‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.18Chapitre 28 sur 63 · DICT. EXC. XVIII · texte numérisé non relu

DICT. EXC. XVIII

258 COITËJTnrï ^ T u B K A !■ li u 1 1 y u K j .

effet soporifique qui lui paraît une des propriétés les moins contestable de la codéine? Cet observateur avait du reste reconnu que le sommeil codéique n'était ni celui de l'opium, ni celui de la morpbine. M. Cl. Bernard a trouvé également à ce sommeil artificiel des caractères particuliers ; il n'est pas aussi profond que celui de l'opium et de la morpbine, et les animaux endormis par la codéine répondent plus aisément aux stimulations extérieures; ils retirent la patte quand on les pince, perçoivent les bruits, etc. Barbier a fait remarquer que ce sommeil par la codéine n'était accompagné ni de pesanteur de tête, ni d'engourdissement, ni d'hébétude, ni de gonflement des yeux et que les personnes qui en sortaient « avaient l'air gai, animé, dispos. » Il a attribué de plus à la codéine une action céplialique et exhilarante qui rapprocherait celte substance des agents dont l'action, à. petites doses, est de modifier, dans le sens de l'épanouissement, la vie cérébrale, tels le café, la mélisse, les alcooliques, le gaz hilarant, l'acide carbonique. Il sera intéressant de recheixher à nouveau ce fait; si on en constate la réalité sur soi-même (et l'on ne saurait, en cette matière, invoquer l'expérimentation sur autrui) il sera permis de se demander si ce n'est pas à la codéine que l'opium doit ces propriétés exhilarantes qui sont pour les opiophages l'attrait principal de cette substance vireuse.

La codéine parait agir sur la sensibilité beaucoup moins que la morphine. « Elle ne rend pas, dit M. Cl. Bernard, les nerfs paresseux comme le fait la morphine. » M. Rabuteau prétend n'avoir rien obtenu des injections hypodermiques de codéine dans les cas de névralgies. Barbier d'Amiens avait, du reste, fait la même remarque, et en dehors des douleurs du foyer épigastrique sur lesquelles il croyait que la codéine avait une électivité spéciale, il constatait, dans son hôpital, que les névi'algies du torse, de la tête et des membres persistaient imperturbablement chez les malades soumis à l'action de la codéine. Ce point de l'histoire de cette substance paraît doue définitivement acquis. Les démangeaisons sous l'influence des doses élevées de codéine ont été signalées par tous les auteurs qui se sont occupés de ce médicament ; c'est un point de commun avec la morphine et qui laisse supposer que la peau est, pour les deux substances, xine voie favorite d'élimination. Il serait curieux de voir si la codéine inoculée sous l'épiderme produit, comme la morphine, une papule prurigineuse.

La moelle et les nerfs qui en partent ne sont pas influencés par la codéine comme par la morphine. M. Cl. Bernard n'a pas remarqué chez les chiens codéinisés cette demi-paralysie du train de derrière qui leur donne la démarche de la hyène et que l'on constate chez les mêmes animaux quand ils sont morphinisés.

Quelle est l'action de la codéine sur la pupille ? Il paraît bien démontré qu'elle agit comme l'opium, dans le sens d'une contraction pupillaire. M. Laborde a fait l'cmarquer que quand la mydriase succède à cet effet primitif, elle est le signal du développement des effets toxiques de cet alcaloïde.

Quant à la chaleur organique, elle est abaissée par la codéine, et quand elle s'élève, il faut, je l'ai dit, l'attribuer aux convulsions.

Une faible diminution de l'appétit, l'absence d'amertume de la bouche et de constipation sont les effets que la codéine exerce sur l'appareil digestif. M. Rabuteau « ayant mis 5 grammes de sulfate de soude pour 15 grammes d'eau dans une anse intestinale de 0'",25 de longueur chez un chien qui avait reçu sous la peau 08^05 à Os^Oe de codéine, et ayant constaté que cette anse contenait, au bout de trois heures et demie, 70 centimètres cubes de liquide »en conclut que la codéine n'est pas anexosmotiqiie, qu'elle ne convient pas contre la diarrhée, et

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il se sert de ce fait comme d'un argument pour conclure à l'insignifiance médicale de la codéine. Je le demande, en toute bonne foi, que peut signifier un fait pareil ?

Les sécrétions ne paraissent pas modifiées par la codéine : il n'y a pas de sueurs, les urines ne sont pas accrues.

En somme, voilà un alcaloïde de l'opium qui semble avoir sa personnalité et qui est bien lui-même. Y i-enoncerons-nous parce qu'il peut développer des effets toxiques? A ce compte, nous jetterions à l'eau nos meilleurs médicaments. Ce qui nuit doit servir : Quodnocet prodesse débet; voilà ce qui ne peut pas tromper. Il y a lieu certainement d'aller plus loin dans cette étude.

Mais dans l'état actuel de nos connaissances relativement à la codéine, on peut déjà indiquer quelques-unes de ses applications. A voir le sans-façon avec lequel on la traite, il semblerait que nous sommes bien ricbes en hypnotiques directs, €t que l'insomnie soit rare. Rien n'est individuel comme le système nerveux et rien n'est variable comme son impressionnabilité. Gardons la codéine comme somnifère, ce sera une ressource, et quel praticien n'est pas obligé, pour le même cas d'insomnie, de remonter et de redescendre dix fois la gamme des somnifères! J'ai, du reste, développé cette idéeà l'article Morphine {voy. ce mot). Voilà donc une application de la codéine : celle de grossir utilement le nombre des hypnotiques directs. En a-t-elle d'autres?

Barbier (d'Amiens) l'a beaucoup vantée dans l'épigastralgie quelle que soit la nature de celle-ci, qu'elle dépende d'une hyperesthésie purement nerveuse de l'estomac, de douleurs se rattachant à une lésion de cet organe et dépendant peut-être d'une névralgie du plexus solaire et ayant, sous cette deKiièrc forme, des irradiations éloignées. Il serait bon de vérifier cliniquement cette sorte d'électivité de la codéine pour les douleurs ayant ce siège.

Un médecin allemand, le professeur Mauthner, a vanté dans le cas de blépharospasnie non inflammatoire chez les enfants (lisez dans la pholophohie scrofuleiise) l'emploi sur les paupières d'un liniment préparé avec 50 centigrammes de codéine pour 4 grammes d'huile d'amandes douces. « Au bout de huit ou quinze jours de ce traitement « le blepharospasme disparaît. C'est un résultat qui n'a rien de merveilleux ni de bien tentant. Le sulfate de quinine, recommandé par Mackensie, Deval et par nous-même dans la photophobie qui complique les ophthalmies scrofuleuses, est d'une efficacité bien autrement sûre et bien autrement rapide [Voy. Fonssagrives, Du caractère névralgique de la photophobie qui complique certaines ophthalmies scrofuleuses , notamment Cophthalmie phyctémdaire, et de son traitement par le sulfate de quinine. Bull, de thérap t. XLVIll, p. 69).

Voilà tout ce que l'on sait de l'emploi de la codéine ; ce cadre d'applications s'élargira sans doute quand ce médicament aura été examiné de plus près.

Les doses de la codéine sont comprises entre 5 et 10 centigr. pour l'adulte. Des pilules contenant 25 milligr. de cette substance et données jusqu'à production d'effets suffisants constituent un mode commode d'emploi. La codéine étant soluble dans l'eau froide (80 parties d'eau dissolvent 1 gramme de codéine), on peut l'employer aux doses précitées dans une potion. 11 vaut mieux administrer la codéine que son chlorhydrate qui n'est pas toujours exempt de morphine. Le sirop de codéine du Codex doit être seul employé ; il contient, par chaque cuillerée à bouche, ou 208'',04 de codéine et 1 centigramme par cuillerée à café ou 4 grammes.

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11 importe pour l'expérimentation, comme pour l'emploi de la codéine, de songer aux nombreuses sophistications dont cette substance, qui est d'un prix assez élevé, est l'objet. L'une des plus usuelles et des plus radicales consiste dans la substitution du chlorhydrate de morphine à la codéine. La fraude peut venir des fabricants, cl tout pharmacien consciencieux doit essayer sa codéine par l'acide nitrique et les persels de fer ; si elle bleuit ou si elle rougit sous l'influence de ces réactifs, elle contient de la morphine. M. Mialhc a signalé, en 1842, à la Société de pharmacie l'existence dans le commerce d'une fausse codéine qui n'est que de l'arséniate de potasse (!). 11 faut donc y regarder de près (Fo/y. Morphjke, NAP.coTiiyt;, Opium). Fonssagrives,

§ m. Toxicologie. Voy. OpiuM.

CODEX MEDICAMEIWTi&RIlIS. On appelle ainsi (du mot latin Codex, qui signifie tablettes, livre, recueil) un recueil de formules rédigé par des professeurs des Écoles de médecine et de pharmacie (art. 38 de la loi de germinal an XI), et qui doit servir de règle aux pharmaciens pour les préparations des remèdes. La première édition du Codex a été publiée en 1816, par les soins du ministre de l'intérieur; la seconde, en 1857; ces deux éditions étaient en latin. Une troisième édition a été publiée en français, toutefois avec le nom latin des substances ou des préparations, en 1866, par les soins d'une commission, dont tous les membres n'appartenaient pas aux Ecoles de médecine ou de pharmacie. Ce recueil a le caractère légal et tout remède qui n'y est pas inscrit est réputé remède secret, à moins que, conformément aux dispositions du décret du 50 mai 1850, ce remède n'ait été reconnu utile par l'Académie de médecine et inscrit dans son Bulletin (wo?/. Pharmacie, Pharmacopée et Remède secret). D.

CODIA. Nom grec des têtes de Pavot; d'où le nom de Diacodium donné au sirop qu'on en prépare (Mér. et Del., Dict. viat. méd., II, 544).

CODROXCni (Baptista). Ce médecin dont la vie nous est à peine connue, était né à Imola vers le milieu du seizième siècle. 11 se fit dans sa patrie une réputation d'écrivain laborieux et instruit, mais on peut lui reprocher une crédulité et une superstition vraiment peu excusables, même pour le temps où il vivait. C'est avec la plus aveugle confiance qu'il admet des histoires de diables, de sorciers, de maléfices. Cependant il se montre observateur exact et de bon sens dans la description qu'il donne de la déviation en dedans de l'appendice xyphoïde ; il fait voir les inconvénients qui en résultent pour l'estomac, douleurs vives quand il est rempli d'aliments, troubles de la digestion, vomissements même. 11 a observé cette déviation plus souvent chez les femmes que chez les hommes. Si les douleurs sont très-vives, il faut commencer par des applications émoUientes des ventouses ; puis pour opérer le redressement, on comprimera les fausses côtes de droite et de gauche ; il conseille aussi au malade d'élever et de maintenir des poids au-dessus de la tète. 11 a laissé les ouvrages suivants :

I. De chrlstlana ac tuta medendi ratione. L. II. Ferrarœ, 1591, in-4° ; Bononiœ, 1629, in-4''.— K. De vwrbis veneficis ac vencficiis. L. IV, in quibus, etc. Veneliis, ISfls! in-S"; Mediol., 1618, in-8°. — III. De vitiis vocis, [,. II, in quibus non soliun vocis definitio tradilur et explicalur, sed, etc. Francolorti, 1795, iii-8°. —IV. De morbis qui motœ et alibi conimunilcr hoc aniio 1G02 vagati sunt commeniariolum, in quopotissimwn de lumbricis trac-

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iatur et du morho novo, prolapsu scilicet miicronatœ cartilaginis Libellus. Bononiœ, ICOô,

in -4». V. De rabie, liydiopltohia communiler tlicla. L. II ; De sale absi/?ithu libellus, etc.

Francol'urli, 1010, in-8°. — VI. De amiis cliinactericis, nec non de ralione vitandi eorum pericula, itemque, etc. Bononiœ, lO'iO, in-8°; Coloniœ, 1625, in-S". E. Bgd.

CODUGAPALE. Yoy. Wrigtia.

COELIAQIJE (Plexus). Voxj. Sympathique (Grand).

CŒLIAQUE (TiioNc). Destiné à l'estomac, au foie, à la rate, au fluodéiium et au pancréas, le tronc cœliaque {■/.oûPx, intestin) se détache de la face antérieure de l'aorte abdominale, immédiatement au-dessous des artères diaphragmatiques inférieures. Sou calibre est supérieur à celui de toutes les autres branches viscérales de l'aorte ; sa direction, perpendiculaire à celle du tronc aortiqne, est horizontale d'arrière en avant. 11 est en rapport : en avant, avec la petite courbure de l'estomac et l'épiploon gastro-hépatique; en bas, avec le bord supérieur du pancréas ; en haut et à droite, avec le lobube de Spigcl ; à gauche, avec le cardia. Sa situation derrière l'estomac lui a valu le nom de tronc opisthogastrique sous lequel il est quelquefois désigné. Après un trajet qui n'excède généralement pas un centimètre, on le voit se diviser en trois branches d'inégal volume, disposition qui l'a fl\it comparer, par llaller, à un trépied, d'où les noms de trépied cœliaque ou trépied de H aller. Ses trois branches sont : la coronaire stomachique, l'hépatique el la. splénique.

1» L'artère coronaire stomachique est la plus petite des trois branches que fournit le tronc cœliaque. Elle se porte en haut, à gauche et un peu en avant, pour gagner le côté droit du cardia; là, elle se recourbe en bas et suit la petite courbiu'e de l'estomac jusqu'aux environs du pylore où elle se termine en s'anastomosant avec l'artère pylorique, branche de l'hépatique. Il est à remarquer que cette artère, comprise entre les deux feuillets de l'épiploon gastro-hépatique, n'est pas immédiatement accolée à la paroi stomacale, mais qu'elle en reste toujours distante de quelques millimètres.

Si l'on excepte quelques ramuscules destinés à l'épiploon gastro-hépatique, tous les rameaux de la coronaire stomachique naissent sur la convexité de l'arc décrit par cette artère. Ces rameaux sont : i" des rameaux œsophagiens ou ascendants qui traversent, de bas en haut, l'orifice œsophagien du diaphragme, remontent sur l'œsophage et s'y distribuent à la manière des œsophagiennes aortiques avec lesquelles ils s'anastomosent ; 2° des rameaux cardiaques ou transversaux qui se dirigent de droite à gauche, en avant et en arrière du cardia, de façon à embrasser l'extrémité inférieure de l'œsophage ; ils se prolongent jusque sur la grosse tubérosité de l'estomac où ils s'anastomosent avec les vaisseaux courts venus de l'artère splénique ; 5° des rameaux gastriques ou descendants. Ceux-ci sont les plus volumineux et les plus nombreux ; ils descendent, les uns sur la face antérieure, les autres sur la face postérieure de l'estomac, où ils forment, par leurs anastomoses transversales, un lacis vasculaire fort remarquable, et s'unissent aux rameaux ascendants des deux artères gastroépiploïques.

La coronaire stomachique fournit assez souvent la diaphragmatique inférieure gauche. Elle donne quelquefois une branche qui se rend au lobe gauche du foie, ce qui lui a fait donner, par quelques auteurs, le nom d'artère ^as^ro hépatique; son calibre est alors beaucoup plus considérable qu'à l'ordinaire.

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2" L'artère hépatique est intermédiaire, pour le volume, entre l'artère coronaire stomachique et l'artère splénique. Elle se porte de gauche à droite, en décrivant une légère courbe à concavité supérieure qui se moule sur la convexité du lobe de "^pigel ; puis, au niveau du pylore, elle se dirige obliquement de bas en haut et de gauche à droite, pour gagner le sillon transverse du foie dans lequel elle se divise en deuxbranches, une pour chaque lobe. Dans cette dernière parlie de son trajet, elle occupe le bord droit de l'épiploon gastro-hépatique et limite en avant l'hiatus de Winslovv, avec la veine porte et le canal biliaire, derrière lesquels elle est située.

Ses branches collatérales sont au nombre de trois : la pyloriqiie, la gaslroépijtldique droite et la cystiqiie.

L'artèie pyloriqiie est une branche de faible calibre qui se détache au niveau du pylore ; elle est d'abord verticale et descendante, puis se recourbe pour se porter transversalement de droite à gauche et gagner la petite courbure de l'estomac où elle s'anastomose ordinairement avec la coronaire stomachique ; dans certains cas, cette anastomose n'a pas lieu. De sa convexité naissent des rameaux descendants dont quelques-uns se prolongent sur la première portion du duodénum et dont la plupart se répandent sur les deux faces de l'estomac, à la manière des rameaux fouj-nis par la coronaire stomachique.

L'artère gnstro-épiploïqiie droite est beaucoup plus volumineuse que la pylol'iquc, elle est même siipéi'ieure en calibre à la coronaire stomachique. Née de l'hépatique en dehors de la pylorique, elle descend verticalement derrière la première portion un duodénum qu'elle croise à angle droit et gagne ainsi la face inférieure de l'extrémité pylorique de l'estomac. Là, elle change de direction, suit, de droite à gauche, la grande courbure de ce viscère et se fusionne avec la gasti'o-épiploïque gauche, brandie de la splénique.

Dans sa portion pylorique, elle donne quelques petits rameaux au pylore et une artère plus remarquable, nommée pancrcatico-duodénale, en raison de sa distribution au duodénum et à la tète dti pancréas. Celle-ci s'anastomose (oujoursavec un rameau pancréatico-duodénal de la raésentérique supérieure ; sur quelques sujets même elle devient très-volumineuse et représente alors le tronc de l'hépatique qui provient, dans ces cas, de la mésentérique supérieure.

Le long de la grande courbure de l'estomac, la gastro-épiploïque droite fournit, par sa concavité, des rameaux ascendants ou gastriques antérieurs et postérieurs qui vont, sur les deux faces de l'estomac, s'anastomoser avec les rameaux descendants de la coronaire stomachique. De sa convexité partent des rameaux épiploïques très-longs et très-grèles, qui descendent entre les deux feuillets antérieurs du grand épiploon, se réiléchissent au niveau de son bord libre, et remontent ensuite entre ses deux feuillets postérieurs jusqu'au côlon transverse où ils ' se terminent.

L'artère cystique n'est pas plus volumineuse que la pylorique. Elle provient très-souvent de la branche droite de l'artère hépatique, atteint le col de la vésicule biliaire et se divise en deux rameaux, un supérieur et un inférieur. Le premier se place entre la vésicule et le foie, l'autre marche sous le péiitoine et s'épuise sur la portion libre du réservoir de la bile.

Les deux branches terminales de l'artère hépatique pénètrent chacune dans un des lobes du foie ; la droite, à l'extrémité droite du sillon transverse ; la gauche, à l'extrémité gauche de ce même sillon, lilles s'accolent aux ramifications de la veine porte, des canaux biliaires, des vaisseaux lymphatiques et des nerfs, et se

CŒLOGNANTE. 263

subdivisent, comme celles-ci, dans rintéricur des lobes et des lobules. Tous ces diffcrcuts organes sont logés dans une sorte d'étui fibreux, à dicbotomisations muUiples, que leur forme la capsule de Glisson.

5" L'artère splénique est, à elle seule, au moins aussi volumineuse que la coronaire stomacbique et l'iiépatique réunies. Dès son origine, elle se porte de droite à gauclie, en suivant une gouttière que lui présente la face supérieure du pancréas dans toute sa longueur, mais en décrivant des flexuosités très-prononcées. Dans ce trajet, elle est située derrière la face postérieure de l'estomac. Arrivée à l'extrémité du pancréas, elle se loge entre les deux feuillets de l'épiploon gastrosplénique et gagne la scissure de la rate où elle se divise en plusieurs brandies qui pénètrent isolément dans cet organe, suivant la ligne verticale qui en constitue là bile. Elle donne, cliemin faisant, plusieurs brandies collatérales qui sont :

\° Des rameaux pancréatiques très-nombreux et très-volumineux, eu égard aux dimensions de la glande à laquelle ils sont destinés ;

2° La gastro-épiploïqne gauche qui nait derrière la grosse tubérosité de l'estomac et gagne la grande courbure qu'elle suit, de gaucbe à droite, pour aller s'anastomoser avec la gastro-épiploique droite. Sa distribution est identique à celle de cette dernière, c'est-à-dire qu'elle fournit des rameaux épiploïques ou descendants et des rameaux gastriques ou ascendants, antérieurs et postérieurs;

0" Les vaisseaux courts, au nombre de quatre ou cinq, qui se détachent ordinairement des brandies terminales de l'artère splénique an moment où elles pénètrent dans la rate. Ces rameaux, assez grêles, se dirigent de gauche à droite, c'est-à-dire en sens inverse du trajet de la splénique, et se répandent sur la grosse tubérosité de l'estomac où ils s'anastomosent avec les rameaux cardiaques de Tarière coronaire stomachique.

En résumé, le tronc cœliaque fournit au foie, à la rate, au pancréas et à l'estoluac. Dans les trois premiers de ces organes, la distribution des branches artérielles ne présente aucune particularité notable. A l'estomac, au contraire, la circulation est beaucoup plus compliquée, l'apport du sang se faisant à la fois dans plusieurs directions et par des artères multiples. Deux arcs artériels concentriques s'étendent le long des deux courbures de l'estomac ; l'un, constitué par la coronaire stomachique et la pylorique, suit la courbure concave; l'autre, formé par les deux gastro-épiploiques, suit la courbure convexe. Eu aucun point, ces vaisseaux ne sont directement en rapport avec les parois stomacales, au moins pendant l'état de vacuité de l'organe ; ils sont compris dans l'épaisseur de l'épiploon gastro-hépatique et ne se rattachent à l'estomac que par leurs branches elférentes ; mais lorsque celui-ci est distendu par les aliments, il écarte les deux feuillets de l'épiploon et se rapproche plus ou moins des deux arcs artériels, suivant son état de distension. Ces deux arcs sont reliés entre eux par des rameaux antérieurs et postérieurs dont l'ensemble représente une série d'ellipses, parallèles aux fibres circulaires de l'organe et régnant depuis le cardia jusqu'au pylore. Enfin, de ces rameaux partent des ramuscules qui forment par leur réunion un lacis à mailles serrées dont les dernières ramifications perforent les différentes tuniques de la paroi pour s'épuiser, en définitive, dans la muqueuse.

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