‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.18Chapitre 10 sur 63 · CLIMATÉRIQUES · texte numérisé non relu

CLIMATÉRIQUES

CLmATlf:RIQUES, ou CLIMACTÉRIQt'ES (axi\éfs). En, lalilU Ami climacterici. Du mot grec ylluat, échelle, degré, intervalle gradue.

Voilà une doctrine qui remonte aux époques les plus reculées de l'histoire médicale, qui semble avoir pour fondateur Pythagore, qui est arrivée presque intacte jusqu'à uous, et qui, aujourd'hui encore, est en grande estime dans les populations.

Cette doctrine, mélange bizarre de superstition et de données scientifiques, soutient que le coiu-s de la vie humaine est coupé, en quelque sorte, par des époques fixes, régulières, fatales, dans lesquelles les hommes, tantôt courent plus de risques que dans une autre, tantôt, au contraire, ont grande chance de voir améliorer leur état de santé : Climacterici anni dicuntur illi in qiiibus in hominis vilâ mutaliones fieri soient, aJiquando ad meliorem statvm ad sanitatem, interdum ad deteriorem et ad morbum vel ad mortem pro ratione ciijusque status ac teniperamenti » (Codruuchus).

Les anciens appelaient ces périodes ou années : hebdomadicœ, scalares, gradarii, scansiles, genethliaci, nalalilii, fatales, critici, decretorii, heroïci, androdas, androcles, etc. Très fanatiques relativement à la puissance des nombres, et surtout des nombres impairs, numéro Deus impare gaiidet, mettant presque toujours dans leurs théoi'ies scientifiques quelque grain de théologie, entraînés par les sept jours de la création, par le septième hebdomadaire des âges formulé par llippocrate (Trad. de Littré, t. IX, p. 659), par les trois fois sept io\m nécessaires pour couver l'œuf de la poule, par les quatres fois ,se/j< jours de la période lunaire, par le caractère septénaire des stades des maladies aiguës, ils attribuaient une action (apitale à chaque septième année de la vie, ou au produit du nombre 7 multiplié par les impairs 3, 5, 7 et 9. (]e nombre 9 était aussi très-cabalistique. Les neuf mois delà geslation humaine n'ont pas été étrangers à son adoption ; nos sages-femmes, lorsqu'elles reçoivent chez elles une pensionnaire, lui accordent « les neuf jours » qui suivent l'accouchement. Les ueuvaines, ou prières pendant neuf jours, ont toujours été regardées comme plus efficaces que les dizaines, parce que dans neuf, il y a le nombre 5 répété trois fois, que ce nombre o, numerus sacer, numerus perfectionis, numcrus polentissimus , comme représentant la Sainte-Trinité, est devenu sacré pour l'église, laquelle a consacré la triple immersion dans le baptême, le Trisagion chaulé dans la liturgie, les trois signes de la croix, etc.

Nous laissons encore tomber troir, lois le marteau d'une porte que nous voulons nous faire ouvrir- Nos salves d'applaudissements se comptent par trois.

A l'égard du nombre sept, on peut rappeler le système pythagoricien qui, voyant 7 astres mobiles, 7 jours de la semaine, divisait ainsi la vie humaine par périodes successives de sept années :

Sept ans. Fin de l'enfance; première dentition.

Quatorze ans. Puberté ; menstruation.

Vingt-et-uu ans. Eruption de la barbe ; nubilité.

Vingt-huit ans. Terme de la croissance générale.

Trente cinq ans. Le plus haut point de la vigueur.

Quarante-deux ans. Commencement de la décroissance; âge critique.

Quarante-neuf ans. Perte, chez la femme, de la faculté de concevoir.

Cinquante-six ans. Commencement de la vieillesse.

Soixante-trois ans. Grande année climatérique.

CLIMATERIQUES. 155

Les curieux q\ii vomiraient se familiariser avec l'importance, la puissance que nos pères accordaient aux nombres dans le macrocosme (grand monde), et le microcosme (petit monde), n'ont qu'à parcourir les chapitres 'i à 15 du deuxième livre des Opéra omnia de Cornélius Agrippa (Lyon, t. 1, in-S"; p. 156 à 202) : ils verront à quelle dissection, eu quelque sorte, ont été soumis par Pythagore les nombres 7 et 9.

Ce nombre 7, en particulier, qu'il regarde comme le support de la vie humaine, — vehiculum humance vitœ, — et qui présiderait, selon lui, aussi bien aux fonctions du corps qu'à celles de l'àme, foui'nit ces prétendus arguments au philosophe, chef de l'École d'Italie, au sixième siècle, avant J.-C. :

Le corps se compose de 4 éléments et de 4 qualités; mais l'àme a trois forces : la raison, la colère, la concupiscence. Or, 4 et 5 font 7. Donc ce nombre sept préside à la fois au corps et à l'âme.

11 faut que la semence de l'homme reste 7 heures dans l'utérus pour que la conception puisse avoir lieu.

L'enfant voit le septième iour de sa naissance.

Il est viable au septième mois. (Remarquons qu'une opinon très-répandue aujourd'hui dans le peuple, veut qu'un enfant soit viable à sept mois, mais non à huit). Le cordon ombilical se détache le septième pur. La dentition commence au septième mois.

Le 21'' mois (3® septénaire), l'enfant commence à babiller. A 28 mois (4"-' septénaire), il marche. A 35 mois (5"^ septénaire), il refuse le lait de la nourrice. A 7 ans, chute des premières dents.

A 14 ans, pubescence.

La plus glande hauteur qu'un homme puisse acquérir est de sept pieds. Il y a : sept tissus ; sept viscères ; sept parties priucipales ; se;;/ planètes, etc., etc.

Le nombre neuf n est pas moins remarquable. 11 y a : neuf muscs, neuf anges représentés [tnv neuf pierres précieuses ; ?îe«/' sphères dans le ciel ; neuf sens en y comprenant la mémoire, la pensée, l'imagination, le sens commun. Il y a encore new/' chiffres arabes. Le diable a neuf cornes. Jésus-Christ expira à la 7ieuvième heure. Le nom de Dieu, en hébreu, est composé de JieM/' lettres. Les anciens enterraient leurs morts le neuvième jour, etc., etc.

Néanmoins, les partisans des années climalériques ne sont point d'accord sur leurs nombres. Les uns en reconnaissent deux ou trois seulement, les autres davantage ; plusieurs les portent à treize à partir de la septième année de la vie jusqu'à la quai re-vingt-onzième. Mais, chose remarquable, tous adoptent l'existence de la 03% la grande climatérique, la pernicieuse, l'ennemie, la menaçante, la fatale, l'affreuse, l'atroce, l'abominable. Pourquoi cette idée funeste si universellement attachée à la 65'^ année de la vie? On le devine : C'est parce qu'il faut la multiplication de deux nombres impairs de la plus grande valeur pour produire cette année 65, et que sept fois neuf, ou neuf fois sept donnent 65.

Plusieurs rêveurs ont fait, pour tâcher de prouver l'influence des années climatériques, une liste des hommes plus ou moins illustres qui sont morts dans une de ces périodes critiques de leur existence. Codronchus, surtout, au chapitre II de son étonnant ouvrage, s'est donné la joie, facile, de grouper plus de 400 de CCS personnages. Dieu nous garde de donner ce catalogue, dans lequel on voit figurer :

124 CLIMATERIQUES.

Adam, qui vécut 930 aus, et qui mourut, par conséquent, dans le cujront de sa 951'' année, année essentiellement climatérique puisqu'elle contient sept lois 133.

Gain qui atteignit 910 ans : soit sept fois 150 ans.

Abraham, mort à 175 ans : soïi sept fois 25 ans.

Le patriarche Jacob, mort à 1 47 ans : soit sept fois 21 ans.

On a voulu remonter aux causes du danger prétendu des années climatériques. Les uns l'ont attribué à la maligne influence des corps célestes, et principalement à celle de Saturne (Marsile Ficin); les autres à l'empire de la lune ; ceux-ci à la Providence divine ; ceux-là, et c'est le plus grand nombre, à la puissance de ces deux fameux nombres sept et neuf. Les plus raisonnables en ont accusé tantôt la nature même de l'homme qui paraît soumise à la période septénaire, soit en santé, soit en maladie ; iantùt l'influence des âges et de leurs révolutions, par conséquent les changements de tempérament, d'idiosyncrasie, qui ont lieu rarement sans secousses. (Voir l'article Ages de ce dictionnaire). Mais aucune de ces explications ne présente de garanties scientifiques, et nous ne pouvons mieux terminer cette notice qu'en empruntant à Pienauldin ces paroles :

« La doctrine des années climatériques est depuis longtemps tombée en désuétude, et n'a pas besoin de réfutation. L'homme qui, aujourd'hui, viendrait annoncer que les nombres et leur arrangement jouissent d'une influence plus ou moins puissante sur la santé, la vie et la fortune des individus, serait regardé, avec raison, comme un visionnaire. La vie humaine est, sans contredit, soumise à de certaines révolutions qui arrivent à des époques déterminées, comme, par exemple, à sept, à quatorze, à trente-cinq, à quarante-cinq ans; mais ces révolutions sont absolument indépendantes de la période septénaire ou novenaire. Si, d'ailleurs, on admettait la doctrine des années climatériques, il s'ensuivrait nécessairement que la plupart des hommes devraient presque toujours mourir ou être malades, ou essuyer des dangers pendant le cours de ces mêmes années; or, c'est ce qui n'a point constamment lieu, puisque, d'une part, on voit un assez bon nombre d'individus lournir une longue canière, sans que leur santé ait reçu la moindre atteinte, et qu'en second lieu il en périt une grande quantité dans des années autres que les prétendues climatériques, comme le prouvent, évidemment, différents relevés des tables de mortalité. Concluons donc que les maladies et la mort frappent indifféremment tous les âges, en sévissant, néanmoins, plus spécialement sur ceux qui coïncident avec certaines opérations de la nature, et en vertu de ces seules opérations ; que, par conséquent, le terme de la vie, considéré philosophiquement, est incertain, ou tout au plus soumis à de vagues probabilités, et se joue de toute espèce de calcul numérique. »

Bibliographie. — Iîantzovkis (Henri). De conservandâ valcludine J.iber. In nuo de cliœln, itinere, annis climactcricix , i'" édit., etc., in-S". Lipsiœ, 1570. — Rossi (Gioseppe de). Jwr.orso sopra gli anni cUnialterici, donc si nioslra la ragione perche sieno cosi pcriqliosi alla vita deir liomo. Roma, 15S"i, in-i". — Padovan (Fabrice) Discorso vago e dollo sopra gH

anni climatcrici cioè ; piii periculosi délia vila humana. Bologna, 1602 in-4''. Flobidus

(Ambrosius). Tractatus de annis climactericis ac dicbu.i cviticis. Dialogistico contextm scrmone, in quo mira doctrina, ex fontibus astrologorum excerpla cl philosophornm, panditur, quo pacto totius vital humanœ cursus pei' septenarium annorum numerum regulalus. sccundum varias planetarum conjuncliones, in divcrsis temporibus graviter exaqitelur et torqucatur. Patavii, iOl-2, in-4°. — Silvaticus (Jean-iiapiisle). De anno climactcrico tractatus. Ticiiii, lOlo, in-8°. — Cia.\mnus (Thomas). De substauliâ à cœli... de anno climactencn et de uuniens pythagoricis... Venct., 1818, in-4''. — Coduo.ncuus (Da^iliste). Conmenlarius

CLINIDÉS. 125

de annis chinnctcricis, ac ratione vitandi eorum pericula, vitumque producendi. Bononiae, IGiO, in-8°. — i-TECHANUs (André). Oratio de annis climactericis, publiée habita in Seliolâ Arnstatiensum. Ei'forli, 1633, in-4''. — Rubf.is (Jean-Baptisie del. De salubri polu liber... in cujus fine conimelur de climactericis annis disptttatio. Velitris, 1039, in-4'' — BnENDEtius. Moniuneutuni fraç/illilatis hwnanœ momcntancœ anni cUmaclerici. Alstedire, 1650 in-i". — FiciN (Marsile). De vita libri très... I.ugd., 1037, in-lG, etc. — Paxiv (liobert). Nihil ne ab annis climactericis nietuendum? Paris, 1057. Tlièse à conclusion affirmative.. — Caldera de Hebedia (Gaspard). Tkeseus climactericus. In Tribunal apoUini sacrum du mûme auteur. Lug-d. Balav,, i658, in-fol. ; l'ai'is, IV. — L)e Filisco (comte). De falo anni,%que falalibus tam hominibus ^((«ot rc^/îi.ç. Francof., 16C5, in-4°. — Saumaise (Claude). De annis climactericis et anliquà astrologiû. Lugd. Batav., lOiS, in-S" ; Leydre, 1078, in-8°. — Tilëmanx (.Jean). Jilemannus cous, hoc est Hippocratica Praxis in cognitione affcctuum tam nnturalium quàm prcclernaluraiium, annorum climaclericorum, Dieruin crilicorum... Ulmœ, 1081 , in-12. — Hoffmann (Fr ). Annorum cUmactericorum mcdica expUcatio. Ilalœ, 17()i, t. IV. — HisscnER. De vano œtalis humanœ et anni 03 cUmaclerici magni vulgo clicti timoré. lenœ, 1743, in-4''. — BARBEU-DuBooiiG (Jacques). Utritm anni cliniacterici cœteris periculosiorcs? 1747. Thèse à conclusion niépalive. — Langouth. De anni vuigni cUmaclerici solvendometu, programma. Viteb., 1770, in-4''. — Macquart. Encgclop. mcthod. In Dict. de médecine, 1790, in-4'' ; article Année cUmactérique, t. II. p. 33. — Hai.lé. Encijclop. mélhod. In Diction, de méd., 1790, Ui-i"; article Ages, t. I, p. 358. — Gruner (C.-G.). Dissertatio de annis climacterias. lenee, 1'''J2, in-4°. — Rexauliun (Lcopold). Dict. des scien. méd. en 00 vol. (année 1813), art. Climalériquc, t. V, p. 3iil. — Viuey (J.-J.). Dict. de la conversation. Art. Année climatériqiie, 1" cdit., t II, p. 311 : 1832. — De Chesnel (\.). Dict. d-^s superstitions. In Encyclopédie Migne, 1850, in-S» ; art. Années climatériques. A. C.

CLI\Xffl (William) vivait dans la première moitié du siècle dcniicr et occupait eu Aiigleterre une position honorable. C'était un homme très-instruit, versé dans la connaissance des langues anciennes. Entre autres publications à peu près complètement oubliées, on lui doit une édition grecque latine de ce qui nous reste de Rufus d'Ephèse.

Nous citerons de lui :

I. Ilisfory of the Rise and Progrès of the Small-Pox. Lond., 1723, in-8''; Ibid , 1733, in-S". — II. De nsu vesicanlium in morbis curandis, en tête de son cdit. de IUjfus, Ihid., 1726, in-4°. — III. Observ. medicœ. Ibid., 1733, in-8°. — IV. Historiée medicœ. Ibid., 1733, in-8''. — V. De tuenda valetudinc. Ibid., 1738, iii-8°. — VI. Putfi Epliesii, de vesicce rettumque morbis; pnrgantibus medicamentis ; de partibus corporis humani (grœce et latine). Lond., 1720, iii-4». E. Bgd.

ci.i:^'Bi»És ou CLï\^o.S5'©îSÉ.«i (/.),tvi;, lSo^, petit lit ou siège pour un seul et a-nopo;). Leveillé a donné le nom de baside à la cellule mère dont le sommet plus ou moins obtus est ordinairement couronné de deux à quatre spicules surmontées d'autant de spores, l'ensemble de ces cellules mères (entremêlées de cellules stériles) constituant Vliyménium basidiosporé que nous avons appelé basymène [voy. art. Champigixons, § 70 et note 76). Le même savant a imposé le nom àeclinode {/li-^-n, lit) à l'ensemble des cellules acuminées, au sommet aigu desquelles il se développe u n e spore, cette cellule mère restant elle-même sans désignation spéciale. Il nous a paru qu'il y avait lieu de compléter ce langage et de le rendre symétrique, en désignant sous le nom de clinide (correspondant h baside) la cellule mère à sommet aigu et portant directement une spore; de là le nom de CliiMdés pour tous les petits champignons qui ont «ncore un sti'oma plus ou moins charnu [Sar codés), et dont les spores se sont produites isolément au sommet des Clinides.

Nos Clinides sont donc identiques aux Clinospore's de Leveillé. Ils constituent la troisième et la moins parlitile des trois grandes divisions des champignons sarcodés, c'est-à-dire ayant un corps ou stroma contexte ; les deux premières comprenant : d'une part, le.5 Basidés, qui se composent de tous les

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champignons (les plus gros comme les plus connus) dont l'appareil reproducteur a pour élément la baside ordinairement bi ou tctrasporée ; et d'autre part, les Ascidés, dont la cellule mère, endogène (dife asce ou thèque), contient jusqu'à maturité les spores libres dans son intérieur, et le plus souvent au nombre de huit {voy. art. Champigkoks, p. 204). Beiuillo>.

CLINIQUE. Le mot clinique s'emploie dans deux acceptions différentes : la clinique désigne cette branche des sciences médicales qui, résumant toutes les autres dans un but pratique, s'applique à étudier un organisme malade, jtow pouvoir ensuite le ramener à l'état normal, ou tout au moins le soulager et eu prolonger l'existence.

Une clinique désigne un service hospitalier dans lequel les malades , tout en recevant les soins médicaux, servent en même temps à l'instruction de ceux qui étudient la médecine.

Envisageons le mot clinique à ces deux points de vue, et d'abord indiquons rapidement les éléments qui sont nécessaires à la clinique, son but, son importance, les qualités qu'elle exige de ceux qui veulent s'y consacrer. Nous terminerons par quelques mots sur son cnseignemeut.

I. La clinique, comme l'indique l'étymologie de ce mot (xJtvyj, lit), a un but essentiellement pratique. C'est la médecine pratique, la science médicale placée en face du lit du malade. Les sciences médicales ayant pour but final la guérisou des organismes malades, et quand celle-ci ne peut être obtenue, le soulagement des manifestations morbides les plus pénibles ou les plus douloureuses et le prolongement de l'existence de ces organismes, il en résulte que c'est vers l'avancement et le perfectionnement des études cliniques que convergent toutes les sciences médicales. La clinique en constitue le couronnement.

1" La clinique, avons-nous dit, résume toutes les connaissances médicales et les emploie au but pratique qu'elle se propose; aucune d'elles ne lui reste étrangère ; chacune d'elles en devient ù un moment donné un élément utile , indispensable.

Uanalomie normale apprend au médecin clinicien la structure et la composition des organes et des appareils organiques; Vanatomie pathologique lui indique les altérations qui, sous l'influence d'une maladie, se produisent dans les organes, ha. physiologie appuyée sur lu. chimie et la physique éclaifele fonctionnement général de l'organisme et spécial de chaque organe, les rapports fonctionnels qui existent entre euv. ; la physiologie pathologique fait connaître les modifications qui sous l'influence des altérations dont ils sont le siège, sont survenues dans le fonctionnement des organes. Est-il nécessaire d'insister sur l'importance de l'anatomie et de la physiologie normale et pathologique ? 11 est évident que le clinicien chargé de ramener à son état primitif normal l'organisme malade doit parfaitement connaître, d'une part, cet état normal lui-même, et de l'autre les lésions et modifications anatomiques et fonctionnelles survenues dans l'organisme.

Cet écart entre ces deux états, comment s'est-il produit, si ce n'est par le fait d'une évolution, d'un processus morbide, d'une maladie? La jaaf/io/ogf Je, c'est-àdire la science qui étudie les maladies intervient donc à son tour. Elle enseigne au clinicien les causes des maladies, leurs manifestations, leurs modes d'invasion, leur durée, leur marche, leurs terminaisons, les modes de propagation soit sur un même organisme, soit sur des groupes d'organismes réunis, etc.

Mais les causes de maladies, nous pouvons, dans bon nombre de cas, les faire naître dans des circonstances voulues et rigoureusement déterminées d'avance, en graduer l'intensité, eu prolonger les effets. Sur cette possibilité d'imiter, par des procédés multiples, la n;iture en reproduisant sur les animaux des maladies ou lésions semblables ou analogues à celles que nous observons sur l'organisme humain, est basée la pathologie expérimentale qui est déjà devenue pour la clinique une source féconde de connaissances précieuses, un instrument puissant de progrès. Comparées aux. résultats de l'expérience fournie par l'observation de l'organisme malade, les expérimentations entreprises sur les animaux présentent cet iucontestable avantage de pouvoir isoler les causes morbides, et par conséquent d'apprécier plus sûrement leurs effets. Elles permettent d'analyser les manifestations morbides, de rapporter chacune d'elles à sa cause prochaine et ainsi d'en établir lafdiation {voij. art. Méthode).

La pathologie diffère essentiellement de la clinique ; elle étudie en effet les maladies théoriquement, les considère en elles-mêmes, indépendamment de l'organisme sur lequel elles se sont développées. Elle prépare, rassemble et coordonne dans un ordre méthodique les matériaux que la clinique mettra en œuvre et utilisera plus tard dans un but pratique. La clinique, au contraire, étudie non pas des maladies, mais bien des organismes malades ; elle apprécie les modificalions que les conditions individuelles d'âge, de sexe, de race, de tempérament, de constitution, d'idiosyncrasie, etc., inhérentes à chaque organisme, impriment nécessairement à la maladie dont il est affecté. Elle détermine les changements que chaque organisme individuel a éprouvé par le fait de la condition sociale, de l'habitat, de l'alimentation, des maladies antérieures, etc. Elle pèse l'influence que ces modifications acquises exercent à leur tour sur la maladie. La pathologie étudie l'évolution morbide d'une manière abstraite ; la clinique sattacheà étudier un état morbide réalisé dans un organisme : elle a donc un objectif vivant. Mais elle ne s'arrête pas à cette étude qui resterait stérile si elle ne conduisait pas aux moyens pratiques de guérir ou soulager l'organisme malade.

Pour y arriver, la clinique est obligée de faire appel à d'autres branches des sciences médicales; la médecine opératoire, Y hygiène, la physique, la matière médicale qui fournissent des moyens d'action à la thérapeutique.

La médecine opératoire s'occupe des voies et moyens par lesquels se pratiquent les opérations chirurgicales. Elle en détermine les règles, les méthodes et les procédés, en apprécie les avantages et les inconvénients, au double point de vue de leur manuel opératoire et de leurs résultats. Une opération chirurgicale étant souvent le seul moyc^l de faire cesser une maladie dont est affecté un organisme, lait partie intégrante de la thérapeutique.

L'hygiène s'enquiert des condiiions favorables ou défavorables au développement normal de l'organisme et de chaque organe en particulier. Elle apprécie le rôle que lescircumfusa, les ingesta, lesgesta,lespcrcepta, etc., exercentsur l'organisme. Bon nombre de maladies résultent de l'inlluencede ces modificateurs sur l'organisme. Aussi placer l'organisme dans des conditions différentes de celles qui ont été recomiues lui être défavorables, est-ce souvent supprimer ou atténuer la maladie dont il est atteint. L'hygiène à ce titre nous fournit de puissants moyens de thérapeutique.

Appuyée sur la physique, la botanique, la chimie, la zoologie et la pharmacodynamie, la matière médicale étudie les corps ou produits simples et composés que le règne végétal, minéral et animal nous fournissent pour modifier l'orga-

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iiisme. Elle recherche l'action que ces agents divers exercent sur l'organisme.

Celleaction et les modifications qui en résultent bien établies, la thérapeutique s'en sert dans un but pratique déterminé : celui de faire cesser, de neutraliser ou combattre les altérations physiques ou fonctionnelles qui, par le fait d'une maladie, sont survenues dans l'organisme.

La thérapeutique transforme en remèdes ou agents thérapeutiques les opérations, les forces physiques et les médicaments que la médecine opératoire, l'hygiène, la physique et la matière médicale mettent à sa disposition.

Pour obtenir la guérison d'un organisme malade, force est au clinicien, d'abord de rechercher et de trouver ce qu'il importe de faire pour amener cette "^uérison, c'est-à-dire de saisir Yindicalion thérapeutique dans chaque cas spécial. Puis celle-ci posée, de connaître parfaitement la valeur relative de tous les moyens par lesquels-cette indication thérapeutique peut être remplie. Il sera guidé dans ce choix autant par des considérations tirées de l'organisme malade qu'il a à traiter, que par celles qui découlent de la maladie qu'il a à combattre.

2o Celte revue rapide des éléments indispensables à la clinique démontre q\i'clle puise ses ressources dans chacune des branches des sciences médicales pour les diriger vers son fciji spécial : l'étude de l'organisme malade et son retour à l'élat de santé. Pour arriver à ce but, le clinicien placé en i\ice d'un malade doit résoudre un certain nombre de problèmes:

a. 11 doit poser le diagnostic du malade, c'est-à-dire reconnaître tous les caractères qui constituent son individualité; puis établir le diagnostic {voy. art DiAGiNOiTic) delà maladie, c'est-à-dire la reconnaître, lui donner un nom, la distinnuer de toutes les autres maladies avec lesquelles elle pourrait avoir quelque analogie.

h. Il doit établir le pronostic de la maladie dans chaque cas individuel, c'està-dire prévou' ; l'évolution ultérieure de chaque maladie, le degré d'intensité auquel elle arrivera, les complications ou les accidents qui peuvent survenir, sa marche, sa durée, sa terminaison probable, enfin apprécier les suites que la maladie i)ourra entraîner après elle.

c. Eulin il doit instituer le traitement de la maladie de façon à arriver le plus rapidcmeut possible à en arrêter ou en ralentir le cours ou en atténuer les manifestations.

5" Pour arriver à résoudre ces problèmes, le clinicien a recours aux éléments passés en revue plus haut, mais pour les utiliser et les mettre en œuvre d'une manière féconde, certaines qualités soni nécessaires au clinicien. Tout d'abord, il lui faut savoir observer, c'est-à-dire voir vite et bien, apprécier à sa juste valeur ce qu'il a constaté. Le talent de l'observation et la rectitude du jugement sont en clinique des qualités d'esprit indispensables. A la sagacité de l'observateur doit s'allier une certaine agilité d'esprit, grâce à laquelle le clinicien s'empresse de quitter la voie dans laquelle il s'est engagé, dès qu'il a reconnu qu'elle n'est pas labomie. Rien n'est plus funeste en clinique que de rester fidèle quand même à une idée préconçue que la réalité objective des faits ne vient pas confirmer. Qu'à ces qualités d'esprit se joignent des connaissances acquises solidementbasées sur l'expérience, nne érudition aussi vaste que profonde qui permettent, en présence d'un malade donné, d'embrasser par la pensée tout le groupe de maladies qui pourraient se rencontrer chez lui, et toutes les méthodes de traitement qui, pour le guérir, seraient applicables. Il faut donc au clinicien, outre les connaissances acquises par l'expérience et l'étude, un certain nombre de qua-

lit4s innées qui peuvent bien se fortifier et se de'vclopper, mais qui ne sauraient que diflicilement s'acquérir quand tout d'abord on ne les possède pas dans une certaine mesure. C'est à ce point de vue que l'on a pu dire que la clinique est tout à la fois une science et un art : une science par les connaissances variées qu'elle exige, un art par le talent qu'elle demande pour tirer de ces connaissances un résultat fécond.

4° Imporlance de la clinique. Est-il nécessaire maintenant d'insister sur rimportaiice de la clinique? Elle se manifeste à deux points de vue : dès l'abord il est évident que son importance est majeure, entant que but et couronnement des sciences médicales : exercer la pratique médicale, donner aux malades les soins médicaux, c'est faire de la clinique.

Mais d'autre part, la pathologie n'a pas pu se former de toutes pièces : science en voie d'incessante évolution, elle repose sur l'observation de faits cliniques qui, consignés à la suite des temps dans les annales de la science, ont fini par constituer la science traditionnelle que les siècles antérieurs nous ont légué. One les observations cliniques sur lesquelles est fondée la notion d'une maladie soient entachées d'erreur, incomplètes ou trop peu nombreuses, et la pathologie de cette affection se remplit d'idées erronées ou ne renferme sur cette maladie que des notions insuffisantes, et quand plus tard le clinicien s'adresse à celte pathologie trompeuse ou incomplète, elle le laisse dans le vague ou le conduit à l'erreur. La clinique nous apparaît donc en même temps comme le fondement de la pathologie qui, une fois constituée, vient à son tour prêter à la clinique un concours efficace.

Les anciens avaient depuis longtemps reconnu le double lien qui unit si étroitement la pathologie et la clinique en formulant cet axiome: Ars tota inobservationilmx. Les sceptiques de tous les temps y opposent à tort celui-ci: Erperientia fallav. Or, ce ne sauraient être les données de l'expérience qui sont trompeuses, mais bien les déductions que l'on en veut tirer. Le fait bien observé subsiste : les explications que l'on essaye d'en donner sont sujettes à erreurs et à variations.

5" La différence des méthodes qui président à Venseignementde la clinuineei à la direction à donner aux études cliniques nous parait assez importante pour que nous en disions quelques mots ; ils serviront de transition naturelle à la deuxième partie de cet article.

Pour les uns, cette tendance est surtout représentée dans les universités d'Outre-Rhin, la clinique au lieu d'avoir son but propre bien défini, ne paraîtrait devoir être qu'un des moyens à l'aide desquels la pathologie pourra être édifiée sur des bases rationelles. Fascinés par l'exactitude mathématique avec laquelle les instruments d'investigation physique et les réactifs chimiques leur permettent d'apprécier les lésions morbides, trop préoccupés d'autre part de la nature des altérations matérielles dont l'anatomie pathologique leur a appris l'incurabilité, certains cliniciens semblent s'absorber uniquement dans la constatation des symptômes, au risque de se perdre dans la recherche des infiniment petits. Munis des appareils les plus perfectionnés, ils étudient minutieusement chaque organe et chaque fonction, ils en analysent patiemment les moindres caractères, procédant pour la maladie comme ils le feraient pour une plante ou un minéral. Ils en déterminent rigoureusement le diagnostic à tous les points de vue, mais là •quelquefois s'arrête leur œuvre. Ils ont oublié, dirait-on, qu'ils n'ont point sous les yeux des maladies à étudier et à classer, mais bien des organismes malades à guérir et à soulager. Comme conséquence naturelle, il arrive alors que, quand

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après avoir savamment établi le diagnostic, il s'agit d'instituer un traitement, celui-ci se réduit sinon à l'expectation, du moins à une thérapeutique insignifiante. De cette tendance de prendre en considération la maladie plutôt que le malade, il résulte que quelques cliniciens semblent surtout préoccupés de faire passer sous les yeux de leurs élevés un grand nombre de cas de maladies, puis celles-ci une fois connues et bien étudiées, les malades qui en sont affectes sont perdus devue. Comprendre ainsi la clinique, n'est-ce pas la faire dévier de son but: un examen clinique n'est plus alors qu'une démonstration de pathologie qui sera complétée parles données du laboratoire clinique et le cas échéant par les investigations nécroscopiques. Procéder de la sorte n'est-ce pas réduire la clinique à la constatation des caractères d'une maladie à un moment donné de son évolution, en laissant dans l'ombre tout ce qui se rattaclie d'une part à l'étiologie, au pronostic et au traitement de la maladie réalisée dans un organisme, d'autre part, tous les caractères qui impriment à cette maladie une physionomie particulière et en font un cas clinique spécial tel que nous le trouvons dans la pratique journalière.

Fidèle à ses anciennes traditions, et sans négliger, elle le prouve tous les jours, les précieux moyens d'investigation que la physique et la chimie mettent incessamment au service de la clinique, l'école clinique française considère la maladie sans perdre de vue le malade. Elle étudie non pas seulement la maladie à un moment donné, mais bien l'évolution morbide dans sa continuité, s'cfforçant d'expliquer ce qui est par ce qui a dû être et de prévoir ce qui devra être par ce qui est, d'établir entre la succession des phénomènes morbides un lienpathogénique, de les rattacher entre eux par une intime relation de causes à effets. Elle n'a garde d'oublier que si la clinique , par les matériaux qu'elle recueille, sert à constituer la pathologie et à en élucider les points obscurs, elle n'en couserve pas moins pour but le traitement sinon la guérison de l'organisme malade.

II. Le mot clinique sert aussi à désigner un service hospitalier dans lequel sont admis des élèves dans le but de faire leurs études médicales. Un service clinique doit donc satisfaire à deux conditions spéciales: tout d'abord des malades doivent y recevoir tous les soins médicaux nécessaires, puis des élèves en nombre proportionné à celui des malades doivent y trouver i-éunies toutes les ressources propres à asseoir sur des bases solides leur instruction clinique, et cela, est-il besoin de l'ajouter? sans nuire en rien au bien des malades.

Avant de voir comment ces deux conditions peuvent être réalisées, disons quelques mots de la concentration des services cliniques : Faut-il, en principe, chercher àréunir dans un même hôpital clinique, toutes les cliniques médicale, chirurgicale, obstétricale avec les cliniques spéciales, oplithalmologique, syphilitique, etc., ou ne vaudrait-il pas mieux disséminer les services cliniques daus autant d'hôpitaux différents. Sans méconnaître la valeur des arguments tirés de l'ordre administratif et économique qui peuvent plaider en faveur delaréuniou des services cliniques dans un même établissement hospitalier, nous pensous qu'au double point de vue des malades et des élèves la deuxième solution est préférable. D'une part, ce que nous savons de l'atmosphère nosocomiale qu'engendre nécessairement au bout de quelques temps l'accumulation d'un grand nombre de malades, l'imminence des dangers auxquels elle expose ceux qui sont soumis à son inlluence délétère, la comparaison des résultats statistiques des opérations chirurgicales selon l'importance des hôpitaux dans lesquels elles furent pratiquées; d'autre part, l'avantage qu'il y a pour l'élève de limiter

CLINIQUE. loi

momentanémcut le champ de ses études et de s'attacher plus spécialement penàani un temps à une clinique déterniince de manière à observer et à suivre un certain groupe de malades au lieu de disséminer son attention sur un grand nombre sont autant de raisons qui paraissent militer puissamment en faveur de notre opinion.

Ceci posé, décrivons quelle devrait être l'organisation d'une clinique au triple point de vue du personnel médical, du personnel des malades et de l'installation matérielle. En le faisant, nous n'aurons guère à mentionner que ce qui est déjà réalisé en France dans bon nombre d'hôpitaux ; peut-être cependant trouveronsnous à signaler quelques améliorations qu'il serait utile d'introduire.

1" Personnel médical. A la tète de chaque clinique est placé un médecin chef de service; il dirige la clinique et en a la responsabilité : l'administration met à sa disposition tout ce qui est nécessaire pour le bien des malades et l'instruction des élèves. Autour du chef de service se trouve un groupe de jeunes médecins et élèves que nous voudrions voir ainsi constitué : un chef de clinique déjà pourvu du diplôme de docteur, susceptible par ses connaissances médicales et son caractère de suppléer, le cas échéant, le chef de service. Immédiatement sous sa direction sont placés : les internes chargés de recueillir les observations cliniques, de pratiquer les saignées, le cathétérisme, d'appliquer certains appareils, d'examiner les malades au cyrtomètre, au spiromètre, d'administrer les douches dans certains cas spéciaux, etc. Les externes .auxquels incombe le soin de tenir les cahiers journaliers de. visites, de statistiques, de faire les pansements, d'appliquer l'électricité, de prendre les températures, etc.

A chaque clinique devrait être attaché, comme auxiliaire indispensable, un personnel spécial chargé des travaux du laboratoire clinique dans lequel seraient laites sur les produits de l'organisme malade toutes les recherches micrographiques et les analyses chimiques nécessaires pour établir le diagnostic d'une maladie ou élucider un point obscur de physiologie pathologique.

Les élèves qui suivent la clinique seraient divisés en deux catégories : les uns, élèves stagiaires, qui débutent dans les études cliniques s'exerceraient spécialement à la pratique des moyens physiques généraux d'investigation : la palpation, la percussion, l'auscultation, la mensuration, etc. ; celles-ci, avec les manifestations morbides qu'elles font percevoir, leur deviendraient ainsi rapidement familières. Ces exercices pratiques élémentaires seraient dirigés par le chef de clinique et les internes qui rendraient en même temps les élèves attentifs aux symptômes les plus importants : la fièvre, la cyanose, la dyspnée, l'hydropisie, etc., et les exerceraient à l'analyse de 1 habitus extérieur des malades, à leur interrogatoire, à leur examen méthodique. Les autres élèves plus avancés dans leurs études concouiTaient sous le nom d'élèves praticiens et avec les internes, à la rédaction des observations cliniques avec tout ce qui s'y rattache et seraient chargés de certains malades gravement atteints ou particulièrement intéressants dont ils auraient à s'occuper d'une façon plus spéciale. Avec les internes aussi et toujours sous leur direction, ils pratiqueraient les saignées, le cathétérisme, emploieraient les moyens spéciaux d'investigation : spéculum, ophtalmoscope, laryngoscope, etc.

Cette division des élèves en deux catégories nous paraît utile ; le professeur admettant comme acquises par tous ses élèves un certain nombre de notions qui, bien qu'élémentaires sont cependant la base de toute bonne éducation médicale, peut élever le niveau de sou enseignement et se livrer à des considérations diagnostiques et tlii'rîipeutiques qu'il sera sûr de savoir bien comp^'ises. Tous les

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î'icvcs (le leur côté seront mien\ préparés à l'étude de questions cliniques souvent ardues, dont la solution leur serait difficile faute des notions préliminaires qu'ils auront acquises. La totalité des élèves, on vient de le voir, est appelée à jouer dans la clinique un rôle actif; ils ne doivent pas seulement suivre la clinique, mais s'y exercer pratiquement à l'interrogatoire, au maniement, à l'examen des malades; leur aptitude à devenir de bons praticiens eu dépend. Les plus avancés d'entre eux, dans les observations qu'ils rédigent, formulent le diagnostic, posent les indications tliérapeutiques et proposent un traitement.

2. Personnel des malades. Organisation matérielle. Dans chaque spécialité de maladies, un service clinique doit offrir à l'élève l'image de ce qu'il rencontrera plus tard dans la pratique médicale. Il doit être composé de salles d'hommes et de salles de femmes pour lesquelles des conditions hygiéniques parfaites à tous égards sont d'aulant plus indispensables, que chaque jour un grand nombre de personnes sont appelées à y séjourner pendant quelque temps. Sans prétendre indiquer le nombre des lits que chacune d'elles doit contenir, nous inclinons à penser que poiu' le bien des malades comme pour celui de l'enseignement, il y aurait utilité à avoir pour cliaque sexe deux salles: l'une plus petite, ne contenant qu'un nombre de lits relativement restreint serait spécialement affectée aux malades offrant pour l'enseignement clinique un intérêt continu ; l'autre plus grande servirait d'annexé. L'intérêt qu'il présente n'est-il que passager ou minime ou s'agit-il d'une maladie chronique qui parcourra avec lenteur ses phases d'évolution, le malade est évacué au bout de peu temps dans la grande salle annexe, où il pourra être examiné avec fruit par les élèves stagiaires. S'agit-il au contraire d'une maladie aiguë, d'un cas intéressant par sa rareté, par sa gravitéou par les complications qu'il présente, le malade reste dans la salle de clinique principale aussi longtemps que l'intérêt clinique qu'il présente se continue. La convalescence s'est-elle établie, il est évacué et remplacé par un autre malade. Dans le voisinage de ces salles, nous voudrions voir plusieurs cabinets sullisamment spacieux, à un seul lit, dans lesquels trouveraient leurs places les malades graves dont l'état réclame une étude ou des soins spéciaux, le repos et la tranquillité, ou encore dont les cris et l'agitation pourraient troubler les autres malades. Mentionnons la nécessité d'une chambre de bains avec appareil à douches, étuve à air sec, etc., etc., et nous aurons esquissé à grands traits l'organisation d'un service clinique. Celle qui vient d'être indiquée nous paraît tout au moins présenter comme avantages celui d'isoler les malades graves, de les éloigner des convalescents et de les mettre ainsi dans des conditions de tranquillité parfaite, de facihter les soins qu'ils exigent , enfin de permettre aux divers groupes d'élèves, aux uns de se familiariser avec les éléments de l'instruction clinique, aux autres de concentrer leur attention sur un nombi^e plus restreint de cas cliniques dont les plus frappants resteront gravés dans leur souvenir comme autant de types morbides. ' L. Hecht.

CLilVOcnLORE. Minéral ayant la composition de la chlorite, mais en de différant par la forme cristalline (système trimélrique).

Silicate hydraté d'alumine de sesquioxydc de fer, de sesquioxyde de chrome, magiiésie.

Couleur vert-colline, transparent en lames minces, structure micacée.

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