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11 en résulte que la moyenne de ces cinq ans est pour la capitale 8,907. Moyenne pour toute la juridiction de la Havane 9,261.

Moyenne quotidienne de la capitale 24,40

Moyenne quotidienne de la juridiction 25, ô6

La population de la Havane étant de 150 000 àines environ, il s'ensuit que la proportion des décès est de 59,57 par année et par 1 000 habitants.

L'importance politique et commerciale de Cuba est considérable ; elle est due en grande partie à la feitilité de son sol, mais aussi à son admirable position géographique ; par sa foime allongée elle donne une main à Haïti et à Saint-Domingue, tandis qu'elle tend l'autre au Mexique et aux provinces méridionales des États- Unis. La Havane est sur le trajet des navires qui se rendent de la Vera-Cruz en Europe; Santiago de Cuba est un port de relàclie pour les paquebots qui vont aux Antilles ou qui en partent ; les ports de l'île sont généralement sûrs et bien abrités, les marées s'y font peu sentir.

La campagne présente une luxuriante végétation ; de gras pâturages forment d'immenses tapis de verdure à de nombreux troupeaux; les forets voient s'élever au milieu de plusieurs espèces de palmiers les troncs recherchés de l'ébène et

(le l'acajou; cà et là se dessinent de vastes champs de cannes à sucre et de maïs ; enfin de riches plantations de tabac et de café fournissent leurs produits si estimés sur les marchés d'Europe,

Aussi les revenus de celte île sont très-élevés et la placent déjà sous ce rapport au-dessus de la Suède, de la Suisse, du Portugal et du Danemark ; c'est un des plus grands centres commerciaux de l'univers, on peut môme dire que cette ile opulente est le banquier de l'Espagne et a remplacé pour elle les trésors du Mexique et du Pérou.

D'après la statistique officielle de 1802, le mouvement d'exportation et d'importation dans l'île s'élève à près de 800 millions de francs; mais si l'on tient compte de la contrebande, qui est souvent favorisée parles employés eux-mêmes du gouvernement espagnol, il ne sera pas exagéré d'admettre que le commerce de Cuba dépasse 1 milliard par année.

Les principales productions agricoles de Cuba sont : en première ligne le sucre, puis le tabac, le café, le coton, le riz, le sagou, le mais, le cacao, etc. Cette colonie fournit en outre aux chantiers européens de magnihquesboisde construction ; elle exporte plusieurs millions de kilogrammes d'une belle cire blanche ; on exploite des mines de cuivre, de fer ; on a rencontré dans ces gisements du platine, de l'aimant, etc. Dans les environs de la Havane on trouve un certain nombre d'eaux minérales chaudes.

L'île de Cuba, ainsi que Pîle de Pinos et les îlots voisins, est administrée par un capitaine général dont la résidence est à la Havane, siège du gouvernement; il réunit dans ses mains tous les pouvoirs que la loi confère aux généraux commandant l'état de siège d'une région.

Au point de vue civil elle est divisée en deux provinces, l'Occidentale, cheflieu la Havane, et l'Orientale, chef-lieu Santiago de Cuba ; sous le rapport militaire elle est partagée en trois départements : celui de l'Ouest, celui du Centre, et celui de l'Est.

Ylll. Pathologie. La salubrité de Cuba laisse généralement beaucoup plus à désirer sur les parties basses, chaudes et humides de la côte que sur les régions fraîches, sèches et élevées de l'in'érieur, et surtout sur les (erres rouges, dans le milieu emcombrédes villes que dans l'atmosphère plus pure de la campagne. La saison la plus malsaine est celle de l'hivernage, où la chaleur et l'humidité exercent à la fois sur l'organisme leur action profondément débilitante ; la saison sèche est au contraire saine et agréable. Quelques auteurs admettent entre ces deux grandes et rationnelles divisions de l'année des périodes de transition auxquelles ils donnent le nom de printemps et d'automne ; ces époques présentent un caractère intermédiaire de salubrité ; l'automne ou arrière-saison de rhivcrna<Te est pourtant de beaucoup la plus malsaine des deux.

L'élément palustre Joue ici, comme dans la plupait des pays chauds, un rôle prépondérant dans la production des maladies.

L'endémie paludéenne règne pendant tout le cours de l'année, tout en montrant une énergie et une fréquence variables.

C'est surtout de juillet à octobre ([ue les cas sont les plus graves et les plus nombreux ; à cette époque des pluies abondantes détrempent le sol et fournissent un aliment à une exubérante végétation, la chaleur ardente du soleil produit une évaporation active et favorise les décompositions putrides génératrices des miasmes, l'électricité atmosphérique active les actions chimiques et exerce, de concert avec l'élévation de la température, une intluence puissamment affaiblis-

santé sur l'organisme humain. La maladie ne présente pas la même activité sur tous les points de l'ile. Ses foyers les plus intenses se développent sur les terres basses et inondées, recouvertes d'alluvion et d'un humus riche en matières organiques ; ils semblent avoir une prédilection pour les sols calcaires ; c'est la juridiction de Matanzas qui paraît la plus éprouvée sous ce rapport.

L'affection est plus rare dans les lieux secs et élevés. Elle offre tous les types : intermittent, rémittent et bilieux ; la perniciosité éclate sous toutes ces formes.

La cachexie palustre se présente avec son cortège habituel : altération profonde du sang, couleur terreuse de la peau, décoloration des muqueuses, œdème des pieds, engorgement des viscères abdominaux.

C'est sous l'influence de ces mêmes causes, auxquelles s'ajoute l'action considérable des refroidissements subits de l'atmosphère, que se développe la dysenterie. D'après D. Hernandez Poggio, l'expression dysenterie serait impropre dans son application à la pathologie de Cuba ; cette affection ne serait dans la généralité des cas autre chose qu'une diarrhée catarrhale. Elle apparaît dans la saison des pluies, alors que sans transition l'organisme affaissé sous une chaleur intense subit brusquement l'action d'une fraîcheur humide.

Ces variations thermométriques peuvent être irrégulières, pendant un orage par exemple ; mais elles présentent surtout une marche quotidienne : la température s'élève à partir du matin pour atteindre au milieu du jour une hauteur considérable; vers le soir elle diminue, et cette décroissance continue jusqu'au lever du soleil ; à la chaleur étouffante de la journée succède l'impression désagréable de la froideur de la nuit ; aussi l'immidité qui se dépose sous forme de rosée est tellement abondante que les vêtements exposés à l'air paraissent avoir été trempés dans l'eau. A l'action morbifîque produite par ces brusques changements atmosphériques, il faut joindre l'effet nuisible causé par l'ingestion à l'époque de l'hivernage, d'une eau trouble et chargée de détritus végétaux et animaux. Voici selon Poggio le caractère général de cette affection à Cuba : « Cette maladie perfide, dit-il, qui dans la majorité des cas n'allume pas la fièvre, qui au début n'éteint pas l'appétit, mais l'exagère au contraire, use néanmoins l'organisme par les évacuations abondantes et continues qui ont lieu par l'extrémité inférieure du tube digestif. Ces selles, qui n'éveillent d'autre gêne que quelques borborygmes, précipitent le patient dans un état de marasme qui le conduit peu à peu jusqu'au tombeau. » Ce coup d'œil succinct jeté sur cette affection n'est pas hors de propos quand on songe aux variétés si nombreuses, si différentes suivant les pays, que présentent les diarrhées et dysenteries des régions tropicales. De toutes les maladies endémiques, c'est la dysenterie qui cause la plus grande mortalité.

L'hépatite, complication si commune de la dysenterie, suit une marche parallèle à celle de cette dernière affection.

L'activité physiologique du loie dans les pays chauds le prédispose singulièrement à l'effet des causes morbides : d'où la fréquence des congestions, inflammations et abcès de cet organe ; pourtant cette fréquence ne paraît pas plus grande à Cuba que dans les autres Antilles.

L'anémie constitue le fond de la pathologie de l'Européen dans les pays chauds; elle est la conséquence ordinaire de toutes les maladies aiguës ou chroniques. Tous les blancs acclimatés en présentent les caractères après un certain temps de séjour dans l'île ; les femmes y sont plus exposées que les hommes. Outre ces

maladies endémiques, Cuba est souvent vivement éprouvé par l'explosion de violentes épidémies.

Le choléra est de date récente ; il a fait sa première apparition dans les Antilles en 185-4 ; il a dévasté surtout les deux grandes colonies espagnoles, Cuba et Porto- Rico; il a coexisté quelquefois avec la fièvre jaune.

D'après Cornilliac, le typhus amaril a été importé pour la première fois à Cuba en 1762. Depuis l'épidémie a reparu en 1795, 1794, 1819, 1835, 1858, 1840, 1844, 1857, 1862.

Ch. Belot croit à une recrudescence i-égulière de la maladie toutes les quatre ou cinq années. Cette périodicité est loin d'être démontrée ; on peut en juger par les chiffres précédents. Du reste, la Havane jouit aujourd'hui du triste privilège de conserver constamment le fléau dans son sein à l'état endémique.

Toutes les années dans la saison chaude il existe dans cette ville des cas sporadiques de fièvre jaune ; à certaines époques elle éclate avec une acuité extraordinaire; l'épidémie de 1862 compte parmi les plus meurtrières. Elle frappe surtout les Européens non acclimatés, ainsiqueles créoles qui, par un long séjour en Europe ou sur les hauteurs, arrivent à perdre leur acclimatement.

Les nègres africains et les immigrants asiatiques présentent au contraire une immunité remarquable. Une altitude assez faible (500 à 600 mètres) assure l'innocuité presque absolue de la plupart des affections endémiques, y compris la fièvre jaune.

Les blancs nouvellement arrivés à Cuba sont en outre exposés à une fièvre endémique légère, fièvre inflammatoire et gastrique des classifications, que l'on a regardée comme une fièvre d'acclimatation ayant la faculté de préserver de la fièvre jaune ; mais Dulroulau nous apprend que ces opinions, professées par les médecins du Mexique et de la Havane, ne sont pas justifiées par les observations laites sur les garnisons européennes des Petites Antilles.

Nous venons de tracer à grjiids traits l'iiistoire des maladies endémiques et épidémiques qui donnent un cachet spécial à cette contrée; mais elles ne sont pas les seules sur lesquelles nous devons appeler l'attention.

La fièvre typhoïde n'est pas rare ; elle apparaît le plus souvent pendant l'hivernage et son arrière-saison ; elle atteint d'ordinaire les soldats et marins arrivés depuis peu de temps dans la colonie.

Les fièvres éruptives, la variole en particulier, causent un grand nombre de décès surtout parmi les noirs ; elles sont rares dans les hôpitaux militaires.

La diphtliérite, peu commune autrefois, est aujourd'hui assez fréquente et produit de grands ravages parmi les enfants. Si nous en croyons Dutroulau, les bronchites graves aiguës ou chroniques, les pleurésies et les pneumonies, ces deux dernières affections surtout, sont tellement peu communes aux Antilles que la carrière d'un médecin peut s'écouler, dit-il, sans en rencontrer un seul cas. Mais Cuba fait exception à cette règle, si l'on s'en rapporte au tableau de mortalité dressé plus loin; le chiffre des pneumoniques serait relativement Irèsélevé à la Havane.

Ainsi que Jules Rochard l'a démontré dans un mémoire couronné par l'Académie de médecine, le développement de la phthisie est favorisé dans tous les pays chauds; Cuba n'échappe point à cette loi générale. Commune surtout chez la race noire, où elle cause une grande mortalité, cette affection est loin d'être rare chez les Européens ; il y a tout avantage à renvoyer ces derniers dans la métropole avant que les désordres ne soient trop étendus.

Aussi il est difficile de s'expliquer pourquoi les médecins américnins avaient pris l'habitude de diriger leurs phihisiques sur Cuba ; car les hauteurs de l'île elles-mêmes sont le siège d'aflections catarrli.jles du poumon et du tube digestif; aussi doil-on proscrire leur séjour aux rhumatisants, ainsi qu'aux convalescents de dysenlerie ou de maladies de poitrine.

Le tétanos est très-commun, surtout chez les enfants; les cas présentent généralement une haute gravité ; la race blanche y est exposée aussi bien que la race de couleur. Il est souvent piimilif sous l'inflnence d'un refroidi.vsenient ; mais le tétanos Iraumatique n'est pas rare, c'est une complication redoutable des grandes opérations cliirurgicales.

Les maladies aiguës des centres nerveux et de leurs enveloppes s'observent rarement. En revanche les névralgies sont très-communes ; quelques-unes sont dues aux varialions de température; mais la plupart peuvenr être regai'dées comme des formes larvées du paludisme. Sous l'influence de l'intensité de la chaleur et de la quantité d'électricité almos|)héiique, le système nerveux acquiert peu à peu une grande excitabililé ; aussi toutes les variétés des névroses sontelles loin de se montrer d'une façon exceptionnelle.

L'alcoolisme exerce ses funestes ravages chez les hommes de couleur.

Les alfecl ions cutanées sont très-fréquentes surtout chez les noirs; je citerai le pian, le Iota, les taches hépatiques et le crabe, les diverses espèces d'éléphanliasis.

L'élépliantiasis des Arabes ou des Barbades, qui semble avoir une prédilection particulière pour la race de couleur, attaque pourtant quelquefois les créoles et les Européens. La lèpre tuberculeuse est un des fléaux de l'île de (]uba, oii on la rencontre fréquemment ; tlle serait au contraire exceptionnelle à Porto-Hico.

L'érvsipèlc accompagne ordinairement l'élépliantiasis des Arabes, qui marche par poussées éry^ipélateuses.

L'excessive chaleur île la saison des pluies développe surtout chez les inacclimatés une éruption considérable de bourbouilles [Lichen tropicus) qui produit une démangeaison insupportable et une excitation nerveuse extraordinaire.

Cette éruption est sans doute déterminée par l'acidité de la sueur (11. Poggio) : car elle se dissipe promptement sous l'inlluence des bains idcalins.

La gale envahit fréquemment les colons africains et asiatiques. Ces derniers, qui ont souvent apporté avec eux les funestes habitudes de leur pays, présentent quelquefois les symptômes de l'intoxication chronique par l'opium. Los ulcères phagédéniques des jambes envahissent toutes les races, niiiis surtout les noirs et les Chinois. L'alfection qui porte à Cuba le nom de maladie des sucreries et qui n'atteint guère que les hommes de couleur, n'est autre que béribéri.

Pour donner une idée générale de la pathologie de Cuba, nous transcrirons le tableau ci-dessous (p. 81) que nous trouvons dans l'excellent ouvrage de D. Hernandez Poggio : c'est la statistique mortuaire de la Havane pendant l'année 1871.

On volt par tout ce qui précède que l'Européen qui émigré à Cuba est exposé à un grand nombre de maladies spéciales ; mais nous pouvons déjà décider quel est le moment le plus favorable soit pour le voyage des particuliers, soit pour les changements de garnison ; cette époque est naturellement le début de la saison sèche, c'esl-à-diie le mois de novembre et la première quinzaine de décembre; les terrains marécageux sont desséchés et la chaleur douce de cette période forme une transition ménagée entre leclimat tempéré de l'Europe et l'ardeurétouffante de l'hivernage des Grandes Antilles.

CUBEBE (Botanique).

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