COPRIN
travaux de littérature médicale; ainsi, il fut rédacteur en chef du London Médical Repositonj (1822-26), publia (J824) une édition annotée de la Physiologie de lUcherand, et travailla avec Annesley à la publication du grand ouvrao-e de celui-ci sur les maladies de l'Inde (1828). Copland nourrissait depuis quelque temps le projet de faire paraître un Dictionnaire de médecine, et il en avait même déjà donné un volume (1832) quand une entreprise semblable, à la tète de laquelle étaient Tweedie, Forbes et ConnoUy, le força d'interrompre sa publication; cependant, il continua d'y Iravailler sans relâche et il put enfin faire paraître, en 1858, sa Cyclopedia, vaste composition qui ne comprend pas moins de quatre volumes. Copland succomba le 12 juillet 1870 aux suites d'une maladie des voies urinaires. Il était depuis 1833 membre de la Société royale de Londres, membre du Collège des médecins ; il fut chargé à plusieurs reprises des lectures Gulstonienne et Croonienne, etc. Nous citerons seulement de lui :
I. De rheutnatismo. Th. Edinb., 1815, in-8°. — II. On Pestilentious Choiera, its Nature, Prévention, etc. London, 1832, in-8°. —III. Cyclopedia of Medicine. London, 1858, 4 tomes en 3 vol, et un abrégé fait avec son neveu et publié à Londres, 18G6, iii-8°. — IV. Un Irèsgrand nombre d'articles dans divers recueils, mais surtout dans lo London Médical Reposiionj. ' E. Bgd.
copmiM. Coprinus (xônpoç, fumier), genre de Champignons appartenant à la famille des Agaricinés et qui se développent le plus souvent sur les. fumiers, le sol des jardins, le bord des chemins, etc. Le réceptacle est reconnaissable à ses formes grêles et élégantes. Le chapeau mince, conique campanule, digitaliforme, s'étalant plus ou moins à la maturité, est porté par un pied creux allongé, fibrilleux, fragile, soyeux, dont la base est quelquefois renflée et présente les vestiges d'une volva et d'une cortine sous forme d'une impression circulaire ; celle-ci forme d'autres fois un anneau mobile à une certaine hauteur. L'une et l'autre disposition se rencontrent chez le Coprinus comatiis FI. Dan., une des rares espèces comestibles. Ce Coprin naît solitaire sur le bord des allées, dans les gazons ou les pâturages fumés et souvent aux environs des fermes. Le réceptacle sort de terre sous forme d'un gros corps ovoïde, allongé, de 8 à 12 centimètres de haut sur 4 ou 6 de large, d'un blanc pur à surface pelucheuse, porté sur un pied d'une longueur variable dont l'extrémité bulbiforme se voit seule; ce pied s'allonge jusqu'à mesurer 20 centimètres, la cortine qui rattache le chapeau au pied se rompt, le chapeau perd sa forme ovoïde, s'ouvre en parasol ; les peluchures qui ornent sa surface se prononcent et se colorent en fauve roussâtre à leur pointe, surtout au sommet du chapeau ; pendant ce temps les lamelles blanches jusque-là passent par des teintes roses, lilas, violacées, et noircissent en se liquéfiant avec le chapeau dont la chair ne présente une certaine épaisseur qu'au sommet. La liquéfaction du chapeau est un des caractères des Coprins, c'est un mode de dissémination des spores; celles-ci sont noires et communiquent cette couleur au liquide résultant de la liquéfaction des cellules qui forment la trame du chapeau et des lamelles.
C'est pendant le premier état, lorsque toutes ses parties sont d'un blanc pur ou les lamelles encore rosées, que le Coprinus comatus peut être mangé; il arrive trop promptement à la maturité et à la déliquescence pour qu'il puisse être transporté et devenir l'objet d'un commerce, mais il se montre assez abondamment au printemps et en automne dans certaines localités pour servir d'aliment aux habitants de la campagne ; il est en usage à peu près dans toutes les
régions de la France, et dans beaucoup d'autres pays, Angleterre, Etats-Unis, etc.
Plusieurs Coprins de grande dimension et voisins du C. comatus peuvent aussi être employés, mais le sont moins communément. M. le docteur Qnélel a cité les C. ovatus, cylindroceus, qui en sont très-voisins, puis les C. atramentarius, fucescens, fimetariiis.
On a quelquefois essayé d'utiliser le liquide noir ou brunâtre qui résulte de la liquélaction du chapeau des Coprins : la Catramentarius Bull, qui vient en touffes peut en fournir de grandes quantités. Pendant le congrès mycologique de Paris en octobre 1876, M. Boudier, dans un mémoire écrit avec ce liquide, a cherché à établir les avantages que présenterait l'encre naturelle donnée parle C. atramentarius Bull., dans les cas où l'identité d'une signature serait soumise à des constatations légales. L'examen micrographique montrerait les spores avec leurs caractères propres; ce sont elles qui, tenues en suspension dans le liquide, lui donnent la teinte noire. On comprend dans quelles conditions restreintes, mais importantes, cette encre pourrait être employée.
Enfin les Coprins offrent des facilités particulières pour l'étude de certaines questions de physiologie végétale, ils germent dans les décoctions de fumier; on peut ainsi en faire des cultures expérimentales pour observer le développement du réceptacle, et c'est dans ces essais de culture qu'on a cru un moment être sur la voie de découvrir la fécondation chez les Agaricinés.
Fries. Epicrisis, 1874. — Cooke et Berkeley. Les Champignons, p. 83, 1875.