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est permis par le volume de l'utérus : il faut, en même temps, soutenir l'utérus à l'aide d'une main pressant fortement sur lui au-dessus de la symphyse, de peur de le détacher du vagin ; il faut se rappeler aussi de suivre les axes du bassin et la forme du détroit supérieur (Barnes), c'est-à-dire pousser d'abord en arrière vers la concavité du sacrum et puis vers le détroit supérieur, sur l'un des côtés, et non au milieu, pour éviter la saillie du promontoire ; l'utérus réduit, il faut en réveiller la contraction en le pressant simultanément par le dehors et par le dedans, et ne pas retirer la main qui a effectue la réduction sans injecter dans la cavité utérine, à l'aide d'une sonde introduite le Ion" de la paume de la main, environ 200 grammes de perchlorure de fer à 50° et d'eau ; Barnes donne ce précepte, mais il me paraît en exagérer un peu l'importance.
Si le col est resserré sur la partie retournée, ce qui est le cas le plus ordinaire, il faut exercer une pression soutenue sur cette dernière; mais cela ne suffit pas, il faut en même temps fixer le col : pour fixer le col, j'intioduis dans le rectum deux doigts de la main gauche, qui, recourbés en crochet, vont retenir, à travers la paroi intestinale, le rebord du col dans l'angle formé par les ligaments utéro-sacrés ; pour réduire' le col, les doigts de l'autre main, exerçant sur le pédicule de la tumeur une pression soutenue, la font rentrer peu à peu en réduisant d'abord les parties qui se sont renversées les dernières; à mesure que l'on sent le col se relâcher et l'utérus se réduire, il taut exercer plus fortement la pression d'un côté que de l'autre, pour incliner l'utérus vers un côté du détroit supérieur, et en même temps pour pousser plus fortement sur un des angles de l'organe, ce qui eu facilite la réduction ; cette excellente méthode de taxis, qui m'a réussi plusieurs fois (vingt heures après l'accouchement, un mois après et dix mois après), est regardée par Barnes comme la moins dangereuse et la plus puissante [oiivr. cit., p. 428) ; si le col résiste, on peut le débrider par deux ou trois petites incisions, divisant les fibres circulaires du col, ou bien on exerce sur le col une action soutenue qui en force l'entrée, à l'aide d'un pessaire à air exerçant sur le fond de l'utérus une pression élastique, et retenu' dans le vagin par un bandage en T.
Quant au prolapsus, il ne constitue pas une difficulté, car on est obligé souvent de tirer l'utérus hors de la vulve pour faciliter les manœuvres, et l'on réduit ensuite le prolapsus en même temps que l'inversion. Mais il n'en est pas de même de l'adhérence du placenta sur la surface utérine, il augmente considérablement le volume de la tumeur à réduire, il peut être lui-même la source de l'hémorrhagie. Je n'hésite donc pas : je décolle doucement le placenta et je l'arrache lentement de la surface convexe de l'utérus, comme je le ferais de la surface concave de cet organe dans le cas de rétention simple, après quoi je commence à pratiquer la réduction d'après les règles que je viens de donner.
Les tumeurs utérines qui peuvent donner lieu à la métrorrhagie puerpérale sont : les tumeurs fibreuses interstitielles, les polypes de la cavité utérine, le cancer.
Les tumeurs fibreuses, outre l'augmentation de volume et le ramollissement qui est causé dans leur tissu par la grossesse et qui déterminent dans le segment utérin correspondant un afflux sanguin anormal, offrent encore le danger de gêner la contraction utérine et de ne pas permettre le retrait régulier et complet de l'organe. Les stimulants directs de l'utérus, le massage, la titillation, le froid, le seigle ergoté, étant parfois insuffisants, ou peut être forcé de recourir à l'application directe du perchlorure de fer.
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Les polypes sont souvent expulsés avec le fœtus, ils peuvent favoriser une inversion. Ce qu'il y a de mieux, c'est, en même temps qu'on provoque par les moyens usités les contractions de l'utérus, de faire l'ablation de la tumeur par l'écrasement linéaire ou la ligature extemporanée de son pédicule.
Le cancer est beaucoup plus grave. Il est quelquefois la cause d'une friabilité extrême et de déchirures du tissu utérin qui rendent les hémorrhagies trèsdangereuses. Si la femme a été assez heureuse pour échapper à ces complications, elle n'en reste pas moins avec une tumeur qui n'a pu qu'augmenter sous l'influence de l'hypertrophie gestative, qui gène l'évolution rétrograde de l'utérus, et qui est d'autant plus exposée à causer des métrorrhagics funestes que la vascularité en a été augmentée en même temps que celle de tout l'organe. L'application directe des hémostatiques est ce qu'il y a de plus utile en pareil cas : il faut la combiner avec le double traitement général des métrorrhagics et du cancer utérin.
II. Métroerhagie puerpérale consécutive ou post-puerpérale. On lui donne encore le nom de secondaire, tardive ou éloignée. Elle peut arriver dès le lendemain de l'accouchement, alors que les dangers et surtout les ravages dus à l'hémorrhagie semblent être passés, ou l'un quelconque des jours qui suivent jusqu'au quinzième, au vingtième, et même au quarantième jour, car je crois qu'il est juste de regarder une hémorrhagie survenant au retour de couches comme étant encore sous la dépendance des mêmes causes qui amènent les hémorrhagies puerpérales secondaires, à moins qu'on ne préfère désigner sous le nom iV hémorrhagie post-puerpérale que je propose, par analogie avec celui de métrite post-puerpérale, cette hémorrhagie qui tient plutôt aux conséquences éloignées qu'à l'action prochaine de la puerpéralité sur le tissu de l'utérus et les fonctions génitales.
Si l'on a soigné convenablement le travail, fait régulièrement l'extraction du placenta, dirigé soigneusement le retrait de l'utérus et surveillé attentivement le repos et les précautions que réclament les suites immédiates des couches, il est très-probable qu'on n'aura pas à se préoccuper de cette tardive et redoutable complication. Néanmoins on peut avoir à compter avec elle; car sans être de beaucoup aussi fréquentes que les hémorrhagies immédiates, les hémorrhagies secondaires ne sont pas aussi rares que l'avait pensé Collins, d'après une statistique recueillie à l'hôpital de Dublin, à une époque oii les épidémies puerpérales enlevaient probablement de bonne heure les malades qui auraient pu présenter plus tard l'apparition d'hémorrhagies consécutives. Les métrorrhagies tardives peuvent tenir à diverses causes ; les principales sont : l'inertie secondaire de la matrice, le défaut d'involution de l'organe, non-seulement après l'accouchement, mais aussi après l'avortement, qui dispose plus que l'accouchement à l'irrégularité de l'évolution rétrograde, la rétention de caillots ou de portions de placenta libres ou adhérentes, une collection sanguine interstitielle, des déchirures du col, un mouvement fluxionnaire imprévu cimsé par une émotion, le coït, la reprise prématurée de la marche et des travaux, une congestion persistante et progressive due aux mêmes causes, ou à une endométrite et à la production de fongosités sur la muqueuse, à une rétroflexion, à la présence de tumeurs et même à l'inversion, enfin une altération du sang, soit individuelle, soit épidémique, notamment, d'après M. Hervieux, l'empoisonnement puerpéral.
L'inertie utérine et surtout le défaut d'involution de l'organe sont plus fré-
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queats qu'on ne serait disposé tout d'abord à le présumer ; il arrive souvent, en effet, que l'utérus, qui paraissait d'abord se contracter avec énergie, se laisse dilater de nouveau quelques heures après l'accouchement par l'accumulation du sang, reste flasque, mollasse, inerte, et facilite ainsi la métrorrhagie comme dans les premiers moments qui suivent la sortie du fœtus. 11 en est de même de l'arrêt d'évolution rétrograde ; ce travail physiologique important, qui commence par les premières contractions et le retrait de l'organe à la suite de l'accouchement, peut êlre entravé dans sa marche régulière par une maladie intercun'ente, générale ou locale, et laisser persister avec un volume anormalement supérieur une structure plus vasculaire que ne le comporte le retour de la matrice à l'état de vacuité, un état congestif chronique et une disposition trèsgrande aux hémorrhagies, lesquelles signalent quelquefois le premier temps d'arrêt dans ce défaut d'involution. 11 est encore plus fréquent à la suite de l'avortement qu'à la suite de l'accouchement : il semble que les fibres musculaires qui ne sont pas arrivées à la plénitude et à la peri'cction de leur développement ne sont pas aussi facilement ni aussi régulièrement que les autres atteintes par le travail d'atrophie ou d'évolution rétrograde qui doit les ramener à l'état de vacuité.
La rétention des caillots et du placenta est une cause encore très-commune d'héniorrhagie p\ierpérale secondaire, bien qu'il semble qu'on dut l'éviter le plus souvent et le plus sûrement. On peut avoir à extraire le placenta vingtquatre heures et même plusieurs jours après l'accouchement. Dans ces cas, outre l'hémorrhagie, il y a des lochies infectes et des symptômes de septicémie. L'exploration directe de l'utérus a l'aide du doigt et même du cathéter est absolument nécessaire, et quelquefois la dilatation du col par la laminaire, la tente d'épongé préparée, ou un dilatateur quelconque est indispensable pour compléter le diagnostic et parer aux accidents par le premier et le plus elÏÏcace de tous les moyens, l'extraction directe des caillots, du placenta ou de ses fragments. Il faut ensuite répéter les injections intra-utérines détersives ou antiseptiques.
Un caillot ou un thrombus, une collection sanguine, peut s'être formée encore au moment de l'accouchement dans les tissus sous-nmqueux du col, comme il se forme plus fréquemment dans l'épaisseur du vagin, du périnée et surtout de la vulve (Fordyce Barker, Médical Record, 1870). La tumeur qui, si elle ne se rompt pas, peut obturer le vagin et empêcher l'écoulement libre des lochies (Lachapelle), peut, d'un autre côté, si elle se déchire ou s'ulcère, devenir le point de départ d'une hémorrhagie si prompte et si abondante qu'elle amène une mort rapide (Hugenbcrger, Sanct-Pelersburg. medic. Zeitung, 1865). L'emploi de tous les hémostatiques peut être nécessaire, et même l'application directe de styptiques et de perchlorure de fer dans la poche sanguine lorsqu'elle a crevé ou qu'on a été obligé de l'ouvrir.
Les déchirures du col, comme celles du vagin, comme les excoriations de ces organes, peuvent donner lieu à des hémorrhagies secondaires, habituellement reconnaissables à la couleur et aux caractères artériels du sang, et qu'il est aisé d'arrêter en portant directement sur le point vulnéré l'application des moyens hémostatiques.
La fluxion et la congestion utérines tiennent le plus souvent à des causes que les malades peuvent éviter ou que l'on peut éloigner d'elles. Longtemps après l'accouchement l'utérus reste encore un centre de fluxion (Cazeaux) vers lequel
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viennent converger les troubles généraux de l'organisme, et dans lequel, par conséquent, se produit aisément kmolimen hœmorrhagicum (Lachapelle), qui n'est que la suite de l'exagération d'une hyperémie longtemps persistante. Aussi, les émotions morales, les perturbations brusques de l'organisme, ou l'altération plus ou moins prolongée des fonctions, la fièvre de lait, un« maladie intercurrente quelconque, peuvent-elles donner lieu à une métrorrbagie secondaire. Si ces causes générales peuvent retentir assez directement sur l'utérus pour y produire un fluxion hémorrliagique, on comprend que les causes locales auront parfois une action bien plus décisive encore : ainsi, bien que l'on puisse voir beaucoup de femmes qui se lèvent ou reprennent leurs travaux presque impunément (du moins au point de vue des hémorrhagies et des accidents immédiats) tout de suite après leurs couches, on ne doit point nier que se lever trop tôt, reprendre prématurément le travail, subir les approches conjugales, ne soient autant de moyens d'excitation violents qui favorisent singulièrement la métrorrbagie puerpérale consécutive. Des causes locales organiques, telles que l'inversion, les fibromes interstitiels, les polypes, la rétroflexion, ne la favorisent pas moins, sinon avec autant d'énergie, du moins avec plus de continuité, de persistance, et par suite de certitude ; les recherches nombreuses que j'ai faites sur la rétroflexion et sur le traitement efficace de ce déplacement m'ont convaincu de plus en plus qu'iui des premiers accidents symptomatiques de cette maladie sont la métroi'rhagie puerpérale consécutive et la métrorrbagie post-puerpérale, devenant souvent le point de départ de ménorrbagies périodiques. L'endométrile puerpérale légère ne dépassant pas le degré congestif, liyperplasiquc, en amenant la formation rapide et prématurée de fongosités sur la muqueuse utérine et en entretenant un état congestif de tout l'organe, coïncide souvent avec un arrêt d'involution, devient souvent la cause, sinon d'hémorrhagies secondaires, au moins de métrorrhagie au premier retour de la menstruation, et d'hémorrhagies subséquentes qui se présentent dès lors, pendant l'état de vacuité, soit sous forme de ménorrhagie, soit sous forme de métrorrhagie intercalaire.
Enfin, il est évident que l'appauvrissement du sang qui résulte de diverses maladies et notamment d'hémorrhagies primitives, ou de l'albuminurie (Blot), ou même de l'empoisonnement puerpéral chez les femmes qui résident dans un milieu ou sévit la fièvre puerpérale, coïncidant avec des altérations locales, une inertie de l'utérus, une congesLion passive de cet organe, favorisées elles-mêmes par l'état général d'anémie, d'atonie, d'adynamie même, dans lequel se trouvent les malades, peut être une cause sérieuse de métrorrhagie puerpérale •consécutive sur laquelle M. llervieux {ouvr. cit., p. 546) a eu le mérite d'appeler l'attention.
Les métrorrhagies puerpérales secondaires se produisent habituellement sans douleurs, sans contractions utérines, comme les métrorrhagies immédiates par inertie : rar^ent elles sont abondantes et font courir un danger sérieux, mais elles sont persistantes et tendent à la chronicité.
Traitement de lliémorrhagie post-puerpérale. Il ne différée pas de celui des métrorrhagies puerpérales primitives et des métrorrhagies de l'état de vacuité. Il faut toujours y associer les soins de propreté, les lotions et les injections désinfectantes, nécessitées doublement par la présence simultanée des lochies et des caillots de sang plus ou moins décomposés dans l'utérus et dans le vagin. Je n'ai donc qu'à renvoyer le lecteur à ce que j'ai déjà dit du traitement des mé-
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trorrhagies à l'état de vacuité, et à ce que je viens de dire du traitement des métrorrhagies suites de couches.
Il faut se rappeler que la malade doit être entourée d'un air frais, qu'elle doit user de boissons fraîches, acidulés, gazeuses ; qu'on doit faire des applications réfrigérantes sur l'hypogastre, la face interne et supérieure des cuisses, le vagin, le rectum ; enfin, prendre de petites doses de l'ergot de seigle, qui a la propriété de resserrer les fibres contractiles des vaisseaux comme les fibres contractiles de l'utérus, et associer cet ergot, ou son extrait, aux divers médicaments styptiques, astringents, coagulants et sédatifs du cœur et de la circulation que l'expérience nous a appris à appliquer à ces cas. Ainsi, d'un côté, le perchlorure de fer, l'alun, l'extrait de ratanbia, la cannelle, le symphiton ; de l'autre, la digitale, qui ralentit l'impulsion du cœur et diminue le nombre des battements du pouls, sont également propres à arrêter ces héinorrhagies. Je prescris souvent la potion suivante, qui est très-efficace : infusion de 50 centigrammes de feuilles de digitale dans 100 grammes d'eau ; ajoutez 30 grammes de sirop de symphiton ou grande consoude, 50 grammes d'eau de fleurs d'oranger, 15 grammes de teinture de cannelle, 4 grammes d'extrait de ratanbia, d gramme d'ergotine de Bonjean, 10 centigrammes d'extrait tbébaïque. Mêlez. Agitez le flacon et buvez-en une cuillerée à soupe toutes les douze heures ou toutes les six heures, ou plus souvent, si c'est nécessaire.
Enfin, depuis peu, on a. préconisé un moyen ou plutôt un nouveau mode d'administration d'un médicament déjà connu et employé, l'ergotine. J'en ai fait l'essai très-souvent, et je suis heureux de pouvoir ajouter mon témoignage à tous ceux qui ont été déjà donnés sur sou efficacité, sinon absolue et constante, du moins relative et tellement fréquente, que je regarde l'introduction de ce nouveau mode, qui n'est autre que l'injection sous-cutanée, comme une précieuse conquête de la thérapeutique contemporaine. Ce moyen est d'autant plus précieux qu'il peut rendre des services, surtout dans des cas où l'estomac supporte difficilement l'ingestion des médicaments et est très-disposé aux vomissements. L'état morbide post-puerpéral, le défaut d'involution de l'utérus, s'accompagnent souvent, comme les débuts de la grossesse, de vomissements spasmodiques. L'administration par le rectum est souvent aussi difficile. L'instillation par la piqûre hypodermique ne présente, dans ce cas, que des avantages sur tous les autres modes d'ingestion.
On traite donc les métrorrhagies comme on traite les tumeurs en général, par la méthode de Luton {De la substitution parenchymateuse, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences, 21 sept. 1863) ou comme on traite en particulier les myomes utérins, par la méthode d'Hildebrandt, c'est-à-dire par une injection sous-cutanée d'ergotine. MM. Moutard-Martin, Bucquoy, Guéneau de Mussy, Edouard Labbé, Dujardin-Beaumetz, Constantin Paul [Bulletin général de thérapeutique, t. XCIII, p. 337, Paris, 1877), injectent environ 6 à 10 centigrammes d'ergotine, et cette faible dose suffit pour arrêter l'hémorrhagie. La solution jusqu'ici la plus usitée est la suivante : ergotine de Bonjean, 2 grammes; glycérine, 15 grammes ; eau, 15 grammes. Mêlez. Cette solution a la couleur brunâtre d'un extrait, sans être trop visqueuse. Une ou deux seringues de Pravas injectées sous la peau suffisent pour arrêter, non plus en quelques heures, comme l'ergot porté dans l'estomac, mais souvent en quelques minutes, une métrorrhagie, qu'elle soit ancienne ou récente; sur une matrice hors l'état de gestation ou pendant la puerpéralité, à la suite d'un avortement ou dans la
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période post-puerpérale ; dans des cas de cancer, comme dans des cas de simple congestion hémorhagique. 11 est même possible qu'elles aient autant d'efficacité pendant la gestation, puisque des injections sous-cutanées d'ergotine administrées à des chiennes pleines, arrivées au terme de la gestation, ont aidé notablement la parturition. Dans les cas assez fréquents où la femme en travail est atteinte de vomissements, l'injection hypodermique d'ergotine (si ces faits se confirment) peut devenir une précieuse ressource, non-seulement pour combat- Jre la métrorrhagie, mais encore pour hâter l'accouchement. A. Courty.
COUCHES OPTIQUES. Voij. CoRPS OPTO-STRIÉS.
COUCHONS (Eau minérale de), protothermale, bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique faible, dans le département des Pyrénées-Orientales, émerge la source de Coudions désignée dans le pays par le nom de La fon de las Picheroltes. Son eau est claire, limpide et transparente, mais elle laisse déposer sur les parois de son bassin de captage, avec lesquelles elle est en contact, une couche notable d'un sédiment ocracé ; son odeur est piquante ; sa saveur est manifestement ferrugineuse; sa température est de 15" centigrade. Anglada seul en a ébauche l'analyse chimique ; il donne pour tous renseignements que cette eau contient assez peu dé fer. Le débit de la source de Couchons est très-peu abondant .-aussi n'est-elle fréquentée que par quelques dyspeptiques ou par quelques cliloro-anémiqucs du voisinage, qui ne l'emploient jamais qu'en boisson.
COUCOU iCuculus). Le Coucou gris (C. canorus) est un oiseau de l'ordre des Grimpeurs dont les mœurs sont très-singulières. A leur arrivée dans nos contrées les mâles se partagent, pour ainsi dire, les bois dans lesquels ils s'établissent, et une seule femelle se montre dans chaque district, allant de mâle à mâle jusqu'à ce qu'elle ait fait choix de l'un d'eux. Elle pond à terre, mais ses œufs sont peu volumineux relativement à sa taille. Elle les porte avec son bec dans le nid de quelque espèce insectivore, fauvette, accenteur, pouillot, pipit, rubiette ou traquet, laissant à ces derniers le soin de les couver et celui de les nourrir, ce qu'ils font d'autant plus aisément que les jeunes coucous, lorsqu'ils viennent à éclorc, rejettent hors du nid les œufs ou les jeunes de leurs parents adoptifs.
Le coucou geai {Coccystes glandarius) est une seconde espèce de la famille des Cuculidés qui se montre accidentellement dans le midi de l'Europe, mais habite de préférence le nord de l'Afrique et la Syrie.
La même famille comprend un assez grand nombre d'autres espèces toutes étrangères à l'Europe et dont on a fait différents genres; quelques-unes sont remarquables par les reflets métalliques de leur coloration. P. Gerv.
COUDE. KùêtToj, ày^oùv; Cubitus; EUbogen (allemand); Elboga (anglosaxon); Elbow (anglais) ; Gomito (italien) ; Codo (espagnol).
S I. Anatomie. Dans l'esprit du vulgaire, le coude est représenté par l'angle saillant que forme l'apophyse olécrâne à la partie postérieure de l'articulation du bras avec l'avant-bras ; pour les anatomistes, il comprend l'articulation huméro-radio-cubitale et les parties molles qui la recouvrent.
Située à la jonction du bras avec l'avant-bras, la région du coude peut êtic
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limitée artificiellement : en haut, par un plan horizontal qui couperait l'humérus à un travers de doigt environ de l'épicondyle et de l'épitrochlée ; en bas, par un plan analogue qui passerait à deux travers de doigt de ces mêmes tubérosités.
La forme extérieure de cette région varie nécessairement suivant les différentes positions du membre. Fortement anguleuse en arrière et entièrement effacée en avant alors que l'avant-bras est fléchi sur le bras, elle offre au contraire un méplat dans le second sens et une saillie à peine prononcée dans le premier quand le membre est complètement étendu. Mais cette deinière condition n'est qu'exceptionnellement réalisable. La saillie du coude, en effet, demeure constamment évidente chez les hommes vigoureux, et en particulier chez ceux qui se livrent à des travaux de force avec les bras. Ce n'est guère que chez les personnes débiles, à fibres molles et peu résistantes,. chez les femmes notamment, et surtout chez les enfants, qu'il est possible d'amener l'avant-bras dans une extension parfaite sur le bras et de faire disparaître ainsi le relief que forme naturellement l'olécrâne en arrière. Outre cet état de flexion habituelle du coude dont la limite extrême vers l'extension serait représentée par un angle de 155" à 100°, l'avant-bras forme avec le bras un angle obtus ouvert en dehors qu'on évalue à 170°. Cette dernière déviation, très-apparente quand le bras pend le long du corps, résulte d'une disposition oblique dans la direction générale de l'interligne articulaire. Elle accroît singulièrement la saillie que fait normalement l'épitrochlée à la partie interne du coude.
Aplatie d'avant en arrièi'e, la région du coude présente un diamètre antéropostérieur moindre de moitié que le diamètre transverse. On la divise, pour en faciliter la description, en deux régions secondaires que séparerait un plan vertical passant par l'épitrochlée et l'épicondyle : l'une antérieure ou région du pli du coude; l'autre postérieure ou re'gion olécrânienne . Nous allons étudier successivement chacune d'elles, après avoir au préalable donné la description du squelette qui les supporte.
Squelette et articulations. Trois os concourent à la formation du squelette et constituent par leur union l'articulation du coude. Ce sont : l'extrémité inférieure de l'humérus et les extrémités supérieures du cubitus et du radius ; de solides ligaments en assurent les rapports en même temps qu'une membrane synoviale en lubrifie les surfaces articulaires.
L'humérus, vers son extrémité inférieure, s'aplatit d'avant en arrière tout en s'éLirgissant transversalement, et s'enroule vers sa face antérieure en une sorte de volute dont la convexité s'articule avec le crochet épiphysaire du cubitus en dedans et la cupule du radius en dehors. Sur cette convexité s'élèvent à cet effet deux saillies ou crêtes antéro-postérieurcs qui la transforment, dans un peu plus de sa moitié interne, en une véritable poulie ou trochlée dont le bord interne descend notablement plus bas que l'externe. La gorge de cette poulie représente une surface de révolution cylindrique, uniquement interrompue dans le point où la trochlée se soude à l'humérus. Immédiatement au-dessus de cette gorge est creusée, dans la face antérieure de l'os du bras, une fossette destinée à loger l'apophyse coronoïde dans l'extrême flexion de l'avant-bras sur le bras et à imposer une limite à ce mouvement. En regard d'elle, existe sur la face opposée de l'humérus une cavité analogue, mais plus profonde, pour recevoir l'olécrâne dans l'extension complète du membre et assurer, comme la précédente, une limite à ce mouvement. Entre ces deux fossettes, l'humérus
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est réduit à une lamelle osseuse très-mince, translucide, mais qui, à l'état physiologique, existe toujours dans l'espèce humaine.
En dehors de la trochlée, le restant de la volute humorale représente un segment de cylindre, bombé d'un côté à l'autre, mais dont le bord externe, au lieu de suivre parallèlement le bord correspondant de la trochlée dans toute son étendue, s'incline progressivement vers lui de manière à le rencontrer à la jonction de ses tiers postérieur et moyen ; c'est le condyle. Il résulte de cette rencontre une sorte d'.l entre les branches inférieures duquel se voit, quand on regarde l'os par sa face postérieure, la partie la plus reculée du condyle, tandis que l'épicondyle étale sa large base entre les branches supérieure et externe de cette figure.
Une autre conséquence de celle disposition particulière du condyle, c'est que la surface articulaire de cette éminence est tout entière dirigée en avant. Si en effet on fait passer un plan imaginaire par l'axe de l'humérus et la ligne des tubérosités, on voit que ce plan, qui coupe transversalement l'os en deux, laisse en avant de lui d'une part le condyle tout entier, de l'autre les deux tiers environ de la poulie articulaire.
Ces deux éminences, trochlée et condyle, sont encroûtées de cartilage et constituent dans leur ensemble la surface articulaire de l'humérus. Chacune d'elles est surmontée sur le côté d'une apophyse horizontale vers le sommet de laquelle aboutit le bord correspondant de l'humérus. Les axes de ces apophyses sont sensiblement dans le même prolongement horizontal et laissent au-dessous d'eux l'interligne articulaire. L'apophyse interne ou épitrochlée est beaucoup plus saillante que l'externe ou épicondyle. D'après Richet, elle ne mesurerait pas moins de 2 centimètres et demi de son sommet au bord interne de la trochlée. Benucé lui accorde une longueur moindre. A cette apophyse vient aboutir, en se recourbant notablement en dedans et en haut, le bord interne, mince et tranchant, de l'humérus : de là un danger facile à comprendre pour les téguments qui le recouvrent quand une violence quelconque les comprime sur cette arête.
L'épicondyle, au contraire, fait une saillie beaucoup moindre en dehors du condyle, un demi-centimètre à peine, et le bord correspondant de l'humérus qui y aboutit est mousse et peu incurvé en dehors.
Si l'épicondyle est peu saillant, par contre il s'étale beaucoup en arrière pour combler le vide que laisse le condyle dans ce dernier sens ; il remplit, en effet, complètement l'angle rentrant externe de l'Y dont nous avons précédemment parlé, et présente là une surface convexe, lisse, qu'un sillon profond sépare des deux crêtes articulaires avoisinantes.
Les distances, largeurs et projections des saillies dont nous venons de parler sont importantes à connaître. M. Denucé les a résumées dans le tableau suivant :