‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.18Chapitre 50 sur 63 · COHÉSION · texte numérisé non relu

COHÉSION

pendante de la température et de la pression. Tels que nous les connalssonSj ks gaz sont loin de satisfaire à toutes ces conditions. — Dans des recherches trèsdélicates et d'une très-haute imporlauce, MM. Joule et W. Thompson ont démontré que, si le travail des forces moléculaires pendant la condensation et lu dilatation est msewsiWe pour l'hydrogène, il n'est réellenientnî//pour aucun des gaz connus.

Les belles recherches de M. Y. Regnault ont démontré qu'aucun gaz n'obéit rigouseuscment à la loi de Mariode (article chaleuu, paragraphe dilatation des (jaz). — A l'exception de l'hydrogène, tous les gaz connus se compriment sui- . vant une loi plus rapide que la loi de Mariottc ; toutes choses égales d'ailleurs, l'écart est d'autant plus gi^and que le gaz est plus facilement liquéfiable. Cette augmentation de la compressibilité des gaz à mesure qu'ils se rapprochent de l'état où ils se présenteraient sous la forme liquide, montre que la force de cohésion se fait sentir entre leurs molécules, et que l'action de cette force devient de plus en plus seusible à mesure que leurs molécules se rapprochent. — L'hydrogène seul peut être assimilé à un gaz parfait ; il présente même cette particularité qu'il se comprime suivant une loi moins rapide que la loi de Mariottc.

Dans ses belles recherches sur la vitesse de propagation des sons (Mémoires de l'académie des sciences, 1868, t. XXXYH),M. V. Regnault a constaté le fait suivant; à l'origine, l'ébranlement produit par la détonation d'une bouche à feu est constitué par une série d'ondes alternativement condensantes et dilatantes, qui se succèdent avec une très-grande rapidité et ne tardent pas à se fusionner en une onde unique se propageant dans l'espace. Ces phénomèues indiquent nettement que les molécules de l'air ne jouissent pas d'une mobilité complète. L'aii' a naturellement une espèce de viscosité résultant de la cohésion de ses molécules les unes pour les autres.

Les gaz ont de la cohésion pour les corps solides. On voit les bulles gazeuses qui s'échappent de l'eau de Sellz rester accolées aux parois des vases tant qu'elles sont assez petites. — Un grain de raisin sec, jeté dans un verre de vin de Champagne, tombe rapidement au fond et bientôt est ramené à la surface par des bulles de gaz adhérentes qui le soulèvent. — Dans l'électrolyse de l'eau, des minces couches d'hydrogène et d'oxygèuQ adhèrent aux électi'odes de platine ; Ja présence de ces couches gazeuses, est accusée par la polarisation des électro- ■des. — Normalement les surfaces des corps polis sont recouvertes d'une mince couche d'air adhérente ; on peut s'en assurei" en enfonçant dans l'eau des feuilles minces d'or battu qui remontent à sa sui'face, entraînées par l'air dont elles sont tapissées et qui apparaît alors sous la forme d'un enduit brillant.

Les corps solides dont la surface est très-considérable par rapport à leur volume peuvent condenser des quautités très-considérables de gaz. On obtient des phéuoniônes de ce genre très-prononcés avec les corps poreux tels que le charbon ■de bois, l'éponge de platine, les poudres très-tînes. — On éteint un charbon de bois ardent en le plongeaut dans la cuve à mercure, puis on l'iutroduit dans une cloche remplie de gaz renversée sur le mercure; le charbon flolle dans l'intérieur, et le niveau du liquide s'élève daus la clociie, à mesure que le gaz est condensé par le charbon. Tous les gaz ne sont pas absorbés avec la môme énergie; Je charbon condense vingt fois sou volume de gaz ammoniac ou de gaz acide carbonique, et seulement quatre à cinq lois son volume d'air. — D'ailleurs plus les lacunes du corps poreux sont fines, serrées et nombreuses, plus, toutes choses égales d'ailleurs, la quantité de gaz condensée est considérable.

Page 1