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CIGUË (thérapeutique

cours de cet article, elle peut eu éprouver des modifications favorables, ainsi qu'il arrive après l'usage interne de l'aconit qui lui aussi porte à la peau. On attribue à Jean Wier, au seizième siècle, les premiers essais dans cette voie; il employait la ciguë contre les dartres invétérées et la teigne. Les bons résultats qu'il en avait obtenus furent confirmés par Stoerk, CoUin, Quarin, Murray, Hufeland. Alibert a vu les cataplasmes de ciguë échouer contre la teigne faveuse, et réussir contre la teigne granulée. Bayle dit que onze dartres rebelles, traitées par la ciguë, ont toutes guéri sans exception. Fontonetti recommande les bains de ciguë contre les dermites aiguës et chroniques, eczéma, impétigo, liclien, érysipèle, etc. ; il regarde ces bains comme résolutifs, dessiccatifs, calmants et contre-stimulants par excellence {Gazette médicale, 1837). En un mot toutes les affections herpétiques ont été soumises au traitement cicuté. En 1855, Murawjeff a préconisé contre elles une pommade de cicutine au 40^ La ciguë se serait montré peut-être encore plus efficace dans le traitement des ulcères ; aux anciens éloges qui lui ont été décernés à cet égard, s'est joint en dernier lieu celui de Samuel Cooper, qui la regarde comme un excellent remède contre les ulcères invétérés de mauvais caractère, scrofuleux, syphilitiques et autres ; elle parait convenir surtout aux plaies avec irritation et douleur, sans nuire néanmoins aux ulcères atoniques.

Syphilis. Elle a été également recommandée contre les maladies vénériennes, non pas précisément comme antisyphilitique, mais plutôt comme modificateur de leurs manifestations cutanées, nmqueuses et ulcéreuses, tant comme topique que connue remède interne. On lui a cru aussi quelque influence sur les tumeurs, les exostoses, les engorgements syphilitiques. Elle a été conseillée dans ces divers cas par Hunier, Cullen, Swediaur, Kluyskens ; Biett et Cazenave l'ont opposée aux accidents secondaires en l'associant au mercure. Pearson en fait presque un spécifique contre les ulcères syphilitiques qui attaquent les orteils dans leur point de jonction avec le pied ; elle réussit encore d'après lui, contre les ulcères irritables et rongeants, soit qu'ils tiennent à l'action présente du virus vénérien, soit qu'ils subsistent après l'emploi d'un traitement mercuriel régulier. Samuel Goopcr voit dans la ciguë un moyen d'obtenir la guérison d'ulcères persistant après que l'on est parvenu à détruire l'action syphilitique à l'aide du mercure.

Affections catarrhales. Sauf les catarrhes scrofuleux, nous n'en voyons guère d'autres où l'on puisse être incité à préférer la ciguë à des modificateurs plus certains. Nous ne ferions exception que pour les catarrhes bronchiques, avec accidents spasmodiques, avec hypéresthésie de la muqueuse ; l'élimination abondante de la cicutine par les voies aériennes peut déterminer une certaine action élective de ce côté. Nous prenons donc en considération le conseil donné par Martin Damouretle et Pelvet, de recourir, dans les cas dont il s'agit, à l'usage interne de la ciguë et de préférence aux inhalations cicutées.

Quant au cas isolé rapporté par Valentin [Ann. de méd. prat. de Montpellier, 1808), rappelé par Mérat et de Lens, et par Gazin, d'un catarrhe invétéré de la vessie, guéri après un long traitement par l'extrait de ciguë, consommé jusqu'à la dose journalière de 12 grammes et à la dose totale de 2 kilogrammes, il prouve beaucoup de témérité de la part de l'expérimentateur ou beaucoup d'imperfection dans la qualité de l'extrait employé, et il ne saurait créer un antécédant, à moins qu'il ne fût réellement entretenu, comme on le suppose, par un principe dartreux. Nous ne trouverions fondé, en effet, d'après l'inlluence accordée à la ciguë sur l'herpétisme, l'essai du traitement cicuté que contre les ca-

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tarrhes du rein et de la vessie qui se lient à un état herpétique actuel, ou que l'on voit parfois succéder à la disparition des dartres. D'autres rétrocessions herpétiques paraissent d'ailleurs pouvoir être attaquées avec quelque succès par ce mode de traitement. Cazin cite en sa faveur le cas intéressant d'une gastralgie avec vomissements, avec dépérissement du sujet, qui avait suivi la cessation d'un eczéma chronique sur le membre inférieur ; le suc de ciguë à l'intérieur, les cataplasmes de pulpe de ciguë sur l'épigastre, amendèrent puis dissipèrent les troubles digestifs ; peu après l'eczéma reparut sous une forme adoucie, et le rétablissement devint complet.

Phthisie. Quarin prétend avoir guéri des phthisiques par l'emploi de la cio-uë. Baumes produit une observation dans laquelle se trouvent tous les symptômes apparents de la phtliisie, et qui affirme une guérison obtenue après neuf mois d'un traitement où l'extrait de ciguë a été porté jusqu'à 16 grammes en un jour ; cette observation, toutes réserves faites quant au diagnostic pour elle comme pour les autres en pareil cas, suggérerait les mêmes réflexions que le cas de Valentin cité plus haut. Alibert conseille l'inspiration des vapeurs de ciguë dans la phthisie pulmonaire, et vante la plante elle-même, administrée à l'intérieur dans la phtiiisie scrofuleuse et nerveuse. Cazenave dit tenir de Biett plusieurs observations de phthisie guérie par l'extrait de ciguë. Les auteurs qui, tout en plaidant en sa faveur, ne lui accordent pas tant de pouvoir, méritent plus de créance. Tels sont: Trousseau, qui, cuirassant la poitrine d'un vaste emplâtre de ciguë, constatait simplement un apaisement de la toux et des douleurs thoraciques, une expectoration plus facile, une modération de la fièvre, et en somme ime suspension dans les accidents ; (]azin, qui soulage les phthisiques et ne guérit que le catarrhe pulmonaire chronique, en faisant inspirer les vapeurs dégagées d'une décoction, faite en vase clos, de ciguë fraîche; Parola {Gaz. méd. sarde, 1855), qui n'a pu que soulager, mais d'une manière notable, un phtliisique avancé, avec la poudre de semences donnée progressivement depuis 5 centigrammes jusqu'à 1 gramme 20 centigrammes.

Pour rester dans le vrai, la ciguë peut donc offrir dans la phthisie un moyen palliatif d'une certaine valeur ; mais tabler sur son action curative, c'est aller audevant d'un mécompte, et pour peu qu'on en use à fortes doses, on risque d'occasionner une dépression générale tout à fait contraire aux indications rationnelles de la tuberculose.

Affections nerveuses. La double action anesthésique et acinétique de la ciguë justifie son emploi comme sédatif de la sensibilité et de la motricité.

1° Ilypéresthe'sies. Du moment que la physiologie expérimentale a démontré que l'anesthésie générale est lente à se produire avec la cicutine, tandis que l'anesthésie locale est rapide et complète, on ne doit compter que sur l'action topique des préparations cicutées pour calmer la douleur. Il faut donc encore ici faire des réserves sur l'utilité que divers auteurs auraient trouvé à l'extrait de ciguë, donné à l'intérieur contre les maladies où prédomine le symptôme douleur. Ce médicament a été essayé contre la goutte, les rhumatismes, les névralgies ; ce sont celles-ci qu'il paraît avoir le mieux influencées. L'extrait de ciguë a été employé contre les névralgies par Fothergill en Angleterre, Harteukeil en Allemagne, Chaussier, Duméril, Biett, Guersent en France.

Underwood, chirurgien anglais, l'a particulièrement recommandé contre le tic douloureux de la face, après avoir guéri lui-même par ce moyen; Chaussier et Duméril attestent de pareils succès. Biett et Guersent conseillent spécialement

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ce médicament contre la névralgie sciatique. Néligan a employé la ciguë nonseulement dans les névralgies, mais encore dans les affections douloureuses en général, particulièrement dans les rhumatismes subaigus ou chroniques, et dans la gangrène sénile {Revue médico-chirurgicale, t. III, p. 598). Cazin dit avoir retiré des avantages réels et appréciables de l'administration interne de la poudre et du suc de ciguë dans les névralgies ; il préfère toutefois la belladone ou l'opium.

Quoi qu'il en soit, c'est en applications locales que les préparations cicutées sont appelées à produire le mieux leurs effets antalgiques, et elles seraient doublement indiquées s'il y avait en même temps un effet résolutif à obtenir. Les cataplasmes et l'emplâtre de ciguë sont les moyens les plus usités en vue de ce double but. La cicutine peut aussi être opposée extérieurement à la douleur. Murawjeff l'emploie en frictions sur la peau, i à 3 gouttes, pour calmer les douleurs névralgiques, rhumatismales et syphilitiques. Martin Damourette et Pelvet pensent que l'injection hypodermique d une solution au vingtième de cicutine serait un puissant moyen de calmer les douleurs névralgiques et rhumatismales. Erlenmeyer fait usage de la solution de 5 centigrammes de cicutine dans 8 grammes d'eau ; 20 centigrammes de ce mélange contiennent 1/50 de grain; on l'a injecté sous la peau dans les névralgies, le tétanos, l'angine de poitrine. Reil a préconisé, contre l'odonfalgie, l'application sur la dent cai'iée de quelques gouttes d'une solution alcoolique de cicutine {Répertoire de pharmacie, 1858). Nous engageons ceux qui voudraient se livrer à de pareils essais à se défier d'une substance dangereuse et insuffisamment étudiée comme médicament.

2° Hypercinèses. La ciguë a été recommandée contre l'épilepsie; Sauvage cite un cas de guérison. Elle l'a été également contre l'hystérie, la chorée, le tétanos; c'est contre cette dernière névrose qu'on y a le plus insisté. Fergusson ne constate que l'impuissance de la ciguë contre le tétanos ; Stewart obtient un succès. Corry {Rull. de thérap., t. LX) en obtient un autre, en administrant l'extrait de ciguë jusqu'à production d'un cicutisme fort accentué. La cicutine entre en ligne; mais Œsterlen dit {Manuel de matière médicale, 1845), qu'on l'a vainement essayée en Angleterre contre le tétanos et contre l'hydrophobie. Néanmoins Martin Damourette et Pelvet infèrent de leurs expériences physiologiques que le tétanos pourrait être avantageusement combattu par les préparations cicutées, en poussant la parésie des nerfs moteurs jusqu'à la solution du spasme tétanique, sans crainte, puisque les mouvements respiratoires sont les derniers atteints et que le cœur survit à tous les autres organes. Les tentatives hardies sont permises dans une névrose à tendance aussi fatale que le tétanos.

Kluyskens dit avoir, au moyen de l'extrait de ciguë, dissipé des convulsions et des spasmes habituels, non-seulement de la face, mais de plusieurs parties du corps. Il regarde ce remède comme une sorte de spécifique dans toutes les aficctions musculaires purement spasmodiques, sauf les cas où un élément intermittent exige de préférence le quinquina.

Schlesinger a rapporté à la ciguë, unie au tartre stibié, les succès qu'il obtint dans une épidémie de coqueluche à Varsovie en 1781. Butter, Armstrong, Hamilton, Odier, se louent de l'emploi de l'extrait de ciguë dans cette maladie, tandis que J.-P. Franck et Lettsom lui sont peu favorables. Fronuuillcr et Spcnglcr ont eu recours à la cicutine. Cazin ayant essayé dans la coque) iiclie

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la poudre de feuilles de ciguë, l'a vu réussir quelquefois, mais il reconnaît à la belladone un effet plus constant et plus spécial ; de même, d'après le même auteur, contre les toux nerveuses ou spasmodiques des adultes, l'opium, la jusquiame, la belladone sont plus efficaces, et ce n'est que lorsqu'ils échouent qu'on peut en venir à la ciguë.

En dehors des deux catégories que nous venons de passer en revue, on trouve encore d'autres névroses soumises à la médicamentation clcutéc.

Erlenmeyer emploie la cicutine contre l'asthme et l'angine de poithne.

Par suite de son antique réputation comme plante froide, la ciguë A été conseillée contre le priapisme, le satyriasis, la nymphomanie. Mais aucune observation clinique ne démontre péremptoirement sa vertu anaphrodisiaqite. Stœrk a même observé qu'elle produisait l'effet contraire, et Bcrgius cite un cas d'impuissance guéri par la ciguë. Cullen, du pour et du contre et de Sa propre observation, conclut à la nullité d'action de la ciguë sur le sens génital.

Elle paraît avoir été quelquefois utile dans les affections douloureuses des organes génito-urinaires.

Dans une épidémie de dysenterie où le ténesme et les douleurs à l'anus étaient insupportables, de Roussel a mis en usage avec succès les vapeurs de ciguë bouillie dans le lait, dirigées sur l'anus, et les cataplasmes ou les emplâtres de cette plante appliquées sur l'hypogastre. Bientôt les symptômes se calmaient, les déjections diminuaient sensiblement à mesure que les spasmes de l'intestin cédaient à ce traitement.

Emploi de la ciguë comme sédatif cardio-vasculaire. Son action dépressive sur la circulation a suggéré l'idée de l'opposer aux palpitations cardiaques et à la fièvre.

Contre les palpitations, Parola en 1855, et Bottini en 1856, adminislrèrent la poudre de semences de ciguë à la dose moyenne de 20 centigrammes par jour. Parola réussit à calmer les palpitations dans un ras d'hypertrophie avec dilatation du cœur et dans un cas de lésions valvulaires, et il les guérit promptement chez une chloro-animique. Bottini a appliqué la ciguë avec succès aux palpitations nerveuses ou slhéniques qui ne guérissent pas par le fer comme celles de > chlorotiques, ni par la digitale comme celles qui se lient aux troubles hydrauliqtes de la circulation. C'est pour ce seul cas des palpitations sthéniques liées, soit à l'hypertrophie simple du cœur, soit à l'état nerveux, que Martin Damourette et Pelvet réserveraient le traitement cicuté dont l'action dépressive ne leur paraît pas s'adapter aux autres cas.

Wcrtheim, en 1849, a employé la cicutine à la dose d'un demi-grain par jour, pour déprimer le pouls dans le typhus à forme inflammatoire, et couper la fièvre intermittente. Mais, en 1853, Reuling et Salzer n'observèrent le ralentissement du pouls que chez deux typhiques sur douze, et ils n'améliorèrent qu'un cas de fièvre intermittente sur quatorze. Ray employait la ciguë dans les fièvres graves, comme sudorifique et même dans l'érysipèle (Martin Damourette et Pèlvet, Op. cit.).

Action parasilicide. Il n'y a vraiment rien d'étonnant à ce qu'un poison général aussi violent que la ciguë tue les parasites. Mais les meilleurs parasiticides, ceux que la prudence nous recommande et que la logique nous désigne, n'en sont pas moins ceux qui, poisons pour le parasite, ne le sont pas pour l'individu qui le porte. Lorsque l'on a à sa disposition des moyens moins périlleux quoiqu'autant et souvent plus certains, on n'a aucun motif plausib'e de

DICT. ENC. XVII. *'

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s'adresser à la ciguë pour tuer des épiphytes, des épizoaires ou des ento-

zoaires.

Nous ne pensons donc pas qu'il y ait lieu d'imiter la pratique de Pellegrini, traitant la gale par le suc de ciguë, ni d'accorder plus d'importance qu'elles n'en méritent à deux observations de Maulucci {Bull, de thérap., t. XXX), relatives à l'expulsion du taenia sous l'influence toxique de la ciguë.

. Cullen, après avoir reconnu que la ciguë peut être un médicament efficace, ; notamment contre les engorgements non squirrheux, contre les scrofules, contre les ulcères, avoue son embarras pour déterminer quels sont les cas où son utilité est la plus certaine. Nous en sommes encore à peu près là aujourd'hui. Nous avons vu, acceptant le témoignage de médecins conscicndeux, qu'elle peut contribuer à résoudre des engorgements non squirrheux ; qu'elle exerce sur les scrofulides et sur les écrouelles une influence assez bien constatée; qu'elle paraît applicable, surtout sous forme d'inhalations, aux catarrhes spasmodiques des bronches ; qu'elle peut entrer en ligne avec d'autres stupéfiants pour combattre le symptôme douleur. Mais n'a-t-on pas au moins exagéré son influence sur les maladies herpétiques, sur les ulcères? en exerce-t-elle réellement sur la syphilis? et dans les névroses spasmodiques n'a-t-elle pas jusqu'ici promis plus qu'elle n'a doimé? Jamais on ne fera croire à un clinicien sévère qu'elle ait pu guérir une vraie tuberculose, une vraie carcinose; qu'elle reste donc à côté de ces implacables diathèses dans le rang des plus modestes palliatifs. La cicutinc est trop nouvellement entrée dans la thérapeutique, et d'ailleurs trop délicate, trop dangereuse à manier, pour que l'on puisse encore conclure à son égard ; mais déjà quelle déception que son impuissance contre la fièvre, et quelle nouvelle preuve de l'impossibilité de déduire rigoureusement de l'expérimentation physiologique les résultats que la clinique doit fournir! Narrateur impartial, nous avons énuméré bien des cas où l'efficacité de la ciguë nous semblait problématique ; mais dans ceux-là même où nous la concédons, est-ce que d'autres médicaments ne pourraient pas faire autant sinon mieux, et la thérapeutique en serait-elle réellement plus pauvre si les préparations cicutées venaient à lui manquer ?

Avouons donc franchement que la ciguë intéresse plus les médecins praticiens comme poison que comme médicament, les empoisonnements par cette plante et ses analogues étant d'ailleurs assez fréquents. Le judicieux Cullen avait remarqué que pour obtenir de la ciguë toute son action thérapeutique, il fallait lui faire produire sur le système nerveux des effets très-sensibles, très-éuergiques, en s'arrêtant aux confins de l'intoxication, La plupart des partisans de la ciguë, à en juger par leur hardiesse, semblent être de cet avis. Mais c'est aussi un motif pour détourner les esprits circonspects de son usage à l'intérieur; et malgré des incitations récentes, il n'est resté en définitive dans la pratique vulgaire que l'emploi externe des préparations cicutées, comme moyens résolutil's, fondants et calmants.

Doses et modes d'administration. Il est très-difficile de déterminer d'une manière rigoureuse la posologie de la ciguë, parce que ses préparations varient en force et sont diversement tolérées selon les sujets. Les doses ne peuvent être indiquées qu'approximativement; mais, en thèse générale, elles doivent être minimes au début du traitement, ne s'élever que graduellement, et ne pas franchir la limite à laquelle le cicutisme devient intoxiquant.

Bes extraits aqueux, l'un avec le suc clarifié, l'autre avec le suc non déppré de

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da plante fraîche, le premier est infidèle, le second mérite plus de confiance ; ce sont ces extraits qui ont été donnés autrefois depuis 1 jusqu'à 10, 15 grammes et au delà.

h'extrnit alcoolique du Codex avec les feuilles sèches de ciguë est une pre'paration défectueuse qui ne doit pas valoir le suc non dépuré. Mais l'extrait alcoolique des semences est une préparation rationnelle, énergique, qui doit se prescrire à dose moitié moindre que le précédent : 5 centigrammes à 1 gramme.

La pondre de feuilles se donne depuis 5, 10 centigrammes jusqu'à 1, 2 et même 4 grammes à l'intérieur. Pour l'extérieur, elle sert à la confection des -cataplasmes de ciguë.

La teinture alcoolique et la teinture éthérée sont remplacées aujourd'hui par Valcoolature de ciguë, très-bonne préparation, qui se prescrit en dose moyenne, •de 1 à 4 grammes, et que l'on porte parfois jusqu'à 1 0 et 15 grammes.

La cicutine, peu usitée en France, l'est davantage en Angleterre et en Allemagne. Fronmûller la substitue en toute occasion aux préparations de ciguë. Pour l'inférieur, on débute par une dose de 1 demi-milligramme au plus, et l'on ^'élève avec précaution à 1, à 2 milligrammes : toujours en fractiomiant la dose.

La solution de Fronmûller (cicutine, 3 ou 4 gouttes; alcool l'cctifié, 1 gramme; eau distillée, 20 grammes) se donne à la dose de 15 à 20 gouttes dans une tasse d'eau sucrée, trois fois par jour.

La cicutine a été employée en injection hypodermique, soit pure et dissoute ■dans l'eau distillée (Erlenmeyer), soit transformée en acétate par quelques gouttes d acide acétique (Œsterlen, op. cit.). Elle a été administrée en lavement jusqu'à la dose de 5 gouttes, ce qui est énorme (Œsterlen, op. cit.). On nci saurait ■apporter trop de prudence dans l'emploi de tout procédé ayant pour résultat de faire absorber cet alcaloïde éminemment toxique. Son usage externe comme anesthésique, quoique exigeant aussi de la prudence, n'offre pas du moins autant cle danger.

§ IV. Toxicologie. Les ciguës font exception par leurs propriétés vénéneuses, dans cette grande famille des ombellifères dont la plupart des espèces, chargées d'essences, de résines ou de gommes résines, servent à la thérapeutique sans intéresser la toxicologie.

La ciguë vireuse, Cicuta virosa, passe pour être la plus délétère. Viennent ensuite, en deuxième ligue, la grande ciguë, Conium maculatum; en troisième, la petite ciguë, Œthusa cynapium ; Bodard met celle-ci en deuxième ligne. La cicutine existe dans ces trois espèces de ciguës.

Deux plantes qui ont beaucoup d'analogies avec les ciguës, l'œnanthe, OEnanthe ■crocota, et la phellandrie, Phellandrium aquaticum, produisent, la première des effets toxiques comparables à ceux de la ciguë vireuse, la seconde des effets ressemblant plutôt à ceux de la grande ciguë; mais nous n'y insistons pas et renvoyons aux articles qui leur sont consacrés.

« Ceux que la ciguë fait mourir, dit Pline, commencent à se glacer par les extrémités du corps. Le remède, avant que le poison soit parvenu aux parties vitales, est le vin qui de sa nature est échauffant. Mais la ciguë, avalée dans le vin même, est regardée comme absolument sans remède. » Il dit encore : « La graine ■est malfaisante ; mais la tige se mange très-fréquemment cuite. C'est dans les graines, les feuilles, les fleurs que l'ésijient les propriétés médicales. Le suc(|u'on tire de la graine en la pilant, et qui, épaissi au soleil, est divisé en trochisques,

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donne la mort en coagulant le sang ; aussi ceux qu'il tue ont-ils le corps parsemé (le taches » (Pline. Hist. natur. liv. XXV, ch. xcv, trad. Littré).

Résumons maintenant le récit fait par Platon, dans le Phédon, delà mort de Socrate ; les traits caractéristiques de l'empoisonnement par la ciguë s'y retrouvent. En effet, Socrate boit le breuvage toxique, se promène, puis sentant ses jambes devenir lourdes, il se couche surle dos. Bientôt surviennent l'insensibililé au toucher et le refroidissement s'étendant graduellement des extrémités pelviennes jusqu'à la région du cœur. Socrate prononce encore quelques mots ; puis, après une convulsion, son regard reste fixe, sa bouclie et ses yeux restent ouverts : il

était mort.

Les citations qui précèdent concordent avec les points principaux de l'étude physiologique que nous avons présentée de la grande ciguë, aussi bien qu'avec les descriptions d'empoisonnement par cette plante faites par les observateurs modernes. Tout autorise donc à penser que la ciguë des anciens, poison judiciaire ou médicament, était notre Conium maculatum, d'autant plus que celui-ci croit abondamment dans la Grèce, tandis que la ciguë vircusc ne s'y rencontre pas et habite de préférence les régions septentrionales de l'Europe.

Au reste, quelle que soit l'espèce de ciguë administrée, les effets toxiques ne diffèrent pas sensiblement, et nous ne pouvons mieux faire que d'en reproduire le tableau d'après l'un de nos plus éminents toxicologistcs, le professeur Tardicu.

« Une heure environ après l'ingestion de la ciguë, surviennent des éblouisscments, des vertiges, de l'obnubilation, une céphalalgie très-aiguë. La personne empoisonnée titube comme si elle était ivre; ses jambes se dérobent. Quelquefois, mais non toujours, une anxiété précordialc, une violente cardialgie, se font sentir. La gorge se sèche; la soif est très-vive, et cependant la déglutition est parfois impossible. 11 y a quelques vomituritions sans résultat. [Les vomissements, presque constants dans l'empoisonnement par la ciguë vireuse, manquent souvent dans ceux par la grande et la petite ciguës.] La face est pâle et la physionomie profondément altérée; mais l'intelligence reste nette. Les malades entendent, quoique ne pouvant parler; le regard est fixe, les pupilles dilatées, la vue trouble et parfois abolie. Des mouvements spasmodiques, des contractions tétaniques agitent les membres et alternent avec des lipothymies, des défaillances qui se répètent par intervalles; puis une sorte de stupeur s'empare du malade, chez lequel la respiration stertoreuse annonce seule la persistance de la vie. Le corps se refroidit, la tète se gonfle, et l'enflure s'étend quelquefois à d'autres parties; les yeux sont saillants, la peau livide. Dans quelques cas, on voit éclater un délire furieux et des convulsions épileptiformes. La mort est toujours très-rapide, et il ne faut pas plus de trois, quatre ou six heures pour que l'empoisonnement par la ciguë se termine d'une manière funeste.

« Les lésions que l'on a constatées à l'autopsie des individus qui ont succombé à l'empoisonnement par la ciguë sont remarquables. La putréfaction des cadavres est hâtive. On voit à la surface du corps des plaques livides, parfois des taches pétéchiales, des extravasa fions sanguines. C'est là le genre de lésions qui se retrouvent également à l'intérieur. Des congestions passives existent dans presque tous les organes, dans les méninges et dans le cerveau, dans les poumons et dans la rate. Le sang est noir, fluide, et c'est à peine si l'on trouve dans le cœur, distendu par du sang liquide, quelques grumeaux peu consistants sous les séreuses ; il forme des suffusions disséminées à la surface du cœur, des poumons, des intestins, La membrane muqueuse gastro-intestinale présente dans

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quelques cas des taches comme gangreneuses formées par des ecchymoses disse'minées en différents points du tube digestif » (Tardieu. Étude méd.-lég. et dm. sur l'empoisonnement).

La première chose à faire, en présence d'un empoisonnement par la ciguë, est d'administrer un vomitif, afin de débarrasser l'estomac des substances toxiques qui peuvent encore y être contenues et de diminuer d'autant l'absorption du poison. L'un des vomitifs les plus certains et que je conseillerais dans cette occa-' sion ainsi que dans d'autres empoisonnements analogues, est un mélange de 5,' 10, 15 centigrammes de tartre stibié avec 1 ou 2 grammes de poudre d'ipéca-' cuanha; on favorise Je vomissement en faisant boire successivement plusieurs tasses d'infusion chaude de camomille. Plusieurs auteurs déconseillent en pareils cas le tartre stibié sous prétexte de son action hyposthénisante ; mais ce mode d'action ne se réalise pas avec les petites doses précitées; il s'agit d'ailleurs d'obtenir un vomissement prompt, immédiat, copieux, et l'ipécacuauha seul peut faillir à ce résultat.

Si l'absorption du poison s'est effectuée en proportion assez considérable pour donner lieu aux accidents précédemment décrits, la nature aujourd'imi bien connue de ces accidents indique l'emploi des antispasmodiques pour combattre, surtout si elle se manifeste par des convulsions, l'excitation des centres nerveux, en même temps que celui des stimulants pour faire antagonisme à l'action paralysante de la cicutine. L'élhcr, qui est à la fois un antispasmodique et un stimulant, me paraît propre à remplir ces indications, et serait alors donné à hautes doses, 4, 8, 10 grammes, dans une potion; si la paralysie domine, avec refroidissement, prostration, on lui adjoindrait le vin et même l'alcool ; en même temps on pratiquerait des frictions excitantes sur les membres inférieurs, sur les parois thoraciqucs, sur la l'égion précordiale.

On pourrait recourir à la respiration artificielle en cas d'asphyxie, c'est-à-dire en cas d'inertie des muscles respiratoires, le cœur battant encore ; ce moyen, conseillé par Christison, par Marlin Damourette et Pelvet, leur a réussi sur les animaux.

■ Macartan a proposé d'opposer l'opium à l'empoisonnement par la ciguë. Ce conseil avait déjà été donné par Giacomini et ses émules qui, en considérant la ciguë comme un poison hyposthénisant et en le combattant par les stimulants, étaient plus dans le vrai que les toxicologistes qui la regardaient comme u.; narcotico-àcre et l'attaquaient avec les antiphlogistiques. Toutefois l'opium, dont les Italiens faisaient le type de leurs rares stimulants, a des propriétés diverses qui ne permettent pas d'en faire un stimulant absolu, bien loin de là, puisque dans une analyse plus complète de son action, on le reconnaît aujourd'hui susceptible de produire un effet contraire. On ne voit pas comment on pourrait expliquer, justifier l'intervention de l'opium dans le cicutisme, où, à un moment donné, il pourrait même devenir plus nuisible qu'utile, par exemple, augmenter la parésie des nerfs moteurs, l'engourdissement de la sensibilité, la congestion passive du cerveau. Théophraste a dit que les Athéniens mêlaient le suc de pavot au suc de ciguë afin de rendre plus douce la mort des condamnés ; ajoutons : et plus prompte, plus certaine peut-être. En tous cas, cette triste expérimentation sur l'homme est loin de prouver, dans l'espèce, l'action antidotique des opiacés. De nos jours l'étude comparée des poisons, dans les laboratoires de physiologie, a suggéré l'idée de les opposer les uns aux autres afin qu'ils s'annulent réciproquement. Des remarques intéressantes ont été faites sans doute dans cette

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voie; des applications importantes en sont même résultées pour la pratique médicale. Mais il n'en reste pas moins en toxicologie un principe très-judicieusement posé par Orfila, à savoir, que l'une des premières qualités d'un contre-poisoii est de ne pouvoir pas nuire par lui-même. Je voudrais que ce principe ne fût paj extirpé des esprits par des expérimentations très-ingénieuses sur les animaux, mais que les médecins circonspects hésitent à reproduire iii pelle hvmanâ. La prudente est d'autant plus à recommander à cet égard, que les expérimentateurs se sont contredits plus d'une fois. Ainsi par exemple, on admet d'abord, comme nous l'avons vu, que la cicutinc abolit le pouvoir excito-moteur de la moelle; alors naturellement la strychnine se présente comme l'antagoniste et se propose comme l'antidote de la cicutine. Mais voilà que celle-ci est déclarée au contraire excitatrice de la moelle ; si ce fait, mis en lumière par Martin Damourette et Pelvet, est vrai (et nous n'avons, quant à nous, aucun motif d'en douter), que devient l'antagonisme de la strychnine, et que deviendrait surtout l'individu qui, empoisonné par la ciguë, serait traitépar lanoix vomique ? Cet individu aurait-il à bénéficier, dans la parésie de ses extrémités nerveuses, de l'action des principes stimulants des strychnos, ou à redouter leur action convulsivante sur ses centres nerveux déjà surexcités ? On ne sait, et ce qu'il y a de plus logique, c'est de ne pas user de tels moyens ; en effet, l'introduction de la cicutine à dose toxique dans l'organisme crée déjà un danger assez grand pour ne pas venir le compliquer et l'aggraver par l'ingérence d'un autre poison.

Si la cicutine n'a pas d'antidote physiologique, elle a, ainsi que tous les alcaloïdes végétaux, pour contre-poisons chimiques l'iode et le tannin. Il serait donc rationnel d'administrer, au début de l'empoisonnement par la ciguë, une solution d'iodure de potassium ioduré, et mieux une dissolution de tannin ou d'une substance tannifère, sauf toujours à faire vomir aussitôt après.

Orfila conseille, dans le cas de congestion cérébrale ou lorsque les évacuants^ n'auraient produit aucun résultat, de recourir à la saignée, en ouvrant de préférence la veine jugulaire ; ultérieurement, il croit à l'utilité possible de quelques sangsues appliquées sur l'abdomen. Les évacuations sanguines ne sont pas, ajuste raison, acceptées par les toxicologistes modernes dans les empoisonnements de cette nature. Les lavements purgatifs peuvent être employés, tant comme révulsifs en vue de dégager le cerveau, que comme évacuants pour favoriser l'élimination du poison par les voies intestinales.

Médeciine légale. Les empoisonnements causés par les ciguës sont dus particulièrement à deux genres de causes. Tantôt il y a eu abus dans l'emploi de certaines préparations médicamenteuses, notamment l'extrait de ciguë dont les qualités et la force sont très-inégales et qui offre par conséquent peu de sûreté; mais, en général, ici le médecin reconnaît à temps les symptômes toxiques et peut y porter remède avant qu'ils aient acquis trop de gravité. L'ignorance et les méprises qui en résultent constituent un ordre de causes plus fréquentes. Amsi la petite ciguë, confondue avec le persil, a donné lieu aux empoisonnements cicutés les plus nombreux ; plus rarement, la racine napiforme de la ciguë vireuse a occasionné des méprises que l'on comprend moins d'ailleurs ; car si elle a quelque ressemblance avec le navet ou le panais, le suc jaunâtre, acre et amer dont elle est gorgée devrait ôter toute idée qu'elle puisse être mie racine comestible. Il n'en est pas de même de la racine de l'œnanthe safranée; celle-ci a plus de ressemblance avec le panais, et en outre elle a une saveur douceâtre, assez agréable au dire d'individus que j'ai eu occasion devoir empoisonnés par la racin&

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d'œnanllic. En Bretagne, on voit également les bestiaux s'empoisonner avec la racine de cetle plante arrachée du sol et imprudemment abandonnée ainsi ; ilssemblent la manger avec plaisir et montrent une fois de plus combien l'instinct fait souvent défaut à- la bête.

Les empoisonnements criminels, formant une catégorie à part, peuvent avoir pour instruments la grande ciguë, la ciguë vireuse, la petite ciguë, employées sous forme de décoction ou d'un mélange quelconque avec les aliments. L'expert devra se faire représenter, s'il est possible, la plante qui aura servi, eu rechercher les débris dans les matières rejetées par l'estomac pendant la vie, ou trouvées dans le tube digestif après la mort. 11 s'enqucrra s'il existe des plants de ci"-uës dans la locaUté; il pourra en tirer des inductions, et bientôt trouver des indices en comparant avec les échantillons fraîchement cueillis les débris ou fiagmeuts de végétaux provenant du tube digestif. Toulmouche a cité {Journ. de chim.méd., 1845) un cas dans lequel une femme, ayant, voulu se débarrasser de son mari en lui faisant manger une soupe faite avec des racines de ciguë, celui-ci fut averti heureusement par le goût acre du mets qu'on lui servait. L'expert déclara que la plante d'où provenait la racine était YŒnanthecrœata. Je serais porté à croire, d'après ce que j'ai dit tout à l'heure, qu'il s'agissait dans ce casde la racine du Cicuta virosa plutôt même que de celle du Coniummaculatum, qui elle aussi n'a pas d'âcrelé, au point qu'elle peut être mangée par erreur sans inquiéter le sens gastRtiî (voy. Orfila, Traité de toxicologie, 5" édit., t. II, p. 559).

Dans tout empoisonnement attribué à une préparation cicutée ou à l'ingestion de l'une des espèces de ciguë, l'expert, pour le mettre en évidence, devrait s'efforcer de déceler la présence de la cicutine. Sa recherche serait basée sur desprocédés identiques à ceux que l'on emploie pour l'isolement de la nicotine, et dont la description est réservée pour l'article oii il sera question de ce dernier alcaloïde, parce qu'il a à sa charge des empoisonnements sur l'homme tandis que l'autre n'en offre pas d'exemple avéré jusqu'à présent.

Les deux réactions chimiques spéciales de la cicutine sont les suivantes : 1" sous l'influence du gaz acide chlorhydriquc, la cicutine et ses sels prennent une couleur rouge pourpre, qui passe peu à peu au bleu foncé indigo ; 2« la cicutine ou un de ses sels, chauffés dans un petit tube fermé par im bout avec une solution de bichromate de potasse acidulée par l'acide sulfurique, dégagent de l'acide butyrique, très-facile à reconnaître à son odeur persistante et caractéristique (Tardieu et Roussin).

Quant aux réactions physiologiques de la cicutine, elles ne sont pas encore assez positivement établies pour que, reproduites sur les animaux, elles puissent fournir une preuve rigoureuse du genre d'empoisonnement; telles matières organiques contenant de la cicutine pourraient, du moins, par leur énergie toxique, en démontrer le fait.

La cicutine se reti'ouve dans les reins, la rate, le foie, les poumons ; les poumons en recèlent une plus grande quantité que le foie. Tout porte à croire qu'on la découvrirait facilement après une inhumation prolongée, comme cela a lieu pour la nicotine (Orfila, op. cit.). Delioux de Savignac.

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