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CIRSOÏDES. 551
ligature de celle artère sont, en même temps, des exemples d'insuccès de la ligature d'une seule carotide primitive.
Le seul cas de succès appartient à A. B. Mott (34), mais, d'une part, il s'agissait d'vm enfant de six mois; de l'autre, l'observation brièvement rapportée laisse des doutes sur les résultats ultérieurs.
Quant au fait d'Arendt (38), il pourrait, à plus juste titre, figurer dans le tableau des extirpations, car pendant l'opération de la ligature, la tumeur se rompit et l'on dut lier douze artères.
En résumé, sauf dans le cas exceptionnel de A. B. Mott, la ligature de la carotide primitive n'a donné que des insuccès ou des morts ; c'est encore une méthode jugée et condamnée par l'expérience.
Ligature des deux carotides pnniiTivES. La communication si facile entre les carotides droite et gauche aurait pu faire deviner l'inefficacité de l'occlusion ■d'une seule de ces artères, alors qu'il s'agit d'une affection qui se caractérise •surtout par la facilité avec laquelle les ramuscules artériels se dilatent et s'abouchent largement les uns avec les autres, tendance si marquée, qu'elle avait ^mené J. Bell à caractériser la maladie par la dénomination d'anévrysme par anastomose. L'expérience, en montrant l'occlusion d'une carotide suivie d'amélioration, mais non d'une guérison incomplète, devait amener quelques chirur- •giens à une opération plus radicale, celle de la ligature des deux carotides. Nous ■en comptons neuf cas. Le plus ancien est celui de Bunger de Marbourg, puisque les deux opérations ont été faites l'une en 1819, l'autre en 1824, tandis que l'opération iaite par Dupuytren, en 1818, ne fut suivie d'une seconde ligature, faite par Bobert, qu'en 1857. La plus longue durée entre les deux opérations a «té de 38 ans (Dupuytren, Robert, 46) ; la plus courte, de 12 jours (Mussey, 45). Quels ont été les résultats, au point de vue de la thérapeutique de l'angiome yrtériel rameux? Dans trois cas, l'insuccès fut tel pour qu'on fût amené plus tard à extirper la tumeur. Dans le cas de Warren (44), la deuxième ligature n'avait été suivie que d'une légère diminution dans le volume de la tumeur; dans celui deKuhl (51), il y avait eu à chaque ligature des convulsions qui faent craindre des accidents cérébraux mortels. Enfin dans celui de Mussey (43), nonseulement on dut faire l'extirpation, mais encore lorsque l'on voulut enlever la tumeur, il fallut, malgré la ligature préalable des deux carotides, lier plus de ■quarante artères. Ces trois cas sont donc des insuccès, puisque la maladie ne guérit que par une autre opération.
Dans trois autres cas, il n'y eut qu'amélioration. Dans un des cas de Robert (45), la persistance des battements et de la dilatation de la thyroïdienne inférieure et de la cervicale ascendante montre l'influence de la sous-clavière sur la constitution de la maladie et le rétablissement de la circulation dans la tumeur. Dans celui de Moeller (48), les pulsations disparurent, mais la tumeur persista; dans celui de van Buren (49), s'il y etit guérison de l'opération, cette opération ne fit rien quant à la guérison de la tumeur.
Nous ne comptons qu'un seul cas de mort. Le malade opéré par Dupuytren, en 1818, succomba à des accidents cérébraux caractérisés par une hémiplégie, trois jours après que Robert lui eût lié la seconde carotide.
Si la ligature d'une seule carotide n'a donné qu'un seul succès sur 36 cas, celle des deux carotides a donné 2 succès sur 9 observations. L'opéré de Mussey (47) paraît avoir guéri ; celui de Bunger (50), dont Roth nous a donné l'histoire, :guérit, vécut encore 46 ans et mourut âgé de 85 ans.
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