CROSS
leçons sur la structure, les rapports et les lois des mouvements des muscles ; il indiqua dans son testament le plan de ces leçons, au nombre de deux chaque année, et qui devaient être faites, l'une au collège de chirurgie, l'autre à la Société royale.
La veuve de Croone, en mourant (1701), légua une somme dont les intérêts (5 1. st., 75 fr.) devaient couvrir les frais de ces leçons. Elles ont commencé en 1738, et les plus grands noms du monde médical de l'Angleterre ont tenu à honneur d'être désignés pour accomplir le vœu du testateur. Plusieurs de ces leçons ont été publiées sous le nom de Croonian Lectures.
Comme l'indiquent le sujet du cours qu'il avait professé, le but de cette fondation, et le titre de ses ouvrages, on voit que Croone s'était beaucoup occupé du système locomoteur et de sa physiologie. Ses idées sur le système nerveux, sa fermentation, son effervescence, son rôle dans les mouvements, sont celles de son temps.
On a de lui :
I. De ratione motus musculorum. Londini, 1664, in-4° (anonyme) et Amstelodami, 1667, in-12 (signé). — II. Leçons faites à la Société royale, On Théory of Muscular Motion, 1674 et 1075, dont quelques fragments ont été insérés dans les Philosoph. CoUecl. de Hook. Lond., 1681. L. Hn.
CROfitS ou CROSSE (John-Gree>;). Chirurgien anglais du plus grand mérite, naquit en 1790 à Stowmarket. 11 fit ses études médicales hSt-GeorgesHospital à Londres et à l'Ecole anatomique de Windmill-street dans la même ville, et c'est à ce moment qu'il se lia d'amitié avec Benjamin Brodie et Charles Bell ; puis il fut pendant quelque temps démonstrateur d'anatomie à l'Université de Dublin, et de 1814 à 1815 fit un voyage en France; il visita surtout Paris et Montpellier pour y étudier l'organisation médicale et hospitalière ; il fut particulièrement en rapport avec Dupuytren, Magendie, Béclard, Orfila, Roux, etc. A son retour en Angleterre, il s'établit à Norwich, où il fut nommé en 1825 assistant-surgeon du Noi'folk and Norwich Hospital et en 1826 chirurgien en titre, fonctions qu'il remplit avec le plus grand éclat; il se distingua particulièrement comme lithotomisle.
Cross fut agréé membre du Collège loyal des médecins et des chirurgiens de Londres, dès 1820, et membre de la Société royale de Londres en 1856, et en 1845 l'université de Saint-Andrews lui conféra le titre de docteur en médecine. Il fut, dès sa fondation, l'un des soutiens les plus sérieux du Provincial Médical and Physical Association, et en 1846 présida cette société. Il mourut universellement regretté le 9 juin 1850.
Cross est l'auteur d'un assez grand nombre de publications médicales qui ne manquent pas de valeur et d'originalité.
Nous citerons entre autres :
I. Skelches ofthe Médical Schools of Paris, including Remarks on the Hospital Pradtce, the Lectures, Anatomical Schools and Muséums, and exhibiiing the Actual State a f Médical Instruction in the French Metropolis. Glasgow, 1815, gr. in-S", 2 pi. — II. Paris et Montpellier, ou tableau de la médecine dans ces deux écoles ; trad. de l'angl. par E. Revel. Paris, 18-20, in-8°. — III. A History of the Variolous Epidémie, which occurred in Norwich in the year 1819, and destroyed 530 hidividuals; with an Estimate of the Protection afforded by Vaccination, and a Revieiv of past and présent Opinions upon Cliicken-pox, and Mudi/ied Small-pox. London, 1820, in-8°. — IV. il Trcatise on the Formai ion Constiluents and Extraction of the Uvinary Calculas (Jacksonian Prize Essay). London, 1835,
CROTALIDES. -407
jn-4\ — \'. A Memoir upon the Metlwd of securcJy closlng Moist Anatomical Préparation jneserved in Spirit. Worcester, 1856, in-S». — VLAReh-ospcctivc Adress upon Médirai Science and Litcralure. Worcester, ISÔO, in-S". —VII. On tIteUse of the Cerebellum, on the Spimd Marrow, and on Ri.ynration. In Thomson's Annalsof Philosopluj, t.V, p. 111, 1815. VIII. Réfutation ofW. Walker's daims ta the Discovery of the Uses oft/ie Cercbeltuni ; wUh fur Hier Observ. on Respiration. Ibid., p. 420. — IX. Remarkable Case ofPalsy. Ibicl., t. VIII, p. l'il, 1811). — X. Analogy between the Kidneys and Teslicles. Ibid., p. 596.— XI. DeS' cription of two Cases of Tetanus. Ibid., p. 441. — XII. Mémoire sur l'efficacité de l'huile essentielle de térébenthine contre le ténia et les ascarides. Rapp. fait à la soc. méd. démul. par. E.-P. Ghaujieton. In Journ. de méd. de Leroux, t. XXIV, p. 147, 1816. — XIII. A Case of Amputation, ivith some Exj)eri?nents and Observations un the Securing of Arleries ti'ith Minute Silk- Ligatures. In I.ond. Med. Reposit., t. V[II, p. 353, 1817. — XIV. Two Letters showing the Im])ropriely of electing Assistant Surgeons, respectfully addressed la the î^or folk and Norwich Hospilal. Norwich, 1827, in-S". — XV. A Remarkable Case of Inverted displacement of the Urinary Bladdcr. In Transad. of the Prov. Mcd. a. PJiys. Assoc., t. XIV.
11 ne faut pas confondre cet auteur avec un outre Cross (John), docteur de l'Université de Glasgow et auteur de deux livres qu'on a quelquefois attribués au précédent et dont voici les titres :
I. An Attempt to establish Physiognomy upon Scientific Principles; originally delivered in a Séries of Lectures. Glasgow, 1817, in-8°. — II. On the Mechanical Structure of the Human Foot and Leg. Glasgow, 1819, in-8°. L. Hk.
CROT.4LA.R1A. Genre de plantes Dicotylédones, appartenant à la famille des Légumineuses-Papilionacées. Ce sont des herbes ou des arbrisseaux à feuilles ^^ composées palmées, à cinq, trois oti une seule foliole. Les fleurs, les plus sou- ■"' vent jaunes, ont un calice à cinq lobes, presque bilabié; une corolle papilionacéQ ^* à grand étendard cordiforme ; dix étamines toutes soudées entr'elles en un seul ■™ faisceau fendu en-dessus. Le fruit est une gousse renflée, le plus souvent polysperme.
Quelques espèces de ce genre ont des fibres résistantes qui peuvent être utilisées comme matière textile. La plus connue à cet égard est le Crotalaria Juncea L. des Indes orientales. Ses tiges sillonnées, recouvertes de poils appliqués, portent des feuilles lancéolées atténuées en coin à la base. On la cultive et on emploie son tissu libérien comme le chanvre chez nous.
D'autres Crotalaria sont employées comme remèdes. Tel est le Crotalaria vevnicosa L., à rameaux tétragones, à feuilles ovales, à fleurs bleues en grappes terminales. D'après Ainslie, les médecins des Indes orientales prescrivent le suc amer des feuilles et des jeunes pousses, soit à l'intérieur, soit à l'extérieur, contre la gale, l'impétigo, etc., etc.
Le Crotalaria retusa L., qui vient dans les Indes orientales et aux Moluques, et qui a été introduit dans les Antilles et à Maurice, a des fleurs jaunes, pourprées sur l'étendard, qu'on mange cuites dans certaines régions. Pl.
Bibliographie. — Linné. Gênera, 8G2. Species, 1004 et 1005. — Rumphius. Herbar. amboin. V, tab. 96, f. 1. — Rhef.de. Malabar, 9, lab. 25 et 26. — Anislie. Materia medica, II, 505 et 478. — De Ca^'dolle. Prodromus, II, 124. — Endlicher. Gênera. — Bentham et Hooker. Gênera, 0472. Pl-.
CROTAL,lDES. CROTALE, Crotalus Lin. Les Crotales si redoutés pour •1^ leur morsure appartieonent à la famille des Crotalides, à la section des Ser~ 5 pents Solénoglyphes de Duméril et Bibron ; ils sont caractérisés principalement i,il»i par l'existence à l'extrémité de la queue d'une série d'étuis cornés, maintenus
/m CROTiVLiDES.
les uns dans les autres et dont l'entrechoquement détermine la production d'un bruit particulier. C'est la faculté de produire volontairement ce bruit qui leur a fait donner de tout temps le nom de serpents à sonnettes; d'où le nom scientifique de Crotale, de ■/o(3Ta>.ov, grelot. Les jeunes ne portent pas encore de sonnettes ; les étuis constituants n-'apparaissent qu'avec les progrès de l'âge et leur nombre va toujours croissant.
Le genre Crotale proprement dit ne comprend que des espèces exclusivement confinées dans les provinces méridionales de l'Amérique du Nord. Les auleurs ont distingué un assez grand nombre d'espèces ; mais beaucoup d'entre elles paraissent être des variétés de quelques espèces typiques ; un savant herpélologiste, M. G. Jan, n'admet dans son catalogue que les six espèces suivantes :
1. C. durissus L. Amer, sept.; Louisiane; Caroline du Sud; NJle Angleterre.
2. C. adamanteus Pal. Beauv., C. rhombifer Latr. Caroline du Sud ; Mexico; Amer. sept.