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qu'on imprime un mouvement brusque au fémur, de manière à produire un choc de la tète contre la cavité cotyloïde, le malade accuse une vive douleur au niveau de l'articulation. Cela n'existe pas dans le cas présent... Dans la périarthrite co.ro- fémorale, il n'y a pas de brides fibreuses qui fixent l'articulation d'une façon aussi complète (que dans la périarihrite scapulo-humorale) ; aussi la flexion de la cuisse sur le bassin est encore possible. Pour le constater, on place le creux poplité du membre atteint sur le pli de son coude ; on recommande bien au malade de laisser reposer son membre et on essaye de le soulever. En même temps, avec l'autre main appliquée sur l'épine iliaque antéiieure et supérieure, on applique le bassin contre le lit et on l'y maintient fixé solidement. On essaye alors de soulever le membre malade, de le fléchir dans l'articulation coxo-fémorale. Si cette articulation est immobile, la cuisse formera avec le bassin un levier coudé rigide; il sera impossible de la fléchir. Si on essaye de l'étendre, le bassin suivra le mouvement, ce qui sera facile à constater avec l'autre main qui repose sur l'épine iliaque. Si au contraire l'arliculatiou est libre, la flexion et l'extension se feront sans qu'on perçoive aucun mouvement se communiquant au bassin. » Enfin une dernière preuve de l'intégrilé de l'articulation, c'est qu'après chloroformisation, les mouvements étendus que le malade ne peut pas accomplir volontairement deviennent possibles. « Toutefois, observe Dujilay, il ne faut pas s'exagérer l'importance du sommeil anestiiésique pour le diagnostic des périarthrites soit de l'épaule, soit de la hanche. Le chloroforme ne l'ait disparaître que la contracture, mais ne change rien aux rétractions cicatricielles, aux adhérences fibreuses, etc. » On peut ajouter qu'une fois l'abcès ouvert, l'exploration au stylet des trajets fistuleux conduit directement sur le grand trochanter; celui-ci peut même être dénudé et altéré, lorsque l'affection est ancienne et lorsque la suppuration a longtemps persisté. (Philippeaux.)
Une affection à rapprocher de l'inflammation de la bourse séreuse du muscle fessier, c'est Vhygroma de la bourse du psoas, dont parle James Miller [The Practice of Surgery, Edinburgh, J856). Verneuil a vu prendre pour une coxalgie un abcès de cette bourse séreuse, constaté plus tard à l'uutopsie. Holmes croit l'affection très-rare chez les jeunes sujets. Si un cas de ce genre se présentait, on fonderait le diagnostic sur l'absence de douleur par la flexion et la rotation en dehors de la cuisse, la pression ou la pcrcussion'du grand trochanter, sur la facilité avec laquelle on communique à la hanche tous les mouvements passifs qui n'ont pas pour effet de déterminer la tension du muscle, enfin sur le caractère limité de la tuméfaction. On ne peindrait pas de vue que la bourse de glissement du muscle psoas, au lieu de rester indépendante, peut communiquer avec la cavité articulaire.
Psoitis. Dans l'inflammation suppurative du muscle psoas-iliaque, la cuisse se place toujours en demi-flexion, avec légère rotation en dehors, par suite de la rétraction des fibres musculaires. Cette attitude en a imposé quelquefois pour une coxalgie, surtout que la douleur peut s'étendre au genou et qu'elle s'accroît par l'extension et l'adduction du membre. Mais cette douleur a pour siège principal la région lombaire et la fosse iliaque. Elle n'augmente pas, si on imprime à la cuisse un mouvement de flexion et de rotation en dedans, c'est-à-dire si on met le muscle dans le relâchement. Puis la pressio-n ou la percussion du grand trochanter sont indolores, la tuméfaction occupe la fosse iliaque et non le pourtour de l'articulation, la fluctuation se constate au même point, la collection purulente commence à poindre au-dessous du pli de l'aine, pour s'avancer jusqu'au
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niveau du petit trochanter, et quand le pus a franchi l'arcade crurale, on peut le refouler allernativement du creux inguinal dans la fosse iliaque. Enfin l'affection se développe, sinon exlusivement, du moins le plus souvent chez la femme pendant l'état puerpéral.
Ces caractères dilférencient suffisamment le psoïtis de la coxalgie. Il n'y aurait de difficulté réelle que dans deux cas : 1» si la suppuration se déversait dans l'article par l'ouverture qui assez souvent fait communiquer la bourse séreuse du psoas avec la cavité articulaire ; on en trouvera des exemples à l'article suivant; 2° lorsque le pus d'une coxalgie suppurée suit la même voie, ou bien encore lorsqu'il perfore le fond de l'acétabulum et gagne la fosse iliaque. Suivant Hancock, il tend alors à se faire jour au dehors, un peu au-dessous de l'épine iliaque antéro-supérieure, et un long stylet recourbé, introduit par l'orifice fistuleux, peut être dirigé en arrière et en bas sur la face postérieure du cotyle, et y causer de la crépitation. Au contraire, si la même exploration était faite dans un cas de psoïte, le stylet ne pourrait pénétrer qu'en arrière et en haut, suivant la direction du muscle.
Carie vertébrale. Les abcès par congestion, qui fusent dans la gaînc du muscle psoas-iliaque déterminent des accidents analogues à ceux du psoïtis, et les mêmes caractères les différencient de la coxalgie. La constatation de la douleur au niveau de l'apophyse épineuse malade, ou d'une gibbosité rendrait le diagnostic encore plus certain.
Mais le pus peut rester confiné dans la région lombaire. Gibert rapporte une observation de ce genre qui produisit si complètement les phénomènes de la coxalgie que tout le monde dans le service y fut trompé, excepté Marjolin. C'était chez une enfant de dix ans qui éprouvait depuis quelques semaines de vives douleurs dans la hanche ou pour mieux dire dans la fesse gauche. 11 y avait flexion incomplète de la cuisse , adduction, légère rotation en dedans, raccourcissement apparent de 1 à 2 centimètres, obliquité du bassin et dépression du pli de l'aine. En cherchant à exagérer le mouvement de flexion du membre, dès qu'on dépasse le demi-cercle, c'est le bassin qui se meut et non plus la cuisse. En arrière, on constate l'existence d'une tumeur volumineuse, située en haut de la fesse et contournant la crête iliaque pour pénétrer dans la fosse iliaque, ou elle fait une sailHe sensible à la vue et surtout à la palpation. Cette tumeur est fluctuante, sous-cutanée, et le flot de liquide pénètre évidemment dans la fosse iliaque. Huit jours après seulement, on trouva par un examen attentif que la septième vertèbre dorsale et la huitième font une légère saillie et sont douloureuses à une forte pression. On ne put imprimer au membre ses mouvements normaux qu'après l'ouverture de l'abcès. Le chloroforme aurait sans doute permis de reconnaître ce caractère, dès l'entrée de la malade à l'hôpital, mais on n'y a généralement recours que s'il y a une indication opératoire à remplir.
Il peut encore arriver que le pus fourni par une carie vertébrale n'arrive à l'extérieur qu'après avoir traversé l'articulation coxo-fémorale, soit qu'il ait perforé le fond de la cavité cotyloïde, soit qu'il ait pénétré par une ouverture faisant communiquer la gaîne du psoas avec l'intérieur de l'articulation. Cet accident est généralement désigné sous le nom de coxalgie secondaire. Maisonneuve en rapporte un cas qui fut pris par Sanson pour une maladie de l'articulation sacro-iliaque et par Velpeau pour une affection du trochanter. 11 s'agissait d'un portefaix de vingt-huit ans qui ressentit, au printemps de 1838, des dou-
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lewrs dans les lomhes et le sacrum ; ea octobre, douleurs vers le trochauter ; un mois après, à ce niveau, tumeur indolente, fièvre hectique, ponction de l'abcès, continuation des accidents et mort. A l'autopsie, le fibro-cartilage qui sépare la troisième vertèbre lombaire et la quatrième, est entièrement détruit, les surfaces correspondantes des corps vertébraux voisins sont converties en une substance compacte, blanc jaunâtre; leur circonférence est détruite par la carie. A travers le psoas, le pus s'était créé uncimal qui gagnait l'éminence ilio-pectinée, passait au-devant de l'article et avait disséqué à peu près tous les muscles de la cuisse. L'articulation présentait des altérations remarquables : la capsule était largement ouverte en avant où elle communiquait avec le foyer, le cartilage qui revêt les deux surfaces osseuses était complètement détruit et le ligament rond n'existait plus. Des désordres articulaires aussi prononcés avaient nécessairement demandé un temps assez long pour se produire.
Gibert a cité un second exemple de coxalgie secondaire. La malade avait neuf ans et avait été atteinte en 1854 de carie vertébrale, ayant déterminé un'e gibbosilé lombaire considérable. Pendant longtemps elle a porté un abcès de l'aine, qui aura pénétré dans l'articulation, car c'est subitement qu'elle a éprouvé de vives douleurs dans la hanche et qu'elle a cessé de marcher. État actuel, juin 1855 : Le membre abdominal droit est dans une flexion légère, sans rotation et sans déviation en dedans ou en dehors ; le bassin n'est pas dévié ; il y a une légère torsion qui porte l'épine iliaque droite en avant. La mensuration donne des deux côtés le même résultat ; il n'y a pas non plus de raccourcissement ou d'allongement apparents. Au niveau du grand trochauter, ulcération de la peau, de l'étendue d'une pièce de 5 francs, qui laisse voir à nu et bourgeonnant le grand trochauter lui-même. Cette ulcération a commencé au mois de janvier ; elle s'est agrandie et fournit chaque jour une assez grande quantité de pus. Klle communique par-devant avec une autre fistule, située au-dessus de l'épine iliaque. En arrière, la fesse est plutôt arrondie qu'aplatie ; le pli fessier a disparu. Les mouvements de la cuisse sont pénibles dans une assez grande étendue; l'immobilité du bassin, pendant ces mouvements, prouve que la tète est dans sa cavité. Douleur très-vive à la pression dans l'aine; aucune douleur spontanée. L'état général va en s'aggravant et l'enfant meurt le 14 août 1855.
Affections des ganglions inguinaux. L'engorgement des ganglions du pli de l'aine, consécutif à l'inflammation de l'articulation coxo-fémorale, est un accident fréquent, surtout chez les enfants. Cet engorgement a été quelquefois une cause d'erreur. Holmes a rencontré plusieurs cas de coxalgie, compliquée d'une affection concomiteute des ganglions de l'aine et de ceux qui entourent l'artère iliaque externe, dans lesquels la coxalgie avait passé inaperçue, quoiqu'il n'eût fallu qu'un peu d'attention pour reconnaître son existence. D'un autre côté, Yerneuil a vu prendre pour une coxalgie un abcès développé probablement dans les ganglions iliaques externes. Comme dans un cas d'abcès de la bourse séreuse du psoas, déjà cité, il y avait allongement apparent du membre, abduction, rotation en dehors, douleur locale et impossibilité des mouvements. La recherche de la mobilité de la cuisse, pendant le sommeil anesthcsique, serait encore le meilleur moyen de s'éclairer. Il suffit que les mouvements de l'article soient aussi libres qu'à l'état normal, pour qu'en présence d'une tuméfaction de la région inguinale, toute pensée de coxalgie soit écartée.
Cancer. Burns a relaté l'observation d'un fongus hœmalodes de l'articula-
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tion de la hanche qui fut pris pour une coxalgie. Dans un cas rapporte par Belii-end, la hanche, malade depuis longtemps, était loiiement lléchie ; autour d'elle existaient trois grosses tumeurs fluctuantes que l'on prit pour des collections purulentes. On décida la résection et l'on trouva un encéphaloide du bassin et de l'extrémité supérieure du fémur. Ces affections sont rares; néanmoins le chirurgien ne devrait pas perdre de vue la possibilité d'une semblable erreur. Si la marche de la maladie ne venait pas élucider la situation, une ponction exploratrice lèverait tous les doutes.
Déformations du bassin. Samuel Cooper a vu, dans une des salles de Saint- Barlhélemy, une petite fille avec une aifeclion du genou, dont le bassin était si déformé, que le membre de ce côté paraissait beaucoup plus Ion"-; l'articulation de la hanche était saine. Cruveilhier a fait connaître, comme une cause de raccourcissement de la jambe, la dépression de la cavité cotyloïde dans le bassin. Cependant, chez une femme qui présentait celte disposition, les fémurs mesurés avec soin ne présentait pas la moindre différence. Velpeau a signalé, chez les enfants, la disjonction de trois pièces de l'os iliaque, sous l'influence d'un traumatisme. Dans un tel cas, on peut voir survenir la suppuration de la jointure et des abcès, dilficiles à distinguer de ceux qui s'observent à la suite d'une coxalgie. Enfin Marjolin a présenté à la Société de chirurgie, en 1866, l'os iliaque considérablement augmenté d'un enfant de dix ans, chez lequel on aurait pu croire à une coxalgie. L'os des îles était déformé et rempli de taches blanches, semblables à du pus; mais on n'en retrouva pas les caractères au microscope; il est probable que cette altération était de nature leucocylhémique. L'existence possible de désordres de ce genre doit éveiller l'attention du chiiurgien et le mettre en garde contre les erreurs de diagnostic qui peuvent en résulter.
Ln.ration congénitale. Une luxation congénitale, provenant d'un vice de conformation, peut faire admettre une coxalgie chez un jeune enfant, surtout à l'époque où il commence à marcher. A la claudication, se joint alors le raccourcissement du membre, son atrophie assez souvent, et la déformation de la hanche. Mais les autres caractères , propres à la tumeur blanche coxo-fémorale, font défaut : il n'y a pas de douleur, les mouvements sont presque aussi libres qu'à l'état normal ; le raccourcissement n'est pas permanent, en ce sens qu'un léger effort suQit pour ramener les surfaces articulaires en contact; la constitution du sujet n'est nullement altérée, lïnlin, il n'y a ni empâtement de la région, ni suppuration de l'article, ni trajets fistuleux ; cependant la luxation ne se rencontre qu'entourée de ce cortège d'accidents, à la suite de la coxalgie.
11 peut arriver qu'un individu, porteur d'une luxation congénitale de la hanche, soit atteint, plus ou moins longtemps après la naissance, de tumeur blanche de l'articulation anormale. On doit éviter alors de rapporter à l'affection actuelle, les désordres qui l'ont précédée. Bouvier a observé en 1858 {Bull, de la Soc. de chirurgie, t. IX, p. 91, séance du 16 septembre), un fait de ce genre, chez une jeune tille de dix à douze ans qui fut examinée par Bonnet, Boudet, Malgaigne, Nélaton, Guersant et Richard. Tous ces chirurgiens diagnostiquèrent une luxation, suite de coxalgie à gauche et une simple position vicieuse à droite. Lorsque les deux membres, à l'aide de l'éthérisalion, furent ramenés à leur direction normale par rapport au bassin, ils se montrèrent égaux en longueur, quoique la luxation du fémur gauche n'eût pas été modifiée. En cherchant la cause de cette singularité. Bouvier découvrit une luxation toute semblable du côté droit qui avait été dissimulée par l'abduction permanente du membre de DICT. ENC. XXII. 15
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ce côté. « Il y avait là, dit-il, à n'en pas clouter deux luxations congénitales, suivies de deux coxalgies, bien que les parents aient assuré n'avoir remarqué aucun défaut dans la démarclie de leur enfant, avant le début des coxaiç^ies, qui ne lenionte pas au delà de lévrier ou de janvier dernier. » Boudet, en 1839, avait déj I rapporté à la Société anatoniique un cas analogue suivi d'autopsie, et Marlin et Coliineau en ont cité deux autres; les malades avouaient avoir boité dès leur première enl'ance. On doit remarquer qu'une telle boilerie jieul tenir à d'autres circonstances. Brodie a vu, par suite d'un vice congémlal, le léiunr et le tibia d'un même côté un peu plus courts que ceux du côté opposé. Lorsque la difïérence s'élève à 4 ou 5 cenlimèlres, il j a de la claudication et le grand troclianler parait plus saillant du côté le plus long.
ArlhiUe sèche. Le niorbus coxœ senilis est une affection, polyarticulaire généralement, gui ne se rencontie que chez les vieillards ou chez les individus vieillis avant l'àgc et sujets à la goutle ou au rhumatisme. Les dixiK'urs, d'intensité fort variable, subissent surtout l'influence des variations atmosphériques ; à l'inverse de ce qui se passe dans la coxalgie, les pressions ne les augmentent pas et les marches prolongées les calment. Les mouvements sont libres et aicomp ignés de craquements, quand les surlaces articulaires sont ébnrnées; de bruits de frottements, si les cartilages ont seulement subi l'altération velvétiipie. Il n'y a pas de tuméfaction, mais des déformations localisées, des rugosités, des saillies irrégulières. Linfin l'arthrite sèche n'amène jamais de suppuration, ni de déviation des membres qui sont simplement affaiblis.
Les auteurs du Compendium parlent de corps étrangers trouvé à l'aulopsie dans l'articulation coxo fémorale. L'épaisseur des parties molles qui entourent la hanche empêche de les percevoir par la palpation ; mais la promptiiutle avec aquelle les douleurs paraissent et disparaissent, ainsi que le retour de la liberté des mouvements, lorsque le corps étriuger ne s'interpose plus entre les surfaces articulaires, distinguent suitisamment cette affection de la coxalgie.
Sijnovite séreuse. L'hydarihrose de la hanche est souvent le prélude d'une tumeur blanche de la même articulation, (lependant elle peut encore exister à l'état idiopalhiqiie, ainsi que l'établissent les autopsies de Cloquet et de Jolly, et, dansée cas, l'an.dogie des symptômes est telle qu'il est foit difficile de dilférencier les deux affections pendant la vie. Peut êlre y arriverait-ou en tenant compte de la forme aiguë ou chronique de l'hydartlirose.
h'hylarlliio^e aiguë donne lieu aux déviations caractéri. tiques du la coxalgie au début : flexion, abduction et rotation du membre en dehors. Les expéri'^.iices de Bonnet et de Parise le prouvent. Ces phénomènes toutefois ne se produisent que lentement dans le cas de coxalgie ; leur apparition brusque, et sans que l'on puisse invoquer l'action musculaire, tendrait donc à démontrer l'exislence d'un fort épanchement. Quant à la possibilité d'une luxation spontanée, sous cette seule influence, elle est contestable ; le point a été suffisamment discuté à propos de l'anatomic p; tbologique.
Une hydarthrose chroniijiie, au contraire, tout en gênant les fonctions du membre, doit avoir peu d'inlliience sur sa position. « Le liquide, dit llujday, s'accumule alors lentement dans la cavité articulaire, il presse d'une laçon continue les parois de la séreuse qui, sous cet ellbrt incessant, se dilatent peu à peu; aussi est-il très-ordinaire de voir les malades atteints d'hydarlhiose chronique n'éprouver aucune douleur et placer indiiféremment le membre aiVriié dans telle ou telle position, sans être obligé de rechercher et de con-
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server celle qui permet à la synoviale son plus grand dévoloppcmenf. n Marjoliu croit a oir reucoulré plusieurs lois l'Iiydarllirose clirouique de la liauche, ou tout au moins rélongaliou de la capsule articulaire, dont la laxilé quelquefois sei-ail si grande que les malades ont la sensation d'un craipjement ou, comme ils disent, d'un déboileujeut. C'est là un nouveau caraclère à ajouter aux précé lents. Dans un cas publié par Gibcrt, le mi'mhre était en addaclion et atteint de raccourcissement ; les mouvements comnuini(piés étaient douloureux. En tirant sur la cuisse pendant le sonnneil anestliési(|ue, la tète fémorale fit enteudre uu bruit semblable à celui (pic produit une luxation ipie i'on réduit, et ce dapotenient fut perçu par tous les assi>lanls. Dans la Journée, il y eut peu de douleurs ; quinze jours après, la lianclie paraissait aussi normale que celle du côté opposé et les mouvements communi(|ués étaient possibles dans a moitié de leur étendue; deux mois plus tard, la guérison était com|dète. Cli'z une autre jeune lille, Marjolin constala de r;dlongement apparent et, pendant la marclie, ce même bruit de clapotement, qui était ente idu d'un bout de la salle à l'autre. L\ malade, aujourd'hui guérie et mère de famille, ne boile plus et ne perçoit plus cette seiisalion anormale, si ce n'est dans des cas trè^-i-ares.
Les synovites purulentes aiguës, auxquell s Va'elte donne le nom de coxnigies typhiqiiex exanthématiqnea, mérilei'aicnt aussi d'èlre distinguées de la coxalgie proprement dile. Là encore, m.dlieureusenn'ut, il n'cxisie pas de cara tères spériaux, en dehors de la marche de la mala lie, rapideaient mortelle, et de son origine rubéolique, varioliqne ou l\phiqiie. Du resie, il n'y a pas gr.md inconvénient à englober sous une même déuomuntion les diverses aflectious mllammatoires de la hanche, car il est admi> en principe (jue les maladies articulaires doivent, précisément, à l'époque de leur première manilVstation, être soumises à une même méthode thérapeutique: la posiliou et l'immobilisaliou. A suivre cet excellent précepte, l'intérêt du malade sera toujours sauvegardé.
C. Variété anatomiqui'. Il ne siiltit pas d'avoir reconnu l'exislence d'une coxalgie, on doit chercher iî déterminer (juede est sa forme a'iatomi que, autrement dit, se demander si la maladie a débuté par la synoviale ou p.ir les os. La gravité du pronostic dépend, en eflél, du siège et de la nature des lésions articulaires, en même temps qu:' leiu" étendue. Le- piemières recherches tentées dans cette direction remontent à Biodie ipii a huit (|ue l'inflaunn ition e la synoviale, avec sécrétion d'une certaine quantité de liquide, a |)our cai'actèrc une t(unéfaction uniforme de la hanche et une douleur modérée, n'empêchant p;is immédiatement la station et la progression L'ulcérai ion des cartilages ou la carie superliciolle des os, c'est tout u s s'annonr.erait au contraire par l'aplali-sement de la fesse qui devient tlasque au toucher et par une douleur martyrisante que développent tous les mouvements dans lesijueK les siu-l'aces articulair(!s exercent l'une sur l'autre une pression récqjroque. l'our la faire naître, on couche le malade sur un lit, on saisit le meird)re inléiieiir préalablement étendu et on le pousse brusquement en haut, ou bien ou lui fait exécuter un mouvement de rotation autour de son axe.
Plus tard, Erichsen distingua trois formes, dont 'e diagnostic serait important sin-toul au point de vue de la résection : 1" coxalgie arlhrili(|ue ou .synoviale; 2° coxalgi ■ acétabulaire ou développée du côté de la cavité cotyloide et des os du bassin; 3" coxalgie fémorale. Les t-ymptômes de la l'orme arthrltù/ne atnit ceux d'une arthrite aiguë : douleiu- tr(''s-mtonsi', siégeant au niveau même de l'articulation, spasmes, exacerbalions nocturnes, immobilité absolue, abduction, rotation
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en dehors, un peu de gonflement à la face antérieure de l'articulation, fièvre intense, etc. Dans la forme acétubulaire, la douleur, au commencement, au lieu d'être rapportée à l'articulation, paraît plutôt siéger dans la fosse iliaque ou sur le côté du bassin ; plus tard, elle prend les caractères d'une douleur profonde dans l'article. Les abcès sont ordinairement intra-pelviens et viennent se présenter au-dessus et au-dessous du ligament de Poupart, ou se font jour à travers le trou scialiiiue, ou sur les côtés du rectum. La luxation est rare et il survient plutôt une perforation de la cavité cotyloïde, au travers de laquelle tend à passer la tète articulaire. Enfin la forme fémorale serait propre à l'enfance et souvent d'origine tuberculeuse. La douleur au début est très-légère ou bien siège au genou. Le membre adopte successivement deux attitudes qui sont dues à une altération de la contractilité musculaire : à la première période, les muscles rotateurs externes, par leur étroite connexion avec l'articulalion, deviennent le siège d'irritation et leur action étant ainsi augmentée, le membre est porté dans la rotation en dehors et dans une légère flexion. Plus tard, ces muscles, subissent une dégénérescence graisseuse ou une destruction plus ou moins étendue; l'action des adducteurs ne se trouve plus contre-balancée et le membre se porte dans l'adduction et dans la rotation en dedans. Les abcès se forment surtout à la face externe de la cuisse et s'ouvrent spécialement à 2 ou 5 pouces au-dessous et un peu en avant du grand trochanter, au voisinage de Tinsertiou du tenseur du faxcia lata. La luxation dans la fosse iliaque est la règle.
Suivant la juste remarque de Labbé, ces assertions sont trop affirmatives; l'observation du malade et l'anatomie pathologique sont loin de toujours justifier les opinions d'Erichsen. La forme acélabulaire, par exemple, paraît beaucoup plus fréquente que la forme fémorale, particulièrement chez les enfants. Les tubercules dans la tète articulaire sont rares; la luxation enfin implique toujours des altérations du côté du rebord cotyloïdien. Mais, malgré ces réserves, la réunion des signes qui viennent d'èli'e énoncés n'est pas sans valeur.
Martin et Collineau se sont montrés plus catégoriques encore qu'Erichseu. D'après ces auteurs, le phénomène capital, celui qui tient tous les autres sous sa dépendance, c'est la position vicieuse affectée par le membre pelvien. Groupant autour de l'allongement avec demi-flexion, adduction et rotation externe, un certain ensemble de phénomènes cliniques et anatomopathologiques; rattachant au raccourcissement avec demi-flexion, adduction et rotation interne, un second groupe de symptômes et d'altérations, ils ont admis dans la coxalgie deux formes distinctes, suivant que le squelette ou l'appareil ligamenteux étaient, à l'exclusion l'un de l'autre, Je siège des altérations anatomiques. Le tableau synoptique suivant résume les caractères différentiels qu'ils ont attribué à la coxalgie capsulaire et à la coxalgie osseuse.