DAIM
Poids des hémisphères cérébraui comparé à celui de l'encéphale
Poids de l'insula, du corps strié, du noyau lenticulaire
l'oids de la couche optique
Poids de l'islhme de l'encéphale
Relation entre les diamètres du pied et de la calotte des pédoncules ,
Il paraît donc établi que les fibres qui sortent de la couche optique gagnent, en grande partie au moins, l'étage supérieur des pédoncules. Voici, suivant Meynert, quelle serait en résumé leur répartition :
Les faisceaux qui partent de la couche optique pour gagner la calotte des pédoncules entourent le pédoncule cérébelleux supérieur et sont circonscrits, en quelque sorte, par le trajet que décrit en spirale le ruban de Reil, issu des tubercules quadrijumeaux. Ces faisceaux affectent dans la couche optique des relations diverses et composent trois groupes distincts.
L'un d'eux part du noyau gris que nous avons désigné sous le nom de ganglion de l'habénule (fig. Vlll, c). Très-grêle, il descend au-dessous des tubercules quadrijumeaux dans l'étage supérieur des pédoncules, mais seulement après s'être entre-croisé en partie avec son congénère dans la commissure postérieure. Le second groupe se compose de fibres qui cheminent dans la partie externe de la couche optique, en décrivant un trajet concentrique pour venir aboutir près du centre antérieur (fig. Vlll, i); ces fibres ci'oisent perpendiculairement dans l'intérieur même delà couche optique, les irradiations que celle-ci envoie à la couronne de Reil (fig. VIII, g), et surtout les expansions optiques (fig. Vlll, h); peutêtre même ces deux ordres de fibres se mettent-ils en rapport par l'intermédiaire des cellules nerveuses qui se trouvent à leur point de rencontre. Ce groupe, sorti de la couche optique, gagne le côté externe de la calotte et descend vers le bulbe sans s'entre-croiser avec son congénère. Le dernier groupe est formé par les faisceaux qui se distribuent au centre médian (fig. VIII, /). Ils paraissent être le prolongement médiat des groupes antérieur et inférieur des fibres qui de l'écorce cérébrale se jettent à la couche optique ; ils semblent continuer leur trajet (fig. VIII. a. b, f). Avant de disparaître sous les tubercules quadrijumeaux,
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ce faisceau, le plus externe des trois, s'entre-croise de la manière la plus manifeste avec son conge'nère dans la commissure postérieure (fig. VIII, k). Celle-ci contiendrait également des fibres commissurantes étendues d'une couche optique à l'autre, s'il faut en croire Arnold. M. Luys admet, mais avec plus de réserve, ces relations entre les fibres de
Fig. VIII. — Connexions des faisceaux de la calotte des pédoncules avec les couches optiques,
d'après Huguenin.
a, Groupe antérieur. — b, Groupe inférieur. — g, Groupe latéral. — h, Groupe postérieur des fibres (jui abordent la couche optique (système de projection de premier ordre). — /", Anse pédonculaire. — l, Centre médian. — c, Ganglion de l'habéiiule. — d, Commissure postérieure. — i, Fibres internes. — k, Fibres externes de la calotte des pédoncules.
l'étage supérieur du pédoncule et la couche optique. Le point sur lequel il se montre le plus affirma tif est l'entre-croisement d'une portion de ces faisceaux au moins dans la commissure postérieure.
Les connexions de la couche optique avec l'origine des nerfs optiques sont tellement multipliées et tellement intimes, qu'il nous faut y revenir en quelques mots. Elles ont été bien étudiées et décrites par Gratiolet, par Luys, qui décrit comme un véritable ganglion optique le centre moyen de ce renflement nerveux. Depuis lors, Meynert a insisté sur ces relations avec des détails tout particuliers.
Suivant cet auteur, la bandelette optique se divise en deux racines (fig. V) : l'une d'elles se subdivise en trois faisceaux dont le premier s'irradie dans le stratum zonale de la couche optique ; le second passe au-dessous du corps genouillé externe, pénètre dans le pulvinar, où il s'entre-croise avec les expansions qui partent de ce renflement pour gagner le lobe occipital. 11 existe probablement à ce niveau des connexions plus étroites entre ces deux ordres de fibres. Ces deux premiei^s groupes constituent la racine des nerfs optiques au pulvinar ; celle-ci est accolée à un troisième faisceau qui se jette dans le corps genouillé externe lui-même. L'autre racine de la bandelette optique disparaît dans le corps genouillé interne, pour gagner de là le tubercule quadrijumeau antérieur; mais avant d'y parvenir les fibres optiques ont éprouvé une notable réduction de nombre dans le premier de ces renilements. Faut-il admettre, avec Meynert, qu'il existe également des connexions directes entre la couche
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optique et le tubercule quadrijumeau postérieur ? Luys est muet sur ce point, et Huguenin déclare rester dans le doute à cet égard.
Dans la série animale, il existe une sorte de balancement entre le volume du corps genouillé externe et celui du pulvinar ; celui-ci peut même disparaître, comme cela s'observe chez les rongeurs et les carnivores. Les filets radiculaires qui se rendent à ces deux groupes de substance grise sont donc en proportion inverse; mais alors même que le pulvinar est réduit à rien, la racine qui devait l'aborder est représentée par quelques fibres qui gagnent directement la couche optique. Chez presque tous les mammifères, en outre, une partie notable de la bandelette optique vient s'étaler en nappe à la surface du corps genouillé externe, pour rejoindre le tubercule quadrijumeau antérieur. Rapprochant cette distribution de ce que nous avons déjà dit de l'expansion des nerfs optiques vers l'écorce du cerveau, on peut résumer les connexions centrales des bandelettes optiques dans le tableau suivant :
iau niveau du / el gagnant : A. la moelle par la calotte 'stratum zonale. du pédoncule céi'éhral; — B. l'écorce au niveau \ ^'^ '°''^ occipital et du lobe sphénoïdal du pulvinar ^ P.^"" ^'exp^nsion cérébrale de, nerfs op- ) tiques et la couronne rayonniinte, ou , . I peut-être par le groupe inférieur des
Bandelette j 2° Fibres afférentes au corps genouillé libres qui de la couclie optique gagnent optique < l externe \ l'écorce du cerveau.
fournissant :
!/ 1° et gagnant l'expansion cérébrale des nerfs optiques. Fibres afférentes l „ , , , „ , , , ,
n,. i-ni-nc ) 2* le tubercule i 1 ecorce du lobe postérieur du cerveau, «u corps \ 1 ■■ I
genouillé interne quadrijumeau j ,„.,,.„ .. ,
\ supérieur et de la ( le ruban de Reil (feuillet supérieur).
Ajoutons que, suivant Forel, qui a fait de ces relations une étude complète dans la série animale, la partie postérieure de la couche optique diminue graduellement dans les espèces inféiieures, pour disparaître presque complètement chez les rongeurs. Chez les taupes et chez les chauves-souris, le pulvinar fait é<^alement défaut. En même temps, le faisceau externe de la bandelette optique décroît rapidement ; au contraire, le tractus de la Ijandelette iiitei'ne qui se rend à l'expansion cérébrale des nerfs optiques reste constant dans son volume et dans sa disposition.
Nous avons déjà mentionné les relations qui unissent la couche optique, et notamment son tubercule antérieur, avec les corps mamillaires (expansion du pilier antérieur du trigone à la couche optique) et avec la glande pinéale (par son pédoncule antérieur) . Deux points resteraient à envisager : la manière dont le pédoncule cérébelleux supérieur se comporte par rapport à ce ganglion, et les connexions qu'il présente avec la substance grise du ventricule moyen.
Relativement au premier de ces points, la direction même du pédoncule cérébelleux supérieur, la proximité où l'olive rouge, au centre de laquelle il s'éparpille, se trouve de la face inférieure de la couche optique, semblent indiquer que les fibres venant du cervelet pénètrent en grande partie dans l'intérieur de la couche optique ; mais on ne possède aucune donnée certaine sur des relations plus précises entre ces diverses parties.
Quant à la masse grise qui tapisse le plancher du troisième ventricule, dont Meynert fait un ganglion analogue à la couche optique, et que Luys, au contraire, rapproche de la matière ganglionnaire qui se prolonge et s'étend sans interruption de la base du cerveau jusqu'à la protubérance, au bulbe, à la moelle, en entourant les cavités ventriculaires tapissées par l'épcndyine, on ne sait rien,
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ybsolumenl rien, sur ses connexions réelles et sur sa signification précise. Les rapports qu'elle affecte avec la couche optique sont donc enveloppés de la plus complète obscurité.
Capsule interne {Innere Capsel, Burdacli; Paroi interne delà capsule, VicW). Quelle que soit la direction des coupes que l'on pratique sur les ganglions du cerveau au niveau du point où le pédoncule cérébral vient pénétrer dans la bourse de substance corticale qui constitue l'hémisphère, on découvre un plan de fibres blanches qui séparent la couche optique et le corps strié, situés en dedans, l'une en arrière, l'autre en avant, du noyau lenticulaire siLué en dehors de ce plan. Ce plan de fibres blanches se continue en bas et en arrière avec les faisceaux de l'étage inférieur du pédoncule ; en haut et en avant, il se jette dans les expansions médullaires. qui constituent la couronne rayonnante et s'étendent jusqu'à la face profonde des circonvolutions. On lui a donne le nom de capsule interne, par opposition à une lame semblable de substance médullaire qui recouvre la face externe du noyau lenticulaire, la séparant de l'avant-mur, et à laquelle Burdach avait affecté la dénomination de capsule externe. Une coupe verticale ou légèrement inclinée, pratiquée suivant la direction du pédoncule cérébral, dirigée par conséquent d'arrière en avant et de dedans en dehors, montre ce plan de fibres dans toute son étendue. Les faisceaux qui le composent sont comme stratifiés ; les couches qu'ils constituent présentent de deux à trois millimètres d'épaisseur, et paraissent comme aplaties d'avant en arrière. Réunis en une seule masse, au niveau du point où la capsule interne se continue avec le pédoncule cérébral, ces faisceaux s'écartent comme en éventail pour se perdre dans la substance blanche de l'hémisphère : l'extrémité antérieure de la capsule interne s'étale au-dessus de l'extrémité antérieure du corps strié, qui vient se confondre avec la substance grise de l'espace perforé antérieur au-dessous d'elle. Nous savons, en outre, que le noyau caudé et le noyau lenticulaire communiquent à travers la capsule interne par quelques tractus de substance grise qui établissent entre ces deux ganglions une continuité réelle.
Il semblerait, au premier abord, que la capsule interne soit un lieu de passage direct par lequel les fibres de la couromie rayonnante parviennent jusque dans le pédoncule cérébral sans s'arrêter aux ganglions ; mais cette conception, d'une simplicité séduisante, a depuis longtemps fait place à une manière de voir tout opposée, et nous rappelons seulement ici que Kolliker et Luys ont été jusqu'à nier de la façon la plus péremptoirc la continuité des faisceaux blancs de l'isthme avec ceux de la masse médullaire du cerveau, et que ce dernier a posé comme une règle sans exception l'interposition de noyaux ganglionnaires sur le trajet des fibres qui pénètrent dans l'hémisphère cérébral ou qui en sortent.
Nous connaissons, du reste, pour les avoir étudiés plus haut, la plupart des faisceaux blancs qui entrent dans la constitution de la capsule interne {voy. fig. 111). Les uns, condensés surtout à sa base, viennent des pédoncules et vont aboutir aux ganglions ; l'expansion des fibres de l'étage inférieur du pédoncule qui va se porter à la concavité du noyau caudé en forme la partie la plus interne et la plus considérable. Plus en dehors sont les faisceaux qui, venant de la même origine, abordent par son sommet le noyau lenticulaire.
On y trouve de plus, et surtout en avant, des faisceaux qui, partis des ganglions, se rendent aux circonvolutions cérébrales. Ce sont le groupe antérieur des fibres qui unissent le tubercule antérieur de la couche optique à l'écorce du lobe frontal. Tout à fait en dehors, le long de la face supérieure du noyau len-
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ticulairo, l'on trouve, suivant Meynert, un plan de fibres qui naissent des circonvolutions de l'insula et qui contournent cette face pour se terminer dans le noyau lenticulaire. Enfin, tous ces faisceaux à direction antéro-postérieure et ascendante sont coupés en tous les points de leur parcours par d'autres expansions perpendiculaires qui de la face externe de la couche optique, et même du corps strié, vont s'étendre en divergeant comme les feuillets d'un éventail, à toute la longueur de l'hémisphère cérébral {Stabkranzhiatt des Thalamus, Meynert).
Mais n'y a-t-il pas parmi tous ces iaisceaux des fibres directes qui passent sans interruption de l'hémisphère aux pédoncules cérébraux? Vulpian, se fondant sur l'étude de certains cas de dégénérations secondaires, croit devoir admettre l'existence de ce fait si contesté. 11 a vu des lésions situées en dehors des corps striés, mais très-près d'eux, déterminer, quand elles étaient étendues, des atrophies descendantes analogues à celles que l'on remarque à la suite des lésions de ces rendements, mais intéressant beaucoup moins de fibres. Henle admet également ces faisceaux directs, en se fondant sur la dissection et la dissociation des fibres des pédoncules. Depuis lors, Fritschet Ilitzig ont obtenu par l'excitation galvanique des lobes frontaux du chien, des mouvements de gi'oupes musculaires isolés que l'extirpation de ces mêmes parties paralysait aussitôt. Ils ont conclu de ce fait à l'existence d'un centre psycho-moteur en relation directe avec les muscles. On sait à combien d'objections peuvent prêter des expériences semblables ; la diffusion des courants peut donner lieu à des phénomènes d'excitation dans des départements du cerveau fort éloignés de celui sur lequel on croit faire agir le courant. Mais l'interprétation des atrophies descendantes prête bien moins à ces controverses, et celles-ci ont pu être reproduites expérimentalement par Gudden (cité par Hugueiiin) : celui-ci a vu les fibres qui se rendent au pédoncule entre la couche optique et le corps strié, s'atrophier en masse, à la suite de l'extirpation des lobes antérieurs chez de jeunes animaux. Meynert et Huguenin paraissent donc fondés à admettre la continuité directe de certaines fibres du lobe frontal avec celles du pied des pédoncules.
Mais les recherches de Meynert ont fait connaître un autre faisceau direct, dont l'existence est bien mieux démontrée encore, et auquel les travaux de Charcot doivent faire attribuer une bien plus grande importance {voy. fig. I).
Si l'on enlève, dit Huguenin, toute la couche optique avec le feuillet de la couronne rayonnante qui s'y rend, avec les corps genouillés interne et externe, les tubercules quadrijumeaux et tout l'élage supérieur des pédoncules, on trouve une traînée de fibres qui se dégage de la partie la plus externe du pédoncule cérébral, qui se recourbe en arrière de l'extrémité postérieure du noyau lenticulaire, pour se diriger en arrière et gagner la partie occipitale du lobe postérieur. L'existence de ce faisceau est manifeste surtout sur le cerreao des singes ; Meynert, en raison de ses connexions av^c la partie latérale du pédoncule et le lobe postérieur du cerveau, le regardait comme composé de fibres sensitives. Or, cette vue ingénieuse a reçu une confirmation complète des investigations cliniques et anatomo-pathologiques, et sans insister davantage sur les preuves fournies par les observations d'hémianesthésie rattachées à une lésion de ce faisceau et dues à Charcot, à Ludwig Tûrck, à Rosenthal, ni sur les recherches expérimentales de M. Yeyssière, nous renvoyons ceux que ce point intéresse d'une façon spéciale aux thèses de MM. Veyssière et Rendu et surtout aux remarquables leçons du professeur Charcot. 11 nous suffit de pouvoir affirmer que la partie la plus postérieure de la capsule interne renferme des fibres nerveuses
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centripètes qui vont gagner directement I ecorce du lobe occipital sans s'arrêter aux ganglions, ainsi que le font l'immense majorité des fibres qui constituent la capsule interne, surtout dans ses régions antérieure et moyenne.
Il serait à désirer que toutes les relations que nous avons dû décrii'e à la suite des auteurs qui ont cru les découvrir entre les masses ganglionnaires et les fibres nerveuses afférentes ou efférentes, présentassent le même degré de certitude. La plupart d'entre elles ne sont établies que sur des preuves fort insuffisantes dans l'examen desquelles nous ne pouvions entrer, car il nous eût fallu passer en revue non-seulement l'anatomic comparée du cerveau, mais encore la plus grande partie de la pathologie cérébrale.
De ces preuves, en effet, les plus rares, mais les plus positives, sont celles qui sont tirées de la dissection et de l'examen direct. Ainsi les connexions de la couche optique avec le pilier antérieur du trigone, avec les bandelettes optiques, celles du noyau caudé avec les pédoncules ou avec la massse blanche du lobe frontal, tous les faits qui ont été décrits par Meynert comme se rattachant à la disposition de l'anse pédonculaire, etc., etc., relèvent d'une constatation anatomique qu'avec une habileté suffisante tout le monde peut répéter.
D'autres sont tirées de l'anatomie pathologique et de l'expérimentation. Nous en signalions tout à l'heure un exemple. Mais elles font souvent défaut, car si l'étude des dégénérations secondaires, telle qu'elle a été inaugurée par les travaux de Ludwig Tiirck, donne des résultats d'une précision incomparable, ceux-ci font souvent défaut, notamment pour ce qui est des relations des ganglions cérébraux avec l'écorce de l'encéphale. Il faut de plus remarquer que les lésions des hémisphères cérébraux sont rarement assez limitées pour n'interrompre qu'un point de la continuité de la substance grise ou des faisceaux nerveux, et la propagation des altérations aux parties voisines du point primitivement atteint rend l'interprétation des phénomènes que l'on observe beaucoup plus obscure. Ce sont surtout les hémorrhagies cérébrales par la compression que le foyer hémorrhngique produit sur les parties adjacentes, qui déterminent des désordres que l'on est tenté de rapporter à la destruction même des points où elles se sont produites (Charcot). Ainsi l'on a longtemps rattaché à la lésion des corps striés ou de la couche optique les phénomènes qui n'étaient dus qu'aux altérations de voisinage, à la compression de la capsule interne, par exemple.
11 est certain pourtant que les lésions destructives qui intéressent la capsule interne, certains foyers situés en dehors des masses centrales dans le centre ovale de Vieussens, ou même des lésions corticales étendues à la fois en surface et en profondeur ont, par les scléroses descendantes qui leur font suite, pu fournir des données nombreuses à l'anatomie normale. Ce n'est point ici le lieu de développer ces preuves tirées de la pathologie {voij. Cerveau, Encéphale), et nous ne pouvons que rappeler sur ce point, avec les recherches de L. Tûrck, celles de Charcot, de Vulpian, de Bouchard, et les faits que l'on trouvera si lumineusement exposés dans les remarquables leçons du professeur Charcot.
Meynert s'est tout particulièrement aidé de considérations tirées de l'anatomie comparée, et nous avons cité d'ingénieuses applications de sa méthode. Mais cette sorte de preuves laisse une place plus large encore aux hypothèses, et les notions anatomiques que l'on en tire ne sont que des déductions plus ou moins éloignées et prêtant le flanc à bien des objections.
Enfin, dans ces derniers temps, Flechsig a cherché à fonder sur l'observation du développement des centres nerveux, une description schématique de l'archi-
CORPS OPTU-STRIE.
teclure de l'axe céi'ëbro-spinal. Les résultats obtenus par cette méthode, qui présente les mêmes points faibles que la précédente, dont elle se rapproche, s'appliquent surtout à la distribution, aux origines et au parcours des fibres qui entrent dans la constitution de la moelle épinière.
M. Duret, dans une intéressante communication à la Société de biologie, montrait de son côté, que le développement des corps opto-striés, contemporain de celui de l'expansion pcdonculaire, semblait en être une dépendance ; qu'à mesure que celle-ci se développe, ils montent avec elle et proéminent dans la cavité du ventricule : fait qui établit une fois de plus les relations qui unissent les pédoncules aux noyaux gris du cerveau.
Mais ces considérations sont inséparables de l'étude de la physiologie et du développement de I'encéphale, pris dans son ens'emble. Nous ne pouvons que les indiquer ici, et si nous avons dû fiiire connaître dans cet exposé sommaire quelques-uns de ces travaux récents, nous sommes forcé de reconnaître que l'anatomie des ganglions du cerveau, pour ce qui touche à leurs relations, soit avec la substance corticale, soit avec les parties inférieures du névraxe, n'est point encore assise sur des preuves qui puissent défier la critique et dispenser l'observateur d'un contrôle sévère.
Pour se rendre un compte exact des rapports des ganglions du cerveau avec la'"capsule interne et avec la couronne rayonnante, par une sorte de vue d'ensemble, on ne saurait mieux faire que de les étudier sur des coupes dirigées
d'une façon méthodique et rationnelle. On peut sur ce point consulter avec profit les recherches de M. Féré sur la topographie cérébrale. Mais il nous paraît préférable encore d'avoir recours à un système de coupes, parallèles au sillon de Rolando, passant par des points facilement déterminés d'avance, telles que propose de les pratiquer M. Pitres dans son intéressant travail sur la nomenclature des différentes régions du centre ovale des hémisphères cérébraux. Nous les avons fait reproduire, et nous en empruntons l'explication à l'auteur lui-même. Ces coupes sont toutes parallèles au sillon de Rolando.
La première de ces coupes doit être pratiquée à 2 centimètres en avant de lui. Elle divisera les trois circonvolutions frontales antéro-postérieures au voisinage de leur insertion sur la circonvolution frontale ascendante, c'est-à-dire au voisinage de leur pied. Aussi peut-on lui donner le nom de coupe pédiculo- frontale. Elle doit diviser en particulier la troisième circonvolution frontale au niveau du sommet de la première courbe à convexité supérieure que forme cette circonvolution au moment où elle se sépare de la frontale ascendante. Si nous jetons un coup d'œil sur l'aspect que présente cette coupe (fig. IX), nous y voyons le plan de section des trois circonvolutions frontales (1, 2, 5), de l'ex-
Fig. IX. — Coupe pédiculo-frontale.
1, 2, 3. Première, deuxième et troisième circonvolutions frontales. — 4. Exlrémilé antérieure du loliule de l'iusula. — 5. Extrémité postérieure des circonvolutions or- Litaires. — 6. Faisceau pédiculo-frontal supérieur. — 7. Faisceau pédiculo-frontal moyen. — 8. Faisceau pédiculo-frontal inférieur. — 9. Faisceau orbitaire. — 10. Corps calleux. — 11. Noyau caudé. — 12. Capsule interne.— 13. Noyau lenliculaire.l
CORPS OPTO-STP.IÉ.
Irémité antérieure du lobule de l'insula (4), et de l'extrémité postérieure des circonvolutions orbitaires (5). Le corps strié est divisé à son extrémité antérieure, et ses deux noyaux (H, 13) ayant à ce niveau à peu près le même volume, sont séparés par la capsule interne (12). Le centre blanc de cette région doit être divisé par la pensée en trois triangles par deux lignes fictives partant du fond des scissures frontales supérieure et inférieure et se dirigeant vers la capsule interne. Ces triangles adossés l'un à l'autre ont leur base en rapport avec les circonvolutions et leur sommet avec la capsule interne dont ils prolongent les irradiations. On peut donc leur donner les noms de faisceau pédiculo-frontal supérieur (G), pédiculo-frontal moyen (7) et pédiculo-frontal inférieur (8).
La deuxième coupe sera pratiquée au milieu de la circonvolution frontale ascendante. Sur cette coupe, qu'on peut appeler frontale, on aperçoit le plan de section de la circonvolution frontale ascendante dans toute son étendue
Fi;;. X. — Coupe frontale.
1. Circonvolution fiontalo ascendante. — 2. Loljule de l'insula. — 3. Circonvolutions sphénoïdales. — 4. Faisceau frontal supérieur. — 5. Faisceau frontal moyen. — 6. Faisceau frontal inférieur.— 7. Faisceau sphénoïdal. — 8. Corps calleux. — 9. Noyau caudé. — 10. Couche optique. — 11. Capsule interne. — 12. IS'oyau lenticulaire. — 13. Capsule externe. — 14. Avant-mur.
Fig. XI. — Coupe pariétale.
1. Circonvolution pariétale ascendante. — 2. Lobule de l'insula. — 5. Lobe sphénoïdal. — i. Faisceau pariétal supérieur. — 5. Faisceau pariétal moyen. — 6. Faisceau pariétal inférieur. — 7. Faisceau sphénoïdal. — 8, 9, 10, 11, 12, 15, 14. Comme dans la figure précédente.
(fig. X, 1) du lobule de l'insula (2), et, plus bas, celui des circonvolutions qui forment le lobe sphénoïdal (5) . Le noyau caudé est beaucoup moins volumineux que dans la coupe précédente (9). Le noyau lenticulaire est, au contraire, dans son plus grand développement et montre distinctement ses trois segments superposés (12). Enfin, la couche optique (10) et l'avant-mur (14) apparaissent. La portion blanche, sous-jacente à la circonvolution frontale ascendante, doit être divisée en trois segments selon qu'elle coiTCspond au tiers supérieur, moyen ou inférieur de cette circonvolution, et l'on peut donner à ces trois faisceaux
il4
CORPS OPTO-STRIÉ.
le nom de faisceau frontal supérieur {A), frontal moyen (5) et frontal inférieur (0). Au-dessous des masses centrales se trouve le faisceau sphénoïdal (7) qui occupe le centre du lobe du même nom.
La figure X[ représente une troisième coupe pratiquée au niveau de la circonvolution pariétal ascendante. Par son aspect général elle ressemble beaucoup à la précédente, mais le noyau lenticulaire et l'avant-mur y sont moins volumineux. Le centre ovale peut y être divisé en faisceaux pariétal supérieur (4)^ moyen (5), inférieur (6) et en faisceau sphénoïdal (7).
Enfin, une quatrième coupe (fig. XII), pratiquée à o centimètres en arrière du sillon de Rolando, divisera les pieds des lobules pariétaux. Cette coupe atteint
la couche optique à son extrémité postérieure (9), et l'on y voit une double section du noyau caudé (8, 10), à cause de l'inflexion qu'il subit en arrière de la couche optique; le noyau lenticulaire et l'avantmur n'existent plus. D'après les mêmes princi[}es que pour les coupes précédentes, nous distinguons dans cette coupe un faisceau pariétal supérieur (4), un faisceau pariétal inférieur (5) et un faisceau sphénoïdal (G).
Sur ces trois dernières coupes nous voyons deux systèmes médullaires distincts : l'un supérieur, qui se jette dans la zone motrice corticale ; l'autre inférieur, qui se met eu rapport avec les circonvolutions sphénoïdales.
Les artères qui se distribuent aux ganglions du cerveau proviennent de l'artère sylvicnnc, de la cérébrale antérieure et de la cérélu'ale postérieure. Elles ont été de la part de M. Duret en France, et de M. Heubner en Allemagne, l'objet de minutieuses recherches ; on n'en peut trouver de meilleure description que celle qu'en a donnée le professeur Charcot dans ses leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau.
l'' h'artère sylvienne fournit à la plus grande partie du noyau caudé, à la totalité du noyau lenticulaire, à une portion de la couche optique, à toute l'étendue de la capsule interne.
Émanées, dit M. Charcot, du bord supérieur de la sylvienne, les artères du corps strié pénètrent dans les trous de l'espace perforé antérieur. Pour les étudier dans leur trajet intra-cérébral, il faut enlever couche par couche l'insula, l'avant-mur, la capsule externe ; quand la face externe du noyau lenticulaire est à nu, pour peu que les artères de l'encéphale aient été pénétrées par une injection poussée jusque dans leurs terminaisons, on voit ces artères former comme un éventail à la surface du noyau gris, où elles pénètrent à une assez courte distance de leur origine, dans l'épaisseur même de la zone externe.
Sur des coupes transversales on peut suivre leur trajet profond, mais on voit
b'ig. Xn. — Coupe pédiculo-paiiétale.
1. Lol)ule pariélal supérieur. —2. Lobule pariétal inférieur. — 5. Lobe spbcnoïdal. —