‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.19Chapitre 21 sur 48 · COMPLEXUS · texte numérisé non relu

COMPLEXUS

COMPLEXIOI^ {Complexio, réunion, assemblage). C'est l'ensemble des conditions organiques propres à un individu, et qui détermine le mode le plus général de la santé. Complexion forte, complexion faible, complexion molle, complexion sèche, etc. Un individu est, par la nature de sa complexion, plus ou moins disposé à la maladie en général, ou à certains ordres de maladies. Constitution est à peu près synonyme de complexion. Néanmoins le premier mot exprime mieux l'état natif, celui dans lequel l'individu a été établi {cum et statuere), tandis que le second exprime seulement un état qui n'en serait pas moins tel, s'il était acquis et non congénital. Un phthisique peut être bien constitué, mais non d'une bonne complexion. La complexion diffère aussi du tempérament, qui accuse certaines qualités particulières de la santé [voy. Tempérament).

COMPLEXUS. Les muscles grand et petit complexus sont situés assez profondément dans la région cervicale postérieure, dorso-cervicale de H. Cloquet. Pour arriver jusqu'à eux il faut traverser une première couche formée par la peau, une deuxième formée par le tissu cellulaire, une troisième constituée surtout par le muscle trapèze, et enfin une quatrième renfermant le splénius de la tête, le splénius du cou, l'angulaire de l'omoplate, et une petite portion du rhomboïde. Les complexus sont séparés des vertèbres en haut par les muscles grand et petit droits postérieurs, l'oblique supérieur, l'oblique inférieur et le droit latéral ; en bas, par les inter-épineux et inter-transversaires du cou, et la portion supérieure du sacro-spinal.

Muscle grand complexus (trachélo-occipital de Chaussier, biventer cervicis d'Eustachi, et complexus de Sœmmering). Ce muscle est assez épais, aplati et allongé ; il est large à sa partie supérieure et se rétrécit à sa partie inférieure, qui se termine en pointe. Il s'insère, d'une part, aux apophyses transverses des quatre ou cinq premières vertèbres dorsales et aux apophyses transverses et articulaires des six dernières cervicales par de petits tendons plus marqués inférieurement que supérieurement, avec lesquels s'entrecroisent et auxquels succèdent les fibres charnues; ces fibres se dirigent en haut, les supérieures directement et les inférieures obliquement. Ce muscle a souvent aussi d'autres petites insertions tendineuses aux apophyses épineuses de la septième vertèbre cervicale et des deux premières dorsales. — D'une autre part, il s'insère à la partie un peu rugueuse qui sépare les deux lignes courbes de l'occipital, à la moitié interne de la ligne courbe inférieure, sur les parties latérales de la crête occipitale externe.

Les fibres charnues du grand complexus naissent en faisceaux isolés qui arrivent bientôt à se confondre; un de ces faisceaux présente une disposition particulière; il naît des troisième, quatrième et cinquième apophyses transverses des vertèbres dorsales, se dirige obliquement en haut et en dedans, accolé à un tendon auquel il donne naissance et qui occupe son bord interne; ce tendon, après un trajet de quatre à cinq centimètres, se termine par un faisceau charnu, lequel monte jusqu'à côté de la crête occipitale, point où il se fixe. C'est a: cause de la forme de ce faisceau qu'Eustachi avait nommé le complexus biventer cervicis, ou digastrique du cou. Les autres fibres charnues qui naissent des apophyses transverses cervicales et des deux premières dorsales, constituant l'autre faisceau du complexus, sont moins obliques; on remarque à leur sur-

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l'ace une insertion aponévrotique, sorte de tendon qui se dirige en zig-zag de leur Lord externe à leur bord interne.

Le grand complexus est en rapport avec les muscles trapèze, splénius, petit complexus transversaire et long dorsal, qui couvrent successivement sa face postérieure dirigée un peu en dehors. Par sa face antérieure il est en rapport avec les muscles transversaires épineux, les muscles droits et obliques postérieurs de la tête, sur lesquels il est appliqué, et avec l'artère cervicale profonde et les branches postérieures des nerfs cervicaux.

Les bords internes des grands complexus, constituant la partie la plus épaisse de ces muscles, sont un peu éloignes inférieurement, et vont en se rapprochant jusqu'au niveau de leurs insertions supérieures, où ils se touchent presque; ils sont séparés par du tissu adipeux et une cloison aponévrotique. Lorsque ce tissu adipeux disparaît, chez les personnes maigres, ces bords internes deviennent saillants, et l'intervalle enfoncé qui les sépare constitue ce qu'on appelle le creux de la nuque.

Les grands complexus sont des extenseurs de la tête, ils tendent à la renverser en arrière et l'empêchent de fléchir en avant. L'action isolée d'un de ces muscles imprime à la tête un mouvement d'extension, un mouvement d'inclinaison de son côté, et de rotation du côté opposé. L'action simultanée des deux muscles étend la tête directement. Le grand complexus est congénère du splénius pour les mouvements d'extension, mais il est son antagoniste pour les mouvements de rotation de la tête.

Il est innervé par la branche postérieure du premier nerf cervical et par le grand nerf occipital.

Muscle petit complexus (trachélo-mastoïdien de Chaussier et de Sœmmering). Ce muscle, situé en dehors du précédent, peut être considéré comme un faisceau de renforcement du long dorsal. Il a la forme d'une languette charnue, allongée, grêle et aplatie, plus large à son extrémité supérieure qu'à l'inférieure. Placé à la partie postéro-latérale du cou, il s'insère inférieurement aux quatre, cinq ou six dernières apophyses transverses cervicales, ou plutôt à l'intervalle qui les sépare des apophyses articulaires. Ses insertions se font par de petits tendons, d'un volume variable, qui s'unissent quelquefois entre eux de façon à constituer un plan fibreux. Les fibres charnues naissant de ces tendons se réunissent en un faisceau musculaire qui se dirige verticalement en haut et va s'insérer, par un tendon unique et aplati commençant assez avant dans l'intérieur du muscle, à l'apophyse mastoïde, à côté et en dehors du muscle digastrique, au-dessous du splénius. Ce muscle est souvent coupé par des bandelettes aponévrotiques dont la forme et la direction ne sont nullement constantes, et quelquefois il reçoit un faisceau du long dorsal.

Le petit complexus est en rapport par sa face postérieure tournée en dehors en haut avec le muscle splénius, en bas avec le muscle transversaire; il est aussi un peu couvert par l'angulaire ; sa face antérieure est appliquée sur le grand complexus au niveau de ses insertions cervicales, elle couvre les muscles obliques de la tête, l'extrémité postérieure du muscle digastrique, et l'artère occipitale.

Les petits complexus agissant ensemble sont des extenseurs de la tête; quand un muscle agit seul il l'incline légèrement de son côté.

Ce muscle est innervé par le grand nerf occipital.

Les artères de la région postérieure du cou viennent toutes de la région an-

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