CYPRIN
des reflets violacés, sa poitrine devient d'un beau jaune orangé, et ses nageoires dorsales et anales se colorent en rouge vif.
Les Brèmes (Abramis Cuv.) ont aussi le corps comprimé latéralement, mais encore plus élevé relativement à la longueur, et revêtu d'écaillés larges, solides, ornées de stries concentriques. Leur nageoire dorsale est coupée obliquement et leur nageoire anale prend un grand développement, surtout dans sa moitié inférieure. Le type de ce genre est la Brème commune ou Brame {Cyprinus brama L., Abramis brama Val.), qui habite les eaux douces d'une grande partie de l'Europe et qui atteint une taille assez considérable. C'est un poisson d'un blanc d'argent, pointillé de noir, passant au bleuâtre ou au verdâtre sur le dos, et au rouge vif sur les nageoires dorsales et ventrales. Jadis la Brème figura avec honneur sur les tables princières, mais plus tard elle fut détrônée par la Carpe, qui à son tour dut céder la place à des poissons plus délicats La Brème blanche ou Bordelière [Cyprinus blicca Bloch, ou Abramis blicca) est plus petite que la Brème commune et s'en distingue par les proportions de l'œil, qui est plus grand relativement au volume de la tête, par le moindre développement de la nageoire anale et le nombre plus faible des rayons de la nageoire dorsale : ces caractères ont paru suffisants à quelques ichthyologistes pour motiver la création, en faveur de cette espèce, d'un genre particulier, le genre Blicca; de même une troisième espèce, la Brème de Poméranie [Abramis Bruggenhagii Bloch), qui présente un espace complètement dénudé sur le devant du dos, est devenue le genre Abramidopsis Sél. Long.
Chez les Ablettes, le corps est au contraire svelte et allongé, les écailles qui le recouvi'ent ont une délicatesse remarquable, la mâchoire inférieure est saillante, les dents pharyngiennes sont insérées sur deux rangs, la nageoire anale est très-longue, la dorsale courte et insérée en arrière des ventrales. L'Ablette commune, Seuffle, Blanchet ou Blanchaille [Cyprinus alburnus L. ou Alburnus lucidus Heck. et Kn.), est un joli poisson, de 12 à 15 centimètres de long, au corps argenté, nuancé de bleu ou de vert sur le dos, et de jaune orangé à la base des nageoires ventrales et anales. Elle est très-répandue dans la plupart des rivières de l'Europe et très-recherchée des pêcheurs, en dépit de ses petites dimensions. A Paris, en effet, on retire des écailles de l'Ablette, détachées au couteau, lavées et triturées, un pigment métallique qui est désigné sous le nom d'essence d'Orient et qui est employé dans l'industrie pour la fabrication des perles artificielles. L'Ablette mirandelle [Alburnus îm>anf/e//a), l'Ablette spiilin (A. bipunctatus) , se trouvent également dans les eaux douces de la France, tandis que d'autres espèces [Alburnus mento, A. arborella) vivent dans les lacs et les rivières de l'Europe orientale ou méridionale. Les genres Pelecus, Aspius et Leucaspius, renferment des poissons voisins des Ablettes, mais tous étrangers à nos contrées.
LesRotengles [Scardinius Bp.) se rapprochent davantage des Brèmes parla forme élevée de leur corps, mais ont la nageoire anale courte, la dorsale placée fort en arrière, et les dents pharyngiennes tres-comprimées, dentelées sur les bords et disposées sur deux rangs. Une seule espèce de ce genre a été signalée dans les eaux douces de la France, c'est la Rotengle [Scardinius erythrophthalmus) que l'on désigne aussi vulgairement sous les noms de Sergent et de Gardon rouge et qui se reconnaît à sa tête conique, à sa bouche fendue très-obliquemeiit,etàses yeux d'une magnifique couleur rouge. C'est de là que vient le nom allemand de Bothauge, œil rouge, dont le mot Rotengle n'est qu'une corruption.
580 LYFKllN.
Les dents pharyngiennes sont au contraire disposées sur un seul rang chez les Gardons {Leuciscus Rond.), dont le corps est toujours élevé, et chez lesquels la nageoire dorsale atteint une assez grande longueur. Le type de ce genre est le Gardon commun {Leuciscus rutilus), nommé aussi Gardon blanc. Rousse ou Roltel. C'est un poisson de forme ovale, aux couleurs souvent très-vives, le dos étant d'un vert doré, ou d'un bleu métallique, le ventre d'un blanc d'argent, les flancs marqués de points bruns sur un l'ond bleuâtre, les nageoires ventrales et anale rouges. Il ne dépasse guère 25 centimètres de long, et n'est pas plus estimé que les autres poissons blancs, sa chair étant dépourvue de saveur. Le Gardon rutiloïde [Leuciscus rutildides Sél. Long.) et le Vengeron (L. prasinus Ag.) ne sont que des variétés du Gardon commun.
Les Ides se rapprochent à la fois des Gardons, des Rotengles et des Chevaines : ils offrent, comme ces derniers, des nageoires dorsale et anale courtes ; mais ils ont le corps conformé comme les Gardons et les dents disposées en deux séries composées, l'une de trois dents, l'autre de cinq, comme les Rotengles. Le type du genre Idus est l'Ide mélanote [Cyprinus idus et C jeses L., Idus melanotus Heck. etKn.) qui se trouve principalement en Allemagne et qui, suivant les âges, est d'un noir bleuâtre, ou d'un rouge doré passant au bleu sur les parties inférieures du corps.
Dans le genre Chevaine (Squalius), la nageoire dorsale est située au-dessus de la ventrale ; les dents pharyngiennes sont comprimées et rangées en deux séries, l'une de deux dents, l'autre de cinq, la tête est tantôt très épaisse (Chevaines proprement dites), tantôt effilée (Vandoises), tantôt courte et obtuse (Blageons). La Chevaine commune (Squalius cephalus L.), que l'on appelle aussi Meunier, Juène, Charasson, C/ioimn ou Vilain, atteint souvent une longueur de 50 à 60 centimètres et un poids de 6 à 8 livres. Elle se fait remarquer par l'élégance de ses formes et l'éclat métallique de ses couleurs. Très-répandue dans les eaux douces de la France, la Chevaine est néanmoins tenue en médiocre estime par nos pêcheurs. Il en est de même de la Vandoise {Squalius leuciscus L.) et du Blageon [Squalius Agassizii Val., Telestes Agassizii Heck. etKn ). Les Vairons ont le corps revêtu d'écaillés beaucoup plus petites que les autres Cyprinidés. Ils sont tous de petite taille, leur longueur moyenne étant d'un décimètre environ. Tout le monde connaît le Vairon commun [Phoxinus lœvis Sél. Long, ou Cyprinus phoxinus L.), qui porte aussi suivant les localités les noms de Gendarme, de Loque, à.' Arlequin, de Gravier, et qui se trouve dans les petites ruisseaux et dans les rivières limpides où il sert de pâture aux Truites. En temps ordinaire il est d'un ton verdâtre, passant au grisâtre sur le ventre ; mais au moment du frai il revêt des teintes chatoyantes, et ses nageoires deviennent, à la base, d'un rouge écarlate.
La tribu des Cobitines est constituée par l'ancien genre Loche ou Cobitis L. et correspond à la famille des Acanthopsides de certains auteurs. Les poissons de cette catégorie ont le corps allongé, revêtu d'écaillés presque imperceplibles, les lèvres épaisses, entourées de barbillons, de nombreuses dents pharyngiennes, disposées de chaque côté, sur un seul rang, les ouïes peu fendues, la vessie natatoire petite et logée dans une cavité formée par la soudure des vertèbres antérieures. Ils sont représentés dans nos contrées par trois espèces : la Loche franche {Cobitis barbatula L.), la Loche de rivière {Cobitis tœnia L.), et la Loche d'étang {Cobitis fossilis L.), qui sont devenues chacune le type d'un petit sous-genre {Nemachilus, Cobitis et Misgurne). La Loche franche, Barbotte,
GYPRIS. 581
Moustache, Moutelle, Dormille, Linotte ou Lanceron, est un petit poisson dont le corps, de forme cylindrique et de couleur grise, brunâtre ou verdàtre, plus ou moins marbrée, est toujours enduit de mucosité. Elle est commune dans les ruisseaux et se tient aussi dans les lacs et les rivières, près du bord, partout oii les eaux ne sont pas profondes. La Loche de rivière est plus rare que la Loche franche, et sa chair est moins estimée ; elle est de taille un peu moins forte et a le corps plus svelte encore, les barbillons moins épais et les joues armées d'une double épine mobile. Enfin la Loche d'étang ou Misgurne atteint des dimensions beaucoup plus fortes que les deux espèces précédentes (20, 25 ou môme 30 centimètres) ; son corps est revêtu d'écaillés plus distinctes, et sa bouche est entourée de dix appendices charnus. E. Oustalet.
Bibliographie. — Cuviër et Valenciennes. Histoire naturelle des Poissons, t. XVII et XVIII. — Heckel et Kner. Die Siisswarfi.sclie cler ôslerreicliischen Monarchie, 1858. — Siebou». Die Stisswasserfiscke von Mitlel-Europa , 1803. — Blanchard. Les poissons des eaux douces delà France, \mQ. E. 0.
CYPRIXE [Cyprina Lamk). Genre de Mollusques-Lamellibranches, type de la famille des Cyprinidés. La coquille, équivalve, cordiforme, est grande, revêtue d'un épiderme épais et pourvue sur chaque valve de trois dents cardinales inégales, rapprochées à leur base. L'animal possède un pied épais, linguiforme, ainsi que deux siphons très courts ; les bords du manteau sont frangés et soudés postérieurement. La seule espèce vivante (C. islandicahixmV) se trouve dans la mer du Nord, principalement à l'embouchure des grands fleuves.
Ed. Lefèvre.
CYPRIPËDI^E. Poudre brune de composition indéterminée, retirée du Cypripedium pubescens (C. flavum) ou Sabot de Vénus jaune et employée comme antispasmodique aux États-Unis d'Amérique (iV. Rep. Pharm., Bd. YI, p. 189). L. Hn.
C¥PRIPEDIUM. Genre de plantes Monocolylédones appartenant à la famille des Orchidées. Les Cypripedium sont de très-belles espèces dont le labelle a la forme d'une sorte de sabot, d'où le nom de Sabot de Vénus qu'on leur donne. Les anthères sont au nombre de deux, latérales, à 2 loges, contenant des masses poUiniques granuleuses. Ces anthères sont placées sur un gynosièuie en forme de colonne courte, trifule, portant en son milieu une lame stipiléc, pétaloïde, elliptique, concave, qui porte le stigmate. L'ovaire est à trois loges, et le fruit une capsule triloculaire. Il existe dans les jardins un certain nombre d'espèces ornementales de Cypripedium.
La seule espèce spontanée en F{urope est le Cypripedium calceolus L., qui croît dans les Alpes et dans les montagnes des régions septentrionales. Sa tige garnie de feuilles d'un vert foncé est terminée par une belle fleur penchée, à labelle jaunâtre, marquée de lignes et de taches pourpres.
Sa décoction a été préconisée contre l'épilepsie, au dire de Gmelin. Pl
Bibliographie. — Linné. Gênera, 1014. Species, 1346. — Jussieu. Gênera, 63. — Haller. Uelvet., 1500. — Gaudin. Flora helvetica, V, 490. — Endlicher. Gênera. — Gmelin. f/'/ora sibirica, t. YI. Pl,
CYPRIS {Cypris 0. Fr. Mûll.). Ce genre de Crustacés, qui appartient à l'ordre des Phyllopodes et au groupe des Oslracodes, se compose de petites
582 CYRTOMETRE.
espèces d'eau douce, pour la plupart très-anciennement connues et, dont plusieurs, notamment les Cypris pubera Mûll., C fuscata MûU., C ovum Jur., C. punctata Jur. et C. viduaUùW., sont communes dans les mares et les fossés de presque toute l'Europe.
Pendant longtemps on a cru que ces petits animaux ne subissaient pas de métamorphoses; mais G. Claus [Beitrage zûr Kenntniss der Ostracoden-Entwickelungsgeschichte von Cypris, Marburg, 1868), en suivant avec soin leur développement depuis la sortie de l'œuf, a découvert qu'ils passent par neuf phases évolutives distinctes avant d'acquérir leur forme définitive. A l'état adulte, ils ne possèdent que deux paires de pattes, leur corps, entièrement renfermé dans une carapace bivalve mince et légère, est terminé par une queue bifide sétigère; les yeux sont réunis en un seul et les antennes de la seconde paire ont leur deuxième article garni d'un faisceau de soies en crochets. Les organes génitaux, qui présentent des particularités remarquables, ont été très-bien décrits par W. Zenker {Archiv fur NaLurg., Bd, XX, 1854). Les femelles déposent leurs œufs sur les plantes aquatiques. Ed. Lefèvre.
CYRÈXE {Cyrena Lamk). Genre de Mollusques Lamellibranches, de la famille des Cycladidés, dont les représentants, voisins des Cyclades, s'en distinguent par leur coquille toujours plus grande, plus épaisse, à épiderme plus ou moins excorié et à charnière pourvue, sur chaque valve, de trois grandes dents cardinales. Ces Mollusques habitent exclusivement les fleuves et les grandes rivières des régions chaudes du globe. Ils sont comestibles. Toutefois, s'il faut en croire les récits de quelques voyageurs, certaines espèces, et particulièrement le Cyrena papua Lamk, de l'Australie, auraient occasionné plusieurs fois des accidents assez graves. Ed. Lefèvre.
CTRIAQUE DE MAIVGIIV (Clément). Médecin et poëte français, né à Cugnysur-Saône, près de Chalon, vers 1570, mort à Paris, le 24 octobre 1642. Il étudia la philosophie à Chalon, puis les mathématiques et la théologie à Païus. Il fit ensuite un voyage en Italie, oii il obtint le titre de docteur en médecine à Bologne en 1600; après quoi il visita l'Allemagne, la Pologne et les Pays-Bas, et alla définitivement se fixer à Paris, oîi il exerça, parait-il, la médecine. Sa connaissance des langues hébraïque, grecque et latine, et ses talents de poëte, le firent surnommer Apullo trilinguis. Il mourut au collège de Bourgogne. On connaît de lui :
Problemaia duo nobilissima , quorum nec analijsim geometricam videntur teituisse Jo. Hegiomontanus et P. Nonnius, necnoti demonstiationem salis accuratam representare- F. Vieta et M. Gelhaldus... Paris, 1616, 1:1-4° (d'après la préface de ce livre, l'auteur aurait écrit un autre ouvrage intitulé : Problematum opus amplissimum et schediasmata poelica et crilica). L. Hn.
CTRILLO (Pommade de). Porphyrisez 4 grammes de sublimé corrosif, ajoutez 30 grammes d'axonge et porphyrisez de nouveau pour rendre le mélange très-intime. Escharotique. D.
CTRTOCÉPHALES. Voy. AraignÉES.
CYRTOGRAPHE. {Voy. Cyrtomètre).
cVRTOlMfÉTRE (xuprà; courbe; fASTpov mesure). Dénomination créée vers
GYRTOMETRE. 585
1840, par Félix Andry, pour désigner un instrument inventé par lui dans le but de mesurer les courbes ou saillies pathologiques, et notamment les voussures précordiales.
Le cyrlomètre d'Ândry, exécuté par Charrière sur ses indications, est « une lame d'acier, surmontée dans sa partie moyenne d'une échelle graduée, le long de laquelle peut monter avec frottement un curseur que deux tiges, parallèles à la lame d'acier et fixées chacune à son extrémité opposée, soulèvent quand on fait subir à cette lame flexible une certaine incurvation ».
Très-imparfait, difficile à appliquer avec exactitude, et ne donnant que des résultats restreints ou d'une utilité problématique, cet appareil était tombé dans l'oubli, lorsque Woillez en recueillit le nom pour l'adapter à un nouvel instrument de mensuration clinique des périmètres du thorax et de ses diamètres.
Enfin, une réalisation delà même idée de clinique mathématique a été produite par Fourmentin, sous la dénomination de cyrtographe. Quelques mots sur chacun de ces appareils.
1" Cyrtomètre de Woillez. Le cyrtomètre de Woillez est destiné à relever le profil entier d'une zone de la région thoracique et à permettre d'en donner, sur le papier, le tracé exact et complet, c'est-à-dire à obtenir, comme par une véritable coupe horizontale, la circonférence, la forme, et les divers diamètres de la poitrine dans l'état normal et pathologique, à peu près à la manière dont les chapeliers déterminent, avec l'appareil que l'on connaît, la circonférence et les diamètres du crâne aux points où doit porter le chapeau. On comprend aisément la supériorité de ce procédé sur celui qui consistait à rechercher les mêmes données à l'aide du ruban gradué de Laennec, du compas d'épaisseur de Chomel, et de l'appareil d'Andry.
Le cyrtomètre de Woillez consiste en une fraction de mètre articulé, à petites pièces jouant à frottement, et qui, appliqué de champ, isolément et successivement sur chaque demi-circonférence du thorax, en prend la forme, la conserve grâce au frottement des articulations, et peut, reporté sur une feuille de papier, servir à tracer, à l'aide d'un crayon mené le long de sa concavité, l'image exacte de la courbe à laquelle il a été adapté. La petite dimension de chacun des articles de la mesure en rend l'adaptation exacte, et deux articulations spéciales munies d'un crochet d'arrêt dans le sens concentrique, disposées sur sa longueur, permettent d'en faire l'ouverture pour la retirer, et la fermeture pour en reconstituer la situation conforme, sans altérer l'exactitude du résultat.
Voici le procédé d'application de l'instrument selon les préceptes de Woillez : le malade étant couché sur le dos, on glisse (de préférence du côté affecté) l'extrémité initiale de l'instrument jusqu'à l'épine vertébrale, à la hauteur de la base de l'appendice xiphoïde que l'on a, d'avance, marqué à l'encre ou au crayon; puis l'on circonscrit le thorax, de l'autre main, en tenant le cyrtomètre placé ' de champ, et l'on note le point de l'instrument qui affleure l'appendice xiphoïde. L'instrument est alors retiré (ce qui peut être fait très-aisément, grâce à ses articulations mobiles, sans déplacer les rapports des articulations à frottement), puis ramené à sa courbe par restitution de la jointure mobile au point où la fixe son crochet d'arrêt, et porté sur le papier en prenant soin de placer, sur la ligne médiane verticale de la feuille, le point correspondant à l'épine vertébrale à une de ses extrémités, et à l'autre le point qui a été noté comme affleurant l'appendice xiphoïde. Il suffit alors de suivre, avec un crayon, la concavité du cyrtomètre maintenu appliqué sur le papier par un aide, pour avoir la coupe exacte, la
584 CYRTOMÈTRE.
forme et les diamètres d'une demi- circonférence du thorax. Puis, la même ope'ration faite du côté opposé donne la demi-circonférence non encore mesurée, et l'instrument, rapporté de la même manière sur la seconde moitié du papier, complète le périmètre.
2° Cyrtographe de Fourmentin. Il s'agit ici d'une très-ingénieuse application du pantographe à la détermination mathématique du périmètre et des courbes du thorax ; l'appareil se compose : a, d'un ressort circulaire que l'on applique autour du thorax et que l'on ajuste à l'aide d'une agrafe recevant l'un des boutons disposés sur sa face externe à l'autre extrémité ; b, d'un système pantographique qui inscrit une réduction de la courbe quand il est mis en action par la direction d'une tige courbe, dont l'extrémité sert à suivre le contour de la poitrine sur le ressort circulaire, exactement comme la pointe stérile du pantographe ordinaire suit, sur le papier, le dessin dont on veut obtenir une réduction ou une amplification. Le périmètre se trace en deux moitiés, comme avec le cyrlomètre de Woillez.
Ces deux instruments satisfont à toutes les nécessités de la mensuration de la poitrine conçue dans ses applications les plus étendues.
Le cyrtomètre de Woillez peut servir en clinique pour toutes les démonstrations où il y a lieu de faire intervenir l'étude des diamètres de la poitrine; son application est facile et nous l'avons, pendant de longues années, utilisée et enseignée au lit du malade. Assurément, ce n'est pas un instrument dont la présence est nécessaire dans l'arsenal du médecin praticien, mais il doit appartenir à l'outillage d'un laboratoire d'enseignement ou de recherches cliniques. Pour le médecin praticien, la mensuration totale du périmètre de la poitrine à l'aide d'un i"uban inextensible, selon les règles données par Woillez dans son Mémoire sur les variations de la capacité thoracique dans les maladies aiguës, suffit le plus ordinairement pour suivre d'une manière mathématique, et pour tracer dans des tableaux analogues à ceux de la température, la marche journalière de l'affection. C'est un grand service que Woillez a rendu à l'art et à la science en mettant ainsi à la portée de tous un moyen précis de mensuration de la poitrine.
L'appareil de Fourmentin satisfait à toutes les conditions des recherches scientifiques précises telles que celles qui seraient nécessaires, par exemple, pour l'étude des déviations du rachis, des déformations rachitiques du thorax, ou pour des études d'anthropographie comparée, etc. Ernest Besnier.
BiBLioGBAPHiE. — Chomel. Instrument destiné à mesurer les diamètres de chaque côté de la poitrine. In Lancette franc., t. I, p. 213, 1829. — Andrt (Félix). Instrument destiné à mesurer les courbes ou saillies pathologiques, et particulièrement la voussure précordiale. In Manuel de diagnostic des maladies du cœur, précédé de Recherches cliniques pour servir à l'étude de ces affections, p. 188. Paris, 1843. — Woillez (E.-J.). Nouveau cyrtomètre. In Note sur un nouveau procédé de mensuration de la poitrine, lue à l'Académie impériale de médecine le 24 mars 1857, et Arch. gén. de méd. Paris, 1857. — Recherches cliniques sur l'emploi d'un nouveau jjrocédé, etc. In Recueil des travaux de la Soc. médicale d'observation, t. I. Paris, 1857. — Dictionn. de diagnostic médical. Art. Ctrtomètre, 1" et 2* édit. Paris, 1862-70. — Traité clinique des maladies aiguës des organes respiratoires,^. 26, 310 Paris, 1870. — Traité théorique et clinique de percussion et d'auscultation, avec un appendice sur l'inspection, la palpation et la mensuration de la poitrine, p. 439,447. Art. Cyrtomètre, Cyrtométrie, GYRToortAPHiE. Paris, 1879. — Moine (C.). Quelques recherches sur les modifications de forme et de dimension du thorax dans la pleurésie aiguë. Thèse de Paris, 1872. — Fourmentin. Nouvel instrument cyrlographique. In Études précises sur les déformations de la poitrine avec applications à la pleurésie et à la phthisie. Thèse de Paris, 1874. E. B.
GYSTIGERQUE. 585
CTSTEivcÉPHAME (de y.variç, vessie, syA'foàov, cerveau). Sous ce nom, auquel son auteur a préféré plus tard celui de thlipsencéphale [voy. ce mot), Et. Geoffroy Saint-IIilaire désignait la catégorie particulière des monstres pseudencéphaliens [voy. ce mot), chez lesquels le cerveau, arrêté dans son développement, est réduit à l'apparence d'une sorte de vessie mamelonnée.