Larguer
CYSTICERQUE [Cysticercus, Rudolphi). Par cette dénomination, Zeder, Rudolphi et les helmintliologistes de la première moitié de notre siècle, ont désigné des vers se rapprochant des ténias par plusieurs de leurs caractères, mais toujours agames. Ils les regardaient comme constituant un genre distinct parmi les cestoïdes; nous savons aujourd'hui qu'ils forment l'une des phases du développement de certains ténias {voy. sur celte question l'article Cystique).
Avant Zeder et Rudolphi, les cysticerques avaient reçu des dénominations diverses : Hydra, Linné; Tœnia, Pallas; Hydatigena, Gœze; Vesicaria, Schrank ; Hydatula, Viborg; Finna, Werner; HydaLis, Laniarck.
Voici les caractères extérieurs des cysticerques :
Cestoide solitaire, muni d'une vésicule dite caïukde plus ou moins volumineuse, d'une tête pourvue de quatre ventouses, et le plus ordinairement d'une double couronne de crochets, d'un col, d'un corps plus ou moins développé, subcylindrique, ou aplati, ridé transversalement ou annelé.
Le corps chez les cysticerques est d'une longueur très-variable, d'une espèce à l'autre et parfois dans la même espèce. 11 offre des rides profondes, irrégulières, plus ou moins nombreuses, et très-rarement des segments nettement séparés comme ceux d'un ténia adulte. Je n'ai constaté de ces segments que chez le Cysticercus fasciolaris de la souris; mais jamais ils ne possèdent d'organes génitaux.
Les cysticerques sont doués d'une contractilité très-apparente qu'ils perdent sans doute en vieillissant. Cette contractilité peut être facilement observée, si l'on place le ver vésiculaire dans de l'eau à 40 degrés centigrades environ. On l'observe aussi sur le cysticerque ladrique de l'homme lorsqu'il se trouve dans la chambre antérieure de l'œil ou dans le corps vitré ^ Chez la plupart des cysticerques, le corps et la tête rentrent par invagination dans la vésicule qui apparaît alors comme une simple vessie dépourvue d'appendice extérieur et offrant en un point de sa surface un pertuis peu apparent.
Les cysticerques présentent parfois des anomalies qui consistent dans l'augmentation du nombre des crochets, des ventouses et même des tètes, ou bien des déformations diverses qui sont le résultat de l'âge et qui portent principalement sur la vésicule. Ces anomalies et ces déformations, dont nous parlerons à l'article Cystique, ont fait commettre à divers observateurs des méprises assez fréquentes, ayant regardé ces individus anormaux ou déformés comme appartenant à des espèces distinctes.
Les cysticerques existent chez les animaux vertébrés ; on n'en connaît guère que chez les mammifères. Jamais ils ne se trouvent dans une cavité revêtue d'une membrane muqueuse. Ils se développent dans les cavités séreuses et plus souvent dans le parenchyme des organes. Dans ce cas, ils sont renfermés dans un kyste adventif, où ils se trouvent presque toujours solitaires. Ce kyste,
* Voy. R. Liebreich, Atlas d'ophthalmoscopie, in-4''j p. 15, pi. VIT, f. 5-6. Paris et Berlin,
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formé de tissu conjonctif, devient avec l'âge épais, consistant, crétacé, et peut persister longtemps après la mort du ver qu'il logeait.
Certains cysticerques se développent dans presque toutes les parties du corps : tel est le cysticerque ladrique, et leur nombre peut être prodigieux; d'autres sont rares au contraire, ou bien ils sont spéciaux à un organe : tel est le cysticerque fasciolaire du rat et de la souris, qui ne se trouve que dans le foie.
La plupart des cysticerques paraissent n'occasionner aux animaux qui les portent aucun phénomène fâcheux. Ces vers déterminent cependant parfois des accidents ou des maladies graves; c'est lorsqu'ils se développent dans un organe important comme l'œil ou le cerveau ou lorsque leur nombre est considérable.
Les cysticerques constituent la tête d'un ténia, laquelle comme chez le cestoïde adulte possède ou non une couronne de crochets. Parmi les cysticerques inermes, nous ne connaissons bien aujourd'hui que celui qui constitue le scolex d'un des ténias de l'homme, le T. mediocanellata.
Nous parlerons en premier lieu des ténias armés.
Section A. Cysticerques pourvus de crochets.
CvsTicERQUE LADRIQUE [Cysticcrcus celluIoscB Rudolphi). Ce cysticerque a reçu des naturalistes et des médecins un grand nombre de noms divers; voici les principaux : Vesicaria lobata suilla, Fabricius; Finna humana, Werner; Tœnia hyda tigena , Fischer ; Tœnia cellulosa ; T. finna , Gmelin ; Vesicaria hygroma humana; F. finna suilla, Schrank; Tœnia albopunctata hominis, Treutler ; Hydatis finna, Blumenbach; Vermis vesicularis, Brera; Tœnia hydatigena anomala, Steinbuch; Cysticercus finna, ïeàer; Hydatigena cellulosœ, Lamarck, Nordmann; Cysticercus cellulosœ, Rudolphi et tous les auteurs modernes ; Cysticerque ladrique, vulgaire.
Le cysticerque ladrique, après la mort de son hôte, est toujours retiré dans sa vésicule, qui est elliptique et à laquelle on ne voit aucun appendice extérieur. Elle a environ 15 millimètres dans son plus grand diamètre. Une seconde vésicule, très-petite, au fond de laquelle est attaché le corps du ver, est contenue • dans la première. Elle est fixée autour d'unpertuis de couleur blanciiâtre, à peine visible à l'œil nu, qui permet l'issue ou la rentrée de la tète et du corps du ver. Entre les deux vésicules se trouve un liquide incolore, limpide et nonalbumineux.
La tête est presque tétragone, pourvue de quatre ventouses et d'une couronne de crochets disposés sur deux rangs, au nombre de 28 à 52 et pouvant aller à 42 sur trois rangs chez des individus anormaux. Le cou est très-court ; le corps est cylindrique, plus long que la vésicule, atteignant jusqu'à 27 millimètres dans sa plus grande protraction. Longueur des grands crochets O"™,!?; des petits 0™"%H {chez le cyst. de l'homme). Canaux longitudinaux très-apparents dans la tête ; corpuscules calcaires très-nombreux.
Le cysticerque ladrique forme le scolex du Tœnia solium ou ténia armé de l'homme.
Les rapports qui lient le cysticerque ladrique au Tœnia solium n'ont été reconnus que très-tardivement. Le scolex de l'un et de l'autre de ces helminthes offre une communauté de caractères qui a mis d'abord sur la voie de leur identité. Celle-ci a été confirmée par des expériences qui ont consisté d'une part à faire prendre à l'homme, dans ses aliments, des cysticerques qui se sont développés en Tœnia solium; d'une autre part à faire avaler au porc des œufs de ce dernier ver qui ont produit dans les organes parenchymateux les vésicules
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du cysticerque ladrique. Kiichennieister a le mérite de l'initiative de ces expériences.
Série I. Cysticerqnes transformés en ténias.
Première expérience. KiIchenmeister. Un homme, condamné à mort , a pris dans du boudin et du potage, à son insu, successivement 12, 18, 15, 42, 18 cysticerques ladriques, à des époques correspondantes à 72, 60, 56, 24, 12 heures avant l'exécution. Ces cysticerques provenaient d'un cochon tué quatrevingt-quatre heures avant l'administration des 12 premiers vers : les suivants étaient donc conservés depuis plus longtemps.
L'autopsie fut faite quarante-huit heures après l'exécution : on trouva dans le duodénum quatre jeunes ténias qui tous avaient encore sur la tête une ou deux paires de crochets ; Vun de ces vers avait encore la couronne de crochets presque complète. On trouva en outre dans la lavure des intestins six autres ténias qui manquaient de crochets^.
Deuxième expérience. Leuckart. Un homme âgé de quarante-cinq ans, affecté d'une maladie de Bright, prend environ douze cysticerques provenant d'un porc ladre ; les selles sont attentivement examinées pendant longtemps ; des purgatifs sont administrés, mais cet homme ne rend jamais aucun proglottis. L'expérimentateur conclut à l'absence de ténia.
Troisième expérience. Leuckart. Douze cysticerques environ, provenant d'un porc ladre, sont administrés à un phthisique ; il meurt deux mois après. A l'autopsie on ne trouve pas trace de ténia.
Quatrième expérience. Leuckart. Un jeune homme prend quatre cysticerques; deux mois et demi après, il rend des proglottis; un mois plus tard une dose de cousso expulse deux ténias solium, dont l'un sans la tête.
Cinquième expérience. Humbert. L'expérimentateur avale, le 16 décembre 1854, quatorze cysticerques provenant d'un porc ladre. « Dans les premiers jours du mois de mars 1855 (trois mois après), j'ai senti, dit l'auteur de l'expérience, la présence désagréable des ténias et en même temps j'ai commencé à en trouver des fragments assez considérables ; le professeur Yogt, à qui je les ai montrés, a constaté qu'ils appartenaient bien au ténia solium^. »
Sixième expérience. Kuchekmeistfr. Quarante cysticerques ladriques d'un porc sont donnés en deux fois à un homme condamne à mort (le 24 novembre 1859 et le 18 janvier 1860). Le supplice a lieu le 31 mars suivant (environ quatre mois et trois mois et demi après l'ingestion des cysticerques). A V autopsie, on trouva onze ténias avec les articles mûrs, dont plusieurs déjà libres (proglottis) et huit non encore tout à fait mûrs^.
Septième expérience. Hollenbach, « ayant avalé une cuillerée à thé de cysticerques ladriques, rendit après cinq mois un fragment de ténia long de cinq pieds, avec beaucoup d'articles, mais sans tête. Le ténia rendu a été désigné comme Tœnia serrata; cependant ce devait être le ténia ordinaire de l'homme \ »
* Journal médical hebdomadaire de Vienne, ISbb, n" 1, et Annales des sciences naturelles, t. m, p. 557, 1855.
2 Cité par G. Bertolus, Diss. sur les métamorphoses des ccstoïdcs. Thèse de Montpellier, n'IOfi, 185(5.
5 Kûclienmeisler, in Deutsche Klinik du D"^ Gœschen, i" semestre 1860, et Gaz. médicale. Paris, 18(51, p. 448.
■* Rud. Leuckart, Die menschl. Parasiten, 1. 1, p. 234, d'après le Journ. hebd. de l'art vétérinaire d'Adam et Niklas, II, p. 301 et 353.
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Huitième expérience. Redon. Cet expérimentateur avale dans du lait tiède quatre kystes contenant chacun un cysticerque ladrique, kystes recueillis sur le cadavre d'un homme mort à l'hôpilal, à Lyon. Après quatre mois et deux jours, on trouve des cucurbitins dans les selles. Le professeur Lortet, de Lyon, reconnaît à ces segments et à un strobile rendu tout entier quelques jours après les caractères du Tœnia solium armé *.
Neuvième expérience [nulle). Onimus et Paulet. Un gendarme étant mort au Yal-de-Grâce dans un état d'hébétude et de somnolence, les muscles du tronc et des membres furent trouvés farcis de cysticerques ; plusieurs existaient près de la scissure de Sylvius, des veines choroïdiennes, et un à la base du cerveau.
On fit avaler à des chats plusieurs de ces vers vésiculaires, mais sans aucun résultat^.
Ces expériences ne peuvent rien prouver quant à la question qui nous occupe, car le ténia solium qui devait provenir de ces cysticerques ne se développe point chez le chat'.
Série II. Œufs de ténia produisant des cysticerques.
Première expérience. Van Beneden. « Nous avons donné à un cochon des œufs de ténia solium à avaler, et, quand il a été abattu, il était ladre; un grand nombre de cysticerques celluleux étaient logés dans ses muscles.
(( Un autre cochon nourri et élevé dans les mêmes conditions que le précédent, né en même temps de la même mère et qui n'avait pas pris des œufs de ténia solium, n'en contenait pas '. »
Deuxième à sixième expérience. Kijchenmeister et Haubner. 1° Le 30 mars et le 5 avril, des anneaux d'un ténia rendu la veille sont administrés à un cochon : à l'autopsie faite le 15 mai suivant on ne découvrit aucun cysticerque.
2° Expérience semblable à la même époque ; autopsie le 20 mai, même résultat.
5°, 4", 5°. Trois cochons de lait prennent des anneaux de ténia solium les 7, 24, 26 juin, les 2 et 13 juillet. L'un, tué le26 juillet, avait de petits cysticerques, dont la tête était incomplètement développée. Chez le second, tué le y août, on trouva un millier de cysticerques disséminés dans divers organes. Le troisième, tué le 23 août, possédait un grand nombre de cysticerques. Un quatrième cochon de lait, n'ayant pas pris d'œufs de ténia, n'avait aucun cysticerque^.
Septième expérience. Mossler. Un cochon ayant avalé des proglottis mûrs de ténia solium, on trouva, neuf jours après, entre les fibres musculaires du cœur, des vésicules ovales de 0""",033, sans ventouses, ni crochets, qui ont été regardées comme déjeunes cysticerques^.
Huitième à douzième expérience. Gerlach. Dans les chairs d'un cochon de six mois, vingt et un jours après l'ingestion des c^ ^s d'un ténia solium, on trouva un grand nombre de vésicules qui portaient les premières ébauches de la tête du cysticerque ladrique.
Des expériences semblables furent répétées par le même observateur, et l'examen
* M. Redon, Exp. sur le développement rubanaire du cysticerque de l'homme. In Annales se. nal., t. VI, art. iv 4. l'aris, 1877.
2 D' Onimus, Gaz. hôp., 1865, p. 237, et D' Paulet, Gaz. hôp., 1865, p. 257. sp.-J. van Beneden, Mémoire sur les vers intestinaux, couronné par l'Institut en 1853, p. 146. Paris, 1858.
* Kiiclienineister, On Animal and Végétal Parasites. Trad. angl., p. 120. Lond., 1857.
* Mossler, Éludes et observations helminthologiques. Giessen, 1865, p. 52 (Leuckart).
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anatomique des animaux infectés fut fait à des époques plus ou moins éloignées de l'ingestion du proglottis, par exemple, après quarante, soixante, cent-dix jours. On trouva toujours chez les jeunes sujets des vésicules qui portaient plus ou moins, suivant leur âge, les caractères du cysticerque ladrique*.
Dans ces expériences, les cochons âgés de plus de neuf mois et même des cochons de six mois ont avalé des proglottis de ténia solium sans aucun résultat, tandis que l'infection avait toujours lieu chez des sujets moins âgés.
De ces faits Gerlach fut porté à conclure que les cochons ne peuvent contracter la ladrerie que dans leur jeunesse.
Espèces ou variétés du Cysticercus cellulose admises par plusieurs auteurs.
Tous les cysticerques rencontrés chez l'homme appartiennent vraisemblablement au Cysticercus cellulosœ, bien que certaines particularités de leur conformation en aient fait regarder quelques-uns comme d'espèces distinctes; mais ces particularités ne sont autre chose que des anomalies ou des déformations séniles (î'Oî/. article Cystique) . C'est donc au cysticerque ladrique qu'appartiennent les prétendues espèces suivantes :
A. Cysticercus acanthotrias (Weinland). Ce cysticerque diffère du Cysticercus cellulosœ par la conformation du rostre qui est armé de trois rangs de 14 crochets (en tout 42), semblables sous tous les autres rapports à ceux du cysticerque ladrique.
Douze à quinze spécimens de ce cysticerque avaient été trouvés par Jeffries Wyman (1845) chez une femme âgée d'environ cinquante ans morte phthisique à Richmond (Virginie). Ils étaient logés dans les muscles ou sous les téguments; un se trouvait libre à la surface interne de la dure-mère près de l'apophyse crista-galli. Ces cysticerques étaient conservés dans le musée de Boston, avec l'étiquette Cyst. celbdosœ. Weinland, les ayant examinés, reconnut qu'ils portaient une couronne de trois rangs de crochets. 11 leur donna le nom de acanthotrias, les regardant comme les larves d'une espèce de ténia encore inconnue à son état adulte^.
Dans la deuxième édition de mon traité des entozoaires {Synopsis, n° 9 bis), j'ai manifesté mes doutes à cet égard, regardant ce ver vésiculaire plutôt comme un cysticerque ladrique anormal que comme un cysticerque nouveau. Ces vues se trouvent confirmées par une observation de M. Redon ' qui, ayant examiné cent cysticerques trouvés chez le même individu, cysticerques ladriques pourvus de 28 à 32 crochets, en rencontra un qui possédait 41 crochets disposés sur trois rangs, comme ceux qu'à décrits Weinland. Le Cysticercus Acanthotrias n'est donc qu'un cysticerque ladrique anormal, et le ténia qui lui correspondrait serait un Tœnia solium possédant aussi une triple couronne de crochets, fait qui rentrerait dans la catégorie des anomalies ou des variétés.
B. Cysticercus Fischerianus. Cysticerque indiqué par Laennec sous cette dénomination, comme type d'une nouvelle espèce dont voici les caractères : vessie caudale piriforme, corps fixé à la grosse extrémité de la vésicule; corps et vessie plus petits que chez le cysticerque ladrique, jetc. Vingt-trois spécimens de ces cysticerques ont été trouvés par Fischer dans les plexus choroïdes d'un
' Gerlach, Deuxième compte rendu annuel de l'École royale de pharmacie de Hanovre, p. 66, 1870 (Leucliart).
* Weinland. Essai sur les ténias de l'homme, in-S", p. 64. Cambridge, 1858. ^Exp. sur le développ. rubanaire cité. In Ann. se. nat.
ul011VjLiH.V/UCi.
jeune homme mort du typhus en 1788. Ils avaient été désignés par cet auteur sous le nom de Tœnia hydatigena ^
C. Tœnia {cysticercus) albo-punctata (Treutler). Observation évidemment incomplète et fautive attribuable à l'ignorance de l'époque (1793) où elle a été faite. Chez une femme âgée de vingt-huit ans, morte avec des symptômes d'une affection cérébrale ancienne, on trouva dix-huit cysticerques dans les plexus choroïdes. Voici leurs caractères : vésicule recouverte en quelques points d'une substance blanche, un suçoir, six crochets (vus à la loupe, etc.)-.
D. Cysticercus dicystus (Laennec). « Cysticerque ayant deux vessies assez grandes dont l'une est caudale et l'autre renferme antérieurement le corps; corps conique, annelé... Tête munie de crochets dont le nombre est inconnu (ils étaient confondus dans une masse noire), de quatre papilles (ventouses) au sommet desquelles se voient de petites fosses entourées d'un limbe membraneux et contractile... » ^.
Un seul spécimen de ce ver fut trouvé par Laennec dans le crâne d'un homme d'environ cinquante ans, mort à l'hospice de la Charité au quatrième jour d'une apoplexie dont il avait été subitement pris dans le jardin du Luxembourg. A l'autopsie, le cysticerque fut rencontré libre et sans aucune adhérence sur la dure-mère, dans l'une des fosses occipitales. On n'en trouva aucun autre dans le cerveau ou dans les viscères.
Laennec l'examina et le décrivit avec grand soin. Ignorant les transformations que les cysticerques subissent avec l'âge, et trouvant celui-ci très-différent de tous ceux qui avaient été observés jusqu'alors, il le considéra comme d'une espèce nouvelle. Mais les cysticerques de l'homme subissent, lorsqu'ils se développent dans le cerveau, des déformations variées. C'est ce qu'avait déjà indiqué Steinbuch en 1801. Ces déformations vont quelquefois jusqu'à doubler et tripler la vésicule. De Siebold (1854) donne la figure très-remarquable d'un cysticerque à trois ou quatre vésicules provenant du cerveau d'un homme. Il fait observer en même temps que ce sont les individus qui résident dans le cerveau humain qui subissent ces déformations *.
Moi-même j'ai vu deux cas de ce genre :
L'un concernait un vieillard en démence observé par Duplay. On trouva à l'autopsie plusieurs cysticerques dans les méninges et dans la substance du cerveau. Tous ces vers étaient plus ou moins altérés et déformés. L'un était pourvu de deux vésicules, dont j'ai donné la description et la figure dans mon traité des entozoaires*.
L'autre fait m'a été communiqué par mou savant collègue M. Maurice Raynaud. Un cysticerque a été trouvé libre, dans le quatrième ventricule du cerveau, à l'autopsie d'un homme mort à l'hôpital Saint- Antoine (avril 1872). Ce spécimen, qui m'a été confié, formait deux vésicules distinctes réunies par un corps intermédiaire bosselé, épais, blanchâtre. L'une des vésicules, mince, demi-transpa-
* J.-L. Fischer, Tœniœ hydaligenœ in plexu choroïdeo nuper inventée historia. Lipsiae,
2 Fred.-Aug. Treutler, De nova specie Tœniœ [albo-punclalœ). In Ohs. path. anat. ad helmintliologiam human. corp. Lipsiae, 1793, p. ].
'" Th. Laennec, Mém. su?- les vers vésiculaires et principalement sur ceux qui se trouvent dans le corps humain, p. 61 et 160, pi. III, fig. 2-7. Lu à la séance du 26 pluviôse an XII (1804). In Mém. de la Faculté de méd. de Paris, in-4°. Paris, 1812.
* Carl-Theod. von Siebold, Ueber die Band und Blasenwiirmer, p. 68, fiff. 27-28. Leipzig,
^ Davaine, Traité des entozoaires. Synopsis , p. xu. Paris, 1849.
GYSTIGERQUE. 591
rente, blanche, avait 2 centimètres 1/2 de diamètre ; l'autre plus petite, à parois plus épaisses, était d'un jaune fauve. 11 n'y avait qu'un seul scolex situé dans la portion intermédiaire qui constituait le col et le corps du ver. La trompe et les ventouses étaient envahies par un pigment noir très-abondant, formé de grains polyédriques, irréguliers, donnant l'idée de cristaux microscopiques. Les crochets en désordre et en partie tombés, au nombre de 24, étaient enveloppés par le pigment. Les grands crochets étaient longs de 0"""s20, les petits de 0'""',15. Diamètre des ventouses 0""", 14.
E. Trachelocampylus (Frédault). Une vingtaine de cysticerques furent trouvés sous l'arachnoïde et dans la substance grise du cerveau, à l'autopsie d'une femme âgée de quatre-vingt-quatre ans. Ces cysticerques altérés et renfermés dans leur vésicule furent regardés par Frédault, qui les décrivit, comme des vers vésiculaires d'une espèce nouvelle *.
F. Cysticercus turhinatus (Kœberlé). « Ce cysticerque, dit M. Kœberlé, dont la vésicule caudale de forme variable, arrondie, elliptique, irrégulière, n'offre d'ailleurs rien de spécifique, est caractérisé par un orifice d'invagination en forme de croissant, sa partie céphalique est recoquillée en spire. Les crochets sont grêles, élancés, au nombre de 24 à 52, dont les grands mesurent jusqu'à 0""",20 et les petits jusqu'à 0"'"',14 de longueur. Le C. turhinatus diffère du C. SoUum (ladrique) par la forme de ses crochets, qui sont beaucoup plus élancés, par leur longueur relativement supérieure et surtout par son mode d'invagination spiroïde. Le C. Turhinatus se transforme en Tœnia furèmato .' encore inconnu. » Trouvés par l'auteur, au nombre de plus de soixante, à la surface ou dans la substance de la moitié d'un cerveau conservé dans l'alcool au Musée d'anatomie de Strasbourg (n" 2,305).
M. Kœberlé décrit encore sous le nom de Cysticercus melanocephaJus un cysticerque qu'il a trouvé dans le cerveau d'une femme morte de péritonite puerpérale ^.
Nous rapportons ces cysticerques au Cysticercus cellulo,^(e, par la raison qu'ils ont tous été observés dans le cerveau de l'homme ; or nous avons déjà fait remarquer que, dans cet organe, ces vers offrent souvent des déformations très-variées {voy. à ce sujet art. Cystique).
Le cysticerque ladrique a été trouvé chez l'homme, le singe, le chien, l'ours, le porc, le sanglier, le rat, le chevreuil.
Le plus ordinairement, c'est dans le tissu cellulaire intermusculaire du tronc et des membres qu'il existe; maison le trouve aussi parfois dans le cœur, le cerveau ou ses membranes, dans l'œ.il, le poumon, à la surface des intestins, etc. Souvent sa présence ne donne lieu à aucun phénomène apparent. Dans l'œil et le cerveau il peut occasionner des désordres graves. Chez le porc il existe parfois en nombre prodigieux et détermine alors la ladrerie {voy. ce mot.) Ti'ès-rarement il se trouve chez l'homme en quantité suffisante pour qu'on puisse donner à cette condition le nom de ladrerie.
Les causes qui déterminent l'envahissement des animaux par le cysticerque ladrique sont aujourd'hui bien connues ; elles ne diffèrent point de celles qui propagent les autres vers vésiculaires (voy. l'article Cestoïdes).
* Frédault, Note su7' un nouveau ver vésiculaire trouvé dans le cerveau. In Gaz. méd. Paris, 1847, p. 311.
* K. Kœberlé, Des cysticerques de ténias chez l'homme, in-S". Paris, 1861.
592 Li 1 i3i it/rjixy uri.
Les anciens avaient vu ce cysticerque, dans le porc ladre ; mais ils ignoraient la nature des vésicules qu'ils ob>ervaient. Malpighi, le premier (1697), reconnut que la véscule renferme un ver particulier, cependant c'est à Goëze (1784) que l'on doit la connaissance de la véritable nature de ce ver et de la ladrerie*.
Deux ans après que cet helminlhologiste célèbre eut fait connaître ses observations sur le cysticerque ladrique, Werner (1786) découvrit chez l'honime des enlozoaircs sembables^ Depuis lors le cysticerque ladrique a été fréquemment trouvé chez l'homme et, de nos jours, les observations deviennent de plus en plus communes.
CysTicERQUK DU Mouton {Cysticerciis ovis Cobbold). Semblable au cysticerque ladrique, mais un peu plus petit ; armé d'une double couronne de crochets au nombre de 26. — Les grands sont longs de 1/160^ de pouce (0'"'°,15). Les ventouses sont larges de 1/100* de pouce environ (0™'",25).
Trouvé à Londres dans les muscles d'un mouton, par Cobbold (1865), à Zanzibar (?) par le docteur Kirk et par M. Heisch à Londres (1866).
Le docteur Maddox donna, en 1873, la description et la figure d'un cysticerque semblable qu'il avait trouvé à Londres dans le cou d'un mouton '.
Cobbold pense que ce cysticerque se développe chez l'homme en un ténia fort semblable au T. solium : il diffère de celui-ci par des proglottis plus courts et plus étroits et par un écartement plus grand dans les branches de l'utérus. Cobbold donne à ce ténia, dont l'existence est encore incertaine, le nom de Tœnia tenella''.
Cysticerque des Ruminants {Cystic. tenuicollis, Rudolphi). Vésicule très-volumineuse, large de 15 à 50 millimèlres et plus; tête tëtragone; pourvue d'une double couronne de crochets ; — nombre des crochets 50 à 48 ; les grands, longs de 0'"'",19 à 0'""',21 ; les petits, longs de 0'"'n,12 à 0""",15 (Raillet) ; — cou court, filiforme; corps cylindrique, long de 14 à 30 millimètres.
Existant dans des kystes de la plèvre, du péritoine, du mésentère et du foie chez les herbivores et principalement chez les ruminants, chez le porc, l'écureuil et chez les singes qui meurent tuberculeux en Europe, plus rarement chez ceux qui vivent en liberté dans leur patrie. Il est douteux qu'on l'aitjamais trouvé chez l'homme. Bremser l'a observé deux fois dans les parois du cœur, chez le bœuf ^
Il forme le scolex de l'un des ténias du chien et du loup, lesquels ténias ont été longlempsconfondus ensemble sous le nom de Tœnia serrata. Il se distingue de ce dernier et du Tœnia cœnuriis, suivant Kiichemeister et Krabbe^ parle mode de ramification de la matrice qui se compose d'un petit nombre de troncs principaux dont les branches secondaires s'élenJent presqne longitudinaleraent en avant et en arrière ; tandis qu'elles sont transversales dans les deux autres espèces; ses crochets sont au nombre de 30 à 34, pouvant varier de 28 à 40; les grands sont longs de 0'"'",17 à 0'"'",21 à l'état. Ce cestoïde adulte a été appelé par les auteurs modernes Tœnia marginata ou T. e cysticerco tenuicolli,
* J -A. Gœze, Neueste Entdeckimg dass die Finnen .. Halle, 1794in-4°, p. 8.
* P.-Ch.-F. Wenier, Yermiwn intestinalium brevis expositionis continuatio secundo. Lipsiœ, 1786, p. 1.
3 D' Maddox, Monlhly Microsc. Journ., June 1873, p. 246.
* D' Cobbold, Tapewornis : Their source, varieties and Treatment. Third ed , p 12 London, 1875.
^ Bremser, Traité des vers intestinaux de l'homme. Trad. Paris, 18-24, p. 19. fi H. Krabbe, Recherches helminthologiques en Danemark et en Islande, iii-4\ Paris et Copenhague, 18Ô6.
CYSTICERQUE. 595
Cysticerque du Lièvre {Cystic. pisiformis Zeder). Corps long de 4 à 9 millimètres, cylindrique, aminci en avant ; vésicule globuleuse de même longueur; cou mince ; tête globuleuse, armée d'une double couronne de crochets au nombre de 34 à 48 ; — longueur des grands crochets, 0'""',22 à 0'""',25; des petits crochets, 0'"'",13 à 0™°',16 (Baillet).
Commun dans les viscères de l'abdomen du lièvre et du lapin ; il y est renfermé dans un kyste ; on en trouve assez fréquemment plusieurs dans un même kyste. Il forme le scolex du Tœnia serrata qui habile l'intestin du chien et du loup; il a été confondu, comme nous l'avons dit ci-dessus, avec deux autres espèces qui ont le même séjour. Il se distingue de celles-ci par le mode de ramification de la matrice et par le nombre et les dimensions de ses crochets, ces petits organes étant de 34 à 46 et la longueur des grands étant de 0™'",23 à 0'"'",24. C'est par l'expérimentation que l'on est arrivé à déterminer la relation qui existe entre le cysticerque pisiforme du lapin et le ténia en scie du chien ; mais les expériences, très-confuses d'abord par leurs résultats, sont devenues suffisamment claires lorsque l'on eut reconnu qu'il existe chez le chien trois espèces de ténias adultes, très-rapprochés par leur organisation et leurs caractères extérieurs, bien que leurs larves soient très-distinctes.
Les expériences qui ont fait le jour dans ces questions difficiles ont été entreprises par Kuchenmeister, de Siebold, Lewald, Van Beneden, Leuckart, Gurlt, Haubner, Eschricht, Baillet, etc. Nous ne pouvons en donner ici que cette simple indication {voy. art. Cystiques et Helminthologie.)
Cysticerque des Rats {Cysticercus fasciolaris Rudolphi). Corps long de 30 à 170 millimètres, formé de segments bien distincts et toujours agames, plus étroit en arrière qu'en avant, se terminant par une vésicule large de 5 à 6 millimètres, dans laquelle il ne peut s'invaginer ; tête large, avec une double couronne de 18 crochets, ayant (les plus grands) 0'"'",45 (Dujardin) de longueur (?). Très-commun dans le foie des diverses espèces du genre rat ; mentionné en 1668 par Pecquet comme un ver qui se trouve fort souvent dans le foie des souris à Chartres.
Il forme le scolex du Tœnia crassicollis qui se trouve très-communément dans l'intestin du chat domestique et de plusieurs animaux du geni^e chat. Le scolex de ce ténia possède, suivant Krabbe, 32 à 38 crochets, longs de 0""",38. Sa ressemblance avec la tête du cysticerque fasciolaire, indiquée assez vaguement par Pallas', a porté de Siebold à regarder ce cysticerque comme provenant d'un germe égaré du ténia du chat. Leuckart et M. Baillet ont cherché expérimentalement à déterminer les rapports de l'un et de l'autre. J'ai pu reconnaître également par l'expérience que le cysticerque fasciolaire de la souris est la larve du ténia crassicol du chat.
Nous citerons encore parmi les cysticerques des animaux domestiques : le Cysticercus elongatus (Leuckart) trouvé dans des kystes du péritoine chez le lapin, et le Cysticercus fistularis (Piudolphi) du péritoine du cheval, qui ne sont connus qu'à l'état de larve.
Section B. Cysticerques dépourvus de crochets.
Cysticerque inerme du Bœuf, Scolex du Tœnia mediocanellata (KûcheNmeister-Leuckart). II existe plusieurs cysticerques dépourvus de crochets, mais
*Pallas, Miscellanea zoologica, p. 170, in-4. Hagœ Comitum, 1766.
DICT. ENC. XXIV. 38
594 Li lû iiLi'jnyuJïi.
un seul est bien connu aujourd'hui. Ce cysticerque nous offre un intérêt tout particulier en ce qu'il forme le scolex de l'un des ténias vulgaires de l'homme. Il fe développe dans la chair du bœuf où sa petitesse le dérobe ordinairement à nos investigations. Avalé par l'homme, il arrive dans l'intestin, s'y fixe par ses ventouses et se développe en un long strobila; c'est le ténia inerme ou mediocanellala {voy. art. Cestoïdes).
Les caractères de ce cysticerque n'ont pas été déterminés avec une grande précision , les observateurs n'étant pas entièrement d'accord sur ce point. 11 faut sans doute attribuer ces variations aux différents âges des individus examinés. Voici au reste ces caractères :
Vésicule sphérique, claire, ayant un diamètre de0""™,4 à 0™'",7 ; munie, vers le vingt-cinquième jour, d'un cône céphalique long de 0™'",3, et vers le quarantième jour, de quatre grandes ventouses; pas de crochets (Leuckart). — Vésicule régulièrement sphérique et non ovoïde, volume d'un petit pois (diamètre 5 millimètres) ; tête tétragone, comme tronquée presque carrément à sa partie antérieure; pas de rostellum ni de crochets; quatre ventouses régulièrement rondes, épaisses et presque terminales. Plus grande largeur de h tète 1""",20 (Saint-Cyr). — Vésicule elliptique, possédant dans sa paroi des corpuscules calcaires ; absence de pigment dans le scolex (Knoch).
Ce cysticerque se développe chez le bœuf, dans la chair musculaire. Dans les expériences dont nous parlerons ci-après, on l'a vu chez cet animal dans tous les muscles, le cœur, la capsule adipeuse des reins, dans les ganglions lymphatiques, à la surface du cerveau, sons la muqueuse linguale, le long de l'œsophage, sous le péritoine, mais non dans le cerveau, les poumons, la rate, les reins.
Il y a peu d'années encore, on ignorait complètement que le bœuf est exposé aux atteintes d'un cysticerque qui se loge dans les muscles; ni l'usage universel de sa chair, ni les investigations nombreuses des helminthologistes n'avaient fait soupçonner l'existence chez ce ruminant d'un ver semblable ou analof^ue à celui qui donne au porc la ladrerie. Cependant les connaissances nouvellement acquises sur la génération des vers cestoïdes, des faits pathologiques qui ne peuvent guère laisser de doute sur l'origine de l'un de nos ténias dans l'usao^e de la viande crue, démontraient, en quelque sorte, l'existence chez le bœuf d'un cysticerque analogue à celui du porc. L'expérimentation vint confirmer ces inductions. En 1861, Leuckart, ayant administré à un veau des segments du ténia inerme de l'homme, trouva, vingt-cinq jours après, un grand nombre de cysticerques dans les muscles et dans plusieurs organes internes.
Ces expériences furent répétées par plusieurs savants en Allemagne, en Ano^leterre et en France, et donnèrent des résultats semblables. Nous avons rapporté à l'article Cestoïdes celles qui avaient été publiées jusqu'alors, au nombre de six ; nous ajouterons ici le sommaire d'un certain nombre d'autres qui sont venues confirmer les premières :
VII. RôLL (1865). Expérience faite à Vienne (Autriche) sur les jeunes bœufs. Résultat conforme aux précédents*.
Vlil. Gerlach (1870). A Hanovre, expérience semblable sur un veau, suivie de succès. — L'animal ne fut atteint d'aucun phénomène morbide apparent; cependant il fut complètement envahi par des cysticerques ^.
1 Rôll, OEsterr. Vierteljahrschrift fur wissenschaftl. Veterinârkunde , 1865, Bd. XXX, S. 110 (Leuckart).
•^ Gerlach, II Jahresber. der K'ônigl. Arzneischule in Hannover, 1870, S. 66 (Leuckart).
CYSTlCliRQUE. 505
IX. ZuRN (1872). 57 anneaux AeTœniamediocanellata^oni donnés à un veau âgé de trois mois; il meurt vingt-trois jours après, avec les phénomènes d'une tuberculose cestoïde aiguë. Tous les muscles, et surtout le cœur, sont envahis par une innombrable quantité de vésicules ayant environ 0'"'",05 de diamètre, et n'ayant point encore de cône céphalique ; les kystes qui les contiennent ont 3 millimètres *.
X. Zenker. Un animal (chèvre?) ayant reçu un seul proglottis resta parfaitement sain. On trouva trois cysticerques dans les muscles dorsaux*.
XI. Saimt-Cvr (1873). Génisse, anneaux du Tœnia mediocanellata ; apparition de deux petites tumeurs sous la langue. Tuée pour l'examen deux cent vingt-quatre jours après ; absence de cysticerques. Neuf kystes dans les parois du cœur, deux sous la langue dans un état de crétification avancée.
XII. Saint-Cyr (1875). Veau, quarante anneaux du T. med.; tué pour l'examen cinfjuante-quatre jours après. Vingt cysticerques dans le tissu conjonctif (sous la muqueuse linguale, le long de l'œsophage, sous le péritoine), aucun dans les muscles ou les organes internes*.
XIII. Masse et Pourquier (1876). Veau, anneaux du T. med.; mort spontanée (?), soixante et wi jours après. 40 kystes environ, possédant des cysticerques inermes bien développés, sous la langue et dans les muscles ; absence complète dans les organes internes*.
XIV. XV. D'^ Olliver. Ces deux dernières expériences ont consisté non plus à administrer les œufs de ténia inerme à des animaux, mais à faire prendre à l'homme des cysticerques inermes du bœuf.
Au rapport de Cobbold, le docteur Olliver, médecin de l'artillerie en station à Jullunder (Indes), a déterminé un mahométan et un jeune Hindou à avaler un certain nombre de cysticerques du bœuf. Par cette expérience, on put reconnaître que le ténia inerme met douze semaines pour accomplir son développement complet^.
Des recherches anatomiques dans le but de constater l'existence du cysticerque inerme chez le bœuf, ou des rencontres fortuites, ont plusieurs fois permis de l'observer chez ce ruminant.
Connaissant les expériences de Leuckart, le professeur Knoch fit à Saint- Pétersbourg (1864) à ce sujet des recherches nécroscopiques et put constater plusieurs fois dans la chair musculaire du bœuf un assez grand nombre de cysticerques inermes, semblables auscolex du Tœnia mediocanellata. Las petites tumeurs qu'ils forment sont connues depuis longtemps des fabricants de saucissons de Saint-Pétersbourg, au dire du docteur Knoch. Ce savant donna ainsi la confirmation des faits observés par l'expérimentation ®.
Ce même cysticerque a été trouvé à Constantine (Algérie) en 1866, par le docteur Jules Arnould, dans un morceau de lilet de bœuf servi sur une table ^ ;
* Zûrn. Zoopathologische und physiol. Vntersuchungen. Stuttgart, 1872, S. 52, cité par Leucliart,
- Zenker, Sitzungsber. der physik. med. Gesellsch. zu Erlangen, 4 Heft., 1872, S. 71 und 87 (mentionné par Leucliart).
' Saii't-Cyr, Comptes rendus, Acad. se., 25 août 1873, Journal d'anat. de Robin, aoûtsept. 1873, et Recueil de méd. vét., 1873, p. 775.
* Masse et Pourquier, Comptes rendus Acad. des se., p. 236, 1876, et Recueil méd. vêt., 1876, p. 893.
^ Cobbold, The internai Parasites of our domesticated Animais. London, 1873, p. 39.
* Kiiocli, Der Cyslicercus Tœniœ mediocanellatœ. In Acad. des se. de Sainl-Pétertbourg, 5 oct. 1 867 .
^ J. Arnould. Gaz. méd. Paris, 1874. .p. 245.
598 CYSTICERQUE.
puis en 1875 par M. Cauvet dans un lambeau de diaphragme du même animal '.
Il paraît, au rapport de Leuckart, que Schimper, ayant habité longtemps en Abyssinie, reconnut aussi dans les bœufs de ce pays l'existence du cysticerque inerme^. Or, on sait aujourd'hui que le ténia si commun dans ce pays est le Tœnia mediocanellata.
Kiichenmeister a rapporté avoir trouvé chez un porc, parmi une vingtaine de cysticerques ladriques, un spécimen de cysticerque du tœnia mediocanellata. Ce ver n'avait ni crochets, ni trompe développée'. 11 est probable qu'il s'est glissé quelque erreur dans l'examen de cet entozoaire, car le fait est resté unique et des essais assez nombreux d'infection du porc par le ténia inerme de l'homme n'ont donné aucun résultat.
D'après les expériences de Leuckart, le cysticerque inerme est complètement développé avant le quarantième jour. D'après celles de Cobbold et de Saint-Cyr, la durée de sa vie cyslique est assez courte : elle a été de moins d'un an dans une expérience de Cobbold, de moins de sept mois et demi dans une expérience de Saint-Cyr ; et si l'on considère l'absence de toute trace du parasite, même des kystes, dans le premier cas, et l'état avancé de crétification des kystes dans le second, on pourra juger que la vie de ce cysticerque ne se prolonge pas au delà de quelques mois, contrairement à ce que l'on sait de la longue durée de celle du cysticerque ladrique.
Ainsi, nous pourrons expliquer comment, dans l'Inde, au dire du docteur OUiver, le cysticerque disparaît du bétail peu de mois après qu'on l'a mis à un régime d'eau de puits.
11 ne faudrait pas croire qu'en Europe et particulièrement en France les bœufs sont exposés à l'invasion des cysticerques au point de leur communiquer la ladrerie. Cette maladie est tout à fait inconnue de nos bouchers ; elle l'est de ceux de Londres, au dire de Cobbold. Les recherches minutieuses et répétées des helminthologistes ont pu seules faire constater parfois l'existence de ces parasites. Le bœuf ne trouve pas fréquemment sur le sol, dans nos prairies, des excréments humains, et ne s'en repaît jamais comme le fait le porc : c'est donc seulement par la boisson qu'il ingère quelque œuf de ténia entraîné par les pluies. Ce n'est que dans de très-rares occasions qu'il les renconti'erait en assez grand nombre pour se donner un certain degré de ladrerie. Sans doute, dans nos expériences, nous pouvons en infecter tous les muscles ; mais les choses se passent autrement dans nos prairies, et c'est sans y avoir beaucoup réfléchi que dernièrement on a proposé de créer des langueyeurs pour la ladrerie du bœuf.
Aux Indes, les conditions dans lesquelles vit cet animal diffèrent souvent de celles qu'il trouve dans nos contrées, et l'existence du cysticerque inerme est loin d'y être inconnue. Ce ver vésiculaire se trouve parfois en si grand nombre qu'il infeste les chairs de son hôte et lui communique une véritable ladrerie. Le docteur Fleming, médecin militaire aux Indes, estime à trois cents les cysticerques qu'il trouva dans une livre du muscle psoas. Le docteur Lewis, à Calcutta, en compta un très-grand nombre dans un aloyau.
Eu 18G9, sur 13,818 têtes de bétail abattues dans le hautPunjab, 768 furent
» Cauvet, Gaz. méd. Paris, 1874, p. 413. 2 B. Leuckart, ouv. cité, t. II, p. 854-855.
5 Kuclienmeister, Arch. der Heilkunde de Wagner, janv.-mars 1860; Gaz. méd. Paris, 1861. p. 462.
CYSTIDES. 597
trouvées infestées de cysticerques ; ce qui donne une proportion de 5,55 pour 100. — En 1868, dans la môme contrée, la proportion avait été de 6,12 pour 100. La diminution en 1869 est attribuée à la sévère observation des règlements institués à ce sujet ^
L'extrême malpropreté des habitants de l'Inde explique l'infection si fréquente (les bœufs par le cysticerque inerme. Elle doit être attribuée surtout aux habitudes des conducteurs de chameaux qui sont souvent atteints de ténias et qui déposent leurs ordures sur le bord des mares ou des sources dans lesquelles euxmêmes et leurs animaux viennent s'abreuver. Les œufs de ces ténias sont entraînés dans les eaux en si grand nombre qu'il a parfois été facile d'en trouver au microscope dans la vase qui se dépose au fond de ces réservoirs.
L'homme n'a point à se préserver de l'invasion du cysticerque inerme qui ne se développe point dans ses chairs, mais il a un double intérêt à préserver ses bestiaux de l'invasion de ce parasite.
Le premier soin à cet égard sera d'éloigner toutes les conditions qui peuvent faire prendre au bœuf les œufs de notre ténia inerme. Ce sont des soins de propreté fort nécessaires aux Indes, comme nous l'avons vu, et que nous n'avons guère à recommander dans notre pays.
Le second de ces soins, c'est de manger la chair du bœuf avec un certain degré de cuisson. Le docteur Lewis, à Calcutta, a reconnu qu'il faut, pour tuer le cysticerque inerme, le soumettre pendant cinq minutes à une température de 60 degrés centigrades. Or, suivant le même observateur, un gigot de mouton, mis à cuire dans de l'eau, atteint au centre une température de 60 degrés centigrades dès que l'ébuUition commence.
Quant à l'examen préventif des chairs du bœuf infecté de cysticerques, l'extrême petitesse de ces parasites, leur rareté et leur petit nombre habituel, rendraient certainement cette recherche vaine dans notre pays. Il n'en serait pas de même aux Indes sans doute, en Abyssinie et dans d'autres contrées où la ladrerie du bœuf ne serait pas rare.
Voy. les articles Cestoïdes et Cystiques. C. Davaine.
CYSTIDES. Groupe d'Echinodermes, de la classe des Crinoïdes ou Encrines, dont le corps caliciforme, entièrement composé de nombreuses zones de plaques serrées, traversées par des pores dorsaux, présente, au pôle apical, une tige articulée ordinairement courte et dépourvue de cirrhes ; les bras, en nombre variable, sont peu développés et munis de pinnules articulées.
Ces Echinod'ermes ont existé aux périodes les plus anciennes de la formation du globe, à l'époque paléozoïque. Ils ne sont plus représentés dans la nature actuelle que par VHyponome Sarsii Lov., espèce des plus remarquables qui a l'aspect d'un Astrophyton {Euryale Lamk) et que M. Loven a récemment découverte au cap York, à la pointe septentrionale de l'Australie.
Parmi les espèces éteintes, nous citerons notamment les Echinosphcera aiirantium Gyll., Caryocystis granatum Wahl., C. testudinaria v. Buch., Sphœronis pomum Gyll., Hemicosmites piriformis v. Buch., Megacystis alternata Hall., Glyptosphœra suecica Ang., Lepadocrinus Gebhardi Conr., etc., du Silurien supérieur, el VEchinosphœrites tessellatus d'Orb., du terrain Dévonien.
Ed. Lefèvre.
* T. Spencer Cobbold, The internai Parasites of oiir domesticated Animais, in-S", p. 42.
London, 1873,
598 CVSTINE.
CYSTIIVE. C^HUzSO^ Composé, riche en soufre, découvert en 1810 par WoUaslon (Pliilosoph. Tra/isacL, 1810, p. 225j dans un calcul urinaire, qui en était à peu près exclusivement formé ; c'est pour ce motif que WoUaston lui donna le nom d'oxyde cystique. La cystine fut analysée par Prout, puis par Lassaigne {Annal, de chim. et dephys,, 2« sér., t. XXlIl,p. 328), qui n'yreconnurent ni l'un ni l'autre la présence du soufre; cet élément y fut découvert par Baudrimont et Malaguti (journ. de pharm., t. XXIV, p. 653). Thaulow {Annal, der Chem., u. Pharm., Bd., XXVII, p. 197) lui assigna la formule CW*Az2S20\ Dcwar et Gamgee {Journ. of Anal. a. PhysioL, 1870, p. 143) représentent sa composition par la formule C'H^AzSO'; enfin Gmelin, dans son Traité de chimie, a donné C"'l^AzSO^ et ce résultat a été confirmé par les analyses de Grote {Annal, der Chem. u. Pharm., Bd. GXXX, p. 206, 1864). Kramer décompose cette formule de la manière suivante :
C^H\SH.AzH^CO''H :
ce serait donc de Valanine, plus du soufre ; mais les tentatives faites pour la préparer, par analogie avec l'alanine, au moyen d'une hydramide et d'acide sulfocyanhydrique, ont échoué. Thudichum {A Treatise on the Pathology , of the Urine. London, 1877, p. 471), au contraire, suppose que la cystine joue le rôle d'un acide amidé, pour des raisons que nous verrons plus loin.
État naturel. La cystine est l'élément principal de certains calculs qu'on rencontre très-rarement dans la vessie de l'homme ou du chien ; les petits calculs sont quelquefois formés par de la cystine pure; celle-ci se présente sous la forme d'une agglomération de petits cristaux confus, translucides et jaunâtres. Ces calculs se laissent facilement pulvériser, s'écrasent sous la dent comme du sable et n'ont aucune saveur. On a encore trouvé des calculs de cystine dans les bassinets du rein, ou bien elle se rencontre dans l'urine, soit en solution, soit sous forme de dépôt grisâtre, cristallin; quand elle est dissoute, c'est toujours à la faveur d'un alcali. Cloëtta a trouvé de la cystine dans le suc des reins à côté de l'inosite et de l'hypoxanthine. Scherer {Virchoiv's Archiv, Bd. X, p. 228, et Jahresber. Pharm., Bd. VII, p. 306) l'a rencontrée en même temps que de la leucine, de la tyrosine et de l'hypoxanthine, dans le foie d'un individu mort du typhus; Virchow l'a également trouvée dans le foie, ainsi que Harley, qui découvrit des cristaux de cystine dans le foie d'un individu mort d'un ictère grave.
Préparation. Pour obtenir la cystine pure aux dépens de calculs cystiques, on dissout ceux-ci dans la potasse caustique, on fait bouillir, puis on traite par l'acide acétique en excès. On répète ce traitement jusqu'à ce qu'on se soit complètement débarrassé des phosphates ; s'il y a de l'acide urique, on l'élimine en dissolvant la cystine alternativement dans l'ammoniaque et dans l'acide chlorhydrique, qui précipitent l'acide urique. La cystine se dépose pure de sa solution ammoniacale.
Propriétés. La cystine forme des lamelles ou des prismes réguliers, plus ou moins raccourcis, à six faces, faciles à reconnaître au microscope. Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool, les acides acétique, tartrique, etc. ; mais elle se dissout aisément dans les acides azotique, sulfurique, phosphorique, oxalique et chlorhydrique; le carbonate d'ammonium la précipite de ces solutions étendues d'eau.
La potasse, la soude, l'ammoniaque, dissolvent très-facilement la cystine; il en est de même des bicarbonates de potassium et de sodium ; mais la cystine
CYSTINE. 599
est insoluble dans le bicarbonate d'ammonium. Les acides acétique, tartrique et citrique, la précipitent dans ses solutions alcalines. La solution ammoniacale seule donne des cristaux purs de cystine. Les autres solutions alcalines abandonnent des cristaux granuleux, dont la composition n'est pas bien connue; ce sont probablement des combinaisons de la cystine avec les alcalis.
La cystine forme également des combinaisons avec les acides tels que l'acide sulfurique, l'acide chlorhydrique, l'acide nitrique, etc., mais ces acides ne sont qu'imparfaitement neutralisés et généralement rougissent encore la teinture de tournesol; en même temps il reste encore de la cystine libre dans les composés obtenus.
En somme, la cystine est une base extrêmement faible; nous avons vu plus haut qu'à l'égard des alcalis elle joue même le rôle d'un acide ; d'après Civiale, elle forme avec l'argent deux composés qu'il a appelés des cystates.
D'après tout cela, Thudichum pense que la cystine constitue un acide amidé, dont le noyau acide, par suite du dégagement de l'azote, est susceptible de se transformer en un acide oxygéné sous l'influence des oxydants.
Soumise à la distillation sèche, la cystine dégage de l'acide cyanhydrique et du carbonate d'ammonium, donne une huile épaisse et fétide et laisse pour résidu un charbon poreux. Chauffée à l'air libre, sur une lame de platine, par exemple, elle dégage de l'acide sulfureux et de l'acide cyanhydrique, mais ne fond ni ne fuse.
Fondue avec la potasse caustique, la cystine donne naissance à un gaz qui brille avec une flamme comparable à celle du sulfure de carbone ; en même temps il se produit de l'acide sulfureux.
Si l'on fait bouillir la cystine avec une lessive de soude ou de potasse, conte nant de l'oxyde de plomb en dissolution, il se forme un précipité abondant de sulfure de plomb.
Si l'on fait dissoudre de la cystine dans un excès d'acide nitrique et si l'on soumet la liqueur à l'évaporation par ébullition, il se forme tout d'abord une masse blanche, opaque, qui brunit, puis noircit, et renferme de l'acide sulfurique.
Si l'on dissout un fragment de cystine ou de calcul cystique dans une petite quantité de potasse, sous l'influence de la chaleur, et qu'après refroidissement on ajoute de l'eau, puis un peu d'une solution de cyanoferrure de sodium, il se développe une couleur violette (Mûller, Arch. Pharm., 3. Reihe, Bd. I, p. 505, et Chem. Centralbl., 1872, p. 775).
La cystine, traitée par l'acide chlorhydrique et le zinc ou l'étain, dégage de l'hydrogène sulfuré reconnaissable à son odeur et à la coloration noire qu'il communique à un papier imprégné d'acétate de plomb.
Une solution ammoniacale de cystine ne donne pas de réaction à froid avec une solution ammoniacale de nitrate d'argent; mais si l'on ajoute au mélange un excès d'acide nitrique, il se produit un précipité jaune serin, qui paraît être une combinaison de cystine avec le nitrate d'argent. Le produit filtré noircit sous l'influence de la chaleur. Si le mélange ci-dessus est chauffé, ou obtient un dépôt de sulfate d'argent, mais la liqueur ne renferme ni acide sulfurique, ni acide oxalique.
La cystine, traitée par l'acide azoteux à chaud et sous l'eau, se dissout; la solution limpide renferme de l'acide sulfurique, mais point d'acide oxalique, et est susceptible de réduire la solution argeutique (Dewar et Gamgee).
600 CYSTIQUES.
Les caractères précédents donnent suffisamment le moyen de i-econnaître la cystine et de la distinguer des substances congénères. L'acide urique cristallisant quelquefois également en tables à six côtés pourrait être confondu avec la cystine, si on se bornait à l'examen microscopique; les réactions déjà énumérées et la réaction caractéristique de la murexide, que ne présente pas la cystine, permettront aisément de faire la distinction.
La àiatlicse cjsûque, h cystinurie, seront traitées à l'article Voies up.inaires; nous n'en dirons rien ici. Nous ferons simplement remarquer avec Harley que la présence de cystine dans l'organisme est due probablement à la métamorphose incomplète de quelqu'xm des principes produits dans le foie, vu que seuls ils renferment une proportion de soufre suffisante. La présence decystiuc dans le foie constatée par plusieurs observateurs démontre en même temps que ce n'est pas la vessie, ni les reins, simples organes excréteurs, mais le foie, qui est le siège de sa formation. L. Hahn.
CYSTIQUE (Anatomie). Voy. Biliaires [Voies).
CYSTIQUES (RuDOLPHi). Ce nom a été donné par les helminthologistes de la première moitié de notre siècle à des vers pourvus d'une vésicule dite caudale et d'une tête semblable à celle des ténias.
Ces vers, généralement connus sous la dénomination de vers vésiculaires, se distinguent des ténias de l'intestin par l'absence constante d'organes génitaux et par leur séjour constant dans un parenchyme ou dans une cavité séreuse. La conformation de la tête et chez un certain nombre l'apparence annélée du corps les ont fait confondre par les premiers naturalistes qui les ont observés avec les ténias qui se trouvent dans le tube digestif des animaux : Pallasa donné le nom de tœnia hydatigena aux cysticerques du rat, du porc et des ruminants; le cysticerque ladrique a été appelé tœyiia hydatigena par Werner, Fischer, Steinbuch, tœnia finna par Gmelin, tœnia aïbo-punctata par Treutler. Le cœnure cérébral a reçu de Goeze le nom de tœnia vesicularis et de Gmelin celui de tœnia cerehralis; l'échinocoque, enfin, a été désigné par Gœze sous celui de tœnia visceralis socialis, etc.
La confusion que l'on a faite primitivement des vers cystiques que nous savons aujourd'hui être des larves {voy. l'art. CestoÏdes) avec les vers de la même classe, mais adultes, était-elle, comme on l'a dit à l'honneur de quelques-uns des helminthologistes du siècle dernier, le résultat de connaissances plus vraies ?
Point du tout : lorsque le grand nombre des espèces de cestoïdes connues nécessita leur classification, et qu'une étude plus approfondie eut fait connaître l'état constamment agame de ces ténias vésiculaires, on dut partager toutes ces espèces en genres et en ordres et, naturellement, on dût rapprocher les uns des autres, dans un même groupe, les espèces agames. C'est ainsi que Zéder (1800, 1803) créa les genres cysticerque et polycéphale % que Rudolphi réunit avec quelques modifications dans un ordre particulier l'ordre des cystiques. Mais on ne voit pas que ces helminthologistes aient méconnu pour cela les rapports morphologiques qui lient les vers cystiques aux ténias.
* Joh.-Georg. Heinrich Zeder, Anleitung %ur NalurgeschicMe der Eingeweidewûriner, in-8*. Bamberg, 1803.