CUISINIERS
constante, soit pour détendre les tissus, soit pour atteindre le mal à la profondeur nécessaire. D.
CUISIIVIERS (Hygiène industrielle) . On peut les partager en deux groupes bien distincts : les cuisiniers privés au service des particuliers et ceux qui sont placés dans des établissements spéciaux où l'on donne à manger au public, depuis la simple gargotte jusqu'aux grands restaurants où s'étale, dans tout son luxe, la science culinaire; il en est de même des pâtissiers; mais pour ceux-ci, comme pour les cuisiniers, ceux de la seconde catégorie sont de beaucoup les plus nombreux.
Les cuisiniers et pâtissiers établis formaient autrefois diverses corporations, dont on trouveiM les noms et les statuts dans le Livre des Métiers de Boileau. Ainsi, il y avait les regrattiers, très-utiles aux classes ouvrières, et qui vendaient au détail des poissons, des viandes cuites, des fruits, différents condiments, du sel, etc. ; les cuisiniers ou rôtisseurs, plus connus dans le moyen âge sous le nom d'oyers, ou rôtisseurs d'oies; l'oie était alors un mets très-estimé; ils vendaient seulement des viandes rôties ; les traiteurs ou maîtres gueux, qui préparaient toutes sortes de mets; les sauciers, vinaigriers, moutardiers, qui fournissaient les assaisonnements.
Les pâtissiers étaient connus sous le nom à'ouhUeurs ou fabricants d'oubliés et autres gâteaux qu'ils colportaient dans les rues de Paris en criant :
Chaudes oublies renforcées, Galettes chaudes, eschaudés.
Inconvénients de la profession. Ils sont' les mêmes dans les deux cas. Pâtissiers et cuisiniers travaillent au feu des fourneaux ou des fours, généralement dans des pièces basses et mal éclairées : de là un état anémique très-prononcé, caractérisé par la pâleur mate de la face, la bouffissure. Cette anémie s'accompagne habituellement d'anorexie, qui en est la conséquence naturelle. Quelques personnes ont cru que ce défaut d'appétit était dû à l'absorption de particules nutritives répandues dans l'atmosphère !... La chaleur des fourneaux provoque assez souvent de la céphalalgie et une disposition aux congestions cérébrales, en même temps que la station continuelle debout les dispose aux •varices et aux ulcères des jambes. Ils sont ti'ès-exposés aux brûlures en maniajit des charbons ardents, des pièces de viande bouillantes, des poissons sortant dt la friture.
Comme l'a fait observer M. Bazin, le contact continuel avec des substances irritantes et avec la chaleur détermine à la face dorsale des mains, aux poignets, aux avant-bras, et quelquefois à la face, des éruptions eczémateuses, aiguës d'abord, puis sèches, fendillées, avec desquamation de l'épiderme et prurit très-intense {Affections cutanées artificielles. Paris, 1862, p. 89).
Outre ces mêmes affections, les pâtissiers sont assez souvent atteints d'irritation du bord libre des paupières due à l'action de la farine.
Je ne connais qu'un seul document statistique relatif aux cuisiniers ; il est dû à Lombard, de Genève. Cet auteur leur donne pour durée de la vie 54 ans, la durée moyenne de la vie, à Genève, étant de 55 ans.
Quels sont les moyens d'obvier aux inconvénients que nous avons signalés ? ■C'est avant tout d'améliorer la situation des cuisines. Darcet, qui s'est occupé de la question avec cet esprit pratique qui le caractérisait, a formulé les principes
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suivants : Les cuisines doivent être élevées, vastes; le sol sera revêtu de dalles jointes très-exactement avec du ciment, de manière à empêcher l'infiltration des matières organiques qui tombent et coulent à sa surface ; inie pente convenable les entraînera dans un conduit chargé de les évacuer au dehors. Les fourneaux, qui donnent si souvent lieu à des émanations carboniques dont on connaît les dangers, seront placés sous une large hotte, communiquant avec le foyer principal, et l'ouverture en sera calculée de manière à produire un courant qui entraîne toutes les exhalaisons nuisibles. Quand les cuisines sont reléguées dans les caves, il faut que cette partie de la maison soit vaste, bien sèche et complètement aérée; mais, au total, ce ne sont pas Là de bonnes conditions. Darcet a encore conseillé de les ventiler près du plafond et près du plancher, afin d'entretenir un courant.
Il insiste beaucoup sur les pierres d'évier, qui doivent être parfaitement plates, afin que les liquides imprégnés de matières animales n'y séjournent pas, et légèrement inclinées vers l'ouverture qui donne passage aux eaux. Cette ouverture sera munie d'une grille qui empêche le passage des matières solides, et recouverte d'une cloche en métal dont les bords découpés plongent dans une rainure circulaire remplie d'eau.
Il est très-important que les cuisines soient entretenues dans un grand élat de propreté, et, à cet égard, une peinture à l'huile ou à la chaux, renouvelée au moins tous les deux ans, est indispensable pour empêcher l'imprégnation des murs par les particules organiques.
Quant aux brûlures et autres accidents analogues, c'est aux cuisiniers de prendre leurs précautions à cet égard pour les éviter; les éruptions eczémateuses seront empêchées ou atténuées par de grands soins de propreté ; aux varices on opposera les bas lacé^; enfin, les vases et ustensiles de cuivre seront tenus avec le plus grand soin et souvent étamés, afin d'éviter les intoxications.
E. Beaugrakd.
Bibliographie. — Fortin. Nouveau fourneau de salubrité très-économique, et digesteur de nouvelle invention. Paris, 1791, in-8°. — Rujiford (Benj. de). Dixième essai, 3° part., Construction des cuisines publiques et parlieulières, et fabrication de leurs ustensiles [rôtissoire en vases clos). Trad. de l'angl. par T. de Courtivron. Paris, 1804, in-S", pi. 29. — Darcet. Description d'un fourneau de cuisine, construit de manière à pouvoir y préparer toute espèce d'aliments, etc. In Annales de l'Industrie, etc. Paris, 1822, in-8°, pi. — Moxfalcon et de PoLixiÈRE. Art. Cuisine. In Traité de la salubr. dans les grandes villes. Paris, 1846, in-S".— BnowN [Y. -h]. On Injurions Effects a f Underground Kitchens. In Sanitari; Beview, Aprii 1858. È. Bgd.
cmsSART. Appareil prothétique destiné à remplacer le membre inférieur après l'amputation de la cuisse. 11 se compose : 1° d'un cône creux à sommet inférieur, recevant le moignon, quelquefois percé près de son sommet d'une fenêtre par laquelle on peut passer des linges; 2° d'une tige de bois appelée pilon, élargie à l'extrémité qui doit porter sur le sol; 3" d'une attelle parlant du côté externe du cône, remontant vers la hanche, et fixée par une ceinture qui entoure le bassin [voy. Cuisse et Jambe artificielle).
CUISSE. § I. Anatomie. Tous les anatomistes assignent pour limite supérieure à la région postérieure de la cuisse le pli lessier et, à la région interne, le sillon génito-crural. L'accord cesse en ce qui concerne la région antérieure.
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Bérard et Jarjavay limitent la cuisse, en haut et en avant, par une ligne se dirigeant de l'épine iliaque antérieure et supérieure vers le sommet du petit trochanter. Pour Ricliet, la cuisse est séparée de la région de l'aine par une ligne tranversale qui, passant à douze ou quinze centimètres au-dessous de l'arcade crurale, c'est-à-dire au niveau de la jonction du couturier avec les adducteurs, irait rejoindre deux lignes verticales dont l'une est représentée par la saillie du droit interne de la cuisse, et l'autre par une ligue fictive allant de l'épine iliaque antérieure et supérieure jusqu'au-dessous du grand trochanter.
JVous ferons remarquer que la limite naturelle de la cuisse est l'arcade crurale; si l'on a éprouvé le besoin de distraire de la région de la cuisse quelquesunes des parties situées au-dessous de cette arcade, c'est uniquement pour permettre une étude d'ensemble des organes qui donnent aux maladies du pli de l'aine un cachet tout spécial. Or, tous ces organes sont contenus dans un espace parfaitement dessiné quand le membre inférieur est placé dans sa situation chirurgicale, c'est-à-dire couché sur sa face externe et légèrement fléchi : nous dirons donc, avec F. Guyon (article Aine de ce Dictionnaire) , que la limite supérieure et antérieure de la cuisse est déterminée par la saillie que font les muscles couturier et grand adducteur jusqu'au niveau de leur entre-crolisement.
La limite inférieure de la cuisse a été diversement appréciée aussi. Malgaigne la place au niveau du bord supérieur de la rotule; Blandin à quatre travers de doigt plus haut; Jarjavay à un travers de doigt au-dessus de la rotule. Richet et Paulet indiquent une ligne passant à deu}{ travers de doigt audessus de la rotule : cette limite est rationelle, car elle correspond à peu près au fond du cul-de-sac synovial qui glisse sous le triceps.
Quand le membre inférieur est dans l'extension, la cuisse a la iorme d'un cône renversé assez régulier, mais présentant cependant une saillie convexe en avant et en dehors, saillie due à la courbe décrite par le fémur, et une sorte de méplat sur la face interne. Quand la cuisse est demi-lléchie, ou encore quand elle repose sur un phin solide, elle est légèrement aplatie sur ses faces antérointerne et postéro-externe. Quand les muscles sont vivement contractés, la cuisse affecte une forme prismatique chez les sujets vigoureux et maigres; chez les femmes el les enfants, ces variations sont très-peu sensibles en raison de l'accumulation du tissu adipeux.
Lorsque le sujet est dans la station debout, les deux cuisses prennent une direction oblique de haut eu bas et de dehors en dedans. Cette obliquité tient à ce que le condyle interne du fémur descend plus bas que l'externe; il résulte de là que, l'extrémité inférieure de l'os reposant sur un plan sensiblement horizontal, les facettes articulaires du tibia, son extrémité supérieure doit nécessairement s'incliner en dehors ; elle provient aussi de l'écartement des grands trochanters, écartement d'autant plus considérable que le col du fémur est plus long et le bassin plus large. Ces deux dernières circonstances existant surtout cliez la femme, on conçoit que chez elle la cuisse soit plus oblique que chez l'homme.
Pour simplifier l'étude"; de l'anatomie de la cuisse, on la divise généralement en deux régions, l'une antérieure et l'autre postérieure. Avant d'aborder cette division, nous croyons utile d'étudier les couches communes aux deux régions, c'est-à-dire la peau, le tissu sous-cutané et l'aponévrose d'enveloppe.
Mince et fine à la partie interne, la peau devient épaisse et plus rugueuse
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vers la partie externe. Elle est recouverte de poils qui, généralement peu abondants, se remarquent surtout en avant. Elle présente des follicules sébacés très-nombreux surtout dans le voisinage du pli génito-crural, point dans lequel leur sécrétion acre et irritante détermine souvent des érythèmes. A l'état de repos, la peau ne forme ni saillie, ni enfoncement, si ce n'est une légère fossette siégeant au niveau du tendon du triceps, entre les saillies du vaste externe et du biceps. C'est vers le tiers antéro-inférieur de la cuisse que l'on rencontre quelquefois, en particulier chez les cordonniers, une bourse séreuse recouverte par un tégument noirâtre, rugueux et épaissi.
La peau de la cuisse glisse très-facilement sur l'aponévrose sous-jacente : ce fait explique les grands épanchements qui peuvent succéder aux contusions ; il explique aussi les succès que l'on obtient par la réunion immédiate des plaies.
Au-dessous de la peau on rencontre un panicule adipeux plus ou moins considéiablc recouvrant lui-même le fascia superficialis. Cette couche sous-cutanée est lamelleuse en avant; elle est aréolaire en arrière, et surtout en haut où elle se confond avec celle de la région fessière ; elle est très-peu adhérente à l'aponévrose, si ce n'est dans la gouttière qui sépare, en dehors et en bas, le vaste externe du biceps.
C'est dans la couche sous-cutanée que marche la veine saphène interne ; cette veine suit un trajet oblique qui s'étend de la partie postérieure du condyle interne du fémur jusqu'au sommet de l'entonnoir crural, point où elle traverse la lame criblée pour se jeter dans la veine fémorale. Quelquefois la veine saphène est double à la partie interne de la cuisse, mais, à la partie supérieure, ces deux vaisseaux se réunissent toujours en un seul tronc. A la partie postérieure de la cuisse, on remarque un tronc veineux dont l'existence est constante, mais dont le volume est très-variable ; ce tronc se détache de la saphène externe, dans le creux poplité, et se porte obliquement en haut et en dedans, de façon à rejoindre la saphène interne après avoir contourné le bord interne de la cuisse vers son tiers supérieur. Ces deux veines principales reçoivent en avant et en arrière les veines qui rampent dans le tissu cellulaire sous-cutané.
Les artérioles tégumenteuses sont trop 'peu importantes pour nous occuper.
Les vaisseaux lymphatiques superficiels de la cuisse sont nombreux ; on les rencontre surtout à la partie interne du membre où ils suivent un trajet à peu près parallèle à celui de la veine saphène interne ; en arrière, un petit groupe de lymphatiques suit le trajet de la saphène postérieure. Tous les lymphatiques se dirigent vers les ganglions inguinaux superficiels. La situation des vaisseaux lymphatiques doit guider le praticien quand il fait des inoculations expérimentales, en particulier des inoculations de pus vénérien; s'il tient à éviter les bubons, il devra s'éloigner des régions interne et postérieure.
Les nerfs qui traversent la couche sous-cutanée pour animer les téguments sont nombreux. En dehors, on rencontre le rameau fémoral du nerf inguinal externe ; en dedans la branche fémorale du nerf inguinal interne et le petit nerf accessoire du saphène interne ; au milieu, les rameaux perforants du nerf crural qui, après avoir innervé le muscle couturier, traversent l'aponévrose. En arrière et en dehors, on remarque quelques filets du nerf inguinal externe; tout à fait en arrière, des rameaux émanant de la branche fémorale du petit sciatique.
L'aponévrose fémorale ou fascia lata s'insère supérieurement au grand troclianter, à la crête iliaque, à l'épine iliaque antérieure et supérieure, à l'arcade
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crurale, au pubis, à la branche inférieure du pubis, à l'ischion ; en haut et en arrière, elle se continue avec l'aponévrose fessière. En bas, elle se continue sans interruption avec l'aponévrose jambière, après s'être confondue, à la région antérieure, avec le large tendon du triceps.
Cette aponévrose est très-épaisse en dehors, oiî elle présente un renforcement large de trois travers de doigts environ ; ce renforcement connu sous le nom de fascia Ma descend verticalement de l'épine iliaque antérieure et supérieure à la tubéiosité externe du tibia. Tout en demeurant très-résistante dans toute son étendue, l'aponévrose fémorale diminue notablement d'épaisseur vers la partie interne du membre, surtout en haut, au niveau de la partie supérieure des muscles droit interne et adducteurs : aussi est-ce à ce niveau que l'on a surtout constaté la hernie musculaire.
L'aponévrose fémorale est composée de fibres qui affectent une direction verticale, en dehors, au niveau de la bandelette faacia lata. Partout ailleurs on remarque des fibres circulaires et des fibres obliques qui s'entre-croisent en laissant entre elles des intervalles losangiques destinés à donner passage aux vaisseaux et aux nerfs qui se rendent à la peau.
De la face interne de l'aponévrose d'enveloppe partent des cloisons aponévrotiques formant des gaines à chaque muscle de la région et une gaîne spéciale aux vaisseaux fémoraux.
Parmi ces cloisons, il en est deux, la cloison intermusculaire interne, et la cloison intermusculaire externe, qui méritent une attention toute particulière; leur résistance supérieure à celle de toutes les autres cloisons et leur situation ont pour effet de subdiviser la gaîne aponévrotique commune en deux grandes loges secondaires : l'une antérieure, contenant les vaisseaux fémoraux, le nerf crural, les muscles triceps, droit antérieur, couturier, tenseur du fascia lata, et presque tout le fémur; l'autre postérieure, contenant le nerf sciatique, les adducteurs, le droit interne, le biceps, le demi-membraneux et le demi-tendineux.
La cloison intermusculaire interne part du côté interne de l'aponévrose commune pour aller s'insérer à la ligne rugueuse qui s'étend du petit trochanter à la ligne âpre, puis à toute l'étendue de la lèvre interne de cette dernière jusqu'au petit tubercule qui surmonte la tubérosité interne du fémur. Cette cloison aponévrotique, qui fournit des insertions en avant au vaste interne, et en arrière aux adducteurs, est traversée dans sa moitié supérieure par les artères perforantes.
La cloison inlermusculaire externe, plus épaisse que la précédente, se rattache par son bord externe à l'aponévrose d'enveloppe au point d'union des faces «xterne et postérieure de la cuisse, tandis que son bord interne se fixe à la ligne rugueuse qui relie le grand trochanter à la ligne âpre, puis à la lèvre externe de la ligne âpre jusqu'au condyle externe du fémur.
Cruveilhier et quelques anatomistes décrivent séparément une troisième cloison intermusculaire, moins forte que la précédente, séparant les muscles de la région interne de ceux de la région postérieure. Il y aurait ainsi trois gaines principales au lieu de deux. Des anatomistes distingués soutiennent que la véritable cloison interne est située entre les muscles de la région interne et de la région postérieure, en sorte que la gahie postérieure ne contiendrait que le nerf scialique, et les muscles biceps, demi-tendineux et demi-membraneux ; nous croyons l'opinion de Richet plus conforme à la dissection. 11 serait facile de
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multiplier les subdivisions, puisque les gaines principales sont divisées en p.usieurs loges pai- des lames aponévrotiques qui, pénélrantentre les muscles, en isolent les couliactions.
Ces parties communes étant étudiées, nous pouvons aborder l'étude des régions de la cuisse, régions qu'à l'exemple de Velpeau, de Richet et de Paulel, nous subdivisons en antérieure et en postérieure.
Ces deux régions sont séparées l'une de l'autre, en dehors, par une ligne verticale allant du grand trochanter au condyle externe du fémur, ligne à la partie inférieure de laquelle on remarque un sillon, entre le vaste externe et le vaste interne, sillon formé par la plus grande adhérence, en ce point, de la peau à l'aponévrose ; en dedans, elles sont séparées par une ligne descendant de la branche ischio-pubienne au condyle interne, ligne qui suit la saillie du muscle droit interne.
Région antérieure. Après avoir enlevé la peau, le tissu sous-cutané et l'aponévrose, ou rencontre des muscles que l'on peut distinguer en superficiels et eu profonds. Les superficiels ne prennent aucune insertion sur le fémur, tandis ((uc les profonds ont de nombreuses adhérences avec cet os.
Les muscles superficiels, au nombre de deux, sont le tenseur du fascia lala et le couturier.
Le tenseur du fascia lata, court fet épais, descend verticalement à la partie externe et supérieure de la cuisse dans un dédoublement de l'aponévrose d'enveloppe. Les fibres attachées supérieurement à l'épine iliaque antérieure et supérieure se confondent inférieurement, à l'union du tiers moyen et du tiers supérieur de la cuisse, avec les fibres de l'épaisse bandelette du fascia lata, bandelette à laquelle on donne aussi le nom de ligament iléo-fémoral ; c'est par l'intermédiaire de cette bandelette, que l'on peut considérer comme son tendon, que le tenseur du fascia lata s'insère au tubercule externe de la tubérosité antérieure du tibia.
Le couturier est un muscle long et plat, large de deux travers de doigt environ, dont toutes les fibres parallèles entre elles et contenues dans une loge aponévrotique spéciale, décrivent une spirale allongée s'étendant à l'épine iliaque antérieure et supérieuredela jambe. Ce muscle, satellite de l'artère fémorale, sert de guide dans la ligature de ce vaisseau. Il importe donc de signaler ses anomalie». qui heureusement sont fort rares : Rosenmiiller a vu le couturier manquer dans un cas et être double dans un autre. Dubreuil a cité un cas de véritable hypertrophie dans lequel le couturier diminuait la largeur et la longueur du triangle inguinal et recouvrait l'artère crurale dans une étendue insolite; pour her cette artère, il eût fallu déjeter fortement ce muscle de dehors eu dedans, ou mieux le couper en travers, tandis qu'ordinairement, à ce niveau, l'artère côtoie son bord interne.
En dedans et au-dessus du couturier, on aperçoit une partie des muscles adducteurs et droit interne. Eu dehors et au-dessous du couturier on aperçoit le droit antérieur, le vaste interne et le vaste externe, en un mot, les muscles qui constituent le triceps fémoral.
Le droit antérieur ou longue portion du triceps fémoral est penniforme, allongé, plus large à sa partie moyenne qu'à ses extrémités; il s'insère en haut, par un double tendon, à l'épine iliaque antéro-inférieure et au sourcil cotyloïdieu; en bas, au bord supérieur de la rotule par l'intermédiaire du tendon commun du triceps.
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Le vaste externe est très-considérable, car il constitue à lui seul toute lu masse musculaire externe de la cuisse, masse volumineuse chez les individus bien musclés; il contribue à mettre plus en relief encore la courbe formée par la convexité antéro-externe du fémur. Il s'insère par une aponévrose nacrée à la base du "^rand troclianter, à une ligne rugueuse allant du grand trochanter à la li^ne âpre, et à toute la lèvre externe de cette ligne ; de ces diverses insortions se's fibres se dirigent, en descendant obliquement en bas et en avant, vers une aponévrose qui, occupant la face profonde du muscle, va s'attacher à ia partie externe de la base de la rotule, en se confondant avec le tendon du droit antérieur.
Le vaste interne s'insère supérieurement : 1" à une ligne rugueuse étendue de la partie antérieure du col du fémur à la ligne âpre ; 2'^ à la lèvre interne de la li"ne âpre, depuis le niveau du trochanter jusqu'à son quart inférieur, par des fibres aponévrotiques en connexion avec celles des adducteurs ; 5» sur les deux bords antérieurs du fémur et sur la presque totalité des faces de cet os ; 4" sur la portion inférieure de la cloison inlerniusculaire interne; inférieurement, il se termine par une large aponévrose qui, en partie cachée par le droit antérieur et le vaste externe, vient s'attacher au tendon du droit antérieur et à la rotule. Le vaste interne forme donc une espèce de manchon enveloppant le fénmr; il est mince et recouvert par le droit antérieur et le vaste externe, si ce n'est en bas et en dedans, immédiatement au-dessous et en dehors du couturier, point où i\ devient sous-aponcvrotique et assez épais pour c instituer une saillie connue sous le nom de saillie interne sus-condylienne. En ce point, les libres du vaste interne sont dirigées de haut en bas et de dedans en dehors, circonstance qui, pendant la ligature de l'artère fémorale, permet de distinguer facilement ses libres de celles du couturier dirigées en sens inverse.
Constitué par ces trois faisceaux, droit antérieur, vaste externe et vaste interne, qui, par l'intermédiaire de la rotule et du ligament rotulien, vont s'in sérer à la tubérosité antérieure du tibia, le triceps constitue le muscle le plus puissant du corps humain. 11 étend la jambe sur la cuisse, fléchit la cuisse sur le bassin et fait équilibre au poids du corps dans le renversement du tronc en arrière.
Si l'on écarte, ou si l'on enlève le couturier, on aperçoit un sillon oblique de haut en bas et de dehors en dedans dans lequel marchent l'artère et la veine fémorale. Ce sillon est formé en dehors, dans toute sa longueur, par le muscle vaste interne; en dedans, il est formé par l'aponévrose intermusculaire interne derrière laquelle on aperçoit les muscles adducteurs, muscles qui, bien que placés dans la grande gaîne musculaire postérieure, appartiennent de fait à la région antérieure.
Le moyen ou premier adducteur et le petit ou second adducteur, insérés en haut sur le pubis, n'appartiennent à la région de la cuisse que par leur extrémité inférieure; le premier s'insère au tiers moyen de l'interstice de la ligne âpre; le second au tiers supérieur du même interstice. Plus considérable que les précédents sous lesquels il passe, le troisième ou grand adducteur descend de la branche ischio-pubienne et de la tubérosité de l'ischion pour venir s'insérer à toute la hauteur de l'interstice de la ligne âpre et à la tubérosité du condyle interne du fémur. Les fibres qui naissent de la tubérosité de l'ischion suivent une direction oblique en bas et en dehors pour se porter vers l'interstice de la ligne âpre auquel elles s'insèrent en se confondant avec les autres adduc-
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tcurs. Les libres qai naissent de la branche ascendante de l'ischion descendent presque verticalement et donnent naissance à un tendon qui apparaît d'abord sur le bord interne et la face antérieure du muscle et qui va s'insérer au tubercule saillant du condyle interne du fémur.
Le muscle grand adducteur présente, le long de la ligne âpre, des anneaux ostéo-fibreux destinés au passage des artères perforantes. Plus bas, entre les fibres moyennes et les fibres inférieures, au niveau <le la bifurcation inférieure de la ligne âpre, il présente une ouverture connue sous le nom d'anneau du troisième adducteur, ouverture sur laquelle nous reviendrons en décrivant les vaisseaux fémoraux.
Les trois adducteurs sont, dans la station droite, adducteurs et rotateurs en dehors et fléchisseurs de la cuisse sur le bassin. Toutefois, le grand adducteur ne possède cette action composée que par ses fibres supérieures ; par ses fikes inférieures, il contribue plutôt à l'extension et à la rotation de la cuisse en dedans.
A la partie interne des adducteurs on aperçoit le droit interne qui sépare la région antérieure de la région postérieure. Ce muscle, descendant de la symphyse pubienne, forme dans ses deux tiers supérieurs un faisceau aplati de dehors eu dedans ; dans son tiei's inférieur, il constitue un tendon cylindrique qui va s'insérer au bord interne de la tubérosité antérieure du tibia et à la partie supérieure de la crête du même os eu contribuant à former la patte d'oie. Ce dernier muscle est tout à la fois fléchisseur de la jambe sur la cuisse, de la cuisse sur le bassin, et adducteur du membre inférieur.
L'artère fémorale, que nous étudierons seulement à partir du sommet du triangle de Scarpa, puisque là, avons-nous dit, est la limite supérieure de la cuisse, marche dans la gouttière que nous avons signalée entre le vaste interne et les adducteurs; elle repose sur ces derniers par l'intermédiaire de l'aponévrose intermusculaire interne jusqu'au niveau de l'anneau du grand adducteur qu'elle traverse pour passer dans le creux poplité. Cette artère a un trajet oblique de haut en bas et de dehors en dedans, qui est défini par une ligne partant de l'union du tiers interne avec le tiers moyen de l'arcade crurale et aboutissant, sur le bord interne de la cuisse, à l'union de son tiers inférieur avec son tiers moyen. L'artère est accompagnée dans ce trajet par la veine fémorale et par des nerfs. A la partie supérieure de la région, la veine est située en arrière et en dedans de l'artère; en descendant, elle se porte de plus en plus en arrière de l'artère, si bien qu'au niveau de l'anneau des adducteurs elle est franchement postérieure. Ces deux vaisseaux, sont unis par un tissu cellulaire qui devient d'autant plus dense et plus serré que l'on se rapproche davantage de la partie inférieure.
Les vaisseaux fémoraux sont contenus dans une gaîne aponévrotique ; prismatique à sa partie supérieure, cette gaîne devient ovalaire dans le voisinage de l'anneau; dans ce dernier point, elle s'applique sur les vaisseaux, tandis qu'elle est plus large à sa partie supérieure. La paroi antérieure de la gaîne vasculaire, mince en haut, devient plus épaisse en bas, ce qui tient, comme l'a fait remarquer Richet, à ce qu'une partie des fibres de la cloison intermusculaire interne, renforcée par l'aponévrose du grand adducteur avec laquelle elle se confond en ce point, passe au devant d'elle. Richet a donc grandement raison de soutenir que l'anneau fibreux à bords minces et tranchants décrit dans les traités d'anatomie descriptive n'existe pas et que, par conséquent, les phénomènes de
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compression et d'étranglement attribués à cet anneau ne peuvent se produire ; l'anneau n'est que le résultat d'une dissection mal entendue.
Jusqu'ici nous avons étudié les rapports de l'artère avec les parties profondes; il nous reste à les étudier avec les parties superficielles, qui ici sont représentées par le muscle couturier. A partir du sommet du triangle de Scarpa, c'est-à-dire du sommet de la cuisse tel que nous l'entendons, le couturier recouvre l'artère fémorale, qui se trouve au niveau du tiers moyen de la cuisse à distance à peu près e'gale des deux bords du muscle. Au-dessous» le couturier passe peu à peu en dedans de l'artère, en sorte qu'il suffit d'écarter légèrement ce muscle du vaste interne pour apercevoir la paroi antérieure de la gaîne aponévrotique dans laquelle sont contenus les vaisseaux.
L'artère fémorale fournit dans son trajet plusieurs branches importantes : à la région de l'aine, elle a donné les tégumenteuses abdominales, les honteuses externes et la fémorale profonde ; nous n'avons pas à nous occuper ici de l'étude de l'origine de ce vaisseau, cette étude importante ayant été faite à l'article Aine ; nous rappellerons seulement que Blandin et Yelpeau l'ont vu se détacher au milieu de la cuisse.
Quor qu'il en soit de son origine, l'artère fémorale profonde descend en arrière de l'artère superficielle à laquelle elle est sensiblement parallèle, puis passe entre le second et le troisième adducteur, qu'elle traverse un peu audessus du niveau de l'anneau crural. Chemin faisant, elle fournit trois ou quatre branches, dites perforantes, qui traversent, près de la ligne âpre, le grand adducteur, pour se rendre dans la région postérieure de la cuisse où nous la retrouverons. La fémorale profonde fournit aussi la grande musculaire qui, souvent, provient de la fémorale superficielle ; cette artère fournit des rameaux au couturier, au psoas, au tenseur du fascia lata et au triceps.
A sa partie inférieure, un peu avant de s'engager dans le creux poplité, l'artère fémorale donne la grande anastomotique qui s'anastomose avec l'artère articulaire supérieure interne émanée de lapoplilée. Cette branche passe souvent au devant de k fémorale et exige une grande attention dans la ligature au niveau de l'anneau. Les veines collatérales n'offrent rien de particulier, si ce n'est dans le canal de l'adducteur ; là, nous avons ï"encontré plus d'une fois une veine atteignant un volume presque égal à celui de la veine fémorale elle-même. La présence de cette veine pourrait entraîner à de regrettables erreurs un opérateur non prévenu.
Les anomalies de l'artère fémorale ne sont pas très-rares. L'une des plus fréquentes est la dualité de la fémorale superficielle ; peu après avoir fourni la fémorale profonde, cette artère se divise en deux vaisseaux d'égal volume qui se réunissent à la partie inférieure de la cuisse; Paulet dit avoir rencontré ce fait cinq ou six fois dans le cours de ses dissections. Sur une pièce de Mœna, l'artère principale de la cuisse occupe la région postérieure ; elle est constituée par l'ischialiqiie qui, d'un volume très-considérable, se continue avec la poplitée, tandis qu'à la place habituelle de l'artère crurale on ne voit qu'un mince filet ne se continuant même pas jusqu'au-dessus du genou.
Theil a emprunté à Froriep un fait analogue; dans ce fait la fémorale profonde naît de l'iliaque externe, tandis que l'hypogastrique donne naissance au tronc principal du membre, tronc qui, sortant du bassin avec le nerf sciatique, se termine par l'artère poplitée. Caillard a rencontré un fait à peu près identique au précédent et en a déposé la préparation au musée Dupuytren.
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Dans un cours de médecine opératoire, Dumay, après avoir cherché inutilement l'artère fémorale à la région antérieure de la cuisse, fit la dissection et constata qu'elle traversait la région postérieure.
On a vu aussi l'artère fémorale émettre, au-dessous de l'arcade crurale, une branche qui la mettait en communication, en formant une anse à convexité interne, avec l'artère iliaque externe. iNous ne citons cette anomalie que pour mémoire, car elle appartient à la région de l'aine.
Nous nous sommes borné à rappeler ici brièvement les rapports de l'artère avec les parties voisines, en particulier avec l'anneau des adducteurs, et les principales anomalies vasculaires. Ces questions ont été exposées avec le plus grand soin dans ce Dictionnaire [voy. Crurale {Artère), p. 008 à 621].
L'artère fémorale présente aussi des anomalies dans ses rapports avec la veine. Nous avons déjà parlé de cette collatérale qui revêt parfois au niveau de l'anneau de l'adducteur un volume assez considérable pour donner à supposer que la veine fémorale a changé de situation povu^ passer au devant de l'artère. Plus d'une fois on a vu le tronc fémoral entouré par deux veines qui venaient se réunir près du ligament de Fallope; quand il y a deux veines, elles communiquent souvent par des anastomoses transversales passant en avant de l'artère, comme cela a lieu normalement pour l'artère humérale, ce qui ne laisse pas que d'embarrasser l'opérateur; le tronc résultant de la réunion de ces deux veines a été trouvé en avant do l'artère. Dubreuil a vu trois fois la veine complètement postérieure à l'artère dans les deux tiers supérieurs de la cuisse ; enfin Velpeau a vu la veine fémorale abandonner l'artère à 10 ou 12 centimètres de l'arcade crurale pour passer dans la loge postérieure delà cuisse; elle rejoignait l'artère à la région poplitée, et reprenait alors ses rapports normaux.
Les lymphatiques pi'ofonds sont peu nombreux ; longeant les vaisseaux fémoraux, ils se rendent aux ganglions lymphatiques de l'aine.
Les nerfs de la région antérieure de la cuisse sont tous fournis par le plexus lombaire ; ils sont des émanations du nerf crural et du nerf obturateur interne. Le crural contenu primitivement dans la gauie aponévrotique du psoas s'en échappe im peu au-dessous de l'arcade crurale et se divise en un grand nombre de filets qui se partagent les muscles de la région antérieure de la cuisse. Parmi ces filets, deux descendent dans la gaîne des vaisseaux : l'un, peu important et appelé tantôt nerf musculo-cutané interne, tantôt nerf de la gaîne des vaisseaux, se termine en plusieurs rameaux qui sortent de la gaîne pour animer le pectine, le moyen adducteur et la peau de la face interne de la cuisse; l'autre, très-important, est le nerf saphène interne, qui préside à l'innervation des téguments d'une partie de la jambe et du pied. Ce nerf pénètre dans la gaine des vaisseaux à 5 ou 6 centimètres au-dessous du ligament de jFallope, descend en se plaçant un peu en dehors et en avant de l'artère, puis traverse la paroi antérieure de la gaîne à dix centimètres au-dessus du tubercule du grand adducteur. Ce nerf fournit, pendant l'opération de la ligature de l'artère fémorale au niveau de l'anneau, un point de repère important.
Dubreuil a vu le nerf crui-al, au lieu de se placer dans la gaîne du psoas, en dehors de l'artère, descendre entre la veine et l'artère.
Les muscles adducteurs sont innervés par les branches du nerf obturateur. Le tissu cellulaire interposé entre les organes que nous venons de décrire est peu abondant, si ce n'est autour de la gaîne des vaisseaux fémoraux et dans
CUISSE (anatomie). 193
cette gaîne; Richet a vu, en ce point, une couche de tissu cellulaire assez abondante pour constituer une difficulté sérieuse dans la recherche de l'artère fémorale. C'est au milieu du tissu cellulaire qui avoisineles vaisseaux que débute le phlegmon diffus de la région antérieure ; le précepte de Sédillot qui veut que l'on ouvre ces abcès en procédant comme s'il s'agissait d'une ligature de l'artère fémorale est donc très-ralioimel. Cependant la plupart des chirurgiens préfèrent de profondes incisions à la partie externe du membre, qui est dépourvue de vaisseaux importants.
Région postérieure. En incisant l'aponévrose en arrière de la cuisse, on est frappé de ce que les muscles ne tendent pas à s'échapper comme lorsqu'on ouvre l'aponévrose en avant; ce fait tient à ce que les muscles sont beaucoup moins comprimés dans la loge postérieure que dans la loge antérieure. Après avoir enlevé l'aponévrose on aperçoit les trois muscles superficiels de la région, biceps, demi-tendineux et demi-membraneux, et tout à fait en dedans le bord du droit interne, qui sépare la région antérieure et la région postérieure. En haut et en dehors, on découvre une petite portion du grand fessier qui empiète sur la région de la cuisse pour s'insérer à la bifurcation externe de la ligne âpre, depuis le grand trochanter jusqu'au tiers moyen du fémur, par un tendon épais qui s'enfonce en bas entre le vaste externe et le grand adducteur en envoyant une expansion à l'aponévrose crurale.
Le biceps s'insère supérieurement à la tvibérosité de l'ischion par un tendon qui lui est commun avec celui du demi-tendineux; il descend en formant un faisceau allongé jusqu'au tubercule moyen de la tête du péroné auquel il s'insère après avoir été renforcé par la courte portion du biceps.
Le demi-tendineux est fusiforme ; il se termine en bas par un long tendon qui, après avoir passé derrière la tubérosité interne du tibia, se rétléchit pour s'insérer à la crête du même os. Ce muscle descend le long du bord interne du biceps, dont il se sépare à la partie supérieure du creux poplité; il recouvre en partie le demi-membraneux.
Le demi-membraneux, volumineux dans sa partie inférieure, descend de l'ischion sur lequel il s'insère sur un plan un peu antérieur aux deux muscles précédents, par un tendon épais et creusé en gouttière, gouttière dans laquelle s'engagent les tendons réunis des muscles biceps et demi-tendineux; une bourse séreuse sépare ces tendons. Le tendon du demi-membraneux s'épanouit sur le côté interne du muscle en donnant naissance à de courtes fibres musculaires qui se rendent sur une aponévrose occupant la moitié inférieure du bord interne du muscle, aponévrose qui ne tarde pas à se concentrer en un fort tendon dont les insertions multiples seront étudiées à l'article Genou.
Les trois muscles que nous venons d'étudier sont fléchisseurs de la jambe sur la cuisse et extenseurs de la cuisse sur le bassin. Le biceps est en outre légèrement rotateur en dehois, tandis que les deux autres sont rotateurs en dedans.
Si l'on enlève ces trois muscles, on trouve une couche de tissu cellulaire d'autant plus épaisse que l'on se rapproche davantage de la racine du membre, point dans lequel le plan superficiel est très-éloigné du plan profond; ce tissu cellulaire se continue, d'une part, avec celui de la gouttière ischio-trochantérienne, et par conséquent avec celui du bassin, et d'autre part, en descendant le long du nerf sciatique, avec celui du creux proplité. Ce fait explique comment des abcès venus du bassin peuvent descendre jusqu'au creux poplité.
Au-dessous de ces organes, on rencontre, en dedans, la face postérieure du
DICT. ENC. XXIV 15
iH CLHSSE (anatomie).
grand adducteur ; en dehors, îa courte portion'du biceps. Nous avons déjà étudié le grand adducteur en décrivant la régiou antérieure de la cuisse. La courte portion du biceps insérée en haut sur la lèvre externe de la ligne âpre et sur la cloison inlermusculaire externe forme un faisceau aplati de dedans en dehors terminé intérieurement par un tendon qui se confond avec celui de la longue portion.
Les artères principales de la région postérieure sont les perforantes émanées de la fémorale profonde. Ces branches, au nombre de trois, se subdivisent cliacune en deux rameaux qui s'anastomosent entre eux dans l'espace oeliuleux que nous avons signalé au-dessous de la couclie musculaire superficielle. Supérieurement les artères perforantes s'anastomosent avec l'hypogastrique par riuteimédtaire des artères fessièrc, ischiatique, honteuse interne; inférieurement, elles s'anastomosent avec les branches de terminaison de la lémorale profonde, branches qui elles-mêmes s'anastomosent avec la poplilée par les articulaires supérieures.
Les perforantes peuvent varier dans leur nombre; dans quelques cas, on n'en a trouvé qu'une seule, tandis que dans d'autres on en a trouvé quatre ou cinq.
Les veines n'offi-ent rien de particulier; elles suivent le trajet des artères.
On rencontre à la région postérieure quelques lymphatiques profonds qui pénètrent dans le bassin par l'échancrure sciatique.
La région postérieure est animée par des branches du petit sciatique et de l'obturiifour, et par le grand neif sciatique. Ce dernier seal mérite d'attirer notre aftonlion.
Le nci'f sciatique est le plus volumineux du corps humain; soiii du bassin pai' le bord inférieur de la grande échancrure sciatique, au-dessous du muscle pyramidal, il descend verticalement derrière le carré crural, entre le grand trochanter et la lubérosité de l'ischion, puis longe la face postérieure de la courte portion du biceps jusqu'à l'angle supérieur du creux poplité, point oij il se divise en deux brandies, le nerf sciatique poplité interne et le nerf sciatique poplilé externe. Quelquefois, mais bien rarement, le nerf sciatique se bifurque avant d'atteindre le creux poplité.
Le nerf sciatique est recouvert à la partie supérieure de la cuisse par le grand fessier et par la longue portion du biceps, qui le croise obliquement de haut en bas et de dedans en dehors. Dans le reste de son étendue, il correspond à l'interstice qui sépare le demi-tendineux de la longue portion du biceps, en sorte qu'il sultit d'écarter ces deux muscles, ajirès avoir incisé la peau et l'aponévrose, pour le mettre à découvert. Le nerf sciatiqaie est accompagné par une artère qui proinent de l'artère ischiatique {voy. Sciatique).
Au centre de la cuisse se trouve le fémur, l'os le plus volumineux du squelette. La diaphyse, de forme prismatique et triangulaire, présente un canal mcdïillaire relativement peu considérable, entouré d'un tissu compact très-épais. Malgré ces admirables conditions de résistance, le fémur se fracture souvent, ce qui tient à la courbe prononcée qu'il forme en avant et en dehors. Supérieurement le fémur se termine par une tête supportée par un col allongé à la hd&e, duquel se trouvent deux éminences : le grand et le petit trochanter; inférieurement, il se termine par deux condyles. Nous n'insistons pas sur l'anatomie de ces extrémités articulaires, car elle sera décrite dans d'autres articles de ce Dictionnaire {my. Fémur).
CUISSE (pathoiocie). 195
ia 4ia'phy«e du fémur est entourée par un pe'iioste épais et résistant qui, trèsadhérent aux extrémités et à la ligiïe âpre, se laisse ééeoUea- fecilement sua- le reste dm pomrtom- de l'os.
Vm'qe^. La 'cuisse réunit b jambe au bassin. À son •extrémité supérieure, 'die présente une articulatiom appartenant à la classe des èiarthreses qui pa-met la flexion et l'extension, la rotation en dedans et en dehors, l'adduotian <2)t l'afediiction. Beauni^ et Cowcfcard dans leur remarquable traité d'anatomie ont parfaitement précisé ces TOmivememts : « La Ikxion ot lextattsion ont liou autour id'un -Kxe trainsversal passant pair les ceoiitres ties têtes des deux témurs. Leur excursion est de 155 de^çrés ou d'un angle droit et «demi ; la flexiom est limitée par la rencontre des faces antérieures de ia cuisse et du tronc ; l'extension par le lioamimt antérifMr, Dams l'extension complote, tous les autres mouvements, sauf la flexioin, sont impossibles, ee qui assure la stabilité du tronc dans la
station.
« La rotation en dedans et en dehors se fÀit autour d'un axe Tei-ti<3al dirigé suivant la longueur de la cuisse; i9®n excursion est d'un *ngle droit. Elle est limitée par la résistance de la capsule et, surtout, du ligament de
Bertin.
« L'adduction «t l'abdiœction se passent aintour d'un axe antcronpostériewr perpendiculaire au précédent et ont aussi une «excursion de t)0 degrés; l'abduction •est limitée par la rencontre du rebord ootyloidicn et du col; l'adductioai par la tension du ligament rond; toutes deux comme la rotation, soit eu dedans, soit en dehors, par la tension du ligament de Beilin; il en résulte que ces quatre Tnouvements soTît incompatibles avec l'extension forcée et ne peuvent se faire qu'avec la flexion qui rebVche le ligament antérieur. C'est dans l'abduction que la tète du fénunr présente le plus de points de sa swnfaoe en dehors de la cavité. »
L'articulation du fémur avec le tibia permet surtout les mouvements d'extension et de flexion. L'extension est aiTètée dès qite le tibia et le fémur forment une ligne droite; la flexion n'a d'autre limite que la rencontm des faces postérieures de la jambe et de la cuisse. Cette articulation présente en outre de faibles mouvements de rotation qui, nuls dans l'exiensioii et la flexion forcée, vaiient dans les positions inliermédiaires avec le degré de flexion. Boudiard estime que l'excursion de la rotati'on est de 'iQ degrés eiiiviron poair un angile de flexion de 150 degrés, de 50 degrés pour un angle de flexion de 90 degu'és, de 4% degrés pour un angle de flexion de &§ degrés.
La cuisse remplit des fonctions importantes dans la mardlie et la station debout, fonctions que nous ne pouvons qu'indiquer dans 'cet article.
§ II. Patiit*iogie. Vices de confo-rmatios. On peut rencontrer à la euisse les -vices de conformation décrits par 'Geoffroy Saint-Hilaire et étudies depuis par Debout [Mémoires de la Société de chirurgie) sous les noms de phocomélie, d'hémimélie et d'ectromélie. Nous n'insisterons pas sur eetite question déjà traitée dans ce Dictionnaire à l'article âmputatton spontanée et qui recevra de nouveaux développements aux mots phocôméUe, hémimélie, eolr&mélie.
La phocomélie consiste en l'absence ou tout au moins en l'atrophie du fémur,
le pied existant ainsi que la jambe ; cette dernière peut être absente ou atrophiée
en même temps que le fémur, l^ebout a réuni plusieurs faits de ce genre : dans
'un des plus remarquables, le bassin, iin peu pilus développé qu'à l'état nomial,
ne présente pas de cavités coti^loides, mais seulement deux petites dépressions
196 CUISSE (pathologie).
destinées à l'articulation d'un petit os qui n'est autre qu'un trochanter rudimentaire auquel s'attachent les muscles fléchisseurs. Du côté droit il n'y a pas de fémur; du côté gauche, cet os est représenté par un fragment de deux pouces d'épaisseur sur trois de largeur, mais n'étant pas en continuité de tissu avec le trochanter. Chez le même sujet, le tibia et le péroné présentaient aussi diverses altérations.
Dans un voyage en Bavière, le professeur Bûhl rencontra une vieille femme de soixante-dix ans, mère d'un fils bien constitué qui lui-même avait des enfants bien conformés. Frappé de la démarche de cette femme, il en fit l'autopsie lorsqu'elle mourut peu de temps après. Il constata que chaque pied n'avait que quatre orteils et que les deux fémurs manquaient totalement. Le squelette inférieur ne se composait que du pied et d'un tibia sans péroné ; la partie supérieure du tibia était surmontée d'une excroissance semblable à une exostose sur laquelle s'inséraient les muscles du bassin. Cette excroissance, qui représentait sans doute à elle seule le fémur, était réunie au bassin, qui ne présentait pas de cavité cotyloïde, par une grande capsule articulaire. Presque tous les muscles de la cuisse existaient {Gaz. médicale de Paris, année 1861, page 765).
La phocomélie atteint le plus souvent les deux membres; cependant on a cité des faits de phocomélie unilatérale. L'hcmimélie, l'ectromélie et l'amputation spontanée ont été plus d'une fois observées. Tout le monde connaît l'histoire de ce lord irlandais qui, atteint d'ectromélie des deux membres supérieurs, présentait en même temps une absence complète du membre abdominal droit pendant que le membre abdominal gauche était représenté par un moignon de la moitié environ de la longueur du fémur. Un appareil prothétique construit par Charrière père, appareil que nous avons décrit dans l'arsenal de la chirurgie contemporaine, permit à ce malheureux, au dire du docteur Simpson, de monter assez bien à cheval pour suivre des chasses à courre. Desruelles a montré à la Société de chirurgie et déposé au musée Dupuytren un fœtus chez lequel le membre abdominal droit manquait comme après la désarticulation de la cuisse. Broca a montré à la même société un sujet chez lequel le membre abdominal gauche était constitué par une cuisse terminée par un moignon arrondi sur le côté interne duquel on remarquait une petite saillie globuleuse.
Nous terminerons là ces citations, car nous n'avons eu en vue que de donner quelques exemples.
Lésions traumatiqdes. Contusions. Les contusions sont redoutables à la cuisse, en raison du volume considérable du membre et des dangers que font courir ses inflammations profondes. C'est à la cuisse surtout que l'on a observé les épanchements traumatiques de sérosité sur lesquels Morel-Lavallée a publié un mémoire remarquable dans les Archives générales de médecine {}mn 1855). La facilité avec laquelle la peau de la cuisse glisse sur l'aponévrose explique la présence de ces épanchements, qui ont été étudiés d'une manière générale à l'article Contusions ; ils se produisent de préférence quand la cause contondante agit obliquement comme le fait, par exemple, la roue d'une voiture en mouvement.
Les épanchements séreux ressemblent aux épanchements sanguins par la rapidité de leur développement, mais ils en diffèrent en ce qu'ils forment une tumeur beaucoup plus fluctuante ; la sensation que l'on éprouve en les explorant ressemble à celle que donnerait une vessie à moitié remplie de li(|uide; mi