‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.18Chapitre 49 sur 63 · COHÉSION · texte numérisé non relu

COHÉSION

quait la face inférieure de la lame sur un liquide cap;ible de la mouiller. Il ajoutait graduellement des poids jusque ce que la lame, entraînant avec elle une milice couche de liquide, se séparât du liquide en expérience. Les poids ajoutés mesuraient l'effort nécessaire pour déterminer l'arrachement; mais, en raison de la manière dont s'opère la séparation, ces poids ne donnent pas la véritable mesure delà cohésion du liquide. En effet, en se soulevant, le disque de verre entrahie une masse d'eau qui ne conserve pas la forme cylindrique ; à la périphérie, le liquide s'arrondit en ménisque concave comme dans un tube capillaire, et la section horizontale de la masse liquide soulevée diminue graduellement de diamètre jusqu'à la séparation complète.

A la demande de Laplace (Œuvres de Laplace, tom. IV, page 524), Gay-Lussac répéta des expériences de même nature. — Il résulte de ses recherches que le poids nécessaire pour produire l'arrachement varie avec la nature du liquide ; un disque de verre de 118°"°, 566 de diamètre exigeait 593%40 pour être séparé de l'eau; ol^^OS pour être séparé de l'alcool; 34e'',10 pour être séparé de l'essence de térébenthine. Le poids nécessaire pour opérer l'arrachement augmente donc avec la densité du liquide.

Gay-Lussac opéra en outre avec des disques de même diamètre et de nature différente, mais tous susceptibles d'être mouillés par les liquides. Il résulte de ses expériences que la charge correspondante à l'arrachement est indépendante de la nature du disque. — La force à vaincre pour opérer la séparation est donc réellement la cohésion du liquide pour lui-même.

Nous avons exposé (article chaleur, paragraphe ébidlition) les expériences très-curieuses de MM. Donny et Dufour sur le retard que l'on peut faire éprouver à l'ébullition des liquides. — Dans un tube de verre soigneusement lavé avec de l'alcool, de l'éther et de l'acide sulfurique, de l'eau, complètement purgée d'air et soumise à une très faible pression, peut être portée à une température de 130" sans qu'il y ait ébuUition, sans qu'il se produise dans le sein du liquide aucune trace de bulles de vapeur. Puis, tout à coup, vers 1 38", il se produit une grosse bulle de vapeur qui projette la masse avec assez de violence pour briser le verre. — De son côté, M. Galy Cazalot pitr^ea d'air, par l'ébullition, de l'eau renfermée dans un ballon de verre ; il la recouvrit d'une couclie d'huile et la laissa refroidir. L'ayant ensuite échauffée graduellement, il put la porter à 123" sans déterminer l'ébullition ; quelques instants après, il se fit une explosion de vapeur qui lança une grande partie de l'eau hors du ballon avec une violence suffisante pour déterminer, dans certains cas, la rupture du vase.

Ces faits, primitivement observés par Deluc, montrent que, pour se réunir en bulle dans l'intérieur d'une masse d'eau purgée d'air, la vapeur doit avoir une tension suffisante pour écarter les molécules du liquide, pour surmonter leur cohésion; dans l'eau, la force de cohésion serait donc équivalente à une pression d'environ trois atmosphères, à la tension de la vapeur d'eau à la températuie de 138". — La légitimité de cette interprétation des phénomènes précédents est confirmée par ce fait que, si l'eau est aérée, l'ébullition s'établit normalement et sans soubresauts à la température pour laquelle la tension de la vapeur est égale à la pression extérieure. Dans ce dernier cas, le gaz se réunit dans le liquide échauffé, en petites bulles qui produisent autant de solutions de cnnlinuilé sur les parois desquelles la vapeur prend librement naissance, et l'ébuintion s'établit paisible et régulière. — Ajoutons qu'à mesure que la quantité d air dissous s'épuise, l'ébullition devient plus difficile et tend à devenir tumultueuse

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Le marteau d'eau nioutie que, dans une masse d'eau complètement purgée d'air, les effets de la cohésion sont beaucoup plus considérables que dans l'eau ordinaire. En effet, les molécules du liquide sont si intimement unies que, quand on retourne l'appareil, la colonne d'eau tombe tout d'une pièce, sans se diviser, et rend, en choquant l'extrémité du tube, le son d'un corps solide. — L'expérience suivante montre encore mieux combien l'ébullition, assez prolongée pour expulser tous les gaz dissous dans l'eau, augmente la cohésion du liquide pour lui-même et pour le verre. On prend un marteau d'eau courbé en V; en inclinant le tube, l'eau coule librement, remplit complètement une des deux branches et laisse vide la majeure partie de l'autre branche. Avec l'extrémilé de la branche pleine, on frappe légèrement contre une table. Le son est d'abord discontinu ; cette espèce de tintement indique que l'eau n'est pas réellement en contact avec la surface interne du tube de verre. Le contact est établi lorsque le tintement est remplacé par le son sec d'un solide frappant un solide. La cohésion de l'eau pour elle-même et pour le verre est telle que le liquide reste suspendu comme un solide dans la branche pleine rendue verticale, et résiste à l'action de la pesanteur qui tend à le faire couler dans la branche vide.

Les expériences de Taylor et de Gay-Lussac montrent que la cohésion d'un liquide pour un solide quil mouille est supérieure à la cohésion de ce liquide pour lui-même. Ce fait est attesté par des phénomènes d'une observation journalière. — Lorsque d'un jet d'eau, animé d'une vitesse modérée, on approche une baguette de verre, le jet est dévié de sa direction, après avoir rampé dans une étendue plus ou moins grande à la surface de la baguette. — Si le jet tombe normalement et verticalement sur une sphère, le liquide s'étend uniformément sur s."» surface, se réunit au point opposé et forme un nouveau jet qui se sépare de la splière suivant la verticale.

Dans le travail déjà cité, Gay-Lussac a constaté qu'il y a aussi cohésion entre un liquide et un soUde qu'il ne mouille pas. Un disque de verre, suspendu au plateau d'une balance et équilibré, adhère forlement à la surlacc du mercure ; un poids considérable est nécessaire pour rompre l'adhérence, seulement le poids nécessaire pour produire le soulèvement du disque éprouve des variations dont les causes ne sont pas bien connues. — Avec un disque de 118 millimètres de diamètre, Cay-Lussac a constaté que, dans certains cas, il fallait employer un poids de 269 grammes et que, dans d'autres cas, il suffisait de 158 grammes pour délacher le verre de la surface du mercure.

Une goultelcttc de mercure roule sur du papier, mais elle adhère à la surface polie du verre de manière, à conserver sa position, dans quelque sens qu'on incline le support. — Jurin a étudié les moyens de déplacer et même d'enlever, avec une pointe de verre, une petile goutte de mercure déposée sur du papier. Si l'on approche deux pointes semblables de chaque côté de la goutte, le mercure reste suspendu entre elles ; il perd même sa forme sphérique et s'allonge entre les deux pointes que l'on écarte graduellement, parce que la cohésion du mercure pour le verre l'emporle sur la cohésion du liquide pour lui-même.

Corps GAZEUX. Drms les gaz dits /)a>"/(«<s , les molécules sont séparées pav des distances telles que toute trace de leurs actions mutuelles a disparu. Ces gaz jouissent de propriétés spéciales : ils obéissent tous rigoureusement à la loi de iMariotie; ils ont tous le même coefficient de dilatation, à toute température et à toute pression ; à volume égal, ils ont tous une même chaleur spécifique indé-

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