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MOT ENC. XXI, IC

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lissez large, parfois petite, d'une grosse \eine (jugulaires interne, externe, antérieure, sous-clavière, axillaire) ou même d'une veine de moyen calibre.

Afin d'éviter ces complications (liéiaorrhagie veineuse, entrée de l'air dans les veines), le chirurgien doit s'entourer, dans le cours de son opération, des précautions les plus minutieuses : il devra agir lentement, éviter avant tout de tirer violemment sur la masse ou sur son pédicule et pratiquer successivement enlre deux ligatures la section des troncs veineux qu'il lui est impossible de ménager ou de toute bride douteuse qu'il rencontre en chemin ; si malgré ces précautions mie hcmorrhagie inquiélaiile se produit, par rupture de veine collatérale à leur embouchure, au lieu d'avoir recours à la ligature latérale qui est mauvaise, il n'hésitera pas, comme l'a fait Verneuil, à lier complètement la veine principale. Il fera en même temps comprimer fortement la poitrine par un aide pour empêcher les grandes inspirations et la possibilité de l'entrée de l'air.

Un autre danger à craindre, pendant ces laborieuses opérations, est aussi la dénudaùon des grosses veines qui, plus grave peut-être que la. ligature ellemême (Ollier), donne lieu à une thrombose étendue et progressive ci à tous les phénomènes qui en découlent. Dans ces cas, les troncs veineux se gonflent et se durcissent comme s'ils avaient été remplis par une injection solidifiable, et on comprend sans peine les accidents qui peuvent s'ensuivre. Langenbeck (Co?i- Irihution à la pathologie chirurgicale des veines; in Arch. fiir klin. Chir., 1. 1, 1860) rapporte deux faits de dénudation veineuse survenue pendant la dissection de tumeurs et portant l'une sur la jugulaire interne, l'autre sur l'axillaire : dans ces deux cas il y eut thrombose qui se termina, pour l'un d'eux, par la guérison complète. Ollier, cité par JNicaise, a opéré, en 1865, wnlipome myxomateux de la région antérieure du cou pesant 2500 grammes : une thrombose veineuse résultant de la dénudation des veines sur une grande étendue dans le fond de la plaie amena une mort rapide. Cette thrombose peut aussi survenir à la suite de ligature de gros vaisseaux veineux, pendant la dissection de ces tumeurs cervicales, comme dans le cas de Verneuil (1872), intitulé : Tumeur ganglionnaire du cou; ablation, ligature des jugulaires externe et interne, thrombose de la jugulaire interne (présentât, à la Société anatomique par E. Bourdon). On comprend que le manuel opératoire applicable aux tumeurs du cou devra varier suivant les différentes espèces auxquelles on aura affaire. Pour les masses solides, surtout celles qui siègent dans les ganglions et qui sont parfois si volumineuses, Sarazin préfère les incisions en V ou cruciales comme celles qui ont été pratiquées par Spenec pour enlever un enchondrome très-volumineux de la face et du cou et par Holmes ; afin d'éviter de sectionner le muscle sterno-cléido-mastoïdién , Dieffenbach préconise pour ces sortes de tumeurs deux incisions parallèles aux bords du muscle : par la première, il isole les vaisseaux carotidiens; par l'autre, il attaque la masse par sa partie profonde. Le morcellement employé par Velpeau et Chassaignac constitue également un procédé utilisable dans certains cas, nous y reviendrons.

Nous n'indiquerons ici que pour mémoire une méthode assez bizarre imaginée par Montes de Oca et relatée in Revue médico chirurg. de Buenos-Ayres {Cour, médic., n" 1, 1877); elle est intitulée : Insufflation d'air autour des tumeurs pour en faciliter V extirpation ; voici en quoi elle consiste : Afin d'éviter les difficultés inhérentes à l'ablation des tumeurs et provenant de leur siège et de leur volume, ce chirurgien a eu l'idée d'isoler la production morbide des parties environnantes en insufflant de l'air. 11 commence par introduire sous les légu-

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■meiits, au voisinage de la tumeur, un trocart muni de sa canule, il retire le premier et adaptant.une pompe à la seconde, il injecte, une quantité d'air suffisante pour distendre le tissu cellulaire qui entoure le produit ; tantôt il ne fait qu'une seule ponction, tantôt il a recours à des ponctions et injections multiples ; on obtient par cette opération préliminaire une insufflation prompte et limitée seulement à la sphère de la tumeur, si on a pris soin préalablement d'exercer une compression sur les tissus à peu de distance de la masse. Montes de Oca incise alors la peau, puis l'énucléation se l'ait, dit-il, avec une grande facilité et une rapidité extrême, en contournant la tumeur avec les doigts ou le manche du bistouri.

Sans porter un jugement définitif sur la valeur de ce procédé, nous persistons à croire, malgré ralïïrmation de l'auteur, qu'il n'est guère applicable, en tout cas, qu'aux tumeurs de nature bénigne, non adhérentes aux régions voisines, et qu'on ne pourra l'utiliser pour les carcinomes; n'y a-t-il pas, d'autre part, inconvénient à produire ainsi, surtout s'il s'agit du cou, un emphysème artiticiel? Ce chirurgien semble le croire, puisqu'il l'a appliqué avec succès chez un malade porteur d'une tumeur de la grosseur du poing à la région latérale gauche du cou : elle était inégale, dure et adhérente à la peau ; après avoir pratiqué l'insufflation, Oca fit une mcision elliptique de 10 centimètres aux téguments ei put enlever la masse en la contournant simplement avec le doiyt; chez un autre malade, il s'agissait d'un adénome du creux axillaire, un grand nombre de ganglions furent enlevés après insufflation préalable, quoique avec un peu moins de facilité ; l'hémorrhagie fut insignifiante, malgré l'étendue de la plaie et la mise à nu des vaisseaux et du plexus brachial ; les tissus étaient à peine . humectés de sang.

Parmi les tumeurs profondes du cou, celles qui méritent de nous arrêter d'une façon tout particulière sont les Adéaopathies et les Kystes, aussi est-ce par elles que nous commencerons notre description : sous le nom de Tumeurs DIVERSES DU COU nous compreudrous, d'autre part, un groupe de tumeurs analogues aux productions de même nature que l'on rencontre dans les autres parties du corps, mais qui cependant assument certains caractères spéciaux en rapport avec la région spéciale où elles se sont développées. Les tumeurs du corps thyroïde, celles de la glande sous-maxillaire et de la région parotidienne, la grenouillette et le spina bifida cervical, seront étudiés ailleurs dans ce Dictionnaire, aussi nous les passerons sous silence ; quant aux anévrysmes, ils ont été déjà décrits (voy. Carotide), nous n'y reviendrons pas.

1" Adénopathies ou Tumeurs ganglionnaires du cou. Si on considère la grande quantité de ganglions lymphatiques qui existe dans les diverses régions du cou, on ne peut être étonné de les voir devenir le siège d'altérations nombreuses et, par conséquent, l'origine de tumeurs variées à l'infini dans leur nature que nous rencontrons très-souvent dans la pratique. Parmi les tumeurs les plus fréquentes sont, sans contredit, les adénopathies cervicales.

Autrefois, et même il y a à peine quarante années, elles étaient toutes confondues sous les dénominations d'engorgements cervicaux, engorgements glanduleux ou ganglionnaires du cou, tumeurs lymphatiques, indurations ganglionnaires, qui ne préjugeaient rien sur la nature intime de la maladie; toutefois la plupart des auteurs tendaient à les rattacher presque uniquement à la scrofule et à faire jouer à cette dernière diathèse le rôle principal dans leur développement, soit chez les enfants, soit chez les adultes ; Hippocrate,

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