CUISE
objections, celui du rôle joué par l'acte critique, que s'était mis Andral quand, dans une remarquable thèse d'agrégation, soutenue en 182i, il distiibuales crises éclectiquement, selon qu'elles dépendent de changements dans les humeurs ou de mouvt ments des solides, en cinq groupes ainsi formés : crises par déperdition des humeurs (sang, bile, mucus, etc.) ; par déperdition métastatique des humeurs (comme lorsqu'un flux urinaire fait disparaître une hydropi-ie) ; par translation d'une inflammation (diarrhée dans les maladies cérébrales, etc.) ; par translation d'un mouvement fliixionnaire, différent de l'inflammation (sueurs et évacuations variées, mais peu abondantes, dans la pneumonie, etc.), enfin par élimination d'une matière morbide contenue dans le sang.
La classificition pi'oposée par M. Pécholier {Revue thérapeuliqxie du Midi, n° 2, 18,J8, Montpellier) est également fondée sur la physiologie pathologique, et repose sur le caractère de l'effort qui produit la crise et sur la direction que cet effort affecte. Admettant que les divers mouvements qui les constituent sont des mouvements fluxionnaires, M. Pécholier reconnaît des crises par délitescence, par évacuation directe de la fluxion, par métastase et par contre-fluxion (révulsion ou dérivation). Cette division nous paraît supérieure, sous certains égards, à celle d'Andral ; mais si elle est plus logique, parce qu'elle a un point de départ unique, elle n'échappe pas plus que celle-ci au reproche de ne pas s'apphquer à tous les cas et de sc[)arer des choses souvent connexes ; c'est là d'ailleurs une difficulté insurmontable, puisqu'elle tient à la nature même des choses à classer, qui sont non des êtres distincts, mais des rapports nécessairement multiples et changeants. Nous ne tenterons donc pas une nouvelle répartition des crises ou des phénomènes critiques, celles qui précèdent suffisant largement à soulager la mémoire; nous ferons seulement remarquer que, dans les deux dernières, il s'agit plutôt des crises que des phénomènes critiques, et que c'est l'inverse pour les deux premièi es.
Nous venons de parler des rapports des phénomènes critiques avec la crise, à propos des classifications ; c'est ici le lieu de i appeler que les phénomènes critiques n'ont nullement ce caractère par euK-mêmes, et qu'ils ne sauraient être séparés du changement dans l'évolution morbide dont ils sont la manifestation ou le moyen. Suivant les circonstances, le même phénomène peut être symptomatique ou critique, et, dans ce dernier cas même, n'a pas toujours une valeur identique. Sous le bénéfice de cette observation, nous allons exposer à part les caractères principaux des phénomènes critiques les plus communs, et essayer de préciser letus relations avec la crise elle-même.
Sueurs. Sans aller jusqu'à prétendre, avec Van Ilelmonl et quelques autres systématiques, que la sueur est un phénomène critique universel et nécessaire, on doit l'econnaître qu'elle se rencontre dans un grand nombre de maladies au moment de la crise, et l'on se rend facilement compte de sa fréquence et de son importance dans ce cas, en se rappelant l'étendue de la peau, sa richesse en glandes, en vaisseaux et en nerfs, et le rôle considéi'able que la perspiration cutanée joue dans l'élimination d'une partie des produits de la combustion interstitielle et aussi dans la régularisation de la température organique. Les sueurs critiques doivent être générales, d'une certaine abondance, chaudes, iluides, formant des gouttelettes ou se vaporisant facilement, et être bien supportées par le malade, qu'elles soulagent et dont elles contribuent à abaisser la température, quand il a de la fièvre (comp. Pronostic, § 6) ; parfois cependant elles se réduisent à une légère moiteur, qui passe inaperçue à une observation
superficielle, mais n'en a pas moins un caractère avantageux. Les suem's partielles, bornées au cou et à la face, à la tête, froides, s'accompagnant ou non de miliaiie, de même que les sueurs profuses de même qualité, visqueuses, ne coïncidant pas avec une amélioration de la situation, sont d'une signification inverse {Pronostic, § 6, Aphor., sect. IV, 56) : ce sont celles qu'on rencontre dans les fièvres graves, adynamiques, et dans les collapsus, dans les périodes agoniques ou dans Tasphyxie. D'après les recherches d'Aiidral, les sueurs ne seraient jamais alcalines, mais pourraient devenir neutres, réaction qui s'allierait avec la viscosité de cette sécrétion [Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1848). On manque de renseignements sur les autres modifications chimiques de la sueur critique.
Les relations de la diaphorèse avec la crise ont été diversement appréciées; elles ne sont pas constamment identiques, d'ailleurs. Considérée par les uns comme cause de l'amélioration critique, la sueur a été envisagée par d'autres, par les solidistes surtout, comme une simple conséquence du rétablissement de la santé, et cette interprétation a été rééditée dans ces derniers temps, par ceux qui confondent la crise et la défervescence, avec une grande assurance, basée sur une prétendue démonstration du fait par les recherches thermométriques. Cette assertion résulte évidenunent d'une observation incomplète. Nos recherches personnelles et celles qui ont été faites avec le plus grand soin, à notre insligation et sous notre direction, par le docteur Slawecki (thèse de Montpellier, 1875), établissent d'une manière irréfutable que, dans l'accès de fièvre intermittente, par exemple, la sudation commeace peu après que le maximum thermique a été atteint ou, au plus tard, au moment où la défervescence va se produire. Lorain, depuis, a même vu au moment de l'apparition de la sueur la température axillaire s'élever de 0'',2, de 40°, 8 à 41 degrés, tandis que la tempémture rectale, buccale, etc., baissait d'autant, de 41°, 4 à 41°2 {Éludes de médecine clinique, t. II, p. 38. Paris, 1877). Ce qui a induit quelques observateurs en erreur, c'est que cette sudation n'est d'abord constituée que par une simple moiteur, non permanente même au début, qui augmente ensuite de façon à former des gouttelettes de sueur aux tempes, au front et aux ailes du nez, etc., et que c'est seulement une fois l'accès terminé, souvent pendant le sommeil qui le suit assez ordinairement, qu'une sueur profuse baigne le sujet et appelle son attention.
Mais, pour s'assurer du fait sans contestation possible, il est nécessaire de suivre l'évolution de l'accès d'une façon continue, en ne laissant pas d'une minute, pour ainsi dire, la lecture du thermomètre placé dans l'aisselle du fébricilant. Pour élucider plus complètement cette question, nous avons joint à l'observation thermoniétrique celle de la perte de poids subie par le corps du patient pendant li^ l'accès, au moyeu d'une balance-lit, sensible à moins de 10 grammes, que nous avions fait construire à cet effet.
Des deux courbes ci-dessous, la première représente les variations de température, de pouls, de respiration et de poids, d'un individu atteint de fièvres intermittentes doubles-tierces, depuis le début de l'accès jusqu'au moment où la défervescence commence (nous n'avons suivi personnellement le sujet que jusi qu'à sept heures du soir et ne répondons que jusqu'à ce moment des chiffres )' fournis) ; la deuxième est destinée à compléter la première, en retraçant les è mêmes éléments observés à partir de la période d'état jusqu'à ce que le niveau normal de la température soit atteint. Elles établissent (ainsi que d'autres
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Fig. 1.
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ii^f 0°
i»o 19° Ij.
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