‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.24Chapitre 44 sur 56 · CYGNE · texte numérisé non relu

CYGNE

larges plumes sur la région dorsale; en outre un duvet très-épais couvre toutes les parties du corps : aussi la dépouille des Cygnes est-elle assez recherchée des fourreurs. La trachée-artère de ces palmipèdes est dépourvue de renflements ou de larynx inférieur, mais elle présente enfin des replis qui viennent se loger dans une excavation du sternum; c'est ce qu'on observe, par exemple, chez le Cygne de Bewick et chez le Cygne sauvage.

Meilleurs nageurs que les Oies, les Cygnes passent la plus grande partie de leur vie dans l'eau et se nourrissent de petits mollusques et plutôt encore d'herbes aquatiques qu'ils peuvent, grâce à la longueur de leur cou, aller cueillir à une certaine profondeur. Ce sont des oiseaux monogames qui, pendant l'été, habitent de préférence les régions froides, mais qui se réunissent en petites troupes à l'approche de la mauvaise saison et qui émigrent alors vers des climats moins rigoureux.

La tribu des Cygniens, qui renferme les plus grands représentants de la famille des Anatidés, est représentée en Europe par trois espèces : le Cygne sauvage, le Cygne de Bewick et le Cygne domestique.

Le Cygne sauvage {Cygnus férus Ray, C. W2(sîa<s Bechst.), qui mesure plus d'un mètre et demi de long et qui est l'un des plus gros oiseaux de nos pays, se reconnaît inmiédiatement à son plumage d'un blanc pur, à ses pattes noires, à son bec jaune à la base et noir à l'extrémité, la teinte jaune se terminant en pointe vers le bord antérieur des narines. En outre, dans cette espèce, les plumes du front s'avancent entre les yeux en dessinant un angle aigu, et les^ lores sont jaunes, comme la base du bec. Ces caractères sont ceux de l'adulte, mâle ou femelle, car les jeunes portent une livrée grisâtre et ont les pieds d'un brun rougeâtre. Le Cygne sauvage habite pendant l'été les régions arctiques et descend en hiver en Hollande, en Belgique, en France et jusque sur les bords de la mer Noire. Il niche dans les roseaux, à l'embouchure des grands fleuves, au bord des marais salants, et pond de six à sept œufs d'un blanc jaunâtre ou verdâtre.

Le Cygne de Bewick [Cygnus minor Pall.), de moindre taille que le précédent, est également d'un blanc pur à l'âge adulte, avec les pattes noires et le bec maculé de noir et de jaune ; mais cette dernière teinte s'arrête brusquement en' arrière des narines. Les plumes du front forment d'ailleurs, non plus un angle aigu, mais un angle obtus. Chez le mâle, la base du bec présente une protubérance marquée. Le Cygne de Bewick niche en Islande et en Sibérie et se montre en Allemagne, en France et en Angleterre, pendant les hivers rigoureux.

Enfin le Cygne domestique [Cygnus mansuetus Ray) se distingue des deux précédents par son bec rouge, avec les bords des mandibules, l'onglet, les lores et la caroncule frontale, noirs. 11 a du reste le plumage d'un blanc éclatant et les pieds noirs légèrement nuancés de rougeâtre. C'est cette espèce, et non le Cygne sauvage, comme l'a prétendu Buffon, qui doit être considérée comme la souche de nos Cygnes domestiques. Elle a pour patrie les côtes de la Norvège et de la Suède, et arrive chaque hiver dans nos contrées. Le Polar Swan des fourreurs [Cygnus immutabilis Jarrell) n'est, d'après Degland et Gerbe, qu'une race du Cygne domestique.

Dans l'Amérique du Nord vivent deux autres espèces, le Cygne américain et le Cygne trompette, qui sont admirablement décrits et figurés dans le grand ouvrage d'Audubon. Le premier de ces oiseaux [Cygnus americanus Sharp) ressemble à notre Cygne sauvage, mais en diffère par son bec noir, avec une tache jaune de chaque côté, en avant de l'œil, et par ses plumes frontales, qui

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dessinent un demi-cercle ; le second (Cygmis buccinator Rich.) est de taille plus faible ; son bec est tout noir et les plumes frontales forment un angle légèrement aigu.

Les espèces qui habitent le sud du continent américain se distinguent bien plus nettement des espèces européennes. Le Cygne à col noir du Chili {Cygnus nigricollis, Gm.) porte en effet une livrée mi-partie blanche sur la majeure partie du corps et dans le voisinage des yeux, noire sur le reste de la tête et sur toute la portion supérieure du cou ; ses pieds et son bec, dont la base est tuméfiée, offrent aussi une teinte écarlate qu'on ne rencontre pas chez les Cygnes de nos pays. Chez le Cygne Coscoroba [Cygnus chionis lllig., Anas coscoroba Mol.), le bec et les pattes sont d'un rouge plus pâle, tirant au rose chair, les lores sont emplumés, et le plumage est d'une teinte blanche plus uniforme, le tour postérieur des grands rémiges étant seul marqué de noir. Cette dernière espèce est très-répandue sur le Parana et se trouve aussi au Chili et aux Falkland, mais ne descend pas autant vers le sud que le Cygne à col noir, qui se trouve jusque dans les parages de la Terre de Feu.

Enfin, dans la Tasmanie et dans la partie méridionale de l'Australie, se trouve une dernière espèce de Cygne qui diffère de toutes les précédentes, non par la structure intime, mais par le mode de coloration. Cette espèce, c'est le Cygne noir {Cygnus atratus Lath.), que l'on commence à voir sur les bassins de nos jardins publics, et qui est d'un noir fuligineux, avec les rémiges blanches, le bec rouge et les pattes noires.

Toutes les espèces que nous venons d'énumérer appartiennent évidemment à un seul et même groupe naturel, et les subdivisions que l'on a essayé d'introduire dans le genre Cygnus en établissant les genres Olor pour le Cygne sauvage, le Cygne de Bewick et le Cygne américain, et Chenopis pour le Cygne noir, ne reposent sur aucun caractère important. E. Oustalet.

Bibliographie. — Svvainson et Richardson. Fauna Boreali-Americana, 1851, t. II. — Au- DUBON. Orn'dhological Biograj^hy, 1838 et 1839, t. IV et V, et Birds of America, 1843, t. VI. — ScuLEGEL. Muséum d'hist. nat. des Pays-Bas, Anseres, 1866. — Degland et Gerbe. Ornithologie européenne, 1867, t. II. E. 0.

€"ÏLII«DRE-AXE. Voy. NeRFS.

CYLLOfSiOMiE (de y.xjll6i, boiteux, ffwua, corps). Sous ce nom, Isid. Geoffroy Saint-Hilaire désigne une catégorie spéciale de monstres célosomiens, chez lesquels l'éventration s'est faite sur l'une des parties latérales de la région inférieure de l'abdomen, et chez qui le membre pelvien du même côté est, en outre, absent ou incomplètement développé (pour plus de détails, voy. l'article Ectro- MÉLiE, dans lequel les particularités communes aux monstres ectroméliens et aux célosomiens seront traitées). 0. L archer.

CYMBALAlRE. Nom donné à une espèce de Linaire, Linaria Cymbalaria L. (î;o?/. Linaire).

CYMBALIOIV. D'après quelques auteurs, la plante désignée par Dioscoride sous le nom de Cymbalion est VVmbUicns pendulinus ou Nombril de Vénus.

Pl.

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C¥iTlBULlDÉS. Famille de Mollusques-Ptéropodes, dont les représentants, tous de petite taille, ont le corps recouvert par une coquille cartilagineuse extrêmement transparente, en forme de nacelle, et hérissée de petits piquants disposés en séries longitudinales. La tète, peu distincte, est munie de deux yeux rudimentaires, de deux tentacules buccaux et de deux grandes nageoires latérales membraneuses, charnues et non rétractiles.

Les Gymbulidés sont exclusivement marins et se tiennent surtout dans la haute mer. On n'en connaît qu'un très-petit nombre d'espèces réparties dans les deux genres Cymbulia Pér. et Les. et Tiedemannia Dell. Chiaj. Le Cymbulia Peronii Lamk et le Tiedemannia neapolitana Van Ben. se rencontrent dans la Méditerranée, le premier dans la baie de Nice, le second dans le golfe de Naples. Ed. Lefèvre.

CYMÈîVE ou CYMOL {Hydrure de thyrmjle).Çi^^W. §1. Chimie. Hydrocarbure delasériebeuzénique, découvert en 1841 parGerhardt et Cahours {Ann. de chim. et de phys.,'5'' sér., 1. 1, p. 102 et 572) dans l'essence de cumin {Ciiminum cyminum). Plus tard Dumas (ibid., t. L, p. 226), puis Gerhardt, et plus tard encore Delalande (ibid,, 5** sér., t. I, p. 368), ont obtenu un hydrocarbure de la même composition, en distillant du camphre des laurinées avec de l'anhydride phosphorique ou du chlorure de zinc ; depuis on a obtenu du cymène aux dépens d'un grand nombre d'autres huiles essentielles. Ainsi on trouve du cymol dans l'huile de la ciguë vireusc, Cicuta virosa (Trapp, Annal, der. Chem. u. Phar., Bd. CVUl, p. 386) ; dans les parties les plus volatiles de l'essence de thym, à côté duthymèneet du thymol (Lallemand, Annal, de chim. etdephys., 3^ sér., t. XLIX, p. 156) ; dans l'huile volatile duPfyclwtisajowan (Haines. Quart. Journ. chem. Society, t. VIII, p. 289 ; Filtica. A^mal. der. Chim. u. Pharm., Bd. GLXXll, p. 303, et Dissertation, Leipzig, 1873;Landolph. Dent. Chem. Gesellsch., 1873, p. 936) ; d'après Stenhouse {Annal, der Chem. u. Pharm., Bd. XCVIII, p. 507), l'hydrocarbure du Ptychotis ajowanàurait pour îovmuïe nonG'"H^\ maisC'"H'^ ce qui s'explique probablement par la présence du thymène à côté du cymène dans cette huile; dans l'huile de muscade (Wright. Chem. Society Journ., 2° sér., t. XI, p 549); dans l'essence d'£'Mca%jf2<S(/Zo6M/ws;reucalyptoI de Cloëz (Wright. Chemical News, t. XXIX, p. 41) paraît être formé par un mélange de térébenlhène et de cymol, mais celui-ci peut avoir pris naissance aux dépens du téréhenthène par l'action de l'acide sulfurique ; dans les parties des huiles de houille passant entre 170 et 180 degrés (Mansfield, Chem. Society Quart. Journ., 1. 1, p. 244) ; mais, d'après Beilstein [Annal, der Chem. u. Pharm., Bd. CXXXVII, p. 517), ce dernier serait un isomère de l'essence de térébenthine, G^**!!^"; d'après Warren de la Bue et Kékulé on obtiendrait dans ces conditions non du cymol, mais du cumol ; Berthclot de son côté {Annal, de chim. et de phys., ¥ sér. , t. XIl, p. 195) assure avoir trouvé du cymène dans le goudron de houille ; mais il s'agit plutôt ici d'un isomère du cymène, de la tétraméthylbenzine.

Il est encore un grand nombre de réactions où le cymène prend naissance ; nous ne mentionnerons que les plus importantes.

On l'obtient en faisant agir l'iode ou l'acide nitrique sur l'essence de semencontra (Hirzel. Zeitschr. Chem. u. Pharm., 1854, 1855); en traitant la caoutchine et l'essence de térébenthine successivement par le brome et le sodium (Williams, Philosoph. Magaz., ¥ sér., t. XXI, p. 405); en soumettant l'essence de térébenthine au rouge à l'action de l'acide carbonique (Deville, Annal, de

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chhn. etdephys., t. LXXV, p. 66), l'huile d'absinthe à l'action successive de l'anhydride phosphorique et du potassium (Leblanc, ibid., 5° sér., t. XVI, p. 534); dans ces conditions il se forme d'abord de Vahsinthol aux dépens d'un camphre isomère, puis l'absinthol est transformé en cymol; etc., etc.

Enfin, on fait la synthèse du cymène au moyen du parabromotoluène et de l'iodure de propyle normal en présence du sodium. Le produit ainsi obtenu est du parapropyltoluène, dont les déx'ivés sont identiques à ceux du cymène, ce qui entraîne l'identité de ces deux corps (Jacobsen, Deut. chem. Gesellsch., Bd. XI, p. WAd;Bull. de la Soc. chim. de Paris, t. XXXIII, p. 216, 1880).

Constitution du cymène. Les hydrocarbures obtenus dans ces conditions variées sont-ils tous identiques entre eux? Fittig {Zeitschr. der Chemie, 186o, p. 289) l'un des premiers éleva des doutes sur l'identité du cymène retiré de l'essence de cumin et de celui qui provient du camphre. 11 désigna le premier de ces hydrocarbures sous le nom de Cymène «, l'autre sous le nom de Cymène j3. Naquet (art. Cymè>'e, in Dictio7in. de chim. de Wurtz) adopte complètement la manière de voir de Fittig et attribue au cymène du cumin la for-

mule CH* j .^-„- , ce qui en ferait de la méthylpropylbenzine, au cymène du cam-

l CH-' phre la formule CIP ( GIF, ce qui Tidcntifierait avec la dimêtliyléthylhenzine.

I C^FP Ces formules sont basées sur la nature des produits d'oxydation que donneraient ces hydrocarbures. Notons d'autre part que 11. v. Fehling {ISeues Handvjôrterbuch der Chemie., Bd. II, p. 901) penche plutôt à considérer les cymols de toute provenance comme identiques ; c'est aussi ce qui semble ressortir des expériences de Nencki et Zieglcr (Berichte der deut. Chem. GeselL, Bd. V, p. 749). Pour Meyer {Deut. chem. Gesellsch., 1877, p. 149) les vrais cymols sont du

parapropyltoluène p-riv? ; la synthèse au moyen du parabromotoluène et du bromure ou de l'iodure de propyle normal paraît en effet prouver que le propyle normal (non l'isopropyle) entre dans la constitution moléculaire du cymène. Cependant les expériences physiologiques de Nencki et de Ziegler d'une part, de Jacobsen de l'autre, d'après lesquelles du cymol introduit dans l'organisme reparaît dans l'urine, converti en acide cuminique, suivant les premiers, et en acide cuminurique suivant le dernier auteur, seraient plutôt faites pour contrecarrer cette manière de voir. Nous n'insisterons pas davantage sur cette question qui n'est pas de noire compétence.

Cymène a. Comme nous l'avons vu, ce corps existe tout formé dans l'essence de cumin.

On l'obtient encore en traitant l'alcool cymylique par une solution alcoolique concentrée de potasse :

Alcool Acide Cymène.

cymylique. cuminique.

Préparation. On prépare le cymène a au moyen de l'essence de cumin. On distille cette dernière et on recueille tout ce qui passe avant 200 degrés ; on obtient ainsi un mélange d'aldéhyde cuminique et d'une grande quantité de cymène. On agite fortement la liqueur avec du bisulfite de sodium concentré

554 CYMENE.

marquant 50 degrés à l'aréomètre de Baume ; l'aldéhyde cuminique s'unit au bisulfite de sodium pour former un composé cristallisable et le cymène reste intact. Ou filtre et on lave les cristaux à l'éther. La liqueur filtrée se sépare en deux couches : l'une aqueuse inférieure ; l'autre supérieure, qui est une dissolution éthérée de cymène. On décante cette dernière, on chasse l'éther par évaporation au bain-marie, on sèche sur du chlorure de calcium, on rectifie et on obtient le cymène pur.

Pnopp.iÉTÉs. Le cymène» forme une huile incolore, très-réfringente, inaltérable à l'air, insoluble dans l'eau, mais très-soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles grasses et les huiles essentielles ; son odeur est comparable à celle du citron. Sa densité à 16 degrés est égale à 0,857 (Wood); à 14 degrés elle est égale à 0,861 (Gerhardt) ; elle s'élève à mesure que sa température s'abaisse. Le cymène bout entre 171 et 177 degrés. La densité de sa vapeur varie entre 4,59 à 4,70 (Gerhardt et Cahours) ; la densité théorique est égale à 4,64.

L'acide sulfurique concentré est sans action sur le cymène «. ; l'acide de Nordhausen le dissout avec une couleur rouge foncé , avec formation d'acide sulfocyménique. L'acide nitrique ordinaire n'agit pas à froid ; à chaud il transforme le cymène en acide toluique et nitrotoluique. L'acide fumant le détruit avec formation d'une résine jaune. A une très-basse température on obtient au contraire du nitrocymène C^''H^"'(AzO^) ; un mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique transforme le cymène en dinitrocymène C^°H^-(AzO^)^.

La potasse caiistique n'attaque pas le cymène.

L'acide chromiquc le transforme en acide acétique et en deux autres acides (Persoz), dont l'un, bibasique, a reçu d'Hofmann le nom d'acide insolinique (C^"H'"0'*) ; d'après Warren de la Rue et Hugo Mûller, cet acide n'est probablement pas autre chose que l'acide téréphthalique C^H^O'% qui se produit par l'action des oxydants, l'acide toluique, premier degré d'oxydation du cymène.

Le chlore et le brome s'unissent directement au cymène en présence de l'eau et donnent naissance à des composés répondant aux formules G^^H^^Cl, HCl et C'H^^Br, IlBr. Le chlore sec à chaud détruit le cymol et le carbonise. Le chlore et le brome sec à la température ordinaire transforment le cymène en acide chlorhydrique et bromhydrique et en divers dérivés tels que G^^H^-Br-, (]iojjiogj,i^ etc., composés qui semblent se former plus aisément avec le cymène §. Le chlore iodé à 1250 degrés décompose le cymène en composés tels que C^Cl^ ou benzine pcrchlorée (chlorure de carbone de Julin), CGI**, G^CIS etc.

Nitrocymène a. Ci^W^{kzO^') . On le prépare en faisant tomber goutte à goutte de l'acide nitrique fumant bien froid sur du cymène placé dans un mélange réfrigérant; le mélange passe par diverses colorations et finalement prend une consistance crémeuse; en le traitant par l'eau on obtient du nitrocymène, qu'on purifie en le lavant successivement avec une solution de carbonate de soude et avec de l'eau.

Le nitrocymène a forme un hquide huileux, brun-roageâtre, plus dense que l'eau, inaltérable à l'air ; il se décompose par la distillation. L'acétate ferreux le convertit en cymidine.

Dinitrocymène a. C"'H'-(AzO')-. Pour l'obtenir, on fait tomber goutte à goutte du cymène dans un mélange de deux parties d'acide sulfurique et d'une partie d'acide nitrique fumant, chauffé à 50 degrés environ ; après avoir abandonné le mélange pendant un ou deux jours, on y ajoute da l'eau, et il se précipite une substance brune, d'abord liquide, et qui finit par se concréter. On reprend par l'alcool bouillant : les substances incristallisables se séparent par le refroidis-

CYMÈNE. 5^5

sèment, tandis que le dinitrocymène cristallise par l'évaporation en lamelles rhomboidales irisées (Kraut). D'après Fittig il fond à G9%5.

On connaît encore un grand nombre d'autres dérivés chlorés, bromes, etc., sur lesquels nous n'insisterons pas ici.

Cymène p {Camphogène de Gerhard t).

Fréparation. On obtient le cymène /3 en distillant le camphre sur de l'anhydride phosphoriquc ou de préférence sur du chlorure de zinc. Le chlorure de zinc est maintenu en fusion dans une cornue de grès tubulée, et par la tubulure on introduit de temps en temps des fragments de camphre. L'huile obtenue par la distillation renferme encore une assez grande proportion de camphre ; on la l'ectifie une ou deux fois sur du chlorure de zinc ou sur de l'anhydride phosphorique ; enfin, pour obtenir le cymène p tout à fait pur, on le chauffe au bain d'huile avec du sodium dans des tubes scellés à la lampe. Une dernière distillation donne, d'après Naquet, cet hydrocarbure chimiquement pur.

Lippmanu et Longuinine ont fait connaître un procédé plus rapide, qui consiste à soumettre le camphre à l'action du perchlorure de phosphore et à distiller le produit. On obtient d'abord le dérive C'H'^Cl qui, en perdant HCl, se transforme en cymène.

On introduit dans une cornue du camphre concassé et du perchlorure de phosphore ; le mélange se liquéfie en dégageant de l'acide chlorhydrique ; la réaction terminée, on distille lentement, à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de dégagement d'acide chlorhydrique. En rectifiant enfin sur du sodium, ou obtient le cymène p chimiquement pur.

Propriétés. Le cymène p bout entre 177 et 179 degrés, à une température un peu plus élevée que le cymène a. Le brome le transforme en C'H^-Br^ On connaît également un niirocymène /3, C^"IP^ (AzO-), et un dinitrocymène |3, C'"H^'(AzO-)-, dont la préparation est semblable aux dérivés nitrés du cymène a.

Le dinitrocymène p cristallise en petites tables incolores, fusibles à 90 degrés, donnant aisément, par l'action prolongée du mélange nitrant, un trinitrocymène^, G^''H"(AzO-)^, cristallisable dans l'alcool bouillant en prismes longs et épais, et fusible à 112°, 5.

Un mélange d'acide sulfurique et de bichromate de potasse, au lieu de donner naissance à de l'acide toluique et à de l'acide téréphtalique comme avec le cymène a, transforme le cymène p en un acide homologue de l'acide téréphtha- Hque, qui a pour formule C^IW' et est plus soluble que lui dans l'eau bouillante. L. Hahn,

§ II. Action pliysiologîqiie. En introduisant du cymol dans l'organisme de l'homme et des animaux, Nencki etZiegler ont trouvé dans l'urine de Vacide cuminique C"lP-0^, corps qui jusqu'alors n'avait été obtenu que comme produit de l'oxydation des autres éléments du cuminol. Ziegler {Archiv f. experim. Pathologie, Bd. I, p. 65, 1873) a constaté que l'ingestion d'une dose de trois à quatre grammes de cymol plusieurs jours de suite occasionne de la céphalalgie, des nausées et des vomissements, qu'il attribue à l'acide cuminique formé dans l'organisme et qui offrirait, selon lui, une action analogue à celle de l'acide benzoïque. Cet auteur se servait de cymol du camphre.

Pour extraire l'acide cuminique de l'urine, il la traitait par une solution d'acétate de plomb basique insuffisante pour tout précipiter, puis faisait évapo-

556 CYMIDINE.

rer ; le résidu était traité par l'alcool, puis la liqueur alcoolique évaporée, pour chasser l'alcool ; on ajoutait ensuite un peu d'acide sulfurique étendu et on traitait par l'éther. Par évaporation, on obtenait ensuite une huile brune, surnageant d'abord, puis après un séjour assez long se déposant au fond du vase et donnant naissance à de longues aiguilles d'acide curninique, qu'on purifiait en faisant bouillir avec du carbonate de baryte en présence de noir animal, puis filtrant et traitant par l'acide chlorhydrique ; on faisait enfin plusieurs fois cristalliser dans l'eau bouillante.

Jacobsen {Ueber das Verhalten des Cymols im Thierkôrper, in Ber. der deiUsch. Chem. Gesellsch., Bd. XII, p. 1512, 1879, et Revue des se. méd. de Hmjem, t. XV, p. 46, 1880) reprit ces expériences; il faisait prendre à des hommes 1 gramme de cymol par jour, à des chiens 5 grammes 1/2 en deux jours. L'urine des chiens se montrait faiblement alcaline. Elle fut évaporée au tiers de son volume et agitée avec de l'éther, et il ne resta aucun acide, sauf des traces d'acide urique et d'acide cynurique. La plus grande partie de l'éther fut distillée, le résidu agité avec une solution de soude; l'éther fut décanté delà solution alcaline, puis finalement cliassé par l'évaporation, et le liquide restant décomposé par un acide. On obtint le dépôt d'un acide cristallisé, faiblement coloré, qu'on purifia en le lavant à l'alcool et eu le faisant x-edissoudre dans une solution alcaline bouillante. Cette solution traitée par un acide abandonna un corps cristallin, incolore, bouillant à 168 degrés et répondant à la formule (G^^H'^AzO'") , qui est celle de l'acide cuminurique. L. Hahn.

CYniDiKE. C^^'H^^Az = 0*011'^, AzH'-. Alcaloïde isomère de la cyraylaraine primaire, qui a pour formule rationnelle :

cm^

Préparation. Barlow a le premier préparé cette base au moyen du nitrocymène [Phil. Magaz., ¥ sér., t. X, p. 454).

On distille le nitrocymène avec des fils de fer et de l'acide acétique; le produit de la distillation est traité par l'acide chlorhydrique, qui n'en dissout qu'une partie; cette solution, traitée par la soude, laisse déposer un précipité de cymidine; ce produit, agité avec l'éther, donne par évaporation de la solution éthérée, une huile brune, qu'on ne peut distiller sans altération, à moins qu'on n'opère dans une atmosphère d'hydrogène.

La cymidine est inodore, plus légère que l'eau, neutre aux réactifs, à peine soluble dans l'eau, aisément solubledans l'alcool et l'éther; elle bout à 250 degrés.

L'iode est sans action sur la cymidine ; le brome ne l'attaque que faiblement, le chlorure de cyanogène paraît former avec elle une base analogue à la mélandine ; le chlorure de benzoyle transforme la cymidine en petits cristaux de thymylbenzamide :

CWH^^C^H^O.H.Az

Le chlorhydrate de cymidine, G^^H'^Az.HCl, prend naissance quand on dissout la cymidine dans l'acide chlorhydrique concentré. Il se présente sous la forme d'une huile, cristallisable par l'agitation. 11 colore le bois de sapin en jaune, à

CYMYLAMliNES. 557

l'instar des sels d'aniline, et la peau en rouge. On connaît en outre un chloroplatinate de cymidine (C'H^^Az.IlClj-Pt Cl\ qui est jaune, peu soluble dans l'eau, plus aisément soluble dans l'alcool et l'élher. Le sulfate et Yoxalate de cymidine sont blancs, cristallins, solubles dans l'eau. L. Hahn.

CYMOL. Voy. Cymène.

CYMOrnoÉ [CymothoaYdihv.). Genre de Crustacés de l'ordre des Isopodes, dont les diverses espèces,' toutes marines, ont la bouche conformée pour la succion et vivent en parasites sur la peau ou dans les cavités buccale et branchiale des Poissons. Elles ont une grande ressemblance de forme avec les Cloportes. Leur corps présente sept anneaux Ihoraciques libres portant autant de paires de pattes armées de crochets puissants, et leur abdomen, assez étroit à la base, est muni à son extrémité d'une large lamelle caudale en forme de bouclier. Les G. œstrum Yuhr. {Oniscus œstriim L.) et C. œsti^oïdes Risso, sont répandus dans la Méditerranée; les pêcheurs les désignent indistinctement sous les noms vulgaires de Poux de mer ou Œstres des Poissons. Ed. Lefèvre.

CYMYLAMIXES. Les cymylamines, quelquefois appelées ciiminamines, sont des ammoniaques composées renfermant le radical thymyle ou cymyle, C'H^^.

La cymylamine primaire, monocymylamine ou cuminamine primaire, a pour formule :

H [ Az H )

La cymylamine secondaire, dicymylamine ou cuminamine secondaire :

C">ll''^ [ Az H )

La cymylamine tertiaire, tricymilamine ou cuminamine tertiaire :

C'«H'^> !> Az

Préparation. On prépare les cymylamines en faisant agir l'éther cymylochlorhydrique sur l'ammoniaque en solution alcoolique concentrée. La réaction se fait à froid, mais pour la rendre complète on chauffe au bain-marie pendant plusieurs heures. Il se dépose par le refroidissement du sel ammoniac et en même temps se sépare une faible quantité d'huile, qui est la portion de l'alcaloïde tertiaire qui ne peut rester en dissolution dans l'alcool froid. On filtre et on évapore ; le résidu cristallin est formé par un mélange des chlorhydrates des alcaloïdes primaire et secondaire, souillé par une substance huileuse qui est la portion de la tricymylamine restée dissoute dans l'alcool. On lave à l'éther, qui dissout l'alcaloïde tertiaire libre. On obtient ce dernier par évaporation de la solution élhérée sous forme d'une huile qui cristallise après agitation. On purifie la tricymylamine en la pressant entre des doubles de papier buvard et en la faisant recristalliser dans l'alcool.

5b8 CYMVLAMINES.

Reste à séparer les chlorhydrates des deux autres alcaloïdes; on utilise dans ce but la différence de solubilité dans l'eau fioide, le chlorhydrate de dicymylamine y étant bien moins soluble que celui de monocymylamine. Le résidu cristallin est repris par l'eau bouillante; par refroidissement on obtient des aiguilles blanches de chlorhydrate de dicymylamine. On filtre et on fait sécher. Le sel de monocymylamine cristallise à son tour.

Pour extraire les bases des chlorhydrates, on dissout ces derniers dans la plus petite quantité d'eau possible, on ajoute de l'ammoniaque et on agite avec de l'éther. On décante, on évapore ; le résidu est formé par l'alcaloïde libre.

Propriétés. La monocymylamine :

forme un liquide huileux incolore, s'épaississant sans se solidifier dans un mélange de glace et de sel marin, un peu volatile à la température ordinaire, bouillant à 280 degrés avec décomposition partielle, à peine soluble dans l'eau, aisément soluble dans l'alcool bouillant et l'éther. Elle bleuit énergiquement le papier de tournesol. Elle absorbe l'acide carbonique de l'air et forme un composé cristallisable qui est probablement du cymyl-carbonate de cymyl-ammonium :

AzU.Ci«IIi5

0AzC"IPMI5

CD

Le chlorhydrate de monocymylamine cristallise en lames rhomboïdales nacrées; le chloroplatinate forme de petites lames jaunes peu solubles dans l'eau froide.

La monocymylamine est isomère de la diéthylaniline de Hofmann et de la cymidine de Barlow [voy. Cymid1i\e).

La dicymylamine :

c'm'\cm'\u.Az = c-m^'Az

constitue un liquide huileux incolore, plus dense que la monocymylamine, insoluble dans l'eau froide, soluble dans l'alcool et l'éther. Dans un mélange réfrigérant, elle devient visqueuse, mais ne se solidifie pas ; elle bout au-dessus de 500 degrés en se décomposant.

Le chlorhydrate de dicymylamine cristallise en aiguilles luisantes, très-peu solubles dans l'eau froide, un peu plus solubles dans l'eau bouillante, trèssolubles dans l'alcool. Le chloroplatinate se dépose de sa solution aqueuse bouillante sous forme d'un liquide huileux qui prend, par le refroidissement, une apparence résineuse. Soluble dans l'alcool, il cristallise par évaporation en petites aiguilles roses.

La tricymylamine :

{C^'W^f.kz = C-'OR^^Âz

forme des lames cristallines blanches, luisantes, rhomboïdales, presque rectangulaires, fusibles entre 81 et 82 degrés en une huile incolore. Une fois fondue, elle reste liquide à la température ordinaire; en l'agitant, elle se prend de nouveau en cristaux. Insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool froid, elle se dissout aisément dans l'alcool bouillant et dans l'éther. En bouillant, ell se décompose. C'est une base faible.

CYNANCIIUM. 559

Le chlorhydrate de tricymylamine est en aiguilles blanches, groupées en forme de croix, très-peu solublcs dans l'alcool, presque insolubles dans l'eau. Le chloroplatinate se dépose de sa solution alcoolique sous forme d'une matière visqueuse qui se solidifie en séchant. L. Hahn.

CYXA. Voy. Cm A.

CYIVitGROSTIS. Sous ce nom, on a quelquefois désigné le Triticum repens L.,ou Chiendent ordinaire [voy. Chiendent). Pl.

CYIVATVCHE {■nvvdyyjcde zùwv, chien, età7;)i^w, je resserre). Angine pharyngée et tonsillaire dans laquelle les parties enflammées gênent la respiration et repoussent la langue en avant comme celle d'un chien haletant. La synanche était l'inflammation, plus profondément située, des fmices, du gosier proprement dit, c'est-à-dire de la partie qui joint le fond de la gorge à l'œsophage ; la paracynanclie, l'inflammation des parties externes de la gorge, et la parasynanclie, celle des parties externes des fauces. Mais souvent les expressions cynanche et synanche sont employées synonymemcnt pour désigner, d'une manière générale, l'angine pharyngée. D.

C¥i\A1\IClIICit. Nom spécifique donné par Linné à V Herbe à Vesquinancie, Asperula cynanchica L. {voy. Aspérule). Pl.

CYi:VAi\iCHOL. C**H^*0. Composé cristallisable, qu'on trouve dans le suc extrait du Cynanchum acutum L., à côté d'un alcaloïde volatil non vénéneux, encore inconnu, de résine et de corps amorphes (Butteroff, Annal, der Chem. u. Pharm., Bd, CLXXX, p. 349).

Le cynanchol est presque insoluble dans l'alcool froid, assez soluble dans l'alcool chaud, d'où il se dépose sous forme de petites aiguilles blanches ou de lamelles cristallines brillantes, affectant une disposition étoilée. Il fond vers 140 degrés et se prend par le refroidissement en une masse amorphe transparente. A une température notablement supérieure à son point de fusion, il se décompose en dégageant une odeur particulière.

L'acide sulfurique concentré le décompose à chaud ; l'acide nitrique l'attaque vivement. Le bichromate de potasse et l'acide sulfurique, de même que la polasse caustique en solution alcoolique, paraissent n'exercer aucune action sur lui. L. Hahn.

CïiVAi\CHUM. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Asclépiadées. Les espèces de ce groupe sont des herbes vivaces ou des sousarbrisseaux volubiles à feuilles opposées, cordées, à fleurs hermaphrodites, ayant un calice quinquépartite, une corolle rosacée, profondément lobée ; une couronne staminale monophylle, enfermant le gynostène, à dix lanières, opposées sur un double rang, les extérieures ligulées enroulées au sommet, les intérieures en languettes, dépassant la gorge de la couronne. Les anthères sont terminées par une membrane et contiennent dans chacune de leurs deux loges une masse pollinique arrondie, pendant des angles du stigmate. Les fruits sont des follicules lisses, souvent solitaires par avortement.

La seule espèce médicinale qui rentre actuellement dans les Cynanchum est

560 CYNARE.

le Ojnanchum aciihim L. {Cynanchum Monspeliacum L.), qui croît dans la région méditerranéenne. On la trouve abondamment aux environs de Montpellier, d'oià le nom de Scammonea Monspellaca, que lui donnaient les auteurs de la Renaissance. Les tiges volubiles portent des feuilles opposées rappelant tantôt celles du Liseron, tantôt celles du Smilax aspera. Toute la plante est glauque, et elle laisse découler aussitôt qu'on la touche un suc laiteux abondant. Les fleurs sont petites, d'un blanc rosé, et les fruits fusiformes laissent échapper à la maturité de nombreuses graines à aigrette soyeuse.

Cette plante est supposée donner la Scammonée de Montpellier, mais en réalité cette substance présente les propriétés différentes du suc épaissi ou de l'extrait du Cynanchum [voy. Scammonée).

D'autres espèces, qui rentraient autrefois dans les Cynanchum, appartiennent à présent à d'autres genres. Ainsi : le Cynanchum Argel Delile (C. olecefolium Hect.), le Solenostemma Argel Hayne {voy. Argel).

Le Cynanchum erectum est un Mnrsdenia.

Le Cynanclium extensum Ait., un Dœniia.

Le Cynanchum ipecacuanha Wild. {Cynanchum vomitorium Lam., et Cynanchum tomentosum Lam.) est le Tylophora asthmatica {voy. Tylophore). Pl.

Bibliographie. — Bauhix. Pinax, 29i. — Closius. Historia plantarum, X, 125. — Linné, Species, 510. — Golan. Ilortus monspeliensis, 120. — De C^NroLLE. Flore française, III, 667. — Endlicher. Gênera plantarum, ii° 5461. — Decaisne. In De Candolle. Prodromus,l\\\, 547. — GiiENiER et GoDRON. Flore de France, II. Pl.

C¥l¥A]\TllROPiE. Voy. Lycanthropie.

CYXAPiîVE. Alcaloïde vénéneux , découvert par Ficinus {Mag. Pharm., Bd. XX, p. 357) dans VAethusa cynapium L. ou faux persil. Ce principe cristallise en prismes rhombiques, solubles dans l'eau et dans l'alcool, insolubles dans l'éther.

La cynapine forme avec l'acide sulfurique un sel cristallisable ; pour l'action physiologique, voy. Aethusa. T L. Hahn.

CTNARE. Cynara L. Genre de plantes Dicotylédones appartenant à la famille des Composées, à la tribu des Carduacées ou Gynarocéphales. Les plantes de ce groupe ont un capitule bomogame, dont l'involucre est formé de squames très-nombreuses, imbriquées, larges et charnues à la base, coriaces au milieu et terminées en une pointe épineuse. Le réceptacle est chai'nu, plane, garni de paillettes ; les fleurs sont des fleurons à limbe épaissi à la base, à cinq longues divisions inégales. Les akènes tétragones comprimés sont surmontés par une aigrette plumeuse, sessile.

Deux espèces sont intéressantes dans ce genre. Ce sont :

\° L'Artichaut commun, Cynara scolymus L., qui croît spontanément dans le midi de l'Europe, en Espagne, en Sicile, et aussi dans la Barbarie. La plante est, comme on sait, cultivée dans tous les jardins maraîchers. On la reconnaît à sa tige droite, cannelée, cotonneuse, haute de près d'un mètre, à ses grandes feuilles blanchâtres profondément découpées, presque pinnées, à découpures pinnatifides et sus-épineuses, enfin à ses gros capitules à bractées ovales et à fleurs violettes.

Ce sont ces capitules non épanouis qu'on mange sous le nom de têtes d'arti-

GYNIPS. 561

chaut; la partie comestible est le réceptacle qui constitue le /onr/ d'articliaut et la base des bractées : les paillettes du réceptacle forment le foin que l'on rejette.

La racine passe pour diurétique ; les tiges sont très-amères, leur suc a été employé contre l'hydropisie ; les fleurs macérées dans l'eau lui donnent la propriété de coaguler le lait.

2° U Artichaut-Cardon ou simplement le Cardon, Cynara carduncidus L., originaire de la Barbarie, de la Sardaignc, de la Crète et [leut-être aussi de la Provence. La lige est droite, cotonneuse, haute de près de 2 mètres; ses feuilles sont plus longues que celles de l'articliaut, pinnatifides et munies d'une épine assez longue à l'extrémité de chacune de leurs découpures ; elles sont vertes en dessus, blanches et cotonneuses en dessous. Les capitules sont plus petits que ceux de l'artichaut »ji les bractées de l'involucre moins charnues sont terminées par une forte pointe épineuse. Les fleurons sont bleus.

LesGardons sont cultivés dans les jardins maraîchers, où l'on étiole leurs feuilles pour en manger les côtes longues et épaisses. Les fleurons qu'on nomme Flenrx de Chardonnette ont la propriété de faire cailler le lait, et on s'en sert souvent pour cet usage. Pl.

OiBLiOGRAPiiiE. — Linné. Gênera, 92S. Specics, H^O. — Lamabck. Encyclopédie. Dictionnaire, I, p. 'i±l. — De Gandolle. Flore française, 51)09. — Guidourt. Drog. simples, T° cdit., III, p. 19. Tl.

ci'iVMROCÉPnALCS. Tribu de plantes Dicotylédones de la famille des Composées, qu'on nomme aussi Carduacées {voy. ce mot). Pl.

C1'I*É\E. En distillant à plusieurs reprises l'huile oxygénée de semencontra, G"IP*0, avec de l'acide phosphorique anhydre, on obtient un hydrocarbure auquel Vœlckel [Ann. der Chem. u. Pharm., Bd. LXXXIX, p. 558) donna le nom de cynène, en lui attribuant la formule C'^H'*; d'après Hirzel, on obtient dans ces conditions en même temps du cymol {voy. Cymène). Kraut et Wahlforss {Ann. der Chem. u. Pharm., Bd. CXXVIII, p. 293), par de nouvelles expériences, ont constaté la réalité de l'existence du cynène, mais lui ont assigné la formule C^''IP^ qui permet de considérer cet hydrocarbure comme étant de l'huile de semen-contra privée d'une molécule d'eau.

En traitant par l'acide sulfurique le produit de la distillation de l'huile de semen-contra, le cynène surnage. Il constitue une huile fluide, incolore, d'une odeur particulière rappelant celle du semen-contra, inaltérable à l'air, insoluble dans l'eau, soluble dans l'éther et bouillant à 175-175 degrés. Sa densité à 16 degrés est égale à 0,825.

L'acide sulfurique concentré n'attaque pas le cynène, mais l'acide sulfurique fumant le dissout en donnant une combinaison conjuguée. L'acide nitrique concentré l'attaque vivement à chaud en produisant une huile jaune plus pesante que l'eau. L. IIahn.

CïiViPS. CïlWPlDES. Les insectes hyménoptères répondant au genre Cynips de Linné composent une petite famille , très-remarquable par ses mœurs et par la faculté de produire sur les végétaux des excroissances connues sous le nom de galles. Il ne faut point confondre ces insectes avec les Gallinsectes, qui sont des Hémiptères hétéroptères et dont il a été question à l'article Cocheisille {voy. ce mot).

DICT. ENC. XXIV, 58

&62 CYiNIPS.

Les Cynips et les Cynipides ont été appelés Diplolepis et Diplolépaires par Geoffroy, Olivier, et par Latreille, à cause de leur abdomen paraissant formé de deux grandes écailles {Smlôo;^ double, IznU, écaille).

Les caractères zoologiques des Cynipides sont les suivants : Tête généraleiTient. petite, avec des antennes de 15 à 15 articles, plus longues chez les mâles; mandibules courtes, épaisses, dentées. Thorax bombé, large, épais, mésothorax avec l'écusson grand et saillant. Ailes antérieures offrant une cellule radiale et deux ou trois cellules cubitales ; les inférieures avec une nervure costale, plus une seule autre nervure inférieure. Abdomen de forme comprimée, avec un court pédicule et le premier segment extrêmement grand, les autres étant raccourcis ; la face ventrale semble constituée par une seule pièce carénée, saillante à l'extrémité et recouvrant la tarière, celle-ci dépassant à peine au repos le bout de l'abdomen.

Une des espèces typiques du genre Cynips est le Cymps de la galle a teii\ture {Cynips gallce tinctoriœ L.), producteur de la noix de galle employée en médecine et dans les arts, comme substance astringente, très-riche en tannin, provenant du Levant {vo7j. Galles). J'indiquerai plus bas quelques autres espèces en traitant de la physiologie des Cynipides en général.

Les Cynips sont très-semblables entre eux ; leur coloration est assez terne, brune, rougeâtre ou noire, rarement luisante, mais la forme des galles qu'ils déterminent sur les végétaux est des plus variées. C'est au moyen d'une tarière,, dentelée à l'extrémité, mue par de forts muscles, que l'insecte entame les lissus végétaux : bourgeons, feuilles, fruits, branches, troncs et même racines. Sous l'influence probable d'un liquide ou de la présence d'un œuf, la sève du végétal afflue, les éléments cellulaires s'hypertrophient et forment autour des larves écloses des protubérances, des expansions végétales, des galles, en un mot {voij. Galles). Les galles peuvent différer, même pour le même insecte, avec la partie piquée du végétal, avec l'espèce botanique, par exemple, deux espèces du genre Chêne. Réaumur a constaté que les œufs, par un lait d'endosmose, croissent en grosseur parallèlement à la galle. Tantôt les larves des Cynipides vivent plusieurs mois dans la galle et s'y transforment sans qu'elle se détache du végétal, d'autres fois la galle tombe avec l'insecte. La larve sort pour aller dans la terre prendre letat de nymphe {voy. Nyîiphe), ou bien elle se métamorphose dans la galle même et l'insecte parlait la perce d'un trou arrondi et persistant, pour s'échapper au dehors.

Les larves des Cynipides sont relativement grosses et charmies, apodes, aveugles {voy. Larve). Celles de leurs parasites ont parfois des pseudopodes dorsaux et généralement une forme plus allongée, ainsi que j'en ai fait la remarque en expliquant un passage de Réaumur {Annales de la Société entomolocjiqiie de France, p. 810, 1858).

Toutes les galles végétales sont loin d'être produites par les Cynipides, et les insectes de presque tous les ordres peuvent ê:re gallicoles. Mais c'est aux Cynipides vrais qu'appartiennent les galles les plus connues et les plus répandues dans les forêts, principalement sur les Chênes. La galle à teinture d'Alep, hérissée de tubercules, provient, ainsi que je l'ai dit, du Cynips gall ce tinctoriœ- L., développée sur le Quercus infectoria Wild.; celle qui croît sur le Chêne et qui ressemble à une boule hsse de i centimètre à 1 centimètre et demi de diamètre est formée par le C. Kollari Hartig. La grosse galle en nèïïe du Chêne Tauzin des Landes, dans le Sud Ouest de la France, et sa variété de Hongrie, sont dues au.

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