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Faisceau pédiculo-pariélal inférieur

6. Faisceau spliénoïdal. — 7. Corps calleux. — 8 et 10. Noyau caudé. — 9. Coucbe optique.

CORPS OPTO-STRIÉ.

qu'elles ne sont pas les seuls rameaux que reçoive le noyau lenticulaire. Si la coupe est pratiquée en arrière du chiasma, l'on aperçoit quelques ramuscules plus grêles qui, montant presque verticalement à partir du tronc de la sylvienne dont elles se détachent, s'irradient dans l'épaisseur des deux zones internes du noyau exlra-ventriculaire ; ce sont les artères striées internes. Les artères striées externes, plus volumineuses (celles que découvre la coupe que nous venons de

Fig. Xni. — Artères du corps slrié et territoires vasculaires des ganglions, d'après Durât (coupe

transversale des liémisplières cérébraux faite à 1 centimètre en arrière du chiasma). Cl), Chiasma. — B, Section de la bandelette optique. — L, Noyau lenticulaire. — I, Capsule interne. — C, Noyau caudc. — li. Capsule externe. — T, Avant-mur. — lî, Écorce di; l'insula. — V, V, Ventricules latéraux. — P, P, Piliers du triçone. — 0, Substance grise du troisième ventricule.

1, Territoire de l'art, cérébrale antérieure. — II, Id. de l'art, sylvienne. — III, Id. de la cérébrale postérieure. — 1, Carotide interne. — 2, Sylvienne. — 3, Cérébrale antérieure. — i, Artères externes du corps strié (lenticulo-striées). — 3, Artères internes du corps strié (lenticulaires).

faire connaître), se divisent en deux groupes : M. Charcot désigne sous le nom à'arlères lenticulo-striées le groupe antérieur de ces artères sti^iées externes. Après avoir fourni des branches de division à la zone externe du noyau lenticulaire, elles traversent la partie supérieure de la capsule interne et abordent le noyau caudé, oii elles se terminent en cheminant d'arrière en avant jusqu'à son extrémité. Leur rôle dans la pathogénie des liémorrhagies cérébrales est si important que M. Charcot propose même pour la plus volumineuse d'entre elles le nom pittoresque d'artère de Vhémorrhagie cérébrale.

Le groupe postérieur, auquel on pourrait réserver le nom d'artères lenticulooptiques, après avoir de même traversé la partie postérieure de la capsule interne, arrive à la partie antérieui'e et externe de la couche optique.

2" h\irtère cérébrale antérieure ne fournit qu'à la partie la plus antérieure du'noyau caudé, et même pas d'une façon constante,

3" L'firière cérébrale postérieure ne fournit qu'à la couche optique ; mais elle lui envoie deux rameaux inqiortants : l'artère optique postérieure interne, qui naît tout près de l'origine de la cérébrale postérieure au tronc basilaire et qui se distribue à la face interne de la couche optique : cette artère fournit souvent à des hémorrhagies cérébrales, graves surtout parce qu'elles se compliquent d'hémorrhagie ventriculaire; V artère optique postérieure externe, qui vient de la cérébrale postérieure au moment où elle vient de contourner le pédoncule céré-

CORPS OPTO-STRIE.

bral : cette artère s'engage dans l'épaisseur de ce pédoncule avant d'arriver à la couche optique, et sa rupture détermine souvent une hémorrhagie dans Tinté-

rieur même de cet organe.

Fig. XIV. — Territoires vasculaires des ganglions du cerveau, d'après M. Duret. S, Commissure grise. — 0, 0, Couches optiques. — V, Ventricule latéral. — V, Sa corne sphénoïdale. — P, P, Capsule interne ou pied de l'expansion pédonculaire. — L, L, Noyau lenticulaire. — K, Capsule externe. — M, Avant-mur. — B, Troisième ventricule. — A, Corne d'Ammon. — i, Territoire de l'art, cérébrale antérieure. — II, De l'artère sylvienne. — III, De l'artère cérébrale postérieure.

Quant aux veines qui émanent des ganglions du cerveau, elles constituent l'une des plus volumineuses origines des veines de Galien, mais elles ont été peu étudiées jusqu'à ce jour. Paul Bergeb.

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CORPS THYROÏDES. 717

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§ II. Développement. Voy. EncÉI'HALE.

^ III. Physiologie e* pathologie. Voij. Cerveau, E.xcéphale, Nerveux (tissu).

CORPS oviFORMES. Les corps oviformes sont ainsi appelés parce qu'ils offrent des analogies avec les ovules de certains vers intestinaux. Ils sont plus ou moins régulièrement ovoïdes, de couleur blanchâtre, et présentent une enveloppe avec des granulations. On les rencontre très-fréquemment à la surface du foie chez le lapin domestique, et c'est là qu'on les a recueillis pour en faire l'objet d'études nombreuses. On les a aussi observés sur le foie de l'homme (Gidjler). Leur histoire détaillée sera mieux placée à l'article Psorospermie.

CORPS PBTUITAIRE. Voy. Cerveau.

CORPS RESTIFORME. Voy. Cervelet et Moelle.

CORPS SPOlMftIEUX DE L'URÈTDRE. Voy. UrÈTHRE.

CORPS STRIÉ. Il est traité du corps strié en même temps que de \i couche optique au mot Corps opto-strié. » D.

CORPS TBBTROÏDE. Voy. Thyeoïde.

CORPS "VITRÉ. Le corps vitré est une substance gélatineuse, diaphane, incolore qui sépare le cristallin de la membrane sensible de l'œil. Renfermé dans l'hyaloïde, comme le cristallin dans sa capsule, il remplit la chambre postérieure de l'œil et y joue optiquement le rôle du dernier milieu de ce système réfringent. (Son indice de réfraction est à très-peu près celui de l'eau : i ,34.) Mécaniquement, et à son degré régulier de pression intérieure, il maintient à leur place respective, le cristallin en avant, la rétine en arrière. C'est ce degré, quelque peu variable, de pi'ession, qui établit l'équilibre physiologique ou au contraire, pathologique, désigné sous le nom de « tension intra-oculaire ». On sait quelle importance possède aujourd'hui cette qualité dans l'appréciation des états pathologiques de l'organe visuel.

Membrane d'enveloppe ou hyaloïde. Nous venons de dire que le corps vitré est enfermé dans une enveloppe close de toutes parts. Cette membrane est constituée par un tissu hyalin extrêmement subtile et, comme les autres membranes vitrées, dépourvu de structure. Elle adhère par sa périphérie à la surface de la rétine, dans toute son étendue, et d'une manière encore plus intime aux deux circonférences extrêmes qui limitent cette membrane ; à savoir : en arrière, au pourtour du disque optique au-devant duquel elle passe ; en avant, à Yora serrata. En celte région, elle se fond entièrement avec la charpente fibreuse de la rélinc et les expansions du stroma de la choroïde pour former d'abord la pars ciliaris relinœ, puis la zonule de Zinn. Arrivée au sommet du canal de Petit, elle abandonne cette dernière pour gagner la surfJice postérieure du cristallin, se fusionne avec la délicate cristalloïde postérieure, et forme là le chaton qui reçoit la lentille, ou la fossette hijalo'idienne.

Slnicture du corps vitré. Si l'on s'en tient aux observations micrographiques, la structure du corps vitré est bien controversée. Chez l'adulte, il semble privé de structure. Desséché lentement, il se réduit à une membrane légère ; mais l'humidité lui étant graduellement rendue, il reprend ses dimensions et ses apparences premières.

Cependant et suivant une école histologique très-autorisée, sa structure serait, en partie au moins, réellement cellulaire. Le corps vitré est, d'après Yirchovv, le type histologique du. tiss7i muqueux, substance hyaline contenant des cellules arrondies suivant les uns, fusiformes ou étoilées suivant d'autres.

La délicatesse extrême et la transparence des éléments rendent ici quelque peu insuffisants les témoignages du microscope.

L'anatomie pathologique, les observations ophthalmoscopiques seront moins douteuses ; et de leur rapprochement sortiront, assurément, des renseignements plus précis.

Commençons par ces dernières ;

Apparences physiologiques ophthalmoscopiques. Dans l'état sain, chez l'adulte ou l'enfant, le corps vitré ne se reconnaît qu'à la distance qui sépare, ophthalmoscopiquement, les membranes profondes des parties antérieures de l'œil. Il est d'une transparence absolue.

Chez le vieillard, cette transparence est diminuée, surtout dans les couches les plus antérieures : diminution qui se révèle par une teinte plus ou moins opaline, indice d'une nutrition interstitielle moins parfaite. 11 y a là, pour le praticien, une cause fréquente d'erreurs ou, au moins, d'incertitudes diagnostiques; et cette opalinité en a souvent imposé pour un commencement d'opacité cristallinienne.

Après un certain âge, il sera donc toujours prudent, en présence de ces reflets opalins, de vérifier, par l'analyse des images catoptriques du cristallin, le degré de pureté ou, au contraire, d'altération possible de la transparence de ce dernier organe. Si les images de Purkinjc et Sanson, l'image renversée surtout, sont correctes, on peut, sans hésitation, affrancliir le cristallin de tout soupçon, et reconnaître le corps vitré pour le siège de ces amoindrissements de la transparence.

L'affirmation trouvera ensuite des éléments complémentaires dans l'observation ophlhalmoscopique, l'examen binoculaire permettant de localiser à leur place même, dans telle ou telle région, à telle ou telle profondeur dans le corps vitré, le siège même des opacités partielles dont l'existence a été annoncée par les renseignements précédents.

Ophthalmoscopie. Anatomo-pathologie vivante du corps vitré. Les premiers signes d'une altéi'ation du corps vitré sont donc fournis par la propriété qu'il acquiert d'être devenu visible. Il renvoie à l'observateur de la lumière réfléchie, soit diffuse, soit régulière. L'exploration opbthalmoscopique fait alors reconnaître, dans la chambre postérieure, depuis une obscurité complète jusqu'aux moindres troubles partiels de sa transparence, comme nuages, flocons, membranes ou membranules, etc., etc.; elle permet, non-seulement de juger de leur position relative, mais laisse reconnaître en arrière, plus ou moins voilés, les détails appartenant aux membranes profondes.

Suivant la région qu'elles occupent, ces altérations concrètes pourront être reconnues plus ou moins immédiatement. Ont-elles pour siège les régions antérieures du corps vitré, leur position, très-antérieure par rapport au foyer principal postérieur de l'œil, permet de les reconnaître très-aisément à l'image droite (théorie de la loupe) ; et même, si la pupille est largement dilatée, à l'éclairage latéral.

Dans cette dernière catégorie on rangera les stries grisâtres qui constituent les cataractes polaires postérieures et qui appartiennent plus souvent au corps vitré qu'à la lentille elle-même (dépôts de la fossette hyaloïdienne).

Vues par réflexion, ces opacités apparaissent avec leur couleur propre, grisâtre, comme nous venons de le dire. A l'éclairage opbthalmoscopique, ou par transparence, formant écran sur le chemin des rayons renvoyés par les parties profondes de l'œil, elles se montrent comme des taches noires se détachant sur fond rouge (clioroïdien).

Les opacités vitrées proprement dites offrent, comme étendue et coloration, tous les degrés, depuis un tin pointillé circonscrit ou disséminé, jusqu'aux éléments figurés les plus accentués ; on les rencontre à l'état de flocons, de filaments, de membranules et enfin de membranes, et variant de coloration du gris au noir.

On en rencontre même d'une certaine espèce qui ont longtemps grandement intrigué les observateurs : ce sont des parcelles brillantes, chatoyantes, argentées, extrêmement mobiles dans le corps vitré où elles sont suspendues ; on les a comparées à des pluies d'étoiles. Ce sont les parcelles de cholestérine du synchysis étincelant.

Toutes ces opacités sont d'ailleurs toujours plus ou moins mobiles ; elles se déplacent comme spontanément, c'est-à-dire au moindre mouvement du globe ou de la tête ; ce qui fournit un moyen de les faire réapparaître lorsqu'elles ont plongé derrière le diaphragme uvéal.

Ce caractère implique nécessairement un certain degré de ramollissement du corps vitré.

Quelquefois, si ces troubles sont dus à la présence d'un petit corps étranger pénétrant, le trajet suivi par ce dernier se dessine sous la forme d'un canalicule membraneux persistant.

Dans quelques circonstances, on a même noté sur ces membranes la présence de vaisseaux de nouvelle formation.

Les exemples ne sont pas très-rares dans la science de la rencontre dans le corps vitré soit d'un vaisseau, soit seulement d'une trace canaliculée ou opaque laissée par un vaisseau disparu, et se rendant du disque opiiquc au pôle postérieur du cristallin. C'est la trace de Vartère centrale liyaloïdieniie survivant à la phase intra-utérine.

On trouve, à la lecture des auteurs, le témoignage de quelques difficultés rencontrées par eux dans la détermination de la position absolue ou relative de ces corps étrangers suspendus dans la chambre postérieure. Elles se rapportent évidemment à l'emploi de l'ophtlialmoscope uni-oculaire.

L'observation avec nn seul œil exige pour la détermination des plans différents occupés par les objets de l'examen, la mise en œuvre de l'analyse dite parallactique. On sait que cette méthode s'appuie sur l'étendue relative des déplacements transversaux des images de deux points inégalement distants, lorsque l'on fait mouvoir perpendiculairement à l'axe du système réfringent, la lentille ophthalmoscopique. Or, cette étude exige la connaissance sérieuse de l'ophthalmoscopie et une expérience pratique suffisante.

L'observation binoculaire annule immédiatement ces difficultés ; l'observateur le plus novice apprécie instantanément, et comme dans la vision naturelle, les distances relatives de ces différents plans de la perspective ophthalmoscopique. .

Ici s'applique excellemment la méthode additionnelle conseillée par Knapp. En écartant de l'œil observé, et portant à environ deux fois sa longueur focale principale, la distance de la lentille ophthalmoscopique, tout le globe oculaire vient offrir son image à trois dimensions en avant du foyer de la lentille. L'observateur peut alors se rendre compte avec une merveilleuse exactitude de la position successive de tous les plans transversaux qui peuvent être occupés par des corps visibles suspendus dans les milieux plus ou moins diaphanes de l'organe.

Nature inflammatoire de ces altérations. Que sont ces productions diverses ?

Répondons avec la plus grande partie des auteurs modernes; si l'on en excepte les corps étrangers pénétrants, et les éléments pathologiques concrets provenant des lésions des membranes voisines, ces corps opaques sont des produits inflammatoires.

Ce n'est point là, du reste, une simple opinion.

Trois sources positives conduisent, concurremment, à la connaissance du mécanisme pathologique de ces productions inflammatoires.

\° L'observation ophthalmoscopique, appliquée aux phénomènes qui suivent la pénétration, et l'arrêt, dans le corps vitré, de petits corps étrangers qui y demeurent suspendus.

2" L'observation de la réparation des plaies du globe, compliquées de hernies du corps vitré.

3° L'analyse microscopique post mortem [oculi).

LUHPJS VITKE. 721

Enseignements apportés par l'opIdJudmoscopie. Une expérimentation due à Donders montre que le corps vitré peut devenir le siège d'un processus tout à fait analogue au tableau de la période dite de tuméfaction trouble de la prolifération cellulaire. Cet éminent physiologiste ayant réussi à loger un petit fragment de fil élastique dans l'intérieur du corps vitré d'un animal, put suivre, au moyen de l'oplithalnioscope, son enveloppement lent et graduel par une opacité d'abord nébuleuse, puis de plus en plus concrète, mais toujours limitée et circonscrite autour du petit corps étranger. Cette opacité demeura un certain temps parfaitement isolée au milieu de la substance transparente qui l'entourait, sans nulle communication avec les membranes voisines.

La même observation peut se faire journellement dans les circonstances suivantes :

Un corps étranger de petit volume, un entozoaii'e, un fragment de substance lenticulaire, un petit dépôt sanguin, se voient, au bout de très-peu de temps, enveloppés par un petit trouble ou nuage, qui les emprisonne comme un cocon, avec ou sans aucune communication avec les membranes voisines. Ce premier degré de ttiméfaction trouble devient alors le point de départ d'une néoplasie connectrice soit, absolument localisée, soit plus ou moins étendue et pouvant envoyer des ramifications vers les tuniques oculaires, mais souvent aussi demeurer circonscrite.

Ce processus est celui qui accompagne le développement du cysticerque dans le vitré.

Témoignage apporté par l'observation de la cicatrisation des plaies tclérales ou cornéalcs, compliquées de procidence du corps vitré.

Dans ces circonstances encore, on peut en effet suivre dans son mécanisme la prolifération cellulaire du corps vitré. Interposé entre les deux lèvres de la plaie sclérale ou cornéalc, le corps vitré s'unit à la cicatrice par production néoplastique, et la partie lierniée, avant d'être éliminée, se trouble et finit par pi'endre l'aspect et les caractères du muco-pus (Schweigger) ; nous avons eu occasion, avec bien d'autres sans doute, de vérifier ce fait.

Nous venons de nous servir du terme « prolifération cellulaire » en rendant compte de faits à l'égard desquels l'assertion pourrait sembler téméraire, d'abord parce que les opinions sur la constitution cellulaire du corps viti-é sont encore en suspens ; secondement parce que dans ces observations le microscope n'est point intervenu.

L'anatomie pathologique justifie cependant entièrement l'emploi de ce terme, comme on va le voir. Du reste on n'en est plus au temps où la présence de vaisseaux dans un tissu était nécessaire pour le faire admettre comme siège possible d'une inflammation.

Anatomie pathologique. Si l'on demande à l'anatomie pathologique ce que sont ces opacités, soit diffuses, soit figurées, elle répond que les unes et les autres sont des produits inflammatoires, c'est-à-dire comme partout, lov effets de la prolifération de cellules nécessairement préexistantes.

L'existence de ces cellules étant niée par aucuns, le témoignage des micrographes semblerait devoir être ici lui-même suspecté. Mais le doute tombe si l'on considère les états consécutifs observables dès que la période de trouble s'est quelque peu affirmée. Alors on constate dans ces milieux troublés tous les degrés connus et classiques de l'évolution cellulaire inflammatoire et, en particulier, celui de tous le plus incontesté comme signe mûammsiioive, Y élément purulent.

DICT. ENC. XX. 46

uu m o Y 1 1 i>u.

Ces néoplasies peuvent présenter deux laçons de se comporter : tendre vers une organisation plus élevée — ce qui arrive, comme dans les autres tissus, quand le processus est peu actif et prolongé ; — ou bien, au contraire, sous une influence irritative plus marquée, prendre une allure rapide et marcher alors vers la purulence.

D'où les formes hypertrophique et suppurative. Tant que la maladie demeure ophtlialraoscopique, ou le milieu encore plus ou moins pénétrable au regard, c'est que la prolifération est moins vive, qu'elle n'a pas encore atteint les hauts degrés de développement cellulaire.

Les cellules arrondies primitives, tout en s'opacifiant, tendent vers le type fusiforme des corpuscules de tissu connectif, néoplasique, pour former finalement des bandelettes fibreuses, onduleuses et même des fragments de membranes, dont on peut suivre le développement à l'ophthalmoscope.

Les états diffus même légers en apparence, mais pour lesquels l'observation ophtlialraoscopique devient promptement impuissante, correspondent au contraire aux évolutions rapides, et l'anatomie pathologique y rencontre souvent de bonne heure des manifestations de la pi'olifération suppurative.

Une semblable anatomie pathologique suppose donc l'existence et de cellules dans le corps vitré, et l'aptitude de ce milieu à l'évolution inflammatoire. Cette inflammation a reçu le nom d'hyalitis. Développement, marche et terminaison de l'hyalitis.

a. Forme hypertrophique. Dans cette forme, les néoplasmes ont d'autant moins de chances d'altérations consécutives que le degré de leur développement a été primitivement plus élevé. Ceux qui ont atteint l'état de tissu connectif sont en général permanents. Telles sont aussi les cataractes polaires postérieures ou hyaloïdiennes.

Les produits moins complètement formés sont plus accessibles à la transformation régressive.

Cependant les particules figurées qu'ils constituent, tout en se contractant sur elles-mêmes, demeurent le plus souvent, dans la masse, à l'état de corps mobiles. 11 est vrai que les opacités diffuses peuvent, dans le principe, et si leur prolifération n'est pas très-vive, rétrocéder et se voir absorbées. Nous pourrions citer de nombreux exemples de restitution de la transparence du coi'ps vitré.

Phénomènes concomitants. Ramollissement du corps vitré. Synchysis. La présence de corps de nouvelle formation dans l'hyaloïde ne se rencontre guère sans un certain degré de ramollissement. C'est la première conséquence à tirer de la mobilité des petits corps opaques que l'on y voit flotter (flocons, corps flottants). Le ramollissement du vitré est donc un des symptômes concomitants, et des premiers, de l'hyalitis.

Ce ramollissement, quand il est assez prononcé, porte le nom de synchysis ; il est tel alors que les corps tenus premièrement en suspension dans le corps vitré, peuvent tomber dans les régions inférieures de l'enveloppe vitrée et disparaître du champ visuel ; mais un brusque mouvement de l'œil peut les faire remonter, les lancer dans une direction donnée et les rendre de nouveau accessibles à la vue.

Lorsque les corps flottants dans le corps vitré sont mêlés à des paillettes de cholestérine (transformation régressive), le synchysis prend alors le nom de synchysis etincelant.

Parmi les signes objectifs que peut présenter le ramollissement du corps

CORPS VIÏRE. 723

vitré, les auteurs citent la mobilité de l'iris. Ce symptôme n'a pas, en réalité, la signification absolue qu'on lui attribue. Le tremulus iridis n'existe guère, à la vérité, sans flnidification préalable du corps vitré. Mais la réciproque n'est point vraie ; et le plus grand nombre de cas de fluidité de l'hyaloïde est loin d'offrir ce symptôme. Le tremblement de l'iris est simplement l'indice d'un relâchement, en quelque point de sa circonférence, de l'appui solide sur lequel repose physiologiquement la membrane. Il suppose un déplacement du cristallin, soit par luxation, soit, à un moindre degré, par simple distension de la zonule de Zinn, ramollie ou relâchée.

Remarque. Le ramollissement du vitré n'est pas le signe exclusif d'un état inflammatoire actuel ou antérieur de cet organe. Il peut être simplement l'effet d'un accroissement relatif de son excipient aqueux (voy. sa constitution histologique). Cet accroissement, caractère anatomique premier de certaines affections spéciales dites glaucomateuses, peut se produire sans apparence de processus inflammatoires, sous l'influence (probable) d'une simple suractivité des nerfs ciliaires (5" paire). C'est ce ramollissement-là qui s'accuse, non par le ramollissement du globe lui-même, mais, au contraire, par son accroissement de tension.

Enfin, la fluidification du vitré est un des symptômes concomitants de l'atrophie du globe, et alors avec ramollissement général de l'organe. Quand celte atrophie est simplement le fait du marasme sénile, on peut encore se croire autorisé à la soustraire à l'idée d'inflammation et à rapporter ce phénomène au déficit de la nutrition normale.

Terminaison. La marche de l'inflammation dans la forme hypertrophique est naturellement plutôt lente. On ne s'étonnera donc pas de voir apparaître, à une certaine époque de son évolution, des vaisseaux de nouvelle formation sur les membranes ainsi formées; et ces vaisseaux se rattachent aux troncs vasculaires des organes voisins, rétine, procès ciliaires, nerf optique. A raison de ce voisinage et de ces communications, on ne sera pas plus surpris de rencontrer sur ces membranes des incrustations pigmentaires.

La lenteur du processus explique de même sa disposition aux transformations régressives, et l'absorption consécutive de certains de ces éléments :

C'est ainsi que l'on y rencontre des cristaux de cholestérine (synchisis étincelant), et tous les produits de l'évolution adipeuse; les dépôts calcaires n'y sont point inconnus, non plus que les ossifications partielles.

On ne s'étonnera pas davantage d'y rencontrer des corpuscules de san^ soit frais, soit déjà transformés par la métamorphose pigmentaire.

Ces processus sont généralement très-lents. Cependant, si les mouvements inflammatoires se reproduisent fréquemment, Vatrophie du globe peut en être la conséquence ; le globe entier peut dégénérer en tissu connectif. Le corps vitré prend alors la forme d'un cratère ou d'un entonnoir plein de néoplasmes trabéculaires à tous les degrés de prolifération, fibreux, tendineux, calcaires et même osseux. La rétine, soudée à la membrane hyaloïde, la suit dans son retrait de la périphérie vers le centre, et leur ensemble forme une sorte de champignon dont le pied est au disque optique et le chapeau soudé au cercle ciliaire, à la capsule postérieure, à la lentille elle-même souvent devenue calcaire. L'espace qui sépare la rétine de la choroïde est alors rempli par un liquide séreux, et il n'est pas rare de trouver, en ces circonstances, la choroïde elle-même envahie par le tissu osseux.

[Ce déplacement de la rétine suivant, dans son retrait, le corps vitré, nous offre le mécanisme de la forme de décollement rétinien décrite sous le nom de décollement par attraction.]

Une telle issue suit souvent la suppuration de la cornée et l'expulsion de la lentille : c'est une des formes de l'atrophie.

b. Forme sup pur ative. Cette forme est, comme dans les autres tissus, amenée par un mouvement plus rapide de la prolifération cellulaire. L'observateur peut la reconnaître parfois, à son début, à la teinte jaunâtre des pi'emiers troubles aperçus dans l'œil, particulièrement à l'éclairage latéral. Car, eu égard à la rapidité du processus, le trouble s'étend vite, gagne même plus ou moins promptement les tissus voisins, et bientôt une opaciflcation générale dérobe à l'observateur les processus ultérieurs.

Dans cette forme, l'anatomie pathologique révèle, comme nous l'avons dit plus haut, parmi les produits d'une abondante prolifération, tous les degrés d'évolution cellulaire inflammatoire, de la dégénérescence graisseuse, de la nécrobiose, et, enfin, du développement du tissu connectif néoplastique, jusqu'à la formation d'épaisses meadjranes recouvrant les parties antérieures du corps vitré. Avec un mouvement plus accentué, cette terminaison peut rentrer dans le cadre de celle que nous venons de décrire [atrophie progressive).

Cependant, dans la forme suppurative, l'issue n'est généralement ni lente, ni d'apparence bénigne. La supjiuration (forme suppurative infiltrée) envahit généralement le corps vitré tout entier, gagne les tissus vasculaires voisins, un véritable abcès se forme, le pus s'ouvi'e une issue et le bulbe est détruit par phtilisie. Dans d'autres cas, le mouvement se calmant, le pus ne s'ouvre pas un passage à l'extérieur, les éléments subissent la transformation régressive, le globe s'atrophie et se transforme en un moignon ratatiné.

Cette forme, le plus souvent un résultat traumatique, s'accompagne presque sans exception de l'inflammation, suppurative également, de la choroïde. Son histoire symptomatique est tout entière fondue dans celle de la choroïdite dont il est difficile de la différencier.

Symptomatologie subjective. L'examen ophthalmoscopique est généralement provoqué par des symptômes visuels accusés par le malade. Ces symptômes consistent en troubles et nuages, plus ou moins accentués, qui s'interposent entre le sujet et l'objet qu'il fixe, ou qui se montrent dans les régions du champ visuel en rapport de projection avec la position réelle des parties opacifiées. Ces ombres, ces corps plus ou moins nettement circonscrits, sont d'ailleurs mobiles ; le malade dit qu'ils passent devant lui, il les compare à des chapelets, à des filaments, des pattes d'araignée, des flocons nuageux, des membranes.

Le médecin peut inférer approximativement des déclarations du malade, la position de ces scotomes mobiles. Et d'abord, ces ombres sont d'autant plus nettement dessinées, affectent des formes d'autant pins distinctes, qu'elles occupent des régions plus voisines de la rétine ; en second lieu, le lieu du champ visuel où elles apparaissent dénote, par la notion de la projection inverse, le quadrant rétinien auquel elles correspondent.

Une des méthodes les plus précises pour déterminer subjectivement cette localisation est celle de l'analyse entoptique due à Brewsler, et au moyen de laquelle on peut même mesurer la distance des opacités à la rétine.

C'est cette méthode qui a permis de reconnaître la nature ou plutôt la position dans l'œil de ces scotomes mobiles du premier degré, pourrait-on dire,

connus sous le nom de mouches volantes, et trop exigus pour se déceler à l'examen objectif de l'ophtlialmoscope {voir l'art. Myiodopsie, du dictionnaire).

On comprend d'ailleurs que suivant leur nombre, leur étendue, ou leur degré de développement, ces éléments opacpies puissent amener tous les degrés possibles d'afl'aiblissement de l'acuité visuelle.

A un certain degré de leur développement ou plutôt dans certaines formes, ces opacités, réunies en petites masses mobiles dans l'bumeur plus ou moins liquéfiée, provoquent de la part du malade certains mouvements de la tète brusques, tout à fait caractéristiques et qui annoncent au médecin la nature de la lésion. Toutes les fois qu'ils veulent iixeravec attention un objet, ces malades relèvent brusquement la tète, par une saccade, comme pour cbasser quelque obstacle à leur vue, ce qui est, en effet, le cas.

Quelquefois, les malades accusent la présence subite d'un nuage rouge qui est venu s'interposer entre eux et le cbanq) visuel. La brusquerie de l'accident et cette couleur caractéristique ne permettent guère de douter de la nature du corps opaque; c'est un épancbement sanguin; et l'oplithalmoscope vient bientôt confirmer le diagnostic.

Etiologie. L'hyalitis reconnaît pour causes, par ordre de fréquence :

a. La propagation d'une inflammation aiguë de (juelqu"un des organes voisins, comme une choroïdite, une iridocyclite, une rétinitc, une panoplithalmite suppurative, le glaucome.

Le caractère de la phlegmasie du tissu voisin se l'éflète même dans celle du corps vitré, moins susceptible (jue les organes en proximité avec lui, sa tendance étant plutôt vers la formation néoplastique connective que vers la suppuration. Cette suppuration est donc d'un très-grave pronostic.

b. Les traumatismes : ceux-ci n'agissent en général sur le corps vitré que consécutivement à leur action sur les tuniques de l'œil, et proportionnellement à cette action.

c. La présence ou suspension de corps étrangers dans sa masse. Ici on voit le corps vitré s'enflammer sur place et en dehors de toute action de voisinage et de contiguïté. C'est même dans le processus obser\'é en seznblables circonstances qu'on a pu relever les conditions phlegmasiques propres au tissu lui-même. Ce processus est digne du plus grand intérêt [voir plus haut l'expérience de Donders) .

d. Les épanchements de sang fournis, en général, par la choroïde et dirigés dans le corps vitré le long des cloisons du tissu cellulaire qui forment la charpente perpendiculaire de la rétine. Ces épanchements ont lieu le plus souvent dans les régions antérieures, et l'examen par lumière réfléchie a permis parfois de les reconnaître à leur coloration. Plus tard, ils n'ont d'autres caractères que ceux de l'inflammation hypertrophique localisée qu'ils occasionnent et la cicatrice pigmentée apparente après guérison dans la l'étine et la choroïde. Le diagnostic est confirmé par l'instantanéité de la sensation subjective rouge en généi'al, quelquefois verdàtre.

Comme causes de ces épanchements eux-mêmes, on note : le ramollissement, la dégénérescence alhéroraateuse des vaisseaux choroïdiens, des troubles de la circulation générale (affections cardiaques) ou locale (embolies), ou du système abdominal, soit hépatique, soit utérin (ménopause). Un changement rapide d'équilibre de pression, comme api^ès une ouverture subite du globe, est un des mécanismes les plus fréquents de ces épanchements.

720 CORPS VITUÉ.

Les observations cliniques ne témoignent guère que ces épanchemenls puissent être dus parfois à la rupture de quelque vaisseau rétinien.

Le mécanisme des épanchemeats sanguins a été étendu, comme explication de la panophlhalmilc par propagation, ou de la formation des hypopyons postérieurs, au passage en nature du produit de la segmentation des cellules choroïdiennes dans le corps vitré, au travers de la rétine. Cette explication est assurément rationnelle. Ce mécanisme s'observe expressément, d'après Poncet, lors du passage dans le vitré des granules pigmentaires de l'épithélium cboroïdien, après rupture de l'enveloppe de leurs cellules. Ce passage s'opère fréquemment dans la région ciliaire, et l'on pourrait voir dans lesdits granules l'origine fréquente des inflammations du vitré. Ils y joueraient le rôle de corps étrangers et y provoqueraient la formation ou la prolifération de cellules à leurs différents degrés d'évolution.

Parmi les corps étrangers particulièrement enclins à venir se localiser dans le corps vitré, il faut citer les cysticerques.

L'opacification du corps vitré est une conséquence obligée des décollements rétiniens, quel que soit le point de départ de ces derniers. L'épanchement qui sépare alors la clioroïde de la rétine devient, primitivement ou secondairement, une cause suffisante de la lésion de nuti'ition du corps vitré.

Ivanoff et Knapp ont décrit récemment des cas de décollement de l'byaloïde elle-même, séparée de la rétine par un épaiichement sanguin. Les observations étaient nécroscopiques. Reconnue sur le vivant, si la chose se présentait, l'altération se marquerait sans doute par la distance relative du plan des vaisseaux rétiniens et de celui des opacités que pourrait offrir la surface de l'byaloïde.

Depuis que ces lignes sont écrites, et tout récemment, M. Badal nous a présenté un sujet atteint d'un épancbement subit de sang dans les parties profondes de l'œil. INotre confrère, en comparant, comme il vient d'être dit, la position relative des vaisseaux rétiniens avec celle des différentes régions de l'épanchement, à leurs degrés variables de résorption consécutive, avait reconnu, et nous après lui, que l'épanchement (dû à une rupture de vaisseaux l'éliniens) avait eu lieu entre les couches postérieures de la rétine et sa memhrarie Umilante interne, que l'on sait ne faire qu'un avec l'hyaloïde. Il y avait donc là un déplacement de l'hyaloïde par suite d'un dédoublement rétinien par épancbement sanguin. La chose, à l'examen binoculaire, ne faisait point doute. L'épanchement était relativement volumineux, faisait une saillie unie et lisse incontestable dans le vitré, et des vaisseaux rétiniens encore intacts recouvraient la saillie et se développaient sur elle. L'accident était survenu dans un effort de défécation chez une femme dans les années consécutives à la ménopause. L'observation intégrale sera sans doute publiée par M. Badal.

Traitement. Le corps vitré recevant sa nutrition de la choroïde, et la plupart de ses maladies de cette même membrane, le traitement réclamé par son inflammation est le même que celui suivi dans les affections choroïdiennes. La principale médication à leur opposer consiste dans l'emploi des altérants mercuriaux dont nous avons eu maintes fois à nous louer. Une cuillerée de sirop de Gibert tous les jours.

M. de Wecker vante les transpirations prolongées. Ayant eu à constater de mauvais effets des bains thermaux sulfureux dans ces inflammations profondes, nous n'oserions, vu l'analogie, appuyer sur les transpiratiuns.

Mais nous pouvons recommander l'essai des courants continus de Ilemak.

Nous avons par devers nous une demi-douzaine d'observations tout à fait concluantes, au moins au point de vue empirique. Dans ces observations, le courant voltaïque ascendant, en prenant cette expression comme indice de l'apposition du pôle positif ou cuivre sur l'œil, a littéralement, en cinq ou six applications de cinq minutes de durée (8 à 12 couples), lavé le corps vitré, et permis de voir de nouveau, au travers de son épaisseur, les détails propres aux membranes profondes, complètement masquées auparavant Nous avons présenté ces observations à la Société de cliirurgie de Paris, dans sa séance du 20 mars 1872, et depuis cette époque nous avons pu en recueillir quelques autres.

L'issue du traitement et le pronostic sont essentiellement dépendants de l'élément causal supérieur. Comme le corps vitré se trouve sous la dépendance immédiate de la choroïde, les maladies graves de cette membrane étendent leur influence délétère au corps vitré lui-même, dont le sort se rattache ainsi à celui de la membrane nourricière. Mais il y a lieu de considérer aussi, au point de vue du pronostic, l'état propre du corps vitré, c'est-à-dire le degré des altérations de tissu qu'il a éprouvées. Quandcelles-ci ont le caractère tendineux ou cicatriciel qui succède aux inflammations chroniques ou lentes de l'organe, le pronostic est grave eu égard à l'action rétractile que ces résidus exercent sur le tissu général, auquel ils se rattachent. Les épanchements sans inflammation prolongée sont, au contraire, moins généralement funestes. Dans les cas où la choroïde hyperémiée est l'origine ou la compagne des troubles hyaloïdiens, des ventouses scarifiées, ou simplement dérivatives (sèches), la sangsue Heurteloup appliquée aux tempes sont d'un bon effet.

Indications dépendant de la présence d'un corps étranger ; d'un cysticerque. L'inflammation présente ou « future » que détermine ou déterminera selon toute probabilité la présence d'un corps étranger dans le vitré, impose comme indication formelle les tentatives les plus audacieuses d'extraction immédiate du corps étranger. Le terme « immédiate » correspond ici à deux circonstances très-bien déterminées. La première est l'ouverture, existant encore, de la plaie et la possibilité, en l'agrandissant ou non, d'atteindre avec pince ou curette le corps qui vient de pénétrer dans l'œil. Cette conduite est particulièrement indiquée dans le cas où l'ophtlialmoscope vient de faire reconnaître la présence d'un cysticerque. Après avoir à l'ophtlialmoscope localisé l'animal, il faut tout tenter pour arriver à le saisir avec une pince ou un crochet. La voie la plus indiquée est une incision d'une quinzaine de millimètres à la sciera, dans le lieu où l'on a reconnu son siège.

Sauf les circonstances spéciales propres à chaque corps étranger, auquel on peut avoir affaire, l'indication est la même, en généi'al, pour tout corps tombé dans le vitré. Malgré quelques rares exceptions, l'œil, siège d'un tel accident, peut être considéré comme perdu, que l'on intervienne ou non. Mais si l'on s'abstient, l'œil est exposé en sus aux tristes perspectives de longues douleurs, d'inflammations constamment renouvelées, et que couronne trop souvent une ophthalraie sympathique finale.

Il faut donc tout tenter pour enlever directement le corps étranger si on peut l'atteindre, ou, si on ne le peut, pour provoquer son entraînement par l'issue de la portion du corps vitré qui l'enveloppe; ou enfin, ressource extrême, par la suppuration du vitré avec large ouverture. On garantit ainsi le malade de l'ophthalmie sympathique, on abrège ses souffrances, souvent fort longues, et se comptant communément par mois et années ; enfin dans quelques cas heureux on peut conserver un organe encore plus ou moins utile.

Suivant que le corps pénétrant a ou non intéressé le cristallin, et qu'il siégera dans son voisinage immédiat, ou, au contraire, plus profondément, on attaquera l'oeil par excochléation de la lentille, ou par une large ponction (15 millimètres) dans sa région équatoriale inféro-externe.

Une large iridectomie préalable, l'extraction secondaire de la lentille pourront être employées avant l'opération terminale et pour en faciliter l'exécution.

Quoique nous insistions énergiquement sur la nécessité de faire tous les efforts pour obtenir l'extraction ou la sortie immédiate de tout corps étranger ayant pénétré dans l'œil, nous devons dire cependant que les exemples ne sont pas rares de ces cas dans lesquels un corps étranger, en général de petit volume, ait demeuré impunément dans les profondeurs de l'organe pendant de longues années; le plus souvent il est vrai après extinction de la faculté visuelle. En regard de ces observations, jiour nombreuses qu'elles soient, le médecin devra néanmoins avoir toujours présents à l'esprit ces réveils formidables d'une intolérance depuis longtemps endormie ; ces explosions inflammatoires presque inévitables à un moment imprévu, et qui ouvrent désormais la porte à toutes les manifestations delà panophthalmite, soit franche, soit insidieuse, qui conduisent trop souvent à l'ophthalmie sympathique. Cette nouvelle ère une fois ouverte, la plus grande attention devra être portée sur l'œil sain qu'on ne saurait, sans le plus grand danger, laisser un temps appréciable menacé par une atteinte directe du retentissement morbide. Au premier signal, en de telles conjonctures, l'œil premièrement atteint, s'il est déjà perdu, comme c'est généralement le cas, doit être à l'instant énucléé.

Giraud-Teulon.

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CORPS DE ^YOLFF. 729

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CORPS DE 1VOLPF, corps d'Oken, reins primordiaux, temporaires ; Corporel WoJffiana, en lalin ; the Wolffian bodies, en anglais ; die Wolff'schen Kôrper, Okeri'schen Kôrper, Primordialnieren, en allemand. On désigne par ces différents noms deux volumineux organes de nature glandulaire, uniques représentants, aux premiers temps de la vie embryonnaire, des futurs appareils de la génération et de l'uropoièse. Chez les Yerlébrés supérieurs, leur e.vislence est passagère : néanmoins ils ne disparaissent jamais d'une manière complète, et, moyennant un examen attentif, on en retrouve certaines (races chez les adultes de l'un et de l'autre sexe.

I. Commençons par donner une idée de la constitution anatomi(|ue des corps de Wolir, à un âge de l'embryon suf/isanimcnt avancé pour que leur configuration et leur structure présentent tous les caractères essentiels. Ils forment alors deux masses glandulaires, de notable volume, de forme prismatique allongée, symétriquement attachées à la paroi dorso-lombaire de chaque côté du tube intestinal, et s'étendant de la région pectorale à la région pelvienne. Us font saillie en avant, dans la cavité pleuro-péiitonéale, par toute la portion libre de leur superficie, c'est-à-dire par la circonférence et par la face antérieure qui est légèrement bombée. Us ont un conduit excréteur qui règne le long du bord externe, mais qui s'isole nettement de la masse de l'organe à partir de l'extrémité inférieure jusqu'au cloaque {sinus uro-genitalis) , où. il se termine par une embouchure distincte. C'est, particulièrement dans les premiers temps de son développement, un tube d'un calibre très-inégal, cylindrique dans sa moitié inférieure, et plutôt elliptique et irrégulier dans sa moitié supérieure. L'analyse microscopique monlre que les corps de VVolff sont essentiellement constitués par une masse de tubes épithéliaux d'un assez grand diamètre et à trajet flexueux, courant parallèlement en sens transversal d'un bord à l'autre de l'organe. Au bord externe, ils s'ouvrent chacun pour soi, et après s'être rétrécis d'une manière sensible, dans le conduit excréteur ; au bord interne, presque tous se terminent dans une petite pelote de vaisseaux capillaires, absolument comme les canalicules du rein dans les glomérules. Il y a donc plus d'un trait de re'ssemblance, on le voit, entre les reins et les corps de Wolff. Les tubes wolffiens, excréteur et parenchymateux, ont un revêtement interne formé d'une rangée de cellules épithéliales ; mais elles ne sont pas rigoureusement semblables dans les deux cas : dans les tubes parenchymateux, ce sont d'assez hautes cellules cylindriques, à granulations sombres ; dans le conduit e.vcréteur, les cellules s'aplatissent et contiennent des granulations plus rares et plus claires ; enfin des caractères de transition s'observent dans l'épithélium qui garnit les portions par lesquelles les tubes parenchymateux s'abouchent dans le conduit excréteur. Un tissu conjonctif peu abondant réunit entre eux les tubes et glomérules wolffiens ; il est paicouru par les vaisseaux qui proviennent, de même que ceux des glomérules.

des deux aortes primitives, par des troncs courts et nombreux. Les glonicrules, groupés les uns près des autres, occupent près du bord interne de l'orgrine une zone distincte, d'un aspect différent, à cause de la plus grande richesse en éléments vasculaires et en tissu conjonctif ambiant. Enfin la portion non adiiérente de la superficie des corps de Wolff est recouverte d'un épithélium spécial, trèsétudlé dans ces derniers temps parW. AValdeyer; é^iihéVmni cylmdrique, qu'on ne saurait confondre avec l'épithélium à grandes cellules plates formant l'endo- Ihélium de la cavité pleuro-péritonéale. Cet épithélium wolffien superficiel est Vépithélium germinateur (Keimepithel) de Waldeyer, ainsi nommé parce que, d'après cet auteur, les œufs ovariens des femelles adultes en proviennent directement. Entre la face postérieure des corps de Wolff et la paroi du tronc est une masse assez dense de cellules embryonnaires pour la formation du rein, et contre la partie supérieure du bord interne de ces coi'ps on voit se développer plus tard la glande sexuelle (testicule ou ovaire).

II. Il faut maintenant envisager notre sujet au point de vue organogénique; en d'autres termes, nous devons essayer de faire connaître les origines blastodermiques, le processus formateur et les métamorphoses terminales des corps de Wolff. Ces différents points ont récemment suscité de nombreux et importants travaux; et pourtant tous les doutes sont loin d'être leA'és. Nous nous attacherons à faire connaître de préférence les résultats des recherches de Waldeyer, sans dissimuler pourtant qu'on ne peut encore les compter au rang des vérités absolument acquises à la science.

Le développement des corps de Wolff a naturellement été suivi plus complètement chez l'embryon de poulet que partout ailleurs. Néanmoins de nombreuses vérifications faites dans ces derniers temps sur les embryons de mammifères, en particulier par Ilensen, ne permettent pas de douter que ce développement ne soit parfaitement similaire, au fond, dans les deux premières classes de Vertébrés. Nous devons néanmoins prévenir le lecteur qu'à moins d'indication spéciale, tout ce que nous allons dire se rapportera à l'embryon de poulet. La première trace directement visible de l'appareil wolffien devient manifeste de la quarantième à la cinquantième heure de l'incubation ; et cette partie, la première visible, avait paru, jusqu'à ces derniers temps, n'être autre chose que le conduit excréteur de la glande exclusivement. Cette opinion, on le verra dans un instant, est loin d'être conforme à celle de Waldeyer. Quoi qu'il en soit, en examinant attentivement l'embryon, par la région dorsale surtout, vers la fin du second jour, on découvre au moyen de faibles grossissements un mince cordon fait de cellules, plein ou sans trace aucune de canal central, étendu de chaque côté des formations axiles, et disposé parallèlement à ces dernières. L'extrémité supérieure, arrondie et aveugle, s'élève jusqu'au niveau des premières prolovertèbres, déjà séparées et distinctes ; l'extrémité inférieure, moins nette, se perd vers le point où les protovertèbres sont encore réunies en une bandelette longitudinale indivise. Tel est le premier état sous lequel on peut apercevoir, sans préparation préalable, l'appareil de Wolff ou, comme on le dit généralement, son conduit excréteur.

Mais si l'on a recours, pour un examen plus approfondi, à la méthode des coupes successives, on peut constater sa présence à une époque encore plus précoce, et acquérir sur ses limites et sur sa constitution d'autres notions plus complètes et plus précises. On constate ainsi que le tube wolfiien primordial se forme d'abord à la hauteur des sixième et septième protovertèbres, pour s'étendre

ensuite progressivement de ce point vers la région caudale. Sur chacune des <;,oupes où l'on constate sa présence, il consiste en un groupe de trois à cinq ■cellules, juxtaposées sans aucun ordre, et n'affectant aucunement cette disposition rayonnante autour d'un point central que l'on avait admise pour expliquer la formation consécutive du canal central. Ce petit amas celluleux n'est ni libre, ni parfaitement circonscrit suivant un pourtour continu ; il ne présente ces deux caractères qu'à la surface dorsale, qui est arrondie et forme une saillie bien dessinée contre l'épiblaste ou feuillet corné de Rcmak. Du côté ventral, il est engagé et comme perdu dans une région du mésoblaste qu'il faut indiquer avec précision. C'est la région la plus interne de la portion de ce feuillet blastodermique qui demeure toujours indivise, portion à laquelle de Baer avait donné le nom de lame mésentérique (Gekrôsplatte), et à laquelle Remak réservait plus particulièrement le nom de feuillet moyen (Mittelplatte). En dedans, elle confine aux protovertèbres, à la substance desquelles elle était d'ailleurs unie à l'origine, mais dont elle se sépare ensuite ; en dehors elle se perd dans la portion indivise du mésoblaste. Il y a donc là une région blastodermique qui est le siège d'un développement organogénique spécial, qui se dessine d'abord sous la forme d'une bandelette faisant une saillie demi-ronde du coté de l'épiblaste, et que l'on avait considérée jusqu'ici comme le simplg rudiment du conduit excréteur du corps ■de Wolff, tandis que, d'après les recherches récentes de Waldeyer, elle serait la région de provenance des épithéliums de l'appareil uro-génital tout entier. On pourrait, à ce qu'il me semble, la nommer dès lors bandelette uro-génitale. Celle (bandelette n'est pas, au reste, l'origine la plus reculée que l'on puisse assigner aux corps de Wolff; His et Waldeyer s'accordent pour faire dériver les éléments dont elle se compose de la bandelette axile (Axenstrang), et par suite, en majeure partie, sinon exclusivement, de l'épiblaste lui-même. Mais nous ne saurions nous engager ici dans la discussion de ce point très-controversé et trèsobscur.

Comment se forme la cavité du conduit excréteur proprement dit du cor})s de Wolff? En réalité on ne le sait pas; il semble même qu'il soit plus diflicile de répondre à cette question, depuis que l'on n'identifie plus ce conduit avec la bandelette uro-génitale. Une petite fente, ouverte du côté de Eépiblaste, ne tarde pas à se former entre la bandelette uro-génitale située en dedans, et la lame indivise du mésoblaste située en dehors. Or le canal de MûUer résulte d'une fente ou gouttière de ce genre, arrivant à fermeture par le rappi'ochement, le contact, et finalement la soudure de ses deux bords. Le même processus aurait-il lieu pour l'autre fente, et les conduits de Wolff et de Mùller auraient-ils un même mode formateur? La vraisemblance analogique est en faveur de cette hypothèse, mais jusqu'à présent ce n'est qu'une hypothèse. Quoi qu'il en soit, le conduit excréteur, parfaitement délimité sur toute sa circonférence et muni de son canal, est bien la première partie morphologique qui puisse être reconnue par l'observateur pendant le développement de l'appareil wolffien ; le corps de l'organe, les tubes parencliymateux et les glomérules ne sont reconnus que plus tard.

Pendant que le conduit excréteur du corps de Wolff, déjà pourvu d'un canal, achève de se former, il présente un phénomène très-curieux de locomotion apparente, évidemment dû au degré variable et aux divers sens d'accroissement des parties voisines. Mais si on s'en tient aux simples apparences, on peut dire que le conduit wolffien primordial paraît se déplacer, parallèlement à lui-même, de la surface externe vers la surface interne de la paroi dorso-lombaire. Situé

732 CORPS DE WOLl-F.

d'abord contre l'épiblaste, ayant à son côté externe la veine cardinale, il acquiert une position de plus en plus profonde ; si bien que vers la fin du troisième jour de l'incubation, il arrive à produire une légère saillie visible dans la cavité péritonéale, et que la veine cardinale sera alors située en arrière de lui. C'est vers la même époque qu'on voit apparaître le corps de Wolff proprement dit, ou en d'autres termes, les tubes parencbymateux de cet organe. Ilis fait provenir le tissu qui relie ces tubes entre eux, et les tubes eux-mêmes, du noyau des protovertèbres (Urwirbelkern) ; mais Waldeyer a donné de ses préparations des dessins d'où l'on peut conclure que la plus grande part des tubes parencbymateux naissent par des exsertions larges, bémispliériques, de la paroi du canal excréteur. Waldeyer admet au reste avec Ilis que le tissu conjonctif, formé de cellules fusiformes et étoilées qui se développent en grande quantité sur le pourtour du conduit excréteur, et qui sont l'origine des tissus conjonctif et musculaire de la région wolffienne, naissent bien du noyau des protovertèbres; il admet en outre que les glomérules proviennent encore de ce tissu de cellules fusiformes et étoilées. Nous devons faire observer que Waldeyer, en ce qui concerne l'origine des tubes parencbymateux, comme exsertions, creuses dès le début, du conduit primordial, est en désaccord avec la presque totalité des embryologistes, et en particulier avec Iljs, Bornhaupt, Rosenberg et Goethe. D'après ces derniers, les premiers tubes parencbymateux ont une naissance indépendante, et, d'une manière consécutive seulement, ils se mettent en communication avec le conduit excréteur; ces premiers tubes se multiplient bien ensuite par bourgeons latéraux, mais dans le principe ils ne sont que des amas de cellules ari'ondis et sans cavité centrale. Waldeyer a constaté également de son côté l'apparition indépendante de ces groupes arrondis de cellules ; mais pour lui ils représentent simplement l'état initial des glomérules wolftiens. Tout récemment Kôlliker, dans la seconde édition de son traité d'embryologie, s'est prononcé très-nettement pour la doctrine de la formation des tubes parencbymateux d'une manière indépendante du conduit excréteur; mais il ne s'agirait pas néanmoins d'une indépendance absolue. Ces tubes, suivant le professeur de Wurzbourg, seraient d'abord des excroissances cylindroïdes issues de la portion indivise du mésoblaste, et elles présenteraient un étroit canal ouvert dans la cavité pleuro-péritonéale. Ils se détacberaient ensuite du mésoblaste et entreraient en communication avec le conduit excréteur ; mais Kôlliker ignore encore le sort de ces étroites cavités à ouverture abdominale qu'il signale le premier dans les tubes wolftiens parencbymateux en voie de formation.

III. Disons quelques mots à présent des transformations ultimes des corps de Wolff, et des traces qui s'en conservent d'une manière définitive cbez l'adulte. L'atropbie de ces organes semble être proportionnelle à la croissance, au degré du développement des véritables reins. On sait que l'uretère n'est qu'une branche exsertionnelle de la partie inférieure du conduit excréteur des corps de Wolff; en sorte que Waldeyer, appuyé sur ce fait, révélé par Kupffer, a pu considérer les reins comme une dépendance du conduit excréteur wolffien. Mais l'atrophie de l'appareil wolffien coïncide également avec le développement de la glande sexuelle, et ses transformations ultimes ne sont pas identiques suivant que la glande sexuelle devient un testicule ou un ovaire. Considérons donc séparément les deux cas, en commençant par celui où la glande sexuelle se convertit en un testicule.

C'est à J. MùUer qu'appartient la découverte de la transformation, chez l'em-

biyon mâle, du conduit excréteur du corps de Wolff en canal déférent du testicule ; mais il se ti-ompa en admettant, pour toutes les classes zoologiques, la destruction, sans aucun reliquat, de surplus de l'appareil wollTien. La portion postérieure ou dorsale, la dernière formée, des tubes parcnchymateux wolffiens, se distingue nettement de la portion antérieure par la direction et l'étroitesse de ses tubes. Ceux-ci se prolongent dans la glande sexuelle et s'y transforment en canalicules séminifères de l'épididyme et du testicule. Comme ils naissent, de même que les tubes parcnchymateux antérieurs, du conduit excréteur de Wolff, la transformation de celui-ci en canal déférent paraîtra ainsi toute naturelle. Quant aux tubes parenchymateux antérieurs, ils s'atrophient et perdent toute communication soit avec le canal déférent, soit avec la glande sexuelle; ce sont eux qui constituent chez l'adulte le corps innoviiné de Giraldès, ou le parépididyme de lienle. Celui-ci est situé sous la tète de l'épididyme, dans l'angle formé par le testicule et la portion initiale du canal déférent. Tel est le sort, chez le mtde, des deux parties formant le parenchyme wolffien.

Si la glande sexuelle devient un ovaire, les deux portions parenchymateuses du corps de Wolff et le conduit excréteur subissent tous l'atrophie; on découvre leurs restes, chez la femelle adulte, dans le ligament large, entre l'ovaire et la trompe. Les tubes larges ou antérieurs demeurent en connexion avec le conduit excréteur, et forment par leur ensemble Y organe de RosenmûUer, parovariiim de llis, époophoron de Waldeyer. Le conduit excréteur court parallèlement à la trompe, les tubes wolffiens s'y jettent après un trajet en sens perpendiculaire. Les tubes étroits ou postérieurs s'atrophient davantage encore, et finissent presque par disparaître complètement chez les femelles âgées; ils constituent le paroophoron de Waldeyer. 11 est évident que Y époophoron est l'homologue, chez la femelle, de Yépididipne chez le inàle, de même que le paroophoron correspond à son tour au parépididyme. Rappelons, en terminant ce paragraphe, que le conduit excréteur du corps de Wolff se conserve d'une manière remarquable chez les femelles des ruminants et de certains pachydermes, chez lesquelles il prend le nom de canal de Gartner.

IV. Les corps de Wolff ne parviennent à leur plus haut degré de développement que dans les trois premières classes de vertébrés et chez les poissons cartilagineux. Chez tous ces animaux, on trouve un épididyme et des restes permanents de l'appareil wolffien; chez eux aussi, la différentiation des organes générateurs et urinaires se produit à son plus haut degré. La durée de la période d'activité des reins provisoires semble d'autant plus longue que l'animal considéré est d'un rang moins élevé dans l'échelle zoologique. Chez les poissons osseux il ne se développerait même pas de reins véritables, et les corps de Wolff en tiendraient lieu pendant la vie entière. Chez les Batraciens, on les reconnaît encore après que les métamorphoses du têtard sont achevées. Ils ne persistent, au contraire, que jusqu'à la naissance dans les reptiles écailleux, et pas même jusqu'à la naissance dans les oiseaux. Parmi les mammifères, c'est chez l'homme qu'ils disparaissent le plus tôt, et dès le second mois de la vie intra-utérine ils sont déjà presque entièrement atrophiés.

La physiologie des corps de Wolff est encore bien obscure. On croit qu'ils sont un appareil transitoire de sécrétion urinaire; on explique de la sorte la présence de l'acide urique dans le liquide allantoïdien, à une époque où les reins parmanents sont encore dans un état trop rudimentaire pour fonctionner efficacement. Sur des embryons de couleuvre, Volkmann a d'ailleurs vu des tubes

754 I.UKKAL ï UiNA.

et le conduit excréteur de Wolff remplis d'une matière blanchâtre, paraissant, comme aspect, essentiellement composée d'urates.

C'est à G. Fr. WoUÏ qu'est due la découverte des organes qui portent son nom ; il les vit pour la première fois chez les oiseaux, et les considéra comme étant les reins même en voie de développement ; erreur qui fut ensuite rectifiée par Oken. Campana.

Bii;liogbaphie. — Parmi les nombreux travaux consacrés entièrement ou partiellement aux corps de Wolf, nous citons les suivants, par ordre chronologique : P.osenmulleu. Quœdani de ovariis embryoniim et fœtuum humanontm. Lipsise, 1802. — MiiLLER(].). Veber die Wolffschen Kôrper bel den Embrijonen der Fiôsche und Krôten; In Meckels's Arch., 1829, p. 65. — Jacobson. Die Oken schen Kôrper oder die Primordialnieren ; Copenhague, 1850, 4". — MiJLLER (J.). Bildwigsgeschichte der Genitalien; Dùsseldorf, 1830, 4°. — Dieffenbach (E.). Quœstiones anat.-pliysiol. de corporibus Wolffiunis. Diss. inaug., in-8''. Turici, 1856. — KoBELT. Der Nebencierstock des Weibes. Heidelberg, 1847, in-S". — FoLim. Recherches sur les corps de Wolff. Thèses de Paris, 1850. — Liuenfeld. Beitrâge zur Morphologie und Entwicktungsgeschichte der Geschlechtsorgane. Diss. inaug. Marbourg, 1856. — REicuEnr. Veber die Millle)--Wolff' schen Gange bel Fischembnjonen. In Milliers Archiv, p. 125, 1856. — GiRALDÊs. Recherches anatomiques sur le corps innominé, p. 1, t. IV du Journal d'anat. et de jyhysiol. de Brown-Séguard, 1861 — Banks (W.-M.). On the Wolffian Bodies of the Fœtus and their Remains in the AduU, including the Development of the Generative System ; jjrize Thesis, in-S". Edimbourg, 1864. — Dursy(E.). Ueber den Bau der Urnieren des Menschen und der Saûgethiere ; p. 257, t. XXIII, in Henle's und P feu fer s Zeilschr. fur rationelle Medicin, 1865. — Hiss (W.). Beobachtungen iiber den Bau der Saiigethiereierstocks. In Max Schultzé's Arch., t. I, 1865. — Kupffeu (C). Untersiichungen iiber die Entwicklung des Harn- und Geschlecht-Systems, p. 253, t. II. In Max Schultze's Arch. fur mikroskop. Anal., et p. 473, t. II du même recueil, 1865-66. — Périer (Ch.). Analomie et physiologie de l'ovaire. Thèse, in-8°. Paris, 1866. — Borxhaopt (Th.). Untersucliungen iiber die Entwicklung des Urogenitalsystcms beim Hiinchen. Dorpater inaug. Diss., 4°, Riga, 1867. — Waldeïer (W.). Eierstock und Ei, in-S". Leipzig, 1870. — Roihti. Ueber den Baw und die Entwickelung des Eierstockes und des Wolff schen Ganges. In Max Schultze's Arch., Bd. X, 1873. — GoETTE (Al.). Die Urnieren, cliap. xii, p. 819. In Entwickelungsgeschiclde der Unke, gr. in-8 et atlas. Leipzig, 1875. G.

CORPUSCULES AMVLOIDES. Y07J. ÂMïLOIDES.

CORPUSCULES DE MALPIGHl. Voy. Reins.

CORPUSCULES DE MEissi^iER OU DU TACT. Corpuscules spéciaux qu'on rencontre dans un certain nombre de papilles de la peau, dans la langue, le clitoiis et le gland [voy. Papilles et Nerveux (tissu)]. û.

CORPUSCULES DE PACiivi. Petits corps opaques, d'un blanc nacré, qu'on trouve appendus par un pédicule grêle à certains nerfs {voy. Nerfs).

CORRAL Y OXA (ToMAs). Médecin espagnol; naquit à Leiba en la Roja, le 18 octobre 1797. Dès l'âge de onze ans, ses parents l'envoyèrent à Madrid pour y commencer ses études, sous la tutelle de son oncle Don Vicente José de Ona, avocat du collège de Madrid. Après avoir fait ses humanités et acquis une connaissance suffisante des sciences auxiliaires de la médecine, il se fit immatriculer au collège de San Carlos en l'an 1824. C'est là qu'il prit ses grades académiques. Peu après avoir terminé ses études médicales, en novembre 1832, il se présenta à la place de professeur suppléant au même collège, et fut agréé. Enfin, malgré de nombreuses compétitions, il devint titulaire en 1836.

Ce savant médecin s'est voué spécialement à l'étude de l'obstétrique et des maladies de femmes et des enfants ; il acquit une grande célébrité dans ces branches.

LiUiiûii. 735

Très-habile opérateur, il se distingua surtout par ses opérations d'hystérotomie

vaginale. Ce fut également un excellent clinicien. En récompense de son zèle, il

obtint la croix de l'ordre de Charles III et le diplôme de commandeur de l'ordre

d'Isabelle la Catholique.

Voici les ouvrages de lui dont nous avons pu avoir connaissance :

I. De la obliteracion del orificio uterino en el acto del parto, y de la histerotoviia vaginal. Madrid, 1845. — II. Aho clinica de obstelricia y enfcrmedades de mugeres y de niiios, o colleccion de las observaciones mas importantes recogidas en la clinica de partos y enfermedades de mugeres y de nifws, en la Facultad de ciencias medicas de Madrid. Madrid, 1846. L. Hn.

CORREA. Genre de plantes australiennes, de la famille des Rutacées, série des Boroniées, dont les feuilles sont parsemées de ponctuations glanduleuses, réservoirs d'huile essentielle très-odorante, qui les rend stimulantes, toniques et digestives. Aussi emploie-t-on, dans leur pays natal, ces feuilles à préparer des infusions théiformes stomacliiques et diaphorétiques. Les espèces qui servent surtout à cet usage sont les C. alba Andr., speciosa Ait. et la forme de ce dernier qui a reçu le nom de C. virens Sm. [Exot. Bot., II, 25, t. LXXIl). Les Correa ont des fleurs tétramères, diplostémonées, des pétales libres ou unis et quatre carpelles oppositipétales, libres dans leur portion ovarienne, mais unis par leur portion stylaire. Ce sont des arbustes ou arbrisseaux à feuilles opposées et à fleurs arillaires, solitaires ou peu nombreuses. H. Bn.

Smith, ia Trans. Linn. Soc, IV, 219. — Apr. de Juss., in Mém. Mns. Par., XII, 478, t. 21, fig. 22. — Mér. et Del., Dict. Mat. méd., 11,439. — Benth., FI. austral., I, 555. — Ro- SENTH., Synops. plant, diaphor., 880. — II. Bn. Hist. des plant., IV, 588, 465, fig. 429

et 450.

CORROBORAIVTS. On donne ce nom aux agents médicamenteux susceptibles d'accroître la force de l'organisme, de le rendre plus robuste (robur) et plus résistant aux causes de maladie. Ce sont donc des fortifiants et ils diffèrent des réconfortants en ce que ceux-ci ont une action plus rapide et moins durable. Le quinquina est un corroborant ; l'eau-de-vie est un réconfortant.

CORROSIF (de corrodere, ronger). Nom donné aux substances qui ont pour action de désorganiser, de tuer plus ou moins rapidement, plus ou moins profondément, les tissus vivants avec lesquels on les met en contact. Tels sont les Caustiques et les Escharotiques {voy. ces mots). D.

CORROSALIER. Voy. Anone.

CORROYÉRE. Nom de plantes astringentes, riches en tannin et employées pour cette raison à préparer les peaux, notamment du Rhiis coriara [voy. Sumac) et du Coriaria myrtifolia {voy. Redoul). H. B.\.

CORROYEURS. Voy. Peaux.

CORRL'DA. On trouve sous ce nom, dans les auteurs du seizième siècle, l'Asperge à feuilles aiguës {Asparagus acutifolius L.) et deux autres espèces du même genre {A. albus L., A. aphijllus L.). Clusius. Historia Plantarum, II, 177-178. Pi-

CORSE (Géographie médicale). L'île de Corse (Kûpocr), Corsica, devenue province française en 1768, est située entre le 41° et le 45» de latitude septen-

756 tun&Ji.

trionale, et le 6° et le 7" 12' de longitude orientale. Correspondant à la longitude de Gênes et à la latitude de Rome, elle est à 1 80 kilomètres des qôtes de France, à 75 kilomètres des côtes d'Italie, à 10 kilomètres de la Sardaigne.

Constituée par deux systèmes de soulèvement, l'un dirigé du N. au S., l'autre de l'E. N. E. à l'O. S. 0., la Corse a du nord au sud 202 kilomètres de longueur et 97 kilomètres sur sa plus grande largeur. Sa superficie comprend 874,745 hectares.

Des deux systèmes de soulèvement, le plus oriental, plusaccuséaunord, forme une succession de collines et de dépressions. Le second, plus occidental, est constitué par des masses énormes dont les points culminants atteignent une altitude de 2765 mètres au Monte-Uotundo, de 2652 au Monte-d'Oro. 11 forme la ligne de faîte de la partie centrale de l'île, la divise en deux régions : l'une orientale, l'autre occidentale, et sert de ligne de partage aux eaux. Les cours d'eau qui suivent le versant oriental sont : le Golo, le Tavignano, le Fiuraorbo. Ceux qui suivent le versant occidental : le Porto, le Liamone, le Gravone, la Prunetta, le Talavo et le Valinco. Les premiers, qui sont les plus considérables, reçoivent les eaux de plusieurs vallées fortement encaissées, et après avoir coulé dans la direction de l'O. S. 0. à l'E. N. E. vont déverser une partie de leurs eaux sur des plaines basses qu'elles transforment en marais. Les cours d'eau du versant occidental moins considérables, enfermés dans des vallées simples, ont un cours plus direct dans la direction E. N. E. à l'O. S. 0. Les côtes de la Corse sont fortement dentelées et creusées de golfes profonds dans la partie occidentale. A l'orient, au contraire, les contre-forts courent parallèlement à la mer, la côte est basse, la mer peu profonde. Tout le pays est montagneux. A l'ouest prédominent des hauteurs abruptes, un sol rocheux, aride, des vallées profondes. La partie orientale est constituée par des collines arrondies, des vallées ouvertes, des plaines étroites. Les sommets les plus élevés sont couronnés de forêts séculaires. Les revers des montagnes sont couverts de magnifiques châtaigniers, au milieu desquels se cachent des villages naturellement fortifiés. Les plaines sont abandonnées ou recouvertes des richesses de la Balagne. Sur une superficie de 874,745 hectares, les terres labourables en comprennent 571,044, les landes 547,516, les prés 449, les forêts 15,701, les bois 79,067. Géologie. La constitution géologique de la Corse permet de considérer cette île comme un démembrement du continent. Elle représente la succession des terrains qui composent la masse de l'Esterel : sa partie orientale reproduisant la constitution géologique de la côte de la Ligurie ; tandis que sa partie occidentale correspond à celle des côtes maritimes du département du Var. Le fond du sol appartient à une masse granitique, recouverte de formations sédimentaires et d'alluvions anciennes, de schistes, de calcaires et de lignites.

Granit. Le granit prédomine dans les parties élevées de la région occidentale, vers le sud de l'île. 11 suit les directions E. N. E. à l'O. S. 0. Tantôt à l'état de décomposition; réduit à l'état de pierres arrondies, de sable, il forme le sol de la forêt de Bocognano ; tantôt comme aux environs d'Ajaccio, il est en masses traversées par des filons de quartz, ou il est représenté par des argiles verdàtres traversées pai' des filons de feldspath. Dans la vallée de Vico et de Guagno, il est mélangé au porphyre; aux environs d'Évisa, à des diorites.

Terrains de sédiment. Formation crétacée ou nummulitiqiie. Dans la parlie orientale de la Corse, le granit est recouvert par des terrains de sédiment que M. Pareto a attribués à la formation crétacée, et dont il a expliqué l'aspect

cristallin par des phénomènes de métamorphisme. Au contact du granit cette formation est traversée par des veines de serpentine, d'euphotideavec diallage métalloïde ; et plus souvent avec smaragdite, ce qui constitue le vert de Corse. Tous ces filons sont orientés N. S.

Les terrains crétacés occupent, dans la partie orientale, une zone qui commence au cap Corse, et s'étend, au sud, jusqu'à Favone ; à l'ouest, jusqu'à Corté, où ils viennent s'appuyer sur la grande formation granitique de l'ouest, au milieu de laquelle ils ne pénètrent pas : ce qui prouve, selon M. Pareto, que les vallées profondes de la formation granitique de l'ouest ont été formées à une époque postérieure. Les couches crétacées, qui recouvrent plus d'un tiers de la surface de l'île, se présentent sous l'aspect de couches très-variées, au milieu desquelles prédominent des schistes talqueux verts, plus ou moins cristallins, et des schistes argileux talqueux, gris, onctueux, traversés par des productions ignées. Ces dispositions, qui ont fait désigner cette formation sous le nom de schistes talqueux, sont principalement apparentes à Belgodère, où les schistes reposent sur le granit ; entre Saint-Florent et Bastia où la direction N. S. est accusée ; enfin, au confluent du Tavignano et de la Rustonica, près de Corté, où la formation schisteuse est adossée au massif granitique de l'ouest.

Terrains tertiaires. MM. Pareto et J. Reynaud ont signalé, aux environs de Bonifacio, l'existence de couches tertiaires identiques à celles qui se trouvent sur la côte septentrionale de la Sardaigne et également caractérisées par VOperculina complanata et un Echinus.

Terrains quaternaires. Les roches schisto-talqueuses entraînées par les torrents forment les dépota de cailloux roulés qui s'étendent au pied du versant oriental des montagnes de la Corse ; recouvrent la plaine de Bastia, à l'embouchure du Fiumalto, et se prolongent, au sud, jusqu'au rivage de Travo et de Solenzara. Cette vaste accumulation de débris existe dans la vallée du Golo, au fond dn golfe d'Ajaccio, et forme enfin le coi'don littoral qui, en donnant aux cours d'eau du versant oriental une direction nord ou sud, a transformé en marais funestes la plaine de Mariana où Marins avait fondé la ville du même nom, et celle d'Aleria où les Phéniciens, les Phocéens et les Romains eurent leurs établissements.

Hydrologie. Marais. Les neiges qui persistent toute l'année sur les cimes élevées, les lacs situés dans la région du Niolo et dont les principaux sont : le Creno, source du Golo, et l'Ino, source du Tavignano, alimentent une multitude de sources qui déversent partout des eaux claires, fraîches, aérées, délicieuses au goût, ne contenant d'autre dépôt que les petits fragments de mica qui leur ont fait donner, en plusieurs endroits, le nom de fontaine d'argent. La Corse possède, en outre, un nombre considérable d'eaux minérales ; sulfureuses alcalines chaudes, sulfureuses calcaires froides, salines thermales, ferrugineuses acidulés, ferrugineuses sulfureuses. Les plus estimées sont celles de Saint-Antoine, de Guagno, de Pietra Pola, de Puzzichello, de Guitera, de Tallano, de Caldaniccia, deBologna et d'Orezza.

Quelles que soient les qualités de ces eaux, leur situation au milieu de montagnes d'un accès difficile, l'insuffisance des ressources locales et d'installations convenables expliquent suffisamment pourquoi elles sont peu fréquentées.

Les rivières qui suivent les pentes du versant oriental et occidental roulent leurs eaux dans des vallées tellement encaissées que, malgré l'abondance des eaux, la Corse manque d'un syslème d'irrigalion qui permette de les utiliser

DICT. £NC. XX. 47

pour l'agriculture. L'accumulation des cailloux roulés qui recouvrent les plaines basses du versant oriental, le cordon littoral qui dévie les cours d'eau, soit vers le nord, soit vers le sud, sont d'un autre côté les conditions de la malaria qui empêche d'exploiter les plaines les mieux situées et les plus fertiles. Sur une superficie de 874 745 hectares, la Corse en présente 1259 de marais.

A part quelques marais, ceux de Ficarclla, de Ventiliguc, de Figari, la côte occidentale est saine. Au contraire, toute la côte orientale, sur une longueur de 100 kilomètres et une largeur de 4 à 5 kiloraèti-es, est recouverte d"étangs et de marais. Saint-Florent, l'étang de Biguglia, ceux d'Urbino et de la Saline, la plaine d'Aléria couverte sur une étendue de 40 kilomètres d'une série d'étangs qui s'étendent depuis l'embouchure du Tavignano jusqu'à Solenzara, sont inhabitables après le mois de juillet. La garnison du fort d'Aléria est forcée de se retirer à Cervione ; le haut fourneau de Solenzara interrompt ses travaux de juin à octobre ; et, la récolte faite, les moissonneurs se réfugient dans la montagne, très-souvent atteints de cachexie palustre ou de fièvres rebelles.

Climat. Peu de contrées ont un climat aussi beau que celui de la Corse, une température aussi douce, un hiver aussi clément, un automne aussi tempéré. Toutefois, à mesure qu'on s'élève du littoral vers les l'égions hautes de l'intérieur, la saison froide se prolonge ; on passe du climat de la Grèce au climat de la France ; du climat de la France à celui du nord de l'Europe ; de la région du myrte et de l'olivier à la région du châtaignier ; de la région du châtaignier à celle du chêne, du hêtre et du bouleau. La température moyenne de l'année est de 16°, 65 pJur Bastia, de 17°, 55 pour Ajaccio. Moyenne 17°, 10 supérieure de près de 2 degrés à la température moyenne de .Rome. A Ajaccio, d après les observations de M. Nosadowski, la température moyenne des saisons est de: Hiver 12°, 05. Printemps 15°,07. Été 24°,20. Automne 18°, 93. La différence entre la moyenne de l'hiver et celle du printemps, est de 5°, 04. Du printemps à l'été, de 9°, 13. De l'été à l'automne, de 5°,27. De l'automne à l'hiver, 6°,90. Sur le littoral méditerranéen de la France, la moyenne annuelle est de 15°,4. Celle de l'hiver de 8°,9. Du printemps de 17°,4. De l'été, 22°, 5. De l'automne, 12°, 3. Difféi'ence de la moyenne de l'hiver et de celle du printemps, 8°, 50. Du printemps à l'été, 5°,1. De l'automne à l'hiver, 5°, 40.

La différence la plus grande entre les moyennes mensuelles est de 15°, 41 pour la Corse, de 31°, 4 pour la Provence.

Le climat des côtes de la Corse est, commue les climats insulaires, d'une moyenne supérieure aux climats continentaux situés à la même latitude, et à l'abri des oscillations saisonnières particulières à ceux-ci. Par 41°, 55, le climat d"Ajaccio ne s'éloigne pas beaucoup du climat de Laguna (Ténériffe) située au 28", 30 de latitude, et pour lequel Mahlman a donné les chiffres suivants. Température moyenne de l'année, 17°,1. De l'hiver, 15°, 6. Du printemps, 19°, 4. De l'été, 23», 8. De l'automne, 18",9. Mois le plus froid 12°,9, le plus chaud 21», 7. Différence, 8°,8.

Ùat du ciel. Hygrométrie. Pluie. Neige. Par suite de la position isolée de la Corse, de l'élévation de la chaîne centrale, les vapeurs condensées sous la forme de nuages vont se réduire en pluie ou en neige sur les cimes des montagnes, pendant que sur le littoral le ciel est d'une sérénité admirable. En trois années, à Ajaccio, M. Dupeyrat a noté un temps beau tout le jour, 409 fois. Un temps beau le matin et couvert le soir, et vice versa, 269 fois. Un temps couvert tout le jour, 155 fois.

D'ailleurs, quelle que soit la sérénité du ciel, la brise de mer a pour effet de rendre plus humide l'air du littoral. D'après les observations de M. Guérin et et Pietra Santa, à Ajaccio, le psychromètre d'August a donné les résultats suivants :

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