COURTOIS
deux mues avant l'état adulte. 11 est probable qu'elles deviennent nymphes uu an après la sortie de l'œuf, et adultes au bout de deux ou trois ans seulement. Les Courtilières sont à la fois carnassières et phytophages. On les a vues manger des pommes de terre, de la salade, des racines de Daldia et d'autres plantes ; mais il est prouvé qu'elles sont très-avides d'insectes, et Féburier {Nouv. cours (V agriculture, 2' édit., p. 33, et Revue agricole, ou journal des jardiniers et amateurs, n" 2, p. 65, 1829) a vérifié l'opinion de Latreille sur leur carnivorité. Elles semblent même mieux aimer les insectes que les végétaux, et peut-être ne perforent souvent les racines que pour y chercher des lanes. On trouve dans leur tube digestif des parties cornées d'insectes ; elles sont avides de vers blancs, et on les garde plusieurs mois en captivité en les nourrissant de fourmis. Enfermées et poussées par la faim, elles se mangent entre elles, se mordent les antennes et les pattes et se font à l'abdomen des blessures mortelles. Elles paraissent préférer à tout la viande crue, qui peut servir d'appàtpiége pour les attirer et les détniire. On recommande aussi au même point de vue les amas de fumier, où elles aiment à se réfugier en quittant leurs trous ordinaires, soit pour y trouver de la chaleur, soit plutôt afln d'v rechercher Is insectes dont elles sont friandes. On conseille de verser dans leurs galeries du pétrole ou de la benzine, dont la vapeur les empoisonne, ou de Ihuile, qui les asphyxie, en bouchant leurs stigmates ; entin on peut placer à fleur de sol de larges vases pleins d'eau où elles se noient dans leurs courses nocturnes. Quelques animaux auxiliaires concourent à leur destruction : ainsi la Pie-grièche, l'Engoulevent et la Huppe. On observe souvent à leurs pattes des larves rouges d'Acariens parasites du genre Trombidion.
La Courtilière d'Europe se rencontre partout, excepté en Laponie et dans les contrées les plus boréales ; elle a été trouvée en Algérie, en Asie Mineure et au delà du Caucase. On connaît une quinzaine d'espèces exotiques de ces insectes nuisibles, plus petits en général que l'espèce européenne, mais très-analogues. Elles habitent l'Egypte, le Cap, la Chine, Java. Bornéo, l'Australie, les deux Amériques, la Havane, la Guadeloupe. Un insecte regardé en Chine comme guérissant la rage, et remis en débris à Guérin-Méneville, paraissait devoir être rapporté à une petite espèce de Courtilière {voy. Orthoptères).
A. Laboulbèxe.
COL'RTIX (Germain) . Célèbre professeur de chirurgie aux Écoles de médecine de Paris; il naquit dans cette dernière ville, d'Etienne Courtin, procm^eur au Parlement, et de Marie de Noyon; fut reçu docteur le 10 juillet 1576, et mourut le 18 août 1587. 11 est auteur, non-seulement d'un ouvrage contre la doctrine pai-acelsique : Adversus Paracelsi, de tribus principiis, aura potabili, totaque pyrotechnia, portentosas opiniones, Disputatio (Parisiis, 1597, in-4), mais encore d'un Cours d'anatomie et de chirurgie, qui fut publié vino-t-cinq ans après sa mort, sous le titre de :
Leçons anatoniiques el chirurgicales de feu J/. Germain Courtin, docteur... dictées à ses écoliers esludians en chirurgie, depuis l'année lôlS jusqu'à lb^l.Rec\iei\[[es, collio^ées et corrigées par Etienne Bi>£T. Paris, 1612, in-fol. ' j^ q°
COURTOIS (Bernard). Né à Dijon, en 1778, où son père, chimiste distingué, remplissait les fonctions de préparateur du cours de Guvfon de .Morveau. Bernard, après un stage comme pharmacien à Auxerre, chez M. Frémv, grand-père du célèbre chimiste de ce nom, vint à Paris oij il entra dans le labô-
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ratoire de Fourcroy, à l'École polytechnique, puis dans celui de The'nard, et enfin dans celui de Séguin, qui le chargea d'études sur l'opium. C'est alors qu'il découvrit dans cette substance composée un alcaloïde qui fut plus tard désigné sous le nom de morphine. II s'occupa ensuite de la fabrication artificielle du nitre, et, en i812, il retira des eaux mères des soudes de varechs un nouveau corps, qui n'était autre que l'iode, et qui fut bientôt complètement étudié par Clémeut-Desormes et Gay-Lu?sac. Ruiné en 1815 par l'introduction libre des salpêtres des Indes, Courtois lutta courageusement contre la mauvaise fortune, mais poursuivi par des chances contraires, en proie à la maladie, il succomba le 27 septembre 1838, laissant une veuve sans fortune et dont une souscription promplenient couverte permit d'assurer l'existence.
Découverte d'une substance nouvelle dans le sel de varech (Annonce faite par Clément- Desormes). In Anti. de Chimie, \" série, t. LXXXVIII, p. 304; 1813. E. Bgd. et L. H.x.
COL^RTOMER (Eau MINÉRALE de), alhermale, ferrugineuse faible, carbonique faible, dans le département de l'Orne, dans l'aiTondissement de Domfron est un chef-lieu de canton de 800 habitants, près de la rivière de la Sarthe et vingt-neuf kilomètres nord-est d'Âlençon. Une source ferrugineuse, dont l'analyse chimique a été faite, mais n'a pas été publiée, émerge auprès du bourg de Courtomer. Son eau est employée seulement par les habitants dos environs dans toutes les maladies où il convient de tonifier ou de reconstituer l'économie. Comme son usage est très-peu répandu, nous devons nous contenter de donner cette indication sommaire. A. U.
COl'RVÉE (Jean-Claude de la). Savant médecin du dix-huitième siècle, vit le jour à Yesoul, en Franche-Comté, vers 1615, et fit ses éludes de médecine à Paris; il alla ensuite exercer son art à Argcnteuil, où il acquit rapidement une belle réputation ; mais il se fit un grand nombre d'ennemis parmi ses confrères, en s'élevant avec énergie contre l'abus de la saignée, dont la vogue était si universelle à cette époque. Plus tard nommé médecin de la reine de Suède et de Pologne, il alla résider dans cette dernière contrée, où il mourut vers 1664.
De la Courvée est particulièrement connu par un curieux ouvrage sm- la nutrition du fœtus, dans lequel il défend l'opinion de Harvey sur la génération, mais soutient d'autre part que le fœtus respire dans le sein de sa mère et se nourrit des eaux de l'amnios. Les vaisseaux du placenta, selon lui, sont simplement contigus aux vaisseaux utérins et ne communiquent pas avec eux. 11 reproduit également les idées hippocratiques relatives au rôle actif de l'enfant dans l'accouchement, idées qui, dansl'antiquitéet le moyen âge, ont si souvent motivé l'intervention meurtrière des sages-femmes et des médecins, car, l'accouchement ne se terminant pas naturellement et rapidement, on supposait l'enfant mort et on avait recours, sans autre ménagement, aux moyens les plus violents pour l'extraire.
Jean-Claude de la Courvée a publié :
I. Frequenlis phlebotomicB usus et cautio in abiisum, seu in temerarios quosdam sœculi nostri tkrasones, qui nulla methodo, nulla ratione ducli, venam utrumque sécant, et tanto remedio passim abutuntur. Parisiis, 1647, in-S". — II. Ostentum seu hisioria mirabihs trium ferramcntorum notandœ longitudinis, ex insanientis dorso et abdomine extracturum qui anle menses decem ea voraverat. Parisiis, 1618, in-8°. —III. Discours sur la sortie des dents aux petits enfants ; de la précaution et des remèdes qu'on peut y apporter. Varsovie , 1651, ia-i». — IV, Paradoxa de nutritione fœtus in utero. Dantzick, 1665, in-S», L. H.v.
(i8 COUShN.
COtSCOtt], cOlJSiSECOUCHE et coLCUlX'OL^iSE. Nom donné à Saint- Domingue à une espèce de sorgho [Holcus si>icalus L.), ou maïs ordinaire. On donne, au Sénégal, le même nom aux potages pi'éparés avec ces céréales.
Mérat et De Lens. Dictionnaire de matière médicale, II, 456. Pt.
COl]iSii\^0'r (Les deux).
CniiNinot (Jacqoes). Nous trouvons ce médecin, qui était natif de Paris, licencié eu 1590, docteur en 1592, doyen dans les années 1624-1625. Guy Patin en parle avec éloges; cela n'a rien d'étonnant lorsque l'on sait que Cousinot était galéniste jusqu'aux ongles, et l'ennemi juré des apothicaires. Nous ne connaissons de lui que deux thèses, soutenues en 1591 :
I. An temperameidum nliquod sli/.pxro-j'} — II- An strumarum quam bubomim venereoruin curalio difjicllior ? A. G.
Cousinot (Jacques). Fils du précédent, né à Paris en 1590 ; il fut reçu docteur le 20 juin 1618, et mourut le 25 juin 1646. Nommé, le 23 novembre 1623, à la cliaire de chirurgie au Collège royal, par lettres patentes, sur la désignation de René Chartier, qui venait de donner sa démission, il justifia ce choix par la profondeur et la variété de ses connaissances, la clarté et l'élégance de ses leçons. 11 était, du reste, déjà médecin par quartier du Dauphin, et lorsque ce dernier monta sur le trône sous le nom de Louis XIV, il s'empressa d'attacher Cousinot à sa personne en qualité de son premier médecin. 11 est vrai que notre archiatre avait eu la chance d'épouser Anne Bouvart, fille de Charles Bouvart, lequel, en qualité de médecin-chef du palais, n'avait pas eu de peine à faire parvenir son gendre jusqu'auprès du prince. Un fait bien singulier dans un siècle si fécond eu grands hommes : on vit un professeur d'éloquence au Collége-Royal, Jean Grangier, être gravement consulté sur les qualités futures de Louis le Grand encore an biberon, d'après les signes extérieurs que présentait l'enfant à l'observation; et l'on vit Jean Grangier, à son tour, s'appuyer, dans une aussi grave circonstance, des lumières de Cousinot, qui « daigna répondre ».
Jacques Cousinot a laissé plusieurs ouvrages, savoir :
I. Jficnbi Cusinoti... Oratio de felici Ovupellœ deditione, 1628, 111-4°. — II. Discours touchant la nature, vertus, effet et usages de l'eau des Forges. Paris, 1631, 10-4°. — III. Hé-
panse à quelques objections faites contre l'ouvrage précédent. Paris, 1047, iii-8°.
lY. Gutiilmi Putanei de orcultis pliarmncorum purganlium facultatibus, libri duo, quibus ailjecta est Jacohi Cusinoti filii a]>pen,licula de purgatrice rnedicamentorum facuUate. Lugà., 1054, iii-S". — V. On trouve d^ms le catalog-ue Falconet cette mention, sous le n° Tâ'iO ; Jacq. Cousinot. Observât, de recto usu aquarum minerai, subacidaruin (Ms. Car. Sponii), in-12. A. C.
COUSIX {Culex, nom dérivé par contraction de Cutilex, « quod cutem laciat »). Genre d'insectes diptères, type de la famille des Culicides, dans la o^rande division des Némocères {voy. ce mot).
Les Culicides, et en particulier les Cousins ou Culex, offrent une organisation remarquable, au point de vue du système nerveux et des organes buccaux. Déià Pline exprimait son admiration pour la structure compliquée de ces petits êtres en disant : Ubi tôt sensus collocavit iii Cullce? Mais il faut savoir que les pièces nombreuses des trompes des Cousins nous font éprouver de vives piqûres, et ([ue la présence d'innombrables individus des diverses espèces de ces insectes