‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.22Chapitre 36 sur 52 · MORT · texte numérisé non relu

MORT

Circonférence horizontale totale. .

Sa partie antérieure

Sa partie postérieure

Le développement occipital est donc beaucoup plus prononcé chez les Basques et les habitants de la caverne de l'Homme-Mort que chez les Bretons, les Auvergnats et surtout les Parisiens. La circonférence horizontale est, pour les races

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humaines, de 18 à 20 millimètres en moyenne plus grande chez l'homme que chez la femme.

Outre ces courhes, qui se mesurent directement sur le crâne, on doit encore porter, sur les relevés cràniomélriques, les courbes suivantes qui se calculent facilement par addition ou par soustraction : Vinio- frontale, qui s'étend de la racine du nez à l'inion, et s'obtient en additionnant les courbes frontale totale, sagittale et sus-occipitale : elle est égale à 521,46 sur les Parisiens modernes, et à 535,49 sur les crânes de l'Homme-Mort; la cérébelleuse ou sous-occipitale . que l'on obtient en retranchant la courbe sus~occipitale de Voccipitale totale : elle est de 4G,86 pour les Auvergnats; 46,36 pour les Bretons-Gai lots; 47,25 pour les Bas-Bretons ; 47,21 pour les Parisiens, et 46,94 pour l'Homme-Mort ; Voccipito- frontale, obtenue en additionnant V inio- frontale et \c\ sous-occipitale : égale à 382,43 pour l'Homme-Mort; la sous-auriculaire, obtenue en retranchant la sus-auriculaire de la transversale totale , et la postauriculaire, en retranchant, comme nous venons de le voir, la préauriculaire de l'horizontale.

G. Mesures diverses. Ges mesures, au nombre de trois, complètent la mensuration de la boîte crânienne. Ce sont :

1" La ligne naso-basilaire, qui mesure la base du crâne et s'étend de la racine du nez au basion. « Les Allemands, dit Topinard, la considèrent comme la base philosophique du crâne cérébral, comme la corde de la courbe que décrivent les corps des trois vertèbres crâniennes, comme l'axe autour duquel évoluent d'une part le crâne, de l'autre la face. » Nous empruntons à Y Anthropologie le tableau suivant, dressé d'après Welcker, de la longueur absolue de la ligne naso-basilaire :

ô Alfourous (Papous), 2 Birmans 96 millimètres.

13 Malais de Bugi, 2 Lapons, 3 Brésiliens .... 97 —

6 Juifs 98 —

2 Hongrois, 5 Tziganes, 6 Malais de Madura,

2 Hottentots 99 —

50 Allemands, 12 Russes, 5 Cosaques, 5 Tartares,

16 Chinois, 2 Mexicains, 20 Nègres 100 —

3 Écossais (liighlanders), 5 Bliaskirs 101 —

8 Français, 6 Hollandais, 6 Malais de Sumatra. . 102 —

9 Finnois, 7 Malais des Moliiques 103

5 Australiens, 5 anciens Grecs 104 —

11 Esquimaux 106 —

2 Cafres 107 —

Cette ligne, qui est naturellement plus courte chez les brachycépbales que chez les dolichocéphales, a été trouvée par Quatrefages égale à 88 millimètres sur un des Mincopies du Muséum; elle est de 101,6 chez les Frisons, de 99,52 chez les Zélandais (Sasse) et de 97,82 pour les crânes de l'Homme-Mort (Broca).

La ligne naso-basilaire se prend avec le compas d'épaisseur.

2" La longueur du trou occipital, du basion à l'opisthion ; elle est en moyenne de 55 à 56 millimètres.

3° La largeur du trou occipital, qui comprend la distance maxima existant entre ses deux bords latéraux. La comparaison de cette ligne avec la précédente fournit Y indice du trou occipital. Le trou occipital a une largeur moyenne de 29 à 30 millimètres.

Ces deux mesures se prennent avec le compas-glissière.

On obtient la circonférence médiane du crâne en additionnant la ligne nasobasilaire, la longueur du trou occipital et la courbe occipito-frontale ; celle-ci DICT. ENG. XXII. 42

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s'étend de la racine du nez à l'opislliion et se calcule par l'addition des courbes inio-fiontale et cérébelleuse.

8 II. Mensuration de la face. Toutes les mesures de la face se prennent avec la glissière, dont le maniement est plus facile et plus rapide que celui du compas, et qui surtout donne une précision bien plus grande. Voici, d'après les tableaux de Broca, la nomenclature de ces mesures :

1" Largeur bi-orbitaire externe. Elle comprend le plus grand écartement des deux apophyses orbitaires externes, sur leurs bords extérieurs; elle est de 100,50 pour les crânes de l'Horame-Mort, 105 pour celui d'L'guisheim, 108 pour celui de Brùx, 122 pour celui de Neandertlial.

2° Largeur bi-orbitaire interne. Elle comprend le plus grand écartement du bord interne des mêmes apophyses; elle est de 91,12 pour les crânes de l'Homme-Mort.

3° Largeur bi-malaire. Elle s'étend d'un point malaire à l'autre. Pour prendre cette mesure, on applique la pointe du compas sur le sommet du tubercule malaire; mais souvent ce [)oint de repère est diffus et peu apparent ou nul, et alors la mensuration devient incertaine. Il faut alors poser la glissière sur le point où la surface convexe de l'os malaire cesse d'être antérieure pour devenir externe. Cette largeur, du reste, manque de précision, et M. Broca ne l'a conservée dans son tableau que parce qu'elle permet de comparer entre eux les résultats crâniométriques et céphalométriques ; elle correspond , en effet, à la seule mesure qui indique l'écartement des pommettes sur le vivant. Sur les crânes préhistoriques de l'Homme-Mort elle est égale à 103,21.

4" Largeur bi-jugale. Cette ligne, qui mesure beaucoup plus exactement l'écartement des os malaires, va d'un point jugal à l'autre. On sait que le point jugal est le point où le bord postérieur de la p^ivlie jugale externe de l'os malaire s'infléchit en bas et en arrière pour se continuer avec le bord supérieur de l'arcade zygomatique : égale à 108,64 pour l'Homme-Mort.

5" Largeur bi-zggomatiqiie. C'est le plus grand écartement des deux arcades zygomatiques, mesuré sur leur face externe; on prend très-exactement cette mesure en appliquant sur les côtés des arcades les deux branches dorsales de la glissière. Cette mesure, comparée avec la hauteur de la face ou ligne ophryoalveolaire, fournit Vindice facial. Elle est de 129,42 pour les Parisiens; 127,43 pour les Bas-Bretons; 130,06 pour les Bretons-Gallots ; 130,67 pour les Auvergnats (Broca) ; 132,3 pour les Zélandais; 134,32 pour les Frisons (Sasse) ; 139 pour les Américains; 141 pour les Groënlandais ; 130 pour les Tasmaniens (Davis); 124,71 pour l'Homme-Mort (Broca).

6» Hauteur totale de la face. Elle s'étend de l'ophryon au point alvéolaire et elle contient trois mesures distinctes qui partant du bord alvéolaire aboutissent à l'épine nasale, à la racine du nez et au point sus-nasal. La hauteur ophryo-alvéolaire est de 84,36 pour l'Homme-Mort; 85,33 pour les Parisiens modernes; 85,98 pour les Bas-Bretons; 88,81 pour les Auvergnats et 89,13 pour les Bretons-Gallots.

7» Hauteur spino-alvéolaire. De l'épine nasale au point alvéolaire, le compas doit être appliqué à la base même de l'épine nasale; si cette base, ce qui arrive quelquefois, remontait au-dessus du bord inférieur de l'échancrure nasale du maxillaire, il faudrait avoir le soin de marquer sur son côté le niveau de ce bord inférieur, et d'appliquer sur ce point précis la pointe de la glissière. Cette hauteur est de 17,86 pour les crânes de l'Homme-Mort.

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8° Hauteur de la pommette. Elle va du bord inféneur de la pammette, sur la crêle sous-malaire, au bord inférieur de l'orbite, et elle mesure 21,14 chez les crânes de l'Homme-Mort.

9° Largeur de l'orbite. Cette largeur maxima s'étend, en suivant une ligne un peu oblique en bas et en deliors, du dacryon au bord externe de l'orbite.

10° Hauteur de l orbite. Cette iiauteur, également maxima, suit une ligne perpendiculaire à la précédente, du bord supérieur au bord inférieur de l'orbite. Ces deux mesures doivent être prises avec la plus grande précision à un demimillième près, comme toute ligne courte servant à déterminer un indice crâniométrique. Une simple erreur d'un seul millimètre sur l'un des diamètres de l'orbite de plus de deux unités. Le dacryon est le point de repère fondamental de lii mensuration de l'orbite, et il faut éviter avec le plus grand soin de faire tomber dans la gouttière lacrymale la pointe de la glissière.

La largeur de l'orbite varie cbez l'homme adulte de 33 à 47 millimètres, et chez la femme de 32,5 à 43. Broca a trouvé les maxima de largeur sur un Guanche de Ténériffe, 47 ; un Néo-Galédonien, 46 ; un Australien et un Esquimau, 45 ; le vieillard de Gro-Magnon et l'homme fossile de Forbe, près Gibraltar, 44; les minima de largeur chez une Parisienne du douzième siècle, 52,5; deux anciennes Egyptiennes, une Basque de Saint-Jean-de-Luz ; une femme Aymara du Pérou, une Etrurienne moderne, un Siamois et une Siamoise, 53.

Les maxima de hauteur ont été : un Peau-Rouge du Visconsin, 42; un Indien de la Bolivie, 41 ; une femme arabe, 40,5; un Indien du nor d- ouest, 39,5 ; et les minima de hauteur : un ïasmanien, 25; un Mérovingien, une femme de Baye et le vieillard de Cro-Magnon, 26; un Mérovingien et une Mérovingienne, un homme et une femme de Baye, une Égyptienne, un homme de la caverne de l'Homme-Mort, 27.

En ce qui concerne les variations ethniques, la largeur moyenne de l'orbite descend au-dessous de 37 millimètres pour dépasser 42 millimètres : les plus faibles moyennes sont celles des Chinois, 36,74, et des anciens Égyptiens, 36,97 ; les plus fortes, celles des Guanches, 42,20; des Cafres, 41,31, et des Esquimaux, 40,46. La hauteur moyenne de l'orbite n'est que de 50,75 pour les grottes de Baye, 31,07 pour la caverne de rHomme-Mort, et 31,44 pour les Tasmaniens; elle s'élève à 36,19 chez les Esquimaux; 54,45 chez les Chinois, et 54,40 chez les Polynésiens. Nous transcrivons encore ({uelques chiffres donnant la largeur et la hauteur moyennes de l'orbite mesurée sur d'autres séries : Bretons-Gallots, 37,06 et 33,34; Bas-Bretons, 37,61 et 32,82; Homme-Mort, 37,93 et 31,07; Auvergnats, 38,56 et 55,15; Parisiens, 58,97 et 55,69 (Broca) ; Néo-Calédoniens, 59,9 et 55,2; Lapons, 40 et 52,6 (Bertillon); Zélandais, 59,5 et 54,5 ; Frisons, 40,47 et 55,18 (Sasse). L'orbite des microcéphales adultes présente la même conformation que celle de très-jeunes enfants ; par suite de l'influence de l'arrêt de développement sa largeur et sa hauteur moyennes sont, pour les microcéphales du musée d'Anthropologie, égales à 55,28 et 51,14.

11° Largeur interorbitaire. Elle va d'un dacryon à l'autre ; Sasse l'a trouvée égale à 22,06 chez les Frisons et 25,5 chez les Zélandais; Quatrefages égale à 24,5 chez un Australien, à 27 chez un Papoua, à 54,5 et à 27 chez deux Mincopies (Muséum).

On peut également mesurer la profondeur orbitaire. La profondeur deg orbites se prend à l'aide d'une simple aiguille à tricoter que l'on enfonce dans

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leur cavité jusqu'à ce que son extrémité inférieure vienne heurter la crête osseuse séparant le trou du nerf optique de la fente spliénoïdale. On maintient alors l'oni^le du pouce fixé sur l'aiguille au point précis où celle-ci affleure le bord supérieur de l'orbite, puis on mesure la longueur obtenue en le rapportant sur un mètre ou, plus simplement, sur la tige graduée de la glissière. Cette profondeur est de 50 millimètres chez les Lapons, 53,4 chez les Néo-Calédoniens, 51,23 chez les crânes de l'Homme-Mort. Hovelacque l'a trouvée égale à 47,43 chez les Tsiganes. 11 n'a pas encore été publié, croyons-nous, d'observations comparées sur les résultats obtenus par cette mensuration.

12" Ligne NS, ou naso-spinale. Cette ligne part du nasion, ou racine du nez, pour aboutir à la base de l'épine nasale que l'on déterminera aisément en suivant les prescriptions indiquées pour la mensuration de la hauteur spinoalvéolaire.

15" Ligne nn, ou largeur maxima des narines. Le rapport de cette ligne et de la précédente, qui portent la dénomination commune de lignes nasales, fournit Vindice nasal, le plus caractéristique des indices. Ces deux lignes doivent donc, comme les deux lignes orbitaires, être mesurées avec la plus grande précision à un demi-millimètre près.

La ligne nn a une longueur moyenne d'environ 25 millimètres, la ligne NS de 50; les limites extrêmes de la première sont 18 et 51 millimètres, celles de la seconde, 56 et 62. Chez la femme, les lignes NS et nn sont en moyenne do 2'"™, 48 et de l'"'",16 plus courtes que chez l'homme; mais néanmoins la longueur absolue des lignes nasales ne saurait établir entre les sexes de base distinctive. Nous extrayons des tableaux de Broca la longueur de ces deux lignes mesurées sur diverses séries ethniques : Cafrcs, 27,05 et 49,19 ; Tasmaniens, 27,25 et 47,88; Madagascar, 26,66 et 48,96; Ilottentots et Boschimans, 26,09 et 44,69; Australiens, 25,25 et. 47.29; Néo-Calédoniens, 25,52 et 46,66; Teaux-Rouges, 26,18 et 52,82; Javanais, 25,90 et 50,31; Chinois, 25,70 et 52,96; Finnois, 25,80 et 51,80; Lapons, 25,95 et 47,63; Esquimaux, 23,07 et 54,50; Syriens, 24,20 et 52,76; Égyptiens modernes, 23,83 et 50,54; Basques français, 23,15 et 49,46 ; Basques espagnols, 22,25 et 49,76; Guanches, 22,97 et 51,91; Auvergnats, 23,06 et 49,20; Bretons-Gallots, 25,10 et 50,68; Eas-Bretons, 24,07 et 51,36; Parisiens modernes, 23,53 et 50,26; Homme- Mort, 22,36 et 49,18; Eyzies (mammouth), 23 et 50; Pierre polie, 22,90 et 48,79; Orrony (bronze), 22,68 et 48,36; Gaulois du fer, 22,94 et 50,23 ; Gallo-Romains, 23,66 et 50,62.

14" Longueur du nez, ou longueur du bord externe de l'os nasal, égale à 23""°,47 sur les crânes de l'Horame-Mort.

15" Largeur du nez, ou distance maxima des bords externes des os nasaux; elle est pour l' Homme-Mort égale à 16'""', 78.

16" Hauteur de V apophyse mastoïde. Cette hauteur, qui comprend la distance verticale de la base de l'apophyse à son sommet, ne peut être déterminée rigoureusement qu'avec une grande habitude , mais il suffira de la prendre approximativement, en suivant les recommandations prescrites par M. Broca.

17" Distance auriculo-orbitaire. Elle s'étend du bord antérieur du conduit auditif au bord externe de l'ouverture orbitaire. Cette mesure est fort importante; c'est la seule qui détermine l'étendue latérale antéro-postérieure de la face, et elle doit être prise avec la plus grande précision. On la prendra préférablement toujours à gauche, afin d'obtenir des résultats comparables. M. Broca, en effet,

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a remarqué que les deux côtés de la face sont asymétriques trois fois au moins sur quatre, et que, dans cette différence, parfois considérable, le côté gauche l'emporte le plus souvent sur le côté droit. Ainsi, pour les crânes de l'Homme- Mort, par exemple, cette distance est à droite de 64,82, et à gauche de 64,21.

iS" Longueur de la voûte palatine. Elle se prend en appliquant une pointe de la glissière sur le point médian du bord de la voûte, nommé épine palatine, et l'autre pointe sur la lèvre postérieure du bord'alvéolaire, derrière les incisives médianes.

19" Largeur de la voûte -palatine. Cette largeur maxima se mesure en plaçant la glissière sur la face interne do l'arcade alvéolaire et non sur le bord des ouvertures des alvéoles. Lorsque la mensuration est rendue incertaine par suite d'édentation et de cicatrisation, il est préférable de n'y point procéder. Le maximum tombe ordinairement au niveau des dents de sagesse. On regarde comme un caractère d'infériorité un maximum placé plus en avant.

20° Distance de l'épine palatine au hasion. Cette dernière mesure se prend avec la plus grande facilité.

§ m. Menscration de la mandibule. Les mesures à prendre sur le maxillaire inférieur, plus simplement désigné sous le nom de mandibule, sont les suivantes, d'api'ès Broca :

1» La ligne bi-condy tienne, qui s'étend de l'extrémité externe d'un condyle à l'autre.

2" La ligne bi-goniaque, d'un gonion à l'autre. Le gonion est le principal point de repère de la mensuration mandibulaire; on se rappelle qu'il est le sommet de l'angle de la màclioire. Lorsque le bord inférieur du corps de la mandibule et le bord postérieur de la branche décrivent en se réunissant une courbe arrondie, la position du gonion peut être déterminée. Il suffit alors, pour reconnaître le point précis oîi s'effectue le redressement du bord de l'os, de se servir du goniomètre mandibulaire dont il va être question plus bas, ou plus simplement d'appliquer sur les deux bords inférieur et postérieur les branches d'un compas retourné. Le gonion sera le point de la sui'face de l'os le plus rapproché de la charnière.

3' La ligne mentonnière d'un trou mentonnier à l'autre.

¥ La hauteur symphysienne du point symphysien au point médian de l'arcade alvéolaire. Le point symphysien est le point médian du bord inférieur de la mandibule : il est donc situé sur l'extrémité inférieure de la ligne symphysienne. C'est, après le gonion, le point de repère le plus important de la mensuration de la mandibule. On se rappelle que la ligne symphysienne est une ligne médiane, menée sur la face convexe de la mandibule, du milieu du bord alvéolaire au milieu du bord basilaire. La hauteur sympiiysienne doit se mesurer suivant la ligne symphysienne, c'est-à-dire tantôt obliquement en avant, tantôt verticalement, tantôt obliquement en arrière, ainsi que cela a lieu sur quelques mâchoires préhistoriques et sporadiquement sur quelques mâchoires modernes qui, sous ce rapport, se rapprochent des anthropoïdes.

5° La hauteur molaire. C'est la hauteur du corps de la mandibule, mesurée immédiatement en avant du bord antérieur de la branche.

6" La longueur de la branche qui va du gonion au bord supérieur du condyle.

7° La largeur de la branche. C'est la distance minima du bord antérieur

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au bord postérieur de la brauclie, mesurée en suivant une direction perpendiculaire à celle du bord postérieur.

8" La co7-de cjonio-sijmphy sienne, ou distance en ligne droite du gonion au point symphysien.

9" La corde condijlo-corono'idienne, qui s'étend de l'extrémité externe du condyle au sommet de l'apophyse corouoide. Toutes les mesures qui précèdent doivent être prises à la glissière.

10° La courbe bi-goniaque, qui s'étend d'un gonion à l'autre en passant par la saillie du menton. Cette courbe ne suit donc pas exactement le bord inférieur de l'os ; elle se prend avec le ruban métrique.

H" L'angle mandibulaire, qui mesure l'inclinaison du boi'd postérieur de la bouche sur le bord inférieur du corps.

12° L'angle symphysien, qui mesure l'inclinaison de la ligne symphysienne sur le plan du bord inférieur du corps. Ces deux angles sont déterminés à l'aide du goniomètre mandibulaire.

La fig. 2, qui montre le maxillaire inférieur en position pour la mesure de l'angle mandibulaire, donne une idée suffisante du goniomètre imaginé par

Fis

M. Broca, et qui se compose simplement d'un arc gradué et de deux plansarticulés.

On détermine l'angle symphysien en appliquant le menton contre la planchette relevée jusqu'à ce qu'elle vienne s'appuyer sur le bord supérieur de l'arcade alvéolaire. Si la planchette ne pouvait atteindre ce bord par suite de l'inclinaison en avant des dents incisives, il suffirait d'interposer entre la mandibule et la planchette la petite lame de bois L, et de mesurer l'angle correspondant égal à l'angle symphysien lui-même.

La partie verticale MN du goniomètre mandibulaire et les graduations marquées sur la planche servent à mesurer, sur les mâchoires incomplètes, la moitié des lignes transversales privées de l'un de leurs points de repère et à déterminer la projection mandibulaire, ou distance de la face antérieure du menton à un plan vertical qui serait tangent à la face postérieure des deux condyles. Cette dernière mesure, du reste, peut être négligée, et M. Broca ne l'a pas portée sur son tableau des mensurations; il en est de même de la distance du trou

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mentonnier au bord inférieur de l'os, de la distance des sommets des deux apophyses coronoïdes, de Ïa7igle hasdaire de la mâchoire, ou sommet antérieur d'un triangle compris entre le point symphysien et les deux gonions, etc.

L'angle mandibulaire varie suivant les races et suivant l'âge. D'après les recherches de Humphry, cet angle est de 170 à 160 degrés à la naissance, de 150 à 130 à l'époque de la première dentition, de 115 degrés vers la seconde dentition; pendant l'âge adulte, il se rapproche encore plus de l'angle droit, pour revenir à 150 et 140 degrés dans la vieillesse (cité par Topinard, Anthropologie, p. 145). En outre, les deux trous mentonniers qui, chez l'adulte, sont situés à peu près à égale dislance des deux bords de l'os, se rapprochent de plus en plus, chez le vieillard, du bord supérieur, ainsi que l'a fait observer M. Broca dans son remarquable mémoire sur les ossements des Céleslins [Mém. d'anthropologie, t. I").

§ IV. Projections et angles. Outre les différentes mesures dont il vient d'être [question, il existe encore d'autres mesures d'ensemble communes à la face et au crâne : ce sont les projections et les angles. La plupart d'entre elles ne rentrent pas dans la crâniométrie élémentaire, et seront étudiées spécialement avec la crâniographie. Celles dont nous allons nous occuper ici se rapportent aux projections, à Vangle facial et à Vangle occipital de Daubenton.

1" Projections antérieure et postérieure. Lorsque le crâne est posé sur une table, si l'on abaisse sur ce plan deux perpendiculaires tangentes l'une au point alvéolaire, l'autre au point le plus proéminent de la région occipitale, la ligne comprise entre le pied de ces deux perpendiculaires constitue la projection totale de la face ; et cette ligne, divisée en deux par une troisième perpendiculaire abaissée du basion, représente la projection antérieure et la projection postérieure, que l'on mesure avec la plus grande rapidité à l'aide de la planche a projection.

Cette planche consiste en une simple tablette en bois sur laquelle est tracée une ligne droite de 50 centimètres environ de longueur. Au milieu de l'axe, qu'elle divise en deux parties, l'une antérieure, l'autre postérieure, se trouve plantée perpendiculairement une fiche en fer de 4 à 5 centimètres. Le zéro de l'axe est marqué au pied du bord antérieur de la fiche et deux graduations inverses divisent en millimètres les deux moitiés de cette ligne droite.

Le crâne est posé sur la planche de façon que, la fiche étant introduite dans le trou occipital et la face regardant la partie antérieure de l'axe, le basion se trouve placé exactement au-dessus du zéro des deux échelles, et soit maintenu en place par le bord antérieur de la fiche. Il suffit alors, pour lire les deux projections, d'abaisser successivement sur les parties antérieure et postérieure de l'axe, et à l'aide d'une mince équerre, deux perpendiculaires, l'une du point alvéolaire, l'autre du point le plus reculé de l'occipital.

Ces projections, dites projections ordinaires, sont loin d'être parfaitement correctes, car l'assiette du crâne sur la table change suivant les variations subies par les apopiiyses mastoïdes, les condyles occipitaux, les bosses cérébelleuses, les dents, etc. Elles n'acquièrent d'importance que par la rapidité et la facilité avec lesquelles on peut les prendre, mais elles n'ont pas l'exactitude rigoureuse des projections crâniographiques qui tombent sur un plan horizontal parfaitement déterminé ; ces dernières projections seront étudiées avec la crâniographie.

2" Angle facial. Le crâne proprement dit et la face ont généralement un

développeiiieul en sens inverse ; chez les singes, par exemple, leur situation et leur volume respectifs occupent une place intermédiaire entre ceux de l'homme et ceux des autres mammifères. Cette relation peut être appréciée à l'aide des angles faciaux, formés par une ligiie faciale et par une ligne aiiriciilo- faciale, dont l'intersection mesure le degré d'ohliquité de la face.

L'angle facial de Camper est le plus anciennement connu : La ligne faciale s'étend du point le plus saillant de la glahelle au hord inférieur des incisives médianes, et la ligne auriculo-faciale, du conduit auditif à l'épine nasale; mais cette dernière ligne ne coupant la première que par son prolongement en avant de l'épine nasale, le sommet de l'angle de Camper se trouve situé virtuellement en dehors du squelette, et il ne peut que très-difficilement être mesuré directement sur le crâne.

Les cràniologistes, afin de pouvoir fixer le centre du cadran d'un goniomètre sur le sommet de l'angle facial, ont dû choisir un point anatomique qui a été successivement le bord inférieur des incisives, le point alvéolaire et l'épine nasale. Le premier procédé a été proposé par Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire, le second par Jules Cloquet, et le troisième par Jacquart.

Ces quatre angles faciaux ont une valeur bien différente et ils varient avec la saillie de l'épine nasale, la proéminence de la glabelle, la hauteur du trou audi-. tif, le prognathisme et le développement antérieur du cerveau. Celui qui est le moins influencé par ces diverses variations est l'angle facial de Cloquet, aussi M. Topinard propose-til de l'adopter en le modifiant légèrement et en faisant partir l'extrémité supérieure de la ligne faciale du poi7it sus-orhitaire. 11 a donné à cet angle le nom d'angle facial zoologique {Rev. d'anthrop., t. Il, et Antliropologie, p. 44). 11 est nécessaire, en effet, pour connaître la direction de la face, de placer la ligne faciale à la limite antérieure du cerveau, et le point précis où la face commence à se féparer du crâne est Vophryon ou point siisorbitaire.

De son côté, Broca, dans ses Instructions crâniologiques, donne pour points de repère de l'angle facial Vophryon, la base de l'épine nasale, et le centre auriculaire, point médian de Vaxe bi-auriculaire. Le centre auriculaire est facilement déterminé par les goniomètres. Il désigne cet angle sous le nom d'angle facial ophryo-spinal.

L'angle facial zoologique de Topinard et l'angle facial ophryo-spinal de Broca diffèrent donc entre eux par leurs sommets qui aboutissent, pour le premier au bord alvéolaire et pour le second à la base de l'épine nasale; mais l'un et l'autre ont l'avantage de reposer sur des points anatomiques parfaitement déterminés et de ne point subir les influences variables mentionnées plus haut. Cependant l'angle de Topinard semble à première vue plus rationnel, puisqu'il aboutit à l'extrémité môme de a face et qu'il donne la possibilité de mesurer son développement total ; m-i's les angles dont le sommet est placé sur l'épine nasale sont les plus usités depuis que Marton et Jacquart ont fait construire les goniomètres qui portent leur nom.

Voici quelques exemples de la répartition de l'angle facial zoologique, extraits de l'ouvrage de M. Topinard. Cet angle s'élève chez l'homme blanc à un maximum de 57,20 et chez le Namaquois à un minimum de 56,0; chez le chimpanzé et chez l'orang, à leur première dentition, il est de 51,5 et de 50,5; mais chez les mâles adultes de ces anthropoïdes il descend pour le premier à 58,6 (maximum 42), et pour le second à 28,5. Les gorilles mâles mesurent un

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angle de 52,2; les pilliécieus, de 36,5; les macaques, de 57,4; les cpocéphales, de 52,2; les cébiens, de 51,7; les lémuriens, de 26,5; celui du blaireau égale 52,0; de l'ours, 50,5; de l'éléphant, 50,2; du phoque, 28,0; du cheval, 24,0; du chien, 24,5; du renard, 22,5; du lion, 22,5; du mouton, 21,5; du kangourou, 20,4; du sanglier, 10,0. Ces chiffres, néanmoins, ne peuvent être regardés comme définitifs, car ils ne portent pas sur des séries et ils ne représentent, la plupart du temps, que les résultats de mensurations individuelles. Ainsi la mensuration de l'angle facial zoologique, opérée par M. ïopinard sur deux chimpanzés mâles, lui a donné une moyenne de 58,6, bien que sur l'un d'eux cet angle ait atteint 42 degrés. Avec une série suffisante la moyenne ne serait plus la même, il est probable que l'écart individuel maximum deviendrait plus élevé, et rapprocherait un peu la limite extrême existant entre l'angle le plus bas chez l'homme adulte, 56 degrés, et le plus haut chez l'anthropoïde adulte, 42 degrés.

Les angles faciaux n'ont idus, en crâniologie, l'importance qui leur avait été donnée il y a une vingtaine d'années, car ils expriment plutôt le développement absolu de la face que le rapport du volume de celle-ci au volume du crâne. L'angle facial zoologique adopté par M. Topinard semble, il est vrai, fournir une caracléristiquc qui détache l'homme des autres mammifères, et trace entre eux une ligue de démarcation qui n'existe plus entre les anthropoïdes et les autres singes; mais cet hiatus est considérablement atténué, si l'on mesure l'angle facial ophryo-spinal de M. Broca, et l'on s'aperçoit alors que, même pour les races humaines, l'angle facial moyen le plus ouvert et l'angle facial moyen le plus aigu ne varient entre eux que d'une différence de moins de 3 degrés : 77,67 chez les blancs, 74,86 chez les nègres d'Océanie. On ne saurait donc édifier une doctrine sur des différences aussi minimes.

C'est à tort, selon M. Broca, que l'on a voulu substituer l'angle facial minimum ou alvéolaire, dont le sommet est sur le bord inférieur de l'arcade alvéolaire, à Vangle de Camper ou angle facial maximum, dont le somment est au point sous-nasal ; le premier y est défectueux, puisqu'il donne la direction de la ligne faciale, non par rapport à l'horizon, mais relativement à un plan oblique dont l'obliquité est indéterminée. En outre cette innovation a donné lieu à de nombreuses confusions. Nous renvoyons, pour toute cette partie, à l'article .\ngles céphaliques de M. le docteur Bertillon.

Les angles faciaux se mesurent à l'aide des goniomètres dont les différents modèles se rapportent à deux types principaux, suivant que leur cadran se trouve placé dans le plan médian ou sur un plan latéral parallèle au plan médian. Parmi les goniomètres latéraux, qui ne diffèrent entre eux que par quelques détails de construction, ceux de Morton et de Jacquart sont lourds et coûteux ; celui de Broca (fig. 3) est beaucoup plus simple, plus léger et d'un prix bien moins élevé. La figui'e ci-jointe en donnera une idée suffisante; on trouvera sa description détaillée dans les Mém. de laSoc. d'anthrop., t. Il, p. 96. Ces goniomètres Sont d'une application lente et compliquée, mais leur principal défaut réside en ce qu'il n'est que rarement possible de placer la tige transversale sur la base de l'épine nasale : selon le plus ou moins de longueur, le plus ou moins d'épaisseur de cette épine, l'angle facial peut-être influencé de 2, 5 et 4 degi'és.

Ces inconvénients n'ont pas lieu avec le goniomètre facial médian dû également à M. Broca, qui en a donné une description détaillée dans les Bulletins de la Société d'anthropologie de 1874, t. IX, p. 336-584. Cet instrument permet de

CRANIOLOGIE.

mesurer non-seulement l'angle facial ophryo-spinal, mais aussi tout autre angle facial, même celui de Camper. Un antre avantage du goniomètre médian, c'est qu'il est le seul qui donne la possibilité de mesurer l'angle facial sur les crânes privés d'un os temporal.

Il se compose de deux pièces séparées, la hase et l'indicateur.

Fig. 3.

La base (fig. 4) détermine le plan auriculo-facial et supporte le cadran. Elle est formée par un mince ressort d'acier flexible OAO, dont le bord supérieur détermine le plan, auriculo-facial OA, à l'aide des deux tourillons auricu-

Fis. i.

laires mobiles 00. La branche métallique AD, qui supporte le cadran CD, a été inclinée au-dessous du plan horizontal, afin que le goniomètre puisse être appliqué sur le vivant avec autant de facilité que sur le crâne; mais l'aiguille de l'in-

CRANIOLOGIE. «G7

dicateur a la même Inclinaison, ce qui rétaWit la précision de l'instrument. La pointe mobile ?p s'applique sur la base de l'épine nasale.

L'indicateur détermine la ligne faciale et marque sur le cadran CD les degrés de l'angle facial. 11 se compose d'une tige MN, dont l'extrémité inférieure supporte l'aiguille oblique lA. Le curseur KB, perpendiculaire à la tige MN et dont la longueur est égale à la distance AU, est muni d'une petite rallonge mobile B6, que l'on rend égale à la saillie de la pointe p, de la figure précédente. La ligne fictive BA représente la ligne faciale.

L'application du goniomètre facial médian est aussi rapide que facile, ainsi que le montre la fig. 3, qui représente cet instrument en position sur le crâne.

Z" Angle occipital de Daubenton. Cet angle, le plus anciennement connu de tous les angles crâniométriques, est destiné à mesurer l'inclinaison du plan du trou occipital, c'est-à-dire à apprécier la direction du crâne relativement à la partie supérieure de la colonne vertébrale: il est donc en rapport avec l'attitude de l'animal. Le plan du trou occipital compris entre l'opislbion 0 et le basion B est représenté par la ligne YY' (fig. 5). L'angle qu'il forme avec un autre plan passant par l'opisthion 0, et le bord inférieur des orbites 1), détermine la direction du crâne; cette ligne OD ou XX' est la ligne fixe de Daubenton, et l'angle XOY, dont le sommet est sur l'opislbion, est l'angle occipital de Daubenton.

L'angle occipital, minimum chez les bipèdes, maximum chez les quadrupèdes, intermédiaire chez les singes, était considéré par Daubenton comme à peu près nul (3 degrés) chez l'homme, tandis que chez les singes il mesurait 37 degrés au moins , et il le regardait comme établissant une ligne de démarcation infranchissable entre l'homme et les anthropoïdes. L'invention du goniomètre occipital de Broca, qui a permis de mesurer cet angle avec autant de précision que de rapidité, a montre qu'il ne constituait pas un caractère humain absolu ; que, tantôt positif, tantôt négatif, il présentait, dans les cas individuels, des oscillations s'étendant de -+- 19 degrés à — 16 degrés, et que chez les anthropoïdes adultes il pouvait mesurer + 18 et même H- 16 degrés, et descendre par conséquent au-dessous du maximum observé chez l'homme. Néanmoins, si l'on considère les moyennes, il reste entre le minimum observé chez les singes adultes (chimpanzés + 26", 25) et le maximum observé chez les hommes (nègres de l'Afrique orientale -t- Q'','5i) un écart de près de 17 degrés.

L'angle occipital de Daubenton a donc en partie perdu l'importance zoologique qu'on lui avait attribuée jusqu'alors; mais, ainsi que le fait remarquer M. Broca, « il a acquis une grande importance anthropologique, car il établit entre les races humaines des différences très-prononcées ; il est au minimum dans les races d'Europe, où il donne des moyennes comprises entre 0 degré et — 1'',52, et au maximum chez les nègres d'Afrique, où il donne des moyennes comprises entre -h 8 degrés et -+- 9**, 34'. Il constitue donc un caractère anthropologique d'une très-grande valeur, et dont la détermination est certainement plus utile que celle de l'angle facial » (Broca, Instructions crâniologiques, p. 90).

Le goniomètre occipital (fig. 5) se compose d'un arc «0, articulé eO sur le centre d'un cadran ; une fiche exploratrice mobile bb', glissant dans le tube a, a son axe sur le prolongement de celui d'une aiguille Od, supportée par l'arc aO : la ligne XX' peut donc être appelée Vaxe du goniomètre. Le point 0, centre du cadran, étant posé sur l'opisthion et le bord supérieur du cadran reposant sur

CRANIOLOGIE.

lebasion B, la ligne YY' représente la direction du plan du trou occipital. Pour obtenir la ligne fixe de Daubenton XX', il suffit de faire glisser la fiche bb' jusqu'à son affleurement en D, où est marqué le niveau de la ligne sous-orbitaire, et l'on a ainsi l'angle de Daubenton XOY, égal, comme opposé au sommet, à l'angle X'OY' dont on lit la valeur sur le cadran.

Fiff. 5.

Ce goniomètre à arc s'applique sur les crânes entiers; pour faciliter la description, il a été représenté ici appliqué sur un crtàne de nègre scié longitudinalement. Sur ce crâne, l'angle de Daubenton est positif; mais à mesure que le plan du trou occipital se relève, l'angle décroît de plus en plus, et il peut devenir négatif, c'est-à-dire que la ligne OY peut être plus élevée que la ligne OX. Ce fait, qui se produit très-souvent sur les crânes européens, avait complètement échappé à Daubenton, qui ne pouvait apprécier les variations subies par son angle qu'au moyen de procédés graphiques incertains et incorrects. Lorsque l'angle est négatif, il suffit, pour l'obtenir, de lire, sur le cadran, le degré marqué par le bord convexe de la courbure de l'arc, et d'en retrancher le chiffre 100. Le goniomètre occipital est, en effet, combiné de telle sorte que l'aiguille Od et le bord convexe de l'arc marquent simultanément 0 et 100 degrés.

Le goniomètre à arc nécessite, pour être établi avec toute la précision nécessaire, l'intervention d'un constructeur habile, et, malgré son prix assez modéré, il ne peut être entre les mains de tous les anthropologistes. M. Broca a imaginé un instrument que chacun peut, à la rigueur, fabriquer soi-même avec facilité, et qui remplace approximativement le goniomètre dans les recherches de laboratoire : c'est le niveau occipital.

Le niveau occipital, ou crochet occipital, consiste en une tige plane AC se recourbant sous forme d'arc CD, assez grand pour pouvoir contourner la face de bas en haut, et qui est terminée par une sorte de bec aplati D, situé exactement sur le prolongement de la tige ÂC. Ou comprend que, la lige AG étant appliquée

CRANIOLOGIE. 669

sur l'axe du trou occipital, le bec D marquera sur la ligne médiane de la face le point où le plan de ce trou coupe le profil du crâne. Plus l'angle est grand, plus bas descend le bec du niveau, qui parfois affleure au-dessous du bord alvéolaire ; par contre, il peut remonter, avec un angle négatif, jusque sur la glabelle ; mais alors existe toujours dans la région du trou occipital la déformation plastique de Barnard Davis.

M. Broca a désigné par les six lettres A, E, I, 0, U, N, les régions naturelles de la face sur lesquelles peut tomber le bec du niveau occipital, et il a indiqué, afin que l'angle de Daubenton puisse être apprécié approximativement, le nombre de degrés correspondant à chacune de ces lettres :

A la lettre A, initiale du mot alvéole, correspond un angle de + 15 à -H 17 degrés ;

A la lettre E, initiale du mot épine nasale, un angle de -f- 7 à + H degrés ;

A la lettre I, représentant le cornet inférieur, ou point intermédiaire, un angle de + 2 à + 5 degrés ;

A la lettre 0, initiale du mot orbite, un angle égal à 0 degré ;

A la lettre U, initiale du mot unguis, un angle de — 5 à — 7 degrés ;

A la lettre N, qui en cràniologie désigne la racine du nez, un angle de — 11 à — 15 degrés.

Pour éviter la double notation qu'entraîne la mensuration de l'angle de Daubenton, suivant qu'il est positif ou négatif, M. Broca propose de faire passer le plan fixe par la racine du nez, au-dessus de laquelle le niveau occipital ne remonte jamais pour les crânes normaux. En outre, ce point N est naturellement marqué sur le profil du crâne, et sous le rapport anatomique il existe entre lui et le trou occipital une solidarité qui n'existe pas entre le trou occipital et les cavités orbitaires, celles-ci appartenant à la face, celui-là au crâne. Ainsi que le fait remarquer M. Broca, pour (jue l'étude de la direction du plan occipital repose sur une base anatomique, il faut déterminer la position du plan lixe non sur la face, mais sur le crâne, et la suture fronto-nasale est le point le plus ratiorinel par lequel doit passer la ligne fixe de l'angle occipital. On obtient ainsi l'angle NÛY, qu'il a désigné sous le nom de second angle occipital. Cet angle, bien plus correct que l'angle de Daubenton, a l'avantage d"être toujours positif, à l'exception de quelques crânes pathologiques très-exceptionnels, et surtout de pouvoir être mesuré sur les nombreux crânes privés de leur région faciale. Le second angle occipital est, en général, supérieur de 1 1 à 12 degrés à l'angle de Daubenton; les résultats qu'ils fournissent l'un et l'autre ne sont pas toujours identiques, et il y a intérêt à les comparer.

Les deux angles que nous venons d'étudier ont leur sommet sur l'opisthion , mais le basion possède, au point de vue anatomique, une importance bien supérieure à celle de l'opisthion, puisqu'il est situé au niveau de l'articulation même de la tête. En prenant le basion comme sommet, on obtient un troisième angle occipital, Y angle hasïlaire, NBY, que M. Broca regarde comme le plus important de tous. Il détermine également la direction du trou occipital, et il est indépendant des variations assez étendues existant dans la longueur de ce trou. Il est, en moyenne, de 5 degrés plus grand que le second angle occipital. Ces trois angles, du reste, peuvent être pris en quelques secondes avec le même instrument, et, comme ils se complètent l'un l'autre, il est utile de les compai'er entre eux, surtout lorsqu'il s'agit d'étudier non des moyennes, mais des variations individuelles.

670 CRANIOLOGIE.

En général, et ù très-pea d'exceptions près, la grande ouverture de l'angle de Daubenton, du second angle occipital et de Vangle basilaire, doit être regardée comme un caractère d'inlériorité. Tous les trois présentent leur minimum dans les races d'Europe et leur maximum chez les nègres.

Les bornes de cet article ne nous permettent pas de nous étendre davantage sur ce sujet, et nous renvoyons le lecteur au remarquable mémoire de Broca : Recherches sur la direction du trou occipital, publié dans la Revue d'anthropologie de 1875 (p. 193-234).

Angle orbilo-occipilal. La direction du trou occipital constitue l'un des meilleurs caractères de l'attitude plus ou moins bipède, plus ou moins quadrupède des animaux; l'homme est seul parfaitement bipède. Mais comment apprécier le sens et le degré de l'inclinaison du trou occipital, si ce n'est par rapport à un plan facile à déterminer sur le crâne ? Récemment M. Broca, désireux d'étendre à toute la série animale et se préoccupant avant tout de résoudre le problème de l'attitude de la tête par une méthode générale, applicable à tous les besoins de la crànialogie comparée, trouva la solution si désirée en constatant que le regard est dirigé vers l'horizon dans l'attitude naturelle de la tète. Ce fait est démontré par tout un ensemble de considérations évidentes ; il l'est aussi par les expériences qui ont prouvé à M. Broca que le point le plus sensible de la rétine est celui qui reçoit les rayons horizontaux, lorsque l'homme debout regarde naturellement devant lui. Or, le plan de la vision horizontale, passant par les axes des deux yeux placés dans leur situation naturelle au repos, et constituant le plan bi-orbitaire, est facile à déterminer sur le crâne au moyen d'un procédé très-pratique. On sait que le trou occipital des vrais bipèdes est situé vers le milieu de la face inférieure du crâne, tandis que celui des vrais quadrupèdes est situé sur la partie postérieure du crâne ; et comme une ouverture qui recule, sur une surface qui remonte, doit nécessairement se relever, la position et la direction du trou occipital sont solidaires l'une de l'autre. Cela étant donné, si l'on considère l'angle intercepté entre ces plans, trois cas peuvent se présenter : ou bien le plan occipital coupe le plan bi-orbitaire en avant du trou occipital et l'angle bi-orbitaire occipital se trouve être négatif, ou bien cet angle est positif, son sommet étant dirigé en arrière et la rencontre des deux plans se faisant en arrière du basion au bord antérieur du trou occipital. L'angle bi-orbitaire peut enfin être nul, par suite du parrallélisme des deux plans.

Dès lors il est important d'apprendre que l'angle orbito-occipital est constamment négatif dans toutes les races humaines, quand on l'étudié dans les moyennes (il varie entre — 20°, 2 chez les Croates et — 5 chez les Esquimaux). A l'exception d'un Kabyle, qui a donné un angle nul, Broca n'a trouvé d'angle nul ou positif que dans les races des types mongolique, éthiopique et esquimau. Chez certains microcéphales adultes il est allé jusqu'à X 10". Chez tous les singes, chez tous les autres mammifères, cet angle est constamment positif; il établit ainsi entre le type de l'homme et celui de ses plus proches voisins zoologiques une distance très-grande, dont les écarts individuels les plus extrêmes ne peuvent pas même franchir la moitié. Chez le fœtus humain et chez l'enfant nouveau-né, l'angle orbito-occipital est nul ou positif et se trouve en moyenne de X 3%1. Mais, dès que l'enfant commence à marcher, cet angle devient négatif et atteint très-rapidement le chiffre moyen de — 18 degrés, que l'on constate chez les Pansius adultes.

CRANIOLOGIE. 071

Pour mesurer sûrement et rapidement un caractère aussi intéressant, M. Broca a doté la crâniologie scientifique d'une méthode rigoureuse applicable à l'aide d'ingénieux instruments (voy. Revue d'anthropologie, 1877).

§ V. Stéréométrie du crâne. On désigne en crâniologie sous le nom de stéréométrie la mensuration, par la méthode expérimentale, de la capacité du crâne. Elle comprend deux opérations : le jaugeage et le cubage. M. Broca a envisagé sous toutes ses faces cette question de la mensuration de la boîte crânienne dans son beau mémoire « sur la mensuration de la capacité du crâne » auquel, pour de plus amples détails, nous renvoyons le lecteur {Mém. de la Soc. d'anthr., 2" série, t. Il, p. 65, 152).

Les anthropologistes ont employé pour le jaugeage du crâne un grand nombre de substances : les unes, solidifiables, telles que le plâtre ou la gélatine, ne sont pas pratiques, car il faut, pour les appliquer, que le crâne soit scié au préalable. Les autres, liquides, telles que le mercure et l'eau (procédés Sœmmerring, Virey, Treadwell), doivent être également rejetées, car l'eau imbibe le tissu osseux et ne peut jamais s'écouler totalement, et le mercure ne saurait être utilisé que pour un petit nombre de crânes exceptionnellement solides et à l'aide d'opérations longues et difficiles. Enfin les substances granuleuses ne donnent pas routes des résultats certains et conformes, et les variations qu'elles entraînent, en rapport avec leur poids, leur volume, leur degré de tassement, etc., occasionnent entre les mains du même opérateur des écarts parfois considérables. Hamilton et B. Davis ont employé le sable; Tiedemann et Mantegazza, le millet; Philipps, la graine de moutarde; Welcker, l'orge perlé; Morton et Broca, le plomb de chasse. Ce dernier, après avoir contrôlé l'exactitude de chaque procédé par un jaugeage exact au mercure sur un crâne étalon, a donné la préférence au plomb de chasse n" 8. Cependant, avec des crânes très-fragiles, on pourrait se servir de millet ou de graine de moutarde. Il faut, pour que la jauge soit fixe et reste constamment identique avec elle-même, que les graines soient réparties et pressées d'une façon toujours uniforme au moyen d'un fuseau conique. On y parvient avec de l'attention et de l'habitude.

La régularité de l'opération du cubage est tout aussi difficile à obtenir que celle du jaugeage. Le volume occupé dans les vases gradués par une substance granuleuse varie suivant la rapidité de l'écoulement, et suivant la forme, la hauteur du vase. Il est donc indispensable, pour obtenir cette régularité, d'adopter un manuel opératoire uniforme et que M. Broca, après de longues et minutieuses recherches expérimentales, a réglé jusque dans ses moindres détails.

Voici sommairement la façon dont on doit procéder à la mensuration de la cavité crânienne : on bouche avec du coton le fond de l'orbite ; on assied la voûte du crâne dans une sébile, puis on verse un litre de plomb par le trou occipital. Après avoir imprimé une ou deux secousses au crâne, afin de faire pénétrer le plomb dans la partie antérieure, on verse de nouveau du plomb, mais peu à peu, par petites quantités à la fois, et en bourrant simultanément avec un fuseau conique en bois. Lorsque le plomb déborde au-dessus du trou occipital, on le comprime vigoureusement avec le pouce, afin de le refouler le plus possible, puis on vide le contenu dans un vase, le jaugeage est terminé; il ne reste plus qu'à procéder au cubage.

Le plomb que l'on vient de vider dans le vase est versé rapidement dans un litre d'étain dont on arrase ensuite légèrement les bords avec une petite règle

672 CRANIOLOGIE.

plate ; puis le surplus du plomb est versé dans une éprouvette graduée. Ou se sert, pour cette dernière opération, d'un entonnoir spécial fixé dans un disque en bois s'adaptant à l'éprouvette.

Le succès des opérations stéréométriques ne dépend pas seulement de l'babileté de l'opérateur et du procédé constant mis en œuvre, il dépend aussi du choix du matériel, et M. Broca a déterminé minutieusement la forme et les dimensions des principaux instruments qu'il faut employer.

Le matériel nécessaire pour mesurer avec exactitude la capacité de la boîte crânienne comprend :

Une quantité suffisante, deux litres au moins de plomb n" 8, dont chaque grain mesure 2 millimètres et deux dixièmes de longueur ;

Une manette en fer-blanc;

Un double litre, consistant en un vase cylindrique également en fer-blanc;

Un litre en étain, poinçonné, et mesurant 86 millimètres de lai'geur interne sur 1 75 de hauteur externe ;

Une éprouvette graduée, cylindrique, en verre très-épais et très-solide, contenant un demi-litre et mesurant de 58 à 40 centimètres de hauteur sur 4 centimètres environ de largeur interne ;

Un entonnoir en fer-blanc, muni d'un opercule circulaire eu bois et destiné à introduire avec une vitesse constante le plomb dans l'épiouvelte : cet entonnoir mesure 10 centimètres de diamètre à la base et 20 de hauteur; sou goulot a 1 centimètre de longueur sur 2 de largeur ;

Un autre entonnoir sans opei'cule destiné à introduire le plomb dans le trou occipital ;

Un fuseau cylindro-conique en bois dur terminé en pointe mousse, et qui mesure dans sa partie conique 10 centimètres de long sur 2 de large ;

Enfin deux cuvettes en terre, une rase, une sébile en bois, une passoire, des tampons et des feuilles de ouate pour obturer les orbites et les pertes de substance, une corde de moyenne grosseur pour consolider les crânes en mauvais état, et un obturateur crânien, petite calotte en cuir bouilli permettant d'aveugler sans crainte d'erreur des pertes de substance assez étendues.

En observant minutieusement les prescriptions sanctionnées par l'expérience, on obtient avec un peu d'habitude une rigueur de mensuration dont les variations, sur le même crâne, ne dépassent jamais plus de 5 centimètres cubes.

La capacité crânienne paraît d'autant moindre que la race est plus inférieure, et les déductions qui en découlent naturellement sont d'une très-grande importance, puisqu'en comparant les résultats fournis par la stéréométrie avec le poids, la masse, la taille, on peut en déduire le volume relatif du cerveau nonseulement dans la série liumaine, mais dans celle des mammifèi"es. Le gorille mâle, par exemple, qui, sous le rapport de la masse, est à peu près égal à l'homme, a une cavité crânienne dont le volume est trois fois moindre que celui de l'Européen. 11 jauge, en moyenne, 551 centimètres cubes, tandis que l'homme blanc atteint le chiffre de 1500 environ. Chez l'un comme chez l'autre, le volume de l'organe cérébral de la femelle est plus petit que celui du mâle ; cette différence s'élève à peu près à 80 centimètres cubes pour l'anthropoïde femelle.

On peut admettre que la capacité crânienne varie avec l'état intellectuel, abstraction faite des hydrocéphales, qui atteignent une moyenne de 3,727 centimètres cubes, suivant les mensurations opérées par Broca sur quatre crânes du

CRANIOLOGIE.

musée Dupuytren. Les microcéphales adultes donnent un chiffre inférieur à celui des gorilles : Broca a constaté sur trois sujets 419 centimètres cubes; Vogt, sur sept autres, 455, et Montané, sur six autres, 440. Tout crâne non déformé d'Européen adulte, dont la capacité crânienne est inférieure à 1100 centimètres cubes, et qui mesure une circonférence horizontale moindre que 450 millimètres, doit être rangé dans la catégorie des hemi-microcéphales.

Les Australiens sont, sous ce rapport, au dernier degré de l'échelle humaine ; ils ne jaugent que 1224 centimètres en moyenne; les Auvergnats tiennent la tète avec 1525 centimètres cubes. Ces moyennes sont communes aux deux sexes, mais elles changent dans des proportions assez grandes, si l'on mesure séparément les hommes et les femmes, ainsi qu'il résulte du tableau suivant emprunté à Broca :

88 Auvergnats

69 Brelon.s-Gjllots

63 Das-Hretons des Côtes-du-Nord

125 Paiisiens contemporains. . . .

18 ('javerne de l'Homine-Morl. . .

20 Cuanches

60 Basques espagnols ileZaraus. .

28 Corses d'Avapussa

84 Mérovingiens

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