‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.19Chapitre 9 sur 48 · ANGLAIS. 1000 HABITANTS · texte numérisé non relu

ANGLAIS. 1000 HABITANTS

Ces chiffres sont bien loin encore d'exprimer la densité de population des grands centres urbains comme Liverpool, Manchester, Paris ou Londres; ils n'ont assurément qu'une valeur relative ; mais ils ont une autre signification : ils montrent que les maladies zymotiques, quelles qu'elles soient, croissent de fréquence et de gravité avec la densité d'agglomération ; c'est la conséquence naturelle de l'encombrement, du confincnient, de la souillure du sol. Comment conjurer cette émigration croissante qui se fait incessamment des campagnes vers les "randes villes et qui élève de plus en plus la mortalité de celles-ci. Sans doute tous les efforts doivent tendre à retenir, par les intérêts et le bien-être, les populations rurales dans les points du territoire où la place est moins ardemment disputée ; sans doute, avant de coloniser les plaines marécageuses de la Métidja ou les rizières du Cambodge, il faudrait favoriser jusqu'à la limite du possible le défrichement des landes, bruyères, etc., qui désolent encore plusieurs de nos provinces. On retiendra peut-être ainsi quelques-uns de ceux que le découragement allait pousser vers les villes ; mais espérer le retour à la vie simple des champs de ceux qui se sont mêlés, ne fût-ce qu'un jour, à l'agitation fiévreuse des grandes cités, est une illusion et une chimère. La colonisation peut alors devenir une ressource pour quelques-unes de ces natures ardentes : elles y trouveront au loin l'emploi d'une activité qui s'irrite, et satisfaction à leur esprit d'aventure. Mais là suigit un danger que la France, dans ses diverses colonies, n'a pas toujours su éviter ; s'efforcer, comme on l'a proposé, d'entraîner vers l'émigration et la colonisation cette foule de déclassés qui s'accumule dans les villes, et qui y mène une existence catilinaire , c'est compromettre au plus haut point l'avenir et la vitalité des colonies lointaines ; faire de celles-ci un émonctoire de la mère-patrie est une doctrine qui a pu réussir une fois à l'Angleterre, c'est un exemple que certaines nations de l'Europe sont tentées de suivre, c'est la pratique la plus funeste au point de vue des résultats économiques et des intérêts de la vie humaine ; la statistique médicale le prouve à toutes ses pages.

Dans presque tous les pays il existe une sorte de balancement entre le nombre des naissances et la tendance à la colonisation : plus celle-ci est accusée, plus les naissances se multiplient ; met-on obstacle à l'émigration, presque immédiatement elles diminuent. La colonisation stimule donc la natalité, et cela est aussi vrai pour le pays d'oi'igine que pour le pays d'arrivée.

La France, qui est un pays riche, assez peuplé, et qui manifeste une répugnance marquée pour l'émigration et la colonisation, la France ne fournit que 26 naissances pour 1000 habitants : le Palatinat au contraire, où l'émigration est considérable, a 54 naissances par 1000 habitants.

NOMUKE ANNUEL

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