‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.22Chapitre 6 sur 52 · JOUR · texte numérisé non relu

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6 mars . .

Il résulte de ces observations que, sous l'influence d'une marche prolongée, la quantité d'urée éliminée subit une augmentation vraiment considérable, en même temps que les chlorures sont diminués dans une proportion notable. Il

faut admettre que cette urée provient surtout de l'usure du tissu musculaire ; et si la perte de poids subie par Weston est relativement peu élevée : 2'''"'8,414 après un aussi long exercice, c'est à son alimentation soutenue que nous devons l'attribuer.

Disons un mot maintenant des maladies que l'on rencontre communément chez les coureurs. Ramazzini nous apprend que les coureurs de son temps, maigres et essoufflés, étaient reçus dans les hôpilaux publics comme vétérans, dès qu'ils avaient atteint l'âge de quarante ans. L'asthme pulmonaire est, en effet, l'affection qui se présente le plus souvent chez eux ; mais il serait presque toujours symptomatique d'une dilatation du cœur. Suivant les observations récentes d'un pathologiste anglais, Mahomcd {the Lancet, 8 mars 1876), on constaterait, pendant la course, une augmentation de la tension artérielle causée par la réplétion des vaisseaux capillaires ; ce qui exigerait , de la part du cœur, un travail plus considérable, et, à la longue, donnerait lieu le plus souvent à une dilatation hypertrophique de cet organe. L'hémoptisie à été signalée de tout temps comme une maladie propre aux coureurs. Ainsi, dans Plante, l'esclave Achantion se plaignant à son maître d'avoir trop couru et d'être si las, qu'à pein pouvait-il respirer, lui dit : « Je me suis brisé quelques vaisseaux à votre service, et je crache le sang depuis longtemps. »

Il est des accidents qui se présentent quelquefois chez les coureurs, au moment de la course. Ce sont des troubles fonctionnels des centres nerveux et des organes digestifs. Ainsi, on a constaté cliez des coureurs, ayant entrepris une tâche au-dessus de leurs forces, de la tendance à la syncope : conséquence probable d'une anémie cérébrale et de la fatigue du cœur ; des vertiges et des vomissements.

L'hématurie a été observée aussi chez eux; et on comprend facilement combien les reins peuvent être congestionnés dans le travail d'élimination considérable qu'ils sont appelés à faire pendant l'exercice prolongé de la course. Nous citerons encore les hernies, et enfin les affections inflammatoires des voies broncho-pulmonaires provoquées par le refroidissement du corps en sueur ou les intempéries auxquelles ils s'exposent. Le docteur Maget nous apprend qu'au Japon les affections de poitrine ont augmenté de fréquence depuis que, sous un prétexte civilisateur, on a eu la malencontreuse idée d'obliger la nombreuse classe de ceux qui courent, portent ou trament, à se tenir constamment vêtus... Jadis, dit-il, le travail étant terminé, couverts de sueurs et haletants, ils n'avaient pour protéger leur poitrine qu'à remonter le vêtement qui pendant k corvée était resté flottant à leur ceinture... aujourd'hui rien n'est plus funeste pour eux que de garder sur leur corps des vêtements continuellement trempés de sueur... [Les médecins et la médecine au Japon, in Arch. de méd. nav. Mai 1877).

Que faut-il penser du gonflement de la l'ate que, suivant une opinion vulgaire, offriraient les coureurs? Il est certain que pendant la course le volume de cet organe s'accroît, et que l'on éprouve dans l'hypochondre gauche une sensation de pesanteur douloureuse. De là cette habitude de faire usage d'une ceinture plus ou moins serrée à la région splénique. Ce gonflement est du à la gêne de la circulation inlra-abdominale résultant de la suractivité nutritive des masses musculaires et de la réplétion sanguine des capillaires des membres inférieurs, et sans doute aussi aux contractions répétées du diaphragme. On a cité des cas où, sous l'influence d'une course rapide, de marches forcées, la dis-

54 COLREURS.

tension de la rate est allée jusqu'à la rupture. Pline nous apprend qu'on avait coutume de cautériser la rate aux coureurs, pour que ce viscère ne les empêchât pas de courir. Mais rien ne saurait justifier les écrits de quelques médecins de l'antiquité sur la manière d'ératerles coureurs; et l'expression : courir comme un dératé, est loin d'avoir pour elle la sanction de l'expérimentation ; car la tendance à l'engraissement que l'on a constatée chez les animaux auxquels on avait enlevé la rate démontre que ce ne serait point là un résultat bien favorable aux coureurs !

Nous n'avons aucune donnée précise sur la vie moyenne des coureurs. Dans l'Inde, il est reconnu que les tapais ou coureurs de poste ne deviennent pas vieux. En général, l'homme qui se livre à la course, comme l'athlète à la lutte, ne saurait fournir une longue carrière ; l'épuisement arrive vite quand, surtout comme chez les coureurs anglais, les excès alcooliques viennent s'ajouter aux effets d'un régime diététique mal entendu et poussé jusqu'à l'exagération.

Les quelques préceptes d'hygiène qu'il nous reste à formuler à l'endroit des coureurs sont les suivants :

Le coureur, comme l'athlète, devra graduer son exercice suivant ses forces et ne jamais arriver à la lassitude extrême.

Les fonctions de la peau seront pour lui l'objet d'un soin tout spécial ; il se livrera aux ablutions fréquentes et à la pratique des bains froids. Il portera pendant l'exercice un vêtement de flanelle. La course sera immédiatement suivie d'une friction sèche, d'autant plus active que la transpiration et la fatigue auront été plus grandes. Cette friction sera répétée après chaque bain et chaque lavage; elle exalte la circulation périphérique, fortifie la peau et met le corps à l'abri de tout rch'oidissement. Le coureur ne devra habiter aucun lieu humide ou renfermant un air confiné; l'air sec et pur lui est particulièrement favorable. Il prendra enfin, entre chaque course, le repos et le sommeil essentiellement nécessaires à la réparation de ses forces.

D'autres préceptes se rapportent plus spécialement à la manière de courir. C'est ainsi que le coureur économisera d'autant plus ses forces qu'il fera un bon emploi de ses mouvements. Dans la marche, dit A. Milne Edwards, le centre de gravité du corps est élevé à chaque pas ; cette élévation nécessite une certaine dépense de force, laquelle est d'autant plus grande que les oscillations verticales sont plus étendues. Il en résulte que toute élévation de ce genre qui n'est pas utile à la progression est une cause de fatigue. Il faut d'autre part donner à chacun des pas une grandeur en rapport avec la longueur de ses jambes, et que de plus il n'y ait pas une déperdition de force par trop de mouvement dans les articulations. Chez Weston, le mouvement principal se passait dans la hanche; le pied en s'élevant ne faisait qu'effleurer le sol; les genoux et les chevilles étaient à peine mobiles.

Le coureur se servira de bottines ou brodequins, de préférence à toute autre espèce de chaussures, avec des semelles souples, mais suffisamment épaisses et lacées au-dessus des chevilles, de manière à soutenir le cou-de-pied.

Il couvrira spécialement de vêtements le buste et les bras, et diminuera, autant que possible, le poids de ceux que les membres inférieurs auront à supporter; enfin, il est certaines attitudes à donner aux muscles des bras et des épaules qui permettent d'assurer l'immobilité du thorax, en même temps qu'elles en augmentent la capacité, lesquelles varient suivant les habitudes des coureurs. Pourtant, l'attitude la plus habituelle est celle que l'on fait prendre dans le pas

COURGE. 5o

gymnastique : les bras sont solidement iîxés au tronc de façon à maintenir les épaules élevées; les avant-bras sont fléchis et les poings tenus fermés.

Après ce que nous avons dit sur les coureurs, il ne nous reste que peu de chose à ajouter sur la course considérée comme moyen d'éducation physique. Elle est un des plus précieux éléments de la gymnastique pulmonaire, qui a pour but de mettre les poumons à même d'utihser leur puissance fonctionnelle tout entière, en même temps qu'elle favorise le développement de la poitrine : « 11 y a dans les poumons, dit M. Daily, un air de résidu, un air complémentaire, un air courant. Le renouvellement de l'air ne se fait donc que progressivement, et dans l'état ordinaire nous nous habituons à n'employer qu'une fraction du poumon ; au lieu d'une capacité disponible de 4 à 5 litres, nous n'utilisons le plus souvent qu'un demi-litre. L'essoufflement qui nous empêche de courir n'est autre qu'un rapport insuffisant entre la production de l'acide carbonique par le travail musculaire et son élimination. »

L'habitude de la course permettra à ce rapport de s'établir dans des proportions plus convenables pour l'accomplissement de l'hématose; la nutrition générale en sera phis active, et les produits de désassiniilation plus rapidement expulsés. C'est là un résultat d'une importance extrême ; car, en assurant et en maintenant le fonctionnement parfait de chacun de nos organes, il préviendra toute accumulation de produits ultimes de décomposition susceptibles de dégénérer.

Il est une affection très-fréquente parmi les professions sédentaires : c'est la phthisie. Or, on sait quelle corrélation il y a entre la petitesse de la poitrine et la phthisie. N'y a-t-il point dans la course, préconisée comme moyen de prophylaxie de cette maladie, une donnée des plus intéressantes pour le médecin Comme pour l'hygiéniste? Habituer l'enfant à respirer par toute la surfoce de ses poumons, et pour cela le dresser de bonne heure à l'exercice de la course, tel est, selon nous, un des préceptes les plus importants à mettre en pratique dans l'éducation physique de l'homme. C'est, physiologiquement parlant, la première et la plus rationnelle des manœuvres gymnastiques, car elle est possible longtemps avant que le corps soit suffisamment développé pour permettre à l'enfant de s'adonner aux exercices qui nécessitent un grand déploiement de forces. - Alexandre Layet.

couREVSEis. Voy. Araignées.

COURGE, GOURDE OU CALEBASSE. Lagenarîa Seringe. § L Botanique. Genre de plantes dicotylédones appartenant à la 'famille des Gucurbitacées. Etablies comme groupe distinct par Seringe, les Gourdes rentraient auparavant dans le grand genre Cucurbita de Tournefort et de Linné. On nommait l'espèce unique, à laquelle peuvent se rapporter toutes les formes du genre, Cucurbita Lagenaria; c'est maintenant le Lagenaria vulgaris Seringe.

Cette plante porte différents noms vulgaires. Le mot de Calebasse, sous lequel on la désigne assez souvent, est, à proprement parler, le nom d'une espèce de Bignogniacéc, le Crescentia Cujete ou arbre au Couis, dont les fruits séchés et vidés sont, comme ceux du Lagenaria, employés en guise de récipients ou de bouteilles. Le mot Courge est aussi un terme assez général, qu'on applique à la fois au Lagenaria et à diverses formes des Cucurbita que nous avons décrites au mot Citrouille. Eu somme, la désignation de Gourde est celle qui s'applique le

J)6 COURMAYEUP. (eaux minérales de).

plus spécialement à l'espèce en question, et c'est à ce mot que nous renverrons pour la description de l'espèce et de ses diverses variétés {voy. Gourde). Pl.

COURGE, g II. Emploi. Au point de vue bromatologique comme au point de vue thérapeutique, la courge est l'analogue des autres variétés de citrouille. C'est avec la semence des courges qu'ont été obtenus les premiers succès contre le taînia {voy. Citrouille et T^nia). D.

COURLIS {Numenius). Genre d'oiseaux voisins des Ibis, ayant également le bec très-long et arqué, et dont une espèce vit en France, particulièrement dans les endroits marécageux, que l'eau y soit douce ou saumâtre; cette espèce se nourrit devers, d'insectes aquatiques, de petits mollusques, etc.; c'est le Courlis cendré {ISumenius arquatus). Elle fait son nid à terre: ses œufs sont de couleur foncée et parsemés de taches grandes et nombreuses. Le Courlis cendré compte parmi les gibiers d'eau. Il est le seul oiseau de son genre qui se rencontre dans notre pays. P. Gerv.

COURMAYEI'R (Eaux MINÉRALES de), jarofo^/îerma/es ou athermales, bicarbonatées calciqties inoi/ennes, ferrugineuses faibles, carboniques fortes, en Italie, à l'cxlrémité de la vallée d'Aoste, au pied du mont Blanc qui la sépare du village et de l'établissement thermal français de Saint-Gervais (voy. ce mot). Courmayeur a 2580 habitants, il est situé au fond et sur la rive gauche de la vallée de la Doire, un pou au-dessus du confluent des eaux qui descendent du col de la Seigne et du col Ferret. Courmayeur est à 1218 mètres au-dessus du niveau de la mer: aussi les matinées et les soirées y sont-elles fraîches et nécessitent-elles que les malades y apportent des vêtements capables de les garantir des transitions subites de la tempéraluro. Coiumayeur est abrité pourtant des vents du nord par le massif principal du mont Blanc, et exposé en plein midi ; à un kilomètre plus bas dans la vallée, on cultive déjà la vigne. Les principaux monuments de Courmayeur sont les restes d'un château féodal et une église assez curieuse à clocher byzantin. Les environs présentent un grand nombre d'excursions intéressantes et de sites pittoresques. Les ascensions du mont Chétif, de la montagne de la Saxe, du Cramont, qui est peut-être la plus intéressante de toutes celles de la chaîne des Alpes ; la visite des glaciers du Miage et de la Brenva, du Petit-Saint-Bernard, d'Aoste, de Chamonix, occupent aisément tout le temps que les buveurs ne consacrent pas à leur traitement minéral. La saison commence le 15 juin et finit le 1" septembre.

Les deux sources de Courmayeur ont été découvertes à la fin du dix-septième siècle ; elles émergent d'anciennes moraines remaniées par les eaux. Le calcaire et les schistes argileux dominent dans le terrain où Von rencontre pourtant des micaschistes en place, comme l'a remarqué de Saussure. Les deux sources de Courmayeur sont connues sous les noms de source Sainte-Marguerite et de source de la Victoire. Elles sont exclusivement employées en boisson ; la source de la Victoire est la plus éloignée.

1" Source Sainte-Marguerite. Elle émerge à 550 mètres du bourg ; on s'y rend par un sentier qui parcourt des prairies fertiles et en suivant la rive gauche de la Dora. Son pavillon circulaire, éclairé seulement par sa porte d'entrée, est recouvert de pierres schisteuses superposées comme des ardoises. Un abri élevé au voisinage de la fontaine protège les buveurs pendant les jours de pluie. La source Sainte-.^Iarguerite sort directement du granit à cinq mètres seulement du

COURMA YE un (eaux minérales de). 57

lit de la Doire, à une distance à peu près égale de Couimaycur, de la Saxe {voy. ce mot), et du village de Dolonne. L'ouverture du bassin de caplage de celte source occupe le coin gauche du pavillon, une couche de rouille d'un centimètre d'épaisseur en couvre le fond ; celte couche est crevassée sur trois points différents, par où se dégagent de grosses bulles gazeuses en chapelet qui montent à sa surface. Cette eau claire, transparente et limpide, n'a pas d'odeur ; elle a une saveur à la fois styptique et piquante ; elle ne paraît pas être gazeuse lorsqu'on l'examine à travers les parois d'un verre rempli au milieu même du bassin, où les bulles se succèdent le plus promptement. Laissée en repos pendant un quart d'heure, elle forme à peine quelques perles sur les parois du vase qui la contient ; sa réaction est très-peu acide; sa température est de 21"! centigrade, celle de l'air étant de J3°5 centigrade; sa densité n'est pas connue et son analyse n'est pas publiée. Son débit est de 85 000 litres en 24 heures.

Cette eau martiale, d'une saveur relativement agréable, est dans d'excellentes conditions pour supporter le transport, car elle nous a paru plus fixe qu'aucune des eaux ferrugineuses qui sont dans le commerce. Aucun flocon rouillé, en effet, ne se forme dans l'eau de la source de Sainte-Marguerite, depuis longtemps exposée au libre contact de l'air. Sa saveur piquante comme celle du vin de Champagne, et le peu de bulles gazeuses qui la traversent, indiquent qu'elle tient en dissolution plus de gaz acide carbonique qu'elle n'en contient à l'état de liberté.

Les chloro-anémiqucs, auxcjucls l'eau de la source Sainte-Marguerite est surtout conseillée, ne peuvent guère aller la boire à la fontaine, en raison du sentier abrupt qu'il faut remonter pour revenir à Courmayeur.

2° Source de la Victoire. La source de la Victoire est à 500 mètres du bourg de Courmayeur, à cinq mètres de l'une des divisions de la Dora; il faut environ vingt minutes pour s'y rendre. On passe sous Dolonne par une des routes venant de Saint-Didier {voy. ce mot), mais le trajet est assez diflicilc. Un chemin nouveau venant de Saint-Maurice (France), passant par Saint-Didier et se rendant à Courmayeur, est maintenant livié à la circulation et rend la route plus aisée et plus directe. Deux pavillons et une Trink-hallc constituent l'établissement. L'un des pavillons sert à la mise en bouteilles, au bouchage et au logement du surveillant ; l'autre abrite la source dont l'eau émerge du granit par un filet de trois centimètres de diamètre, et se rend dans un bassin où l'on va la puiser. Le débit de la sdurce de la Victoire est de 70 000 litres en 24 heures. Un tuyau primitivement de bois est pétrifié aujourd'hui par une croûte épaisse d'une substance dure et grisâtre. On retrouve cette matière sur tous les points du rocher en contact avec l'eau qui la dépose en couches d'une épaisseur inégale, de sorte qu'elle ressemble à une stalagmite ondulée gris-blanchàtre d'un côté, blanc-roussâtre de l'autre. Des conferves d'un beau vert, ayiint la forme d'une mousse très-courte, très-fine, rugueuse comme une éponge brute, trouvent naissance dans son bassin.

L'eau de la source de la Victoiie est limpide dans un verre, mais comme celle de la source Sainte-Marguerite elle incruste assez promptement les parois des vases avec lesquelles elle est en contact. Elle n'a aucune odeur; sa saveur acidulé et styptique se rapproche beaucoup de celle de Schwalbach ou de Spa {voy. ces mots), mais elle est moins gazeuse que les sources allemande et belge. Sou goût ne ressemble en rien à celui de l'eau de la source Sainte-Marguerite ; il peut être plus justement comparé à celui de la fontaine ferrugineuse de La Saxe. Les bulles qui traversent l'eau de la source de la Victoire sont d'une grosseur moyenne ; elles montent lentement à la surface du verre ; elles ne sont toutes dégagées

58 COURMAYELÎR (eaux minérales de).

qu'après vingt-huit secondes. La re'action de l'eau de cette source est complètement neutre ; sa température est de 13"7 centigrade, celle de l'air étant de 13* centigrade. M. Picco a fuit, en 18o9, l'analyse chimique de l'eau de la source de la Victoire; il a trouvé dans 1000 grammes les principes suivants:

Carbonate de chaux 1,3356

— magnébie 0,2792

Sulfate de potasse 0,0748

— soude 0,2171

— magnésie 0,6071

— alumine 0,0183

Chlorure de calcium 0,0262

— magnésium 0,0446

Silice 0,0345

Alumine 0,0101

Total des matièhe» fixes 2,61"5

Gaz acide carbonique libre .... q. ass. abond.,mais non dosée.

La fontaine de la Victoire est beaucoup plus fréquentée que celle de Sainte- Marguerite ; son eau a pourtant un goût moins agréable, et est beaucoup moins facile à digérer; mais les malades peuvent y aller en voiture, et un promenoir couvert les abrite contre les intempéries de l'air, et leur permet l'exercice nécessaire à la réussite de leur cure hydrominérale.

L'eau de la source de la Victoire est exportée sur une assez large échelle ; plus de trois mille bouteilles sont annuellement consommées à Turin seulement.

Mode d'administration et doses. L'eau de la source de la Victoire est prise le matin à jeun à la dose de trois à huit et mêm e à dix verres séparés par un intervalle d'un quart d'heure en général. La plupart du temps les malades en font usage pendant leur repas, soit pure, soit mêlée au vin.

Emploi thérapeutique. L'étude de l'action physiologique des eaux martiales de Courmayeur ne présente rien de remarquable. Elles sont toniques et reconstituantes; aucune ne plaît autant que celle de la source Sainte-Marguerite ; il est fôçheux que cette fontaine soit si peu suivie et que sa position inabordable éloigne les malades, qui se trouveraient le mieux de l'emploi de son eau. Quoi qu'il en soit, les effets de l'eau des sources Sainte-Marguerite et de la Victoire ne sont pas très-mai qués sur les personnes en bonne santé, à moins qu'elles n'en continuent l'usage pendant un temps assez prolongé pour en ressentir la congestion ou au moins la pléthore consécutives à l'ingestion inopportune d'une eau carbonique assez puissamment ferrugineuse.

Les eaux des fontaines Sainte-Marguerite et de la Victoire sont utiles dans toutes les anémies, quelle qu'en soit la cause, dans la chlorose et les affections pathologiques qui reconnaissent pour cause une altération des globules rouges du sang. Leur usage arrête les diarrhées consécutives à une atonie qui affaiblit profondément les malades, et qui a souvent fait croire à une maladie organique des poumons ou de l'intestin. Il a aussi supprimé quelquefois des spermatorrhées provenant d'une débilité profonde ; il rend de grands services enfin dans les paralysies déterminées par une hystérie ou une chorée, et dans les cachexies qui arrivent à la suite de pyrexies graves et longues, après des fièvres intermittentes prolongées, ou une lactation excessive ayant profondément débilité l'économie, après des empoisonnements virulents ou métalliques ou une privation de lumière qui ont déterminé une décoloration profonde des tissus ou une viciation marquée des humeurs et particulièrement du sang.

Ce que nous venons de dire de l'action tonique, reconstituante et excitante des

COUROUPITA. 59

eaux des deux sources de Courmayeur, nous indique qu'il faut craindre de les prescrire dans les cii'constances où il est dangereux de donner au sang trop de plasticité et à la circulation une trop grande activité. Elles sont contre-indiquées chez les pléthoriques ; chez tous ceux qui sont doués d'une constitution qui fait redouter des congestions ou des hémorrhagies cérébrales ou pulmonaires; chez les malades enfin qui ont des altérations du cœur ou des gros vaisseaux.

La durée de la cure varie de vingt-cinq à trente jours.

Nous avons dit, dans le courant de cet article, ce que nous pensions des qualités des eaux des deux sources de Courmayeur pour l'exportation.

A. ROTUREAU.

Bibliographie. — Analyse des eaux minérales de Courmayeur faite en 1687 par une commission de médecins et de chimistes d'après les ordres de Madame Royale, Marie-Jeanne- Baptiste de Savoie. — Touini. Jugement porté sur l'analyse précédente, sur la nature et sur la qualité des eaux minérales de Courmayeur. Turin, 1788. — Mollo. Traité des eaux minérales de Courmayeur, Genève, Marc-Michel Bousquet, MDCCXXVIII, in-l'i, 132 pages. —

BERTim. Idrologia minérale Turin, 1843, in-8°. — Joanne (Ad.) et Le Pileur (A.). Les

bains d^ Europe, guide descriptif et médical. Paris, 1860. — Garelli. Le acque minérale d'îtalia. Torino, 1865. A. R.

COURO:vDl. Sous ce nom est figuré dans Vllortus Malabaricus de Rheede (t. IV, p. 103, tab. 50) un arbre du Malabar dont le suc des feuilles est astringent, et à cause de cela employé contre la dysenterie et la diarrhée. Pl.

COUROXWE IMPÉRIALE. Nom donné au Fritillaria imperialis L.

Pl.

COURO\lVE DE SAINT-JEAIW. Un des noms de l'armoise ordinaire [Artemisia vulgaris L.). Pl.

COURo:%!\'E DE MOll^'E. Nom donné au pissenlit {Taraxacum Dens Leonis Desf.). Pl.

COLROXXE ROYALE. Nom donné, d'après Mérat et De Lens, au mélilot oî&cÏQÛ [Melilotus officinalis L.). Pl.

COVROIVIN'E DU SOLEIL. Nom donné au Grand-Soleil {Helianthus annuus L.). Pl.

COCROXKE DE TERRE. Nom donné au Lierre terrestre {Glechoma hederacea). Pl.

COUROUPITA Aublet. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Myrtacées et à la tribu de Lécithydées. Une seule espèce présente quelque intérêt, c'est le Couroupita Guianensis Aublet, bel arbre à feuilles alternes, oblongues, cunéiformes à la base, à grandes fleurs roses, d'une odeur suave, ayant six pétales dont deux plus grands que les autres. Cette espèce, qu'on nomme d'après Aublet abricot sauvage, d'après Poiret Calebasse-Colin, a des fruits sphériques de la grosseur d'une tète d'enfant, qu'on appelle vulgairement boulets de canon. Un rebord circulaire, qu'on voit aux deux tiers de la hauteur de cette sphère, marque l'endroit d'où se détache le limbe du calice. En dedans du péricarpe, se trouvent six loges renfermant autour des graines une pulpe acidulé, non désagréable, que mangent, d'après Mérat et De Lens, les nègres de la Guyane.

AcBLET Plaîiles de la Guyane. II, p. 708, tab. 282. — Tussac. Flore des Antilles, II, 45,

60 COURS (eau minérale de).

tab. 10 et 11. — De Candolle. Prodromus, III, 293. — Endlicher. Gênera Planlanim. Besthau et HooKEK. Gênera Plant. — Glibolrt. Drogues simples, C" édil., p. 268. Pl.

COLIRPIÉRE (Eaux minérales de), athermales, bicarbonatées sodiques moyennes., ferrugineuses faibles, carboniques fortes, dans le département du Puy-de-Dôme, dans l'arrondissement de Thiers, dans le canton de Courpières, sur la limite des communes d'Aubusson et d'Augerolles, à la réunion du ruisseau le Couzon avec les eaux de la Dore, au pied d'un monticule granitique dont le sommet est couronné par le village de Rhodias, émergent les quatre sources de Courpière. La plus connue et la seule analysée est la source du Sale'. La seconde remplit un petit bassin entouré de gazon, que l'on trouve sur un tertre élevé de deux mètres au-dessus du niveau de l'eau du Couzon. La troisième source sort de la terre à un mètre et demi de la précédente. Elle fournit moins d'eau, mais les bulles de gaz qui s'en échappent sont plus abondantes. La quatrième source enfin sort des graviers du lit du Couzon. Les caractères physiques et chimiques de l'eau de ces quatres sources sont absolument les mêmes. Elle est traversée par des courants de gaz acide carbonique qui se succèdent sans interruption ; elle laisse déposer partout un sédiment ocreux et une certaine quantité de matière organique. Elle est limpide, incolore, d'une savenr aigrelette ferrugineuse et alcaline qui rappelle celle des sources froides et ferrugineuses de Yichy. La température varie de 13", 5 à 14° centigrade. Son analyse chimique a été faite en 1844 par M. Nivet, professeur à l'école de médecine de Clermont- Ferrand. 1000 grammes de l'eau de la source du Salé lui ont donné les principes qui suivent :

Bicarbonate de soude 2,6154

— chaux 0,7185

— magnésie 0,6977

— fer 0,0115

Sulfate de soude 0,0394

Chlorure de sodium O,0j72

Silice 0,0750

Apocrénate de fer et matière organique. . traces.

Perte 0,1774

Total des matières fixes 4,4421

Un coup d'œil jeté sur cette analyse attire vivement l'attention et fait voir que sa composition élémentaire est aussi remarquable qu'elle est peu fréquente. Il est regrettable qu'on n'ait fait encore aucune fouille pour tenter d'augmenter le débit des sources de Courpière. 11 est pourtant certain que, si une buvette et un établissement minéral étaient établis sur le griffon de ces sources, ils attireraient piomptement des buveurs et des baigneurs étrangers, tandis qu'aujourd'hui ces sources ne sont fréquentées que par les habitants du voisinage qui, tous les ans, viennent s'y traiter de leurs embarras digestifs, hépatiques ou rénaux. Mais ils le font sans méthode et sans une direction intelligente, qui leur ferait retirer le plus de profit possible d'eaux qui contiennent à la fois une proportion notable de bicarbonate de soude, de magnésie, de fer et de sulfate de soude. A. R.

Bibliographie. — Nivet (V.). Dictionnaire des eaux minérales du département du Puy-de- Dôme, Clermont-Ferrand, 1846. ^ j^

COUBRIÈRE (La) (Eau minérale de). Voij. Dcrtal.

COURS (Eau MiisÉRALE db}^ athermale, bicarbonatée ferrugineuse faible, carbonique moyenne, dans le l^partement de la Gironde, dans l'arrondissement de Bazas, émerge la source, récemment découverte, de Cours, Son eau est lim-

COURT FLÉCIIISSEUrv DU PETIT DOIGT. 61

pide et transparente, mais elle laisse déposer sur les parois intérieures de sa l'ontaine un enduit brun-jaunâtre qui y adhère fortement ; elle n'a aucune odeur particulière, si ce n'est celle du gaz acide carbonique qui s'en dégage en bulles assez volumineuses ; son goût est manifestement ferrugineux ; sa température est de 13", 8 centigrade ; son analyse chimique, faite par Espic et Boucherie, a donné pour 1000 grammes le résultat suivant :

Bicarbonate de chaux 0,184

— proloxyde de fer 0,030

Sulfate de chaux 0,009

Chlorure de sodium 0,018

Acide silicique 0,011

Matière organique 0,006

Perte 0,005

TOWL DES MATIÈBES FIXES 0,233

Gaz acide carbonique libre quant, indét.

La composition élémentaire de la source de Cours rapproche beaucoup son eau de celle de la source de Casteljaloux {voij. ce mot). Un établissement minéral, petit et assez défectueux, contenant cependant une buvette et des cabinets de bains, a été construit par le propriétaire qui a découvert la source de Cours, dont l'eau s'emploie dans la chlorose, l'anémie et les convalescences de maladies qui ont profondément débilité l'économie. A. R.

COURSE. Voy. Locomotion.

COURSELXLE (Station MARINE de), dans le département du Calvados, dans l'arrondissement et à vingt et un kilomètres de Caen, est un village peuplé de 1650 habitants, à l'embouchure de la rivière la Seule, sur le chemin de fer de Caen à Bayeux. Il possède une jolie plage sur les bords delà Manche. Cette station marine est fréquentée surtout par les baigneurs des départements voisins et par quelques étrangers qui cherchent un séjour où il est facile de vivre tranquille et relativement à bon marché. Tout le monde sait que les huîtres de Courseulle, transportées de Gancale, sont très-estimées : aussi la principale occupation des habitants de ce petit port de mer est-elle la pêche et le soin d'un parc aux huîtres important qui alimente en partie la consommation parisienne. Courseulle a aussi un entrepôt de sel marin assez considérable. A. R.

COURT ABDUCTEUR DU PETIT ORTEIL. Voy. ABDUCTEUR et PlED. COURT ABDUCTEUR DU 4ÏROS ORTEIL. Voy. ABDUCTEUR et PlED. COURT ABDUCTEUR DU POUCE. Voy. ABDUCTEUR et Main. COURT ADDUCTEUR DU GROS ORTEIL. Voy. ADDUCTEUR et PlED. COURT ADDUCTEUR DU PETIT DOIGT. Voy. ADDUCTEUR et MaiN. COURT ADDUCTEUR DU POUCE. Voy. ADDUCTEUR et Main. COURT EXTE.\SEUR DU POUCE. Voy. ExTENSEUR et MaIN.

court fléchiisseur commun des orteils. voy. fléchisseur et Pied.

COURT FLÉCHISSEUR DU GROS ORTEIL. Voy. FLÉCHISSEUR et PlED. COURT FLÉCHISSEUR DU PETIT DOIGT. Voy. FLÉCHISSEUR et MaIN.

62 COURTILIERE.

COURT FLÉCHISSEUR DU PETIT ORTEIL. Foî/. Fléchisseur et PiED. COLRT FLÉCHISSEUR DU POUCE. Voy. FLÉCHISSEUR et Main. COURT PÉROXIER. VoiJ. PÉRONIER.

COURT SUPIXATEUR. Voy . SOPINATEUR.

COURTAUD (SiMÉos). Né à Montpellier, reçu en 1811 ; n'est guère connu que par sa malencontreuse intervention dans le procès que la Faculté de médecine de Paris avait intenté à Renaudot, médecin de Montpellier, qui prétendait exercer à Paris, sans se soumettre aux épreuves exigées par les règlements. Courtaud, alors doyen à Montpellier, crut devoir prendre fait et cause pour un docteur de l'école qu'il dirigeait. « U étala à sa manière, dit Astruc, qu'on n'accusera pas ici de partialité, les raisons et les prérogatives de sa Faculté, et déprécia autant qu'il put celles de la Faculté de Paris. Je n'ai guère vu de discours plus mal fait ; il n'y a ni style, ni latin, ni ordre, ni méthode. Tout y fourmille de fautes grossières d'histoire, de chronologie, de médecine. » On comprend la fureur qu'excita à Paris le discours de Courtaud. Guy-Patin, René Moreau, le terrihle Riolan, l'Achille de cette Iliade, s'en donnèrent à cœur joie, et le malheureux Courtaud, se tenant pour battu, finit par où il aurait dû commencer : il garda le silence. E. Bgd.

COURTIAL (Jeax-Joseph). Fut vers la fin du dix-septième siècle conseiller ordinaire du roi, et professeur d'anatomie à Toulouse. Il publia :

I. Dissertation physique sur les matières nitreuses qui altèrent la pureté de l'air de Madrid, par Jean-Baptiste Jdanini, traduite de l'espagnol. Toulouse, 1685, in-12. — II. i\ouvelles observations anatomiques sur les os, sur leurs maladies extraordinaires et sur quelques autres sujets. Paris, 1703, iii-12; Leyde, 1709, in-8°. On trouve dans cet ouvrage des recherches curieuses, principalement sur la moeUe des os et sur leurs sutures. A. G.

COURTILIERE (nom tiré du vieux mot français courtil ou courtille, signifiant jardin). Genre d'insectes orthoptères sauteurs, dont le type est fourni par l'espèce européenne très-nuisible aux jardins potagers. Les caractères des Courtilières sont les suivants : corps presque cylindrique, épais, finement tomenteux. Tète un peu conique, inclinée; yeux petits, avec deux ocelles placés entre eux. Antennes sétacées, longues, multiarticulées. Mandibules à dent molaire basilaire ; galea recourbé, étroit; tous les palpes terminés par une petite vésicule. Pronotum grand, arrondi en arrière, prosternum étroit, cai'éné dans son milieu, avec deux dents placées en avant; raésosternum caréné fortement; métasternum ample et sub-pentagone. Elytres membraneuses, un peu transparentes, couvrant environ la moitié de l'abdomen, les nervures dorsales écartées les unes des autres et irrégulières chez la femelle; ailes amples, presque hyalines, avec le bord antérieur obscur, pliées au repos en une sorte de queue dépassant l'abdomen. Pattes courtes, comprimées et fortes, les antérieures avec les hanches très-r approchées, les cuisses très-larges, les jambes comprimées avec quatre digitations, les deux supérieures mobiles, les deux inférieures fixes. Tarses de trois articles, repliés dans un canal au bord externe de la jambe, deux ono'les terminaux. Pattes moyennes les plus courtes, à jambes simplement dentées au sommet. Pattes postérieures les plus longues, cuisses épineuses, plus courte que le prothorax. Abdomen ayant le bord postérieur du huitième segment ventral entier chez le mâle. Pas de style ni d'oviscapte saillant chez la femelle.

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