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COURANTS MARINS

d'ailleurs un de ce geure qui a une grande importance : c'est celui qui longe, d'orient en occident, toute la côte septentrionale de la Sibérie, est rejeté par la Nouvelle-Zemble vers le nord-ouest, contourne le Spitzberg et entre dans les eaux du Groenland.

C'est là précisément une des sources du premier des courants polaires bien déterminés que nous avons à faire connaître. Cette masse d'eau froide venue des parages sibériens côtoie donc à l'est le Groenland, croisant le Gulf-Stream qui se dirige, entre lui et les côtes d'Europe, vers l'Océan glacial. Au-dessous de la pointe sud du Groenland, il rencontre cà angle une autre nappe froide descendue à travers l'archipel des côtes septentrionales de rAraéri(|ue du Nord, et qui vient de traverser dans toute sa longueur le détroit de Davis, longeant la côte est du Groenland, qui se trouve ainsi enserre entre deux fleuves glacés. Ces deux fleuves s'accostent, bien au-dessus de Terre-Neuve, mais ne se confondent pas entièrement. Tandis que la plus grande partie de leurs eaux réunies descend entre la côte est de l'Amérique du Nord et le Gulf-Stream, qui marche en sens inverse, la partie la plus orientale du bras venu du Spitzberg plonge sous le Gulf-Stream (dont la direction est en ce point presque transversale), reparaît de l'autre côté, et borde la limite est du courant chaiid comme l'autre bras borde sa limite ouest. Celui-ci se perd dans les eaux de la Floride, celui-là dans l'archipel de Bahama, où se termine d'un autre côté le circuit de la branche inférieure du Gulf-Stream.

Toujours au nord, des eaux polaires passent en petite quantité par le détroit de Behring ; d'autres, en grande abondance, sortent de la mer d'Ochkotsk. Les unes et les autres se réunissent au-dessus du Japon, s'engagent entre celui-ci et la Corée, pour former ce courant qui sépare le Kuro-Siwo du continent asiatique, suit les côtes de la Chine, et se perd à peu près à la hauteur de la Cocliinchine, après avoir rencontré, comme nous l'avons dit, le courant noir. Le Japon se trouve ainsi placé entre deux fleuves marins : l'un chaud, ([ui baigne du sud au nord sa côte orientale; l'autre froid, qui baigne du nord au sud sa côte occidentale. Voyons maintenant l'hémisphère austral.

Du pôle antarctique, à travers une mer libre de continents dans une si vaste étendue, descend une immense nappe qui va se heurter à l'Amérique du Sud, à la pointe de l'Afrique et à l'Australie. De là trois courants distincts.

Le premier est le courant de Humbohlt. Quand les eaux froides ont atteint le cap Horn, elles envoient à l'est, dans la direction des Malouines, une nappe qui se mêle aux autres eaux froides de l'Atlantique , et, d'un autre côté, suivent dans l'Océan Pacifique la côte occidentale de l'Amérique du Sud, avec une vitesse de cinq à sept lieues par jour. C'est cette seconde branche exclusivement qui porte le nom de courant de Humboldt, du nom du savant qui l'a découverte, ou courant du Pérou, parce qu'elle longe les côtes de cette contrée. Ce courant s'infléchit peu à peu vers l'ouest pour entrer dans le courant équatorial.

Le second courant formé par les eaux du pôle austral se conduit comme le précédent. Une partie des eaux passe dans l'Océan Indien, où il rencontre le courant chaud des Aiguilles ; l'autre descend le long de la côte occidentale de l'Afrique, dont il est séparé par le courant de Guinée marchant en sens contraire, puis s'infléchit de plus en plus à l'ouest pour entrer dans cette partie du courant équatorial qui, au cap Saint-Roque, rejoint le Gulf-Stream.

Enfin le courant froid austral qui devient distinct au sud de l'Australie vient en battre directement la côte occidentale, en la séparant des eaux chaudes,

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