J. DE S
COPBlîVAlRES. Coprinarii. Agaricinés coprogènes à spores noires qui se distiu'iuent des Coprins par des caractères de peu d'importance. Les lamelles pi'ésentent une semi-déliquescence qui n'envahit pas le chapeau tout entier, comme chez les Coprins ; la plupart des caractères présentés par le réceptacle, le port et l'habitat, rapprochent assez ces deux groupes pour qu'il soit plus rationnel de faire des Coprinaires une sous-division des Coprins plutôt qu'un genre distinct. Leur petite taille, le peu de chair que présentent les espèces les plus grandes, ne pouvaient inviter à se servir de ces Champignons comme aliments. Les anciens auteurs leur ont attribué des propriétés malfaisantes. Deux figures de Clusius sous le titre de Fiingi perjiiciosi représentent l'une un Coprinaire, l'autre un Coprin. Cette qualification est née d'une sorte d'instinct populaire, enclin à regarder comme nuisible ce qui est désagréable à la vue. L'aspect des Coprins et Coprinaires déliquescents ou semi-déliquescents a inspiré une répulsion qui ne s'appuie sur aucune expérience positive volontaire ou involontaire. Roques (Hist. des champ, com. et vénéneux, 1841, p. 205) et de CandoUe [Essai sur les propriétés méd. des pL, 1816, p. 553) ont propagé cette erreur surtout en ce qui concerne les Coprins [voy. ce mot) et paraissent avoir ignoré l'usage très-général du C comatus FI. Dan. J. de S.
COPTES. Voy. Egypte.
COPIJLATIOI^. Voy. Coït et Fécondation.
COQ (Gallus). Cet utile gallinacé, dont la femelle porte la dénomination de poule, le petit celle de poussin, et le jeune celle de poulet, constitue notre principal oiseau domestique. La race gallizie est à la fois précieuse par sa chair, dont il est fait une grande consommation alimentaire sur tous les points du globe;
car ses œufs, qui servent à la préparation de mets très-variés et fournissent aussi des matières utiles à l'industrie; enfin par ses plumes, qui sont recherchées comme ornements, utilisées dans la fabrication des plumeaux ou employées à faire des coussins et d'autres objets encore. Le coq rentre dans un groupe particulier des Gallinacés, et cet ordre lui doit son nom. Le groupe dont il est la principale espèce ne se compose que d'un petit nombre de genres seulement : les Gallus, les Creagrius et Ceriornis. Au genre Gallus appartiennent les espèces suivantes, toutes actuellement sauvages : Gallus ferruçi'meus, de l'Inde et de .lava; G. Temminckii, de Batavia; G. Sonneratii, de Batavia; G. Stanleyi, de Ceylan; G. enœiis, de Sumatra. Toutefois, on ne saurait dire avec précision de laquelle de ces espèces le coq descend, et j'ai fait remarquer que plusieurs d'entre elles pourraient bien avoir concouru à le fournir, opinion qui a été plus récemment adoptée par M. Darwin. Indépendamment de quelques-unes des espèces qui viennent d'être énumérées, le Gallus giyanteus, dont parle le général anglais Hardwick, semble aussi avoir contribué à sa production, et, si l'on tient compte des caractères particuliers aux grosses variétés du coq domestique auxquelles on donne les noms de coq de Gochinchine, coq Brahmapoutra, etc., ainsi que de celles que l'on appelle coqs de Russie, il est naturel d'attribuer d'abord ces variétés à ce coq géant qui avait été précédemment appelé Malahar Cock par Latham.
Le coq de Sonnerat a été plus particulièrement signalé comme étant l'une des souches primitives du coq de nos habitations ; mais il faut également considérer que la domestication des Gallinacés de ce genre remonte à la plus haute antiquité, et l'on doit en outre ajouter qu'il existait déjà des coqs, domestiques ou sauvages, on ne saurait le dire dans l'état de nos connaissances, dans plusieurs parties de la France, à l'époque des hommes primitifs contemporains des Rennes, dans le même pays. C'est ce dont ne permettent pas de douter les débris appartenant à ce genre d'oiseaux qui ont été trouvés dans les amas d'ossements travaillés et de silex taillés en Auvergne {Gallus Bravardi, P. Gerv.), dans le Périgord et dans la grotte de Montrejeau (Haute-Garonne).
Le genre Gallus est caractérisé par la présence d'une crête charnue, de nature fibro-vasculaire, dont les bords sont dentelés ; par la nudité des joues et de la région sous-gutturale, dont la peau, de nature également érectile, prend l'aspect de caroncules plus ou moins prononcées, et par l'éperon retroussé qui arme les pattes dans le sexe mâle. Les espèces qui s'y rapportent ont les ailes courtes, obtuses et à pennes étagées ; leur queue est en forme de toit, composée de quatorze rectrices, dont les intermédiaires sont allongées et recourbées en arc de cercle chez les mâles.
Les autres caractères de ces oiseaux rappellent ceux des Gallinacés ordinaires ; leur régime est également le même, et ils vivent aussi en polygamie. Leur vol est lourd. Les races ou espèces domestiques ressemblent, à cet égard, à celles qui ont conservé leur liberté ; mais certains de leurs caractères ont été sensiblement modifiés par les conditions dans lesquelles nous les tenons. Les crêtes charnues de la tête se sont épaissies et comme décomposées dans certaines d'entre elles; chez d'autres, elles sont remplacées par des houppes de plumes. Les tarses sont parfois emplumés, et les couleurs ont rarement conservé les teintes métalliques propres aux espèces restées sauvages. Le noir, le blanc et le roux, ces trois altérations pigmentaires fréquentes chez les animaux qui ne vivent plus dans les conditions de liberté que la nature leur avait assignées, sont
fréquents dans les coqs et les poules de nos fermes, et le mélange de ces couleurs ou les dispositions accidentelles qu'on y remarque en exagèrent encore la diversité. Ces modifications peuvent être dans certains cas plus profondes; il existe en effet des variétés chez lesquelles les plumes se retournent en avant, et d'autres chez lesquelles elles prennent un aspect soyeux ; d'auti'es encore manquent des penzies caudales et parfois des vertèbi^es propres à cette même région ; enfin, certaines poules, dites poules nègres, ont le périoste de couleur noire.
Comme on le voit, nous arrivons dans ce cas à des modifications bien autrement grandes que celles qui caractérisent d'habitude les simples variétés, et des altérations plus profondes encore peuvent se produire pendant le cours de l'incubation.
On conçoit en effet qu'exposée à des climats si divers et soumise à des causes si fréquentes de modifications, la race galline éprouve des changements qui dépassent de beaucoup ceux (jui caractérisent les espèces et les races, et qu'elle ait fourni à la tératologie un grand nombre des exemples de ces altérations organiques auxquelles on donne les noms d'anomalies lorsqu'elles sont peu graves et celui de monstruosités dans les cas où l'organisme a subi des modifications plus profondes. Une des anomalies les plus fréquentes est la polydactylie résultant de la duplicalure du pouce. Si l'on prend les classifications des anomalies et des monstruosités caractérisées par I. Geoffroy, on trouve le coq et la poule cités dans un nombre considérable des genres auxquels l'examen de ces malformations a donné lieu. L'hermaphroditisme féminin et l'hermaphroditisme mixte s'y observent assez souvent ; la célosomie, la sysomie dérodymique, l'iniodymie, l'opodymie, l'iiétéradelphie, la pygomélie, la polymélie, ainsi que la gastromélie, s'y montrent aussi plus ou moins fréquemment; et E. Geoffroy, ainsi que M. Dareste, ont encore multiplié les exemples de ces vices de conformation en employant des procédés particuliers d'incubation, ce qui les a conduits à la création artificielle de certains monstres. M. Dareste signale particulièrement, comme pouvant être obtenus de cette manière, des poulets ectroméliens, hémiméliens, hyperencéphaliens et célosémiens.
Indépendamment de sa chair, la poule nous donne ses œufs. A Paris on ne mange pas moins de 3,038,265 kilogrammes d'œufs par an (chiffre pour l'année 1875), ce qui conduit à un nombre considérable, si l'on se rappelle que chaque œuf de poule contient en moyenne 158%2 de jaune et 23^-'', 6 de blanc ou albumen, et que la coquille elle-même n'a pas un poids bien considérable.
Les cultivateurs de la Normandie exportent annuellement une quantité considérable d'œufs en Angleterre.
De même que l'oiseau qui les fournit, les œufs de la poule sont très-fréquemment modifiés dans leur conformation et aussi dans leur struc/ure. Us prennent dans l'oviducte des formes souvent irrégulières ; leur coquille peut aussi restermolle, ce qui est le caractère des œufs dits hardés, ou bien l'on trouve d'autres fois deux jaunes dans leur intérieur ou même trois.
Il résulte de renseignements recueillis par Yalenciennes que, sur 140,000,000 d'œufs de poule, il s'en rencontre à peu près 2 ou 500 qui sont pourvus de deux jaunes, mais le nombre de ceux qui en possèdent trois est infiniment moindre.
Une autre altération à laquelle les œufs sont exposés rentre dans le genre de monstruosités appelé endocymie ; elle consiste dans l'inclusion d'un œuf sou-
vent formé d'un jaune, d'un albumen et d'une coquille, dans un autre œuf qui, de son côté, peut aussi posséder ces trois parties. Ce genre de monstruosités de l'œuf de la poule, qui a été défini oviim ovo prœgnans, n'est pas aussi rare qu'on pourrait le supposer, et si l'on en fait le relevé dans les auteurs qui en ont observé des exemples, on arrive à un chiffre assez élevé. Parmi ces auteurs figurent Thomas Bartholin, Perrault, Velsch, Elsholt, Blancard, Rivaliez, Vallemont, Harvey, Ruysch, Van der Wiel, Jléry, Burkmann, Behr, Rzaczynski, Schurigt, Kundmann, Bzyer, Haller, Guettard, Lichtenberg, Housset, Ménière, I. Geoffroy, Flourens, Montgommery, P. Gervais, Godron, Davaine, Maurice, et d'autres encore. On a même cité le cas de trois œuts inclus sous une même coquille, mais avec deux enveloppes calcaires seulement.
D'autres fois ce sont des amas fibrineux qui se rencontrent entre le blanc et le jaune, mais on ne peut guère y voir que le fait d'une hémorrhagie, malgré l'opinion de Ch. Leblond qui a voulu admettre qu'il s'agissait d'un véritable cœur développé indépendamment de tout autre organe. M. Davaine, qui a fait connaître un cas de cette nature, dit fort judicieusement qu'on ne peut en attribuer la cause qu'à du sang épanché hors des vaisseaux de l'ovaire antérieurement au passage du jaune dans l'oviducte. M. Laboulbène a décrit un œuf qui renfermait à la fois un jaune ordinaire et une vésicule ovarienne.
D'autres altérations des œufs sont purement pathologiques. On a trouvé dans l'intérieur de ces corps des Distomes, lesquels vivent principalement dans la partie du cloaque de la poule appelée bourse de Fabricius. Enfin, Perrault y a rencontré une épingle, et Pauthot a fait une trouvaille analogue publiée par lui en 1690.
Rappelons encore que certains œufs peuvent manquer de jaune, d'autres d'albumen et d'autres de coque ; cette dernière particularité est une condition particulière de l'altération propre aux œufs bardés.
On trouvera d'excellents renseignements relatifs à la tératologie et à la pathologie des œufs dans le Mémoire de M. Davaine sur les anomalies de l'œuf, qui a paru en 1861. Nous renvoyons pour l'emploi des œufs au mot Œufs.
La coquille des œufs n'est pas une substance homogène et sans structure. Sous une couche extérieure formée de fines granulations qui en constituent la surface vernissée, se voit au microscope un dallage de petites plaquettes irrégulièrement polygonales, serrées les unes contre les autres et qui possèdent chacune un amas circulaire de très-fins cristaux. Quelques pores 'disséminés dans cette enveloppe durcifiée servent à introduire dans son intérieur de l'air indispensable à la vitalité de son contenu et à la respiration de l'embryon,. lequel deviendra bientôt le fœtus, Par les mêmes pores peuvent pénétrer des germes de mucedmées dont M. Panceri a distingué quatre espèces : les trois premières appartenant aux genres de Sporothricum, Detylium, Spondydudmm, la quatrième a un genre indéterminé qui n'est connu que par son mycélium seulement.
Terminons en rappelant quelles sont, indépendamment de la race habituelle a nos basses-cours, race à laquelle on pourrait conserver le nom de coq gaulois, les 'prmcipales variétés du coq et de la poule cultivées dans notre pays ; elles ont reçu les noms de Crèvecœiir, de Houclan, de La Flèche ou du Mans, de Bresse et de Padoue; cette dernière caractérisée par son énorme huppe, taudis que les autres se distmguent entre elles par les particularités de leur coloration, et surtout par la forme de leur crête régulièrement dentelée chez le coq de Bresse, bicorne •chez le Crèvecœur, surbaissée et multilobée dans d'autres. Ces variétés dépas-
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sent peu en dimension le coq ordinaire. La race javanaise, la Bentham, etc., sont de plus petite dimension ; elles constituent aussi quelques sous-races reconnaissablés à leur couleur peu différente, chez certaines d'entre elles, de certaines espèces sauvages; au contraire jaunâtre, blanche, etc., dans d'autres. Les coqs de combat sont particulièrement empruntés à la race javanaise. Les Brahmapootra et les Cochinchinois, si peu différents de ceux qu'on appelait autrefois coqs russes, ont au contraire une taille bien supérieure à la moyenne ; leurs pattes sont robustes, leur queue est moins longue, et en même temps ils ont la voix plus grave et d'un timbre différent. On doit également citer, comme dignes d'être répandues, quelques races étrangères, le Coq Dorkin, qui nous vient d'Angleterre, et dont la crête est grande et dentelée, le manteau habituellement jaune clair, et le corps noir ; la Coq espagnol à crête grande et dentelée, à caroncules génales blanches, les gutturales étant en forme de pendeloques; l'/okohama du Japon, et d'autres encore qui se voient déjà en plus ou moins grande quantité dans nos expositions agricoles. P. Gerv.
COQ (Devination par le). Voy. Devination.
COQ DES JARDixs. Nom donné à la Balsamite odorante {voy. Balsamite). Pl.
COQUE DU LEVARIT. § 1. Botanique. Voy. AnaMIRTE.
§ II. Emploi médical. 11 a déjà été question des propriétés médicales de la Coque du Levant au mot Anamirte ; mais il nous a paru qu'on pouvait donner plus d'extension à l'étude de la Coque du Levant, au mot même qui est le nom usuel du fruit de l'Anamirte.
La drupe desséchée du Menispermum cocculus (L.), connue sous le nom de Coque du Levant, est d'un emploi relativement récent en médecine. C'est seulement vers le neuvième ou le dixième siècle de notre ère qu'il est fait mention, pour la première fois, de ses propriétés thérapeutiques. Deux médecins arabes, Aviccnne et Sérapion, auraient alors mentionné, au dire de Sprengel, ses vertus curatives, la décrivant sous le nom de Maheradsch. Toutefois, il ne faudrait pas attacher une importance bien grande à ce renseignement biljliographique, car si Avicenne parle, sous la désignation de Mahezeheregi, de la Coque du Levant, Sérapion n'en fait aucune mention ; ceci résulte tout au moins des recherches de Pereira sur ce point de l'historique.
En Europe, cette substance est surtout connue et employée depuis plusieurs siècles, en raison de sa propriété singulière, très-anciennement remarquée par certains peuples de l'extrême Orient, de pouvoir, introduite dans les appâts qui servent à prendre les poissons, en faciliter la pêche à ce point que ces derniers, comme enivrés par ce poison, viennent flotter à la surface de l'eau et se laissent saisir à la main.
Une autre application, non moins coupable que la précédente, la fit encore rechercher et employer. Son amertume assez marquée fut mise à profit par les brasseurs pour remplacer le houblon dans la bière, au grand détriment de la santé des consommateurs. De sorte que, en définitive, l'introduction parmi les peuples civilisés de ce produit des Indes servit tout d'abord beaucoup plus aux instincts malfaisants de l'homme qu'elle ne lui vint en aide dans le but louable de soulager ses semblables.
COQUE DU LEVANT (emploi médical). 313
La Coque du Levant jouissait cependant d'une certaine réputation comme a "eut curatif, dans les pays qui la produisent ; l'Inde, au Malabar, la Malaisie, aux Moluques, aux Célèbes, etc. L'empirisme grossier des peuples à demi barbares qui l'employaient contre les maladies les plus diverses ne pouvait sans doute recommander bien vivement ce médicament, et, moins favorisé que le quinquina, dont les vertus ont été indiquées à l'Européen par le sauvage, il ne fut pas accueilli par les médecins et resta sans usage thérapeutique pendant longtemps.
Propriétés physiques et organoleptiqiies. Composition. La Coque du Levant, telle qu'on la trouve dans le commerce, est une petite drupe desséchée, du volume d'une merise, arrondie, ovoïde ou réniforme, de couleur noirâtre, à surface un peu rugueuse, et présentant sur son bord convexe un raphé bien indiqué.
Elle se compose d'une enveloppe extérieure ou brou, mince, sèche et ridée; d'une coque analogue à celle de l'amande ordinaire, mais beaucoup plus mince, bivalve et subéreuse, renfermant une graine unique recourbée en forme de croissant autour d'un placenta central. Cette amande, très-oléagineuse, d'une amertume désagréable, assez persistante, constitue la partie active de la Coque du Levant.
Diverses analyses ont été données de cette dernière; d'abord par BouUay, l'auteur de la découverte de la picrotoxine, le principe actif de la Coque du Levant, puis par Pelletier et Couerbe.
Boullay (1811) indiqua la composition suivante pour Vamande : huile concrète, moitié du poids; matière albuminoïde; matière colorante jaune ; 0,02 de picrotoxine ; 0,05 de matière fibreuse ; diverses substances inorganiques : muriate de potasse, phosphate de chaux, silice et fer ; enfin de l'acide malique et une matière sucrée.
Pelletier et Couerbe ont donné, en 1827, une analyse plus complète de la Coque du Levant, la suivante :