept ouvrages de Chirac, soit écrits par lui-même, soit rédigés, sur ses notes, par des auteurs plus habiles à manier la plume et possédant plus de méthode :

I. Lettre sur la structure des cheveux. Montpellier, 1688, iii-S". — II. Lettre sur l'apologie de Vieussens. Wontp., 1698, in-8». — m. De motu ardis adversaria anahjlica. Montpel., 1698, iii-12. — IV. Quœstio de vulncribus, Monspel., 1707, ia-S". — Y. Observations

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