CISNEROS
imiter l'action du bistouri : ce double mouvement a pour résultat de tirailler les tissus, de les arracher, de les violenter en un mot et par conséquent de détcr- i miner plus de douleur. \
Boyer avait avancé que les ciseaux ne divisaient qu'en pressant et occasionnaient toujours une certaine contusion des parties coupées qui étaient alors plus sujettes à la suppuration; de là la proscription de l'emploi de cet instrument par bien des chirurgiens dans les cas où l'on tenait à obtenir une réunion par première intention. 11 est bien reconnu aujourd'hui que les solutions de continuité produites par les ciseaux sont très-nettes, aussi nettes même que celles qui sont le ! résultat du bistouri ; aussi en fait-on usage même dans les anaplasties, opérations où il est indiqué, comme on le voit, d'éviter le plus possible la suppuration. Louis, dans sa description du bcc-dc-licvre et de son traitement, avait du reste déjà démontré que la réunion immédiate à la suite des sections faites par les ciseaux était loin d'être un fait rare. Malgaigne va même plus loin en disant qu'il croit que la pression est dans certains cas le meilleur moyen d'obtenir des sections nettes.
De plus, les ciseaux n'exigent pas, comme le bistouri, que les parties soient fixées et tendues; aussi doit-on les préférer quand les tissus sont isolés, plus ou moins mobiles et ne présentant pas de point d'appui (langue, lèvres, filets, luette, tendons, tissu conjonclif et aponévroses, brides celluleuses et fibreuses, fongosilés, intestin sphacelé). Nous n'insisterons pas sur l'emploi que l'on fait des ciseaux droits pour tailleries diverses pièces de pansements, préparer le linge fenêtre, découper les emplâtres, etc. Quant aux ciseaux courbes dont Louis a surtout démontré l'utilité dans l'extirpation du globe oculaire, ils ne peuvent guèreagir que parallèlement à une surface cutanée ou muqueuse et trouvent par conséquent leur indication dans l'excision des petites tumeui's, pédicules extérieurs ou situés dans les cavités naturelles ou artificielles (végétations, épulis, polypes). Les mousses s'emploient surtout quand on veut compléter un avivemcnt, et les pointus pour obtenir un avivement délicat (fistule vésico-vaginale).
En somme, nous devons regarder les ciseaux comme un excellent instrument de section qui peut aider le bistouri ou même le remplacer avec avantage dans certaines circonstances : si les tissus sont trop résistants le couteau est sans aucun doute préférable, mais préférables sont les ciseaux quand les tissus sont susceptibles d'être tranchés d'un seul coup sans le moindre ébranlement: aussi croyonsnous que Percy, auquel ils ont fourni le sujet d'un si remarquable mémoire, h été' injuste envers eux quand il dit: « Il faut convenir qu'à quelque degré de perfection que l'on puisse porter les ciseaux, ils resteront toujours fort au-dessous du bistouri auquel on les préfère trop souvent et ils n'égaleront jamais la netteté et la prestance de sa coupe. »
Quant aux usages des ciseaux en particulier, ils doivent être décrits à l'occasion des nombreuses opérations qui en nécessitent l'emploi. Gillette.
CliSEL£URS. Voy. Cuivre.
ClsivEROS (Diego). Né à Madrid, florissait au commencement du dix-sep* tième siècle. Après avoir fait ses études médicales et pris le grade de docteur à Alcala, il pratiqua pendant quelque temps la médecine à Tolède, puis il s'embarqua pour le Mexique et se fit agréger à l'Université de Mexico. Gisneros profita de son séjour dans cette ville pour en étudier la géographie et la météprologie*
580 CISSUS.
Il a fait connaître les résultats de ses études dans une très-intéressante topographie de Mexico, qui eut alors un grand succès et lui attira les éloges les plus flatteurs (Morejon).
Voici le titre de cet ouvrage :
Silio, naturaleza, y propriedades de la ciudad de Mejico; aguasy vientos, etc. Mejico, 1618, in-4°. E. Bgd.
CISSAMPELOS (L.). Genre de plantes, de la famille des Ménispermacées, série des CissampéJidées, dont les fleurs sont unisexuées, dioïques. Les mâles sont régulières et tétramères, avec un double périanthe, un extérieur, le calice, formé de quatre sépales valvaires, et un intérieur, qui est une sorte de cupule courte et d'une seule pièce, entière ou crénelée ; on l'a décrit comme une corolle. L'androcée comporte une courte colonne, dilatée en un plateau qui porte sur ses bords quatre loges horizontales d'anthères, déhiscentes en travers. La fleur femelle se compose d'un petit sépale unilatéral, d'un seul pétale (?) superposé, entier ou bifide, et d'un carpelle dont l'ovaire uniloculaire est surmonté d'un style à trois divisions stigmatiières, dont deux sont superposées au sépale. De ce côté, l'ovaire renferme un placenta pariélal qui supporte un ovule descendant, incomplètement anatrope, à micropyle supérieur, tourné du côté opposé au placenta. Le fruit est une drupe globuleuse ou aplatie, campylolrope, dont le noyau comprimé est incomplètement divisé en deux par une fausse cloison et renferme une graine courbée en fer à cheval, dont l'emlryon est entouré d'un albumen. Les Cissampelos sont des arbustes presque toujours grimpants, originaires de toutes les régions tropicales du globe; leurs fleurs sont disposées en grappes axillaires ou latérales, les mâles plus ramifiées que les femelles. La plus célèbre des espèces de ce genre est le C. Pareira L. (Spec, 1475), qui a été observé dans les deux mondes, et auquel on a attribué, mais peut-être sans raisons suffisantes, la production de l'Écorce de Pareira-brava (voy. Pareira) des pharmacies. On appelle encore cette écorce Butua, et elle vient principalement, dit-on, du Brésil et des Antilles, mais on pourrait tirer un produit analogue à la racine du véritable C. Pareira de toutes les variétés ou formes, connues sous des noms différents, de cette espèce. Les principales sont les C. Caapeba L., convolvidacea W., pareiroides DC, ormocensis K., clematidea I'cesl., hernandijolla Wall., nephrophyllaBos., subrenifurmis Tri., Jisco/or Gray, etc. On cite encore comme utiles, amers, toniques, digestifs, le C mauritiana Dup.-Th. et le C. ovalifolla DC, du Brésil. H. Bn.
' L., Gen., n. 1138. — J., Gen., 285. — Sw., Obs., t. 10, fig. 5.— Dup.-Th., in Journ. bol., II, 65, t. 3, 4. — DC, Prudr., 1, 100. — Endl , Gen., n. 4695. — Benth. et IIook., Gen , 1, fl7, 9()2. — Mék et Del., Dkt. Mat. mcd., II, 29G. — Rosenth., Syn. pi. diaphor., 584. — GuiB., Drog. simpl., édit. 6, III, 750. — II. Bâillon, Histoire des plantes, III, 16, 50, 41,
lig. 22-30.
CiSStL'S (L.). Genre de plantes dicotylédones, appartenant à la famille des Ampelidées. Trois genres de plantes rapprochés les uns des autres, réunis même par certains auteurs, et entre autres par 51M. Bentham et Ilooker, dans leur {jcnera plantarum, les Cissuk, les Ampélopsis et les Vitis ou vignes ordinaires, se font remarquer dans la famille par leur corolle polypétale et leurs étaniiiies opposées aux pétales. Les Vitis se distinguent par la manière dont s'ouvrent les pétales, qui se séparent de bas en haut et restent réunis par leur sommet : les Ampélopsis et les Cissus, dont les pétales s'ouvrent de haut en bas, c ninic dans
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la plupart des fleurs, diffèrent presque uuiquement par le nombre des pétales qui est de quatre dans les Cissus et de cinq dans les Ampélopsis.
Ces plantes sont des arbrisseaux grimpants, à ibuillcs simples ou composées, munis le plus souvent de cirrhes, au moyen desquels ils s'attachenl aux appuis qui les supportent : les fruits sont des baies globuleuses plus ou moins grosses, contenant de quatre à cinq semences, à albumen charnu, dur.
La plupart des espèces de Cissus ont des feuilles ou des racines d'un goût • acide, acre, et même caustique : on les a, à c luse de ces propriétés, employées à titre de dérivatif ou de révulsif. Les principales sont les :
1» Cissus viliginea L., à feuilles simples, cordées, presq\ie arrondies, peu profondément lobées, de couleur de rouille à la face inférieure : c'est une plante des Indes, dont on applique les feuilles et les racines écrasées sur les bubons.
2" Cissus rotundifolia y ah\., à feuilles également simples, glabres, dentées, à ombelles simples. Forskal, qui l'a décrit sous le nom de Sœlanlluis rotundifoîius, rapporte que ses feuilles sont très- acides, mais qu'on les mange en Arabie, quand elles sont cuites : on ne peut manger ni les pousses, ni les racines.
0° Cissus quadrangularis L. iSœlanthus quadragonus Forsk). C'est encore une espèce de l'Arabie, à tige tétragone ailée, à feuilles ovales, subcordées, dentées en scie, charnues. On la trouve aussi dans les Indes-Orientales et jusqu'en Cocliinchine : ses feuilles écrasées sont acres et caustiques. D'après Forskal, les Arabes les appliquent entières le long du racliis dans les douleurs de cette région. Aux Indes-Orieniales, on les emploie sèches, d'après Ainslie, dans diverses maladies de l'intestin.
4" Cissus glandulosa Gmelin, à feuilles simples, ovales, aiguës, charnues, glanduleuses sur les pédicelles et à la base du calice. Cette espèce d'Arabie, a des racines tubéreuses, d'abord douceâtres, mais qui laissent dans la bouche une saveur brûlante.
5° Cissus acida L., à feuilles composées, trifoliolées, glabres et charnues, à folioles obovales, dentées au sommet, entières à la base. Plante des parties chaudes de l'Amérique, à racines acides. Le Cissus selosa Roxb., qui vient dans les Indes-Orientales, a aussi des racines d'une saveur très-acide, qu'on applique, paraît-il, sur les bubons et aussi sur les hémorrhoïdes.
6» Cissus caustica Tuss., à feuilles trifoliolées, si acres qu'elles enflamment la bouche, si on les mâche. Elle croît aux Antilles.
7° Cissus ternata Gmelin, à feuilles également trifoliolées, sessiles, à folioles ovales, cordées, glabres. Elle vient en Arabie où, d'après Forskal, on mange ses feuilles cuites.
8" Cissus salularis Kunth, à feuilles trifoliolées, à folioles oblongues, ponctuées, recouvertes en dessous de poils couleur de rouille. Elle croît du côté de Cumana, où sa racine est employée contre l'hydropisie sous le nom de Velmco de Chine.
9" Cissus digitata Lam., à feuilles palmées, à cinq folioles glabres, ovales, dentées en scie. C'est une espèce de l'Arabie, où on l'emploie cuite dans les cas de lièvre.
L'espèce cultivée si fréquemment dans lès jardins, sous le nom de Vigne vierge, vient du Canada et des États-Unis. C'est Y Ampélopsis hederacea Mich., le Cissus quinquefolia de Persoon. On sait qu'elle est d'ordinaire appliquée contre