CIVETTE
Aurantiacies, in Thés. FacuU. méd. Par., 1855); Histoire des plantes, IV, 400, 445, 4gg %. 455-i59.
. CIVETTE. Nom donné à une espèce du genre Allium, 1'^. Schœnoprasun L. (voy. Ail).
CIVETTE. La civette {Viverra civetta) est une espèce de Carnivore, propre aux régions les plus chaudes de l'Afrique; dont la taille approche de celle du renard, mais qui a d'autres proportions et que ses caractères également difféients font classer dans une famille distincte, comprenant indépendamment des mangoustes, le zibeth, les genettes, les paradoxurcs et quelques autres genres moins connus. Cette famille est celle des viverridés, que l'on partage en trois tribus, les viverrins, les manguslins et les euplérins.
Les espèces de la famille des viverridés sont toutes particulières à l'ancien continent et vivent principalement en Asie ainsi qu'en Afrique ; il y en a plusieurs à Madagascar.
Si nous commençons par les viverrins, objet spécial de cet article, nous constatons que l'Europe n'en nourrit qu'une seule espèce, la genette vulgaire (Viverra genetta de Linné) qu'on rencontre en Espagne et dans le sud-ouest de la France.
La civette proprement dite et le zibeth offrent un intérêt particulier à cause de la matière odorante qu'ils fournissent. La première de ces espèces a le corps marqué de bandes et de taches de cuuleur noire, répandues sur un fond grisâtre ou blanc, en avant ou en dessous; sa queue est annelée et une partie des poils qui garnissent les parties supérieures de son corps forment une sorte de crinière susceptible de se hérisser au gré de l'animal. Son organe sécréteur est placé au périnée; c'est une double poche rentrant dans le scrotum chez les mâles, et dont l'orifice unique s'ouvre en forme de fente sur la ligne médiane. Cette poche renferme un amas de follicules sécréteurs ou acini, disposés par petites grappes et qui versent leur produit dans son intérieur. La couche musculaire qui en enveloppe l'ensemble est formée de libres striées et leur sécrétion est onctueuse et très-odorante. Celle-ci a beaucoup d'analogie avec le musc etellepeut être employée aus mêmes usages; c'est à la fois un cosmétique et un antispasmodique. M. Boulron* Charlard, qui en a fait l'analyse, y a trouvé les substances suivantes : ammoniaque, élaïnc, stéarine, mucus, huile volatile et matière colorante jaune. Les cellules épithéliales renfermées dans cette sécrétion odorante lui donnent sans doute son caractère particulier. Ce produit, du reste, est souvent falsifié. On en fabrique même de toutes pièces avec le musc, l'assa fœtida, et le styrax, mêlés à du beurre ou à de la graisse rances.
Le produit de la civette, que j'ai nommé viverréum, paraît avoir été connu des anciens; on l'appelait autrefois zibéthum et la poche dans laquelle elle s'amasse était le vas zibethi.
L'archipel indien possède une espèce de viverra qui diffère à quelques égards de la civette d'Afrique, mais qui produit aussi du viverréum au moyen d'un amas glanduleux également placé au périné et qui est d'une structure peu différente. C'est le zibeth ( Fit^erra zibetha) dont quelques auteurs séparent le îan^dlunga, qui serait le zibeth de Sumatra et de quelques parties de l'Asie méridionale.
Les genettes ont l'appareil odorant moins développé que la civette et le zibeth,
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et on a quelquefois décrit lour poche comme ne constituant qu'une simple fente longitudinale, ce qui au contraire est le cas pour les paradoxures. ' Il existe des genettes non-seulement en Europe mais aussi en Afrique et dans l'Inde, et, en 1754, La Peyrunie a décrit une espèce de ce genre comme étant la vraie civette.
' Les paradoxures vivent également dans l'Inde qui est aussi le pays du Linsang, des Héraigales et des Cynogales. La Fossane est une espèce de genette propre à Madagascar, peys qui possède aussi l'Euplère, unique espèce de la tribu ■des Euplériens; enfin le Nandinie habite l'Afrique équatoriale.
Les mangoustes diffèrent à quelques égards des viverrins. Elles n'ont pas de poche au périné mais une plaque circum-anale formé de petits follicules sécréteurs; en outre, leurs poils sont annelés. Ces animaux constituent plusieurs genres dont les espèces sont les unes africaines, les autres asiatiques ou même madécasses. Une espèce de ce groupe est signalée dans le midi de l'Espagne.
Les mangoustes ne fournissent pas de viverréum. P. Gerv.
CIVIALE (Jean). Né à Salilhes, près Aurillac (Cantal) en 1792, mort â Paris le 18 juin 1867. Après avoir fait des études universitaires fort incomplètes, Civiale vint à Paris étudier la médecine. 11 était en 1817, externe libre dans le service de Dupuytren à l'Hôtel-Dieu, quand, à la suite d'une leçon de Marjolin sur la pierre et sur les moyens de la briser dans la vessie à l'aide des instruments de Gruithuisen, Civiale conçut de son côté l'idée de guérir les calculeux en faisant fondre la pierre dans la vessie. Il abandonna bientôt cette voie pour chercher le moyen soit de perforer la pierre, soit de la briser dans la vessie. Presque en même temps Fournier de Lempdes, Amussat, Leroy (d'Etioles, Heurteloup cherchèrent de leur côté la solution du même problème. Ce serait le moment d'aborder la découverte de la lithotritie et de nous demander si Civiale est bien réellement l'inventeur de cette nouvelle méthode opératoire; mais la question a été traitée dans ce Dictionnaire même par une plume plus autorisée que la nôtre, et nous devons nous contenter de renvoyer le lecteur à l'article Lithotritie. Ce qui est bien certain, c'est que Civiale, le premier, a fait sur le vivant, l'opération du broyement de la pierre, le 13 janvier 1824, en présence d'une commission de l'Académie des sciences et d'un assez grand nombre de chirurgiens de Paris. La même année, Percy et Ghaussier, lurent à l'Institut un rapport favorable sur le procédé mis en usage par le docteur Civiale. L'Académie des sciences lui décerna en outre deux prix, l'un de <)000 francs en 1826, l'autre de 10,000 francs en 1827. Depuis cette époque jusqu'à la fin de sa vie, Civiale s'occupa exclusivement à perfectionner les procédés opératoires et les instruments; l'administration des hôpitaux mit à sa disposition un certain nombre de lits à l'hôpital Necker, où il s'appliqua à faire •connaître sa méthode et à la répandre dans des leçons cliniques qui n'avaient guère que l'attrait de l'utilité; car Civiale qui fut, dans sa spécialité, un opérateur d'une habileté incomparable, était au contraire un professeur des plus médiocres. Il fat le tjpe du spécialiste spécialisé, si je puis ainsi m'exprimer; il ne vit que le petit coin dans lequel il se retourna tonte, sa vie et ne sut jamais agrandir une question en la généralisant. Tous ses ouvrages, la plupart attribués à des plumes vénales, ne traitent que de la piei-re, de la lithotomie et surtout de la lithotritie. Il eut à soutenir de longues et nombreuses querelles, soit avec d'autres spécialistes sesi concurrents, soit avec les chirurgiens les plus illustres
des hôpitatix de Paris, Dupuylreii, Jobert, Veipeau, etc. Attaqué souvent avec une grande vivacité, il se détendit de même, et quelques-uns de ses ouvrages sont remplis d'invectives, d'accusations, d'insinuations malveillantes. Il a ea surtout le tort de continuer cette querelle plus que passionnée, dans un ouvrage posthume, alors qu'il n'était plus là pour répondre de ses paroles. La réputation de Civiale était fort grande et très-justement méritée ; le nombre des calculeux qu'il a opérés est immense. Aussi a-t-il laissé une fortune considérable évaluée à plusieurs millions. Civiale était membre libre de l'Institut de France, membre de l'Académie de médecine et de vingt autres sociétés savantes, officier de la Légion d'honneur, décoré de l'étoile polaire de Suède et de l'aigle de Prusse, etc. Il a publié :
I. Nouvelles considérations sur les rétentions d'urine, suivies d'un traité sîtr les calculs vrinaïres et la possibilité d'en opérer la destruction sans l'opération de la taille. Paris, 1823, in-S". — II. De la lithotritie. Paris, 1827, in-8°. — III. Lettres sur la lilholritie, ou broiement de la jncrrc dans la vessie (au nombre de six). Ibid., 1827 à 1858, in-8», avec ligures. -^ IV. Note sur le catarrhe de la vessie cha les vieillards. Ibid., 1829, in-S". — y. Parallèle des diverses méthodes employées pour guérir les calculeux, ou Exposé des procédés opératoires de la lithotritie et des diverses manières de tailler, etc., etc, Ibid., Iï30, in-8°, lig. — VI. Traité pratique des maladies des organes génito-ur inaires, t. I, Maladies de l'urcthre, t. II ; Maladies du col de la vessie et de la prostate, t. III; Maladies du corps de la vessie. Ibid., 1837-42, 3 vol. iri-S» ; 3« édit., 1858, 3 vol. in-S», fig. — VII. Traité de l'affection calculeuse, ou Recherches sur la formation, les caractères chimiques et phy^ siques, les causes, les signes et les effets pathologiques de la pierre et de la gravelle. Ibid., 1858, in-8°, avec 5 planches. — VIII. Du traitement médical et préservatif de la pierre et de la gravelle, avec un mémoire sur les calculs de Cystine. Ibid., 1840, in-8°. — IX. Discussion sur la taille et la lithotritie, qui a eu lieu à l'Académie de médecine en 1847. Ibid., 1847, in-8''. — X. Traité pratique et historique de la lithotritie. Ibid., 1847, in-8°, pi. — XI. De V uréthrotomie ou de quelques procédés peu usités de traiter les rétrccissem. de l'urèthre. Ibid., 1849, in-8°, avec une planche. — XII. Collections de calculs urinaires et d'instruments de chirurgie. Ibid., 1869, in-S". — XIII. La lithotritie et la taille, guide pratique pour le traitement de la pierre, édité par le D' Guaroia. Ibid., 1870, in-8°, fig. Ces deux derniers ouvrages ont paru après la mort de l'auteur; on annonce encore comme devant paraître prochainement une Histoire de la lithotritie et Biographie du D' Civiale, 4.'après sa correspondance et des documents inédits. H. Mr.
CIVILISATION. Le sens du mot civilisation est trop complexe et trop controversé, pour qu'il soit possible d'en donner une définition a priori. L'exposition et la dissertation, qui vont suivi^e, auront précisément pour objet et pour résultat de déterminer la véritable acception du mot civilisation. Provisoirement nous userons de cette expression pour désigner un état social quelconque. Mais l'homme étant un être fort divers, fort variable, suivant les temps et les lieux, il eu résulte que l'état de société, tout en lui étant inhérent, revêt aussi des formes infiniment variées, qu'il est tantôt fort rudimentairc, tantôt étonnamment compliqué, ici très-brutal et là extrêmement policé ; que parfois il prend des formes rigides et immuables en apparence à travers les cycles millénaires, comme l'instinct des animaux, tandis qu'ailleurs il est rapidement muable et protéiforme. Nous aurons à démêler les quelques lois générales, qui sont masquées par ces apparences capricieuses. Quelle a été l'origine de la civilisation humaine ? Quelles phases a-t-elle traversées dans le temps et dans l'espace? Où ont spécialement pris naissance les formes supérieures de la civilisation ? Comment les principaux foyers civilisateurs ont-ils rayonné et se sont-ils propagés autour de leur foyer d'origine? L'homme s'est-il modifié physiquement, moralement et intellectuellement au fur et à mesure qu'évoluait son état social, et comment s'est-il modifié ? Y a-t-il corrélation nécessaire ou du moins probable,
d'une part, entre lés caractères physiques, c'est-à-dire la race, et, d'autre part, l'état mental, et par suite social des divers groupes humains ? Autant d'importantes questions, qu'il faut examiner au moins à grands traits, avant de pouvoir se faire de la civilisation une idée juste et comprélicnsive, avant d'en pouvoir déterminer les conditions et les effets, avant surtout de se hasarder à fixer le sens du mouvement social civilisateur.
I. Il n'y a guère d'années encore, avant de s'occuper peu ou beaucoup de l'industrie préhistorique, de tout ce qui a trait à l'homme primitif, il était nécessaire de batailler, ou à tout le moins d'escai'moucher avec l'opinion invétérée et très-généralement admise, qui défendait de trouver des vestiges humains vieux de plus de six mille ans. Mais, aujourd'hui, l'investigation scientifique a complètement rasé ce vieux mur mythologique, étayé pourtant par des hommes de la valeur de Guvier, et qui barrait d'une façon fort gênante la route à l'étude de l'homme ; aussi serait-il oiseux de s'en occuper. 11 suffit de signaler en passant la chute si rapide de cette redoutable barrière, comme une preuve encourageante de la puissance de la vérité.
Aujourd'hui les périodes séculaires et même millénaires sont devenues insuffisantes pour contenir la chronologie de l'espèce humaine, et à l'exemple de l'astronome, qui, pour donner une idée des grandes distances astrales, est obligé de prendre pour unité de mesure le rayon ou le diamètre de l'orbite terrestre, l'anthropologiste, pour déterminer la durée des grandes étapes de l'humanité dans le passé, doit demander aux époques géologiques des unités chronolo» giques convenables. L'archéologie préhistorique montre en effet jusqu'à l'évidence, que l'humanité actuelle plonge ses racines à travers l'époque du diluvium géologique, à travers l'époque quaternaire, et très-vraisemblablement jusqu'au milieu de l'époque tertiaire. Une brève énumération de quelques faits topiques, devenus déjà des lieux communs anthropologiques suffira pour élucider ce fait si important.
C'est dans l'étage miocène des terrains tertiaires qu'ont été découvertes les traces les plus anciennes de l'homme. Dans les faluns de Pouancé (Maine-et- Loire), M. l'abbé Delaunay a trouvé sur deux fragments de côte de halithérium (cétacé fossile) , des incisions transversales assez profondes et manifestement produites par un instrument fonctionnant à la manière d'une scie. Non loin de là, à Thenay, près Pontlevoy (Loir-et-Cher), dans les calcaires de la Beauce, M. l'abbé Bourgeois a exhumé du miocène moyen, par conséquent, plus loin et plus bas encore dans l'échelle géologique, les premières ébauches^ de l'industrie humaine. Ce sont des silex taillés de la façon la plus grossière. Le plus souvent même pour y reconnaître une configuration voulue, intentionnelle, il faut comparer soigneusement ces informes échantillons de l'industrie primitive aux silex taillés les plus frustes du diluvium. Quoi de plus naturel î l'homme du diluvium était, relativement à son antique ancêtre du miocène moyen, l'héritier d'une civilisation vieillie et grandie. C'est déjà la loi du progrès, dit M. Worsaae, l'habile directeur du musée archéologique de Copenhague, qui, après mûr examen, a hautement reconnu l'authenticité de ces silex ouvrés. Déjà M. J. Desnoyers, d'après des empreintes, des incisions observées à Saint- Prest, près de Chartres, sur des ossements d'Elephas meridionalis, de Rhinocéros etniscus, etc., tous animaux antérieurs au mammouth, avait annoncé l'homme pliocène. M. Delaunay a confirmé cette induction en découvrant le» silex de Thenay mentionnés plus haut, et aussi en trouvant à Saint-Prest mêniQ,
d'autres silex analogues, sur certains desquels on remarquait des traces de calcination. Comme, à partir de cette époque, la tradition archéologique n'est interrompue par aucun hiatus notable, nous sommes donc autorisés à affirmer que, dès l'époque tertiaire, il existait un être humain ou pour le moins un anthropomorphe très-voisin de l'homme, plus nu, plus grossier, plus sauvage sûrement que le plus inintelligent des sauvages actuels, mais qui déjà songeait à suppléer à sa faiblesse organique native en violentant le monde extérieur, en lui arrachant des armes artificielles, et qui par là préludait, sans en avoir conscience, au merveilleux développement industriel de la future humanité.
Après l'industrie humaine tertiaire vient natui'ellement l'industrie quaternaire relativement fort supérieure. Si, sur les silex ouvrés de l'âge tertiaire, un œil inexpérimenté peut hésiter à reconnaître l'empreinte humaine, nulle hésitation possible en face des ustensiles taillés par l'homme quaternaire, c'est-à-dire contemporain de V Elephas primigenius (mammouth), de YElephas antiquus, etc.
■ Les silex ouvrés les plus anciens de l'assise quaternaire sont de forme lancéolée et taillés à grands éclats sur leurs deux faces (Menchecourt). M. de Mortillet
■ {Bull. Société anthropologique de Paris, t. VII, p. 21 J, 214), considère comme étant relativement plus récentes des haches ovoïdes en silex pyromaque, comme les précédentes, mais de forme très-allongée et taillées à éclats moyens. Enfin il faut rapprocher de ces deux types la forme en amande, la plus commune aux environs d'Abbeville, et de fabrication analogue, c'est le type dit de Saint- Acheul, qui, depuis Boucher de Perthes, a été trouvé un peu partout. Des silex analogues, d'une taille peut-être un peu plus fine, d'une forme plus ovale, ont aussi été découverts par Schmerling dans les cavernes du bord de la Meuse.
' Dans les grottes du Moustier, d'Aurignac, du Trou-Magnan, près des Eyzies,etc., qui appartiennent pourtant au même âge géologique, puisqu'on y trouve aussi les ossements du mammouth, du rhinocéros à narines cloisonnées, etc., la taille du silex s'est quelque peu modifiée. On rencontre surtout des éclats de silex, que l'ouvrier a détachés d'un seul coup du bloc siliceux servant de matrice, puis qu'il a retaillés à petits coups sur les bords. A côté de ces silex plus intelligemment ouvrés se trouvent parfois des objets destinés à la parure, tels que pierres, dents d'animaux, coquillages forés pour colliers, etc. Enfin, on assiste à la naissance d'une nouvelle industrie d'importance majeure. L'homme a déjà commencé à modeler à la main des poteries extrêmement grossières, sans ornements, qu'il faisait sécher au soleil.
Puis vient ce que l'on a appelé la deuxième époque des cavernes, l'époque du renne, le bel épanouissement de la civilisation quaternaire, que nous ont révélé les découvertes de Lartet et Ghristy dans le Périgord {Reliquiœ Aqiiitanicœ).hei grands félins ont alors diminué de nombre, ainsi que VUrsus spelœus et les grands pachydermes. On a quelquefois fait à l'industrie et au courage de l'homme de cette époque un honneur immérité, en attribuant à ses efforts la rareté relative des terribles ennemis avec lesquels il devait lutter pour vivre. Il est plus vraisemblable que ces modifications dans la composition de la faune, "ont pour cause principale la plus grande rigueur du climat. Contre les agents climatériques, la force du mammouth, la dent et la griffe des félins étaient impuissantes, tandis que l'homme, déjà industrieux et plus ou moins prévoyant, se garantissait sans trop de peine. L'énorme multiplication du renne suffit à prouver notre dire. Les 'débris de renne sont, à celte époque, tellement nombreux dans les cavernes, qu'on « se demande si l'homme n'avait pas déjà domestiqué cette espèce. A coup siir,c'était
son principal moyen de subsistance, et il en résultait pour lui une alimentation facile et des loisirs, qu'il utilisait en perfectionnant son industrie. Il a taillé, par exemple, de délicats éclats de silex propres à armer des javelots ou des flèches. D'autres lames de silex ayant généralement trois arêtes \ives et deux tranchants finement retaillés, ont pu servir de têtes de lances, etc. Dans les âges précédents, la hache en silex ne variait guère dans sa forme; c'était toujours et dans tous les pays un ovale plus ou moins large, plus ou moins régulier, plus ou moins lancéolé. Par exemple, un couteau de pierre trouvé sous le dolmen de Meudon, un autre couteau extrait du diluvium du bassin de Paris, deux couteaux d'une caverne à ossements fossiles située près de Genève, un autre pris dans une habi- • talion lacustre de la Suisse, enfin deux couteaux en cristal de roche découverts dans les ruines d'un antique rempart mexicain avaient tous une forme presque ; identique. Chez tous il y avait deux surfaces, l'une plane et l'autre divisée eu ' trois parties par deux arêtes longitudinales. C'est ainsi encore qu'il y a identité L, de forme entre deux pierres de fronde, l'une romaine, l'autre néo-calédonienne. L Enfin une série d'armes en pierre, originaires du Japon, une collection du même "enre venant de Java, et que l'on peut voir au musée du Louvre, nous mon- ^! trent des formes tout à fait analogues à celles des pierres ouvrées d'Europe. Mais à l'âge du renne, l'homme a déjà plus d'imagination, plus d'initiative qu'aux époques précédentes. Il sait varier la forme de ses ustensiles en silex au gré de ses besoins, les emmancher dans des bois de renne, ciseler des harpons barbelés, etc.
De l'industrie quelque peu perfectionnée à l'art il n'y a qu'un pas, et ce pas, • le troglodyte de l'âge du renne l'a franchi dans certaines régions, notamment 't dans le midi de la France. Il est devenu graveur et sculpteur. 11 nous a laissé '"' sur des plaques de schiste des dessins au trait représentant le renne, l'aurochs ^^ {Bos primigenius), le cheval ; enfin, sur une plaque d'ivoire détachée de la ^^ défense d'un mammouth, une esquisse bien réussie du mammouth lui-même, * équivaut pour nous à une inscription historique attestant la contemporanéité de f'" \ Elephas primigenius et de l'homme ; c'est la signature authentique de l'homme "11* quarternaire. Des pièces sculptées non moins remarquables que ces dessins if"i gravés, plus i^emarquables même, reproduisent les formes du renne, du che- ■^ val, etc., tout eu servant de manches à des armes ou ustensiles (Lartet et i,» Christy, Reliqidce Aquilanicœ) .
Notre artiste préhistorique sait aussi se vêtir, très-vraisemblablement de peaux Kji d'animaux; car il fabrique des poinçons, des aiguilles, des épingles d'os, etc. En sdli somme, il nous donne une idée assez exacte de la civilisation actuelle de l'Es- W quimau des l'égions arctiques, qui pourrait bien en descendre; car le troglodyte ilk de l'âge du renne paraît avoir rétrogradé peu à peu vers le Nord. Ce mouvement Itf de migration peut être attribué à deux causes principales, d'abord au change- (liij ment tic climat qui, s'adoucissant lentement dans la région moyenne de l'Europe, ■à convenait de moins en moins au renne, espèce animaîe indispensable au tro- *: glodyte périgourdin, puis en second lieu, à la compétition victorieuse de races '^ humaines plus robustes ou plus courageuses, qui, elles aussi, nous ont légué lis,; de nombreux spécimens de leur industrie.
isjj Nous avons vu l'homme tailler d'abord de la façon la plus grossière, à larges
ijp,. éclats, les silex dont il se servait comme armes ou ustensiles, puis tailler ces ^1 silex plus finement, à petits éclats, puis retailler délicatement sur les bords, des jjf éclats détachés d'un seul coup, en varier et en approprier la forme à des usages
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divers. Un dernier progrès clôt l'âge ou plutôt les âges industriels de la pierre, c'est le polissage des instruments de pierre, polissage obtenu par le frottement. M. Steenstrup a ti'ouvé en Danemark des excavations d'assez grandes dimensions, creusées en cupules dans des roches de grès, et qui résultaient vraisemblablement de ce travail de polissage par frottement. La hache de pierre, qui alors est souvent en serpentine, en jade, prend une forme généralement plus allongée, plus cunéiforme ; elle est d'un poli, d'un fini, d'une régularité souvent achevés. Tout le monde connaît maintenant ces remarquables instruments ^e pierre dits celtœ, si fréquemment trouvés dans les tumulus européens. Car si l'homme de l'âge du renne avait des instincts artistiques, celui de la pierre polie a des velléités architecturales. Le premier se bornait à inhumer ses morts dans des grottes naturelles, semblables à celles qui lui servaient de demeure, le second, les enfouit sous des monticules artificiels ou leur construit à l'aide de blocs de pierre, des grottes funéraires artificielles aussi, qu'il cache souvent sous un tertre. C'est lui qui paraît avoir commencé en Europe à dresser des pierres levées, des menhirs, suivant l'expression celtique, à construire ces tables mégalithiques dites dolmens, dont beaucoup ne sont sans doute que des tumulus dépourvus de leur revêtement terreux. Sous beaucoup de ces dolmens, notamment dans le nord de l'Europe et dans l'ouest de la France, on trouve seulement des celtae polis avec des traces manifestes de sépultures, parfois avec incinération, débris de poteries, des grains de collier forés et même des ornements d'or, le premier métal, que l'homme ait recueilli et utilisé. Il n'y a pas encore de restes bien évidents d'animaux domestiques sous les plus anciens de ces grossiers monuments, c'est-à-dire sous les tumulus ou sous les dolmens de l'âge de la pierre polie. Ceux qui les ont édifiés, vivaient vraisemblablement des produits de leur chasse. Néanmoins, des populations de l'âge de pierre ont su domestiquer certaines espèces animales et même cultiver certaines céréales, comme l'ont prouvé jusqu'à l'évidence l'exploration des palafites ou débris d'habitations lacustres sur pilotis. Nous sommes d'ailleurs arrivés à une époque relativement récente.
Les grandes espèces carnassières, félines, pachydermiques, que nous avons eu occasion de signaler plusieurs fois, ont disparu. La faune est toute actuelle, sauf une de ses espèces, l'aurochs, qui pourtant vivait encore à l'état sauvage en Europe, durant les premiers siècles de l'histoire moderne.
Nous avons vu que les constructeurs de certaines habitations lacustres de l'âge de pierre avaient déjà asservi et domestiqué des espèces animales. Ce fait de la domestication des animaux marque une époque dans l'évolution de l'humanité et il est généralement contemporain, à tout le moins fort voisin, d'une conquête industrielle aussi importante, de l'art de modeler par le martelage d'abord, par la fonte ensuite, certains métaux.
Le premier métal employé par l'homme fut le plus brillant, le plus inaltérable, mais aussi le plus inutile dans une société sauvage, l'or, qui se trouvant ■en lingots, en pépites à l'état natif, et cédant facilement sous les coups d'un marteau de pierre, fournit à l'homme préhistorique des colliers et des joyaux éclatants. On l'a trouvé associé à des celtœ polis, dans certains tumulus de la Bretagne et, lors de la découverte de l'Amérique, c'était aussi, avec l'argent, le seul métal connu des insulaires des Antilles.
Une vrai conquête métallurgique succéda bientôt à la trouvaille de l'or, ce fut la fabrication d'armes de cuivre. Sans doute quelque heureux hasard amena la
Tédùction par grillage de pyrites cuivreuses, saiis préjudice de l'utilisation de quelques lingots à l'état natif. Longtemps d'ailleurs des mines de cuivre furent ^îxploitécs avec des instruments de pierre, que l'on retrouve encore dans des puits miniers abandonnés des Asturies, de l'Irlande, de l'Oural et de l'Altaï (Pruner- Bey, Bulletin de la Soc. d'anthropol. de Paris, t. VI).
Nous avons vu l'homme utiliser l'or d'abord, le cuivre ensuite. En troisième 'lieu vint vraisemblablement l'étain, peu utile isolément, mais qui, fondu et allié au cuivre, donna une matière propre par sa fusibilité et sa dureté, à mille usages «it qui peu à peu se substitua partout à la pierre polie. Cette substitution fut très-lente et longtemps on usa simultanément de la pierx'e et du bronze, comme l'attestent nombre de tumulus, de dolmens, d'habitations lacustres. On sait que certains Bretons se servaient encore d'armes de pierre lors de l'invasion normande en Angleterre.
De même que la forme des premiers instruments de pierre polie était calquée sur celles en usage pendant la période de la pierre taillée, de même aussi les premiers ustensiles de cuivre et de bronze reproduisirent, sans aucune utilité, mais par la seule force de l'habitude, les formes typiques de la pierre polie. Peu à peu cependant l'ouvrier s'affranchit du joug de la tradition et le bronze revêtit ■cent formes variées. On en fit des épées, des têtes de flèche, de javelot, de lance, des boutons, des peignes, des épingles, des fibules, des agrafes, etc.
En même temps on a inventé le . tour du potier, dompté de nombreux animaux domestiques, tissé des étoffes, pratiqué l'agriculture en grand. Les. rites funéraires ont aussi changé et, au lieu d'inhumer simplement les morts, on les incinère et on place dans les tumulus ou sous les dolmens, des urnes cinéraires accompagnées de nombreux objets votifs. A la fin de cette période le fer détrône le bronze, comme celui-ci avait éclipsé la pierre et sous les nombreux dolmens de l'Algérie, on ne rencontre souvent que des instruments en fer. Mais, à la période du fer et même à la fin de celle du bronze, nous touchons aux âges historiques, et déjà l'Europe est occupée par la plupart des races humaines actuelles.
Dans cette rapide esquisse de l'industrie préhistorique, nous nous sommes bornés à mentionner les faits principaux, notre but étant non pas de faire une énumération ou une description complète, mais de noter des points de repère, à la manière du géographe qui, ayant à relever le tracé d'une chaîne de montagnes, se borne à signaler les pics les plus élevés, reliés pourtant les uns aux autres par des centaines et des milliers de collines, d'éminences, de mouvements de terrain ayant aussi isolément une importance plus ou moins grande. Pourtant •de cette revue si rapide se dégage invinciblement un fait général de la plus haute importance, celui du graduel accroissement. Nous assistons à une série de conquêtes industrielles se succédant et s'enfantant l'une l'autre. Cela est incontestable pour l'œuvre. Voyons maintenant, s'il eu est de même pour l'ouvrier, si ses formes se sont ennoblies, si son cerveau s'est développé parallèlement à ses aptitudes et à sa capacité industrielles.
II. Aucun débris, aucune pièce bien authentique du squelette de l'homme tertiaire ne nous étant jusqu'ici parvenus, on ne pourrait faire sur la conformation physique de cet ancêtre probable de l'humanité, que des conjectures et nous ne voulons citer ici que des faits. Pour l'homme quaternaire nous sommes plus •heureux et les reliques osseuses, déjà recueillies et étudiées, suggèrent dès à présent,d'importantes inductions.
Nous avons d'abord le demi-maxillaire inlérieur si curieux, trouvé pendant l'hiver 1865-1866 dans une caverne belge des bords de la Lesse, par M. Dupont [Btillet. soc. d anthropologie, 1866). Cette mâchoire était associée à des os à' Elephas primigenim (Mammouth), de Rhinocéros tichorinus ou à narines cloisonnées, de renne, etc. On a trouvé en même temps un cubitus humain, et un os ouvré de main d'homme. L'authenticité du gisement n'a pas été contestée, même par des anthropologistes adversaires déclarés et passionnés des théories transformistes. La mâchoire, en question, dénommée, d'après le lieu où elle se trouvait, mâchoire du Trou de la Naulette, a bien appartenu à un être humain contemporain du mammouth et du renne. Or, cette mâchoire semble modelée à souhait pour le plaisir des Darwiniens. C'est la plus simienne de toutes les mâchoires humaines connues. Elle est dépourvue de menton, fort prognathe; les apophyses geni y sont remplacées par des cavités ; les branches horizontales semblent converger en arrière, comme chez les singes. Pourtant il n'y a point de diastcmc entre la canine et l'incisive externe. Enfin le volume des grosses mo-' laires, comme l'indique l'inspection des alvéoles, va en augmentant de la première à la troisième et celle-ci, la dent de sagesse, a cinq racines, par conséquent cinq cuspidcs. On peut rapprocher et l'on a rapproché de ce maxillaire singulier une autre mâchoire, qui lui ressemble d'assez loin, la mâchoire découverte par M. de Vibraye dans la grotte d'Arcy (âge du mammouth) et la mâchoire du Troudu-Frontal (âge du renne). Relativement à la netteté de l'empreinte simienne, ces trois maxillaires peuvent se ranger en série. Selon M. Pruner-Bey, ils auraient tous appartenu à des individus de petite stature et à crâne court, brachycéphale. Notons en passant que l'anthropologie est encore trop peu avancée pour qu'il soit permis de voir dans ces reconstructions anatomiques inductives autre chose que des conjectures plus ou moins vraisemblables. M. Pruner-Bey veut aussi rapporter à ce type hypothétique brachycéphale, la fameuse mâchoire de Moulin-Quignon. Cette dernière, très-vraisemblablement quaternaire aussi, et qui a fait dans le monde scientifique un bien autre bruit que la mâchoire de la Naulette, n'a d'ailleurs absolument rien de simien. 11 en est de même d'un autre maxillaire trouvé par M. Dutertre dans le tuf de Châtillon. Notons en passant cette diversité, ces types humains, si variés déjà à l'époque du mammouth. Les célèbres ossements de la grotte de Cro-Magnon, près des Eyzies, sont une preuve plus frappante encore de cette diversité. L'homme des Eyzies, contemporain du mammouth et du renne, était de haute taille, de forte structure, très-dolichocéphale. Son cerveau était fort développé (capacité 1590 c. cubes pour un homme ; 1450 pour une femme); son front bien conformé. A côté de ces indices d'aristocratie ethnique, on en remarque qui accusent l'infériorité. L'homme des Eyzies est « ange et bête ». Notons avec M. Broca {Bull, de la Soc. d'anthrop. de Paris, 2" série, 1. 111) le prognatisme alvéolaire, l'énorme développement de la branche montanle du maxillaire inférieur, les larges et rudes insertions musculaires, surtout la suture précoce et simple des os du crâne, s'effectuant d'avant en arrière, contrairement à ce qui arrive chez les i-aces civilisées, enfin et surtout, un caractère sur lequel nous insisterons mi peu plus longuement, la conformation spéciale des tibias latéralement aplatis, en lame de sabre, suivant l'expression consacrée. Cette forme particulière du tibia, qui aujourd'hui ne se trouve plus guère que chez les grands singes, paraît avoir été fort commune chez l'homme préhistorique. On l'a constatée en effet sur des tibias extraits par M. Busk, d'une caverne près de Gibraltar, sur tous les tibias extraits du dolmen de Ghamant, de l'âge de la pierre polie, sur
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ceux du dolmen de Maintenon, sur un tibia extrait d'une carrière de Clicliy, par M. Bertrand 'Eugène), etc. Celte forme était fréquente alors, mais point générale pourtant, puisque les cavernes du bord de la Meuse ont fourni des tibias à coupe triangulaire, tout à foit analogues aux tibias européens actuels.
Un autre caractère plus curieux et plus simien encore a été fréquemment noté sur les humérus de l'âge de pierre, c'est la perforation de la fosse olécrànienne Ai l'humérus. La présence de ce caractère n'offie d'ailleurs rien de régulier. Il manque sur trois humérus trouvés à Cro-Magnon (âge du mammouth) tandis qu'on le rencontre sur un humérus de la caverne dite le Trou-dii-¥rontal (âge du renne). Sur vingt-sept humérus trouvés à diamant (âge de la pierre polie), deux avaient la perforation olécrànienne et dans la caverne d'Orrouy (âge de bronze), sur trente-quatre humérus, huit présentaient la perforation naturelle de la fosse olécrànienne. Il faut noter que cette particularité anatomique trèsrare, de nos jours, était déjà peu commune en France à l'époque mérovingienne puisque la sépulture mérovingienne de Chelles n'a fourni sur mille tombes ouvertes que cinq humérus perforés.
Les débris crâniens préhistoriques, surtout ceux de l'âge de pierre, sont bien plus précieux encore que les os des membres pour qui s'occupe de l'évolution des races humaines. Les caractères d'infériorité, dont nous avons cité la fréquence sur les tibias et les humérus préhistoriques, s'accusent aussi avec une fréquence et une évidence non moins grandes sur les crânes des mêmes époques. Déjà nous avons brièvement décrit quelques maxillaires inférieurs plus ou moins simiens. iNombre de maxillaires supérieurs sont aussi remarquables par un degré plus ou moins accusé de prognathisme, soit des dents, soit des alvéoles, caractère bestial, constant aujourd'hui encore chez les microcépbales elles races inférieures.
Le prognathisme alvéolo-dentaire était fort accusé sur les crânes découverts à Clamant (province de Namur), parle docteur Spring. L'angle facial mesurait seulement 70" et le crâne était fort petit, comme il arrive ordinairement en pareil cas. Un crâne trouvé par le docteur Dupont dans le Trou-du-Frontal (âge du renne) était aussi très-prognathe. Le même caractère a été constaté sur des crânes préhistoriques des environs de Baden (archiduclié d'Autriche), sur d'autres crânes des bords du Rhin, du Danube, sur un cràue exhumé d'un tumulus de l'âge de pierre, à Borreby, en Danemark, etc., etc.
Le prognathisme est si habituellement lié à un petit développement crânien, et à des formes crâniennes inférieures que l'un peut presque sûrement se déduire de l'autre quand il s'agit de races; mais relativement à la crâniologie préhistorique, nous n'en sommes heureusement pas réduits à de simples inductions. Citons d'abord le crâne trouvé, en 1857, par le professeur Fuhlrott d'Elberfeld, dans la caverne de Néandcrthal. Ce crâne présenté au Congrès scientifique de Bonn, la même année, eut une fortune analogue à celle que rencontra la célèbre mâchoire de la Naulettc. Parmi les assistants plusieurs se refusèrent d'abord ù y voir un crâne humain. Ce n'est pas ici le lieu d'en faire une description détaillée, rappelons-en seulement les principaux caractères, qui sont son extrême épaisseur, et surtout la présence d'énormes bourrelets sourcilierstout à fait comparables à ceux du gorille. La capacité de ce crâne si curieux ne peut se déterminer que par approximation, car la région inférieure manque, néanmoins on peut l'évaluer à 1,200 centimètres cubes environ. On trouve avec ce crâne des os longs, fémur, humérus, radius, côtes, etc., indiquant un homme de stature