COIFFURE
épaules sans le détacher. Ils avaient aussi le pileus (7ri),oç), bonnet de laine foulée ou de feutre sans bords (ttJIoj, fouler de la laine, feutrer). Quant aux Lacédémoniens, pour se distinguer des Ilotes, ils portaient le pileus. Les anciens Athéniens se servaient aussi, dit-on, des chapeaux ou bonnets attachés sous le menton. Enfin, ils se couvraient encore dans les spectacles.
Les Romains, à l'exemple des Grecs, ne portaient guère de coiffure dans la vie privée; ils se contentaient, quand le soleil les incommodait, de se couvrir la tête avec un pan de leur toge. Cependant aux champs, en voyage, ils portaient des chapeaux, le pétase, comme celui des Grecs, et le pileus; les malades, les vieillards, portaient aussi le pileus. Ce n'est guère que sous les empereurs que l'usage s'en généralisa. C'était le signe de l'affranchissement des esclaves; les soldats s'en servaient en campagne pour se préparer à l'usage du casque. Quant aux femmes, elles allaient habituellement la tête nue; seulement en voyao-e elles portaient un chapeau en paille.
Les Gaulois, nos ancêtres, se faisaient glaire de leur longue et épaisse chevelure, qu'ils relevaient du front vers la nuque, et qu'ils teignaient quelquefois en rouge à l'aide d'une sorte de savon (ceiulre de hêtre, graisse de chèvre); ils la maintenaient en place au moyen d'un épais ruban d'étoffe ou d'un cercle de bronze. Les chefs portaient des casques. Quant aux femmes, les monuments font défaut pour que l'on puisse se faire une idée exacte de leur coiffure. On voit seulement qu'après la conquête romaine, elles avaient adopté à peu près la mode romaine; seulement leur coiffure était, en général, basse et plate.
II. Moyen âge. L'invasion germaine molifia le costume, mais dans une certaine mesure. Il serait fort difficile de dire quelle était la coiffure en usa^e sous les Mérovingiens et même sous les Carolingiens ; tout ce que l'on peut inférer de quelques figurines en mosaïque, c'est qu'ils portaient des sortes de béret, assez analogues aux chapeaux des Romains du Bas-Empire ; beaucoup portaient seulement leurs cheveux assujettis avec un ruban. Sans entrer dans des détails aussi minutieux qu'inutiles, nous dirons que, dans le moyen âge, les coiffures les plus usitées étaient le chaperon, le capuce, le chapeau, le bonnet.
Le chaperon, dont la forme a varié à différentes époques, a été surtout de mode au quatorzième et au quinzième siècle ; d abord très-simple, et en forme de capuchon, il était devenu plus compliqué, plus élégant, et se portait d'une foule de manières différentes; il prit un moment la forme d'une sorte de turban ou de bourrelet.
Le capuchon, qui était connu dans l'antiquité et surtout de mise dans les campagnes, était très-usité, surtout par le mauvais temps; il consistait en un capuchon adapté à un grand collet qui couvrait les épaules.
Le bonnet, de feutre ou de laine foulée, était anciennement très en usage, surtout pendant l'hiver; il était généralement assez haut de forme, et la partie supérieure en était recourbée en avant, comme un bonnet phrygien : on peut ranger parmi les bonnets, les mortiers, qui longtemps furent de mode, surtout parmi les chevaliers.
Enfin, comme nous l'avons vu, le chapeau de feutre était connu de toute antiquité (pileus); et il fut en usage, quoi qu'on en ait dit, pendant le moyen âge, bien avant Charles VII. Gomme on doit le comprendre, la forme varia à l'infini.
Les femmes ont longtemps porté des coiflures plates; c'était le pallium placé sur la tète en forme de voile, et retombant par derrière, une espèce de toquet,