‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.22Chapitre 5 sur 52 · jour. — "n milles (123 kilom. 893), — 1 m · texte numérisé non relu

jour. — "n milles (123 kilom. 893), — 1 m

3'jour. — 70 milles 5 (115 kilom. 454), — lm.31.

4' jour. — 76 milles 5(123 kilom. 088), — Im. 41.

S- jour. — 67 milles (107 kilom. 803). — 1 m. 24.

6" jour. — 63 milles (101 kilom. 367). — 1 m. 17.

'■' « Quoique en appai'ence bien portant, dit W. Pavy, auquel nous empruntons ces détails, cependant il avait eu la fièvre pendant une partie de la semaine précédente, et il avait éprouvé de la faiblesse, à cause du froid qu'il avait subi pendant ses deux premières courses. Cela sans doute contribua à le faire faillir dans sa tâche, en ne lui permettant d'accomplir que 450 milles. Chaque jour, en vérité, la distance effectuée restait au-dessous de ses prévisions de la veille. Il n'avait point les jambes fatiguées ni les pieds endoloris, mais on voyait bien qu'il manquait de la puissance nécessaire pour accomplir la tâche projetée avec le degré de vitesse voulue. Il était évident que c'était, chez lui, un épuisement nerveux plutôt que musculaire. En l'absence de toute excitation, il avait de la tendauce à s'assoupir; et quelquefois il éprouvait une grande difficulté à se maintenir éveillé sur la route. Une fois sa tâche accomplie, après avoir dormi le reste de la nuit du samedi au dimanche, il se leva et se promena comme s'il

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n'avait rien entrepris d'inusité» {The Effect of Prolongea Muscular Exercice on the System, par F. W. Pavy, in the Lancet, num. de févr. et mars 1876).

Après avoir montré, par de nombreux exemples, jusqu'à quel degré de puissance l'homme peut élever ses facultés locomotrices, il nous faut rechercher à l'aide de quels moyens il arrive ordinairement à des résultats aussi remarquables. Faut-il admettre tout d'abord que les qualités qui constituent un bon coureur sont un don de la nature, et qu'elles ne font que se perfectionner par l'exercice? Certaines races humaines sont-elles plus aptes que d'autres à la course? Cela n'est point prouvé, mais il n'est pas douteux, pour nous, que ces qualités, que l'éducation et l'habitude développent, ne finissent par imprimer à l'organisme des dispositions transraissibles par hérédité. En France, la plupart des coureurs sont des Basques. C'est ainsi qu'on dit : avoir le jairet d'un Basque; courir comme un Basque. En Egypte, les coureurs sont presque toujours des Nubiens. Dans l'Inde, au Japon, ils appartiennent généralement à des populations habitant les pays des montagnes. C'est que l'habitude qu'on y prend de bonne heure de franchir les chemins difficiles, l'alacrité de l'air que l'on y respire, favorisent à la fois le développement des facultés locomotrices et de lu puissance respiratoire.

Mais nous ne saurions fournir d'exemple plus probant de l'importance des résultais auxquels on peut arriver par l'éducation seule qu'en faisant connaître le mode d'entraînement que l'on fait subir en Angleterre à ceux qui se livrent aux exercices pédestres (pedestrian).

Le but que l'on se propose en premier lieu est de diminuer le poids du corps :

plus, en effet, un coureur est léger, plus il aura des chances de succès dans la

lutte.

On arrive à ce résultat en soumettant le coureur aux purgations, à la suée, à

la diète, afin de débarrasser le corps de la graisse et du superflu des liquides qui baignent le tissu cellulaire ; mais, en même temps, on cherche à donner aux membres inférieurs la force et l'activité nécessaires, en les assujettissant à un exercice graduel et régulier.

Sous l'influence de cette déperdition excessive de substance et de l'action musculaire répétée, la puissance respiratoire s'accroît et se développe. Ce dernier résultat, un des plus importants sans contredit, permet au coureur de iournir ces courses remarquables surtout par le degré de ^■itesse acquise. « Un coureur, dit Royer-Collard, après deux jours d'entraînement, diminue d'un poids de 18 livres, et après cinq jours, de 25 livres. Un homme qui pesait 120 livres se trouve ordinairement réduit en quinze jours, et quelquefois moins, à 80 livres, p'un jour à l'autre, on sait ce qu'ils doivent perdre : « A la pre- « mière médecine, disent-ils, je me viderai de 7 livres ; à la première marche je « pèserai 8 livres de moins. » Ils perdent plus le premier jour, et chaque jour de moins en moins. A la suite d'un tel traitement, un coureur devient non-seu. lement moins pesant, mais mieux portant et plus fort. Il ne pouvait courir l'espace d'un mille sans perdre haleine; après l'entraînement, il court 25 milles. Il y a en Angleterre des coureurs qui ont fait 25 milles par jour à reculons pendant six semaines. »

Nous dirons toutefois que les purgatifs et le jeûne sont des moyens que les entraîneurs tendent aujourd'hui à abandonner avec raison. Stonehenge [Manual of the Sport. Londres, 1856) fait remarquer que l'exercice et la suée sont mille fois préférables ta l'abstinence pour diminuer le poids du sujet. Suivant

lui encore, la sudation par l'hydrothérapie, vantée et utilisée par quelques entraîneurs, agit trop précipitamment, et ne permet pas, comme l'exercice, de graduer, en quelque sorte, la déperdition de substance.

En somme, si nous comparons celte manière de l'aire chez l'homme avec ce qui constitue l'entraînement chez le cheval de course, on voit que les principes sont les mêmes. Il faut user de précautions continuelles, en allant, pour ainsi dire, pas à pas ; varier l'étendue et la rapidité des courses successives, et n'arriver à celles qui exigent une grande l'orce de résistance qu'après que l'habitude aura familiarisé le coureur avec celles qui en demandaient moins.

Nous emprunterons à Stonehenge les détails suivants : « Lorsqu'on projette une lutte à la course ou à la marche, une petite course avant déjeuner, pendant une demi-heure, suffira pour préparer l'estomac au déjeuner. Il serait fâcheux de différer ce repas, surtout si, comme cela doit être, l'on n'a guère soupe que de nom. Pendant une heure après déjeuner, c'est-à-dire jusqu'à près de onze heures, le pedestrian devra s'amuser suivant ses goûts, soit au billard, soit à tout autre jeu ; mais à onze heures il doit être revêtu de son costume de marche, en flanelle, de la tête aux pieds. Pour souliers, il n'y a rien de tel que les empeignes en peau de chien, avec une semelle passablement épaisse pour marcher, et beaucoup plus mince pour courir. De onze heures à deux heures et demie, la première marche doit se soutenir sans s'arrêter un moment, ou du moins cela s'observera après la première semaine, qui sera consacrée à augmenter graduellement les heures d'exercice de une heure et demie à trois heures et demie de marche. Dans tous les cas, le pedestrian doit être accompagné par son entraîneur, qui doit l'amuser autant que possible par ses anecdotes et sa conversation. Après dîner, il faut donner une heure ou deux au repos, dans la position horizontale, sur un matelas dur ou un canapé en crin ; après quoi, il faut parcourir la même distance ou à peu près. »

Dans toute espèce d'entraînement, c'est-à-dire dftns toute méthode d'éducation physique ayant pour but d'obtenir des modifications organiques et fonctionnelles en rapport avec les résultats que l'on se propose d'atteindre, le régime alimentaire doit être considéré, à bon droit, comme tout aussi important que l'exercice professionnel. « Celui qui doit courir, dit lioyer-Collard, n'est pas nourri comme celui qu'on prépare pour la lutte. On ne lui permet qu'une petite quantité d'aliments plus excitants que substantiels. »

Sans doute, la sobriété doit être l'apanage du coureur, mais encore faut-il que son alimentation soit suffisante pour lui permettre de réparer ce qu'un exercice continuel lui fait perdre. Une nourriture copieuse comme une nourriture insuffisante lui sont également préjudiciables dans l'accomplissement de sa tâche. Pour ce qui regarde spécialement l'alimentation pendant le trajet parcouru, ce qui semble résulter de la pratique, c'est que les aliments doivent être pris en assez petite quantité pour que le travail de la digestion soit rapide et nullement laborieux, et assez fréquemment pour qu'ils suffisent au besoin de réparation des forces de l'organisme. Nous ne saurions citer à cet égard d'exemple plus curieux que la manière de faire du coureur Weston.

Voici quelle fut sa nourriture pendant les vingt-quatre heures qu'il mit à effectuer un trajet de 100 milles, soit lôC^'^QOO, avec une vitesse de l'",85 par seconde, vitesse presque égale à celle du cheval allant au grand pas :

De %^ 30 du soir, 15 février, à Q^ 30 du soir, 16 février. — 16 février à 1 heure du matin; infusion de thé, 5 onces environ; à l*" 50 : thé de bœuf,

3 onces; à 2'' 30 : un jaune d'œuf; à 5'' 45: thé, 3 onces; à 4M 5 : un jaune d'oeuf; à f)^ 15 : thé de bœuf, 3 onces ; à S"" 45 : café, 3 onces; à e"" 15 : thé de bœuf, 2 onces; à 6'' 30 : un jaune d'œuf; à 6''45: café, 2 onces; à 8 heures: café, 2 onces; à 9 heures : une cuillerée à bouche d'un blanc-manger fait avec de la farine de mousse de Corse [sea-moss); à 9'' 25 : thé de bœuf, 3 onces; à 10'^ 30 : café, 3 onces; à H heures : thé de bœuf, 2 onces; à 11'' 45 : décoction de gruau d'avoine, 1/4 de pinte; à Vl^ 20: thé de bœuf, 3 onces; à 12" 30 : blanc-manger, une cuillerée à bouche; à 1 heure du soir: thé de bœuf, 2 onces; à l" 30: café, 3 onces; à 2'» 10 : gruau d'avoine, une tasse à thé; à 5 heures : gelée, 3 cuillers à thé; à 5" 50 : infusion de pruneaux, environ

2 onces; à 4 heures : gruau d'avoine, une tasse à thé; à 4'' 45: gelée, environ

3 cuillerées ; à 5 heures : thé, 3 onces ; à 5'' 50 : thé de bœuf, 3 onces ; à 6 heures : idem; à T"" 10 : gruau d'avoine, une tasse à thé; à 8 heures: café, 3 onces; à Q"" 10 : thé de bœuf, 3 onces. Weston prit en outre, dans les vingt-quatre heures, une orange et 1/3 de livre de raisins secs. Le thé de bœuf fut fait avec de l'extrait de viande de Liebig mêlé à une tasse ou à une demi-tasse d'eau. Le café et le thé furent pris avec un peu de lait et de sucre, excepté le thé froid (F. W. Pavy, in Lancet, mars 1876).

On voit d'après ce relevé que, en dehors de quelques rafraîchissants, les boissons ont été exclusivement excitantes et les aliments essentiellement plastiques ou azolés.

Les avantages de cette manière de faire sont incontestables, et le principe de la méthode facile à saisir. 11 consiste à prendre à la fois, dans une juste proportion, des aliments d'épargne et des aliments de reconstitution, de façon à venir en aide à la respiration, à soutenir l'action nerveuse, et à empêcher une trop grande déperdition de substance organique. Le coca que mâchent les marcheurs péruviens, et l'arsenic dont fait usage le montagnard du Tyrol, agissent spécialement dans ce sens, mais ils ne sauraient apporter des matériaux de réparation à l'organisme. Nous donnerons, d'après W. Pavy, le résumé suivant des observations physiologiques prises sur Weston pendant la dernière marche, oià ce coureur fit 450 milles en six jours.

Distance parcourue en six jours : 450 milles; poids de Weston avant la course: 56''",121,700 ; température avant: 37«,5.

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