‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.22Chapitre 11 sur 52 · COUTURIER · texte numérisé non relu

COUTURIER

étamines à anthèies dressées et sagittées; un ovaire formé de deux carpelles, à bords rentrants dans l'intérieur, divisant la cavité en deux loges à la partie inférieure; une capsule semi-quadriloculaire, bivalve, septicide, à placentas spongieux, portant des semences par l'intermédiaire d'un funicule distinct : tels sont les principaux caractères de ce genre. Les espèces sont amères et comme telles employées en qualité de toniques. Nous citerons parmi elles :

\° Le Coutouhea spicala kvAAal [C- alha Lam.), plante annuelle, à lige droite, obscurément quadrangulairo, à feuilles lancéolées, acuminées, semi-amplexicaules, glabres et un peu cliarnues. IjCs fleurs blancbes sont disposées par veiticilies de quatre, en épis simples terminaux.

Cette espèce, qui croît aux bords des cliemins et près des ruisseaux, dans la Guyane française et au Para, dans le Brésil, a une saveur amcre très-marquée. On l'emploie connue emménagogue, comme toni«|ue et stomacliique et aussi comme vermifuge.

2° Le Coutoubea ramosa Aublet (C. purpurea Lam.), à tige dressée, trèsrameuse, à feuilles plus étroites que dans l'espèce précédente, à fleurs platées mic à une sur des pédoncules, à l'aisselle dos bractées de la partie supérieure de la tige, de manière à former une grappe. Ces Heurs sont d'un blanc teinté do pourpre à la jiartie interne de la corolle. On attribue à celte espèce les mêmes*, propriétés.

Ahdlet. PUinlcs de la Guyane, I, p. 72. — Lamarck. Dictionnaire encyclopédie, 11, lli'2. — De CA>DOi.Lii. Prodromu), IX, p. GG. — Exdlicher. Gênera Plantaruni. Pl.

COUTOULiY (Pikrre-Victor). Médecin et accouclieur, né à Paris en 1705, avait été reçu membre de l'ancien collège de cbirurgie, il devint niombrc de l'Académie de cbirurgie, et fit également partie de la Société de médecine. Plus célèbre comme accoucheur, il a inventé et perfectionné divers instruments usités en obstétrique : les forceps, crochets, craniotomes, pelvimèlres, ont été de sa part l'objet de mémoires intéressants. 11 a donné son mot dans toutes les questions controversées agitées de son temps, telles que l'application du forceps au delà du détroit supérieur, l'opération césarienne, la symphyséotomie, l'amputation d'un membre procident hors de la vulve, dans le but de terminer rapidement l'accouchement, etc., etc. Nous citerons de lui :

I. Appréciateur du bassin. la Séances publiques de l'Académie R. de chirurgie, p. 1Ô7, Paris, 1779. — H. Mémoire sur le forceps brisé. In Sédillot Journal général de médecine, t. XXXll, p. 45-7.3; 1808. — III. Observation sur l'incision des bords du col de la matrice dans les convulsions qui se manifestent à l'époque de l'accoucfieinent. Description d'un nouvel instrument, pour pratiquer cette opération avec avantage et facilite. Ibid., p. 157- 172 et 272-28G. — IV. Observation sur l'opération césarienne faite à madame Tliérèse Morliére, femme Delnos, le 10 mars 1797, avec le procès-verbal de l'ouverture du cadavre, par Coutouly, baudelocquc, Lassus, Badin et Ané. Ibid., t. XX.XIV, p. 277 et suivantes. — V. Description d'un instrument propre à piercer le crâne d'un enfant mort dans le sein de la mère, afin qu'après en avoir fait sortir le cerveau on puisse l'extraire avec plus de facilité. Ibid., t. XXXVI, p. 171. — VI. Nouvelle pompe à sein. Ibid., p. 178. — VU. Mémoires sur divers sujets relatifs à l'art des accouchements avec description de plusieurs instruments. Paris, sans dates [1807). in-8''. Ce recueil contient quelques-uns des mémoires indiqués plus haut, ainsi que les articles insérés par l'auteur dans le Journal général de médecine.

COUTL'RIER (Muscle). En latin, Sartorius (de Sartor, racconmiodeur de vêtements). 11 a aussi porté le nom de Musculiis fascialis. C'est le muscle le plus long du coi'ps. Il est situé à la partie antérieure de la cuisse, qu'il traverse

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de haut en bas et de dehors en dedans. Son extrémité supérieure s'insère par de courtes fibres aponévrotiques à l'épine iliaque antérieure et supérieure, à la moitié supérieure de l'échancrure située au-dessous de ce point et à l'aponévrose qui sépare le couturier du tenseur du fascla lata. Les fibres musculaires, trèslongues, qui succèdent aux fibres d'insertion, se réunissent sous forme de ruban,, non aplati pourtant, mais plutôt triangulaire, qui se dirige obliquement vers le condvle interne du fénmr, augmentant d'abord de volume, puis se rétrécissant vers le quart intérieur de la cuisse environ. Devenu interne d'antérieur qu'il était, il descend à peu près verticalement derrière le condyle, puis se transforme en un tendon aplati qui se réfléchit d'arrière en avant autour de l'articulation, en s'élargissant, va gagner la crête du tibia au-dessous du ligament rotulien, et s'y insère au devant des tendons du demi-tendineux et du droit interne, dont les sépare une bourse séreuse ; il concourt à former avec ces tendons ce qu'on appelle la patte d'oie. Du bord intérieur du tendon élargi du couturier se détache une expansion fibreuse qui va se confondre avec l'aponévrose jambière.

Le muscle couturier est innervé par la branche musculo-cutanée du nerf crural .

Action. Ce muscle fléchit la jambe sur la cuisse, en la portant en dedans et en imprimant au tibia un mouvement de rotation de dehors en dedans. En même temps, il fléchit la cuisse sur le bassin. Ce sont ces mouvements qui déterminent la position que prennent d'ordinaire les tailleurs (Sartorii). 1).

COLTL'RIÈRES (UïGiÈNE professiox.nelle). Il v a douze ou quinze ans, cet article eut été renvoyé aux professions sédentaires avec ceux qui concernent les lingères, les brodeuses, etc. Mais depuis l'invention des machines a coudre, l'influence de ce genre de travail sur la santé des ouvrières ayant donné lieu à de grandes discussions et à de nombreux travaux, nous devons entrer ici dans quelques détails.

Dans les premiers temps qui suivirent l'emploi des machines, ce n'était que des chants d'allégresse ; l'âge d'or était venu pour les couturières. A en croire certains journalistes, ceux de la presse littéraire surtout, qui ont coutume de traiter toutes les questions avec leur imagination, il semblait que les ouvrières^ n'avaient qu'à placer un morceau d'étoffe ou de toile sur leur machine, puis qu'elles pouvaient aller folâtrer dans la campagne, respirer l'air pur des champs, et qu'à leur retour elles trouveraient la robe toute faite ou la chemise terminée. En 1860, un médecin américain fort distingué, le docteur Gardner, professeur d'accouchements au Collège médical de Aew-York, venait faire chorus avec ces enthousiastes : « Je proclame, disait-il, que les machines à coudre sont le plus grand bienfait qui ait été accordé aux femmes chrétiennes du dixneuvième siècle, c'est l'abolition de l'esclavage des blanches! » Moins de fatigue, gain plus considérable, travail dans de vastes ateliers bien aérés, possibilité de prendre plus d'exercice; amélioration de la santé chez des femmes débiles et cacochymes, tels furent les avantages que signalait le docteur Gardner.

Voyons ce qu'il en est.

Un mot d'abord sur ces machines. Comme pour les allumettes chimiques, comme pour tant d'autres découvertes, le véritable inventeur est un Fiançais : un pauvre tailleur, nommé Thimonnier, mort dans la misère en 18o-4; et l'année suivante, à l'Exposition universelle de 1855, les machines à coudre venues

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