CRYPTOGAMES
nuques. Paris, 1850,2 vol. in-S". — VIII. Anatomie descriptive. Paris, 1854-1836, in-8", 4 vol.; 1843, in-8°, 4 vol.; 1851-1852, in-8°, 4 vol.; 1862-1867, in-8°, 4 vol. (avec Marc Séé et Cruveilhier fils). — IX. Des devoirs et de la moralité du médecin. Paris, 1857, in-8° de 52 p. (Discours prononcé dans la séance publique de la Faculté de médecine, le 3 novembre 1856). — X. Vie deDiipuijlren. Paris, 1840, in-S" de 48 p.— XI. Traité d'anatomie pathologique générale. Paris, 1849-1864, 5 vol. in-8°. —XII. Un grand nombre d'articles dans le Dict. de méd. et de chir. prat., 1829, 15 vol.: Abdomen, Acêphalocystes , Adhésions, Adhérences , Anatomie chirurgicale, médicale, Anatomie pathologique. Artères [maladies des), Articulations [maladies des), Enlozoaires, Estomac, Muscles, Phlébite. A. G.
CBÏPTIDII^E. Un des produits de la distillation de la houille [voy. Xylidine). D.
CRfPTOCÉPiiALE (de zpwxaç, caché, AzrfoCkh, tête). Monstre dont la tête se réduit à un assemblage de pièces osseuses qui ne sont pas apparentes au dehors (voy. Acéphale). 0. L.
CRYPTOCOCCUS. Nom donné par Kutsing à un genre de plantes aujourd'hui démembré contenant à la fois des Algues rangées dans les Oscillariées et les Champignons- de la levure, dont on a fait le genre SACCHAnoMvcES {voy. ce mot).
De Seïnes.
CRYPTOGAMES. Végétaux dont le mode de reproduction a été longtemps ignoré (zpyTTtô;, caché, '/âpioç, mariage). Ces végétaux commencent aujourd'hui à être connus, leurs organes de reproduction sont peu apparents, le plus souvent invisibles à l'œil nu ; le nom que leur a donné Linné peut donc être conservé, il est bien préférable à ceux d'Acotyledonés, d'x\games, et à tous ceux qui ont été proposés. Les Cryptogames forment un embranchement considérable et naturel du règne végétal, il est naturel à la manière des familles polylypiques; il contient en effet des plantes bien plus dissemblables entre elles que ne le sont celles que l'on comprend sous la dénominalion de Phanérogames ; il y a plus de distance au point de vue anatomique et pliysiologique entre une Fougère et un Champignon qu'entre un Chêne et une Avoine, mais ce qui fait l'unité du groupe des Cryptogames, c'est qu'ils ont, comme organe reproducteur, une simple cellule qui se détache de la plante mère avant d'avoir subi les développements qui amènent l'embryon aux formes d'une plante en miniature dans la graine des Phanérogames; de sorte qu'on peut définir avec M. Schimper les Cryptogames des végétaux ovipares, et les Phanérogames des végétaux vivipares. Tout absolu et tout général que paraisse au premier abord ce caractère, il ne laisse pas que de s'atténuer dans quelques types qui forment comme une sorte de transition; les Marsiléacées, parmi les Cryptogames, ébauchent en germant une plantule dans des conditions qui les rapprochent de certaines plantes aquatiques ou des Orchidées, qui, tout en appartenant aux Phanérogames, présentent un embryon très-imparfait. Mais ici intervient un second caractère qui complète le précèdent, c'est celui qu'on peut tirer de l'organisation du corps fécondant. La fécondation est aujourd'imi connue chez le plus grand nombre des plantes cryptogames ; l'agent mâle de celte fonction a une organisation différente du pollen, il est doué d'une mobilité spéciale due à l'existence de cils vibratiles (sauf chez les Floridées). Enfin la conjugation, rapprochement cellulaire et union protoplasmatique, d'où naît une cellule capable de reproduire la plante, et la diversité des moyens de propagation, peuvent caractériser cet embranchement
U CRYPTORCIIIDE.
•qui se divise en deux groupes ou sous-embrancliemenls, les Amphigènes et les Acrogènes. Les Amphigènes ont une structure uniquement celluleuse et s'acoroissent par toute leur périphérie, ce sont les Thallopliytes des Allemands (Clianipignons, Lichens et Algues). Les Acrogènes ont une structure tantôt celluleuse comme les Mousses, tantôt cellulo-vasculaire comme les Fougères, mais ils s'accroissent dans une direction longitudinale déterminée comme les végétaux pourvus d'axes de véritables tiges.
Il serait inutile de donner ici, même en abrégé, les caractères de chacune des classes ou sous-classes qui composent l'embi-anchement des Cryptogames; on les trouvera aux articles spéciaux qui leur sont consacrés : Algues, CiiAMPiGNOîis, Characées, Fougères, Hépatiques, Lichens, Lycopobiacées, Mousses, Riiizocarpées. L'étude des plantes cryptogames a- fourni et fournit tous les jours de précieux renseignements à l'anatomie, à la physiologie et à l'organogénie végétales ; les points de vue auxquels on peut considérer le rôle qu'elles jouent dans la nature sont aussi varies que la diversité de leurs caractères extérieurs. Les ressources que les Cryptogames fournissent à la thérapeutique sont relativement peu nombreuses ; on leurdoit cependant quelques médicaments très-importants. Plusieurs de ces végétaux sont alimentaires, d'autres toxiques, et enfin d'autres nuisent à l'homme en s'élablissant à la surface de ses tissus, chez lesquels ils augmentent ■ou déterminent des altérations morbides. Leur intervention dans les phénomènes de fermentation, le rôle d'agent de contagion que semblent jouer certaines espèces, rendent leur connaissance nécessaire et leur étude d'un haut intérêt pour le médecin. J. de S.
CRifPTOPn4l\^IQUE (Acide) . (C^^lF^Az-O^") . Acide gommeux , transparent, retiré de l'urine par W. Thudichum, et auquel celui-ci attribue l'acidité du liquide [voy. Urine). D.
CRYPTOPIIVE. Une des .bases contenues en très-petite quantité dans l'oj)ium {voy. Opiom). D.
CRYPTOPODE. Les noms de Cryptopode {Cryptopus, de xpÛTrroç, cache, et TToûç, 7ro56ç, pied) a été donné successivement : 1" en 1826, par Latreille, à un genre de Crustacés décapodes à test voiité, semi-circulaire, dilaté aux angles postérieurs et recouvrant les dernières paires de pattes lorsque celles-ci sont contractées, et 2^ en 1855, par Duméril et Bibron, à un genre de Tortues fluviales ou potamites séparées de l'ancien genre Trionyx de Wagler.
Les espèces de Tortues placées par les auteurs de l'Erpélologie générale dans le genre Cryptopus ont été rangées depuis par le docteur J. E. Gray dans les genres Ctjdanostens et Emyda, qui font partie de la tribu des Trionychidéex (voy. les mots Toutues et Trioayx). E. Oustalet.
BiELiOGRAPHiE. — Duméril et BiBRON. Erpét. gén., 1855, t. II, p. 504. — J.-E Gray Proc Zool. Soc. Lond., 1864, p. 97 et 98, et ibid., 1865, p. 422 et suiv. ' ' E 0.
CRYPTORCHIDE. Le mot Akorchide dans ce Dictionnaire renvoie le lecteur à Crvptorchide. Nous étudierons donc ici non-seulement la cryptorchidie, avec la monorchidie, qui ne peut s'en séparer, mais aussi l'anorchidie.
CRYPTOliCllIDE. ^ 15
On désigne sous les noms d'Anorchides, de Motiorchides, de Cryptorchides, des individus présentant tous ce caractère commun que chez eux, par le fait d'un vice congénital, un côté ou chaque côté du scrotum est dépourvu de
testicule.
Chez l'anorchide ((îv privatif, et opyj-z, testicule) l'absence est réelle. La glande ne s'est pas formée. Elle manque absolument et dans le sac scrotal et partout ailleurs.
Chez le cryptorchide [y.pÛTz-cîi-n, cacher, et ôo^'î)' ^^ glande est absente du scrotum, mais elle existe; on la retrouve autre part. On dit qu'elle est cachée, ce qui n'est pas tout à fait exact pour certaines situations anormales dans lesquelles le testicule est presque aussi apparent qu'il le seiait dans le scrotum. 11 est plus rigoureusement vrai de dire que la glande est en ectopie (è-/., hors, TÔTToç, lieu). Ce terme est irréprochable ; il convient à tous les cas de cryptorchidie.
L'anorchidie et la cryptorchidie peuvent être unilatérales ou bilatérales.
En définissant, comme nous le faisons, la cryptorchidie, de manière à l'opposer à l'anorchidie, nous nous écartons un peu, croyons-nous, des habitudes reçues, quoique nous adoptions un langage déjà employé par FoUin. Mais il est facile de montrer que ce mot de cryptorchidie, de même que celui de monorchidie, est le plus souvent détourné de son vrai sens par un usage vicieux. De là des confusions que nous voudrions voir disparaître.
Le monorchide, au sens littéral du mot, est celui qui possède un seul testicule (piôvoç, seul, et op/ji). C'est donc en réalité un individu atteint d'anorchidic unilatérale. Or, on l'entend souvent d'une tout autre façon.
Pour Godard, dont les travaux doivent servir de base à toute étude sur les anomalies testiculaires, la monorchidie existait toutes les fois que le scrotum ne contenait qu'un seul testicule. Il semblait sous-entendre un qualificatif indispensable; c'est monorchidie scrotale qu'il voulait dire sans doute.
Ainsi comprise, la monorchidie ne constituait pas une malformation bien définie. Elle renfermait la vacuité scrotale par ectopie aussi bien que la vacuité par anorcîiidie réelle. Godard n'a publié que des monographies. Après ses études sur la monorchidie, il a écrit dans ses Recherches tératologiqites un chapitre sur l'anorchidie unilatérale, pour lequel il reprend une bonne partie des matériaux qui avaient servi à son premier travail. Ces mémoires se confondent nécessairement par certains côtés. Après Godard, quelques écrivams ont trouvé intérêt à mieux séparer les deux malformations réunies malencontreusement dans la monorchidie. Ils ont constitué d'une manière définitive l'anorchidie unilatéi'ale, et machinalement, pour ainsi dire, ils ont conservé ce terme tout fait de monorchidie en l'appliquant à l'ectopie seule. On arrive de la sorte à ce résultat bizarre que, pour mériter le nom de monorchide, il faut avoir deux testicules dûment constatés, dont l'un, il est vrai, se trouve en ectopie. Si vous ne possédez qu'un seul testicule, bien réellement, vous n'êtes pas affecté de monorchidie, mais d'anorchidic unilatérale.
On doit faire des remarques semblables sur le mot cryptorchidie. Godard caractérisait ainsi la vacuité bilatérale du scrotum, quel que fût d'ailleurs l'état des glandes testiculaires. Ses propres recherches montrèrent qu'il fallait aussi séparer en deux parties cet ensemble disparate et mettre d'un côté l'anorchidie double, de l'autre l'ectopie bilatérale. Les mêmes auteurs qui appelaient monor-
16 CRYPTORCHIDE.
chidie l'ectopie unilatérale conservèrent le nom de cryptorchidie à l'ectopie double.
Rien ne justifie cette juxtaposition de la monorchidie et de la cryptorchidie, puisque le premier de ces deux mots n'emporte pas du tout l'idée d'ectopie et que le second n'éveille en rien l'idée d'un vice bilatéral. Persuadés qu'il faut toujours employer des termes dont le sens parfaitement déterminé découle directement de leur formation naturelle, nous donnerons à l'absence réelle d'un ou des deux testicules les noms d'anorchidie unilatérale et bilatérale, à l'ectopie unilatérale celui de cryptorchidie unilatérale que l'on pourrait résumer en monocryptorchidie, à l'ectopie double enfin celui de cryptorchidie bilatérale ou dicryptorchidie {8iç deux). Monorchidie restera synonyme d'anorchidie unilatérale.
Il serait commode de posséder deux mots pour exprimer la vacuité scrotale unilatérale et la vacuité double en dehors de toute considération sur l'absence ou la présence l'éelles des glandes testiculaires. Ces mots n'existent pas, et nous ne nous permettrons point de les créer.
Ghap. I. Anorchidie^. En parcourant les observations qui se rapportent à cette forme d'anomalie, on est frappé par les nombreuses confusions commises anciennement à son sujet.
La plus grossière consistait à prendre pour une absence réelle une simple ectopie abdominale, dans laquelle la glande avait échappé à toutes les recherches. Entre ces deux vices de conformation, la distinction sur le vivant est souvent impossible. 11 faut en l'absence d'autopsie savoir suspendre son jugement.
L'atrophie congénitale réduit la glande à un volume insignifiant; on se gardera pourtant de la confondre avec l'anorchidie. Quelque petit que soit un organe, quehiue difficulté que l'on ait à le découvrir, on ne peut plus parler d'absence dans le sens strict du mol, dès que l'on trouve une trace des tissus qui le forment normalement.
Dans la synorchidie, on peut croire à tort à l'absence d'un testicule ou des deux, selon que l'individu présente une synorchidie intra-abdominale ou inlrascrotale. Ce vice infiniment rare et très-discutable, du moins en ce qui touche la fusion dans le scrotum, diffère complètement, on le comprend, de l'absence véritable.
Il est clair que des difficultés de ce genre ne peuvent être tranchées que par des autopsies. Personne ne s'étonnera donc de voir que les seuls cas d'anorchidie bien démontrés sont ceux qui ont été recueillis sur le cadavre. Ceux qui ont été observés sur le vivant sont, pour la plupart, sujets à caution, et Gruber ne se hasarde pas à leur donner un autre nom que celui-ci : anorchidie apparente.
Le malheur est que parfois l'autopsie elle-même laisse quelques incertitudes. A la place du testicule, on a trouvé de petites masses graisseuses ou fibreuses lobulées ou non, qui n'avaient évidemment aucune analogie de structure avec le testicule, mais qui en possédaient toutes les connexions. Correspondaient-elles à des arrêts de développement, à des transformations de la glande plutôt qu'à de véritables anorchidies? C'est un point qu'il n'est pas très-facile d'éclaircir.
1 Ce chapitre Anorchidie est extrait presque complètement d'un livre sur les maladies du testicule que MM. Ch. Monod et 0. Terrillon préparent en ce moment.
CRYPTORCHIDE. 17
Ledentu classe ces faits dans l'anorchidie , mais il considère comme peu tranchées les limites qui séparent cette malformation de la simple atrophie congénitale, ce qui n'est peut-être pas absolument exact, et ce qui d'ailleurs n'éclaircit
rien.
Malgré tout, l'existence de l'anorchidie ne peut plus être mise en doute comme ell^ l'était encore il y a quarante ou cinquante ans par Blandin et Velpeau. On peut, après les travaux de Godard et ceux de Gruber, en tracer une histoire assez précise, ainsi que l'a fait d'ailleurs Ledentu dans sa thèse d'agrégation.
Fréque>"ce. La fréquence de l'anorchidie est loin d'être grande.
D'après un relevé de Gruber portant sur tous les faits publiés depuis plus de trois cents ans, le total des cas connus et vérifiés à l'autopsie d'anorchidie unilatérale s'élevait en 1868 à 25.
L'anorchidie bilatérale, plus rare encore, ne compte, suivant le même auteur, que 7 cas offrant le même degré de certitude.
Il n'est pas tenu compte dans cette statistique, et cela avec raison, des malformations qui atteignent le canal déférent seul ou ce conduit avec l'cpididyme, le testicule restant intact.
Côté atteint. L'anorchidie imilatérale est un peu plus fréquente à gauche qu'à droite ; du moins cela paraît probable. Sur les 25 cas indiqués plus haut, l'anomalie siégeait G fois à droite et 9 fois à gauche ; 8 fois le côté atteint n'est pas signalé dans l'observation.
Variétks anatomiques. On rencontre des variétés multiples d'anorchidie. Elles se rapportent cependant à des types assez simples.
Dans quelques cas, l'absence de développement se limite à la glande séminale seule, sans intéresser même l'épididyme.
Beaucoup plus souvent, la glande et une partie de son appareil excréteur sont frappées en même temps.
Parfois, enfin, l'anomalie porte à la fois sur l'appareil générateur tout entier, y compris la vésicule séminale.
On rapproche souvent des faits précédents certains vices de conformation dans lesquels, la glande étant intacte, l'appareil excréteur seul est défectueux. Selon les cas, des portions plus ou moins considérables de cet appareil font défaut. Ces anomalies présentent certainement le plus grand intérêt, mais nous ne pouvons que les signaler ici. La présence d'un testicule dans le scrotum, et d'un testicule qui sécrète activement d'inutiles spermatozoïdes, malgré l'absence du canal déférent, crée une foule de conditions absolument différentes à tous les points de vue de ce qui s'observe dans l'anorchidie.
Nous reconnaîtrons donc les seules variétés anatomiques suivantes :
1" Absence du testicule seul;
2° Absence du testicule, de l'épididyme et d'une portion plus ou moins étendue du canal déférent;
5" Absence de tout Vapparei' ;
4° Anorchidie bilatérale.
1» Absence du testicule seul. Cette variété est rare. On n'en possède que quatre ou cinq exemples suffisamment démonstratifs. Le mode de développement de l'appareil testiculaire, c'est-à-dire l'indépendance à l'origine de la
DICT. ENC. XXIV. 2
18 GRYPTORCHIDE.
glande proprement dite et de l'épi'didyme, permet de comprendre comment elle peut se produire.
Le testicule manque donc ici complètement, tandis que l'épididyme et le canal déférent se sont développés. Dans un fait de Godard, bien curieux et bien rare, il s'agissait d'un fœtus de quatre mois. L'épididyme occupait naturellement sa place habituelle sur la paroi postérieure de l'abdomen. Il ne différait point comme volume et comme aspect de celui du côté opposé. Dans les autres observations, l'épididyme est descendu dans le scrotum, dont il oecupe tantôt la racine, tantôt la partie moyenne. Il était bien peu reconnaissable dans le cas de Legendre. Dans ceux de Gosselin et de FoUin, on put l'injecter au moins en partie et le bien reconnaître par la dissection.
Un dernier fait de Deville a été rangé par les auteurs tantôt dans la même catégorie que les précédents, tantôt dans la suivante, celle où en même temps que la glande l'épididyme fait défaul. La description prête en effet à confusion. Il est dit que le testicule droit manque complètement, et qu'une injection poussée dans le canal déférent a pénétré jus(ju'à l'épididyme [sic) sans pouvoir aller plus loin, le canal cessant brusquement.
Dans tous les faits précédents, le canal déférent suivait son trajet ordinaire et aboutissait à une vésicule normale contenant un liquide muqueux sans spermatozoïdes.
2" Absence du testicule, de Vépididyme et d'une portion plus ou moins étendue du canal déférent. Cette variété, beaucoup plus fréquente que la précédente, contient presque tous les faits décrits sous le nom d'anorchidie unilatéi'ale.
On a observé tous les degrés, depuis l'absence du testicule, de l'épididyme et de la portion initiale du canal déférent, jusqu'à la disparition de ce dernier dans presque toute son étendue.
Dans les cas extrêmes, le canal déférent, réduit à un tronçon très-court, sorte de cordon fibreux plein, se terminait dans le tissu cellulaire voisin, presque immédiatement après s'être détaché de la vésicule séminale (Gruveilhier, Denonvilliers). Plus souvent, le canal déférent peut être poursuivi sur une longueur plus ou moins grande dans le trajet qu'il parcourt normalement de la vésicule vers les bourses. On l'a vu s'arrêter au point où il croise l'uretère (Pallington), vers la fossette inguinale externe du péritoine (Gruber), au niveau de l'anneau ing\iinal externe (Bastien et Legendre, Paget, Gruveilhier), franchir l'anneau et s'épanouir dans les téguments, comme chez la femme le lio-ament lar^e (Ripault). Enfin Godard, dans l'observation du nommé Patrin, a vu le canal déférent descendre jusqu'au fond du scrotum ; mais ici la portion profonde de ce canal manquait avec la vésicule séminale correspondante. En revanche un long prolongement du péritoine descendait avec le canal déférent jusqu'au fond du scrotum, constituant un véritable conduit vagino-péritonéal qui aurait pu fort bien devenir le siège d'une hernie.
Lorsque le canal déférent est conservé, dans sa partie centrale tout au moins la vésicule séminale ne fait ordinairement pas défaut. Elle n'est même pas toujours diminuée de volume.
3° Absence de tout l'appareil. Les observations de Gruveilhier et de Denonvilliers dans lesquelles persistaient seulement la vésicule séminale et une petite portion attenante du canal excréteur conduisent aux cas où l'absence porte sur J'appareil séminal tout entier.
CRYP'TO-RCHIDE. 1!)
Les faits ée ce genre sont très-rares, Vel^eam et Blandin en ont rapporté l'un et l'autre un cas. Dans l'observation de Velpeau l'artère et la veine spermatiques ne purent être retrouvées du côté correspondant à l'anomalie. Cette dernière circonstance est remarquable. En effet, dans tous les cas d'absence du testicule où la recherche des vaisseaux propres de la glande a été faite, l'artère spermatiwue existait ; elle venait ou bien se terminer dans une petite masse graisseuse et celluleuse contenue dans les bourses, ou bien se perdre dans les enveloppes du scrotum en s'anastomosant avec les vaisseaux qui les parcourent.
4" Anorchidk bilatérale. To.utes l-es variétés d'anorchidie, sauf l'absence de la glande testiculaiire seule avec conservation de l'épididyme, ont été observées des deux côtés à la fois.
On a constaté, par exemple : l'absence simultanée des deux testicules et des deux épididymes, les canaux déférents et les vésicules séminales étant intacts (Fishei- de Boston, Legeadre et Bastieu), l'absence des testicules, des épididymes et de la portion extra-abdominale du canal déférent (Godard, cas du nommé Morillon) ; l'absence de l'appareil entier, y compris la vésieule séminale (Kretschmar, Fricse).
État des parties gésitales extersks. Dans i'anorchidie unilatérale, rien à noter, si ce n'est un défaut de symétrie du scrotum facile à comprendre et comparable à celui que nous décrirons bientôt dans l'ectopie.
Daas I'anorchidie double les organes génitaux externes subissent des modifications plus profondes. Les sujets sont des eunuques naturels chez lesquels le pénis est généralement atrophié, et dont le scrotum peut manquer complètement, au moins en apparence. Nous renvoyons, pour les détails, à ce qui sera dit un peu plus loin du scrotum dans l'ectopie double.
Malformations concomitantes. L'anorchidie unilatérale ne s'accoTnpagne guère que de malformations portant sur l'appareil urinaire; encore celles-ci sont-elles assez rares, malgré l'étroite solidarité qui unit à la première période de leur développement les deux appareils séminal et urinaire.
Dans une observation due à Thurnam, il y avait, en même temps qu'une absence du testicule gauche, une atrophie du rein ; c'était malheureusement du rein droit qu'il s'agissait.
Godard rapporte aussi un cas (celui de Patrin) d'anomalie unilatérale avec absence du rein. 3Iais ici l'absence du rein n'était certainement qu'apparente; le rein unique médian et muni de deux uretères résultait certainement de la fusion des deux glandes rénales.
Presque tous les cas bien établis d'absence du rein ou de l'uretère comcidant avec une malformation de l'appareil séminal se rapportent non pas à des anorchidies vraies, mais à des malformations limitées au conduit déférent et frappant surtout sur sa portion centrale et sur les vésicules séminales.
Dans l'anorchidie bilatérale, un a observé quelquefois des vices de conformation considérables et incompatibles avec la vie. Chez le sujet décrit par Kretschmar l'anus était imperforé ; le rectum s'ouvrait dans l'urèthre. Chez celui de Friese les parties génitales externes faisaient complètement défaut; l'urèthre était oblitéré, sauf dans sa portion initiale ; la prostate manquait, ainsi que l'appareil testiculaire tout entier de l'un et de l'autre côté. Il y avait de plus une malformation du membre supérieur droit. On a rencontré des vices de conformation tout aussi graves (exstrophie de la vessie, absence des parties génitales externes, de l'anus, des reins, des uretères, de la vésicule biliaire etc.1
20 CRYPTORCUIDE
dans des cas où, les glandes spermatiques existant, la vésicule séminale manquait avec la portion voisine du canal déférent.
Influence de l'anorchidie sur l'état général et sur les fonctions. Il esta peine besoin de dire que ce vice de conformation est parfaitement compatible avec l'existence. Il suffirait, pour le prouver, de rappeler que parmi les observations citées par nous il en est qui ont été recueillies chez des vieillards de soixante et un ans (Morillon par Godard; anorchidie double) et de soixante et onze ans (anorchidie unilatérale, Paget). Lorsque les sujets porteurs de ces malformations ont succombé de bonne heure, la mort a été due à quelque cause accidentelle ou bien à la présence d'un autre vice de conformation.
L'influence de cette anomalie sur le développement de l'individu et sur les fonctions génératrices est insignifiante lorsqu'elle est unilatérale et que la glande du côté opposé est bien développée.
Dans l'anorchidie bilatérale il en est tout autrement. Il est bien curieux de voir que l'observation la plus ancienne, celle de Cabrol (1624), se rapporte à un soldat qui fut pendu pour tentative de viol. On se prend, après avoir lu le récit de l'autopsie, à se demander si la justice sommaire de monseigneur de Montmorency ne frappa point un innocent, ou si Cabrol fit réellement l'autopsie avec tout le soin qu'il le dit.
En fait, tous les individus atteints d'anorchidie double bien constatée se sont trouvés être des eunuques naturels, présentant tous les attributs du féminisme, non-seulement inféconds, mais véritablement impuissants.
Godard pensait pouvoir ])aser sur ce seul fuit le diagnostic différentiel de la cryptoichidie et de l'anorchidie bilatérale. Dans le premier cas, disait-il, Tindividu sera puissant et pourra avoir des rapports sexuels dans lesquels il perdra une semence inféconde ; dans le second cas il sera impuissant et n'éjaciilera pas une goutte de sperme.
C'est aller certainement trop loin ; certains cryptorchides ont pu se montrer tout aussi impuissants, tout aussi féminins d'aspect que les anorchides dont nous parlons. La question du diagnostic avec la cryptorchidie reste la plupart du temps insoluble pendant la vie, et, nous le répétons, les seuls cas qui puissent être considérés comme indiscutables sont ceux qui ont été établis à l'autopsie.
Chap. II. EctopJe testiculaîre. On sait déjà que pour nous ectopie unilatérale, monorchidie apparente, mais non réelle, cryptorchidie unilatérale, sont tout à fait synonymes.
Le terme d'inclusion testiculaire, proposé par Larrey (Lecomte), ceux d'arrêt du testicule, de descente imparfaite et jusqu'à un certain point de migration tardive, s'appliquent tous au même état de la glande séminale.
Nous n'emploierons pas le mot inclusion. Il fait penser à des vices d'un autre ordre, et ne s'applique pas exactement à tous les cas.
L'hermaphrodisme apparent ou réel se complique presque toujours de cryptorchiaie, mais il constitue par lui-même un vice de conformation spécial dans lequel l'ectopie ne joue qu'un rôle secondaire. On trouvera son histoire dans une autre partie de ce Dictionnaire. C'est à l'ectopie toute pure que nous devons nous borner.
Fréquence. Tous les renseignements que nous pouvons avoir sur la fréquence de l'ectopie co))génitale sont entachés d'une erreur, mais d'une erreur si
CRYPTORCIIÏDE. 21
minime qu'elle est absolument négligeable ; les statistiques confondent nécessairement avec l'ectopie que nous étudions ici l'anorchidie vraie, qui sur le vivant ne saurait, nous l'avons déjà dit, en être distinguée. Mais les faits d'anorchidie sont infiniment rares, ceux d'ectopie fréquents, au contraire. L'erreur est donc sans importance.
Les tableaux qui portent sur des nouveau-nés ne peuvent être d'aucune utilité, car l'anomalie ne devient à peu près définitive que plusieurs jours ou plusieurs semaines après la naissance.
Le tableau de Marshall qui se trouve cité partout est encore le seul réellement instructif que nous possédions : sur 10,800 conscrits, 11 présentaient une ectopie unilatérale, un seul avait le scrotum vide des deux côtés. Ce chiffre de 11 sur 10,800 est, qu'on ne s'y trompe pas, fort considérable. Sur une ville de deux millions d'habitants comme Paris, mille individus dans cette proportion seraient monocryptorchides. 11 n'est donc pas étonnant que les observations fourmillent et que le testicule en ectopie, d'ailleurs prédisposé à bien des affections, présente, en regard même du testicule sain, une pathologie véritablement importante.
Le rapport de 1 à 11 qu'indiquerait le tableau de Marshall, entre l'ectopie unilatérale et l'ectopie double, ne peut être accepté comme rigoureux, à cause de la petitesse des nombres. Tout ce que l'on peut dire, c'est que la cryptorchidie bilatérale est rare à côté de la monocryptorchidie, et plus rare certainement que ces chiffres ne le feraient croire.
La question de savoir si le testicule gauche est plus souvent affecté que le droit partage les observateurs. Godard tenait le fait pour constant, ayant trouvé sur 56 cas l'ectopie à droite 14 fois et à gauche 22 fois. Marshall, d'ailleurs, avait noté pour li observations 5 cas à droite et 6 à gauche, de même que Wrisberg et Camper, sur 21 nouveau-nés, 10 ectopies à droite et lia gauche. Mais les relevés réunis de Pétrequin, Oustalet et Godard, qui ne comprennent que des adultes, fournissent 38 cas à droite et 54 à gauche sur un total de 72. On peut donc dire qu'il y a à peu près égalité pour les deux côtés.
Disposition extérieure, état local, habitus général. A ce point de vue, il y a lieu de considérer séparément l'ectopie unilatérale et l'ectopie double.
l*' Ectopie unilatérale. Le scrotum frappe tout d'abord dans la plupart des cas. Il n'est plus bilobé. C'est un sac piriforme où se devine la présence d'une seule glande. Du côté vide, il existe pourtant, à l'état rudimentaire au moins. La peau, un peu plissée et plantée de quelques poils, complète l'enveloppe cutanée plus lisse du testicule unique. Elle se continue comme à l'ordinaire avec la peau avoisinante en perdant peu à peu les caractères spéciaux du tégument scrotal. Un raphé non plus médian, mais fortement déjeté sur le côté, sépare cette zone étroite du reste du scrotum. Il peut arriver, fait exceptionnel, que le raphé ne se retrouve point, et que même toute la surface du périnée qui correspond à l'ectopie soit glabre et lisse comme une surface cutanée ordinaire. La planche lll de Godard {Études sur la Monorchidie, etc.) nous fournit un bel exemple de cette disposition.
La vacuité scrotale peut d'ailleurs ne pas sauter au yeux. Pai'fois il n'y a qu'une différence de volume plus ou moins notable entre les deux côtés des bourses. Il suffit, pour qu'il en soit ainsi, qu'à défaut du testicule quelque portion du conduit excréteur se soit glissée au delà de l'anneau externe. Dans un cas cité