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des lobes oblongs, lancéolés et acuminés. Les feuilles supéiieuies sont cordées, çà et là entières ou légèrement découpées sur les bords. Elles ont des pétioles égaux au limbe en longueur. Leurs stipules sont arquées, falcitbrmes et persistantes. Le pédoncule floral est anguleux, uniflore et moins long que le pétiole. Les bractées qui forment le calicule sont au nombre de trois, cordiformes, aiguës, profondément laciniées, et l'une d'elles, la médiane, est plus longue que les deux autres. Le calice est ponctué et la corolle, délicate, de couleur jaune, fortement tordue. Le fruit mùr varie beaucoup de taille, puisqu'il peut atteindre à peine un pouce de long et dépasse légèrement deux pouces. 11 est ovoïde, glabre. Les valves sont solides, ligneuses, mucronées au sommet. Les graines sont subréniformes, libres ou rapprochées et comme collées les unes aux autres. Le coton qui les recouvre est blanc ou d'un jaune nankin clair. 11 se sépare avec une grande facilité de l'enveloppe noire de la graine, qui alors demeure tout à fait dénudée. La grande valeur de cette espèce pour la culture, outre la qualité et la longueur variables de ses poils séminaux, souvent trèssouples et très-beaux, tient à la facilité avec laquelle ses graines se séparent de la substance textile. On emploie sur place et l'on expédie souvent en Europe ces semences ainsi dénudées qu'on emploie à l'alimentation du bétail et surtout à l'extiaction de l'iiuile dont leur embryon est très-iicbe, aussi bien que celui de plusieurs autres espèces. On voit à certaines époques de grandes quantités de ces semences sur les quais de débarquement à Marseille et dans d'autres ports. Cette espèce est cultivée dans beaucoup d'endroits de l'Afrique tropicale, et c'est presque toujours elle que nous avons vue dans les collections provenant du Gabon, de la Guinée, de la Nubie et de l'Abyssinie. M. Kirk dit l'avoir récoltée à l'état sauvage sur les bords du Zambèzc. Elle est aussi cultivée dans l'Asie tropicale, et c'est elle qui fournit les principales sortes commerciales de Cotons d'Amérique. M. Oliver considère comme simple variété de cette espèce le Gossypium peruvianum DC. dont les graines adhèrent les unes aux autres, et M. Kirk rapporte qu'il l'a vu cultiver par les Makondois, « à 80 milles dans l'intérieur des terres. »
11. Le Cotonnier herbacé {Gossypium herbaceumh., Spec, 975. — DC, loc. cit., n. 1. — G. hirsutumL. — G. prostratum Schum. et TH0i\K., Beskr., 5H. — G. punctatum Guilleji. et Perr., FI. Seneg. Tetit., I, 62. — A. Rich., FL Abyss. Tenu, I, 68) est l'espèce avec laquelle on a le plus confondu la i^récédente ; et l'on peut dire que, pendant plus d'un demi-siècle, on a rapporté tous les cotons herbacés cultivés, notamment dans l'ancien monde, au G. Iierbaceum, Celui-ci est annuel ou vivace, ramifié, et ses branches sont lisses ou légèrement hispides, avec des taches noirâtres. Les feuilles sont pétiolées ; les supérieures généralement ovales; les inférieures cordées, palmati-5-5-lobées , avec les lobes largement ovales-acuminés, entiers ou sinueux, o-5-nerves, avec une seule glande à la face inférieure. Les pétioles inférieurs sont à peu près égaux en longueur au limbe. Les stipules sont lancéolées, ou entières, ou légèrement découpées. Les pédoncules sont axillaires, uniflores, solitaires, plus courts que les pétioles. Les bractées du calicule sont au nombre de trois, ovales-aiguës, laciniées ou rarement entières et trois fois plus longues que le calice gamosépale, presque entier, en forme de cupule profonde. La corolle, deux fois aussi longue que le calicule, est jaune, avec une tache pourprée à la base. La colonne androcéenne ne porte d'anthères que tout près de son sommet. Le fruit mùr a de un pouce à un pouce et demi de longueur sur un pouce de largeur. Il est obtus
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au sommet, et ses graines, non adhérentes les unes aux autres, sont charge'es d'un coton blanc ou brunâtre, qui adhère fortement au tégument séminal extérieur. Cette espèce est cultivée presque partout dans l'Asie tropicale, dans l'Inde, au Japon, dans l'Afrique chaude, et c'est elle qui est plantée dans plusieurs localités du midi de l'Europe, notamment au pied du Vésuve. On croit qu'elle existe à l'état sauvage au Caboul et dans la région du Scinde. D'après M. Stocks, les lobes des feuilles sont très-arrondis dans la plante sauvage, mais ils se modifient par la culture et deviennent tels que nous les voyons dans la plupart des G. herbaceum exploités. La richesse des surfaces en duvet blanchâtre est aussi un caractère extrêmement variable. Ce qui distingue avant tout et surtout cette espèce de la précédente, c'est la difficulté avec laquelle le coton se détache de la surface des semences.
III. Le Cotonnier en arbre [Gossypium arhoreum L-, Spec, 975) tire son nom spécifique de la consistance ligneuse de sa lige. C'est un arbuste buissonnant, qui atteint jusqu'à deux et trois mètres de hauteur. Ses branches sont flexibles, chargées de poils, d'une couleur rougeàtre. Les feuilles sont longuement pétiolées, ne portent qu'une glande et sont profondément palmati-5-7lobées, avec les lobes oblongs-Iancéolés , mucronulés, séparés les uns des autres par des sinus obtus, souvent pourvus d'un lobe supplémentaire inséré dans le sinus. Les stipules sont falciformes. Les fleurs ont un pédoncuJe égal en longueur au pétiole, articulé près de son sommet et portant souvent une petite feuille au niveau de l'articulation. Les bractées du calicule sont, comme celles de l'espèce précédente, au nombre de trois, cordées, ovales-aiguës, légèrement découpées ou plus rarement presque entières. Elles sont beaucoup plus longues que le calice gamosépale, presque entier. La corolle est de couleur' pourprée, et la colonne androcéenne porte des anthères sur presque toute sa longueur. Le fruit est oblong, long d'un pouce environ; ses valves sont mucronées, coriaces et même ligneuses. Ses graines, indépendantes les unes des autres, portent de longs poils blancs qu'accompagne à la base un duvet verdàtre. Cette espèce est cultivée dans les régions tropicales de l'Amérique, de l'Asie et de l'Afrique. Elle donne, à ce qu'il paraît, beaucoup moins de coton que les précédentes, ou du moins ses produits arrivent actuellement beaucoup moins en Europe. De même que le G. herbaceum, elle porte sur les graines, outre les longs brins du coton, ce duvet feutré, épais, dont nous avons parlé, qui la distingue principalement du G. harbadense.
IV. Le Cotonnier anormal {Gossypium anomalum, Wawr. et Peyr., Sect., Benguel., 22) a tiré son nom de la forme exceptionnelle des bractées de son calicule et des lobes de son calice. Les premières sont linéaires, lancéolées, deux fois aussi longues que le calice, entières. Le calice est découpé sur ses bords en cinq lobes acuminés. La corolle est rougeàtre, et les fruits sont tuberculeux. La graine ne porte qu'un coton brun et adhérent. Cette espèce est buissonnante, avec des feuilles cordées, palmati-5-lobées; c'est le G. senarense de M. Fenzl. On ne l'a trouvée jusqu'ici qu'en Nubie; elle est beaucoup moins utile que les précédentes, mais, d'après Welwitsch, c'est la?seule qui soit réellement originaire de l'Afrique. Toutes les autres auraient donc été importées de l'Asie tropicale. H. Bn.
TouRSEF. , /nsf. Beiherb., 101, t. 27 {Xylon). — Adaxs., Fuju. des ph, II, 401. — Jnss., Gen., 274. — G.ertn., De frucl. et sem., II, 246, t. 134. — Lamk., Dict. encycl., II, 135; SuppL, II, 568; lllustr., t. 586. — DC, Prodrom., I, 456. — Glie., Drog. simpL, éd. 6,
132 COTOiN (emploi chirurgical).
m, 642. — Spacu, Suite à Buffon, III, 388. — Mér. et de L., Did. Mat. mèd., III, 409. — Endl., Gcn., n. 528G. — Todar., Obs. spec. di Colon., 17. — Payer, Thèse Malv. [Fac. méd. Par.), 24. —A. Ricii., Elé>n. Hist. mit. méd., éd. i, II, 548. — M. Mast., in OUv. FI. trop. Afr., I, 210. — RosENTu., Synops. plant, diaphor., 712. — II. Bâillon. In Payer Leç. Fam. nat., 281 ; Histoire des plantes, IV, 95, 117, 149, fig. 162-160.
g II. Emploi chîrurgîeal. Le coton peut êtie employé sous deux formes distinctes, coton tissé ou étofl'e de coton, et coton cardé.
Tandis que le coton est répandu à profusion dans le monde civilisé, et qu'il est utilisé de mille feçons par les habitudes et les usages de la vie commune, son emploi chirurgical est repoussé par l'opinion publique. Le coton passe pouienvenimer les plaies sur lesquelles il est appliqué. L'opinion publique s'est montrée trop sévère envers lui, et nous allons voir que le coton peut être employé utilement en chirurgie dans un grand nombre de circonstances.
Les étoffes de coton ne servent pas à la confection des linges à pansement, des compresses, des bandes, de la charpie. Exerceraient-elles vraiment sur les plaies une action défavorable ? On peut répondre que non, dans la majorité des cas ; mais on manque d'expérience à ce sujet, parce que dans la pratique des hôpitaux, et par suite dans la pratique civile, on se seit toujours de charpie et de tissus de toile. Mais ce qui se passe dans le traitement des brùlui'es, dans les [)ansoments ouatés de A. Guérin, où nous voyons les bons effets obtenus par l'application immédiate de la ouate sur les plaies vives, doit suffire à démontrer que, sous quelques formes qu'on emploie le coton, son action ne doit pas être fâcheuse.
Les motifs de la continuité d'une pratique sont quelquefois très-différents de ceux qu'on imagine et qu'on accepte ; la raison d'une habitude suivie n'est pas toujours ceUe que l'on pense. Les linges à pansement des hôpitaux sont faits avec les vieux draps, avec les draps demi-usés : or ces draps sont en toile, et il se peut fort bien que, si l'on faisait coucher les malades dans des draps de coton, ces mêmes draps servissent à faire des compresses auxquelles on ne chercherait pas de propriétés nocives.
Avec les tissus de coton, on peut faire des compresses, des bandes, des écharpes, des bandages composés, tels que serre-tête, bandages en T, triangulaires, etc., et certainement pour la confection de bandages de ce genre, qui ne s'appliquent pas directement sur une plaie vive, c'est l'habitude qui fait préférer la toile au coton.
Les bandes de coton faites avec le tissu qu'on appelle le calicot rendent de véritables services dans la pratique civile, surtout dans le traitement des fractures ; d'une part, le calicot est d'un prix peu élevé, bien inférieur à celui de la toile, et, d'autre part, il se prête aisément à la confection des bandes, parceque cette étoffe se déchire en droite ligne, et qu'on n'est pas obligé de la couper lentement avec des ciseaux.
Avec la même étoffe on confectionne très-aisément des draps fanon.
Le calicot s'imprègne tout aussi bien que la toile des diverses substances solidifiables qui servent à la construction des appareils inamovibles. J'ajoute que, lorsqu'on se sert de certaines de ces substances après l'emploi desquelles le linge ne pouvant plus être lavé doit être sacrifié, tel que le silicate de potasse, il y aurait économie à remplacer les bandes de toile par des bandes de calicot.
Une autre étoffe de coton, la tarlatane, convient parfaitement à la confection des appareils plâtrés, en particulier les attelles plâtrées, les appareils de M. llerr-
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gotl. La tarlatane collodionnéo remplace avantageusement, dans certains cas, les bandelettes de diachylon.
Ce rapide aperçu suffit à démontrer, je crois, que les tissus de coton peuvent être souvent, largement et heureusement utilisés dans la pratique chirurgicale.
Le coton cardé ou la ouate est d'un usage constant en chirurgie et en médecine aussi.
On obtient la ouate en épluchant le colon après l'avoir ouvert et divisé par le battage; puis on le bat de nouveau, on le carde deux fois, et on feutre les plaques en leur faisant subir une opération appelée marchage ; enfin, ou colle avec de la gomme une des surfaces de la plaque feutrée.
La ouate est certainement employée depuis longtemps, mais il est difficile de dire depuis quelle époque, et quel est le chirurgien qui l'a utilisée le premier. Du reste, une pareille question de priorité serait peu intéressante à débattre et à résoudre. Quoi qu'il en soit, son usage est indiqué dans tous les traites modernes de bandages et appareils, et en particulier dans celui que Mathias Mayor, de Lausanne, a publié en 1852, sous ce titre : Nouveau système de déligation chirurgicale.
On se rappelle quelle vigoureuse impulsion pratique l'esprit ardent et entreprenant de Mayor donnait à toutes ses conceptions ; il a dû, sans doute, largement contribuer cà généraliser l'emploi de la ouate en chirurgie.
Nous allons passer en revue les différentes lésions et les diverses circonstances dans lesquelles la ouate est employée, en prévenant le lecteur que nous ne ferons ici que donner des indications, renvoyant, pour les détails et les convenances de la pratique, aux articles spéciaux qui traitent de chacune de ces lésions.
Le coton cardé est appliqué journellement au traitement des brûlures ; c'est le docteur Auderson, de Glasgow, qui l'a mis en honneur en 1828. Il paraît que la découverte de ce précieux moyen de traitement est due au hasard, et qu'elle nous vient d'Amérique. Le docteur Rolland raconte ainsi le fait qui l'a introduit dans la thérapeutique. Une femme du nouveau monde avait laissé tomber sur son jeune enfant un vase plein d'eau bouillante. Cette mère désolée enleva la chemise, seul vêtement que portait son fils, le coucha sur un tas de coton nouvellement récolté, et alla chercher au loin du secours. Le médecin trouva le petit malade endormi, le laissa tranquille, et suivit sans rien faire la marche de la maladie qui guérit merveilleusement, et le remède fut trouvé {voij. Brûlure).
Mathias Mayor a proposé de remplacer la charpie par le coton dans le pansement des plaies, invoquant une foule d'arguments pour démontrer les avantages de la réforme qu'il voulait opérer. Son opinion absolue ne pouvait pas prévaloir; mais il est juste de reconnaître qu'il a rendu un bon service à l'art des pansements en relevant le coton de Tanathème dont il était frappé. Les esprits excessifs et exagérés ont cela d'excellent qu'ils forcent les esprits calmes à rechercher ce qu'il peut y avoir de vérité dans les idées qu'on agite devant eux ; le bon sens fait justice de l'exagération, la pratique fait justice de l'absolu, et il reste une idée, diminuée sans doute, mais juste, et qui peut être heureusement exploitée. Ainsi le coton ne convient pas au pansement des plaies couvertes de bourgeons charnus à l'état d'irritation, parce qu'il augmente celte irritation, provoque des douleurs, se colle à la plaie, mais il convient au pansement de certaines plaies molles.
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Le professeur Roux ayant observé, à Lausanne, le mode de pansement, dont il est question, et reconnu ses avantages, l'importa à l'hôpital de la Charité où il le mit en usage chez des malades affectés d'ulcères atoniques. Pour tout pansement on recouvrait les ulcères avec du coton cardé, en quantité suffisante pour matelasser en quelque sorte la partie dans l'épaisseur d'un bon travers de doigt, et on le fixait par un tour de bande.
Les jours suivants, sans enlever le coton, on exprimait le pus dont il était imbibé, et on ajoutait une nouvelle couche de ouate. Lorsque le coton paraissait trop trempé par le pus de l'ulcère, on ôtait celui du milieu, qui était le plus imbibé, et l'on en ajoutait d'autre sans toucher à celui de la circonférence, qui restait sec. Pour bien renouveler le pansement, on avait l'attention de ne jamais ôter le coton sec et adhérent à l'ulcère. En somme, ou se conduisait dans cescasa peu près comme dans les cas debrûlurcs. Les résultats obtenus ont été, en général, assez satisfaisants pour qu'une pareille pratique puisse être conseillée et suivie.
Le coton n'exerce pas sur les plaies une action nuisible ; il pourrait dans les pansements remplacer la charpie, ce qui serait un large avantage économique. Pourquoi donc son usage ne s'est-il pas vulgarisé? C'est qu'il a le véritable inconvénient d'être imperméable aux liquides, de ne pas se laisser pénétrer par eux, de ne pas s'en imbiber, comme le fait la charpie. Lorsque Roux disait que le pus des ulcères imbibait le coton, il parlait inexactement; le pus se répandait à travers la masse du coton, mais ne pénétrait pas dans ses fibres. La ouate ne se mouille pas comme une éponge ou un plumasseau de charpie. Que l'on place à la surface de l'eau un petit tampon de ouate, on le verra surnager presque indéfiniment. Ses fibrilles sont recouvertes d'un enduit huileux qui s'oppose à leur perméabilité.
Plusieurs chirurgiens ont cherché à rendre la ouate perméable, hygrométrique, absorbante ; ils y sont aiTivés par divers procédés.
Celui qui le premier, que nous sachions, a tenté de résoudre ce problème, est M. le docteur Tourainne, médecin-major de l'armée, dont les recherches remontent à plus de vingt ans, car il les aurait entreprises dans les hôpitaux de Constantinople pendant la guerre de Crimée. Ses recherches et leurs résultats ont fait le sujet de plusieurs mémoires, dont le plus important, avec pièces à l'appui, a été adressé à la Société de chirurgie : Du coton hydrophile et de son emploi en chirurgie (Soc. de chir. Séance du 6 décembre 1876).
M. Tourainne prépare le coton hydrophile en soumettant au lessivage le coton livré par le commerce. Si on emploie la lessive de cendres, il ne faut pas se contenter d'un seul lavage, mais en faire successivement deux ou trois, après avoir laissé sécher le coton, sans le tordre, ni le presser. Ce mode de préparation exige un certain temps. Si on veut obtenir une préparation rapide, on lessive le coton dans une solution de soude du commerce à 25 ou 30 pour 100. Après avoir été immergé dans cette solution pendant une heui'e environ, le coton est lavé à grande eau, puis on le laisse sécher, toujours en ayant soin de ne pas le tasser, ni le comprimer.
M. le professeur Von Bruns emploie le même procédé ; comme M. Tourainne, il fait baigner le coton dans une lessive ordinaire de cendres de bois, ou bien il se sert d'une solution de soude, mais moins concentrée, ne renfermant que 4 ou 5 pour 100 de sel alcalin.
Le coton-charpie du professeur Von Bruns serait inférieur à celui du doc-
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teur Tourainne, d'après le rapport de M. Paulet, qui a expérimenté les deux produits.
Le coton ainsi préparé devient véritablement hygrométrique ou hydrophile, suivant l'expression de M. Tourainne, et remplace parfaitement la charpie, se laissant imbiber par les liquides des plaies. Il convient, pour le rendre plus malléable, pour que son emploi devienne plus facile, de lui faire subir un léger cardage.
J'ajoute, comme remarque économique, que le coton qui a servi aux pansements se prête mieux à de nouveaux lavages que ne le fait la charpie, laquelle, tous les chirurgiens le savent, est dure, rigide, mauvaise, en un mot, quand elle a été lavée. Pour le coton il n'en est pas ainsi; il se nettoie très-bien, et les lessives successives, les lavages nouveaux n'altèrent pas sa texture qui reste douce et soyeuse.
Le procédé du lessivage n'est pas le seul qui ait été employé pour rendre le coton perméable ; mais il nous paraît être le seul qui permette de préparer d'avance, dans de favorables conditions d'économie et de qualité, de grandes quantités de coton à pansement, pouvant sans s'altérer servir à de larges approvisionnements.
M. Gubler est arrivé à de bons résultats en préparant le coton par son immersion dans la glycérine.
Un mode de préparation extemporanée, qui offre de grands avantages, à la coadition de se servir du coton lorsqu'il est encore humide, est celui qu'a trouvé et qu'emploie M. Guyon. Ce chirurgien plonge dans de l'eau phéniquée une certaine quantité de ouate, qu'il y comprime et malaxe pendant cinq ou six minutes; puis il s'en sert en guise d'épongés et de charpie. Il a donné à cette préparation le nom de ouate-éponge. La ouate ainsi mouillée, et encore humide , est suffisamment perméable ; non pas que les liquides pénètrent réellement dans ses fibres, mais parce qu'ils les suivent en vertu des lois de la capillarité.
La ouate-éponge remplit plusieurs conditions antiseptiques, qui me paraissent être les meilleures recommandations de son usage. D'abord, elle est pénétrée par une solution phéniquée ; puis, employée comme éponge, elle ne sert qu'une seule fois, à un seul malade, et ne peut, par conséquent, comme sont exposées à le faire les éponges, dans les services où l'on s'en sert encore, transporter d'une plaie à une autre des molécules virulentes ou septiques ; enfin elle filtre l'air qui la traverse, mettant la plaie qu'elle recouvre à l'abri des germes répandus dans l'atmosphère.
On pourrait dissoudre la matière grasse qui enveloppe les brins de coton dans l'éther, dans le sulfate de carbone, dans des liqueurs cupro-ammoniacales, mais les procédés qu'on emploierait ainsi seraient fort dispendieux; excellents dans un laboratoire, ils ne conviennent pas dans la pratique.
Tous les chirurgiens connaissent le pansement ouaté de M. A. Guérin. Je regrette que la forme et l'étendue de cet article ne me permettent pas d'en faire une étude complète, car c'est un sujet des plus intéressants (voy. Pansement, Plaies).
M. A. Guérin, pensant que l'absorption des miasmes par une plaie vive est la cause la plus commune de l'infection purulente, a cherché à mettre les plaies à l'abri de ces miasmes, et pour ce faire il a songé à utiliser les propriétés de la ouate. En effet, la ouate a la très-remarquable propriété de filtrer l'air, de le
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débarrasser de la matière qu'il tient eu suspeusiou. Je renvoie, à ce sujet, aux intéressantes expériences de Tyndall {Poussières et maladies, Revue des cours scientifiques, ann. 1870, p. 255). Comme application pratique du fait observé, Tyndall avait conseillé d'employer un respirateur de coton, pour préserver les poumons des germes par lesquels se propage une maladie contagieuse, pour le préserver aussi des poussières irritantes ou malsaines suspendues dans l'air d'un grand nombre d'ateliers, où se fabriquent des produits spéciaux.
L'origine de la méthode nous importe peu; elle procède de diverses autres méthodes, de celle du pansement des brûlures par le colon, du pansement par occlusion de Gliassaignac, des pansements rares de Larrey. M. A. Guérin a voulu utiliser la ouate comme moyen de filtrage, et il a réussi à inventer un mode de pansement excellent, qui a fait largement ses preuves.
Ses partisans ont songé à l'appliquer dans toute espèce de plaies, aux blessures résultant d'un violent traumatisme, telles que les fractures compliquées, les plaies contuses, les plaies par arrachement, etc. ; aussi à différentes lésions chirurgicales, telles que le mal perforant. Je cite des faits sans ouvrir une discussion que ne justifierait jias la forme de cet article ; je dirai cependant que dans les cas de fractures compliquées de plaies j'estime qu'une surveillance incessante est nécessaii'e ; du reste, c'est au chirurgien d'apprécier les indications. Je rappelle que le pansement ouaté peut faire bénéficier une lésion chirurgicale de trois conditions utilisables, le filtrage de l'air, la régularité d'une compression élastique, la protection contre les agents extérieurs. Ce n'est certes pas un moyen préservatif absolu des complications nosocomiales des plaies, la pyohémie, l'érysipèle, la pourriture d'hôpital, mais c'est un des modes de pansement qui écartent le mieux ces dangereuses complications. Peut-être aussi éloigne-t-il les chances de tétanos, en maintenant une température uniforme dans la partie blessée, et en la préservant de la funeste influence que possède l'impression du froid sur une plaie.
M. Gosselin, dans la séance de l'Académie de médecine du 31 août 1875, a résumé avec une lumineuse simplicité les avantages du pansement ouaté dans le traitement des plaies. M. Gosselin, laissant dans l'ombre la question du filtrage de l'air, trouve de suffisantes conditions d'efficacité dans la compression régulière, la contention, la rareté des pansements, l'immobilisation, l'uniformité de température, et l'abri du contact de l'air.
M. Ollier, appliquant une bande silicatée par-dessus le pansement ouaté, l'a i-endu inamovible. Cette modification apportée à la confection des pansements ouatés n'est pas approuvée par M. A. Guérin; il dit que dans un appareil ainsi l'ecouvert de bandes silicatées ou dextrinées, la ouate se tasse, le pansement se desserre, et l'air arrive jusqu'à la plaie entre la ouate et la peau ; de plus on ne peut pas appliquer de nouvelles bandes et resserrer les pansements comme dans la méthode ordinaire.
Sicard, chef de clinique chirurgicale, à Montpellier, avait déjà reconnu au coton une sorte de propriété purifiante ; dans un mémoire sur l'emploi du colon en chirurgie {Revue médicale, 1839), il établit un parallèle entre la charpie et le coton, et donne l'avantage au coton dans le pansement des plaies, parce que, dit-il, la charpie s'imprègne de miasmes, et que le coton ne s'en imprègne pas. N'est-ce pas, sous une autre forme, la même idée que celle du filtrage de l'air?
Quoi qu'il en soit de l'explication donnée, le fait pratique reste : le coton cardé
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convenablement appliqué donne d'excellenls résultats dans le pansement de certaines plaies.
Le colon cardé a été employé utilement dans le traitement de l'érysipèle, notamment à la Charité, et, à Montpellier, à l'hôpital Saiut-Éloi. Le D' Payau le conseille, uni au liniment oléo-calcaire, dans le traitement de l'inflammation consécutive à l'application des sinapismes. On peut s'en servir avec avantage pour le pansement des vésicatoires volants et de ceux qu'on veut faire sécher; dans ces cas on applique une couche de ouate sur la surfoce du vésicaloire, et an bout de peu de temps un nouvel épiderme est formé.
A l'hôpital de Lourcine, Hourmann avait souvent recours au coton cardé pour combattre les écoulements dus à des vaginites ; il pratiquait avec du coton le tamponnement du vagin. Ce moyen a procuré un bon nombre de guérisons. Ce mode de tamponnement réussit très-bien quand récoulemcnt provient du vagin, non quand il vient de la cavité du col. Évidemment dans ces cas le coton agit comme corps isolant, écartant l'une de l'autre les parois malades du vagin; son action peut être comparée à celle de certaines poudres inertes dans les urélhrites chez riionirac.
Le coton cardé a aussi été employé comme hémostatique, préconisé, entre autres, par leD'' Jacqucz (dcLurc), dans un mémoire adresse à l'Académie de médecine, au mois de mai 1859 : De V emploi du coton comme hémostatique infaillible dans les liémorrhagies par piqtires de sangsues. La propriété hémostatique du coton est certainement toute mécanique, semblable à celle de l'agaric et de la charpie fuie. C'était l'opinion de M. Blacbe, rapporteur du mémoire cité. En dehors des lésions déterminées que nous venons d'indiquer, le coton cardé est employé dans une foule de circonstances, et il n'est pas de service chirm'gical qui n'en fasse une large consommation. Il fait partie de presque tous les appareils à fractures, de tous les appareils inamovibles, qu'ils soient appliqués au traîtcnieut d'une fracture ou d'autres lésions, telles que entorse, coxalgie, arthrite, ankylose, ostéite, etc.... On s'en sert comme de couche protectrice, dans un grand nombre de pansements ; il sert utilement de support aux pommades et topiques médicamenteux ; l'application d'une couche de ouate humectée de quelques gouttes d'une teinture prescrite, la teinture d'iode, par exemple, offre de bonnes conditions à l'absorption cutanée ; on peut aussi l'imbiber de liquides antiseptiques ou désinfectants ; Thiersch conseille, dans les cas où l'on ne peut appliquer le pansement antiseptique dans toute sa rigueur, de remplacer la charpie par de la ouate salicylée. On l'applique sur des parties où l'on veut entretenir et conserver une température uniforme ; enfin, on l'utilise constamment comme tampon protecteur, pour adoucir la pression que des bandes ou des liens exercent sur la peau. Seuvier.
§ III. Hygiène professionnelle. Vo\J. FiLATURES.
COTOX-POUDRE. Yolj. PvnoxyLiKE.
COTOXARIA. iNom donné à VArtemisia maritima L. {voy. Armoise).
Pl.
COTOXEA. Nom donné dans certaines localités, et particulièrement à Venise, à l'origan vulgaire {Origanum vulgare). Mérat et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, II, 451. Pl.