COMBUSTIBLES
des Tommasini, etc., qu'il a soin de comparer avec une remarquable sagacité aux idées de Broussais (Documents fournis par le docteur Paillé de Castres). On a de lui :
I. Essai sur les vivisections. Th. de Montp , 1832, n° -4(5. — II. Quelle est la meilleure base d'une classification des maladies? Th. de conc. (afïrég. méd.) Montp., 1859. — 111. ])es affecUuns typhoïdes. Piiris, 1840, m-8°. — IV. De l'importance de la médecine légale. Toulouse, 1841, iii-8°. — V. De la médecine politique. Ibid., 1842, m-8°. — VI. De la médecine en France et en Italie, administration, duclrines, etc. Paris, 1842, in-8°. Trad. ital, par Salv. de Renzi. Napoli, 1843, in-S°. — VIF. De l'éclairage au gaz. Taris, 1844, in-18. - VIII. Examen du décret relatif à l'organisation des conseils d'Injgi'enc, etc. J'aris et Toulouse, 1840, in-i". — IX. Les paysans français considérés, etc. (avec son frère A. Comdes). Patis, 1855, in-8°. E. Bgt).
COiTlitRÉTACÉES. Famille déplantes Dicotylédones, formée par la réunion de genres séparés les uns des Elœagnées, les autres des Onagrariées. Les caractèi^es généraux de la famille sont : un calice tubuleux, adhérent à l'ovaire, à quatre ou cin(j divisions souvent caduques; une corolle à quatre ou cinq pétales insérées sur le tube calicinal et manquant quelquefois; des étamines le plus souvent en noiubrc double des pièces de la corolle ; un ovaire infère, uniloculaire, contenant de deux à cinq ovules pendants du sommet de la loge par des podospermes filiformes et allongés. Le fruit est tantôt un fruit drupacé, peu charnu, généralement marqué de côtes, ou un fruit coriace, relevé d'un certain nombre d'ailes.
Les Combrétacées sont des arbres dont le bois se recommande par sa dureté et sa compacité : les écorces sont généralement astringentes, propres au tannage ou à la teinture : il en est de même des fruits, particulièrement de ceux qu'on connaît dans les droguiers sous le nom de Myrobalans.
Deux genres principaux : les Badaniers on T ermincdia ^\. les Com6re(î(m, forment le type de deux tribus, dont l'une, les Terminaliées, se rapprothc des Elœagnées, tandis que l'autre, les Combrélées, est voisine des Onagrariées.
Dk Candolle. Prodromus, III, p. 12. — EmucuER. Gênera Planlarum,^. 1179. — Glibodbt. Drogues simples, G' édit., III, "-82. l'i-,
conBRETUM Lœflling. Genre de plantes Dicotylédones, qui donne son nom à la famille des Coiubretacées, et plus particulièrement à la tribu des Combrétées. Les plantes de ce groupe ont un calice à quatre lobes caducs, quatre pétales insérés entre les lobes du calice; huit étamines placées sur deux rangées dont quatre, opposées aux pièces du calice, insérées plus haut que les autres et exsertes ; un ovaire contenant deux à cinq ovules. Les fruits sont coriaces, pourvus de quatre ailes ; ils n'ont qu'une seule loge et qu'une seule graine, doiil l'embryon a des cotylédons épais, irrégulièrenaent plissés.
Les Combretum sont des arbres ou des arbrisseaux des pays chauds, à rameaux grimpants, à feuilles le plus souvent opposées. Ils n'ont guère d'utilité en médecine. Une espèce, mise autrefois dans ce genre, \& Combretum alternifolium Pers, qui est passée maintenant dans le genre Poivrea Gomm. {Poivrea altermfolia D. C), est employée en Amérique, sur les bords de l'Orénoque, àcause d'un suc gommeux et glutineux, contenu dans l'écorce des rameaux, et qui sert comme de colle forte. On connaît l'espèce sous le nom de Bejucn de Guayca.
Li.N.NÊ. Getiera, n° 475. — Humboldt, Bonpland et Kusth. Nova gênera et specics, VI, 89. — De Candolle. Prodromus, III, p. 17 et 18. — Endlicher. Gênera Planlarum, n" t)087.
Pl.
co.tiSLSTiBLES. Voy. Chauffage.
cOîttBUSTiOî^i. Voy. Chaleur.
COMBUSTIOi^ HUMAI-V'E SPOÎ^TAXÉE (MÉDECINE légale). La théorie de la combustion spontanée s'est introduite il y a deux cents ans dans la science ; frappant les imaginations, elle est devenue populaire ; elle s'est écroulée subitement, lorsqu'une critique sérieuse a examiné les faits sur lesquels elle se fonde. La combustion humaine spontanée, combustion humaine alcoolique, spontaneous comhuslion, Selbstverbrennnng, Schnellverbrennung , combustio spontanea, incendium spontaneiim corporis humani, présente trois nuances dans sa définition : 1" C'est l'inflammation subite et spontanée du corps humain, sans cause extérieure, sa destruction complète, sans combustible, par l'effet de l'alcool qui imprègne les tissus ; 1° c'est l'inflammation subite du corps humain, par le contact d'une substance en ignition ; le corps se consume ensuite, de lui-même, par suite d'une propriété spéciale que lui donne l'abus des boissons spirituenses ; 5" c'est enfui la destruction du corps humain par m\ combustible extérieur, mais en quantité trop faible pour produire habituellement cet effet, destruction attribuée à une combustibilité spéciale qui provient de l'alcool ou de toute autre cause. La combustion spontanée sortait du domaine de la théorie et avait un intérêt pratique : Est-ce une combustion spontanée ou un incendie allumé par une main criminelle? C'est ainsi que se posait le problème, et dans le cas célèbre de Lecat, une erreur scientifique, un préjugé populaire, contribuaient à sauver un innocent. La combustion spontanée a un intérêt historique qui ne peut être méconnu ; dépouillée de son prestige, elle aboutit aujourd'hui à une étude sur la combustibilité du corps humain, et à l'examen des causes qui peuvent la faire varier; l'application médico-légale, tout aussi importante qu'autrefois, repose sur des bases scientifiques.
I. Historique. Dans une note fournie par M. Dcvilliers, médecin de Paris, à l'ancien Journal de médecine, en 1786, il est question, dit Fodéré, d'une lettre de René Moreau, datée de 1644 ; ce médecin parle d'une flamme qui sortit de l'estomac d'une femme morte à Lyon, et qui était proprement ce que nous appelons ignis lambens, dont Virgile a'parlé, au sujet d'Iule, et une grande quantité d'historiens. Nous ne ferons pas remonter aussi haut, au moyen d'analogies bien contestables, l'histoire de la combustion spontanée. Le cas le plus ancien paraît être celui qu'indique Bartholin ; il daterait de 1665 ou de 1672: une pauvre femme qui depuis trois ans ne buvait que de l'esprit de vin devint tellement combustible qu'un jour on la trouva réduite en cendres sur son lit ; il n'en restait que le crâne et l'extrémité des doigts. Il s'écoule ensuite un assez long espace de temps sans faits nouveaux. Le second cas est très-probablement celui qu'a fait connaître Lecat ; il est daté du 20 février 1725, mais il n'a été publié que beaucoup plus tard, dans une œuvre posthume de ce chirurgien. C'est cette observation qui a introduit dans la science la doctrine de la combustion spontanée : v( Ayant passé à Rheims quelques mois, de 1724 à 1725, je logeais, dit-il, chez le sieur Millet dont la femme s'enivrait tous les jours ; son ménage était conduit par une jeune fille fort jolie. Cette femme fut trouvée consumée, le 20 février 1725, dans sa cuisine, à un pied et demi de l'âti'e du feu. Une partie de la tête seulement, une portion des extrémités inférieures et quelques vertèbres avaient échappé à l'embrasement. Un pied et demi du plancher, sous le cadavre, avait été consumé ; un pétrin et un lavoir, très-voisins de cet incendie, n'en avaient reçu aucun dommage. M. Chrétien, chirurgien, releva lui-même les
270 COMBUSTION SPOjNTA;MÉE.
■restes du cadavre, avec toutes les formalités judiciaires. Lajiistice, qui s'empara de cette affaire, apprit du mari que, dans la soirée du 19 février, vers les huit heures du soir, il s'était couché avec sa femme ; que celle-ci, ne pouvant dormir, avait passé dans la cuisine où il croyait qu'elle s'était chauffée ; que lui. Millet, s"étant endormi, avaitété éveillé sur les deux heures par une odeur infecte; qu'ayant •couru à la cuisine, il avait trouvé les restes du corps de sa femme dans l'état où le décrit le procès-verbal des médecins et chirurgiens. Les juges, ne soupçonnant pas la cause d'un pareil événement, poursuivirent vivement celte affaire. La probité et l'innocence de Millet ne le sauvèrent pas du soupçon de s'être -défait de sa femme par des moyens mieux concertés et d'avoir arrangé le reste de l'aventure de façon à lui donner l'air d'un accident. 11 essuya donc toute la rigueur de la loi ; et quoique par appel à une cour suprême et très-éclairée, qui reconnut l'incendie spontanée, il sortît victorieux, il n'en lut pas moins ruiné, accablé de chagrin et réduit à aller passer le reste de ses tristes jours à l'hôpital. » Lecal ne dit pas qu'il ait lui-même constaté l'accident; son biographe fait remarquer que ce médecin avait une imagination vive et brillante « et que la tournure de son esprit était tout à fait hypothétique » . Ce cas qui frappa les esprits, parce qu'il avait donné lieu à une erreur judiciaire, a inspiré à Fodéré les réflexions suivantes : Un fait de cette nature semble m devoir plus arriver, parce que la justice criminelle, éclairée du flambeau de la médecine, n'ignorera plus la possibilité des combustions humaines spontanées, ■produites soit par l'abus des liqueurs spiritueuses, soit par toute autre cause, et qu'elli? ne confondra plus les phénomènes si différents de cette combustion avec ceux de la combustion ordinaire.
La créance en ce piiénomène était entière, et pendant le dix-huitième siècle les observations se multiplient. Le troisième cas est celui de la comtesse Cornelia Bandi, arrivé en janvier 1751 et décrit par Bianchini, en 1744 ; elle avait éprouvé la veille un peu d'assoupissement ; le lendemain, on trouva à quatre pieds de son lit un monceau de cendres, dans lequel on distingua deux jambes intactes avec les bi'as ; entre les jambes était la tête dont une partie était consumée. Une petite lampe posée sur le plancher ne contenait plus d'huile. Le suif de deux chandelles était fondu, mais la mèche restait encore. Le lit était intact. Les meubles étaient couverts d'une suie couleur de cendres ; la comtesse avait l'habitude de baigner tout son corps dans de l'esprit de vin camphré. Nous trouvons ensuite es deux autres faits de Lecat, 1745 et 1749, ceux de Wihner en 1773, de Muraire d'Aix, en 1779, de Mérillé, chirurgien à Caen , en 1782. Battaglia publia, en 1786, mie observation restée célèbre et traduite par Fouquet; lecasde Roverton, en 1799, attire l'attention. L'ancien Journal de médecine, les Transactions philosophiques, VAnnual register, contiennentjla relation de ces faits qui semblent calqués les uns sur les autres. A une époque plus rapprochée de nous, de nouvelles observations sont publiées. Vicq d'Azyr, dans l'Encyclopédie méthodique, article Anatornie pathologique, rapporte qu'une femme de cinquante ans qui s'enivrait tous les jours fut entièrement brûlée et réduite en cendres ; quelques parties osseuses avaient seules été épargnées ; les meubles de l'appartement étaient endommagés par l'incendie. En 1805, en 1809, ce sont de nouvelles observations; Scherf, en 1811, cite un cas de combustion spontanée, •chez un homme de 48 ans, sans contact du feu ; Charpentier rapporte en 1820, dans le Bulletin de la Faculté de médecine de Paris, l'histoire de deux femmes ^[ui succombent au même moment et près du même lit à une combustion spon-
tanée; une observation du même genre est celle du tailleur Larivière et de sa femme, adonnés à la boisson, qui tous les deux, pendant la même nuit, sont réduits en cendres. A mesure que les faits se multiplient, ils deviennent plus étranges. Aux combustions doubles s'ajoutent les chocs électriques et les combustions partielles. L'observation de Richond, en 1827, celle qui a été recueillie à Hambourg, en 1825, ne sont autre chose que des brûlures des doigts par le soufre et par une chandelle, considérées par leurs auteurs comme des cas de combustions spontanées partielles.
La statistique de tous ces faits a été minutieusement recueillie ; Kopp, en 1811. rapporte 14 exemples de combustion spontanée ; Jacoben, en 1831 , réunit 5fl cas; le traité de Friedreich, en 1844, renferme 17 observations, dont quatre de combustion partielle; M. Devergie, en 1832, forme un tableau synoptique de 20 cas; Franck, en 1843, a présenté l'analyse de 42 observations; on peut évaluer à 45 ou 48 le nombre total des faits qui, pendant deux cents ans, de 1672 à notre époque, ont été considérés comme appartenant à la combustion spontanée. Voici le dénombrement de ces cas suivant les pays : on en compte environ une vingtaine en France, 4 ou 5 en Angleterre, autant en Allemagne, 2 en Italie, 3 aux États-Unis d'Amérique, 1 en Russie, en admettant les faits tels qu'ils sont donnés. Leur répartition entre les pays n'est pas en rapport avec l'alnrs des boissons alccoliques, mais avec l'usage de se chauffer avec des clieminées ou avec des poêles. Une bonne organisation de la médecine légale tend aussi à limiter le nombre de ces cas, en les soumettant au conti'ôle d'hommes compétents.
Aux observations isolées sont venus se joijulre des travaux d'ensemble parmi lesquels il faut placer en première ligne ceux de Lair, en 1800, de Kopp, en 1800 et en 1811, de Marc, en 1807, de Ilergt, de Jacob et de Franck, en 1841 et 1843. Les traités de médecine légale, les articles de dictionnaire, s'ouvraient largement à cette histoire, qui est surtout traitée avec détails par Fodéré, Marc, Breschet, Devergie et Friedreich. Les théories ne manquaient pas pour expliquer «e phénomène. Le doute philosophique n'avait pas encore pénétré dans celle question; on se contentait au plus d'écarter l'hypothèse de l'embrasement sans le contact d'un corps en ignition. Dupuytren, cependant, avait nettement repoussé cette théorie et expliqué bien simplement les accidents de la combustion chez les ivrognes. Il fallait une occasion pour renouveler cette question et discuter les traditions anciennes ; elle se présenta en 1850, dans un procès célèbre, dont nous allons rendre compte. Les physiciens et les chimistes introduisirent pour la première fois la science moderne dans l'appréciation de ce phénomène ; Bischoff, Liebig, Regnault, nièrent résolument la possibilité de la combustion spontanée; M. Tardieu s'associe à cette opinion, et la propage avec quelques réserves, en publiant la relation du procès Gœrlitz. A dater de cette époque, les journaux de médecine ne font plus connaître d'observations nouvelles ; les traités de médecine légale modifient peu à peu leur langage et la question est l'amenée à l'étude de la combustibilité du corps humain.
La médecine légale ne peut abandonner entièrement cet antique problème ; elle doit en tenir compte à un autre point de vue.
H. Théories anciennes. La combustion spontanée n'était pas révoquée en doute ; on s'attachait à expliquer le phénomène et non à le vérifier. « Quand on pense, disait Marc, à la quantité considérable de bois ou d'autres matières combustibles qu'exige l'incinération d'un corps humain ; quand on calcule la lenteur avec laquelle cette opération s'achève, on admet avec peine qu'elle puisse
272 C0MBUST10i\ SPONTAiNÉE.
s'effectuer sur le vivant, spontanément, en peu de minutes, à une température peu élevée et sans l'intermède, du moins sensible, d'un corps igné. Rien n'est cependant plus réel q^ie ce phénomène, qui mérite d'être apprécié avec le plus grand soin par les physiciens et surtout par les médecins légistes » .
Toutes les ignitions spontanées qui se produisent dans la nature étaient données à l'appui de la possibilité du même phénomène dans le corps humain: les combustions, avec dégagement de calorique et de lumière, dans des amas de houille, de lumier, de loin, de copeaux, de mousse humide, de chanvre et de toile à voile imprégnés d'huile, de laine eu ballots, de chiffons de laine , de fouirures, de cuirs, de bourre imprégnée de suif on d'huile de chènevis, de chicorée ou de son torréfié, provenant du seigle, de graines à siliques, en un mot de substances dans lesquelles paraît tout à coup une vive affinité pour l'oxygène. On y ajoutait les exemples des ignitions spontanées que déterminent les sulfures métalliques humectés, l'acide nitrique et l'acide sulfurique en contact avec les huiles, l'hydrogène phosphore, les feux follets, l'hydrogène et le chlore, la chaux vive humecléc, au voisinage de la paille ou d'autres corps facilement inflanmiables, le phosphore, les pâtes phosphorées, dont l'usage a donné lieu à des incendies.
La phosphorescence des cadavres était invoquée comme un argument, dont la réfutation est iacde. « 11 n'est personne, dit Dupuylreu, qui dans les chaleurs nait observé ce })hénoniène. Lorsque la putréfaction est avancée, lorsque les corps ont pris cette couleur livide et bleuâtre qui la caractérise, et qu'on entre le soir dans les amphithéâtres, on est frapjié d'une lueur phosphorescente qui entoure les cadavres, analogue à la phosphorescence que l'on remarque quelquefois sur la mer, pendant les chaleurs de l'été. La plupart de ces corps appartiennent à des individus qui ne se faisaient pas faute de liqueurs alcooliques; une auréole de combustion les entoure et cependant on n'a jamais observé dans ce cas de combustion spontanée». La phosphorescence des bois décomposés, du platane entre autres, donne une idée de ces lueurs.
La décomposition putride détermine la formation de gaz inflammable, notamment d'hydrogènes carbonés; la ponction du scrotum, de l'abdomen, du thorax, de la peau, chez les noyés emphysémateux, fait sortir un jet de gaz qui s'enflamme, au contact d'un corps en ignition, et brûle avec une flamme bleue, dont la nuance est plus ou moins foncée, suivant les régions. Ces faits, autrefois peu connus, étaient considérés connue les preuves d'une combustibilité exceptionnelle. Marc, attribuant cette combustibilité à la présence d'un gaz inflammable, accumulé dans le tissu cellulaire, citait à l'appui de sa théorie les faits suivants: (( Morton vit sortir une flamme de dessous la peau d'un cochon au moment de l'incision. Ruysch observa un fait semblable en approchant une lumière de 1 estomac d'une femme qui pendant quatre jours avant sa mort n'avait pas jins de nourriture. Un boucher de Neufchàtel ayant ouvert, en 1751, un bœuf qui depuis quelque temps était très-malade et très-enflé, il s'échappa de la panse un jet de flamme qui s'éleva à plus de deux pieds de hauteur. Ce gaz avait été allume par l'approche d'une lumière que tenait une jeune fille. Enfin le docteur Badlie a fait une expérience plus curieuse, en présence des élèves, sur un cadavre extrêmement emphysémateux. Chaque fois que l'on faisait une incision longitudinale, il se dégageait un gaz qui brûlait avec une flamme bleue. La ponction de l'abdomen donna un jet qui produisit une flamme de six pouces de hauteur ». R'ti" de plus ordinaire que ces faits que pi'ésente tout cadavre, à la période deputréfac-
tion gazeuse. La flamme éteinte, les tissus sont intacts; il n'y a de brùlé que la quantité de matière transformée en gaz.
L'élimination de l'alcool se faisant en grande partie par les voies pulmonaires, on a supposé que la vapeur alcoolique contenue dans l'expiration pouvait s'enllammer au contact d'un corps en ignition, et devenir le point de départ d'une combustion générale. Marc parle de ces haleines enflammées : « Sturm, Nierenberg, Bartholin, Gaubius, Gmclin, signalent, dit-il, ces éructations enflammées et qui paraissent avoir principalement lieu dans les pays septentrionaux lorsque, après un abus excessif d'eau-de-vie, les buveurs s'exposent tout à coup à une atmosphère froide. La Gazette nationale de Bohème a annoncé, il y a peu d'années, un fait de ce genre arrivé à un pâtre de Lubowitz, lequel mourut, en présence de plusieurs témoins, des suites d'une éructation enflammée et qu'aucun moyen ne put éteindre » . On n'était pas embarrassé pour expliquer ces faits, c'était de l'hydrogène phosphore qui s'était formé dans l'estomac par suite de la décomposition de l'alcool et des substances animales que contenait ce viscère. De nos jours encore, de temps en temps, les feuilles périodiques rapportent des fables de ce genre. La proportion d'alcool mêlée à la vapeur d'eau qui s'exhale du poumon est évidemment insuffisante pour prendre feu, et on n'a aucune observation authentique de cette iallammation de l'haleine des buveurs. En injectant de l'alcool à 0,92" dans les veines crurales d'un chien, Bischoff ne parvint pas à enflammer la vapeur qui s'exhalait du poumon. Pour que ce phénomène se produise, il faut un liquide plus volatile ; l'éther injecté dans les veines crurales d'un chien est éliminé par le poumon et brûle à chaque expiration, au contact d'une allumette. En injectant de l'amylène dans la veine jugulaire d'un lapin, nous avons vu l'haleine prendre feu, à l'approche d'un corps en ignition, et chaque expiration projeter une flamme qui s'éteignait aussitôt ; mais l'haleine n'est pas inflammable quand l'anesthésie a été faite par la méthode ordinaire. Deux théories se disputaient l'explication de la combustion spontanée, la théorie de l'alcoolisme et celle du développement de gaz inflammables. La première était la plus ancienne, la plus universellement admise, elle a été surtout développée par Lair, qui concluait des habitudes d'intempérance de la plupart des victimes que les diverses parties de leur corps, ayant subi une imprégnation alcoolique, contractaient un degi'é de combustibilité qui les rendait plus facilement inflammables. La flamme ressemblait à celle de l'alcool ; les individus auxquels cet accident arrive sont ordinairement très-gras ou très-maigres ; dans le premier cas, la graisse alimente la flamme; dans le second, le défaut d'humidité favorise la combustion. M. Julia Fontenelle faisait remarquer que des tissus cutanés, graisseux, musculaires, imbibés d'alcool, n'étaient pas détruits par la combustion de l'alcool dans lequel ils étaient plongés, que la flamme s'éteignait quand tout le liquide inflammable était brùlé ; mais ne renonçant pas à la théorie alcoolique, il admettait que l'abus prolongé des liqueurs fortes amenait une diathèsequi rendait les tissus plus inflammables. Vigne, Kopp, Marc, soutenaient la théorie des gaz inflammables; de l'hydrogène pur, carboné, phosphore, sulfuré, se répandait tout à coup dans les mailles du tissu cellulaire ; une cause accidentelle, extérieure ou intérieure, déterminait la déflagration de ces gaz et une combustion universelle. La couleur de la flamme était celle de l'hydrogène enflammé; on supposait, mais on n'avait pas observé cet emphysème général. La théorie ne tenait compte ni des conditions de la combustion, ni de la proportion d'eau que renfermait le corps humain.