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JJ

Propriétés : Liquide incolore, très-fluide, d'une odeur vive et pénétrante qui rappelle celle de l'acide acétique ou de l'acide formiquc très-concentrés ; sa vapeur irrite les yeux ; une goutte appliquée sur la peau y détermine une vésication très-douloureuse ; sa solution aqueuse rougit le tournesol et se décompose à la longue en acide carbonique et ammoniaque, il se forme même de l'urée :

G^IIAzO^ + 2 IIO = 2 CO^ + AzFF

L'acide cyanique ne peut pas être conservé ; dès qu'on le retire du mélange réfrigérant où il s'est condensé, il se transforme en une masse blanche, dure, ressemblant à de la porcelaine et qui n'est autre chose que la cyamclide ; cette transformation est accompagnée d'un dégagement de chaleur et de lumière ; la cyamélide soumise à la distillation se transforme de nouveau en acide cyanique.

En faisant réagir les vapeurs d'acide cyanique sur l'alcool, Liebig et Woeliler ont obtenu une combinaison qui est l'éther de l'acide allophanique.

Le glycol absorbe facilement les vapeurs d'acide cyanique en donnant naissance à de l'allophanate de glycol ; la glycérine aussi absorbe les vapeurs d'acide cyanique, et se convertit en une masse blanche, visqueuse, qui est de l'allophanate de glycérine (Baeyer, Ann. der Chemie und Pharm., t. CXIV, p, 156).

Si l'on fait passer un courant de gaz acide chlorhydrique desséché par du chlorure de calcium, sur du cyanate de potasse bien sec placé dans une cornue tabulée, on obtient un liquide incolore d'une odeur très-forte, fumant à l'air, et qui est une combinaison d'acide chlorhydrique et d'acide cyanique « CyHO^,llCl ?) (Woehler).

Les isomères de l'acide cyanique sont : l'acide cyanurique, l'acide fulminurique, l'acide cyanilique, la cyamélide.

Cyanates métalliques. L'acide cyanique étant un acide monobasique, la

AzC- I formule générale des cyanates métalliques sera , , | 0^ : ces sels traités par l'acide sulfurique concentré ne dégagent que de l'acide carbonique; avec de l'acide suliurique dilué, il se dégage un peu d'acide cyanique ; l'acide oxalique et l'acide chlorhydrique concentré donnent de la cyamélide : presque tous les cyanates métalliques sont solubles : les solutions dans l'eau des cyanates alcalins précipitent, en blanc par l'azotate d'argent, l'azotate de plomb et l'azotate de protoxyde de mercure, en brun verdâtrepar l'azotate decuivre, en jaune brun par le chlorure d'or ; on obtient ainsi les cyanates de ces différents métaux. Les cyanates secs, chauffés au rouge ne se décomposent pas, à l'exception de ceux d'argent, de cuivre et de mercure ; en présence de l'eau ils sont décomposés en donnant naissance à des carbonates et à de l'ammoniaque ; les cyanates alcalins introduits dans l'économie, se transforment aussi en carbonates d'après les expériences de MM. Rabuteau et Massul.

476 CYANIQUE (acide).

Cyanate d'ammoniaque . ..^ 0^ : on l'obtient en faisant passer des vapeurs

d'acide cyaniquc dans du gaz ammoniac sec (Liebig et Woelder. Ann. de Poggendorf, t. XX, p. 295) : on l'obtient en dissolution aqueuse en décomposant aune douce chaleur le cyanate de plomb par l'ammoniaque, ou le cyanate d'argent par le chlorure ammonique. C'est une matière blanche, solide, cristalline, trèssoluble dans l'eau ; récemment préparée, la solution aqueuse, Irailée par les acides étendus, laisse dégager de l'acide cyanique et de l'acide carbonique ; avec la potasse on obtient un dégagement d'ammoniaque ; abandonnée à elle-même pendant quelque temps, cette solution se modifie complètement ; on y trouve alors un corps ayant la même composition que le cyanate d'ammoniaque, mais ne présentant plus les caractères ni des sels ammoniacaux, ni des cyanates; ce nouveau corps est de l'urée (Woehler) : cette transformation en urée se produit de suite, si l'on chauife à l'ébulliton la solution de cyanate d'ammoniaque.

AzC^ I .

Cyanate de potasse y i 0^ : il se produit en même temps que le cyanure

de potassium en faisant passer du cyanogène sur du carbonate de potasse chauffé au rouge ; on le prépare ordinairement en oxydant le cyanure de potassium ou le ferrocyanure de potassium. D'après Liebig on fait fondre le cyanure de potassium dans un creuset de liesse et on y ajoute de la litharge en poudre ou du minium qui sont réduits à l'état métallique, tandis que le cyanure est oxydé; le métal se réunit en culot à la partie inférieure du creuset : la masse blanche que l'on obtient est pulvérisée, bouillie avec de l'alcool et par refroidissement de la solution alcoolique on obtient des cristaux de cyanate de potasse.

Un autre mode de préparation consiste à chauffer au rouge obscur dans une capsule en tôle à fond plat, un mélange bien sec de 2 parties de ferrocyanure de potassium et de 1 partie de peroxyde de manganèse finement pulvérisés; après fusion et refroidissement, on pulvérise la masse et on la traite par de l'alcool à 80 degrés qui laisse déposer par évaporation le cyanate de potasse (Wurtz).CIemm {A7în. der Chemleund Pharm., t. LXVl, p. 382) le prépare en faisant fondre par petites portions, dans un creuset en fer, un mélange de 8 parties de cyanure jaune sec avec 3 parties de carbonate de potasse ; quand la masse est en fusion tranquille, on laisse refroidir un peu et on y ajoute 15 parties de minium; après refroidissement, on épuise par l'alcool et on laisse cristalliser.

Enfin le cyanate de potasse se produit encore quand on calcine avec de la potasse, l'amméline, l'ammélide ou la mélamine.

Ce sel cristallise de la solution alcoolique en lames transparentes ressemblant à du chlorate de potasse; il existe sous une modification isoméiique que M. Bannow {Berichte der deutsch. chemischen Gesellschaft, t. IV, p. 253) a obtenue en traiiant le paracyanogène par la potasse, ou bien en faisant passer un courant de chlorure de cyanogène dans une solution de potasse.

Cyanate de soude : Se prépare comme celui de potasse; il cristallise facilement.

Cyanate de baryte : Aiguilles soyeuses que l'on obtient en traitant par l'alcool un mélange de cyanate de potasse et d'acétate de baryte, ou bien en faisant fondre le cyanurate de baryte.

Cyanate de chaux : Ne cristallise pas ; on l'obtient par double décomposition d'un sel de chaux soluble et du cyanate de potasse.

CYANOGENE. 477

Cyanate de plomb : Il se dépose sous forme de précipité blanc par action de l'acétate de plomb sur le cyanate de potasse.

Cyanate d'argent : Précipité blanc qui se forme quand on traite le cyanate de potasse par l'azotate d'argent ; le cyanate d'argent traité par le chlorbydrate d'ammoniaque donne du cyanate d'ammoniaque qui se transforme en urée. Par application d'une forte chaleur, le cyanate d'argent pur fait explosion en laissant un résidu de carbure d'argent.

Cyanates des radicaux alcooliques : Il existe deux séries de ces composés : l'une comprend les éthers cyaniques de M. Wurtz ou carbimides alcooliques ; l'autre les éthers cyaniques de M. Cloëz ou isocyanates {Voy. Ethehs).

E. BuRCKER.

CYAnoFERRijRE. Voy. Ferrocyanure.

C¥Ai\OfiÈi\'E. AzC^ ou Cy. Considéré par Gay-Lussac comme le radical de

tous les composés cyaniques. Gerhardt l'envisage comme un cyanure decyano-

AzC^ ) ^ène ; sa formule serait alors . „, == 4 vol.

° AzG^ )

Le cyanogène a été obtenu tout d'abord par Gay-Lussac en 1815 {Ann. de chimie, t. XGV, p. 150), en soumettant h la distillation sèche les cyanures métalliques par exemple ceux d'argent, d'or et de mercure. On peut le préparer encore par distillation sèche de l'oxalate d'ammoniaque et de son dérivé l'oxamide.

C*(AzIl^)20» — 4IP02 = Az^C*

Oxalate Eau. Cyanogène,

d'ammoniaque.

C'^0* H* ^ Az2 — 2 IPO^ = Az^C*

Oxamide. Eau. Cyanogène.

MM. Bunsen et Playfair ont rencontré le cyanogène en très-petite quantité (1. 34 0/0) parmi les gaz qui se dégagent des hauts fourneaux dans le traitement des minerais de fer par la houille.

La synthèse de ce corps n'a pas été faite encore, on n'a pas réussi à unir directement le carbone et l'azote; mais sous l'influence d'une série d'étincelles électriques on peut combiner l'azote libre avec l'acétylène et engendrer de l'acide cyanhydrique qu'on peut transformer en cyanure de mercure, lequel fournit par distillation du cyanogène.

On prépare d'ordinaire le cyanogène en chauffant au rouge sombre dans une petite cornue du cyanure de mercure bien sec ; le cyanogène qui se dégage est recueilli sur le mercure : dans la cornue il reste une matière d'un brun foncé que l'on appelle paracyanogène tandis que le mercure provenant de la décomposition du cyanure se condense dans le col de la cornue.

M. Kemp {Ann. derChem. und Pharm., t. XLYIII, p. 100) prépare le cyanogène, en distillant dans une cornue de verre un mélange intime de 2 parties de cyanure jaune bien sec et 3 parties de bichlorure de mercure ; il se forme d'abord du cyanure de mercure qui se décompose ensuite comme plus haut en

478 CYANOGÈNE.

cyanogène et mercure métallique et il reste un résidu formé de chlorure de potassium et de cyanure de fer; ce dernier par distillation sèche donne toujours de l'azote qui vient se mêler au cyanogène ; ce mode opératoire ne donne donc pas un produit pur : pour éviter cet inconvénient, Berzélius a conseillé de remplacer dans cette préparation le cyanure jaune par du cyanure de potassium.

Propriétés : Le cyanogène est un gaz incolore, d'une odeur pénétrante qui rappelle celle de l'acide cyanhydrique ; il est très-vénéneux, sa densité =1,806, elle est égale à vingt-six fois celle de l'hydrogène : le cyanogène soumis à une température de — 25° à — 30° se condense en un liquide incolore; on obtient le même résultat en le soumettant à une pression de plusieurs atmosphères : on peut même le solidifier par un abaissement suffisant de la température ; il se présente alors sous forme d'une masse radiée, cristalline, semblable à de la glace et qui fond à — 54° : la tension de la vapeur du cyanogène a été déterminée par M. Bunsen à diverses températures; elle est de 5 atmosphères à H- 20 degrés.

Le cyanogène est inflammable et briîle avec une flamme pourpre en donnant ile l'acide carbonique et de l'azote ;

C*Az^ H- 0» = C*08 H- Az^

Le mélange d'oxygène et de cyanogène détone quand on le fait traverser par l'étincelle électrique; il se forme aussi de l'acide carbonique et de l'azote.

Le cyanogène traversé par une série d'élincelles électriques, se décompose complètement en carbone et en azole ; sous l'influence prolongée d'une température voisine de 400 degrés, il se transforme en paracyanogène ; il se combine à l'hydrogène quand on fait passer dans le mélange des deux gaz l'étincelle électrique; il se forme de l'acide cyanhydrique en même temps qu'une portion du cyanogène se transforme en acétylène et en azote, par suite d'une réaction inverse de celle citée plus haut :

C^Az^ -h IP — C*IP -h Az^

L'action de l'hydrogène sur le cyanogène peut aller plus loin; en effet, si on fait agir ce dernier gaz sur l'acide iodhydrique à 280 degrés, tout l'azote se combine à l'hydrogène et l'on obtient de l'hydrure d'éthylène et de l'ammoniaque :

G*Az2 + IP = G^H«-^Az2IP

Le cyanogène se dissout dans l'eau, l'alcool, l'éther, l'essence de térébenthine; l'eau absorbe 4 volumes et demi de gaz à 20 degrés, l'alcool 23 volumes; l'essence de térébenthine 5 volumes ; la dissolution aqueuse s'altère promptement à la lumière ; elle brunit et laisse déposer des flocons bruns d'acide azulmiqne dont la composition n'est pas bien définie; il reste dans l'eau, d'après M. Woehler, de l'acide carbonique, de l'acide cyanhydrique, de l'ammoniaque, de l'urée, et de l'oxalate d'ammoniaque : ces produits divers ne se forment pas simultanément, mais appartiennent à des réactions différentes.

Le cyanogène forme avec tous les métaux des cyanures; la combinaison a lieu directement avec les métaux alcalins (Gay-Lussac) surtout avec le potassium ({uand on chauffe ce métal dans une cloclie courbe contenant du cyanogène.

CYANOGENE. 479

M. Berthelot [Comptes rendus de L' Académie des sciences, t. LXXXIX, p. 65) a réussi à former directement les combinaisons du cyanogène avec l'hydrogène et les métaux sous l'influence seule de la chaleur ; le cyanogène et l'hydrogène purs, mêlés à volumes gazeux égaux, sont renfermés dans un tube de verre dur, scellé à la lampe, et maintenus pendant plusieurs heures vers 500 à 550 degrés. Au bout de ce temps on obtient de l'acide cyanhydrique sensiblement exempt de cyanogène ; quand la température est plus basse et la réaction moins prolongée, la combinaison entre l'hydrogène et le cyanogène n'est pas aussi complète et il reste une certaine proportion de cyanogène non combiné : de même avec les métaux; à 500 degrés le cyanogène forme des cyanures avec le zinc, le cadmium, le fer au contact desquels il se trouve maintenu dans un tube scellé : à cette température une faible portion de cyanogène se change en paracyanogène, mais on ne constate aucune trace d'azote.

Le cyanogène se fixe aussi directement sur plusieurs alcalis organiques en donnant lieu à des alcalis nouveaux; ainsi avec l'aniline on obtient la cyaniline, avec la codéine, la cyanocodéine, etc.

Le carbonate de potasse chauffé dans une atmosphère de cyanogène se convertit en un mélange de cyanure et de cyanate :

Quand on fait passer l'étincelle d'une bobine d'induction dans un tube de Geissler renfermant du cyanogène à une pression de 2 millimètres au plus ou observe un tiès-beau spectre cannelé qui semble formé par la combinaison du spectre de premier ordre de l'azote avec les cannelures vert-jaunes, vertes et bleues, caractéristiques du carbone : le passage prolongé de l'étincelle transforme ce spectre cannelé en un spectre rayé.

Combinaisons du cyanogène avec l'hydrogène sulfuré. Ces deux corps se combinent directement en donnant naissance à deux composés Az^G41^S^ et Az'C^H*S*; les deux gaz ne réagissent pas l'un sur l'autre à l'état sec : la première combinaison s'obtient en opérant avec un excès de cyanogène humide, la deuxième se produit sous l'influence d'un excès d'hydrogène sulfuré. Le composé Az^C*tPS^ se présente en aiguilles jaunes, sans odeur, de saveur très-amèrc; il est soluble dans l'eau, dans l'alcool et surtout dans l'éther; l'autre combinaison est en cristaux orangés brillants ; ils sont peu solubles dans l'eau froide, plus solubles dans l'eau bouillante et se dissolvent assez facilement dans l'alcool et dans l'éther.

Chlorures de cyanogène. On en connaît trois : un gazeux CyCl, un liquide CyCl et un solide Cy^CP. Le pi-emier a été préparé par SéruUas, en plaçant du cyanure de mercure dans des flacons de deux à trois litres remplis de chloi'e, et en abandonnant le tout à l'obscurité pendant vingt-quatre heures. M. AVoehIer l'obtient en faisant arriver un excès de chlore dans une solution saturée de cyanure de mercure dans laquelle on a ajouté un excès de ce sel en poudre fine ; après saturation on abandonne le tout à l'obscurité pendant vingt-quatre lieures ; il se forme ainsi du chlorure de mercure et du chlorure de cyanogène ; en chauffant légèrement on fait dégager ce dernier qui vient se condenser dans un ballon à long col entouré d'un mélange réfrigérant. C'cfst un gaz incolore, d'une odeur très-pénétrante qui provoque le larmoiement; à — 18'» il cristallise en longues

480 LÏAiNUUhilNK.

aiguilles qui ressemblent à de la glace; il est solublc dans l'eau qui en absorbe 25 fois son volume, l'alcool en dissout 100 fois et l'élher 50 fois sou volume; conservé dans des tubes bouchés il se transforme à la longue en chlorure de cyanogène solide accompagné de chlorure liquide. Le chlorure de cyanogène gazeux se combine avec plusieurs chlorures métalliques ; on connaît les combinaisons de ce gaz avec les chlorures de titane, de bore, d'antimoine, de fer et d'étain.

Le chlorure liquide qui a exactement la même formule que le précédent a été obtenu par M. Wurlz en traitant par l'oxyde de mercure un mélange dacide cyanliydrique et de chlorure de cyanogène, obtenu en dirigeant un courant de chlore dans une solution d'acide cyanhydrique refroidie à 0 degré : la réaction doit se faire dans un ballon plongé dans un mélange réfrigérant; le chlorure de cyanogène que l'on obtient est un liquide mobile, incolore, doué d'une odeur fort pénétrante ; il est plus dense que l'eau dans laquelle il est peu soluble ; il cristallise à — 6» et bout à 15°, 5. Sa vapeur ne s'enflamme pas : il se conserve facilement sans altération pendant de longues années s'il est parfaitement pur ; si, au contraire, il contient une trace de chlore, il se convertit rapidement en chlorure solide.

Ce dernier corps, découvert par Sérullas, se prépare en exposant l'acide cyanhydrique anhydre à l'action du chlore, au soleil ; ou bien en décomposant à chaud le snlfocyanure de potassium par le chlore sec, ou encore suivant Persoz, en exposant aux rayons solaires un mélange de chlore et de cyanure de mercure. Par tous ces procédés ou obtient une huile insoluble dans l'eau qui, conservée dans des tubes scellés à la lampe, se convertit en chlorure de cyanogène solide : ce corps se présente sous forme d'aiguilles jaunes ou de lames brillantes dont la densité = 1,52, qui fondent à 140 degrés et entrent en ébulhtionà 190 degrés: la densité de sa vapeur =6,55 ;ila une odeur piquante et une saveur très-faible; il est peu soluble dans l'eau et sa solution est très-vénéneuse ; il est très-solublc dans l'alcool et dans l'élher; sa solution dans l'alcool aqueux se décompos3 rapidement avec dégagement de chaleur et de vapeurs d'acide chlorhydrique, en même temps il se dépose de l'acide cyanurique.

Cy'Cl^ + 6H0 = Cy^IPO^ -+- 5HCI

Bromure de cyanogène. CyBr. Découvert par Sérullas. Pour préparer ce corps ou verse une partie de brome sur deux parties de cyanure de mercure placé dans une cornue tubulée refroidie avec de la glace. Le bromure de cyanogène se sublime en petites aiguilles que l'on fait passer à l'aide d'une faible élévation de température, du col de la cornue, dans un récipient refroidi ; on obtient alors de petits cubes brillants qui lonJent à 4 degrés et se vaporisent à 15 degrés; la densité de leur vapeur = 3,607; leur odeur est très-pénétrante, il est même dangereux de respirer ces vapeurs. Le bromure de cyanogène est soluble dans l'eau et dans l'alcool ; il se dissout sans altération dans l'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique et l'acide nitrique concentrés, avec la potasse il donne du cyanure, du bromure et du bromate de potassium ; l'ammoniaque produit avec lui un mélange de bromhydrate d'ammoniaque et de cyanamide.

lodure de cyanogène. Cyl. Découvert par Davy en 1816; on l'obtient eu mêlant rapidement 1 partie de cyanure de mercure avec 2 parties diode ; le mélange placé dans un ballon est chauffé et l'iodure vient se condenser dans un récipient refroidi ; ce corps se présente sous forme de longues aiguilles blanches

CYANOSE. 481

et brillantes ou bien ù j ilocons blancs neigeux et cristallins plus denses que l'acide sulfurique: ii a une c. leur très-pénétrante qui excite le larmoiement; il ■est très-vénéncax, soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther; il se volatilise à 45 degrés ; l'acu'e sulfurique, l'acide chlorhydrique le décomposent, l'acide azotique ne l'attaque pas ; la potasse le transforme en cyanure, iodure et iodate de potassium; ivec l'ammoniaque il y a formation de cyanamideet d'iodhydrate •d'ammoniaque.

L'acétate de cyanogène, C*H'CyO*, a été obtenu par M. Scbutzenberger ; on le prépare en faisant agir le chlorure d'acétyle sur le cyanate d'argent.

Le benzoate de cyanogène, C'*H^GyO*, obtenu aussi par M. Scbutzenberger est un composé très-instable qui se produit quand on fait agir le chlorure debenzoïle sur le cyanate d'argent.

Paracyanogène. Nous avons vu que c'est une matière brune qui reste dans la cornue quand on distille le cyanure de mercure en vue de la préparation du «yanogène : elle a la même composition que le cyanogène (Johnston, Ann. der Chem. und Pharm., t. XX, p. 280) ; lorsqu'on la calcine dans un gaz inerte par «xemple, dans l'azote ou l'acide carbonique, elle se transforme exactement en gaz cyanogène sans laisser de résidu de charbon. MM. Troost et Hautefeuille [Comptes rendus de l' Académie des sciences., t. LXVI, p. 735) préparent le paracyanogène en chauffant à 440 degrés le cyanure de mercure placé dans des tubes très-résistants scellés à la lampe; le mercure est entraîné par un courant de cyanogène que l'on fait passer dans le tube maintenu constamment à 440 degrés.

E. BuBCKER.

C¥Ai\OSE. Synonymie : Icteritia. Cyanea. Morbus Cœruleus. Maladie bleue. Ictère violet. Cyanopathie. Cyanodermie.

La cyanose est traitée déjà dans l'article consacré à la pathologie du nouveauné, mais avec la brièveté que commandait le grand nombre d'états morbides dont il fallait présenter le tableau. Nous allons y revenir avec plus de détails.

La cyanose est une maladie congénitale constituée au point de vue symptomatique par une coloration bleue de la peau et des membranes muqueuses, par des palpitations cardiaques et par une dyspnée, continue ou intermittente, mais dont un des caractères marquants est de s'exagérer de temps à autre, et de se présenter sous la forme d'accès de suffocation.

L'application du mot cyanose à la désignation d'une entité morbide est défectueuse : la cyanose étant un symptôme commun à plusieurs affections n'a pas qualité pour représenter plus spécialement une d'elles. Nous l'acceptons cependant parce qu'il est consacré par un long usage ; mais nous nous réservons de préciser ultérieurement les limites de notre sujet.

Historique. La première observation de cyanose authentique est due à Sénac (1749). Cet auteur, constatant dans une autopsie une communication anormale entre les cavités du cœur droit et celles du cœur gauche, attribua au mélange des deux sangs la coloration bleue qu'avait présenté le malade pendant la vie. Avant lui, Paracelse avait fait mention d'une « Icteritia ■ccelestina seu Cyanea », mais en termes tellement vagues qu'il est impossible de retrouver dans sa description les caractères de la maladie qui nous occupe.

Dans la dix-septième lettre anatomico-médicale de Morgagni, on en lit une observation remarquable par la ricliesse des détails anatomiques. Il s'agit d'une DICT. ENC. XXIV. 31

482 tilAiXUCSJL.

jeune fille « qui était reste'e malade depuis sa naissance, respirait en haletant,, el avait la peau d'une couleur comme livide. » Elle mourut à seize ans. A l'autopsie, on trouva que le cœur était petit, que les cavités droites étaient plus développées que les gauches ; le trou ovale persistait entre les deux oreillettes; l'artère pulmonaire était le siège d'un rétrécissement considérable : « Les valvules sigmoïdes étaient dans l'état naturel à leur base ; mais à leur partie supérieure elles paraissaient être cartilagineuses, et elles étaient tellement unies entre elles par cette partie, qu'elles laissaient à peine un trou qui n'était pas plus grand qu'une lentille, par lequel le sang passait... » Et, dans les réflexions qui suivent cette observation, l'illustre anatomiste, cherchant dans les lésions, la raison des symptômes, ajoute : « L'entrée moins facile du sang dans l'artère pulmonaire était la cause de la stagnation d'une trop grande quantité de ce même liquide dans le ventricule droit, dans l'oreillette droite et dans toutes les veines, d'oii résultait la couleur comme livide de toute la peau. »

Ces faits isolés, auxquels il faut joindre une observation peu nette de Vieussens, citée par Morgagni, attirèrent si peu l'attention des médecins, qu'en 1789, Chamseru, publiant une observation de cyanose dans les Mémoires de la Société royale de médecine, crut avoir trouvé une maladie nouvelle et propose de l'appeler « Ictère violet. »

Les années suivantes, et dans les premières années de ce siècle, les observalions de cyanose abondent et sont diversement interprétées. Quelques médecins de celte époque en font une maladie particulière qu'ils attribuent à une espèce de cachexie scorbutique. D'autres considèrent la coloration bleue de la peau comme un effet nécessaire de la perforation des cloisons qui séparent les cavités cardiaques. Le Mémoire de Caillot, présenté en 1807, à la Société des sciences de Strasbourg, et portant sur trois cas de maladie bleue, contient un bon tableau symptomalique de celte affection. L'auteur conclut de l'étude de ces faits que la coloration violacée de la peau est due aux malformations congénitales de la cloison du cœur, et au mélange des deux sangs.

C'est aussi à cette opinion que se range Corvisart : Dans la première édition de son Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur, ce médecin, s'appuyant sur deux faits, déclare « que la coloration permanente de la face et des téguments en bleu tient aux communications contre natui-e des cavités du cœur entre elles. » Dans la seconde édition, en 1811, il restreint déjà cette proposition, en disant que plusieurs faits ne lui permettent pas d'affirmer qu'il en soit toujours ainsi ; mais il la maintient comme une loi générale pouvant s'appliquer à la majorité des cas.

Citons, en passant, l'article de Marc, du Dictionnaire des Sciences médicales (1812), dans lequel on ne trouve de nouveau que le mot cyanopathie par lequel l'auteur propose sans succès de désigner la maladie Bleue.

E. Gintrac, dans sa thèse inaugurale de 1814, et surtout dans une monographie publiée sur le même sujet en 1824-, professe une opinion plus exclusive que celle de Corvisart, et définit la cyanose « une maladie constituée par l'introduction du sang veineux dans le système artériel général, en vertu de communications ouvertes, soit entre les cavités droites et les cavités gauches du cœur, soit entre les principaux troncs vasculaires. »

M. Ferrus, en 1825, dans la première édition du Dictionnaire de Médecine, combat la théorie absolue de Gintrac : « Sans nier, dit-il, que le mélange du sang noir et du sang rouge, en s'opérant parfois, ne doive être regardé comme

CYANOSE. 485

une cause évidente de cyanose, ce méJann[e n'est pas la cause unique ni même, à beaucoup près, la cause la plus fréquente de la coloration bleue des tissus ; » et, plus loin, dans le même article : a Nous persistons à regarder la cyanose, non comme une maladie à part, mais comme un phénomène qui peut exister à des degrés différents, se trouver réuni à d'autres phénomènes pathologiques, tout en tenant à des modifications organiques fort diverses, et par conséquent sans cesser d'être autre chose que le symptôme d'un grand nombre de maladies. »

Les ouvrages postérieurs à ceux que nous venons de citer gravitent autour de ces deux thèses opposées, sans en modifier les données fondamentales.

M. Louis, dans un Mémoire inséré en 1823, dans les Archives de médecine, aboutit à des conclusions identiques à celles de Ferrus.

M. Bouilland, dans le Nouveau Journal de Médecine, se rallie d'abord pleinement à l'opinion de M. E. Gmtrac, puis devient plus circonspect, et finit par rester dans l'indécision.

Depuis cette époque, d'importants travaux ont été consacrés à l'étude de la cyanose, de nombreuses observations ont été publiées dans les recueils et journaux de médecine : on en trouvera la nomenclature ù l'index bibliographique qui termine cet article.

Les résultats qui découlent de ce court chapitre d'historique nous font une situation très-nette. Deux théories sont en présence : celle de Gorvisart et de Gintrac, d'après hiquelle la cyanose est une maladie bien déterminée, qui doit naturellement trouver sa place dans le cadre nosologique ; celle de Ferrus et de Louis qui ne veulent voir dans la cyanose qu'un symptôme commun à plusieurs affections, et n'ayant de valeur séméiologique réelle que lorsque les autres signes habituels de ces affections viennent s'ajouter à lui. Dans le premier cas, la cyanose reconnaîtrait comme la cause unique le mélange du sang veineux avec le sang artériel, et ne serait effectuée par conséquent que lorsque ce mélange serait rendu possible par des malformations du cœur ou des gros vaisseaux. Dans le second cas, la coloration bleue des téguments résulterait de la gêne mécanique de la circulation, et de la dilatation passive des capillaires superficiels par un sang mal hématose.

Nous sommes dès à présent en mesure de fixer nos idées sur cette question. Nous acceptons, avec les réserves que nous avons déjà faites, le mot cyanose pour désigner une maladie. Dans cette maladie nous faisons entrer tout une classe d'affections qui ont comme trait commun d'être congénitales, de présenter un ensemble symptomatique à peu près toujours identique à lui-même, et dont la caractéristique anatomique repose sur l'existence de deux ordres de lésions : l" Lésions d'orifices (insuffisances et rétrécissements) ; 2° Malformations portant soit sur la cloison, soit sur les gros vaisseaux de la base du cœur, malformations que les auteurs dont nous avons parlé ont eu le tort, à notre avis, de placer au premier plan et que nous regardons comme secondaires.

Anatomie et physiologie pathologique. Les lésions de la cyanose ont été déjà étudiées dans ce Dictionnaire par notre collaborateur M. 0. Larcher, à l'article Anomalies du cœur. Nous croyons cependant qu'il est utile d'en reparler ici, quoique nous soyons exposés à de fréquentes redites. Nous n'insisterons d'ailleurs que sur celles de ces lésions congénitales qui sont directement en rapport avec la maladie qui nous occupe, passant sous silence celles qui par

484 CYAKOSE.

Jeur nature, sont incompatibles avec la vie et celles qui, insignifiantes, ne se traduisent par aucun trouble fonctionnel appréciable.

Nous suivrons dans notre étude la marche adoptée par presque tous les auteurs, et nous décrirons les communications anormales entre les cavités droites et gauches du cœur, avant de parler des lésions d'orifices, sauf à rétablir plus tard ces lésions dans leur ordre chronologique vrai et à rendre à chacune d'elles sa véritable importance.

I. Anomalies portant sur les cloisons interauriculaire ou interventriculaire.

1° Cloison interauriculaire. Les solutions de continuité de cette cloison sont celles que l'on rencontre le plus fréquemment. Elles sont constituées quelquefois par de petits pertuis situés au-dessus ou au-dessous de la fosse ovale ; d'autres fois c'est la membrane même qui ferme la fosse ovale qui est percée d'un plus ou moins grand nombre d'ouvertures ; ces ouvertures sont très-variables comme volume; dans certains cas elles admettent difficilement un stylet ; ailleurs elles laissent passer la pulpe du doigt. L'anomalie la plus fréquente est l'absence de valvule, et la persistance du trou de Botal dans sou intégrité. Enfin dans certains cas on a observé une absence complète de cloisonnement auriculaii^e ; le cœur est constitué par deux ventricules que surmonte une seule oreillette; c'est cette anomalie que Pize décrivait dans son troisième groupe « cœur à trois cavités. »

2° Cloison interventriculaire. Ici encore plusieurs éventualités sont possibles, et on trouve dans les observations une très-grande variété sous le rapport du volume et de la disposition de la communication interventriculaire. L'absence complète de la cloison réalise la deuxième variété du troisième groupe de Pize « cœur à trois cavités; » on a une seule cavité ventriculaire surmontée de deux oreillettes.

Il est bien plus fréquent de voir la cloison perforée et comme inachevée; L'ouverture anormale est ordinairement unique; sa situation, sa forme et ses dimendons sont éminemment variables. Elle peut se trouver dans la région de la pointe, mais cela est exceptionnel, et le siège de prédilection est à la base de la cloison : A l'état normal, on observe là un espace quadrangulaire (septum membraneux de Pelvet, fosse interventriculaire d'Alvarenga) au niveau duquel les deux endocardes, en s'adossant constituent la seule séparation des deux cœurs.

Lorsqu'on regarde ce rectangle par le ventricule gauche, on voit que ses deux côtés supérieurs sont formés par l'angle rentrant qui résulte de la réunion des sigmoïdes droite et postérieure de l'aorte ; des deux côtés inférieurs, l'un est formé par le bord supérieur de la partie charnue de la cloison, l'autre correspond au point d'insertion de la lame droite de la valvule mitrale à son anneau "fibreux. C'est là que siège d'ordinaire l'orifice anormal ; or notons ce point important, que cette partie de la cloison ne se ferme qu'assez tard, quelques jours seulement après que la portion musculaire est complètement développée.

Il résulte de cette disposition que la communication entre les deux ventricules est établie le plus souvent par un simple orifice arrondi ovalaire ou triangulaire ; les bords en sont lisses et réguliers, ou sinueux et comme déchiquetés ; mais dans certains cas on trouve un véritable canal creusé plus ou moins obliquement dans l'épaisseur de la cloison. Sauf de rares exceptions où l'on a constaté des conditions favorables au cours du sang du ventricule gauche vers le droit, la forme et la direction de l'ouveiture sont telles que le passage se fait

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aisément de droite à gauche ; et si on se rappelle la situation habituelle de l'ouverture immédiatement au-dessous de l'aorte, on voit déjà que ce vaisseau reçoit presque directement le sang du ventricule droit.

D'ailleurs ces communications interventriculaires n'existent pas sans que le reste de la cloison soit plus ou moins dévié vers le ventricule gauche; suivant le degré de la déviation l'aorte se trouve avoir avec la cloison des rapports qui varient, et ainsi s'expliquent la plupart des cas dans lesquels on a trouvé ce vaisseau soit à cheval sur les deux ventricules, soit naissant du ventricule droit.

5° Anomalies portant à la fois sur les deux cloisons.

Il est très-fréquent que les deux ordres de lésions dont nous venons de parler coïncident, et que l'on observe la double communication des deux oreillettes et des deux ventricules. Dans ce cas, les dimensions de l'une des deux ouvertures sont ordinairement en raison inverse des dimensions de l'autre; mais d'autres fois les cavités cardiaques communiquent très-largement deux à deux.

Enfin, Valette, Ch. Bernard, Wilson, Forster, Peacock, Thore et d'autres auteurs encore ont vu des cœurs réduits à l'existence de deux cavités : l'absence complète de la cloison auriculaire coïncidait avec une anomalie semblable de la cloison ventriculaire.

II. Anomalies des orifices du cœur et des gros vaisseaux. Les plus fréquentes portent sur les orifices du ventricule droit et, parmi ceux-ci, c'est l'oritice de l'artère pulmonaire qui est presque toujours atteint. Cette lésion consiste ordinairement en un changement de calibre qui peut aller depuis un rétrécissement à peine appréciable jusqu'à l'occlusion complète. Le siège en est variable, et on peut admettre pour les rétrécissements congénitaux la classification proposée par M. C. Paul pour les rétrécissements acquis : Tantôt, et c'est ce que l'on observe le plus souvent, la sténose siège au niveau même de l'orifice de l'artère pulmonaire, et est produite soit par la SQudnre des valvules sigmoïdes indurées ou ossifiées qui forment une sorte de diaphragme percé à son centre d'une ouverture plus ou moins considérable, soit par une coarctation véritable de l'anneau fibreux; tantôt c'est la base de l'infundibulum qui est rétrécie, et on a alors cette variété de lésion décrite par M. Paul sous le nom de rétrécissement préartériel ; tantôt enfin l'anomalie siège au-dessus de l'orifice et est constituée par le rapprochement ou la fusion complète des parois de l'artère pulmonaire ou de l'une de ses branches de bifurcation.

L'orifice auriculo-ventriculaire droit peut aussi être rétréci ou complètement oblitéré; les valves de la tricuspide peuvent être fixées dans une situation vicieuse par la soudure de leurs bords ou la rétraction des cordages tendineux, ou bien n'exister qu'à l'état rudimentaire ; on a même vu l'orifice faire complètement défaut dans les observations de cœurs à deux ou à trois cavités. Mais, en somme, ces lésions sont incomparablement moins fréquentes que celles de l'oritice pulmonaire.

La même observation s'applique aux anomalies de l'orifice aortique, et mieux encore à celles de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche. A part l'embouchure anormale de l'aorte qui est assez fréquente (et nous en avons vu la raison plus haut), les lésions des orifices du cœur gauche sont exceptionnelles.

« Il est digne de remarque, disait Louis [Recherches d'anatomie pathologique)^ que sur vingt observations citées sans choix, on ne trouve qu'un seul exemple d'un faible rétrécissement des orifices ventriculo-aortique et auriculo-

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venlriciilaire gauche, tandis qu'à droile, c'est-à-dire dans la partie du cœur dont les orifices sont plus rarement altérés quand la communication qui nous occupe n'existe pas; on observe dix fois le rétrécissement de l'artère pulmonaire, et une fois l'occlusion de l'orifice auriculo-veiilriculaire par la valvule tricuspide ossifiée et percée de plusieurs trous. »

En revanche, la crosse de l'aorte est souvent dilatée, ce qui paraît être une conséquence nécessaire du rétrécissement de l'artère pulmonaire et des communications intra-cardiaques.

On a encore signalé, en tant qu'anomalies vasculaires, l'embouchure des veines pulmonaires dans l'oreillette droite ou dans la veine cave supérieure, celle d'une veine cave dans l'oreillette gauche, toutes malformations, coïncidant toujours avec les communications interauriculaires ou intervenlriculaires.

Mais la lésion qui, dans l'ordre de fréquence, vient immédiatement après le rétrécissement de l'orifice pulmonaire est la persistance du canal artériel. Cruveilhier la regardait comme étant toujours la conséquence des vices de développement de la cloison ; nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser.

Dans presque toutes les observations de cyanose, on voit que les parois du cœur sont le siège de modifications remarquables.

Dilat.ition simple de l'oreillelte droite, ou dilatation avec amincissement des parois; hypertrophie simple ou hypertrophie excentrique du ventricule droit, telles sont les lésions les plus fréquentes, et remarquons qu'ici encore elles portent sur le cœur droit.

Quant aux cavités gauches, elles restent normales et même, dans certains cas, elles ont paru rétrécies.

11 est regrettable que l'état de la fibre cardiaque ait aussi peu attiré l'attention des observateurs; on ne le trouve mentionné dans aucune autopsie.

En dehors du cœur, les lésions que l'on trouve chez les individus morts de cyanose sont celles de la stase veineuse à la surface du corps, et dans les différents viscères :

Le foie, la rate, sont gorgés d'un sang noirâtre qui, sur les coupes, s'écoule en bavant.

Les poumons présentent ce même état congestif ; mais, en outre, on trouve souvent à leur partie supérieure des blocs de pneumonie tuberculeuse ou des «avernes.

Contrairement à ce que l'on observe dans la plupart des phthisics acquises, la pneumonie tuberculeuse n'occupe pas de préférence le poumon droit, ni le poumon gnuche, comme le veut Lebert. Il ressort des observations de M. C. Paul que les deux poumons y sont également exposés.

Le thymus, au lieu de s'atrophier après la naissance, reste relativement considérable ; ses vaisseaux sont très-visibles et notablement développés.

Les sinus de la dure-mère sont dilatés ; les vaisseaux intra-cérébraux, pleins de sang, donnent à la substance médullaire une teinte foncée, si bien que, comme l'a dit E. Gintrac, il est quelquefois difficile de distinguer les substances blanche et grise des centres nerveux.

L'organisme paraît d'ailleurs avoir souffert tout entier : les os sont amincis; les sutures du crâne sont encore ouvertes à six mois ; la dentition paraît retardée ; les muscles sont grêles, poisseux, peu développés. La coloration livide des téguments persiste, quoiqu'à un moindre degré, sur le cadavre ; elle est surtout prononcée sur les dernières phalanges des doigts, et ici, comme dans

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les viscères, ce que l'on observe, c'est la dilatation passive des capillaires superficiels avec certaines modifications consécutives. C'est du moins ce qui ressort des recherches de Ghouppe, reproduites dans la thèse de Daniel. « Les vaisseaux superficiels du derme, ceux qui pénètrent dans les papilles, non-seulement sont gorgés de sang noir, mais de plus offrent des variations de structure et de forme; à l'état normal, le capillaire qui pénètre dans les saillies de la matrice de l'ongle forme une axe unique, sans flexuosilés appréciables, qui s'abouche par ses deux extrémités dans le réseau capillaire du derme ; tout autre est l'état de ces capillaires quand il y a eu cyanose : l'anse vasculaire n'est plus régulière ; elle est fortement dilatée et gorgée de sang noir; outre cela elle décrit de nombreuses flexuosités qui lui permettent de contenir une quantité de sang beaucoup plus considérable. Il semble donc en résulter que la cyanose est produite uniquement par le stase d'une grande quantité de sang veineux dans les capillaires cutanés. »

Telles sont les principales lésions que l'on trouve chez les individus morts de cyanose ; il est tout à fait digne de remarque que, l'inverse de ce que l'on observe pour la plupart des malformations congénitales, la coïncidence d'autres vices de développement, est ici tout à fait exceptionnelle. Dans une observation citée par Thierry (Société anatomique, 1866) nous voyons mentionnée l'existence d'u» utérus bicorne; dans une autre de Swague [U^iion médicale, 1862) le sujet présentait un rein unique.

La PATHOGÉNIE des lésions de la cyanose est un des points les plus intéressant de riiistoire de cette maladie. Quelques auteurs admettent, pour expliquer leur production, la théorie des arrêts de développement : à une certaine phase de la vie intra-utérine, sous l'influence d'une cause insaisissable, le cloisonnement du cœur s'arrête, et on voit persister, suivant l'époque où s'est produit cet arrêt ; soit une communication interventriculaire, soit une ouverture entre les deux oreillettes. Cette explication est plausible pour les cas extrêmement rares oii les malformations congénitales de la cloison ont été observées sans autre lésion concomitante ; mais que devient-elle devant ces cas, si nombreux qu'ils constituent la règle, où les communications des deux cœurs sont invariiiblement liées à des lésions d'orifices? Von Dusch pensait répondre à cette objection en disant que la sténose pulmonaire survient après la naissance, et doit être regardée comme une conséquence nécessaire du défaut de développement de la cloison.

Pour Heine, la véritable cause du rétrécissement de l'artère pulmonaire serait la déviation vers la gauche de la cloison interventriculaire : l'aorte, s'abouchant dès lors dans le ventricule droit, détournerait à son profit une partie du courant sanguin qui se dirige normalement vers l'artère pulmonaire, et ce dernier vaisseau, s'accommodant à ces conditions nouvelles, ne se développerait qu'incomcomplétement.

Il suffit de compulser un certain nombre d'observations de cyanose, pour être convaincu de l'insuffisance de ces explications.

Pour nous, sans nier absolument l'existence des arrêts de développement primitifs, nous croyons, avec Cruveilhier, que, dans l'immense majorité des cas, la cause première de la cyanose est une endocardite fœtale portant sur le cœur droit, comme c'est la règle, et y laissant comme traces de son passage, soit des soudures de valvules, soit des coarctations d'orifices. Ce n'est que par ( une inflammation chronique de l'endocarde que peuvent s'expliquer ces mal-

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formations si considérables, avec végétations, avec rétractions, que l'on trouve signalées dans un si grand nombre de cas ; même, pour quelques-unes de ces lésions, il faut admettre une endo-myocardite ; tels sont ces rétrécissements préartériels, siégeant à la base ou vers le milieu del'infudibulum, qui sont constituées par une rétraction de tout le contour de ce canal. Nous croyons en outre, et en cela nous sommes d'accord avec la plupart des auteurs, que ces lésions sont presque uniquement, pour ne pas dire toujours, la cause des malformations de la cloison; la pathologie de la cyanose s'éclaire ainsi d'une vive lumière; tout dépend désormais d'un seul élément : l'âge qu'a le fœtus au moment où se développe l'endocardite. Le premier effet de la sténose pulmonaire est le stase du sang en amont de l'obstacle. Cette sténose s'est-elle produite dans le courant du deuxième mois de la vie intra-utérine, c'est-à-dire avant l'époque où le cloisonnement des ventricules est achevé ? Le sang du ventricule droit se trouvant soumis à un degré de pression insolite, est projeté vers le ventricule gauche, ou plutôt vers l'aorte, et ainsi s'établit un courant anormal qui, par sa persistance, empèclie l'achèvenient de la cloison. La direction oblique de ce courant nous permet de comprendre à la fois et la déviation de la cloison vers le ventricule gaucfie, et la situation de l'aorte qui se trouve à cheval sur les deux ventricules.

Le rétrécissement se produit-il à une période plus avancée? Le ventricule droit ayant à lutter contre l'obstacle, ne trouve plus de voie d'échappement du côté de la cloison interventriculaire ; ses parois s'hyperlrophient et sa cavité se dilate; si l'obstacle est considérable, la dilatation du ventricule devient telle que l'orifice auriculo-ventriculaire se laisse distendre mécaniquement, et il se produit une insuffisance relative de la tricuspide ; dès lors l'enchaînement des phémonènes est facile à saisir : reflux du sang vers l'oreillette droite, excès de tension dans cette cavité, courant anormal de droite à gauche, à travers le trou de Botal, persistance définitive de cette ouverture.

La situation est la môme lorsque le processus inflammatoire siège primitivement sur l'orifice auriculo-ventriculaire droit ou sur sa valvule ; c'est encore la cloison interventriculaire qui reste incomplète; toutes les lésions valvulaires. qui atteignant le cœur droit après le deuxième mois de la vie fœtale doivent aboutir à ce résultat.

Ces données générales suffisent à expliquer la plupart des cas ; la compréhension des lésions plus complexes en découle : Reportons-nous à notre premier exemple, rétrécissement de l'artère pulmonaire avant la fin du deuxième mois ; il est possible que l'ouverture restante de la cloison interventriculaire ne soit pas suffisante pour rétablir l'équilibre circulatoire ; les conditions dans lesquelles est placé le ventricule droit se trouvent relativement les mêmes que lorsque le rétrécissement survient après l'achèvement de la cloison ; ses parois s'hyperlrophient. Si cette force nouvelle" ne lui permet pas de triompher de l'obstacle, il se laisse dilater ; l'insuffisance tricuspide et la persistance du trou de Botal sont les conséquences naturelles de ce nouvel état de choses, et ainsi se trouve réalisée la double communication des deux oreillettes ventricules si fréquemment observée.

Quelquefois cependant celte double communication reconnaît un autre mécanisme : c'est, par exemple, lorsque l'orifice auriculo-ventriculaire droit est considérablement rétréci ou fait complètement défaut ; les veines caves ne trouvent alors d'autre issue que l'oreillette gauche dans laquelle elles se dégorgent

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à travers le trou de Botal ; souvent même, dans ces cas, la cloison auriculaire n'existe qu'à l'état rudimentaire. Tout le sang passe par le ventricule gauche, et là une partie s'engage dans l'aorte, l'autre passant dans le ventricule droit, à travers une perforation de la cloison. Nous voyons ici deux courants en sens contraire : l'un se faisant de droite à gauche dans les cavités auriculaires; l'autre se faisant de gauche à droite dans les ventricules.

L'endocardite fœtale s'épuise quelquefois sur le ventricule gauche : les lésions congénitales de l'orifice aortique ou de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche en font foi. Dans ces cas, la circulation se rétahlit par les mêmes moyens que lorsqu'il s'agit de lésions du cœur droit; mais la direction des courants sanguins est inverse, et se fait de gauche à droite. L'observation de Duroziez {Gazette médicale, 1863), pour n'en citer qu'une, est certainement passible de cette interprétation; on y voit une communication inteiventriculaire coexister avec l'insuffisance et le rétrécissement des orifices aortique et mitral.

La persistance du canal artériel est due aux mêmes causes, et produit les mêmes effets que les arrêts de développement des cloisons intracardiaques; s'agit-il d'une lésion qui intercepte la circulation dans l'artère pulmonaire? Le sang se détourne vers les cavités gauches par la perforation interventriculaire, traverse la crosse aortique, s'engage dans le canal artériel et revient dans l'artère pulmonaire au-delà de l'obstacle qu'il a tourné.

Nous ne prétendons pas que la perméabilité du canal artériel ne puisse se rencontrer en dehors des lésions des orifices et de la communication des deux cœurs. La proposition émise à ce sujet par Cruveilhier est certainement trop absolue, car on voit assez souvent cette anomalie exister indépendamment de tout autre lésion. D'autre part, il est un certain nombre d'observations dans lesquelles la circulation pulmonaire s'est rétablie sans le secours du canal artériel. Dans le cas de Weiss (Revue des Sciences médicales, t. Ylll), il s'agit d'un garçon de six ans. L'orifice pulmonaire admettait à peine un fin stylet ; la cloison interventriculaire manquait à sa partie supérieure et le trou de Botal était perforé; l'aorte avait les dimensions d'une aorte d'adulte ; de la partie inférieure de sa portion thoracique partait un tronc artériel très-volumineux qui se rendait au lobe inférieur du poumon gauche.

Ce fait a une importance considérable, il vient à l'appui de l'opinion si discutée d'Andral qui croyait à la suppléance possible de l'artère pulmonaire par les artères bronchiques. Il existe d'ailleurs dans la science un certain nombre d'observations qui présentent une assez grande analogie avec celle que nous venons de citer.

Dans un cas d'occlusion de l'artère pulmonaire et du canal artériel, Jacobson a noté la dilatation des artères bronchiques et de la péricardique supérieure.

Dans des cas analogues, Yoss a vu la suppléance se faire par quatre artères bronchiques volumineuses, et par des rameaux des artères coronaires antérieure et postérieure ; et Rokitansky par les artères bronchiques, œsophagiennes, péricardiques et coronaires.

Chez un sujet d'Homolle (Société anatomique, 1875), on constata « une vascularisation énorme des plèvres médiastine et péricardique; il est probable, dit l'auteur de l'observation, que la circulation s'était rétablie par l'intermédiaire du réseau pleural allant s'aboucher dans les dernières branches de l'artère pulmonaire. );

Dans tous ces cas, le canal artériel ou les vaisseaux qui le suppléent ont pour

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but de rétablir, dans une certaine mesure, la petite circulation compromise par la sténose pulmonaire; il est aisé de comprendre que la persistance de ce canal peut tenir à une autre cause : lorsqu'il s'agit, par exemple, d'un rétrécissement de l'orifice aortique, le sang tourne encore l'obstacle; il passe dans le ventricule droit à travers l'ouverture de la cloison, puis dans l'artère pulmonaire, et il est repris par le canal artériel qui le rend à l'aorte. ,-.-;^

On voit d'après ces considérations que toutes ces anomalies cardiaques, di'si gnées sous le nom d'ariêts de développement sont autant de moyens que la na ture met en œuvre pour maintenir la circulation compromise. Ce sont des lésions nécessaires et fatales, disons le mot, des lésions compensatrices ; car la situation du fœtus devant une lésion valvulaire du cœur est la même que celle de l'adulte; les différences dans les moyens de compensation, différences qui, à égalité de lésion, sont tout à l'avantage du fœtus, résultent uniquement des différences de structure de l'organe à ces deux périodes de la vie.

Le résultat incontestable de cette compensation est le plus souvent l'introduction du sang veineux dans le système artériel. Faut-il en conclure que ce mélange des deux sangs est le trait caractéristique de la maladie, et la cause unique ou même principale de la coloration bleue de la peau? Un grand nombre de faits nous par-iissent militer contre cette manière de voir.

Et d'abord l'observation fameuse de Dreschet, rapportée par presque tous les auteurs : On trouva sur un sujet que l'artère sous-clavière gauche naissait du tronc même de l'artère pulmonaire; il n'y avait aucune différence dans la coloration ni dans le développement des deux membres supérieurs. « Mais s'est-on assuré, demande M. H. Gintraç, qu'il n'y avait pas quelque anastomose restituant au membre supérieur le sang artériel qu'il devait recevoir? » Admettons l'existence de cette anastomose : nous réalisons ainsi dans leur entier, pour le membre supérieur gauche, les conditions dans lesquelles se trouve tout le corps des individus atteints d'une perforation interventriculaire; le sang rouge et le sang noir se trouvent mélangés, au lieu que ce soit le sang veineux seul qui coule dans les artères, et cependant il n'y a pas de cyanose. Le mélange des deux sangs ne suffit donc pas à produire ce symptôme.

Mais, sans sortir de notre sujet, nous trouvons assez d'arguments à l'appui de celte conclusion :

Chez un grand nombre de malades atteints de mall'ormations cardiaques, la cyanose se montre d'une façon passagèie, sous forme d'accès, à la suite de fatigues excessives ou d'efforts répétés. Dans ce sens, l'observation de M. Vulpian (Société analomique, 1868) est très-nette : chez une jeune fdle, cyanosée seulement pendant ses accès d'asystolie, on trouva une très-large communication interauriciilaire ; les faits de ce genre abondent. Faut-il admettre alors que le mélange des deux sangs ne se fait que d'une façon intermittente? La chose serait difficile à comprendre. Les perforations de la cloison jouent le rôle de lésions compensatrices. Si, à im moment donné, elles cessaient de livrer passage au sang la compensation serait rompue par le fait même, et on arriverait à cette conclusion étrange et contraire à l'observation, que la cyanose disparaîtrait au moment de l'asystolie pour n'exister qu'en dehors d'elle.

On pourrait aussi réunir un assez grand nombre d'exemples de communications inlracardiaques qui n'ont jamais donné lieu à de la cyanose pendant la vie. Nous ne citerons qu'une observation de M. Bouillaud, où l'absence de cyanose est indiquée en termes fort explicites : il s'agit d'un homme de trente-neuf ans, à

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l'autopsie duquel on constata l'absence complète de cloison interventriculaire; et il est dit dans l'histoire du malade : « Jamais aucun de nous n'a observé la moindre apparence de la teinte violette ou cyanique soit du visage, soit de quelques autres parties du corps, qu'on rencontre si souvent, mais non constamment, dans les cas de large communication des cavités droites du cœur avec les cavités gauches. »

En revanche, la cyanose a existé dans un certain nombre de cas où le passage anormal du sang se faisait des cavités gauches vers les cavités droites. Dans l'observation de Duroziez que nous avons déjà citée (communication interventriculaire; insuffisance et rétrécissement des orifices aortique et mitral) c'était bien évidemment le sang rouge qui allait se mêler au sang noir pour être projeté avec lui dans l'artère pulmonaire, et cependant il y avait de la cyanose. M. Oulmont (Société médicale des hôpitaux, 1877) a constaté aussi une cyanose très-accusée chez une femme de soixante-neuf ans, à l'autopsie, et chez laquelle on trouva une perforation interventriculaire qui formait un véritable entonnoir de gauche à droite. A cause de la direction et de la forme de cette perforation, et d'autre part en considérant que le ventricule gauche était trèshypertrophié tandis que te droit était à peu près normal, on pensa que c'était le sang rouge qui passait dans le cœur droit.

Enfin, si nous passons aux faits cliniques dans lesquels il ne peut pas être question d'un mélange quelconque des deux sangs, comment expliquera -t-on la cyanose si prononcée qui se montre chez l'adulte dans la période asystolique des affections valvulaires du cœur, celle qui survient chez les emphysémateux, chez les phthisiques, et même à la suite de certaines pleurésies ? s'il faut en crohe M. Bouilland, ce ne serait pas là de la cyanose véritable ; dans tous ces cas, la coloration violacée serait beaucoup moins marquée que dans la cyanose des enfants. A celte assertion opposons une assertion contraire : « Nous pouvons affirmer, dit Ferrus, que la coloration en bleu des tissus est quelquefois tout aussi marquée chez les vieillards atteints de maladies du cœur, sans communication entre les cavités de cet organe, qu'elle peut l'être chez les enfants dont la circulation est restée, après la naissance, dans des conditions presque analogues à ce qu'elle était pendant la vie fœtale, n L'observation journalière donne pleinement raison à ce dernier auteur ; d'un autre côté, Laënnec reconnaît que plusieurs maladies du poumon, l'emphysème spécialement, déterminent une cyanose aussi prononcée et aussi étendue que certaines maladies du cœur.

Il n'y a pas d'ailleurs un i-apport constant entre le degré de la cyanose et l'importance des communications intracardiaques ; et même, en lisant un certain nombre d'observations, on ssrait tenté d'avancer le contraire. Mais la chose importe peu ; l'intensité plus considérable de la coloration dans le cas de malformations congénitales du cœur, alors même qu'elle serait prouvée, ne justifierait pas la prétention que l'on a de doter ce symptôme d'une pathogénie nouvelle ; et si l'on reconnaît que certaines perforations interventriculaires sont passées presque inaperçues, al ors que des affections cardio-pulmonaires acquises ont pu produire une cyanose considérable, on arrivera bien à ce résultat que la cause unique et même la cause principale de cette cyanose n'est pas le mélange des deux sangs. Car on ne se demandera pas, je pense, avec M. Marc, « si une direction vicieuse de la circulation snnguine (dans le cas d'adhérence pleurale, avec intégrité du cœur) n'a pas pu donner lieu par transsudation à un mélange des deux sangs » .

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Nous ne voulons pas d'ailleurs pousser les choses à l'extrême. Que les communications cardiaques jouent un rôle dans le cyanose, nous n'y contredisons pas absolument ; mais nous tenons à établir que ce rôle est en tout cas secondaire : il est possible qu'à un moment donné, le mélange des deux sangs ait une influence sur la coloration de la peau, et la porte à un degré qu'elle n'atteint pas d'habitude dans les autres affections de l'appareil circulatoire, mais là se borne son action; la production même de la cyanose est due à d'autres causes.

Ces causes fondamentales sont les malformations ostiales et valvulaires du cœur droit, résultant de l'endocardite fœtale, et dont les communications cardiaques ne sont que les conséquences naturelles. Nous avons dit, et nous répétons, que la cyanose congénitale peut et doit être considérée, au point de vue de la physiologie pathologique comme une affection cardiaque de l'adulte : dans les deux cas les mêmes causes produisent les mêmes effets ; dans les deux cas les symptômes trouvent une raison d'être suffisante dans ce seul fait : rupture de l'équilibre circulatoire, stase dans le système veineux général.

Cette opinion est d'ailleurs celle d'un grand nombre d'auteurs, celle de Yalleix, de Friedreich, de Niemeyer, de Rokitansky. A propos d'un cas présenté à la Société anatomique, en 1868 (oblitération presque complète de l'orifice de l'artère pulmonaire ; communication inter-auriculaire, cyanose très-prononcée avec déformation des dernières phalanges et des ongles), voici ce que dit M. Vulpian : « ... Quant à la cyanose, il est clair qu'elle était due ici, comme dans les cas analogues, à la gêne extrême de la circulation générale, le mélange du sang noir et du sang rouge dans l'oreillette gauche, et, par suite, dans la circulation aortique, n'intervenant que pour augmenter l'intensité de la teinte particulière des téguments. ))

Est-il nécessaire de réfuter l'opinion des auteurs qui affirment que les lésions de l'artère pulmonaire sont incapables de produire la cyanose? Quand M. Solmon écrit : « Toutes les fois que l'on trouvera de la cyanose avec un cœur se conti'actant énergiquement, on pourra affirmer que le sang artériel et le sang veineux se mélangent quelque part dans le cœur » ; il va beaucoup trop loin, car, dans sa thèse même, on trouve deux cas (obs. VI, obs. VIII) dans lesquels la cyanose est notée avec un rétrécissement pulmonaire, sans communication intracardiaque.

De son côté, M. G. Paul dit dans son mémoire : « Il faut rayer la cyanose des symptômes du rétrécissement pulmonaire » . Or voici le bilan de ses douze observations :

Les observations I, II, IV, VII, XI, ne donnent pas l'histoire de la maladie; nous pouvons donc les regarder comme nulles. Dans les sept autres, qui contiennent à la fois des détails cliniques et anatomo- pathologiques, voici ce que nous trouvons :

Obs. III. Cyanose.

Obs. V (très-insuffisante au point de vue clinique). La cyanose n'est pas notée.

Obs. VI. Il n'y eut jamais de cyanose.

Obs. VIII. Cyanose très-accusée.

Obs. IX. La cyanose n'est pas notée; mais l'observation est assez détaillée pour qu'on puisse croire qu'il n'y en a jamais eu.

Obs. X. Pas de cyanose.

Obs. XII. Cyanose légère.

Au total, sur sept cas ; trois fois il y a eu de la cyanose, trois fois il n'y en a

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pas eu, une fois il n'en est pas fait mentiou. Et clans les cas oiî l'on n'a pas observé ce symptôme, l'autopsie a révélé une hypertrophie considérable du ventricule droit.

Que faut-il conclure de ces faits, sinon que l'hyperthophie du ventricule corrigeait, pour ainsi dire, le rétrécissement de l'artère pulmonaire et permettait au cœur de lutter contre l'obstacle assez pour empêcher la stase veineuse? Mais ce sont précisément ces faits qui, comparés avec ceux que nous observons chez le fœtus, nous permettent d'établir entre les uns et les autres la plus complèle analogie! Gliez l'enfant comme chez l'adulte, la compensation peut être suffisante ou ne l'être pas. Dans un cas les lésions ne s'accusent pas par des symptômes manifestes ou tout au moins ne donnent pas lieu à de la cyanose; dans l'autre il y aune cyanose plus ou moins considérable. Ou bien encore une lésion parfaitement compensée cesse de l'être, à un moment donné, sous l'influence d'une cause souvent appréciable, et l'enfant qui, jusque-là, n'avait présenté aucun signe d'alfection cardiaque, prend de la cyanose temporaire ou persistante.

Cette manière d'envisager la pathogénie de la cyanose donne la clef d'un certain nombre de phénomènes qui seraient difficilement expliqués par l'autre théorie.

Dans un cas d'Alvarenga, la cyanose se montre })our la première fois à dix ans, après un rhumatisme articulaire aigu. {Gazette médicale, 1870.) Dans un autre cas de Duroziez {Mémoires de la Société de biologie, 1862), elle débute à trente-huit ans, à la suite d'un effort.

Chez une femme de vingt-cinq ans, dont l'histoire est rapportée par M. Bouilland, elle ne survint que dans les derniers temps de la vie, à la suite d'un accouchement laborieux.

Enfin, chez un assez grand nombre d'enfants, c'est à l'occasion d'une coqueluche que se développe la maladie bleue, à une époque plus ou moins éloignée de la naissance; il s'agit, bien entendu, dans tous ces cas de lésions congénitales, du cœur. La compensation était parfaite ; elle a été rompue lorsqu'à la lésion première est venue se joindre une cause nouvelle de désordre circulatoire. Ne trouve-ton pas là la plus grande analogie avec ce qui se passe chez l'adulte en état d'asystolie?

Et, dans les faits où l'on ne retrouve pas cette cause extérieure de la production de la cyanose, ne serait-il pas permis de la chercher dans le cœur luimême qui, fatigué de la lutte, succomberait, et laisserait la dégénérescence graisseuse de ses parois remplacer leur hypertrophie compensatrice? Malheureusement, ainsi que nous en avons déjà fait l'observation, l'examen histologique de la fibre cardiaque n'a jamais été fait dans ces cas ; c'est une importante lacune à combler.

Si le mélange des deux sangs ne joue qu'un rôle minime dans la production de la cyanose, il est au contraire infiniment probable qu'il exerce sur l'état de la nutrition et de la calorification une influence considérable. L'hématose, déjà rendue insuffisante par le fait du rétrécissement de l'artère pulmonaire, est -encore amoindrie dans ses effets par le retour du sang veineux dans le ventricule gauche, et il en résulte une double altération du sang, à savoir : insuffisance d'oxygène, excès d'acide carbonique. C'est dans cette dyscrasie qu'il faut chercher l'origine des principaux phénomènes de la maladie bleue ; c'est d'elle que relèvent en grande partie le refroidissement du corps et les troubles de la nutrition générale.

Parmi ces derniers, un des plus intéressants à établir est la tuberculisation

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des poumons. On sait depuis longtemps, et les intéressantes recherches ae M. G. Paul ont parfaitement mis ce point en lumière, que les lésions congénitales ou acquises de l'artère pulmonaire prédisposent à la phthisie. Or, il nous répugne de croire, avec Lebert, à l'origine mécanique de ces altérations. II nous semble plus logique d'admettre que la sténose de l'artère pulmonaire ne retentit sur le poumon que d'une façon indirecte. La pneumonie tuberculeuse est, dans l'espèce, un fait secondaire, l'expression d'une déchéance générale de la nutrition. En somme, la cyanose aboutit à la phthisie, mais comme y aboutissenbien d'autres états pathologiques, en détériorant lentement l'organisme, et en le préparant ainsi à l'éclosion de la diathèse. Cependant, ce que nous savons de l'importance des oblitérations vasculaires, dans la dégénérescence caséeuse, ne nous permet pas d'éliminer toute action locale de l'anémie pulmonaire. Ce que nous ignorons, c'est la proportion d'influence sur le tuberculose pulmonaire, de l'anémie locale et de la dénutrition générale.

Causes. L'étiologie de la cyan3se, comme celle de toutes les maladies du fœtus est totalement inconnue et on en est réduit à des hypothèses plus ou moins vraisemblables. Elle atteint surtout le sexe masculin dans la proportion de deux sur trois. D'après E, Gintrac, on l'obsei'verait assez souvent en Angleterre, en Allemagne et en France ; plus rarement en Italie et en Hollande. Il est difficile de déterminer l'influence de l'état constitutionnel des ascendants sur la production de la maladie; aussi nous bornerons-nous à citer quelques faits: Dans un certain nombre de cas, le père ou la mère des enfants morts de cyanose étaient atteints d'une lésion organique du cœur ; la diathèse rhumatismale dont ils étaient probablement en possession se serait-elle transmise au fœtus et auraitelle engendré chez lui l'endocardite ?

D'autres fois, c'est dans le rachitisme maternel qu'il faut chercher la cause première de celte afiéction ; Strehler, cité par M. H. Gintrac, en a observé un exemple qui paraît concluant : Une femme rachitique mit au monde cinq enfants qui tous furent atteint de cyanose ; le père eut avec une autre femme de& enfants très-bien portants. Ferber {Gazette hebdomadaire, 1866) rapporte une observation de cyanose chez un enfant de dix-huit mois, dont la mère eut pendant sa grossesse des refroidissements répétés. On peut se demander si ces^ refroidissements ont joué un rôle dans la production des lésions cardiaques du fœtus; mais il serait, on le comprend, téméraire de l'affirmer.

Les relations qui peuvent exister entre les malformations cax'diaques et le rhumatisme , ne sont pas non plus bien déterminées. Nous trouvons dans ÏUnio7i médicale (7 août 1875, p. 203) trois observations de M. Perreyraond, dans lesquelles on note une communication des oreillettes chez des femmes qui présentaient des gibbosités rachitiques. Il en existe une autre observation du docteur Chantreau {Bull., de la Soc. anat., 2""^ série, t. XII, p. 525). Faut-il voir dans ces cas de simples coïncidences, ou bien doit-on admettre une relation de cause à effet entre les déformations rachitiques du thorax et la persistance du trou de Botal? C'est à cette dernière hypothèse que se rattache M. Perreyniond : « Si l'on considère, dit cet auteur, que ces déformations rachitiques du thorax se produisent dès les premières années de la vie, alors que la membrane ovale n'est pas encore très-souvent réunie au repli semi-lunaire antérieur, et forme avec lui une fissure (qui n'est perméable qu'autant que la tension du sang est égale dans les deux oreillettes) ; que, si le trou de Botal a complètement disparu, il existe toujours, au niveau de la réunion, des petits pertuis à

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trajet plus ou moins oblique, on sera conduit à se demander si les mêmes causes qui produisent chez les bossues la dilatation du cœur droit, ne peuvent pas déterminer mécaniquement le maintien de la fissure et sa transformation progressive en canal perméable, ou le décoHement de la membrane ovale, ou bien encore l'agrandissement des pertuis et leur transformation en orifice plus ou moins grand? Ne semblerait-il pas que le sang veineux tendrait à rétablir, pour passer en partie dans la grande circulation, l'ancienne ouverture fœtale interauriculaire, toutes les fois que la petite circulation est entravée d'une manière continue, et surtout dès les premiers temps de la vie? »

Cette explication est très-acceptable ; mais nous ferons remarquer dès lors qu'il ne s'agit plus à proprement parler d'une cyanose congénitale. La distinction sera souvent impossible en clinique, mais il importe, sur le terrain de l'ëtiologie et de la pathogénie, d'empêcher toute confusion.

Symptômes. Le symptôme le plus remarquable, sinon le premier en date, est la coloration de la peau. L'intensité de cette coloration est très-variable ; dans certains cas, c'est une légère teinte bleuâtre ou violacée ; ailleurs, c'est une couleur bleue ou lie de vin très-prononcée. Quelquelois étendue d'une façon uniforme sur toute la surface de la peau, la cyanose se montre aussi par plaques irrégulières disséminées sur les membres ou sur le tronc. On l'a vue plus marquée sur une moitié du corps que sur l'autre ; chez un sujet cyanique, atteint d'hémiplégie, la cyanose se prononça davantage sur le côté paralysé. Le plus souvent la coloration bleue est plus marquée à la face et aux extrémités des membres : le lobule du nez, les pommettes, les oreilles, les lèvres, la pulpe des doigts, sont les principaux sièges d'élection. Souvent aussi elle occupe à un très-haut degré la muqueuse de la bouche et du pharynx, la conjonctive, le gland et la vulve.

Dans le plus grand nombre des observations, la cyanose paraît avoir débuté à la naissance ou immédiatement après ; mais assez fréquemment aussi elle s'est montrée à un âge plus ou moins avancé.

Une fois qu'elle a paru, elle subit d'un moment à l'autre des variations considérable ; presque nulle le matin au lever, elle peut être très-prononcée après les fatigues de la journée ; tous les actes de la vie qui retentissent sur la circulation accroissent son intensité ; c'est ainsi qu'agissent les efforts de toute espèce, chez les enfants en bas âge, les cris, la succion; chez l'adulte la marche, la toux, l'usage prolongé de la parole, les émotions morales. La température extérieure exerce aussi une influence considérable sur le degré de la cyanose ; le froid et l'extrême chaleur l'augmentent d'une manière à peu près égale ; c'est en général au printemps et à l'automne qu'elle est le moins marquée.

En même temps que cette coloration de la peau, on observe presque toujours une diminution notable de la température. La sensation de froid dont se plaignent les malades n'est pas due, comme dans certaines autres maladies, à une perversion de la sensibilité; c'est un refroidissement réel, accusé par le thermomètre, et qui, d'après Tupper, atteint souvent un degré centigrade ou un degré et demi. A certains moments, ce refroidissement peut devenir bien plus considérable: chez un malade d'Alvarenga, le thermomètre appliqué au moment d'un paroxysme, donna les chiffres suivants :

Température axillaire 55 degrés.

Température prise sous la langue 34°,8.

— — aux mains et aux pieds 51 degrés.

U lAl'^UOCi.

Cet abaissement de la température du corps persiste en toute saison, mais est surtout sensible l'hiver; il paraît d'ailleurs suivre à peu près les variations de la cyanose, et être influencé par les mêmes causes.

Un autre phénomène qui ne manque jamais et qui même est souvent le premier symptôme de la maladie est la dyspnée. Chez le plus grand nombre des malades die est continue, et caractérisée par une respiration pénible, course haletante, irrégulière; de temps à autre, tous ces phénomènes s'exagèrent, et l'on assiste alors à de véritables accès de suffocation. Ces paroxysmes sont si habituels dans la cyanose que Louis et E. Gintrac les considéraient comme des symptômes caractéristiques. Ils se produisent sous l'influence des moindres causes : l'impression du froid, les efforts musculaires, les émotions ; ils s'établissent quelquefois d'une façon lente, mais plus souvent ils sont instantanés ; subitement le m.dadc suffoqué est pris de palpitations d'une extrême violence; la couleur bleue devient plus apparente et se généralise; la peau se refroidit et se couvre d'une sueur visqueuse; le pouls petit et irrégulier devient quelquefois insensible. C'est au milieu de ces accès que l'on observe des lipothymies et des syncopes, etc., chez les enfants des convulsions généralisées qui peuvent simuler de véritables attaques d'épilepsie. L'accès dure une ou plusieurs heures, puis diminue d'une façon graduelle et se termine, pour reparaître au bout de quelques heures ou de quelques jours ; l'intervalle qui sépare ces paroxysmes est donc très-variable ; souvent ils surviennent d'une façon fort irrégulière et à des époques indéterminées ; d'autres fois ils affectent une certaine périodicité. Sur un malade de Vigla, ils se montrèrent tous les huit ou dix jours pendant trois ou quatre ans, puis se rapprochèrent et devinrent plus longs, jusqu'à ce que la dyspnée fût continuelle. Chez un autre malade de Stacques [Gazette médicale, 1843) ils se montraient quatre fois dans les vingtquatre heures et duraient d'une demi-heure à trois heures.

Les palpitations cardiaques ne se font pas sentir seulement au moment des paroxysmes, elles constituent un des signes habituels de la cyanose ; souvent même elles en sont un des phénomènes les plus pénibles.

La percussion de la région précordiale permet de constater une augmentation souvent considérable de la surface de matité, augmentation qui porte surtout sur le diamètre transversal. En même temps on sent le choc de la pointe en dehors et en bas du mamelon: ce sont, en somme, les signes de l'hypertrophie du cœur droit. La main appliquée sur la région fait dans certains cas reconnaître l'existence d'une vibration que presque tous les auteurs comparent au frémissement cataire. Mais les résultats les plus intéressants sont ceux qui sont fournis par l'exploration stéthoscopique.

En dépouillant un très-grand nombre d'observations, depuis les plus anciennes jusqu'aux plus récentes, on est d'abord frappé de ce fait que la plupart d'entre elles sont insuffisantes au double point de vue des détails cliniques et de l'examen cadavérique. Dans beaucoup de cas, ce ne sont que les troubles fonctionnels qui ont attiré l'attention, et les signes fournis par l'auscultation ne sont même pas notés. D'autre part, dans les autopsies, on voit très-souvent que les observateurs n'ont été frappés que par les communications anormales, auxquelles ils rapportaient les symptômes présentés par le malade pendant la vie, et qu'ils n'ont pas cherché à se rendre compte de l'état des orifices. On est donc obligé, pour arriver à une interprétation aussi exacte que possible, de faire un choix parmi les faits épars, et de ne tenir compte que de

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ceux qui joignent à une observation minutieuse du malade, un examen rigoureux du cœur et des vaisseaux. Or, les signes stéthoscopiques de la cyanose sont extrêmement multiples, et on trouve dans les auteurs la plus grande variété aussi bien au point de vue de la nature et du timbre des bruits anormaux qu'au point de vue de leur localisation. Bruissement, bruit régurgitant, bruit de soufflet, bruit de râpe, piaulement, sont autant de termes qui ont été employés tour à tour pour caractériser ces bruits. Le souffle est tantôt systolique et tantôt diastolique. Lôschner en a entendu ^un placé entre les deux temps, et assez prolongé pour que tout l'intervalle fût rempli. Gravina, Oppolzer parlent d'un double souffle coïncidant avec les deux bruits du cœur et les masquant.

Cependant, dans la très-grande majorité des observations, il est fait mention d'un bruit de souffle qui peut varier quant au timbre et à l'intensité, mais dont le caractère principal est d'être systolique et de se faire entendre surtout à la base du cœur. Après les considérations dans lesquelles nous sommes entrés à propos de l'anatomie pathologique de cette affection, et étant donnée la fréquence du rétrécissement de l'artère pulmonaire, il nous semble inutile d'insister ici pour montrer les relations qui doivent exister entre cette lésion et le souffle que l'on perçoit à l'auscultation. Quelques faits cependant semblent infirmer cette manière de voir : dans quelques cas où l'on avait noté un bruit de souffle, on ne trouva point à l'autopsie de rétrécissement pulmonaire. L'ob servation de M. Oulmont, dont nous avons déjà parlé, en est un exemple frappant : C'était une femme de cinquante-neuf ans, cyanosée, et chez laquelle on entendait un bruit de râpe au premier temps, surtout à la base, avec frémissement cataire ; il n'y avait rien aux orifices du cœur, mais le ventricule gauche, volumineux, communiquait avec le droit par une ouverture ovalaire de 1 centimètre de diamètre, qui formait un véritable entonnoir, et dont les bords offraient quelques petites, inégalités rugueuses. Il ne nous répugne pas, dans ce cas particulier et dans quelques autres analogues, d'attribuer le bruit anormal à l'ouverture de la cloison ; nous trouvons ici les conditions nécessaires à la production d'un bruit de souffle, le sang étant poussé par un ventricule trèshypertrophié à travers un canal rétréci, irrégulier, rugueux. Mais lorsque ces mêmes conditions se trouvent réunies, comme c'est la règle, sur l'orifice de l'artère pulmonaire ou sur l'infundibulum, et lorsque, d'autre part, la communication interventriculaire est assurée prr un orifice régulier, à bords lisses et unis, pourquoi se refuserait-on à admettre que c'est le rétrécissement pulmonaire qui donne lieu à ce souffle? La rudesse habituelle du bruit de souffle que M. Roger invoque pour attribuer ce signe à la communication anormale, au préjudice de la sténose de l'artère, ne nous paraît pas être un argument suffisant ; l'hypertrophie considérable du ventricule droit qui est notée dans presque toutes les observations, le calibre ordinairement très-étroit du rétrécissement, les ru'^osités et l'induration des valvules, sont plus de raisons qu'il n'en faut pour expliquer le caractère rude ou même musical du bruit pathologique. Dans les rétrécissements acquis, où ces conditions anatomiques sont rarement réalisées à un aussi haut degré, le souffle est presque toujours remarquable par sa rudesse, ainsi qu'on peut s'en convaincre en lisant les observations de M. C. Paul. D'ailleurs on trouve souvent, dans les cas suffisamment détaillés, que le bruit de souffle présentait son summum d'intensité à gauche du sternum, dans le deuxième espace intercostal, qu'il se dirigeait de droite à gauche, du côté de la clavicule, et enfin qu'il ne se prolongeait pas dans les vaisseaux du DICT. ENC. XXIV., 3-

498 CYAINOSE.

cou. Ne sont-ce pas là préciséiiient les caractères des bruits nés à l'orifice de l'artère pulmonaire?

Dans quelques cas exceptionnels, le bruit de souffle systolique de la base reconnaît comme cause un rétrécissement aortique ; mais alors son maximum doit siéger au foyer d'auscultation de l'aorte, à droite du sternum.

Outre ces symptômes principaux fournis par l'exploration physique et fonctionnelle de l'appareil cardio-pulmonaiie, il est un certain nombre de phénomènes secondaires qui, quoique moins constants, présentent cependant une certaine importance.

Chez les jeunes sujets atteints de cyanose, les facultés cérébrales peuvent rester indemnes ; mais il n'est pas rare non plus de voir l'intelligence s'é\ eiller tardivement, et n'atteindre qu'un développement relativement restreint. Les enfants présentent en outre des modifications profondes du caractère ; craignant les moindres mouvements qui augmentent leur oppression, fuyant les jeux de leur âge, ils deviennent tristes, apathiques et indifférents à tout ce qui les entoure, ou au contraire chagrins et irascibles.

Le désordre de la circulation cérébrale se ti'aduit quelquefois par une invincible tendance au sommeil ; dans d'autres circonstances on observe une céphalée profonde, gravative, mal circonscrite ; ailleurs enfin des vertiges et des bourdonnements d'oreille incessants.

Il peut arriver aussi que la croissance ne s'achève pas ou ne s'achève que lentement; la dentition est souvent retardée; il en est de même de la puberté, et quand la fonction génitale s'éveille, il est rare qu'elle manifeste de grandes exigences.

La maladie laisse partout son empreinte : le thorax rétréci est allongé dans le sens antéro-postérieur, tandis (jue les omoplates se détachent en arrière et présentent la saillie de leur bord spinal, rendue plus- manifeste par l'amaigrissement du tronc. Les membres inférieurs grêles, émaciés, affaiblis, ont de la peine à supporter le corps, se meuvent lentement et maladroitement, se fatiguent vite. Les doigts qui paraissent allongés, se terminent par une extrémité violacée, renflée en massue ; on les a comparés à des baguettes de tambour. Le songles sont larges, longs, épais, incurvés sur les côtés d'avant en arrière.

Les fonctions digestives sont ordinairement paresseuses : l'appétit peut rester intact, mais la digestion ne se fait qu'avec lenteur et difficulté ; on observe fréquemment des alternatives de constipation et de diarrhée.

Les hydropisies sont rares dans la cyanose ; on a noté dans quelques cas une légère infiltration des membres inférieurs, un peu d'ascite, de l'hydrothorax ; mais ces phénomènes, outre qu'ils sont peu marqués, ne surviennent d'habitude que dans les derniers jours.

En revanche, il est commun d'observer chez ces malades une tendance fâcheuse aux hémorrhagies ; les épistaxis et les hémoptysies sont surtout fréquentes, même en dehors des cas qui se compliquent de tuberculose pulmonaire ; chez quelques malades la moindre excoriation donne lieu à un suintement de sang des plus rebelles ; quelquefois même ces hémorrhagies ont été assez considérables pour entraîner la mort : Un malade de Bouillaud avait les gencives molles, tuméfiées et saignantes au moindre contact; il mourut d'une hémorrhagie buccale. Un autre malade de Louis mourut dans un coma profond, à la suite d'une hémorrhagie dont la source n'est pas indiquée dans l'observation.

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Marche. Il n'est guère possible d'assigner à la cyanose une évolution nettement déterminée. On observe en effet, la plus grande variété dans le mode de ^ébut, dans la durée, dans la terminaison.

Tantôt c'est la coloration bleue qui ouvre la scène, tantôt c'est la dyspnée, tantôt enfm ce sont les désordres de la nutrition générale; dans le plus grand nombre des observations, c'est dès la naissance ou quelque temps après que se manifestent les premiers indices de la maladie ; mais dans certains cas ils ne se montrent qu'à un âge avancé, sans que rien jusque-là pût faire prévoir leur apparition. Quand la maladie s'est constituée avec ses principaux symptômes, dyspnée, cyanose, palpitations cardiaques, il est rare qu'elle rétrocède d'une façon notable ; on peut bien observer des rémissions plus ou moms longues qui se produisent sous l'influence du repos et des soins, mais en somme la marche en est graduelle, et chaque jour marque un pas, si insensible soit-il, vers la terminaison fatale.

La mort arrive souvent au milieu d'un accès; mais elle peut être la conséquence d'une complication; dans ce sens, la phthisie pulmonaire peut être comptée au nombre des terminaisons les plus fréquentes ; quelques malades meurent aussi épuisés par les hémorrhagies. Enfin, il peut se développer, dans le courant de la cyanose, un certain nombre d'accidents qui, quoique étrangcjs à la maladie, lui empruntent un caractère de gravité insolite ; les affections intercurrentes le plus souvent signalées, à litre de simples coïncidences, sont les fièvres éruptives, l'érysipèle, les affections aiguës du poumon ; il est digne de •remarque que les phlegmasies ont une grande tendance à se terminer pur gangrène.

Diagnostic. De tous les symptômes que nous avons passés en revue, il n'en «st pas un qui, pris isolément, puisse servir de base à un diagnostic absolument précis; ce n'est qu'en les rapprochant, en les groupant, et en tenantcompte de leur mode d'évolution, qu'on peut arriver à quelque degré de certitude. Nous ne parlerons ici que pour mémoire des colorations artificielles de la peau, comme la teinte ardoisée que lui communique l'emploi longtemps prolongé du nitrate d'argent.

La cyanose momentanée qui suit les attaques d'épilepsie, celle plus persistante que l'on observe chez les cholériques, celle qui s'est montrée quelquefois chez des jeunes filles, à la suite d'une brusque suppression des règles (Marc), ne se prêtent à aucune erreur possible, et il suffit de les mentionner.

Nous n'insisterons pas non plus sur certaines maladies qui, comme l'emphysème pulmonaire, la tuberculose, la pleurésie chronique, présentent un certain nombre des symptômes habituels de la cyanose, mais qui diffèrent totalement de cette dernière, par les signes physiques qui sont propres à chacune d'elles, par leur mode de début, par leur marche et par les conditions générales au milieu desquelles elles se développent.

La présence, chez un jeune enfant, d'une dyspnée continue avec paroxysmes, de palpitations cardiaques, d'une coloration livide de la peau, suffit pour affirmer la cyanose congénitale ; mais il n'en est plus de même si tous ces symptômes se montrent pour la première fois dans l'âge adulte ; ici , en effet, il ^faut compter avec les affections valvulaires acquises qui peuvent s'accompagner de ces mêmes phénomènes. L'auscultation, soit qu'elle donne des résultats négatifs, soit qu'elle fasse entendre un bruit systolique dont le maximum répond au foyer de l'artère pulmonaire, fournit déjà une nouvelle donnée, et

permet d'éliminer les lésions mitrales et aortiques ; mais n'est-il pas aes rétrécissements acquis de l'artère pulmonaire qui peuvent donner lieu à tous les symptômes de la cyanose congénitale, et qui cependant n'ont rien de commun avec elle? Il faudra donc scruter avec le soin le plus minutieux les antécédents pathologiques du malade, chercher si l'on n'a pas à faire à un rhumatisant, et si une endocardite ancienne ne serait pas l'origine des accidents que l'on observe. En dehors de ces conditions, on peut soupçonner la cyanose congénitale ; mais raffirraer serait téméraire.

Que dire du diagnostic de la lésion, si ce n'est qu'il est souvent impossible, et toujours incomplet ? Faisant abstraction des cas où l'on observe le bruit de souffle symptomatique du rétrécissement de l'artère pulmonaire, on devra toujours se tenir dans, une réserve prudente. On a vu ce que nous pensions de la pathogénie de la cyanose ; pour nous ce symptôme est impuissant à faire reconnaître une communication entre les cavités droites et les cavités gauches du cœur. C'est donc par induction qu'on peut penser à une communication intra cardiaque et au mélange des deux sangs ; mais quant à savoir où et comment s'opère ce mélange, la chose est pratiquement impossible.

Pronostic. Le pronostic de la cyanose est absolument grave, en ce sens que la mort en est la terminaison constante ; mais la durée de la survie est éminemment variable et paraît subordonnée à la nature el à l'étendue des lésions. On a essayé d'établir des statistiques sur cette donnée : « Par exemple, dit M. Gintrac, la transposition des artères aorte et pulmonaire ne permet pas une longue durée de la vie. Sur 46 enfants ainsi conformés, 3 moururent dans la première, 1 dans la deuxième, 1 dans la troisième semaine ; 2 après deux mois ; 2 après dix semaines ; 1 après cinq, 1 après sept, 1 après dix mois ; les 4 autres vécurent quinze mois, deux ans six mois, deux ans sept mois, deux ans neuf mois. » La vie est longtemps compatible avec une persistance du trou de Bolal ; le rétrécissement de l'artère pulmonaire est une circonstance fortement aggravante. Cependant un malade de Martin-Solon, cité par M. Jaccoud, qui présentait une persistance du trou de Botal, mourut à vingt-deux ans. Un autre de Spitta, qui présentait la même lésion accompagnée d'une obstruction partielle de l'artère pulmonaire, vécut jusqu'à quarante ans ; on trouverait pour des lésions identiques des écarts encore plus considérables ; or, on reconnaîtra que, en raison de l'impossibilité où l'on se trouve de reconnaître pendant la vie la nature exacte des lésions, ces statistiques ne présentent qu'un intérêt purement spéculatif. En pratique, les éléments du pronostic seront puisés dans la marche même de la maladie ; l'apparition précoce des symptômes de la cyanose est un signe de mauvais augure ; le rapprochement des paroxysmes, leur durée devenant plus grande, leur intensité augmentant sans cesse annoncent la mort à courte échéance.

Traitemem. Les ressources de la thérapeutique sont ici des plus restreintes. Après ce que nous avons dit de l'origine congénitale des lésions qui constituent la cyanose et de la marche fatale à laquelle elles sont vouées, il ne saurait être question de leur curabilité ; le rôle du médecin se bornera donc à assister à l'évolution de la maladie, à tâcher de prévenir les paroxysmes qui en précipitent le cours, à en retarder, autant que possible, l'issue fatale. Le plus sage sera de conseiller aux malades une hygiène sévère ; Éviter les fatigues, les excès, les émotions morales, se mettre en garde, en un mot, contre toutes les causes qui pourraient augmenter la gêne circulatoire, telle est l'indication capitale j

CYANOSE (bibliographie). LOI

on aura soin, bien entendu, de veiller en même temps sur les forces du malade, et, s'il en est besoin, d'instituer un traitement tonique.

Pendant les paroxysmes, il sera indispensable de prescrire un repos absolu ; les autres indications découlent de la forme même du paroxysme, et il n'est pas possible de les réunir dans une même formule. On a préconisé tour à tour l'emploi des narcotiques, des anti-spasmodiques, des dérivatifs intestinaux, des diurétiques; mais ces diverses médications, qui ont pu réussir quelquefois à amender quelques symptômes, ne sauraient évidemment s'appliquer à tous les cas, d'une façon exclusive. Quant aux inhalations d'oxygène, que l'on a conseillées pour artérialiser le sang, elles ne font que répondre à des vues théoriques que nous croyons dénuées de fondement

Pour nous, en raison de la grande analogie qui existe souvent entre les paroxysmes de la cyanose et les accès d'asystolie vulgaire, nous n'hésitons pas à prescrire, dans un certain nombre de cas, l'emploi de la digitale, associée, suivant les circonstances, à la diète lactée, aux purgatifs drastiques, aux saignées locales ou générales. J. Grancher.

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CTAKtRES. § I. Chimie. Ce sont les combinaisons du cyanogène avec les métaux. On peut les partager en deux grandes classes, les cyanures simples et les cyanures doubles ; ces derniers se subdivisent ensuite en deux groupes parfaitement distincts : le premier formé par les cyanures doubles facilement décomposables, et le deuxième, composé des cyanures qui résistent aux agenls de décomposition.

Cyaaures simples. — Préparation. Les cyanures métalliques s'obtiennent au mojen d'un grand nombre de réactions. En général, les cyanures alcalins se préparent en calcinant des matières organiques azotées avec des alcalis caustiques ou carbonates; on les obtient encore par action directe du cyanogène sur le métal chauffé {voy. Cyanogène), ou bien en faisant passer un courant d'acide cyanhydrique sur le métal chauffé. Les cyanures des métaux lourds s'obtiennent surtout par double décomposition, en précipitant une solution d'un sel métallique par une solution de cyanure de potassium et même d'acide cyanhydrique ; quelques-uns s'obtiennent encore de la même manière que les cyanures alcalins, par réaction du cyanogène sur les métaux chauffés {voy. Cyanogène).

Propriétés. Tous les cyanures alcalins et terreux sont solubles dans l'eau et dans l'alcool ; cette solution présente une réaction alcaline : calcinés au contact de l'air et de l'oxygène, ils se transforment en cyanates. Les cyanures métalliques, à l'exception du cyanure de mercure, ne se dissolvent pas dans l'eau; calcinés, ils se décomposent en laissant un résidu formé du métal, de carbure métallique et de paracyanogène ; ceux d'argent et de mercure abandonnent en même temps du cyanogène qui se dégage (voy. Pre'p. du cyanogène). Chauffés en présence de l'eau, tous les cyanures se décomposent; dans cette réaction on obtient, avec les cyanures des métaux lourds, de l'oxyde de carbone, de l'acide carbonique, de l'ammoniaque et le métal réduit; avec les cyanures alcalins, de l'ammoniaque et un formiate :

AzC'K -f- 2H202 = AzH' + C^HKO*

Cyanure Eau. Ammoniaque. Formiale

; [Je potassium. Je potasse.

Traités par un acide minéral, l'acide sulfurique, par exemple, la plupart des cyanures dégagent de l'acide cyanhydrique ; avec l'acide azotique concentré et bouillant, on obtient des azotates eu même temps qu'un dégagement d'azote et d'acide carbonique: si l'on fait fondre un cyanure alcalin avec des oxydes trèsréductibles, tels que l'oxyde de plomb, l'oxyde de cuivre, l'oxyde d'antimoine ou l'oxyde d'étain, ces oxydes se réduisent à l'élat métallique en même temps que le cyanure passe à l'état de cyanate ; c'est pour cela que les cyanures alcalins, surtout le cyanure de potassium, sont employés comme réducteurs dans une foule d'occasions, notamment dans l'analyse au chalumeau. L'azotate d'argent, dans les solutions des cyanures, donne lieu à un précipité blanc de cyanure d'argent soluble dans un excès de cyanure de potassium, dans l'ammoniaque, dans l'hyposulfite de soude, mais insoluble dans l'acide azotique ordinaire ; calciné, ce précipité de cyanure d'argent se décompose en cyanogène qui se dégage, et en

CYANURES. 505

argent métallique ; celte réaction est employée en analyse pour reconnaître la présence d'un cyanure ou de l'acide cyan hydrique [voy. Acide cyanhydrique).

Lorsqu'on ajoute dans une solution d'un cyanure alcalin, un mélange de sulfate de protoxyde et de sulfate de peroxyde de fer, puis un peu d'acide clilorhydrique, on obtient un précipité de bleu de Prusse ; c'est encore une des réactions caractéristiques des cyanures et de l'acide cyanhydrique, employée très-souvent en analyse; avec le cyanure de mercure elle ne se produit que si l'on a soin d'abord d'y ajouter de l'acide chlorliydrique et du fer métallique destiné à précipiter le mercure ; on y verse ensuite de la potasse, puis de l'acide chlorhydrique.

Presque tous les cyanures traités par le chlore se transforment en chlorures ; quelquefois on obtient du chlorure de cyanogène, mais le plus souvent le cyanogène se dégage ou bien passe à l'état de paracyanogène : l'action de l'iode est semblable à celle du chlore.

Certains oxydes métalliques, et surtout l'oxyde de mercure, mis en digestion avec des solutions aqueuses de cyanures alcalins se transforment en cyanures, en même temps que le métal alcalin, mis en liberté, se convertit en hydrate : les cyanures de certains métaux se combinent avec les oxydes de ces mêmes métaux et formcLt des composés cristallisables ; on connaît aussi des combinaisons de cyanures avec certains sels, tels que les iodures, les bromures, les chlorures, les chromâtes, les azotates, etc.

Cyanures doubles. Les cyanures doubles forment deux groupes que nous avons définis plus haut : on les obtient facilement en dissolvant dans un cyanure alcalin un cyanure métallique insoluble dans l'eau; ils se présentent d'ordinaire sous forme de composés cristallins solubles dans l'eau.

Les cyanures doubles du premier groupe sont peu stables: sous l'influence des acides minéraux dilués, ils se dédoublent facilement; le cyanure métallique est précipité, tandis que le cyanure alcalin se décompose en laissant dégager de l'acide cyanhydrique : à ce groupe appartiennent les cyanures doubles de nickel et de potassium, d'argent et de potassium, etc.; si l'on ajoute, par exemple, de l'acide chlorhydrique à du cyanure double de nickel et de potassium, on donne lieu à la réaction suivante :

CyNi,CyK + HCl = CyNi -h CyH -h KCl

Cyanure double

Acide

Cyanure

Acide

Chlorure

de nickel

chlorhydrique.

de nickel.

cyanhydrique.

de

it de potassium.

potassium

Les cyanures doubles du deuxième groupe sont au contraire fort stables et ne se scindent pas par addition des acides dilués : si l'on ajoute de l'acide chlorhydrique à un cyanure de ce groupe, le cyanure alcalin est encore décomposé, mais l'acide cyanhydrique résultant de cette décomposition, au lieu de se dégager, se combine avec le cyanure insoluble; dans ce groupe on peut ranger les cyanures de fer et de potassium, de platine et de potassium ou de sodium, de chrome et de potassium, de cobalt et de potassium ; la réaction que nous venons d'indiquer s'explique très-bien par l'équation suivante :

2CyFe,4CyK = 2[(FeGy^)K^] -h 4 HCl = 4 KCl 4- 2CyFe,4CyH

Cyanure double Ferrocyanure Acide

de Ter de potassium. ferrocyanhydrique.

et de potassium.

500 CYANURES.

La formule de l'acide ferrocyanhydrique peut s'écrire encore (FeCy',H^).

Les cyanures doubles des deux groupes, traités par des solutions métalliques^ donnent lieu à des doubles décompositions qui ne portent généralement que sur Ifr métal alcalin : avec les cyanures du premier groupe, on obtient un composé qui a les mêmes propriétés que le cyanure générateur ; il se décompose en effet avec une grande facilité, tandis que le précipité formé avec les cyanures du deuxième groupe est indécomposable par les acides absolument comme le cyanure double qui a servi à sa préparation. A cause de cette différence qui existe entre les deux groupes de cyanures, on considère ceux du premier comme de vrais^ cyanures doubles formés par addition de deux cyanures simples, tandis que ceux du deuxième groupe sont considérés comme résultant de la combinaison du métal alcalin avec un radical formé par l'union intime du cyanogène et du métal lourd ; le cyanure double de fer et de potassium sera donc du ferrocyanure de potassium (FeCy',K^) résultant de l'union du radical ferrocyanogène FeCy^ avec le métal K^ {voy. Ferrocyanures) ; de même le cyanure double de cobalt et de potassium sera du cobalticyanure de potassium, etc. Gerhardt admettait la même composition pour les deux groupes de cyanures doubles; il ne voyait entre eux qu'une différence de stabilité.

Analyse des cyanures. L'analyse des cyanures simples et celle de beaucoup de cyanures doubles, tels que les coballicyanures, peut se faire en suivant le procédé indiqué par M. Heisch [The Quart. Journ. of ihe Chem. Soc., II. 219): la substance à analyser est placée dans un petit ballon avec du zinc pur et de l'eau ; ce ballon communique avec un récipient contenant une solution d'azotate d'argent; on verse de l'acide sulfurique sur le mélange contenu dans le ballon; le cyanure est converti en acide cyanhydrique sous l'influence de l'hydrogène qui se dégage, et cet acide précipite la solution argentique à l'état de cyanure d'argent, qu'on recueille, qu'on dessèche et qu'on pèse. Lorsqu'on décompose le cyanure de mercure par ce procédé il est nécessaire d'ajouter un peu d'acide azotique à l'acide sulfurique, dans le but d'empêcher l'amalgamation du zinc,, qui arrêterait le dégagement d'hydrogène.

La recherche toxicologique des cyanures se fait delà même manière que celle de l'acide cyanhydrique {voy. Acide cyanhydrique) ; nous n'avons donc à examiner ici que le cas, très rare du reste, où les matières suspectes, en même temps qu'un cyanure toxique, renferment des cyanures non toxiques, par exemple du cyanure jaune. Pour cette recherche on peut se servir avec avantage du procédé suivant qui est dû à M. Jacquemin {Comptes rendus de l'Acad. des sciences, t. LXXX, p. 1499), procédé qui s'applique surtout à la recherche de CyK en présence du cyanure jaune.

On étend les matières à examiner d'une suffisante quantité d'eau, on fdtre après macération, on neutralise la liqueur filtrée par de la soude pure, puis on la porte à l'ébullilion avec deux ou trois grammes d'Iiyposulfite de soude; aprèsrefroidissement on acidulé légèrement avec de l'acide chlorhydrique et on ajoute du perchlorure de fer en léger excès : si les matières renferment en même temps du cyanure de potassium et du cyanure jaune, on obtient un précipité de bleu de Prusse; on filtre alors, et la liqueur filtrée présente la teinte rouge caractéristique du sulfocyanure de potassium : cette méthode d'analyse est basée sur ce fait observé par M. Jacquemin, que le cyanure de potassium, en sa qualité d'agent réducteur agit sur certains composés sulfurés, l'hyposulfite de ôoude, par exemple^ en leur enlevant du soufre pour se convertir en sulfocyanure.

CYANURES. 507

Nous allons maintenant passer en revue les cyanures les plus importants.

Cyanure d'ammonium ou cyanhydrate d'ammoniaque, Cy,AzH*: on peut l'obtenir directement par action de l'acide cyanhydrique sur l'ammoniaque ; on le prépare ordinairement en chauffant au bain-marie un mélange de trois parties de ferrocyanure de potassium et de deux parties de chlorhydrate d'ammoniaque; le produit est condensé dans un récipient entouré d'un mélange réfrigérant de glace et de sel marin : on l'obtient encore, suivant Langlois, en faisant passer du gaz ammoniac sec sur du charbon bien sec placé dans un tube de porcelaine chauffé au rouge. Le cyanure d'ammonium cristallise en cubes incolores, solubles dans l'eau et dans l'alcool ; il est très-altérable et se convertit peu à peu en acide azulmique : c'est un poison très-violent.

Cyanure d'argent (AgCy) : s'obtient en ajoutant un cyanure soluble à du nitrate d'argent; quand il est bien sec, il donne, lorsqu'on le chauffe, de l'argent métallique et du cyanogène : il est soluble dans les cyanures alcalins et alcalinoterreux en formant des cyanures doubles; celui d'argent et de potassium est soluble dans l'eau et dans l'alcool et est employé dans l'argenture galvanique.

Cyanure de bismuth. En versant une solution d'azotate neutre de bismuth dans une solution de cyanure de potassium, on obtient un précipité blanc que Soubeyran a appelé cyanure de bismuth et qu'il a essayé d'introduire dans la thirapeutique ; mais d'après Berzelius le cyanure de bismuth n'existe pas.

Cyanure de chrome. Le cyanure chromique (Cr^Cy') se précipite quand on ajoute du cyanure de potassium à la solution d'un sel de chrome : si l'on abandonne à l'air un mélange de potasse et d'oxyde de chrome hydraté auquel on a ajouté de l'acide cyanhydrique, il se colore en brun rouge et laisse déposer des cristaux qui présentent une composition analogue à celle du ferricyanure de potassium ; c'est un chromicyanure de potassium Cr-CySK', susceptible de former par double décomposition d'autres chromicyanures dont les principaux sont ceux de zinc, de cobalt, de fer, de plomb, d'argent, puis l'acide chromicyanhydrique que l'on obtient en décomposant par l'hydrogène sulfuré, le chromicyanure d'argent délayé dans l'eau.

Cyanures de cobalt. Groupe très-important : avec les sels de cobalt, la solution de cyanure de potassium donne lieu à un précipité bnm clair qui est du cyanure cobalteux, soluble dans un excès de cyanure de potassium ; dans le nouveau sel ainsi produit, les réactions du cobalt sont complètement masquées ; par double décomposition il donne naissance à des cobalticyanures de la formule (Co^Cy*,)M' ; M peut être remplacé par H et l'on arrive à la formule de l'acide cobalticyanhydrique que l'on prépare en décomposant le cobalticyanure de cuivre (Co^Cy®)Cu^ par l'hydrogène sulfuré; la solution filtrée donne l'acide par évaporation.

Cobalticyanures. 1° D'ammonium. Obtenu en neutralisant l'acide cobalticyanhydrique par l'ammoniaque; cristallise en tables rhombes.

2° De potassium (Co^Cy®)K^. Nous avons indiqué plus haut le procédé que l'on suit pour préparer ce sel; il se présente sous forme de prismes aplatis, anhydres, transparents, légèrement jaunâtres, isomorphes avec le ferricyanure de potassium ; il est peu soluble dans l'eau et insoluble dans l'alcool ; une solution concentrée de cobalticyanure de potassium traitée par un excès d'acide sulfurique ou d'acide azotique laisse déposer de l'acide cobalticyanhydrique. •

5° De sodium. Se prépare avec le carbonate de soude et l'acide cobalticyan-

508 CYANURES.

hydrique ; aiguilles transparentes et incolores, très-sohibles dans l'eau ûouillante.

4° De baryum. Se prépare comme le précédent au moyen de carbonate de baryte; prismes incolores, solublesdans l'eau, insolubles dans l'alcool.

5" De zinc. Précipité blanc.

6° De cadmium. Précipité d'abord brun, puis blanc.

7° De nickel. Par précipitation d'un sel de nickel par un excès d'acide cobalticyanhydrique ; précipité bleu clair gélatineux, qui à l'air se contracte en une masse vitreuse et verdâtre ; insoluble dans l'eau et les acides, soluble dans l'ammoniaque ; à une température élevée, il se déshydrate en devenant gris ; quand on évapore lentement une solution ammoniacale de cobalticyanure de nickel récemment précipité on obtient des paillettes bleuâtres qui ne sont aulre chose que du cobalticyanure de nickel et d'ammoniaque.

Cobalticyanure de cobalt. En précipitant le sulfate de cobalt par le cobalticyanure de potassium; précipité rouge clair qui, après lavages, ne renferme plus de sel de potassium ; il est insoluble dans l'eau et dans les acides étendus : les acides concentrés lui enlèvent de l'eau et le colorent en bleu; il est soluble en partie dans l'ammoniaque.

Cobalticyanure de cuivre. On précipite le sulfate de cuivre par le cobalticyanure de potassium ; précipité bleu clair insoluble dans l'eau et dans les acides, soluble complètement dans l'ammoniaque ; cette solution, évaporée lentement, laisse déposer des cristaux de cobalticyanure de cuivre et de cuprammonium ; ce sont des prismes d'un bleu d'azur, insolubles dans l'eau.

Cobalticyanure ferreux. Précipité blanc que l'on obtient au moyen du sulfate ferreux et du cobalticyanure de potassium.

Cobalticyamires de manganèse, d'étain. Précipités blancs.

Cobalticyanure de plomb. Par décomposition du carbonate de plomb par l'acide cobalticyanhydrique.

Cobcdticyanure d'argent. En précipitant le cobalticyanure de potassium par l'azotate d'argent ; masse blanche, insoluble dans l'eau et dans les acides, inaltérable à la lumière, soluble dans l'ammoniaque ; cette solution évaporée doucement laisse déposer des prismes incolores de cobalticyanure d'argent et d'argentammonium.

Cobalticyanure mercureux. Précipité blanc.

Cobaltocyanure de potassium. Ce sel analogue au ferrocyanure à été préparé par M. Descamps [Journ. de chim. et pharm., t. XXIX, p. 153) ; on verse une solution de cyanure de potassium bien refroidie dans une solution de chlorure de cobalt placée dans de la glace ou de la neige; il se forme un précipité brun rougeâtre de cyanure cobalteux qu'on lave et qu'on introduit dans un vase à précipiter refroidi; on y ajoute alors lentement un excès de solution de cyanure de potassium refroidie et l'on obtient une liqueur rouge à reflets verts dans laquelle on ajoute de l'alcool à 90 degrés, ce qui détermine la cristallisation du cobaltocyanure de potassium en écailles d'un violet améthyste trèsfoncé; il faut les conserver dans des flacons remplis d'alcool à 95 degrés; à la longue cependant ils s'altèrent et deviennent rouges; ils se dissolvent dans une grande quantité d'eau, mais se transforment de suite en cobalticyanures.

Cyanure de cuivre. Le cyanure cuivreux s'obtient sous forme de poudre blanche hydi^atée en mélangeant du cyanure de potassium avec une solution de

CYANURES. 509

protoxyde de cuivre dans l'acide chlorhydrique ; le précipité est soluble dans l'ammoniaque aqueuse, les acides dilués et les cyanures alcalins.

En versant une solution de sulfate de cuivre dans une solution de cyanure de potassium, il se produit du cyanure double de cuivre et de potassium (GuGy,KGy) (Buignet, Journal de pharmacie et de chimie, o*' série, t. XXXV, p. 168).

En dissolvant à froid dans une quantité suffisante de solution de cyanure de potassium pur, de l'oxyde de cuivre CuO, obtenu en précipitant le sulfate de cuivre par la soude ou la potasse, on remarque, après filtration et évaporation de la liqueur, la formation de cristaux blancs , que l'on peut considérer comme des cristaux de cuprocyanure de potassium (Gu^Gy*,R^). (Vidau, Journ. de phar^ macie et de chimie, ¥ série, t. XXII, p. 521.) En traitant la solution de ce corps par les acides et spécialement par l'acide tartrique, on obtient un précipité blanc qui n'est autre chose que l'acide cuprocyanhydrique Gu-Gy*,H^; dans cette formule, H peut être remplacé par un métal, et l'on obtient alors des cuprocyanures ; l'un d'eux, le cuprocyanure de plomb, Cu^Cy*,Pb-, spécialement étudié par M. Vidau, est un précipité blanc qui se produit quand on traite la solution d'un sel de plomb par le cuprocyanure de potassium.

Cyanures de manganèse. Le cyanure de manganèse s'obtient en traitant la solution d'un sel manganeux par une solution de cyanure de potassium. Les mangano et les manganicyanures sont analogues aux ferro et ferricyanurcs ; les premiers ont été surtout étudiés par M. Descamps. Le manganocyanurede potassium MaGy^,K^ se prépare en mettant une dissolution concentrée de cyanure de potassium chauffée à 40 ou 50 degrés en contact avec du protoxyde, du carbonate ou du cyanure de manganèse; au bout d'une heure la liqueur filtrée laisse déposer des cristaux de manganocyanure de potassium qui sont violets, et qui s'altèrent à l'air en se transformant en manganicyanure et en sesquioxyde de manganèse. On connaît encore les manganocyanures de sodium , d'ammonium, de baryum.

Manganicyanures. Se produisent par action de l'air ou de la chaleur sur les manganocyanures ; on connaît ceux de potassium, de sodium, de baryum.

Cyanure de mercuhe. Le cyanure mercureux n'existe pas ; quand on ajoute de l'acide cyanhydrique ou du cyanure de potassium à la solution d'un sel mercureux, il se précipite du mercure métallique et il reste du cyanure mercurique en solution.

Le cyanure mercurique a été découvert par Scheele, et peut être obtenu par divers procédés :

1" On fait bouillir pendant un quart d'heure, 1 partie de ferrocyanure de potassium avec 2 parties de sulfate mercurique et 8 parties d'eau, on filtre et on évapore à cristallisation ;

2" On ajoute à l'acide cyanhydrique étendu d'eau, de l'oxyde rouge de mercure jusqu'à disparition de toute odeur, et on abandonne la liqueur à l'évaporation spontanée ;

5° On mélange 4 parties de bleu de Prusse pulvérisé, avec 5 parties d'oxyde de mercure également en poudre et on les fait bouillir avec 40 paities d'eau ; quand la matière est devenue d'un brun clair, on filtre et on fait bouillir le résidu pendant quelques instants avec une nouvelle quantité d'eau, on filtre de nouveau, on évapore les liqueurs et on fait cristalliser.

Le cyanure de mercure cristaUise en prismes à base carrée, incolores, trans-

510 CYANURES.

parents, inaltérables à l'air, très-vénéneux ; sa saveur est métallique et nauséabonde, il ne renferme pas d'eau de cristallisation et se dissout à froid dans 8 parties d'eau ; il est moins soluble dans l'alcool aqueux et presque insoluble dans l'alcool absolu ; chauffé quand il est sec, il se transforme en cyanogène et mercure, en même temps il se forme du paracyanogène en quantité d'autant plus considérable que la température est plus élevée ; quand il est humide le cyanure de mercure donne par la chaleur de l'acide carbonique, de l'ammoniaque, de l'acide cyanhydrique et du mercure. L'acide azotique le dissout sans le décomposer ; l'acide sulfurique concentré le décompose à chaud : la solution aqueuse de cyanure de mercure dissout à chaud une grande quantité d'oxyde rouge de mercure ; le produit que l'on obtient a une réaction alcalme, et se présente en petites aiguilles d'oxycyanure de mercure (HgCy.HgO), peu solubles dans l'eau froide, assez solubles dans l'eau bouillante, un peu solubles dans l'alcool aqueux : sous l'influence des rayons solaires, le chlore gazeux décompose le cyanure de mercure ; il se lorme du chlorure de mercure et un liquide huileux étudié par M. Bonis {Ann. de chim. etphys., S""* sér., t. XX, p. 446) : en présence de l'eau il se forme du sublimé corrosif et du chlorure de cyanogène (Sérullas). Le brome agit à la température ordinaire sur le cyanure de mercure en donnant naissance à du bromure de mercure et à du cyanogène ; l'iode agit d'une manière analogue.

Le cyanure de mercure se combine facilement à un grand nombre de sels pour former des sels doubles parfaitement définis et qui cristallisent avec une grande facilité ; on connaît surtout ceux formés par l'union du cyanure de mercure avec: 1° les chlorures, bromures et iodures des métaux alcalins et alcalineterreux; 2° les cyanures de potassium, de sodium, de zinc, de plomb, etc.; 3" les azotates d'argent, de mercure, les chromâtes de potasse et d'argent, etc.; on obtient généralement ces composés en évaporant le mélange des solutions des deux sels constituants.

Cyanure de nickel. Quand on verse une solution de cyanure de potassium dans une solution d'un sel de nickel, on obtient un précipité vert pomme de cyanure de nickel ; on l'obtient encore, suivant Woehler, en précipitant l'acétate de nickel par l'acide cyanhydrique : le cyanure de nickel récemment précipité est soluble dans un excès de cyanure de potassium; cette solution évaporée laisse déposer des prismes rhomboédriques obliques de couleur jaune qui ne sont autre chose que du cyanure double de nickel et de potassium : ce composé s'obtient encore en évaporant la dissolution du sulfure de nickel dans le cyanure de potassium. On connaît encore les cyanures doubles de nickel et de sodium, de nickel et de calcium, de nickel et de baryum: ce sont tous des composés parfaitement cristallisés.

Cyanures d'or. On connaît: l'' le protocyanure AuCy, qui se présente sous forme de poudre cristalline jaune ; on l'obtient en chauffant avec de l'acide chlorhydrique ou de l'acide azotique le cyanure d'or et de potassium ; il se dissout dans les cyanures alcalins en donnant naissance à des sels doubles qui sont des aurocyanures : le cyanure d'or et de potassium (AuCy,GyK) qui se prépare en dissolvant dans le cyanure de potassium le protocyanure d'or, forme des octoèdres rhomboïdaux allongés, incolores ; on s'en sert beaucoup dans la dorure galvanique ;

2"^ Le tricyanure d'or ou cyanure aurique (AuCy^) se dépose lorsqu'on traite par les acides le tricyanure d'or et de potassium (Himly) ; d'après L. Gmelin,

CYANURES. 511

ce serait plutôt de l'acide auricyanhydrique que l'on obtiendrait par ce proce'dé. Le tricyanure d'or forme aussi des sels doubles avec les cyanures alcalins ; l'un d'eux, le tricyanure d'or et de potassium (AuCy,CyK) est employé dans la dorure galvanique, on le prépare avec le chlorure d'or et une solution de cyanure de potassium.

CvÀNUREs DE PLATINÉ. On Connaît le cyanure pLtineux (GjPt) que l'on peut obtenir en décomposant par la chaleur le platinocyanure de mercure ou le platinocyanure d'ammonium ; on peut l'obtenir cristallisé en faisant bouillir une solution d'acide platinocyanhydrique avec de l'acide azotique. Il existe un grand nombre de combinaisons renfermant les éléments du cyanure de platine unis à ceux d'un autre cyanure ; ce sont les platinocyanures découverts par L. Gmelin {Handbuch der theor. Chem., 2'"" édit., t. II, 1692); on peut les considérer «omme des combinaisons du cyanure platineux avec un autre cyanure, ou bien comme des combinaisons d'un métal avec un radical spécial (PtCy*) ; leur formule générale serait alors (PtCJ^M), M pouvant être remplacé par un métal quelconque sans que le platine s'élimine. L'acide platinocyanhydrique (PtCy^H) s'obtient en décomposant par l'hydrogène sulfuré le platinocyanure de cuivre •délayé dans l'eau ; le liquide filtré est évaporé à siccité et le résidu repris par ■un mélange d'alcool et d'élher ; par évaporation l'acide platinocyanhydrique se dépose sous forme de prismes d'un bleu noirâtre.

Nous allons examiner rapidement les principaux platinocyanures :

1** Platinocyanure de potassium (PtGy^,K)-(-5aq. On l'obtient en faisant dissoudre à l'ébullition du chlorure de platine dans une solution de cyanure de potassium, ou bien suivant Gmélin qui l'a découvert, en mêlant de l'éponge de platine avec un poids égal au sien de ferrocyanure de potassium bien sec, et en chauffant à une température voisine du rouge ; la masse calcinée est lessivée avec de l'eau et la liqueur est abandonnée à la cristallisation ; ce sel se présente en longs prismes rhomboïdaux, jaunes par transparence et bleus par réflexion ; il s'unit directement à d'autres platinocyanures en donnant naissance à des composés dont la couleur est plus foncée que celle de chacun des constituants» par exemple le platinocyanure de potassium et de sodium.

Platinocyanure de baryum (PtCy^Ba). En faisant bouillir le platinocyanure de cuivre avec de l'eau de baryte; cristaux veiis dans le sens de l'axe principal, jaunes dans une direction perpendiculaire.

Platinocyanure de magnésium. S'obtient en traitant le platinocyanure de baryum par un excès de sulfate de magnésie; onreprendpar un mélange d'alcool et d'éther qui laisse déposer de beaux prismes à base carrée groupés ordinairement en rosaces et qui présentent toutes les nuances de cramoisi, de vert et de bleu.

Platinocyanure d'ammonium (PtCy^AzH^). Se prépare en dissolvant le cyanure platineux dans de l'acide cyanhydrique saturé d'ammoniaque, ou bien en précipitant une solution de [)latinocyanure de baryum par un mélange d'ammoniaque et de carbonate d'ammoniaque : prismes de couleur jaune citron qui présentent une phosphorescence bleue remarquable.

Platinocyanure de cuivre. Pour l'obtenir on ajoute le platinocyanure de potassium à une solution de sulfate de cuivre ; précipité vert insoluble dans l'eau et les acides, soluble dans l'ammoniaque ; cette dissolution évaporée lentement laisse déposer des cristaux bleus de platinocyanure de cuproammonium.

On connaît encore des combinaisons du radical (PtCy-) avec les alcalis orga-

512 CYANURES.

niques et les radicaux alcooliques, tels que le platinocyanure de cinchonine, le platinocyanure d'éthyle, etc.

Le cyanure platinique (PtCy^) n'a pas encore été isolé. Nous ne dirons rien des platinicyanures dont la formule est encore douteuse.

Cyanure de plomb. S'obtient en traitant une solution d'acétate de plomb par le cyanhydrate d'ammoniaque; précipité jaune: lorsqu'on ajoute de l'ammoniaque au sous-acétate de plomb et qu'on y verse ensuite de l'acide cyanhydrique, il se produit un précipité blanc dont la formule, suivant M. Erlenmeyer, est (GyPb,2PbO) {Journ. fur prakt. Chem., t. XLVllI, p. 550).

Cyanure de potassium (CyK). Ce sel est produit: 1° Par la calcination des substances organiques azotées avec le potassium ou le carbonate de potasse ;

2° En chauffant le potassium dans le cyanogène ou l'acide cyanhydrique ;

S" Liebig {Ann. der Chem. und Pharm., \Ll, p. 285) le prépare en chauffant jusqu'au rouge cerise le ferrocyanure de potassium dans une marmite en fonte et à l'abri de l'air; la masse est reprise par l'alcool bouillant qui dissout le cyanure et l'abandonne par le refroidissement à l'état cristallin ;

4° M. Clemm(inn. der Chem. und Pharm., LXl, p. 250) fait fondre au rouge faible un mélange intime de 8 parties de ferrocyanure de potassium anhydre et 3 parties de carbonate dépotasse sec jusqu'à ce que le produit soit devenu limpide et paraisse blanc après refroidissement; on décante ensuite pour séparer le cyanure du fer qui reste au fond du creuset dans lequel on a opéré ;

5° Procédé de M. Longhlin (American Chemist) : on fond un mélange de ferrocyanure de potassium et de carbonate de potasse tous deux secs et purs ; le cyanure brut est traité par le sulfure de carbone qui le dissout seul ; en laissant la solution sulfocarbonique s'évaporer librement à l'air, elle dépose du cyanure de potassium en masse cristalline qui contient 97 à 99 pour 100 de cyanure pur;

6" Procédé Bunsen. On place dans un fourneau des couches successives de charbon et de potasse et on chauffe à une haute température ; il se produit du cyanure de potassium qui s'écoule dans un récipient placé au fond du fourneau.

Le cyanure de potassium cristallise en cubes incolores ou en dérivés du cube : saveur acre et caustique ; soluble dans l'eau et dans l'alcool faible, insoluble dans l'alcool absolu; réaction alcaline, très-vénéneux : le sel, ainsi que sa solution, exposés à l'air, sont décomposés par l'acide carbonique; il se dégage de l'acide cyanhydrique que l'on reconnaît facilement à son odeur, et le cyanure se transforme à la longue en carbonate : même dans des flacons bouchés la décomposition a lieu à la longue, et l'on obtient du carbonate de potasse, du formiate de potasse en même temps que l'on perçoit l'odeur de l'acide cyanhydrique ; la dissolution de cyanure de potassium bouillie à l'abri de l'air se transforme en ammoniaque et formiate de potasse :

AzC^K 4- 4 HO = AzH' -h G^HKO*

Cyanure Eau. Ammoniaque. Formiate

de potassium. dépotasse.

L'acide carbonique enlève complètement le cyanogène au cyanure de potassium à l'état d'acide cyanhydrique; de même un courant d'hydrogène dans une solution de cyanure de potassium eu dégage de l'acide cyanhydrique ; entre 60 degrés et 80 degrés il se produit une quantité notable de formiate de potasse ; l'air donne des résultats identiques (Naudin et Montholon). Quand on fait passer un courant d'acide sulfureux dans une solution de cyanure de potassium maintenue

CYANURIOUE (Acide). 513

à 40 degrés environ, on observe au bout de quelques jours un dépôt de masses réniformcs composées de cristaux radiés : ces cristaux correspondent à la formule (S(PCAzKH-O), qui est celle d'un cyanosulfite de potassium (Etard, Comptes rend, de CAcad. des scienc).

Fondu avec du soufre, le cyanure de potas>iumse transforme en sulfo-cyanure.

Le cyanure de potassium du commerce n'étant jamais pur, et le sel pur s'altérant facilement au contact de l'air, il est très utile de pouvoir déterminer rapidement la proportion de cyanure pur que renferme un échantillon du commerce ; cette détermination se fait au mo^eu de procédés de dosages volumétriques: celui de MM. Fordos et Gelis (voy. Acide cyamiydriqde) donne d'excellents résultats.

La recherche loxicologique du cyanure de potassium se fait en suivant la marche indiquée pour la recherche de l'acide cyanhydrique.

CyaiNlp.e de sodium. On peut l'obtenir par les mêmes procédés que le cyanure de potassium, auquel il ressemble et dont il a presque toutes les propriétés.

Cyanure de zinc. On l'obtient en précipitant un sel de zinc par un cyanure alcalin ; c'est un précipité blanc insoluble dans l'eau, l'alcool, mais sjluble dans un excès de cyanure alcalin. M. Oppermann l'a obtenu en traitant par l'acide cyanliydrique un mélange de sulfate de zinc et d'acétate de potasse ; il forme facilement des cyanures doubles avec les cyanures d'ammonium, de baryum, de calcium, de potassium, de sodium, de plomb.

Les cyanures que nous venons d'étudier ne sont pas employés en médecine ; seul, le cyanure de zinc a été utilisé quelquefois à la dose de 1 à 2 centigi'ammes dans quelques névralgies du tube digestif.

Poudre antispasmodique d'Henning :

Cyanure de zinc 23 milligr.

Mag:nésie calcinée 2 centigr.

Cannelle pulvérisée 15 —

A prendre toutes les quatre liaures,

E. BURCKER.

g II. Thérapeutique et To^KÎeolo^ie. Voy. Gya.NHYDRIQUE.

CYAXURIXE, UROCïAXiXE, L'ROfiLilJCixE. C'est une matière bleue que l'on trouve dans certaines urines pathologiques et qui se produit par fermentation spontanée de l'indican urinaire, ou par action des acides sur ce corps : cristaux prismatiques droits, bleus noirâtres, solubles dans l'alcool, l'éther et le chloroforme {voy. Urine). En 1875, M. Albert Robin a observé une urine (rendue par une femme hystérique) qui était bleue au moment même de l'émission. Le sédiment bleu offrait les caractères chimiques de la cyanuriue de Braconnot.

E BURCKEU.

CYAXLRIQUE (Acide). Az^G^H^O® OU 0^ Scheelel'a obtenu le premier

en distillant de l'acide urique et l'a appelé acide pyro-urique. On le prépare en chauffant l'urée dans une petite cornue jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'ammoniaque ;

3 (G^H^Az^O^) = G«H^Az'0« 4- 3 AzfP

L'rée. Acide Ammoniaque,

cyanuriqu-".

DICT. ENC. XXIY. 35

5n wmfmmmmmmm^^^^^^^^

M. Wurtz recommande pour le préparer le procédé suivant qui donne de trèsbons résultats : on fait passer un courant de chlore sec sur de lurée fondue ; il se produit une réaction très-énergique, l'urée est décomposée et les produits de la réaction sont de l'acide cyanurique, du sel ammoniac, de l'acide chlorhydrique et de l'azote; pour extraire l'acide cyanurique il suffit de traiter par un peu d'eau froide la masse qui reste dans le vase oli l'on a opéré la réaction ; le sel ammoniac se dissout dans l'eau, et l'acide cyanurique reste sous la forme d'une poudre blanche ; l'équation suivante rend compte de la réaction :

5(G-^lMz20^) + 5C1 = Az 4- IICl H- '2AzH'Cl + C«Az-'lPO«

L'acide cyanurique se dépose de sa solution aqueuse sous forme de prismes obliques à base rhombe : il est sans couleur ni odeur; sa saveur est acide, il rougit légèrement le tournesol ; il est soluble dans l'eau et dans l'alcool bouillant : par ime ébullition prolongée dans les acides énergiques, il se convertit, comme l'acide cyanique, en acide carbonique et ammoniaque ; distillé, il se transforme en acide cyanique {voy. Acide cyanioie) ; dans une solution de cuivre ammoniacal, il produit un précipité violet (réaction caractéristique).

L'acide cyanurique est tribasique et forme des cyanurates mono, bi et trimétal-

liqucs, selon que dans la formule 0" un, deux ou trois équivalents d'hy-

drogène sont remplacés par un, deux ou trois équivalents de métal ; les cyanurates les plus connus sont ceux de potasse, d'ammoniaque, de baryte, de plomb, de cuivre, d'argent. Les cyanurates des radicaux alcooliques ou éthers cyanuriques ont été découverts la plupart par M. Wurtz {voy. Ethers).

On connaît deux isomèies de l'acide cyanurique obtenus par M. Herzi^, en chauffant au bain d'huile un mélange d'urée et d'hexabromacétone ; ces deux acides se distinguent l'un de l'autre par des solubilités très-inégales dans l'alcool {Berichte der deutschen chem. GeseU.,t. XII, p. 470). E. Burcker.

CïAXUS. Nom donné dans les officines au Bleuet, Centaurea Cyanus h. {voy. Cektaurée). Pl.

CYATDÉE ET CYATHÉACÉES. Smith a désigné sous le nom de Cyalhea fragilis le Cystopteris fragilis Berxh. {Aspidium fragile Sir.), ce qui était une grave erreur, le genre Cystopteris étant herbacé et ayant les cellules de l'anneau perpendiculaires à sa direction, tandis que le genre Cyathen est arborescent et a les cellules de l'anneau obliques. Ce genre est le type de la tribu des Cyathéacées, qui joue un grand rôle dans la flore tropicale. Eug. Foirmer.

CYATHOCRIIVIDES. Groupe d'Echinodermes de la classe des Crinoïdes ou Encrines qui ont existé aux époques géologiques les plus anciennes et dont on trouve de nombreux débris fossiles dans les terrains paléozoïques. Parmi les espèces les plus remarquables il convient de mentionner surtout les CyatJwcrinus rugosus'ShW., Ichthyocrinus pyriformis d'Orb., du Silurien iniénem;Cyathocrimis macrodactijlus Phil., C geometricus Gold., C. ornatissimusRâW., Sicyocrimis cucurbitaceus Ang., du terrain dévonien ; Cyathocrinus caryocrinoïdes M'Goy et Amblacrinus inœquidactylus d'Orb., du terrain carbonifère.

Ed. Lefèvrf.

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