‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.22Chapitre 3 sur 52 · COURANTS MARINS · texte numérisé non relu

COURANTS MARINS

et rencontre bientôt les eaux équatoriales qui viennent de traverser les îles de la Sonde.

Tels sont les éléments du mouvement compliqué qui emporte les eaux marines. 11 faut maintenant les examiner dans leur ensemble, et montrer comment ils s'associent ou se contrarient pour former ce grand système circulatoire qui se déploie autour du globe. Mais l'intelligence de ce système suppose la connaissance des conditions piiysiques qui donnent lieu au déplacement des eaux. Aux articles Atmosphère et Mer, il est parlé de la théorie des courants pélagiques : nous nous bornerons donc ici à quelques considérations indispensables.

Les trois grandes causes des courants permanents sont : la rotation de la terre, la chaleur des eaux et l'action des vents alizés. Le mouvement de rotation d'occident en orient, considéré à la surface du globe, va s'accélérant à mesure qu'on s'éloigne des pôles, pour avoir son maximum à l'équateur. Les eaux sont entraînées dans ce mouvement général, mais, en même temps, elles sont soumises à deux influences, à deux causes de mouvements capitales. D'une part, les rayons solaires, échauffant la surface de la mer avec une intensité qui va croissant précisément dans le même sens que le mouvement de rotation terrestre, c'est-àdire des pôles à l'équateur, enlève par l'évaporation une énorme masse aux régions intertropicales. La masse annuelle est évaluée à 120 trillions de mètres cubes, au minimum, dont une partie seulement est rendue à ces régions sous forme de pluie. Il y a donc nécessité d'une compensation, laquelle s'établit aux dépens des mers polaires et par le moyen de courants très-vastes, étendus à toute la surface des régions polaires, mais qui, comme nous l'avons dit, ne deviennent très-apparents que là où des conditions particulières impriment à la masse liquide une direction plus déterminée et un mouvement plus rapide.

A mesure que les flots s'avancent des pôles vers l'équateur, en traversant des parallèles de plus en plus étendus et conséquemment animés d'un mouvement de plus en plus accéléré, ils suivent de moins en moins cette vitesse toujours plus grande, inclinent de plus en plus vers l'ouest, et paraissent, quand ils atteignent la région des tropiques, se diriger en sens inverse de la rotation terrestre. D'autre part, les eaux sont poussées dans la même direction par les vents alizés {voij. Vents) qui, dans les régions équatoriales, portent de l'est à l'ouest. De là un grand courant circulaire, dit courant équatorial, marchant d'orient en. occident, et qui, s'il ne rencontrait aucune barrière, se déroulerait indéfiniment autour du globe.

Ce grand courant pélagique, on donnera une idée générale de sa marche en disant qu'il se partage, au gré des obstacles que lui opposent les continents, en deux autres qui se dirigent vers les deux pôles. A mesure qu'elles s'éloignent de l'équateur, ces deux branches du grand courant traversent des régions du globe dont la vitesse de translation de l'occident vers l'orient va en diminuant: d'où il résulte que les eaux chaudes venues de l'équateur tendent, en vertu de leur excès de vitesse, à porter vers l'est. Elles y sont poussées, en outre, par les vents qui régnent dans les latitudes extra-tropicales, et qui soufflent généralement de l'ouest, sans avoir toutefois la régularité d'allure des vents alizés. C'est, comme on le voit, la répétition en sens inverse de ce qui se passe pour le grand courant équatorial. Les eaux, attirées des régions extra-tropicales vers l'équateur, tendent, avons-nous dit, en traversant des parallèles de plus en plus étendus dont la vitesse de translation va en augmentant, à prendre la direction de r»«6sl à ilest', et l'action des vents alizés les y pousse directement Par con-

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tre, les eaux venues des régions équatoriales dans les régions tempérées, traversant des parallèles de moins en moins étendus, tendent à se diriger de l'ouest à l'est, pendant que l'action des vents d'ouest les pousse plus ou moin* régulièrement dans la même direction.

En somme, chacun des grands océans présente deux circulations, dont la basii commune est le courant équatorial, qui forment un circuit complet dans l'hémisphère nord où les océans sont presque fermés, et un circuit beaucoup plus diffus dans l'hémisphère sud, où les océans sont largement ouverts. Les eaux qui refluent ainsi de l'équateur vers les régions polaires par l'ouest des océans n'y retournent pas toutes par l'est ; une circulation complémentaire s'établit aux latitudes plus élevées. Les eaux chaudes qui gagnent les régions polaiies par l'est des océans sont remplacées par des eaux froides qui, dans les latitudes un peu élevées, descendent des pôles par les régions occidentales de ces mêmes océans, et qui passent généralement au-dessous des courants chauds, après les avoir côtoyés plus ou moins longtemps.

Gela dit, suivons dans les accidents de sa marche la grande circulation pélagique.

Prenons, par exemple, le courant équatorial vers la côte occidentale de l'Amérique du Sud, là où il reçoit le cuuiant de llumboldt. Ou le voit d'abord, refoulé par ce courant, se diriger vers le nord, puis traverser de l'est à l'ouest cette vaste plaine liquide où rien ne l'arrête que les petites îles de l'Océanie. Là, rencontrant l'Australie, la Nouvelle-Guinée, les Philippines, les Gélèbes, etc., il enveloppe plus ou moins toutes ces iles, envoie le gros de ses eaux, par la mer de Timor et par le sud de l'Australie, dans l'océan Indien, tandis que le reste, repoussé par l'archipel, rebrousse chemin pour aller former de l'est à l'oeust le courant noir du Japon, que nous avons vu croiser un courant froid du pôle boréal. La grosse branche qui a traversé la mer de Tiuior s'épanouit dans la mer des Indes. Ses nappes les plus septentrionales courent à l'est des îles de la Sonde vers les côtes du Bengale, qu'elles contournent, pour revenir, vers Sumatra, s'engager dans le détroit de Malacca et se joindre à celles que vient de répercuter l'archipel Indien, pour former avec elles le courant noir. Quant au courant principal, heurté vers la côte ouest de l'Australie par un courant froid antarctique, il s'incurve en gagnant l'autre extrémité de l'océan Indien. Barré par Madagascar et par la côte orientale d'Afrique, il enveloppe Madagascar, longe la côte africaine, passe en grande partie par le canal de Mozambique (courant de Mozambique), arrive au banc des Aiguilles (courant des Aiguilles), et se perd dans l'Océan. De l'autre côté du continent africain, le courant équatorial, recevant les eaux froides que nous avons vues croiser le courant de Guinée, traverse de l'est à l'ouest l'océan Atlantique, puis, vers le cap Saint- Pioque, arrêté par l'Amérique méridionale, se partage en deux branches, dont l'une descend vers le détroit de Magellan et l'autre devient le Gulf-Stream. Le flot du Gulf-Stream va battre d'abord la rive mexicaine ; repoussé, il se répand du sud au nord le long de la rive, dont il suit la courbe, pour s'échapper par le canal de la Floride et rentrer, comme on l'a vu, en plein Océan Atlantique, en croisant le courant descendu du détroit de Davis et en se formant à lui-même un contre-courant. Pour le dire en passant, qu'on imagme de vastes ouvertures pratiquées dans l'isthme de Panama, dans le Honduras et dans le Mexique, et l'on comprendra la perturbation profonde qui s'ensuivrait dans la formation et la direction des [courants pélagiques et, par suite, daiis

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