CRAN
p. 95. — QuiNQi'AUD. Choiera sporadiqiie, elc, et Quelques mois sur les tracés jjohjgraphiqiies des crampes. In Archives gén. de médecine, 1870, p. 310. — Sachs. Cenlralblatl fiir med. Wiss., 1873, p. 578. — Spbing. Traité des accidents morbides, l. I", p. 580. — Valentix. Versuch einer phys. Path. der Nerven, t. II, p. 24. — Vulpian. Art. Moelle épinière. In Dict. encyclop. des sciences médicales. — Consulter en outre la bibliographie des articles Muscles {Physiologie et Pathologie], Convulsion, Costhactire, du présent Diction- . naire, ainsi que les ouvrages classiques de Denedikt, Burckardt, CnARCor, Eulenbobg, HamjioND, Leïdex, Rosenthal, Vulpian, Weir JIitchell, etc., sur les maladies du système nerveux.
CRAMPE DL' C(EUR. Ce nom a été donné au symptôme caractéristique de l'angine de poitrine par ceux qui attribuent la crise douloureuse dite stemalyie à une violente contracture des libres du cœur; contracture qui aurait pour effet de comprimer les filets nerveux sensitifs qui pénètrent dans cet organe
{voy. AnGIINE de P0ITRl^K).
CRAMPE I>ES ÉCRlfAlIKS. Elle consiste dans des contractions anormales <le certains muscles de la main et des doigts se produisant dans l'action d'écrire, chez des personnes qui ont néanmoins l'usage de ces parties entièrement libre pour d'autres occupations. Du reste, des phénomènes semblables ne s'observent pas seulement chez les écrivains : on peut les rencontrer chez les peintres, les graveurs, les pianistes, chez tous ceux enfin que leur profession oblige à des exercices manuels délicats. Il en sera traité, ainsi que d'autres spasmes différents de la vraie crampe, au mot Spasme et au chapitre des Spasmes fonctionnels.
CRAMPE D'E.STOMAC. [Voij. T-ASTRALGIE.)
CRAMPTOX (sir Philip), né ;\ Dublin le 7 juin 1777. A[u-ès avoir suivi pendant quelque temps les leçons de Salomon Richard, chirurgien de Meath-Hospital à Dublin, il fit d'abord partie du service de santé militaire , puis, de retour dans sa ville natale (i798), il ne tai^da pas à entrer comme chirurgien à Meath-Hospilal. Il se fit immédiatement recevoir licencié en chirurgie, et en 1800 il prit les degrés comme docteur à l'Université de Glasgow. Bientôt à sa position à Meath- Hospital il joignit les fonctions de chirurgien de l'infirmerie de Dublin et d'assistant à Westmoreland-Lock-Hospital, et commença des cours d'analomie et de chirurgie, qu'il ne cessa qu'en 1812. En 1815, il découvrit et fit coimaître un muscle de l'œil sur les oiseaux, destiné à l'accommodation de cet organe à la vision aux différentes distances ; muscle qui fut désigné sous le nom de muscle de €rampton. Cette découverte lui valut l'honneur d'être admis à la Société royale et, en 1859, il fut élevé à la dignité de baronnet. Ce savant distingué mourut le 10 juin 1858 à l'âge de 81 ans. Il était depuis quelque temps déjà retiré de la pratique. On a de lui :
l. An Essay on Entropeon, or Inversion, etc. Lond., 1805, in-S". — 11. The Descrijjtion Vf an Organ by which the Eyes of Birds are accomodated to the Différent Distances, etc. In Thomson's Ann. of Philos., t. I, 170; 1813, pi. 1. — III. An Account of a Neu} Method of Operaiiiig for the Cure of Extern. Aneurism; ivith, etc. In Lond. med. chir. Tr., t. \I1, p. 336; 1816, fig.— IV. On Periostitis, or Inflammation, etc. In Dubl. Hosp. Rep., t. I, 331 , 1818. — V. Cases of Excision of Carions Joints. Ibid., t. IV, p. 185. 1827. — VI. Cases of Excision of a Portion of the Lower Jaw, with Observ., etc. Ibid., p. 537, pi. 5, etc.
E. Bgd. et L. Hn.
CRAIX. VoiJ. COCHLÉARIA.
CRAX DE RRETAGXE. Noni Vulgaire du Raifort sauvage [Cochlearia annoracia L,).
CRANE (anatomie). 379
VRA'Xt: {crtmium, cdlvaria, xsaviov). § I. Anatomîc. Le crâne (de y.pdvoi;, casque), ce domicile du cerveau, suivant l'expression pittoresque de l'un des anatomisles qui l'ont le mieux étudié et décrit, Kerckring, emprunte à l'organe qu'il protège une importance exceptionnelle. C'est de toutes les parties du squelette celle qu'il est le plus nécessaire de connaître à tous les points de vue. C'est aussi celle qui offre les détails les plus multiples et les plus compliqués, intéressant à la lois l'anatomistc, le physiologiste et le chirurgien. Je devrai donc établir d'assez nombreuses divisions dans cet article, et, afin de faciliter au lecteur les recherches, je ne crois pas inutile de résumer ici sommairement, en une sorte de table des matières,leplan que je me propose de suivre dans l'étude complexe que j'entreprends.
§1. Anatomie descriptive et chirurgicale. 1° Des os du crane en
PARTICULIER (OCCIPITAL, SPHÉNOÏDE, ETHMOÏDE, FRONTAL, PARIÉTAL, TEMPORAI,).
2° Du CRANE CONSIDÉRÉ DANS SON ENSEMBLE (DESCRIPTION GÉNÉRALE, DIFFÉRENCES SEXUELLES, CAPACITÉ, ÉPAISSEUR, VASCULARITÉ, NUTRITION ET RÉPARATION, RAPPORTS DU CRANE AVEC LE CERVEAU, CONDITIONS ANATOMIQUES DE LA RÉSISTANCE).
§11. DÉVELOPPEMENT ET ÉVOLUTION. \° DeS OS DU CRANE EN PAr.TICUI.IEIt (occipital, SPHÉNOÏDE, ETHMOÏDE, FRONTAL, PARIÉTAL, TEMPORAL).
2" D(J CRANE CONSIDÉRÉ DANS SON ENSEMBLE (pÉRIODE MEMBRANEUSE, PÉRIODE OS- TÉO-MEMBRANEUSE, PÉRIODE FONTANELLAIRE, PÉRIODE OSTÉO-SUTURALE, OS WORMIENS, ATROPHIE SÉNILe).
g III. Anatomie comparée.
^ IV. Anatomie philosophique.
Je laisserai à un autre collaborateur ' Dictionnaire le soin de traiter ces
deux derniers chapitres, qui sont trop éloignés de mes études présentes. D'ailleurs, dans l'état actuel de la science, il a paru que l'étude de V anatomie philosophique du crâne serait mieux placé au mot Vertèbre.
§ I. Anatomie descriptive et chirurgicale. \° Des os du crane
KN particulier.
Occipital : Synonymie générale : Os occipitis, os prorœ ou os de la proue de Fabrice d'Aquapendente.
Synonymie spéciale : Base du corps de l'occipital. Pars sive basilaris partis occipitalis assis spheno-occipitalis , Sœmmerring. — Basilaire, Cuvier. — Occipital inférieur. G. S.-Ililaire. — Hinterhauptsbeinkiirper,Mccke\, Wagner. — Corpus ossis occipitis, llallmann. — Basioccipital, Owen.
Condyles. — Pars lateralis sive condyloidea, Sœmmerring. — Occipital latéral, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire. — Gelenktheil, oder seitliches unteres Hinterhauptsbein, Meckel, Wagner. — Ex-occipital, Owcn.
Cet os constitue la partie postérieure et inférieure du crâne qu'il relie à la colonne vertébrale. Il est de forme à peu près losangique, plat, concave et percé vers sa partie antérieure d'un grand trou faisant communiquer la cavité crânienne avec le canal rachidien. La partie de Los située en avant de cet orifice ou trou occipital est rugueuse, assez épaisse, et fait partie de la base du crâne. La partie qui est située en arrière s'étale en une sorte de coquille ou d'écaillé qui forme la partie la plus reculée de la voûte crânienne.
L'occipital s'articule, supérieurement, avec les pariétaux, qui le reçoivent dans l'angle rentrant que forme en arrière leur réunion : latéralement, avec les temporaux ; en avant, avec le sphénoïde ; en bas, avec l'atlas.
A. Face convexe postéro-inférieure, externe ov. cutanée. Ou y observe, au devant du trou occipital : la surface basilaire, quadrilatère, rugueuse, pré-
ÔSO CRÂNE (anatomie).
seiitanl une petite crête médiane et une tubercule; elle correspond à la partie supérieure du pharynx, et par sa partie postérieure donne attache aux muscles
("or
Fig. 1 . — Occipital : portion antérieure de la face'convese et portion postérieure de la face concave.
Poi, protubérance occipitale interne; Ss, gouttière sagittale ; St, gouttière latérale ; Coi, crête occipitale interne ; Tp, tubercule pharyngien ; Pc, condyle ; C/i, trou condylien antérieur ; Pi/, apophyse sonsjugulaire; *^* Saillie qui limite en avant la fosse jusulaire ; *", crête tranversale séparant le sinus latéral de lu veine jugulaire. (Cette ligure, ainsi que les fig. 2, 3, 5, 6, 7, 8, 10, 11, 12, 15, 14, 15,16, 17, 18, 19, 20, 22, 25, 24, 25, 26, 27, sont tirées du Traité d'anaiomie descriptive de Henle.)
grand et petit droits de la tète, tandis que sa moitié antérieure est recouverte par une fibro-muqueuse remarquablement épaisse , bien étudiée par Lorain et Luschka ; on sait que c'est le point d'implantation habituel des polypes naso-pharyngiens.
Fig. 2. — Face postérieure de l'occipital. hnm, crête occipitale externe ; Poe, protubérance occipitale externe ; Lns, ligne demi-circulaire supérieure; Lni, ligne demi-circulaire inférieure; Pc, condyles de l'occipital; C/j, canal condvlien antérieur; Ce, canal condylien postérieur; Fc, fossette condylienne ; ', surface jugulaire, où s'insère le muscle grand droit postérieur de la tête.
En arrière du trou occipital on remarque sur l'écaillé deux régions bien
CRANE (anatomie). 381
distinctes ; la plus postérieure est très-rugueuse et présente diverses crêtes destinées à des insertions musculaires. L'antérieure, au contraire, est parfaitement lisse et n'est recouverte que par le cuir chevelu. Il en résulte qu'avant l'ablation des parties molles cette portion de l'occipital paraît seule faire partie de la voûte du crâne, tandis que la précédente est enfouie sous les muscles de la nuque.
Voici les principaux détails qu'on remarque dans ces deux régions :
Au milieu, la protubérance occipitale externe, dont le développement est très-variable ; elle donne attache au ligament cervical postérieur. Entre cette saillie et le trou occipital* règne une petite crête; sur les côtés de cette crête occipitale externe se voient des inégalités bornées en haut par une ligne à concavité inférieure, ligne courbe ou demi-circulaire supérieure ; là s'insèrent les muscles trapèze, occipital et sterno-cléido-mastoïdicn. Plus bas, se trouve la ligne courbe ou demi-circulaire inférieure, concentrique à la précédente, dont elle n'a ni la régularité, ni la saillie. Entre les deux lignes courbes, sur les côtés de la crête occipitale, existe un méplat rugueux où s'attache le grand complexus ; plus en dehors, sur une surface irrégulière, s'insèrent le splénius et le petit oblique. Au-dessous de la ligne courbe inférieure, une dépression interne est le point de départ du petit droit postérieur de la tète ; une convexité externe donne attache au grand droit postérieur.
Sur les côtés du trou occipital on voit deux éminences articulaires, convexes, elliptiques, dirigées d'arrière en avant et de dehors en dedans ; ce sont les condyles articulés avec l'atlas; leur face inférieure est parfaitement lisse ; leur face interne offre une empreinte pour l'insertion des ligaments odoiitoïdieus latéraux. En arrière de chaque condyle est une fossette dite fosse condylienne ou condyloïdienne postérieure, souvent percée d'un trou, trou condylien postérieur, par où passe une veine et, dans certains cas, une artériole, branche de la méningée postérieure. Quand ce trou est absent, la veine passe par le trou occipital (Humphry). En avant du condyle se trouvent la fosse et le trou condylien antérieur que traverse le nerf hypoglosse. Ces trous forment de véritables petits canaux obliques de dedans en dehors et de haut en bas. Parfois ils sont divisés à demi ou en totalité par une lamelle osseuse. Outre le nerf hypoglosse, il y passe ordinairement une petite artère venue de la méningée postérieure. Les deux fossettes, placées en avant et en arrière du condyle, ont pour usage de recevoir les extrémités saillantes des masses latérales de l'atlas dans les mouvements de flexion et d'extension de la tète. A l'état frais, on y remarque un coussinet de graisse qui protège les os contre un contact trop direct. En dehors des condyles, sur une surface rugueuse, s'attache le muscle droit latéral de la tête : c'est la surface jugulaire.
Le trou occipital donne passage à la moelle et à ses enveloppes, ainsi qu'aux nerfs spinaux et aux autres artères vertébrales. Il est régulièrement ovale ; sa partie antérieure est la plus étroite, la portion la plus large est immédiatement en arrière des condyles dans le point où l'artère vertébrale entre dans le crâne. La position de cet orifice sensiblement au milieu de la base du crâne, son plan presque horizontal, constituent deux des particularités les plus remarquables du crâne humain. Ses dimensions hors de proportions avec celles des organes qui le traversent préviennent toute contusion ou tiraillement et donnent un libre passage au liquide céphalo-rachidien.
B. Face concave, antéro-supérieuve, interne ou cérébrale. La portion située en avant du trou occipital a la forme d'une gouttière inclinée en bas et
382 CRANE (anatmmie).
eu arrière et aboutissant à ce trou, gouttière basilaire. Ses parties latérales gont creusées d'une petite rigole concourant à loger le sinus pétreux inférieur.
Coi
Fig. 3. — l'ace aiUéiieure de l'occipital. S//Î, gouttière pétreuse .inférieure; Ch, trou condylien antérieur; Ce, trou condylien postérieur; P;, éminence jugulaire; ij, échancruro jugulaire; Vij, épiniî sous-jugulaire; Ty, tubercule jugulaire; *" saillie qui limite en avant la fosse jugulaire ; Poi, protubérance occipitale interne; Coi, crête occipitale interne; Ss, go;illière sagittale; SI, gouttière latérale; ", crête transversale, séparant le sinus latéral de la tosse jugulaire.
En arrière du trou occipital on observe quatre fosses, séparées par une saillie en forme de croix. Au point de convergence de ces branches est une saillie, la protubérance occipitale interne. La branche supérieure est creusée en une gouttière qui fait suite à la gouttière sagittale et loge la terminaison du sinus longitudinal supérieur. Les deux branches transversales de la saillie cruciale sont formées par une véritable bifurcation de la précédente gouttière; elles reçoivent une partie des sinus latéraux; celle du côté droit est presque toujoiu's pluï large que la gauche, ainsi que Morgagni l'a le premier remarqué sur un sujet {voy. l'explication de la première figure de la première planche des YI" Adversaria). (l'est Ilunauld qui a signalé la constance de cette disposition [Histoire de V Académie royale des sciences , année 1750, p. 559). La crête occipitale interne formant le pied de la saillie cruciale s'étend de la protubérance interne au trou occipital. Elle est plus accusée que son analogue sur la face externe; inférieurement elle se divise en deux saillies émoussées qui se perdent sur le pourtour du trou occipital ; elle donne attache à la faux du cerveau.
Les quatre branches de la saillie cruciale séparent quatre fosses dites occipitales, deux supérieures ou cérébrales, deux inférieures ou cérébelleuses; ces dernières sont les plus grandes. Au devant d'elles est une gouttière large et courte où vient s'ouvrir le trou condylien postérieur ; c'est là que se trouve logée la partie terminale des sinus latéraux. En dedans et sur un plan un peu inférieur est l'orifice interne des trous condyliens antérieurs.
Le trou occipital, situé au-dessous, offre un contour parfaitement lisse sur lequel glisse la dure-mère.
C. La circonférence de l'occipital présente quatre bords et quatre angles,
CUA.XE (anatomie)
longue
Les bords supérieurs ou pariélaux sont hérissés de très-longues dentelures et leur direction est parfois rendue irrégulière par la présence d'os wormiens.
Les bords inférieurs ou temporaux sont divisés en deux parties égales par ï'éminence ou apophyse jugulaire, qui présente en dehors une facette rugueuse contiguë à une portion semblable de la portion pierreuse du temporal.
Cette apophyse, dont le développement est très-variable chez l'homme, offre une saillie considérable chez beaucoup d'animaux, par exemple, chez les herbivores et les cochons. Elle forme
alors de chaque côté une épine projetée en bas que l'on peut confondre focilement avec les apophyses styloïdes. Elle semble chez ces animaux suppléer à l'absence de l'apophyse mastoïde, et a reçu le nom d'apophyse para-mastoïdienne.
On peut considérer comme une anomalie réversive le dé\eloppement exagéré de cette éminence osseuse chez l'homme, développement qui peut être assez prononcé pour l'amener au contact de l'apophyse Ir.msverse de l'atlas. Hyrtl {Anat.
des Menschen, s. 180) et Cruveilhier(rrai7ed'anaf.f/esc?'.,t. I,p.79, '2'' édit.) en citent chacun un exemple. Un autre est consigné dans les Transactions ofPatholog. Soc, t. Il, p. 93. Une pièce de ce genre est conservée au muséum de Berlin, et le musée d'Anthropologie, fondé par le professeur Broca, en possède plusieurs : je donne cidessus la figure d'une d'entre elles, dont l'extrémité présente une surface articulaire pour l'apophyse transverse de l'atlas. Toute la portion du bord inférieur de l'occiput qui est située en arrière de Ï'éminence jugulaire est faiblement dentelée et s'articule avec la portion mastoïdienne du temporal ; celle qui est en avant est épaisse, sans dentelure, et se juxtapose au rocher. On peut y distinguer immédiatement au devant de l'apophyse jugulaire une échancrure subdivisée par une petite épine qui contribue à former le trou déchiré postérieur; ce sont V échancrure jugulaire et l'apophyse sous-jugidaire. Vangle supérieur, aigu et dentelé, manque lorsqu'il existe en ce point un os wormien.
^> D. Angles. L'angle inférieur, épais et tronqué, constitue l'apophyse basilaire. A moins qu'on n'ait affaire à de très-jeunes sujets, cet angle est uni complètement au corps du sphénoïde et ne peut en être séparé que par un trait de scie. Les angles latéraux, obtus et dentelés, sont très-peu saillants. Ils correspondent à la terminaison des lignes courbes supérieures do l'occipital en arrière.
E. Conformation intérieure. Cet os, comme tous ceux qui composent la boîte crânienne, est formé do deux tables de tissu compacte séparées par une couche spongieuse. C'est à l'abondance plus ou moins variable de celle-ci que sont dues les différences d'épaisseur de l'os en tel ou tel point. Au niveau des fosses occipitales supérieures et inférieures, le tissu spongieux manque à peu près complètement et la minceur de l'os est telle qu'il offre souvent une véritable transparence.
Fig. 4. — Glande apopliyse jug ulaire, d'après un crâne du musée d'anUiropologie.
A, apophyse jugulaire du côlé droit; A', traces de fracture de l'apophyse jugulaire gauche.
584 CRANE (anatomik).
Sur les bords, entre les deux protubérances, aux condyles, au pourtour du trou occipital, à l'apophyse basilaire, l'épaisseur est notable.
Dans celte dernière région, les trabécules osseuses circonscrivent parfois de véritables lacunes en communication avec les sinus spliénoïdaux ; quand cette sorte de sinus basilaire existe, il est tapissé par un prolongement de la membrane de Schneider.
Des canaux veineux parcourent le diploë dans les portions marginales de l'os.
Sphékoïde. Synonymie générale : Os sphenoïdeiim seu alœforme.
Synonymie spéciale. Corps : Sphénoïde postérieur, Cuvier. — Hyposphénal, Geoffroy Saint-Ililaire. — Keilbeinkôrper , Mcckel et Wagner. — Basisphénoide, Ûwen.
Grande aile. Ala média sive major partis sphenoïdalis, Sœmmerring. — Grande aile, Cuvier, — Ptéréal, Geoffroy Saint-Hilaire. — Ala magna sphenoidei, llallniann.
Petite aile. Ala superior, Sœnimerring. — Aile orbilaire, Cuvier. — Ala parva, Halhnann. — Orbitosphénoïde, Owen.
Bec. Présphnéoïde, Owen. — Sphénoïde antérieur, Cuvier. — Pars prior sive rostrum basis partis sphenoïdalis ossis spheno-occipitalis, Sœmmerring.
Cet os tire son nom bien plus de sa situation que de sa forme. En effet, l'irrégularité de celle-ci ne se prête à aucune comparaison, tandis que son enclavement entre les divers os du crâne éveille naturellement l'idée d'une clef de voûte ou d'un coin (o-'^ôv). Sœmmering et Meckel le réunissent dans leur description à l'occipital sous le nom d'os basilaire ou sphéno-occipital.
Le sphénoïde est, de tous les os du crâne, celui qui offre les connexions les plus variées. Il entre, en effet, dans la formation non-seulement des parois de la boîte crânienne, mais aussi des cavités orbitaires et nasales, des fosses temporales, zygomatiques et sphéno-maxillaires ; il est articulé avec tous les os du crâne et avec cinq os de la face, savoir : les palatins, les malaires et le vomer. C'est lui qui supporte le poids de la moitié antérieure de la tête ; c'est sur lui que s'appuie la face. Les diverses expansions qui partent de sa partie centrale sont tout autant de piliers ou d'arcs-boutants destinés à cet office. Parmi eux, l'un des plus remarquables est le point d'appui donné par les grandes ailes aux os malaires; grâce à lui, les orbites sont séparées des fosses temporales, et leur paroi externe se trouve complétée. Celte disposition est une des caractéristiques du crâne des Primates; elle maintient les yeux en avant et assure le parallélisme des axes optiques.
Je décrirai successivement le corps et les parties latérales.
A. Corps ou centre. Celte partie de l'os offre un volume considérable en rapport avec la largeur de l'espace inter-orbitaire. Il en résulte que chez l'homme les trous optiques sont assez éloignés l'un de l'autre, tandis que chez les animaux, où le corps du sphénoïde est étroit, les rongeurs, par exemple, cas orifices sont conligus. On retrouve une disposition analogue chez l'homme dans certaines monstruosités (cjclopie). Un seul trou optique existe alors sur la ligne médiane.
On peut décrire six faces au corps du sphénoïde.
La face supérieure ou cérébrale présente trois étages appartenant aux trois régions correspondantes de la base du crâne. Sur l'étage antérieur on voit une petite dépression de chaque côté de la ligne médiane, dépression olfactive;
CRANE (anatomie). 585
plus en arrière, sur l'étage moyen, on observe successivement : — Une gouttière transversale qui reçoit l'entre-croisement des nerfs optiques et qui se continue par ses extrémités avec les trous optiques; par ses orifices passent les nerfs optiques et les artères oplithalmiques. — La fosse pituitaire, ou selle turcique, ou fosse sus-sphe'noïdale, ou eptiippium, qui loge le corps pituitaire. Cet enfoncement est limité : en avant, par un tubercule {tuherculum sellce equinœ) ; en arrière, par une lame verticale, quadrilatère [dorsum ephippi), qui présente à cbacun de ses angles supérieurs une apopbyse, apophyse clinoïde postérieure {xlhv, lit; eî^oç, forme), et sur ses bords latéraux une échancrure qu'occupent les nerfs de la troisième paire. De chaque côté de la selle turcique
Fig. 5. — Face supérieure du sphénoïde
Ds, lame quadrilatère; Ls, bord sphénoïdal ; So, gouttière optique; Ts, tubercule de la selle turcique, Co, trou optique; Ri, racine inférieure des petites ailes; Vca apophyse clinoïde antérieure; Vep, apophyse clinoïde postérieure ; Li/.s, lamelle qui limite en dehors la gouttière carotidienne; Se, gouttière carotidienne ; * , lamelle qui ei;t en rapport avec le sommet du rocher, et fait partie du sinus pétreux inférieur.
est une gouttière antéro-postérieure, gouttière caverneuse, qui loge le sinus caverneux et offre souvent à sa partie antérieure une petite saillie, apophyse clinoide moyenne ; à sa partie postérieure et externe on observe parfois une petite lamelle rejoignant la face supérieure du rocher. C'est ce que Meckel a appelé la languette [lingula) ; elle s'applique extérieurement autour de la carotide interne, comme si elle voulait se prolonger en pyramide vers l'orifice antérieur du canal de cette artère (S. T. Sœmmerring, Traité d'ostéologie, in Encycl. anat., traduite par Jourdan, t. Il, p. 56). Parfois, au lieu de cette lamelle, on aperçoit une petite pièce osseuse tout à fait distincte et engagée dans la duremère. Caldani [Opusc. anat., Padoue, 1803, p. 43-48) a insisté sur cette disposition exceptionnelle, et en a donné une bonne figure.
La face postérieuie du dos de la selle se continue avec la gouttière basilaire de l'occipital par une surface inclinée, clivus Blumenhachii.
Des parties latérales et antérieures du corps sphénoïde partent les petites ailes ou ailes orbitaires, ou apophyses d'ingrassias. Leur face supérieure, plane et unie, correspond aux lobes antérieurs du cerveau ; l'inférieure fait partie de la voiite orbitaire; le bord antérieur, finement dentelé, taillé en biseau aux dépens de la face inférieure, repose sur le bord postérieur du frontal et de l'ethmoïde. Le bord postérieur, concave, tranchant en dehors, est mousse en dedans, où il forme une saillie anguleuse, Vapophyse clinoïde antérieure. Le sommet des
DICT. ENf. XXII. 25
386 CRANE (anatomie).
jjetites ailes, pointu, est parfois appelé apophyse e?isi forme ou xyphoïde; sa base est percée du trou ou canal optique, dirigé de dedans en dehors et d'arrière en avant. En arrière de ce trou, et immédiatement au-dessous de l'apophyse clinoïde antérieure, est une échancrure pour le passage de la carotide interne. Un petit pont osseux, jeté entre l'apophyse clinoïde antérieure et moyenne, la transl'orme parfois en orifice.
La face inférieure ou gutturale du corps du sphénoïde présente une crête médiane ou bec [rostrum) qui est reçu dans la gouttièi'e du vomer. De chaque côté, un sillon, où s'insinue le bord aminci de la base du vomer. Plus en dehors, au côté interne des apophvses ptérygoïdes, un autre sillon, que la juxtaposition de l'os palatin transforme en conduit [canal ptérij go-palatin) pour le passage de l'artère pharyngienne supérieure, branche de la maxillaire interne et du nerf pharyngien de Bock, branche efférente du ganglion de Meckel.
Fig. 6. — Face postérieure du sphénoïde.
Ds, lame quadrilatère; Vcp, apophyse clinoïde postérieure; S(î, épine du sphénoïde; Cf, canal vidien; Eop, fosse ptérygoïde; Hp, crocliet de l'aile interne; Vv, apophyse vaginale; *, gouttière qui fait partie du sinus pétreux inférieur.
Cette face est comme étranglée entre deux fortes apophyses verticalement dirigées en bas [apophyses ptérygoïdes, de Tizépo^, aile; elSoç, forme). Elles sont formées de deux lames soudées en haut, séparées en bas par une fissure et appelées aile interne et aile externe. La première est plus étroite et se termine par un crochet dirigé en arrière et en dehors, où glisse le tendon du muscle péristaphylin externe; l'aile externe est plus étalée et plus large, elle s'incline en dehors ; entre les deux ailes existe une excavation ouverte en arrière [fosse ptérygoïde) ; sur le tiers supérieur de cette fosse est une petite fossette allongée de haut en bas [fossette scaphoïde) où s'insère le muscle péristaphylin externe.
La face interne des apophyses ptérygoïdes, étroite et plane, forme la paroi externe de l'ouverture des fosses nasales ; elle s'articule par juxtaposition avec la lame verticale du palatin. Leur face externe constitue la paroi interne de la fosse zygomatique; on y trouve des rugosités pour l'insertion du ptérygoïdien externe. La face antérieure, unie et assez large supérieurement, fait partie de la fosse zygomatique; on y remarque l'orifice antérieur du conduit vidien on ptérygoïdien, où passent l'artère et le nerf de ce nom. La face postérieure présente la fosse ptérygoïde déjà décrite, dont l'échancrure inférieure est comblée par l'apophyse pyramidale du palatin; cette fosse donne insertion au muscle ptérygoïdien interne. La base se confond en haut avec le reste de l'os. Outre le canal vidien, on y remarque l'orifice antérieur du trou ou canal grand rond ou
CRANE (anatomie). 387
maxillaire supérieur, dont l'orifice postérieur se voit sur la grande aile du sphénoïde, au point où celle-ci paît du corps ; il donne passage à la branche du trijumeau dont il prend le nom.
La face antérieure ou etkmoïdaJe du corps du sphénoïde présente sur la ligne médiane, au-dessous d'une petite saillie mince, quadrilatère, reçue dans
Fos
Fi;:. 1. — Face antérieure du spbénoide.
Ces, crête spiiénoidale ; Fis, ouverture des sinus sphénoïdaux ; Fus, fente spliénoïdale ; Fct, surface temporale ; Crz, crête zygomatique; Fco, face orbitaix-e ; Crsm, crête sphéno-maxillaire ; Cr, trou grand rond; Cî>, canal vidien ; Fip, fissure ptérygoïde ; V\p, crochet de l'aile interne; Pv, apoi)liyse vaginale; ]\s, bec ou rostrum du sphénoïde.
une échancrure du bord postérieur de la lame criblée de l'ethmoïde, une crête verticale {crête sphénoïdale) qui se continue en bas avec le bec ; elle s'articule avec la lame perpendiculaire de l'ethmoïde. De chaque côté de la crête est une gouttière qui forme la partie postérieure de la voûte des fosses nasales, et un orifice qui représente l'entrée des sinus sphénoïdaux. Ces cavités, au nombre de deux, sont considérables, et réduisent le corps du sphénoïde en une sorte de coque. Leur dimension varie comme celle des autres sinus annexés aux fosses nasales. Ainsi nous avons déjà signalé, à propos de l'occipital, leur extension possible dans l'apophyse basilaire de cet os et jusqu'au voisinage du foramen magnum. Leur cavité peut se prolonger jusque dans l'épaisseur de la base des petites ailes du sphénoïde, et même jusque dans l'épaisseur de l'os palatin, dont une cellule s'ouvre alors dans le sinus sphénoïdal.
Un pareil développement ne se voit guère que chez les sujets ayant dépassé
l'âge adulte. Une cloison verticale et médiane, continue avec la crête spiiénoidale, les sépare plus ou moins complètement ; elle se dévie souvent à droite ou à gauche, et des cloisons secondaires viennent parfois se joindre à elle pour former des cellules incomplètes. En dehors de l'orifice des sinus sphénoïdaux est une surface inégale articulée en haut, avec les masses latérales de l'ethmoïde, en bas, avec les os palatins.
Crs
Fig. 8. — Section. médiane antéro-postérioure du sphénoïde.
So, gouttière optique ; Ts, tubercule de la selle turcique; ?h, fosse pituitaire; D.s, lame quadrilatère; Ces, crête sphénoïdale; Rs, bec du sphénoïde; 0, occipital.
Berlin, pour la première fois, a décrit, sous le nom de cornet {Mémoires de r Académie roy. des Sciences, 1744), une mince lame osseuse que l'on ne peut bien voir que sur le crCme d'un sujet au-dessous de quinze ans ; elle est située à la partie inférieure de l'orifice du sinus sphénoïdal, qu'elle ferme en partie ; c'est une sorte de triangle recourbé dont l'angle postérieur s'enfonce dans la rainure oblique qui sépare le corps du sphénoïde de la base de l'apophyse ptérygoïde ; l'angle externe s'accole à l'os palatin ; l'angle interne se dirige vers la crête sphénoïdale, qu'elle recouvre en s'unissant à celui du côté opposé. La soudure de cette petite pièce, qui ne s'accomplit guère que vers la douzième année, peut se faire exceptionnellement avec l'os palatin ou l'ethmoïde ; on la trouve alors"annexée à l'un de ces deux os sur les tètes désarticulées.
Fig. 9. — Cornets de Berlin (d'après Sappey).
1, Crête de la face inférieure du corps du sphénoïde; 2, 2, face inférieure des petites ailes ; 3, Ijec du sphénoïde; 4, cornet de Btrtin du côté droit; 5, cornet de Berlin du côté gauche.
La face postérieure ou occipitale du corps du sphénoïde offre une surface rugueuse, quadrilatère, inclinée en bas et articulée ou soudée avec l'apophyse basilaire de l'occi^iital. De chaque côté, on trouve l'origine des gouttières caverneuses, et au-dessous d'elles l'orifice postérieur du conduit vidien.
Les faces latérales du corps du sphénoïde servent de lieu d'implantation aux grandes ailés, l'une des parties les plus importantes de l'os, dont la description va maintenant nous arrêter.
B. Les grandes ailes sont irrégulièrement triangulaires, sensiblement arquées, et présentent trois faces, deux bords et deux: extrémités.
La face supérieure, concave, fait partie de l'étage moyen de la base du crâne, et présente près de sa jonction avec le corps trois orifices : un antérieur, trou grand rond, pour le nerf maxillaire supérieur, et deux postérieurs : le premier très-grand, trou ovale, pour le nerf maxillaire inférieur; le second, arrondi et très-petit, situé en arrière et en dehors, trou petit rond ou sphé no-épineux, pour l'artère méningée moyenne. Entre les petites et les grandes ailes on trouve une fente allongée, large au dedans et en bas, étroite en dehors, fente sphénoïdale, faisant communiquer la cavité orbitaire et l'étage moyen de la base du crâne.
Les deux faces antérieures des grandes ailes sont séparées par une lamelle très-saillante, très-mince, articulée avec le bord interne de la face orbitaire de l'os malaire.
La face externe, semi-lunaire, convexe, est divisée par une ligne rugueuse en deux portions : une supérieure, appartenant à la fosse temporale ; l'autre inférieure, appartenant à la fosse zygomatique &t se continuant insensiblement avec la face externe de l'apophyse ptérygoïde ; on retrouve à son extré-
CRANE (anatomie). 589
mité postérieure les trous ovale et petit rond ; en arrière de ce dernier se détache une petite pointe osseuse, épine du sphénoïde.
La face interne, petite, quadrilatère, lisse, fait partie de la paroi externe de l'orbite.
Des deux bords, l'externe, concave, mince, taillé en biseau en avant, épais et dentelé en arrière, s'articule avec le temporal ; l'interne, convexe, s'articule par juxtaposition avec le bord antérieur du rocher en arrière. En ce point-là il est creusé d'une gouttière pour loger la partie cartilagineuse de la trompe d'Eustache. En avant de ce pédicule, il forme d'abord le bord inférieur de la fente sphénoïdale, fente complétée par les petites ailes ; large en dedans, étroite en dehors, elle donne passage aux nerfs de la troisième et de la quatrième paire, à la branche ophlhalmiquo du trijum.eau, à la sixième paire, à la veine ophthalmique, à un prolongement de la dure-mère et à une artériolo, branche de la méningée moyenne, qui, lorsqu'elle ne suit pas cette voie, se creuse dans le voisinage un petit orilice particulier (voy. Albinus, tab. I, X; tab. V, fig. 7, U).
Le bord interne de la grande aile du sphénoïde s'élargit ensuite en une surface triangulaire, rugueuse, articulée avec le frontal.
C. Conformation intérieure. Cet os est essentiellement formé de tissu compacte, disposé au milieu du corps en couche tellement mince (ju'ellc forme une coque transparente. Au niveau de la base des apophyses ptérygoïdes et vers les bords des grandes et des petites ailes, on trouve du tissu spongieux en petite quantité.
Ethmoïde (deÀÔfxô;, crible). Synonymie générale : Os ethmoideum seu cribriforme.
Synonymie spéciale : Lame verticale. — Pars média assis ethmoidei, Sœmmerring. — Seitliche Rieckbeine, Meckel. — ISasal etlmioïdal, Geoffroy Saint-Hilaire. — Préfontal, Orven.
Masses latérales. — Partes latérales, seu cellulœ et conclue ethmoidei, Sœmmerring. — Cornets supérieurs et cellules etlimoïdales, Cuvier. — Ossa turbinata superiora, Hallmann. — Obère Muscheln und Labyrinth des Siebbeins, Meckel et Wagner. — Ethmoturbinal, Owen.
Cet os remplit le vide laissé dans le crâne par l'échancrure du frontal, et concourt à la formation de l'orbite et des fosses nasales. A proprement parler sa partie moyenne seule appartient au crâne; les deux latérales sont des dépendances de la face. Nous n'en décrirons pas moins l'os tout entier, afin d'éviter plus tard des répétitions inutiles.
A. Partie moyenne ou lame criblée. Mince, horizontale, quadrilatère, elle présente deux faces :
La face supérieure ou cérébrale est légèrement concave et offre au milieu une apophyse verticale, triangulaire {apophyse crista-cjalli) , qui donne insertion à la faux du cerveau par son sommet, tandis que son bord antérieur s'articule avec le frontal. Son bord postérieur est très-incliné, son bortl antérieur presque vertical ; ce dernier présente en bas deux petites saillies latérales, s'unissant à des saillies correspondantes du frontal et circonscrivant avec elles un orifice infundibuliforme, le trou borgne. L'apophyse crista-galli est souvent inclinée d'un côté, et généralement en sens inverse de la lame perpendiculaire qui la continue inférieurement. Cette crête épaisse forme un véritable arcboutant qui soutient les parois postérieures des sinus frontaux.
390 CRANE (anatomie).
Sa continuité avec la lame perpendiculaire de l'os, qui s'appuie sur les os nasaux, permet de comprendre comment un choc violent sur le nez a pu enfoncer cette apophyse dans la suhstance cérébrale (Monro, Eléments of Anatomij, I, p. 162).
De chaijuc côté est la gouttière ethmoïdale plus profonde en avant, percée de nombreux trous qui sont les orifices de petits canaux destinés aux divisions du nerf olfactif et à celles de l'ethmoïdalc postérieure qui vont à la membrane de Schneider (artère nasale supérieure). Les trous ou foramina de la lame criblée sont au nombre d'une quarantaine environ, et sont disposés sur trois rangées de chaque côté ; M. Sappey les divise en grands, moyens et petits, et en les observant à l'aide de la loupe il a pu constater que les grands et les moyens représentent pour la plupart une simple fossette dont le fond est criblé de pertuis, et que chacun d'eux, par conséquent, constitue un crible plus petit. Quelques-uns deviennent le point de départ d'un canal dont les parois sont recouvertes aussi d'orifices de second ordre. Les plus grands correspondent en général à la base de l'apophyse crista-galli, qui sépare ceux du côté droit de ceux du côté gauche, et aux dépens de laquelle ils sont en partie
10. — Seclion verticale et médiane du frontal en rapport avec l'os du nez et l'ethmoide.
&f, sinus frontal ; N, os propre du nez ; Pn, épine nasale; E, lame perpendiculaire de l'ethmoide; Fr, trou borgne.
Caun
Fig. 11. — Face supérieure de l'elhmoïde.
Ct;, apophyse crista-galli; Va, ses prolongements antérieurs ; Le, lame criblée ; hpa, lame papyracée ; Clf, cellules frontales; *, trou du lilet elhmoïdal ; S, frontal. .
X,pe
Fig. 12. — Face inférieure de l'elhmoïde.
Le, lame criblée; hpe , lame perpendiculaire j Cns, cornet supérieur; Cnm, cornet moyen; Pi(, apophyse uuciforme.
ci'eusés. A la partie antérieure et interne des gouttières olfactives, on voit une fonte antéro-postérieure ; elle donne passage au filet ethmoïdal du rameau nasal
CRAiNE (anatomie). 591
de la branche ophthalmique de Willis et à Vartère nasale antérieure, rameau de bifurcation de l'ethnioïdale anléijeure, branche de l'ophthahnique.
La face inférieure de la lame criblée lait partie des fosses nasales. De son milieu part la lame perpendiculaire, parfois un peu déjetée latéralement. Ses dimensions varient. Elle peut descendre très-au-dessous des os du nez (Ward, Osteology, p. 132). Articulée en bas avec le voraer, elle est unie en arrière avec la crêle verticale du sphénoïde, en avant, à l'épine nasale du frontal, aux os propres du nez et aux cartilages de la cloison.
B. Masses latérales. C'est la partie la plus volumineuse de l'cthmoïdc, mais aussi celle qui est le plus indépendante du crâne. Elle est formée essentiellement par deux lames de tissu compacte, une externe, lisse, qui fait partie de l'orbite, lame papyracée ou os planum; une lame interne, qui descend de la lame criblée parallèlement à la lame perpendiculaire, et qui se termine en bas par le cornet supérieur. Ces deux lames sont réunies par des cloisons délicates, légèrement contournées, qui divisent l'espace intermédiaire en une série de cellules ethmoidales extrêmement vastes et irrégulières, dont l'ensemble porte le nom de labyrinthe. On leur a décrit six faces :
Gg
Clm
Fig. lô. — Face latérale de l'elhmoïde.
Cgf, apophyse crista-galli ; hpa, lame papyracée; Clf, cellules frontales ; Us, cellules sphénoïdales ; Clp, cellules palatines; Clm, cellules maxillaires; C/Z, cellules lacrymales ; Lpe, lame perpendiculaire; C«?n, cornet moyen; P«, apophyse unciforme.
Une supérieure, située au niveau et en dehors de la lame criblée, présente des derai-cellules et des demi-gouttières, que complètent celles du frontal ; ces dernières contribuent à former les conduits orbitaires internes, pour les artères ethmoidales, branches de l'ophthalmique.
La face inférieure, par sa moitié postérieure, rugueuse, s'articule avec le maxillaire supérieur.
La face externe, qui n'est autre que l'os planum, s'articule en haut avec le frontal, en bas avec le maxillaire supériem-, en avant avec l'os unguis et en arrière avec le sphénoïde et le palatin. Chez la plupart des carnivores et même chez quelques primates, l'ethmoïde ne participe pas à la formation de l'orbite ; il est tout entier compris entre le frontal et les palatins unis ensemble, en sorte que l'os planum n'existe pas.
La face interne constitue la plus grande partie de la paroi externe des fosses
392 CRANE (anatomie).
nasales. Dans sa moitié antérieure, on voit une surface creusée de sillons pour les nerfs olfactifs, plus en arrière deux lames enroulées à convexité interne, à bord inférieur libre. Ce sont les cornets ethtnoïdaux, l'un supérieur ou cornet de Morgagni, plus petit ; l'autre, ou cornet moyen, plus volumineux, articulé en arrière avec le palatin ; l'espace qui les sépare est le méat supérieur, à la partie supérieure duquel on voit une ouverture qui communique avec le groupe des cellules ethmoïdales postérieures, qui sont ordinairement au nombre de trois, et sont plus larges que les antérieures ; ces dernières, plus petites, au nombre de quatre, s'ouvrent dans le méat moyen par une sorte d'entonnoir ou infundibulum, où s'ouvre aussi le sinus frontal correspondant.
La face antérieure offre des demi-cavités fermées par l'os unguis ; de cette face on voit partir un prolongement irrégulier, lame oblique, lame descendante, lame ou apophyse imciforme {iincus, crochet), qui se porte en bas et en arrière au-dessous et en dehors du cornet moyen, s'articule avec le cornet infésieur et concourt à rétrécir l'ouverture du sinus maxillaire.
La face postérieure offre une surface articulaire avec le sphénoïde et le palatin.
Xi'
Cas
Fig. 1-i. — Face interne de la masse latérale de l'ethmoïde.
Cns, cornet supérieur; Mîîs, méat supérieur; Ciim, cornet moyen ; P«, apophyse unciforme; '*, gouttière concourant à former le conduit orbilaire.
Fig. 15. — Section ti'ansversale del'ethmoïJe.
Cg, apophyse crista-gal!i ; Le, lame criblée ; Clf, cellules frontales ; Cns, cornet supérieur ; L6, labyrinthe; L;;a,l3rae papyracée; P«, apophyse crochue ; C«»(, cornet moyen; hpe, lame perpendiculaire.
C. Conformation intérieure. La minceur extrême des lames osseuses qui le constituent, l'étendue et la multiplicité des cellules qui le creusent, sont le caractère distinctif de l'ethmoïde. On ne peut avoir qu'une idée très-incomplète de ces cellules, en examinant un etiimoïde désarticulé. Pour prendre une idée exacte de leur connexion, on fera bien de jeter les yeux sur un crâne articulé à la Beauchêne, où tous les os peuvent être à volonté rapprochés ou séparés. On verra alors que toutes les cellules ethmoïdales sont complétées par l'union des os voisins. Considérées dans leur ensemble, elles forment deux cavités irrégulièrement cloisonnées, formées par deux séries de cellules qui n'ont aucune communication l'une avec l'autre. Le groupe antérieur, ainsi que nous l'avons vu, s'ouvre dans le méat moyen par l'infundibulum; le groupe postérieur dans le méat supérieur. Toutefois, il faut noter que les cellules antérieures communiquent avec les sinus frontaux, où s'ouvre aussi parfois une cellule supplémentaire, qui creuse exceptionnellement l'apophyse crista-galli.
CUANE (anatomie). 395
Le tissu spongieux fait presque entièrement de'faut dans l'ethmoïde ; à peine en trouve-t-on des traces dans l'apophyse crista-galli et la lame perpendiculaire. Partout ailleurs, il n'y a que du tissu compacte, les lamelles qui circonscrivent les cellules et forment les cornets offrent une telle minceur qu'on n'y rencontre pas de canalicules de Havers à l'examen microscopique ; ils y seraient inutiles, les vaisseaux n'ayant pas à pénétrer dans la substance osseuse, dont la nutrition se fait directement aux dépens du réseau capillaire de la muqueuse qui recouvre ses deux faces.
Frontal. Synonymie générale : Coronal, os frontis.
Synonymie spéciale : Apophyse orhitaire externe. Frontal postérieur, Cuvier. — Post- frontal, Owen. — Frontale poster ius, Ilallmann. — Apophysis orbitaria e.rlerna, Sœmmerring.
Apophyse orhitaire interne. Frontal antérieur, Cuvier.
Cet os occupe la partie antérieure du crâne et supérieure de la face; il est situé entre les pariétaux et le sphénoïde, avec lesquels il s'articule pour clore en avant la cavité crânienne, et l'ethmoïde les os propres du nez, les malaires, les unguis, les maxillaires supérieurs : grâce à ces dernières connexions, il constitue une partie importante du squelette de la face et entre dans la formation des cavités orhitaire et nasale.
La plus grande partie de l'os, verticale et arrondie, qui a été comparée à une coquille, forme un angle presque droit avec la portion orhitaire, qui est horizontale. La démarcation entre ces deux parties de l'os est très-accusée sur la table externe par un bord saillant [arcades orhitaires). Au niveau de la table interne, la distinction est beaucoup moins tranchée : aussi les auteurs y décrivent-ils une seule face, tandis qu'ils en distinguent deux sur la table externe ; le contour a été divise en trois bords.
Fig. 16.
Pu ^fii
Face antérieure du frontal.
G, bosse frontale moyenne ; tf, bosse frontale ; As, arcade souvcilière ; Vt, surface temporale ; F/-, surface frontale; Pn, épine nasale; M?!, échancrure nasale; Is, trou sus-orbitaire ; Ms, arcade orbitaire ; P2, apopbyse orbitaire externe.
A. Face antérieure cutanée ou frontale. Convexe et lisse, elle présente chez les jeunes sujets une suture dont la trace se trouve parfois chez l'adulte à la partie inférieure. Cette suture est dite médio-frontale ou métopique (de
394 CRANE (anatomie).
[Li-uTzo-j, front). Cette anomalie, qui dans les races d'Europe s'observe environ mis fois sur sept (Broca), mais dont la frt'tpience est beaucoup moindre dans d'autres races, porte le nom Ac mélopisme en craniologie ; j'y reviendrai plus loin. Immédiatement au-dessus de la racine du nez, entre les deux arcades sourcilières, est une légère proéminence, bosse frontale moyenne, bosse nasale, glabelle.
Sur les côtés on voit deux saillies au-dessous d'une surface lisse; ce sont les bosses frontales, beaucoup plus marquées chez le fœtus que chez l'adulte. Elles surmontent les arcades sourcilières, saillies transversales arquées qui répondent aux sourcils. Leur développement correspond à celui des sinus.
Tout à fait sur le côté de la face antérieure est une surface triangulaire formant une sorte de facette séparée de la partie plus antérieure de l'os par une crête qui se continue en arrière avec une ligne semblable sur le pariétal et sert d'insertion, comme cette dernière, au muscle temporal. Avec un peu d'attention on peut toujours distinguer, à quelques millimètres au-dessus de cette crête, une ligne plus mousse qui lui est exactement parallèle; elle donne attache à l'aponévrose temporale.
B. Face inférieure ou orbito-ethmoïdale. Elle offre en son milieu une large échancrure rectangulaire, dite échancrure ethmoïdale, pai'ce qu'elle reçoit l'ethmoïde. En avant d'elle s'avance comme une sorte d'éperon V épine nasale, qui soutient en avant les os propres du nez, s'articule en arrière avec la lame
Fea
2 Mno
Fig. n. — Face inférieure du frontal.
P», épine nasale ; ?l, fossette trochléenne ; Fea, conduit orbitaire antérieur ; Fep, conduit orbitaire
postérieur; iUw, bord naso-orbitaire ; Pz, apophyse orbitaire externe.
perpendiculaire de l'ethmoïde et concourt par deux petites facettes latérales à la formation de la voûte des fosses nasales. Sur les côtés on voit l'orifice des sinus frontaux , et plus loin des demi-cellules qui sont complétées par celles de l'ethmoïde.
De chaque côté cette face est formée par les fosses orhitaires concave et lisse, vu leur contact presque immédiat avec les globes oculaires, qui en sont beaucoup plus rapprochés que du plancher de l'orbite. En dehors et en avant est une fossette {fossette lacrymale) qui loge la glande de ce nom. Quelquefois, mais rarement, la fossette lacrymale est percée d'un trou considérable par lequel pénètre l'artère lacrymale née de la méningée antérieure (Haller, Icônes anat fascic. VII, tab. VI).
En avant et en dedans de la face orbitaire est une très-petite dépression souvent à peine visible qui donne attache à la poulie fibro-cartilacineuse sur laquelle se réfléchit le tendon du grand oblique , fossette trochléenne.
CRANE (anatomie). 595
En dedans, et plus ou moins distincle des dentelures formées par la lèvre externe de l'échancrure etinnoïdale, ou observe deux gouttières concourant à la formation des conduits orbitaires internes ; fréquemment ces gouttières sont remplacées par un orilice complet, conduits orbitaires antérieur et postérieur.
C. Face postérieure ou cérébrale. Concave et tournée en arrière dans ses trois quarts supérieurs, qui correspondent à la face antérieure, elle est convexe {bosses orbitaires) et éciiancrée au milieu dans son quart inférieur, qui correspond à la face inférieure ou orbitaire. L'apparence des deux régions de la face cérébrale que nous venons de distinguer est sensiblement différente. Tandis que dans la première on observe des sillons vasculaires semblables aux nervures d'une feuille, dirigés d'arrière en avant et de bas en haut et qui reçoivent des divisions de la méningée moyenne, dans la seconde, on trouve des dépressions et des saillies dites mamillaires en rapport avec les anfractuosités du lobe orbitaire du cerveau.
Fig. 18. — Face postérieure du frontal.
Ss, gouttière sagittale ; C/, crête frontale; *, surface légèrement rugueuse qui s'articule avec les ailes
de l'apophyse crista-galli.
Quelques détails méritent en outre d'être notés. Sur la ligne médiane, un méplat anguleux, souvent à peine perceptible {gouttière longitudinale), répond au commencement du sinus longitudinal supérieur. Il se termine en bas par une crête {crête frontale) qui donne attache à la faux du cerveau. Il serait plus exact de dire que cette crête fait partie intégrante de cette faux, dont la majeure partie, formée chez l'homme par la dure-mère, est osseuse chez les félins. On s'explique ainsi plus facilement les grandes variétés présentées par cette apophyse, qui manque quelquefois d'une façon presque absolue, tandis que dans d'autres cas elle est excessivement prononcée. Au-dessous de la crête est le trou borgne ou épineux, quelquefois remplacé par une simple échancrure que complète l'ethmoïde ; ce trou s'ouvre tantôt dans les sinus frontaux, tantôt directement dans la cavité nasale; il sert ordinairement de passage à une petite veine provenant de la muqueuse de Schneider et allant se jeter dans le sinus longitudinal supérieur, llolden l'a vu transmettre une petite artère. Cet orifice est souvent oblitéré sur les crânes des vieillards {Human Osteology, p- 55).
D. Bords. D'après la description précédente, on doit considérer au frontal trois bords : un bord antérieur, qui sépare la face antérieure de la face iiilé-
596 CRANE (anatomie).
rieure ; un bord supérieur articulé avec les pariétaux ; un bord inférieur articulé avec le sphénoïde.
Le bord antérieur ou orbito-nasal est formé de trois parties : la médiane est l'échancrurc nasale déjà décrite, articulée au milieu avec les os propres du nez, et sur les côtés avec les apophyses montantes du maxillaire supérieur ; les deux parties latérales sont les arcades orbitaires, dont le bord saillant et arqué présente vers son tiers interne une petite échancrurc convertie en un trou par un lien fibreux qui souvent s'ossifie : c'est le trou sourcilier ou sus-orbitaire , Au fond de l'écliancrure on du trou on aperçoit parfois un petit orifice par où sort à l'état frais une veinule allant des canaux du diploé à la veine ophtlialmique. Il n'est pas rare, du reste, de voir d'autres petits orilices analogues disséminés en d'autres points de l'arcade orbitaire : ce sont les ouvertures d'autant de petits canaux servant à la communication des veines des sinus avec celles du front.
Les extrémités externes des arcades orbitaires, par leur convergence avec les crêtes latérales de la face antérieure du frontal, donnent naissance à une forte apophyse prismatique et triangulaire, à sommet tronqué, articulée avec l'os malairc {apophyse orbitaire externe). Les extrémités internes, larges, minces, articulées avec l'unguis, ont reçu le nom d'apophyses orbitaires internes. La saillie considérable de l'arcade orbitaiz'e protège très-efficacement les globes oculaires contre les violences extérieures; c'est grâce à elle qu'un coup de poing poche un œil au lieu de le crever.
Le bord supérieur ou pariétal, demi-circulaire, est hérissé de fines dentelures articulées avec les pariétaux. Ce bord est taillé en biseau : supérieurement, aux dépens de sa face externe ; inférieurement et sur les côtés, aux dépens de sa face interne. L'angle mousse qui correspond à son milieu limite chez le fœtus la fontanelle antérieure.
Le bord inférieur ou sphénoidal est horizontal, mince et tranchant, interrompu dans sa partie moyenne par l'écliancrure ethmoïdale. De chaque côté il s'unit aux petites ailes du sphénoïde. A l'union du bord inférieur avec le bord supérieur est une surface triangulaire formée par la saillie de la table interne, qui s'articule avec une surface rugueuse analogue des grandes ailes du sphénoïde.
E. Conformation intérieure. Les deux tables de tissu compacte qui composent cet os plat sont séparées, au niveau de l'écaillé, des arcades orbitaires et des apophyses orbitaires externes, par un diploé très-résistant à cellules petites et serrées. Ce diploé manque presque complètement dans les voûtes orbitaires, d'où leur transparence à la lumière transmise, et leur fragilité maintes fois constatée en pathologie. On cite plusieurs cas où un instrument vulnérant a pu les fracturer et pénétrer dans la cavité crânienne. On conçoit moins facilement leur perforation par le pus d'un abcès de l'orbite, bien qu'Abercrombie en ait rapporté un exemple [Diseases of Brain, p. 41).
La partie médiane et inférieure de la face antérieure est creusée de cavités qui en allègent le poids sans diminuer très-notablement la résistance de ce point d'appui important pour la face. Ce sont les sinus frontaux; les cellules qui les constituent ne se développent guère qu'après la puberté et sont rarement symétriques des deux côtés; leur volume est très-variable suivant les individus. C'est à leur développement et non à la saillie des lobes antérieures qu'est
CRANE (anatomie). 597
due la proéminence plus ou moins forte des arcades sourcilicres : on voit là un des nombreux exemples de l'inanité de la prétendue science plirénologique.
Outre les Yarialions suivant les âges et suivant les individus, il semble que la capacité des sinus frontaux soit modifiée par certaines influences ethniques. Chez les Européens, ils sont plus volumineux que chez les Nègres, et chez les Australiens ils seraient tout à fait rudimentaires , d'après le professeur Owen, qui attribue à ce fait l'absence de sonorité de la voix chez cette race inférieure. Rappelons à ce propos l'énorme développement de ces sinus chez certains mammifères : l'éléphant leur doit sa physionomie intelligente; ils sont chez lui si développés et s'étendent si loin sur toute la calotte crânienne (principalement chez l'éléphant d'Afrique), que le volume total de la tête en est presque doublé et que l'ablation du cerveau ne peut être faite qu'avec beaucoup de peine au fond d'une espèce d'entonnoir, ainsi que je l'ai constaté tout récemment. Une remarque analogue pourrait être faite à propos de certains oiseaux, le hibou, par exemple.
Les sinus frontaux sont séparés par une cloison médiane et verticale souvent déjetée latéralement. Sur l'os sec cette cloison est souvent perforée et les sinus de droite et de gauche communiquent plus ou moins largement. Mais à l'état frais l'adossement de la muqueuse qui les tapisse complète toujours la séparation. J'ai déjà parlé à propos de l'ethmoide de leur communication avec le méat supérieur des fosses nasales. Grâce à ce fait, l'inflammation de la membrane de Schneider peut aisément se propager à la muqueuse des sinus, ce qui rend compte de l'expression vulgaire rhume de cerveau. C'est encore par l'infundibulum que des insectes ont pu s'introduire dans ces cavités et y déposer leurs larves. Ces faits, très-rares chez l'homme, sont fréquents chez certains animaux.
L'épistaxis et l'issue de matière cérébrale par le nez, à la suite des fractures de la base du crâne, sont bien plus souvent dues à la lésion des sinus frontaux qu'à celle de la lame criblée de l'cthmoïde.
Pariétaux [parieteSy parois). Synonymie : Ossa verticis seu bregmatis, seu parietalia.
Ils forment la plus grande partie des parois de la voîite crânienne. Ils ont une forme à peu près carrée, présentent deux faces, l'une convexe, qui répond au cuir chevelu, l'autre concave, en rapport avec la dure-mère; quatre bords et quatre angles, parmi lesquels l'antéro-inférieur est particulièrement allongé. Les deux pariétaux droit et gauche fortement unis sur la ligne médiane forment en réalité chez l'adulte un seul os qui recouvre la majeure partie du cerveau. Ce segment de la voûte crânienne est étroitement engrené au milieu des os voisins, de manière que ses bords, taillés en biseau, les recouvrent et en soient recouverts alternativement.
A. Face convexe, cutanée ou. externe. Elle est sensiblement bombée à sa partie moyenne, qui a reçu le nom de hosse pariétale. Chez l'enfant cette protubérance est beaucoup plus développée que chez l'adulte. Au-dessous d'elle sont deux lignes courbes demi-circulaires, concentriques, distantes d'environ 2 centimètres; la supérieure donne attache à l'aponévrose temporale; l'inférieure, au muscle temporal, ainsi que toute la partie de la face convexe qui est située au-dessous ; on y distingue parfois trois ou quatre sillons verticaux, qui marquent le trajet des branches de l'artère temporale profonde. La portion de l'os
CRANE (anatomie)
qui surmonte ces lignes d'insertion du temporal o'^fre une surface un peu moins plane que la précédente ; elle est recouverte par l'aponévrose épicrânienne.
Fig. 10. — Face externe du pariétal gauche
Tpa, bosse pariétale ; M;j, bord pariétal ; Mo, bord occipital ; Mm, bord mastoïdien ; Msç, bord sqameux ; ilsp, bord sphéuoïdien ; M/, bord frontal.
B. Face concave, interne ou cérébrale. Concave, parsemée à sa partie inférieure d'impressions digitales qui correspondent aux anfractuosités du cerveau, cette face est parcourue par des gouttières rameuses qu'on a comparées aux
Mt
JSIsq A;
:Man
Mo
' vïi
Fig. 20. — Face interne du pariétal droit.
Ss, gouttière saejittale; *, gouttière qui fait partie du sinus latéral; JSp, bord pariétal; Mo, bord occipital ; M;h, bord mastoïdien ; ilsg, bord squameux; Msp, bord sphénoïdal ; M/", bord frontal.
nervures d'une feuille de figuier. Les tleux gouttières principales aboutissent, l'une à l'angle antéro-inférieur, l'autre à l'angle postéro-inférieur de l'os. Elles
CRANE (anatomie). 599
logent les divisions de l'artère méningée moyenne ; en suivant attentivement la direction de ces gouttières, il est facile de constater qu'un certain nombre d'entre elles, groupées principalement dans l'angle supérieur et postérieur, répondent non à des arlères, mais aux grosses veines qui vont se jeter dans le sinus longitudinal. La partie la plus concave do celle face a reçu le nom défasse pariétale.
C. Bords. Le supérieur est dentelé, rectilignc, et s'articule avec le bord correspondant du côté opposé en formant la suture sagittale. Près de ce bord, en arrière, à 4 centimètres environ au-dessus de l'angle postcro-supéi'ieur , on aperçoit ordinairement deux petits trous symétrique, les trous par létaux, ^ar oîi passe une veine du cuir chevelu qui se jette dans le sinus longitudinal ; parfois ils donnent aussi passage à une petite branche de l'artère temporale destinée à la dure-mère (Holden). Ordinairement assez petits, ces trous peuvent, par anomalie, devenir beaucoup plus grands et constituer des ouvertures symétriques, larges de 0"S003 à 0'»,005, et plus exceptionnellement de 0"',02 à 0'",03. Un exemple de cette anomalie a été pour la première fois figuré par Lobstein. J'entrerai plus loin, sur ce sujet, dans de longs détails {voy. Développement).
(jue les trous pariétaux existent ou non, la partie de la suture sagittale qui correspond à leur siège habituel est toujours beaucoup plus simple que les parties situées en avant et en arrière. Cette partie de la sagittale est réduite parfois à une ligne presque droite dans une longueur de 0'",02 environ. M. Broca, à qui appartient celte remarque, a donné à ce point le nom d'obélion, tiré du nom grec de la suture sagittale ('j6e)>aîa pa^Â, de èf^elôç, trait: d'où le latin sagittalis). 11 y a fréquemment dans l'obélion du nouveau-né une fontanelle ou une scissure transversale, laquelle peut persister dans l'âge adulte {scisstire ou incisure pariétale). Je donnerai, à propos du développement, une figure de cette anomalie. En voici une encore plus rare, constituée par la présence d'une suture sensiblement parallèle à la sagittale, séparant le pariétal en deux pièces osseuses superposées : on peut admettre qu'il y a eu alors deux centres distincts d'ossification. Je pro-
Fig. 21. Suture pariétale anormale (suture sous-sagiltale) sur un crâne du musée d'anthrojiologie
pose d'appeler cette suture sous-sagittale, pour la distinguer de Vincisure pariétale décrite et figurée plus loin.
Le bord supérieur est creusé du côté de la face interne, dans toute sa longueur, par une demi-gouttière qui, réunie à celle du côté opposé, forme la gouttière Ion-
400 CRANE (akàtomie).
gitudinale. Presque toujours elle empiète plus sur un des pariétaux que sur l'autre ; sa surfiice est criblée de petits orifices qui correspondent aux canaux du diploé. Sur ses côtés on trouve chez les vieillards des dépressions irrégulièies qui logent les glandes de Pacchioni.
Le bord inférieur e&i le plus court; il est mince, concave, recouvert de petites crêtes et de sillons, taillé en biseau aux dépens de sa face externe pour s'unir à la portion écailleuse du temporal.
Le bord antérieur, finement dentelé, s'articule avec le frontal ; il est taillé en biseau supérieurement aux dépens de la table externe.
Le bord postérieur, très-profondément dentelé, s'articule avec le bord supérieur de l'occipital et forme la suture lambdoïde.
D. Angles. L'angle antéro-supérieur est droit; l'angle antéro-inférieur ou sphénoïdal est aigu, très-allongé, tronqué à son sommet et taillé en biseau aux dépens de la face externe pour soutenir la grande aile du sphénoïde. C'est en dedans de cet angle qu'existe le sillon principal, rarement converti en canal complet, qui loge l'artère méningée moyenne : aussi un coup porté dans cette région peut-il, fracturant l'os, amener une hémorrhagie rapidement mortelle par la compression du cerveau.
L'angle postéro-supérieur, légèrement obtus, est armé de très-longues dentelures. L'angle postéro-inférieur, largement tronqué et un peu concave, est reçu dans l'angle rentrant que forme la portion écailleuse avec la portion mastoïdienne du temporal. En dedans, il est creusé d'une gouttière qui fait partie du sinus latéral.
E. Conformation intérieure. Elle est analogue à celle du frontal. Le diploé est surtout abondant au niveau de sa partie supérieure et postérieure. Il est creusé d'assez larges canaux veineux. Au niveau de la feuille de figuier, l'os est beaucoup plus mince et les deux tables sont presque contiguës.
Temporal. Synonymie générale : Ossa temporum.
Synonymie spéciale : Écaille. — Squamosal, Owen. — Partie écailleuse, Cuvier. — Cotyleaî, Geoffroy. — Squama temporalis, Hallmann. — Scheibenfôrmiges Stûck des Schlàfenbeins , Meckel, Wagner. — Pars squamosa assis temporis, Sœmmerring.
Cercle du tympan. — Lamina ossea ossis temporis è quâ meatus auditorius externus oritur, Sœmmerring. — Exosteal, Geoffroy. — Caisse ou partie tympanique, Cuvier. — Os tympanicum, Hallmann. — Gelenktheil des Schlàfenbeins, oder Pauke, Meckel, Wagner. — Tympanique, Owen.
Rocher. — Pars petrosa partis pyramidalis ossis temporis, Sœmmerring. — Rocher, Cuvier. — Inrupéal, Geoffroy. — Petrosum, Hallmann. — Felsenbein, Meckel. — Petrosal, Owen.
C'est assurément le plus complexe de tous les os qui entrent dans la composition de la boîte crânienne. Il est facile, 4p ^'en rendre compte en se rappelant ses trois principaux rôles : il participe à la formation de la voûte crânienne [portion squameuse). 11 donne une enveloppe osseuse à l'organe de l'ouïe (pyramide). 11 sert d'attache aux muscles qui sont les principaux agents de la rotation de la tète {portion mastoïdienne). Si l'on ajoute qu'il est le point d'appui du grand arc-boutant latéral de la face et de la seule pièce fixe de l'appareil hyoïdien; qu'il est creusé d'un canal pour le passage des carotides, déprimé par les gouttières de plusieurs sinus veineux, perforé pour le passage de nerfs
CRANE (anatomie). 401
et (le filets nerveux, on aura une idée approximative des nombreux détails de sa structure.
Une division naturelle, justifiée autant par les différences de structure et d'usage que par les considérations tirées de l'anatomie comparée, consiste à décrire successivement dans le temporal : 1° une portion squameuse ou écailleiise articulée avec le pariétal et le sphénoïde, et qui paraît une véritable dépendance de ces deux os; 2" une portion mastoïdienne, fortement uuic à l'occipital qu'elle rappelle par son aspect, et dont elle se rapproche par ses l'onclions; 5" entre ces deux parties, destinées à la protection de l'cncépiiale, une sorte de capsule osseuse qui se porte obliquement vers les parties profondes comme pour y mieux cacher l'organe délicat qu'elle renferme : c'est la pyramide ou rocher.
Je les décrirai successivement.
Pz"
A. Portion squameiise. Sa minceur et sa forme demi-circulaire l'ont fait compai'er à une écaille de coquillage. Sa face externe est lisse, convexe, parcourue par quelques sillons vasculaircs, empreintes de l'artère temporale superficielle. Inférieurement, elle donne naissance à l'apophyse zijgomatique (Çsuyvj&j, je joins) ou jugale, qui constitue par sa jonction avec l'os malaire im puissant arc-boutant, grâce auquel la face s'appuie sur le crâne, et que les anciens appelaient anse de la tète [ansa capitis).
Aplatie de haut en bas à sou origine, cette apophyse le devient bientôt d'avant en arrière, de manière à présenter une face externe convexe, recouverte par la peau de la joue, et une face interne concave et lisse sur laquelle glisse le muscle temporal. Son bord supérieur, tranchant, donne attache à l'apouiâvrose temporale superficielle.
Son bord inférieur, plus petit et busqué, donne insertion au masséter.
Le sommet, oblique de haut en bas et de dedans en dehors, est dentelé et s'engrène avec un biseau correspondant de l'os malaire. La base évidée en gouttière supérieurement s'appuie sur deux racines: l'inférieure P^. apophyse zygomatique; I^^r, échancrurepariélale; •^ . Pr, portion mast.oiuieiine ; Vt, portion tympaniquu ;
ou transversale (tuher articulare) Pke«, portion pierreuse borne en avant la cavité où se meut
le condyle du maxillaire inférieur. Elle est recouverte d'un fibro-cartilage en rapport avec le ménisque interarticulaire ;' en avant est une surface lisse et légèrement oblique de bas en haut, formant une espèce de talus auquel on a attribué une grande importance dans l'irréductibilité de la mâchoire luxée ; l'autre racine, supérieure, longitudinale ou antéro-postérieiire [Uneatemporalis], seîjifurque en deux rameaux, dont le principal va gagner la ligne demi-circulaire qui limite en arrière la fosse temporale, et dont l'inférieur forme le sommet de ja crête qui sépare en arrière la cavité glénoïde du conduit auditif. Au point oii les deux racines transverse et longitudinale convergent, il existe sur l'apoDhyse zygomatique un renflement ou tubercule où s'attache le ligament latéral externe de l'articulation temporo-maxillaire.
ICT. ENC. XXII. i-'G
Fi
22. — Face externe tin temporal gauche, après une légère rotation de has on liant autour do l'axa anléro-postérieur.
CRANE (anatomie).
.Ssi
Dans l'espace compris entre l'écartement des deux racines e.«t une cavité oblongue, peu profonde, à grand axe dirigé de dehors en dedans et un peu d'avant en arrière : c'est la cavité glénoïde. Une sorte de fente la sépare en deux parties, dont l'antérieure seule, plus régulièrement évidée et plus lisse, est articulaire. Cette fente, c'est la fêlure ou fissure de Glaser, dernier vestige de la première fente branchiale chez l'embryon. Elle donne passage à l'apophyse grêle du marteau, au petit faisceau musculaire, suivant les uns, fibreux, suivant les autres, connu sous le nom de muscle interne ou antérieur de cet osselet, et à l'artère tympanique, branche de la maxillaire interne. Quant à la corde du tympan, ce n'est pas par cette fissure qu'elle passe, ainsi que cela a été dit
parfois, mais par un petit canal osseux particulier, dans son voisinage immédiat.
La face interne de la portion squameuse est concave, parsemée d'inégalités qui répondent aux anfractuosités du cerveau, et présente un grand sillon vasculaire curvilignedirigé d'avant en arrière et d'où partent quelques sillons secondaires. Ces sillons louent des branches de la méningée moyenne.
Le bord tranchant, taillé en biseau aux dépens de la face interne dans les deux tiers postérieurs imis au pariétal, et aux dépens de la face externe dans le tiers antérieur uni au sphénoïde, présente une convexité qui est particulière à l'espèce humaine. Inférieurement, la portion squameuse du temporal se confond par sa face interne avec le rocher, par sa face externe avec la portion mastoïdienne. L'union avec le rocher est très-souvent marquée par des traces visibles [fissure pétro-squameuse) .
B. Portion mastoïdienne. Elle forme la partie la plus épaisse, la plus massive du temporal. Le prolongement supérieur de la racine postérieure de l'arcade zygomatique la sépare en avant de la portion squameuse.
La face externe convexe est parsemée d'aspérités et se termine inférieurement par une saillie conique, Vapoplujse mastoïde. C'est en ce point que s'attachent les muscles rotateurs de la tête. Les apophyses mastoïdes, rudimentaires chez l'enfant, ne se développent qu'après la puberté, avec l'apparition des cellules (ju'elles renferment. Elles acquièrent leur plus grand développement chez le Nègre, circonstance qui paraît être en rapport avec le prognathisme de la face, lequel nécessite une action plus énergique des muscles dont l'action contrebalance le poids des maxillaires. En arrière est le trou ou canal mastoïdien, par où passe une branche mastoïdienne qui va à la dure-mère, et qui émane de l'artère occipitale, et une veine qui va se jeter dans le sinus latéral. Les dimensions de cet oritice sont très-variables. En dedans de l'apophyse mastoïde est une rainure profonde, rainure dignstrique, qui donne insertion au ventre antérieur du muscle dont elle a pris le nom.
Fit;. 23. — Face interne du temporal droit.
ipr, écliancrnre pariétale; Sst, Routlière latérale; *, limite entre la portion squameuse et la portion mastoïdienne ; I, section de la pyramide.
CIIANE (anatomieK 405
La face interne est cxcavée par une gouttière large et pro fonde qui logo la partie la plus large du sinus latéral. On y remarque l'orifice interne du canal mastoïdien.
Le bord de la portion mastoïdienne est dentelé et diffère de celui de la portion squameuse, et par son épaisseur plus grande, et par la direction de son biseau légèrement taillé aux dépens de la face externe, en sorte que le pariétal repose sur lui au lieu d'en être recouvert, comme il l'est' au niveau de l'écaillé. La partie postérieure do ce bord épais et irrcgidier s'unit à l'occipital.
Mty
Pae
Fij;. U.
Poi'lioii masloïilienue Ju lemporal gauche.
Vue, trou anditit externe; Utij, bord tympauique ; F/m, fissure lympanico-maslo'rdiemie; Ci'p, frète pétreuse; fpt, fissure pétro-tympanique; T/, voûte de la caisse du tympan; Cca, canal carolidien; Tps, fissure pélro-squauieuse.
C. Pyramide ou rocher ou portion pierreuxe. Elle a la forme d'une pyramide à quatre pans dirigée obliquement en avant et en dedans, et présentant quatre faces, quatre bords, une base et un sommet. Elle est en réalité composée de trois éléments distincts : le principal, ou portion pétrée proprement dite, est la capsule osseuse du labyrinthe membraneux. Une seconde portion, ou tympanique, entre surtout dans la constitution du conduit auditif externe. Enfin un troisième élément très-accessoire est représenté par l'apopbyse styloïde. J'insisterai sur ces distinctions en parlant du développement. Qu'il me suffise pour le moment de les avoir mentionnées.
F ace supérieure. On y remarque en arrière et en dehors un relief formé par la saillie du canal demi-circulaire supérieur. Cette saillie est surtout trèsmarquée dans le jeune âge. Au devant d'elle, une ouverture, hiatus de Fallope. d'où part un sillon dirigé en avant et en dedans, parallèle au grand axe de la pyramide et aboutissant au canal de Fallope. Ce sillon et l'hiatus contiennent le grand nerf pétrcux superficiel et une artériole. En dehors de ce sillon eu est un autre, sillon du petit nerf pétreux superficiel. A l'extrémité antérieure de cette face est une dépression, fossette du ganglion de Gasser. Entre l'hiatus de Fallope, en dedans et la face interne de l'écaillé en dehors, on voit une lamelle mince qui forme le toit du tympan {tegmen tijmpani). Il n'est pas rare d'y trouver une petite solution de continuité sur les os secs. L'extrême minceur de cette partie de l'os rend compte de la facilité avec laquelle elle peut se nécroser dans les otites moyennes, et éveiller une inflammation siippurative dans les méninges ou dans la substance cérébrale elle-même. Cette lamelle est fréquemment tra-
CRANE (anatomie)
Sst
Aev iji
Fig. 2j. — face ^.usléi-ieure du temporal gauclie.
S, bord supérieur ; i, bord inférieur ; p, bord poslérieur; S.s<, goultière latérale; Aeu, orifice externe de l'aqueduc du vestibule; Ijl, portion c^lenie du trou dùcbiré postérieur; \jm, portion interne du trou déchiré postérieur; Vni, trou auditif interne; Sp/, sinus pétreux inférieur ; ***, dépression au-dessous du caual demicirculaire supérieur.
versée par les fractures de la base du crâne, et la déchirure de la dure-mère, qui lui est intimement adhérente, jointe à la rupture de la membrane du tympan, permet alors l'écoulement par l'oreille du liquide céphalo-rachidien. C'est
au niveau de son union avec l'écaillé du tempopl qu'on trouve, surtout marquée chez les jeunes sujets, la fissure pétro-squameuse que j'ai signalée.
Face postérieure. Elle présente le ti'ou auditif interne, orifice du canal du même nom, dont l'extrémité terminée en cul-de-sac est divisée en quatre fossettes par une crête horizontale et une crête verticale se coupant à angle droit; la fossette antérieure et supérieure possède un seul orifice volumineux, orifice supérieur du canal de Fallope ; les trois autres, par de petits orifices multiples, conduisent dans l'oreille interne [voy. Oreille).
En arrière du conduit auditif, sur la partie moyenne de la lace postérieure, on aperçoit une fente qui forme l'orifice externe d'un canalicule ouvert par son autre extrémité dans le vestibule. 11 a été décrit sous le nom d'aqueduc du vestibule; il donne passage à une artériole et à une veinule. La saillie allongée qui sépare cette fissure de l'orifice auditif interne marque la situation du canal semi-circulaire inférieur.
Face inférieure. Elle est très-irrégulière. On y trouve en allant de dehors en dedans le trou stylo-mastoïdien, par où le facial sort de l'aqueduc de Fallope, tandis qu'y pénètre l'artère stylo-mastoïdienne, branche de l'auriculaire postérieure.
En avant et en dehors de ce trou est l'apophyse styloïde, dont la longueur et l'épaisseur varient beaucoup. Son extrémité parfois un peu renflée donne attache au muscle stylo-glosse.
En dedans et en arrière est une surface déprimée, rugueuse, sorte de facette concave, articulée avec l'apophyse jugulaire de l'occipital. Cette facette est éminemment bien disposée pour transmettre aux apophyses jugulaires et de là aux condyles de l'occipital le poids des parties latérales de la voûte du crâne. En effet, elle se trouve directement située au-dessous de l'angle rentrant du bord supérieur du temporal qui sert de principal point d'appui au pariétal, et elle est d'ailleurs surmontée par le puissant relief que forme entre ces deux points la lèvre antérieure de la gouttière latérale.
Immédiatement en avant, on trouve une dépression qui fait partie de la fosse de la veine jugulaire. La fosse du côté droit est presque toujours plus "rande que celle de gauche, quel<|uefois même son calibre est double on triple. Cette remarque a été faite pour la première fois par Hunauld {Histoire de l'Académie royale des sciences, année 1730, p. 559), et, rattachant ce fait aux dimensions supérieures du sinus latéral droit, cet anatomiste en concluait « qu'il y a de la différence entre la saignée qu'on fait à la jugulaire droite et celle qu'on fait à gauche ».
CRANE (anatomik).. 405
La fosse jugulaire présente à sa partie externe l'orifice d'un petit conduit qui mène dans le canal de Fallope et, loge le rameau auriculaire du pneumogastrique.
Plus en dehors est l'orilice inférieur du canal carotidien, large el à peu près circulaire. Ce canal, dont l'autre orifice se voit au sommet du rocher, se porte verticalement en haut dans une longueur d'environ i centimètre, puis se recourbe en avant et devient parallèle à l'axe de la pyramide dans une longueur de 2 centimètres; son coude correspond au sommet du limaçon, dont il est
Cri
Fig. 26. — Face inférieure du tcmpor;)) droit, moins la portion lympanique.
K, saillie tranver^ale limilant la cavité glénoïile ; f, trait (le scie qui a téparé la portion tympanique ; ft. section de l'apophyse siyloïde.
Le même os avec la portion tyuipanique.
Cri, crête sous-temporale; Ta, tubercule articulaire (racine transverse de l'apophyse zygoma' tique); fiiid, (avitéglénovde; Fps, fissure pétrosquanicuse ; L(, ligne temporale; l, petite rrèle formant le bord du conduit auditif externe ; 3m, rainure digastrii|ue ; T< , voûte de la caisse du tympan ; ?ci , surface triangulaire qui fait partie de la fosse zygomatique.
séparé par une faible épaisseur; il communique avec la caisse du tympan par un canal très-ténu par lequel passe le filet antérieur du nerf de Jacobson, qui va se jeter dans les branches du ganglion supérieur qui enlacent la carotide. La brusque courbure du canal carotidien a certainement pour effet d'atténuer le choc de l'ondée sanguine destinée au cerveau. Les bourdonnements d'oreilles qui se produisent dans la congestion cérébrale et aussi dans l'anémie ont peutêtre pour cause immédiate le voisinage de l'artère et du labyrinthe.
Sous le côté interne de l'orifice inférieur du canal carotidien est un petit pertuis qui forme l'entrée du canal du nerf de Jacobson. Enfin près du sommet de cette face inférieure est une surface rugueuse que recouvre du tissu fibreux.
Face antérieure. Elle est formée dans sa moitié externe par une lamelle quadrilatère, primitivement distincte sous le nom de cercle tijmpanique. Elle complète en bas et en avant l'échancrure qui existe entre l'apophyse mastoïde en arrière et la cavité glénoïde en avant ; de la sorte sont formes ['orifice et le canal auditifs externes. Cette lamelle est située en avant de l'apopiiyse styloïde, qu'elle engaîne par son bord inférieur sans y adhérer, ce qui lui a fait donner le nom d'apophyse vaginale ou engainante; elle est séparée de la cavité glénoïde par la scissure de Glaser ; entre l'apophyse vaginale et le bord antérieur de l'apophyse mastoïde est une fissure [fissure tympanico-mastoïdienne) , trace de la séparation primitive de ces deux portions de l'os.
406 CRANE (anatomie).
Bords. Le bord supérieur, plus long que les deux autres, est creusé d'une "■outtière qui loge le sinus pétreux supérieur et donne attache à la tente du cervelet qui, comme on le sait, est osseuse chez heaucoup de carnivores.
Le bord postérieur répond d'arrière en avant successivement : à la facette articulaire pour l'apophyse jugulaire, dont il forme la limite interne; à la fosse jugulaire, qu'il limite aussi en dedans; à une petite saillie osseuse qui divise le trou déchiré postérieur en deux parties inégales : — l'antérieure, plus petite, pour le glosso-pharyngien, la postérieure, plus grande, pour le pneumogastrique et le spinal; — à l'oriOce externe de l'aqueduc du limaçon, qui a la forme d'une fossette pyramidale et triangulaire à base inférieure dont le sommet dirigé en haut se continue avec un conduit ascendant très-délié qui va s'ouvrir dans la rampe interne ou tympanique du limaçon. Ainsi que l'aqueduc du \estibule, il est traversé par une artéiiole qu'accompagne un prolongement de la duremère.
Au devant de l'aqueduc du limaçon, le bord inférieur est creusé d'une demigouttière qui, en s'uni>saut à la deini-goultière de l'apophyse basilaire, forme la gouttière pélreuse inférieure pour le sinus de ce nom. Plus en avant, sur le sommet du rocher, il offre une rainure obliquement ascendante, où sont reçues les parties latérales très-amincies de l'apophyse basilaire. Ce bord s'articule avec la moitié antérieure du bord inférieur de l'occipital. On trouve quelquefois au niveau de cette suture une ou deux pièces osseuses séparées, enfouies dans du tissu fibreux, véritables petits os wormiens de. la base du crâne.
Le bord inférieur est formé par le bord intérieur de l'apophyse vaginale.
Le bord antérieur se réunit à l'écaillé au niveau de la scissure de Glaser; il en résulte un angle rentrant qui reçoit l'extrémité postérieure des grandes ailes du sphénoïde. A la pointe de l'angle s'ouvre un canal, cancd miisculotubaire, divisé en deux canaux secondaires par une cloison osseuse parfois incomplète. Le supérieur loge le muscle du marteau, l'inférieur est la portion osseuse de la trompe d'Eustache.
La base de la pyramide est confondue avec le reste de l'os.
Le sommet (jui présente l'orifice antérieur du canal carotidien est reçu dans l'angle rentrant formé par le sphénoïde et l'occipital. 11 s'appuie sur une dépression latérale de l'apophyse basilaire. Un noyau osseux, indépendant, se trouve quelquefois dans le tissu fibreux qui unit l'extrémité du rocher à l'occipital. Il a été signalé par Cortese en 1625, d'où le nom qui lui a été donné d'os sésamoïde de Cortese. 11 a, depuis lors, été observé par Riolan, Meckel et Ilyrtl.
D. Conformation intérieure du temporal. La structure de la portion écailleuse se rapproche beaucoup de celle des grandes ailes du sphénoïde : deux aolcs compactes qui sont séparées par une très-petite quantité de diploé. La portion mastoïdienne est plus riche en tissu spongieux; ce qui la caractérise essentiellement, c'est la présence de cavités ou cellules, véritables dépendances de l'oreille moyenne et jouant vis-à-vis d'elle le même rôle que les sinus frontaux et ethmoïdaux vis-à-vis des fosses nasales. Elles ne prennent quelque développement qu'après la puberté. Humphry a vu la lèvre interne de la gouttière digastrique renflée et creusée d'une cavité aérienne qui communiquait avec les cellules mastoïdiennes. La portion pierieuse est d'une dureté tout à fait spéciale à laquelle elle est rcdevalDle de son nom. Pour la description détaillée des cavités auditives et de l'aqueduc de Fallope, nous renvoyons aux articles Oreille et Facial (nerf).
2° Do CRANE CONSIDÉRÉ DAKS SON ENSEMBLE. DESCRIPTION GÉNÉRALE. La divisiOIl
du ciàne en plusieurs os est absolument artificielle; chacun de ceux-ci n'est qu'une pièce transite re d'un ensemble destiné à devenir cohérent par les progrès de l'càge (à l'exclusion du maxillaire inféiieur) : l'os crànio-facial. En cela le crâne ne diffère point des autres segments du squelette : tous sont en effet composes d'un plus ou moins grand nombre de pièces, ce qui n'empêche pas chacun d'eux d'être décrit comme un os unique. Je citerai comme exemple l'os coxal, formé par la fusion des pièces iliaque, pubienne et ischiatique.
Mais, tandis que pour les autres os du squelette ce morcellement ne dure que pendant la période qui précède l'âge adulle, il en est tout autrement pour le «râne; on pourrait dire, à ce point de vue, que l'ossification de la boile crânienne reste en arrière sur l'ossification des autres os.
A vingt-cinq ans, le fémur et l'os iliaque ne forment chacun qu'un seul os où l'on ne peut distinguer qu'avec peine la trace des sutures formées par les divers points d'ossification. A cet âge, au contraire, toutes les sutures crâniennes sont ordinairement ouvertes, et ce n'est guère qu'à soixante ans qu'on les voit plus ou moins complètement s'effacer. Cette différence frappante a-t-elle sa raison d'être dans les usages tout particuliers du squelette de la tête? Ce point ne saurait être douteux, et j'aurai à y revenir plus loin en parlant avec plus de détails du crâne aux différents âges.
Une preuve irréfragable, suivant la remarque de Sœmmerring, que le crâne forme une boîte absolument indivise, c'est que, quand ou laisse un crâne frais tremper durant un laps de temps assez long dans l'acide chlorhydrique faible, qui lui enlève ses sels calciques, on obtient pour résidu une boîte cartilagineuse cohérente de toutes parts et sans traces de division à l'endroit des sutures. L'anatomie comparée démontre également la justesse de cette vue. Chez les animaux, les oiseaux surtout, le crâne se compose, bien avant l'aptitude à procréer, d'une seule pièce n'offrant aucun vestige des sutures qui ont dû exister à l'époque de son accroissement.
Dans l'espèce humidne, la soudure se fait plus ou moins vite, suivant les individus. Elle est plus tardive, en général, chez les hommes intelligents que chez les idiots, et plus dans les races civilisées, que dans les races sauvages. Il est curieux de rapprocher ces données positives des étranges affirmations des auteurs anciens. Suivant Ilippocrate, la soudure précoce est un mauvais symptôme, et les hommes dont la tête est saine ont plus de sutures que les autres. Ceux dont le crâne en est dépourvu sont, dit-il, sujets à des maladies graves, telles que la céphalalgie et l'épilepsie. Cette manière de voir est partagée par Columbus {de Re analomicâ, lib. I, cap. v) , et par la plupart des grands médecins du seizième et du dix-septième siècle , qui combattent à l'envi l'opinion contraire de Celse (lib. Vlll, cap, i. Cf. Pœonis et Pythagorœ e xercitationes anatornicœ et medicœ familiares ; bis L. Basileœ, 1682, ex. 38).
Quoi qu'il en soit, les anciens avaient donné aux sutures et à l'épaisseur du crâne une plus grande attention que les modernes. Hérodote {Thalie, XII) dit que les tètes des Égyptiens sont si duies, qu'à peine peut-on les briser à coups de pierre. Il parle ailleurs [Calliope, XXII) d'un crâne sans sutures, trouvé parmi les cadavres des Perses sur le champ de bataille de Platée. Suivant Aratus et Arrien, les crânes des Éthiopiens en seraient également dépourvus. Ambroise Paré acceptait cette opinion. Riolan {Anthropographia, lib. V, cap. i) la repousse
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comme fausse : « Quod falsum exse docuit Mlhiops nigerrimus... cujus cranium noslris erat consimile. « Cette observation ne détruit point absolument l'opinion ancienne, qui pourrait bien n'exprimer que la tendance plus marquée à l'ossification précoce des sutures chez les Nègres. D'ailleurs cette ossitication des sutures ne s'achève pas dans toutes à la fois, mais successivement et dans un ordre qui n'est pas toujours le même. Ces différences sont commandées par des différences coriélatives dans le développement des régions fondamentales du cerveau. En général, la suture médio-frontale se. soude la pi'emière, puis la médio-par létale. Les autres sutures viennent ensuite, et c'est ici que les variétés sont fréquentes. Dans les races inférieures, telles que les Nègres Mozambiques et les Alfouroux, et dans les individus dégradés de la race blanche, la suture fronto-pariétale se soude d'abord, puis la pariéto-occipitale ; mais dans les hommes blancs normaux le plus souvent l'inverse a lieu, et l'ossification de Voccipito-pnriélale précède celle de la fronlale. C'est Gratiolet qui a établi ce point important. Auparavant déjà Sœramerring avait fait la remarque que (dans notre race) la suture ijui sépare la portion mastoïdienne du temporal de l'occipital est celle que l'on trouve le plus souvent oblitérée, même chez les enfants d'un petit nombre d'années (Sœmmerring, Traité d'ostéologie et de syndesmologie, in Encyclopédie anal., Paris, 1845, t. 11, p. 82).
Envisageant le crâne comme une seule pièce, j'en décrirai successivement la surface intérieure et la surface extérieure, en m'arrêtant sur les points qui n'ont pu être signalés à propos de chaque os en particulier. Je ferai de nombreux emprunts, pour cet exposé, au remarquable résumé anatomique que le professeur Broca a donné dans im mémoire que j'aurai plusieurs fois l'occasion de citer lextuellement {Instructions craniologiqites , in Mémoires de la Soc. d\inthrop. de Paris, S'-' série, t. II, 1" et 2« fiisc, 1875).
Sdrface extérieure ou ExocRAXE. On y considère une région supérieure ou occipito-frontale, deux régions latérales ou temporales, et une région inférieure ou basilaire.
A. Région occipito-frontale, face supérieure ou voûte. Elle est limitée en avBnt par la racine du nez et les arcades orbitaires, en arrière par la protubé ^ lance occipitale externe et la ligne courbe supérieure de l'occipital ; sur les <;ôtés, par la crête ten)poralc du frontal et par la ligne supérieure du pariétal. Elle s'étend sur quatre os, le frontal, les deux pariétaux et l'occipital. On y remarque en avant les deux bosses frontales; en arrière, les deux bosses pariétales, beaucoup plus écartées que les premières. Entre les bosses frontales et les bosses pariétales, la courbe du crâne regarde vers le haut ; au-dessous des bosses frontales, elle regarde en avant et constitue le front proprement dit. Au-dessous des bosses pariétales, elle regarde en arrière et constitue Vocciput.
Les sutures de la voûte du crcàne sont au nombre de trois. 1° La coronale. qui unit l'écaillc du frontal aux pariétaux, est transversale et forme un peu plus d'un demi-cercle. Le point médian se nomme bregma. Le point inférieur aboutit sur les côtés à une petite région compliquée, située à l'extrémité supérieure du ptère ou jiarlie ascendante de la grande aile du sphénoïde. M. Broca a donné le nom de pterion h ce point, sur lequel nous aurons à revenir bientôt. Au-dessus du point où la suture coronale rencontre obliquement la ligne d'insertion du temporal, lieu appelé par le même auteur stéphanion, d'après le nom
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grec de (ff-s'^avi'zïj pa^ô, suture stéplianique de ffTsyâvïj, couronne), les dentelures de la suture sont assez profondes. Au-dessous elles disparaissent, et jusqu'à sa terminaison au plérion la suture est presque linéaire.
2" La suture lambdoïde ou pariéto-occipilale, dont les branches divergentes reproduisent la forme de la lettre grecque A. Dirigée en Las et en dehors, elle s'étend de chaque côté jusqu'à une petite région appelée astérion, où se ren-
Fig. 28. — Face antéiicure du ciànc. — Indication des os et de leurs diverses parties.
0 s (lu crâne. A, écaille du frontal ; B, face latérale de celte éc^iille ; C, lame orbitaire du frontal ; D, angle antérieur du pariétal ; E, écaille du temporal; F, apophyse niastoïde du temporal; G, apophyse slyloïde du temporal; H, face externe ou temporale de la plère du sphénoïde; 1, face orbitaire de la ptère du sphénoïde; J, aile externe de l'apophyse ptérygoïde du sphénoïde; K, face orbitaire (os planum) de l'eihmoïde.
Os de la face. L, Os nasaux ; M, portion nasale ou apophyse montante du maxillaire ; N, portion orbitobuccale du maxillaire; 0, portion alvéolaire du maxillaire; P, face orbitaire du maxillaire; Q, l'os malaire; R, lame orbitaire de l'os malaire; S, l'os un^uis ou lacrvmal ; T, arcade dcniairc.
Détails ostéoloijiqaes : aa'-t-, bosses frontales ; bl>\ bo^ses sourcilicrcs ; e, ajjopliysc orbitaire du frontal ; d, échancrures irochléennes du frontal; c, trou sus-orbitairc (manque souvent) ;/■, arcade sourcilière; g, apophyse orbitaire externe du frontal; lili, crête temporale du frontal, séparant la région du front de la région temporale; i, épine jugale (manque souvent); k, gouttière lacrymale; 1, échancrure Dasale du maxillaire, limitant, avec les os nasaux, l'ouverture des narines antérieures; m, trou sousorbitaire; n, fossette incisive du maxillaire; o, crête canine soulevée par la racine de la dent canine; p, fosse canine du maxillaire; q, crcto sous-molaire du maxillaire; r, échancrure sous-molaire du maxillaire (n'est pas constante); s, dents incisives; t, dent canine; a, dents molaires et prémolaires.
contrent trois sutures à forme d'étoile à trois branches [àar-lip, étoile), savoir : la suture lambdoïde, la suture pariéto-mastoïdienne et la suture mastoïdo-occipitale. 3" La suture sagittale, qui s'étend du brcgma au lambda, traversant ainsi d'avant en arrière tout le sommet de la tête, réunissant les pariétaux ; elle est assez fortement dentelée dans toute sa longueur, sauf en un point que nous avons déjà indiqué à propos du pariétal, Yohélion, entre les deux trous pariétaux.