‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.25Chapitre 11 sur 108 · CVSTOTOMIE · texte numérisé non relu

CVSTOTOMIE

lanls dans les premiers temps, 21 succès sur 22 opéi'ations, ne se seraient sans Uoute pas modifiés aussi désavanlageusement.

Le Fort, Picard, Reliquet, Sédillol, etc., reconnaissent que, malgré ses avantages apparents, la litliotritie périnéale n'est pas applicable aux gros calculs. La contractilité excessive et spasuiodique de la vessie, les alléralions chroniques des parois de cet organe, sont également des conlre-indications formelles à l'emploi de cette méthode. Que lui reste-t-il donc? il reste à la perfectionner, pouria rendre plus facile, plus rapide, et moins dangereuse, dans les cas de calculs un peu gros. Pour les petites concrétions, elle n'a pas sa raison d'être; pour les pierres volumineuses elle est très-dangereuse et parfois insuffisante. Dans les cas moyens, on l'a vue donner des succès très-encourageants. C'est donc aux calculs moyens qu'il faut chercher à l'appliquer, et peut-être, dans des conditions bien déterminées, la verra-t-on reprendre la faveur que des idées théoriques lui avaient méritée tout d'abord.

Dans cette appréciation, nous n'avons eu en vue que le broiement associé à la cystotomie périnéale par dilatation. Tliompson repousse également la fragmentation associée à la taille, la taille litholritique, sinon d'une façon absolue, ;iu moins dans la majorité des cas. Telle n'est pas l'opinion des chirurgiens français, qui, tous, considèrent la fragmentation du calcul comme une ressource puissante, dans les cas de grosse pierre. « La difficulté et la gravité de l'extraction, disent SédiUotet Legouest, sont généndement en raison de la disproportion entre le volume de la pierre et le diamètre de la plaie, elles dangers de celle-ci, •en raison de son étendue. Une petite plaie du col, aidée par la dilatation, atténue singulièrement la gravité de la taille. La fragmentation de la pierre diminue la contusion et les déchirures du col. Si la dilatation immédiate n'était pas suffisante pour le passage des instruments, on pourrait dilater le conduit avec de l'éponge préparée. »

Tous les chirurgiens admettent, qu'employée comme accessoire, la fragmentation (nous ne disuns pas le broiement) d'une grosse pierre rend chaque jour de très-grands services : mais mieux vaut une taille régulièi'e par incision que le trajet étroit et gênant du procédé de Dolbeau.

IV. Cystotomie bilatérale. Imaginée par Dupuytren, dans le but d'ouvrir une large voie aux calculs volumineux, la taille bilatérale est restée comme la litliotritie périnéale une méthode siii tout française. C'est en Fiance également qu'elle fut modifiée par Nélalon, dont le procédé, plus connu sous le nom de taille pré-rectale, est considéré par quelques auteurs comme une méthode distincte.

Nous avons à examiner d'abord les points communs à ces deux procédés, qui se confondent au point de vue de l'incision cervico-prostatique. La largeur de l'ouverture profonde dépend de l'instrument employé pour la pratiquer, en même temps que des conditions du tissu prostatique. La souplesse ou la dureté delà glande ont, en effet, une influence considérable sur l'étendue de la division.

Les calculs théoriques de Senn, sur la largeur du passage donné par les diverses sections de la prostate, n'ont qu'une valeur médiocre. L'incision oblique à gauche et latérale ou plus exactement transversale à droite, qui, d'après la théorie, devrait être préférée, n'a guère, que nous sachions, été adoptée que par Dolbeau. Encore, ce cliirurgien, qui fit construire un instrument spécial dans ce but, n'y insiste que fort peu.

La question des incisions obliques postérieures, ou directement transver-

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sales, est plus discutée. Les uns, avec Clviale, Malgaigne, Amussat, Le Fort, Picaid, Mallez, etc., préconisent, comme donnant une ouverture plus large et un trajet plus direct, les sections tout à fait transversales. Telles les faisait à peu près Dupuytren au début de la méthode. Chez les enfants, l'avantage n'est pas discutable, car le diamètre transverse de la glande l'emporte sur les rayons obliques postérieurs réunis. Chez l'adulte, la cbose est douteuse.

D'autres chirurgiens, avec Nélalon, Tillaux, Sarazin, etc., emploient le lithotome double, dit de Dupuylren, dont les lames s'inclinent, pour diviser la prostate à peu près dans ses rayons obliques postérieurs. On a reproché à ces uicisions de former de la partie postérieure de la glande un véritable lambeau triangulaire, qui s'écarte à peine de la partie antérieure. D'après Sarazin, les deux instruments de Dupuytren et de Ségalas agissent sur la prostate, même à l'amphithéâtre, d'une façon sensiblement identique. La seule difiérence est que le lithotorae de Ségalas, dépourvu de conducteur, menace plus directement les artères périnéales superficielles et honteuses internes, tandis que la tige courbe ou la gaine des lames du cystolome de Dupuytren rejette les lames en arrière et en dehors, parallèlement aux branches ischio-pubiennes. Ce dernier serait donc d'un usage avantageux, surtout quand on a besoin de donner aux lames coupantes un développement considérable. Or cette condition est presque toujours nécessaire, la cystotomie bilatérale étant employée chez l'adulte pour de volumineuses concrétions.

La taille bilatérale expose-t-elle les sujets à l'émasculation, comme Liston, entre autres, le lui a reproché ? Si l'impuissance était un résultat démontré de la double incision prostatique, il faudrait renoncer à la méthode au moins chez les enfants et les adultes. Mais les faits positifs manquent absolument, et Malgaigne, qui l'ejette ce mode opératoire, avoue lui-même que l'impuissance et l'incontinence d'urine sont plus souvent la suite des déchirures et des contusions que le résultat des incisions nettes et larges du tissu prostatique. On comprend que le passage d'un corps volumineux, dont l'extraction exige le déploiement d'une grande force, puisse désorganiser les canaux éjaculateurs à leur embouchure uréthrale. On conçoit plus difficilement que des incisions transversales et même obliques en bas et en dehors puissent couper les conduits vecteurs du sperme, quand on connaît le mode d'action des lames du cysfotome. L'impuissance est donc tout aussi peu redoutable que l'incontinence d'urine. Les incisions doubles, en donnant une large ouverture profonde, facilitent, au contraire, la sortie du calcul et empêchent toute contusion des parois du trajet périnéo-vésical.

Les autres accidents communs sont ceux des tailles périnéales en général. Peut-être sont-ils un peu plus fréquents, quelques-uns au moins, en raison de la double incision.

Le degré d'ouverture à donner aux lames du cystotome caché est fort diversement apprécié. Les uns le limitent à 25 ou 50 millimètres, les autres vont jusqu'à 40, 45 et même 50 millimètres, sans redouter de dépasser les limites de la loge prostatique.

La valeur relative de la taille bilatérale proprement dite et de la cystotomie prérectale de Nélaton est encore aujourd'hui di>cutée. Sarazin qui, dans des cas graves et chez des hommes âgés, a obtenu de la première 17 succès sur 19 opérations, la juge comme préférable. Mallez, à l'opposé, a guéri tous ses patients, au nombre de 18, par l'incision prérectale, combinée avec la section

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transversale de la prostate. Ce sont deux séries fort heureuses, et qui tendent tout simplement n prouver que, de ces deux procédés, c'est celui dont on a l'habitude, et que par conséquent on exécute le mieux, qui donne les plus beaux résultats.

a. Taille bilatérale. Les reproches faits au procédé de Dupuytren sont pou nombreux.

La lésion du bulbe de l'urèthre est due à la position trop éloignée de l'anus de l'incision transversale. Chez l'adulte on peut au besoin le ménager avec de l'attention, en découvrant le faisceau ano-bulbaire ; chez le vieillard il est constamment divisé. De là des hémorrhagies inquiétantes, arrivées à Dupuytren lui-même, et la possibilité de l'infection purulente.

La difficulté de faire une incision nette des parties molles n'est pas plus grande que dans la taille prérectale. On y remédie au besoin par une petite incision médiane en avant, qui donne une plaie en T renversé (jj.

Nélaton lui reproche également de ne pas fournir de point d'appui à la tige du lithotome, d'où inclinaison des lames coupantes, danger d'atteindre les vaisseaux et de dépasser les limites de la prostate.

Mais ce procédé n'est pas sans avantages. Applicable à tous les âges, son exécution est rapide; il ménage sîircment le rectum, sauf au moment du retrait du cystotome, et atteint l'urèthre dans une région moins profonde, ce qui en facilite beaucoup l'exécution.

b. Taille prérectale. On lui attribue les avantages suivants : elle évite plus facilement le bulbe et expose moins aux hémorrhagies, à la phlébite et à l'infection purulente, conséquences de cette lésion. Gosselin, sur quinze opérations, n'a constaté qu'une fois la nécessité de la canule à chemise, encore était-ce presque une simple précaution. Pour ce chirurgien éminent, les hémorrhagies consécutives à la cystotomie sont dues à ce que l'urine entraîne les caillots sanguins formés à l'extrémité des artères ou s'oppose à leur formation.

Si les hémorrhagies, par lésion du bulbe, sont rares par la taille prérectale, c'est qu'abandonnant l'incision trop antérieure de Nélaton, les opérateurs se rapprochent davantage de l'orifice anal. Encore Ileliquet affirme-t-il que le bulbe n'est jamais évité chez les vieillards, parce qu'il arrive en contact immédiat avec la paroi antérieure du rectum.

La plaie est large, bien éclairée, et met en vue le sommet de la prostate, repère précis pour l'incision de l'urèthre, que le doigt placé dans le rectum indique, à défaut de la vue. 11 est donc impossible de s'égarer.

Enfin, la voie créée est assez large pour donner passage à des calculs volumineux et se trouve placée dans la partie la plus favorable du détroit périnéal, L'urine et les liquides vésicaux trouvent par la plaie l'issue la plus facile.

Les reproches qu'on peut faire au procédé de Nélaton ne sont pas sans importance. L'incision et la dissection du rectum sont difficiles et exigent beaucoup de temps. En bas, on coupe forcément les artères hémorrhoïdales inférieures, et ces vaisseaux, quoique de petit volume, peuvent fournir un écoulement de sang fort gênant. L'hémorrhagie, veineuse alors et rebelle, peut venir de la section des veines, surtout chez les sujets hémorrhoïdaires. Nous avons dit également qu'on ne pouvait constamment éviter le bulbe de l'urèthre.

Si l'on serre le rectum de trop près, malgré la protection de l'index gauche placé dans sa cavité, la lésion de l'intestin est possible. Malgré sa large dénudalion, la paroi antérieure du rectum, llottante en quelque sorte, ne se

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mortifie jamais, mais elle se recolle difficilement. De là, une guérison trèslenle de la plaie et la possibilité de fistules persistantes. Sur 5 opérations, Dolbeau comptait 4 guérisons, mais aussi 4 fistules.

Chez les sujets gras, le cathéter cannelé doit être atteint à une profondeur de 5, 6 et même 7 centimètres. On ne le voit pas, et malgré les assurances de Nélaton, les chirurgiens qui n'ont pas l'habileté de l'éminent professeur se trouvent fort embarrassés pour ouvrir l'urèthre au sommet de la prostate. La plus faible déviation porte le bistouri en dehors du conducteur et, si cependant on finit par pénétrer dans la gorge, l'ouverture du canal est tellement mâchée que les mêmes difficultés, les mêmes hésitations se reproduisent pour l'introduction du lithotome. Trop heureux si l'instrument ne s'égare pas sur les côtés delà prostate. Dans ces conditions, le doigt n'arrive pas jusqu'au col vésical et ne peut servir de guide aux lenettes.

La taille préreclale n'est applicable que chez l'adulte, puisqu'elle exige le développement de la prostate dont la pointe sert de repère. En somme, elle ne peut donner passage à des pierres plus volumineuses que la taille de Dupuytren, puisque l'incision prostatique est absolument la même.

En résumé, comme nous le disions tout à l'heure, à défaut de statistiques précises qui font absolument défaut, les deux procédés de la cystotomie bilatérale doivent être rangés sur le même plan, laissant au chirurgien la faculté de préférer celui qu'il juge le meilleur.

Les indications de la méthode sont fort difficiles à préciser. La rejeter d'une façon absolue, comme Maigaigne, serait exagéré d'un côté ; l'admettre avec Picard, comme la seule qui doive pour ainsi dire subsistei', c'est exao-érer de l'autre côté. Les raisons données par cet auteur : facilité d'exécution, absence d'hémorrhagie, large ouverture de sortie, ne nous paraissent pus toutes acceptables au même degré. Nous avons noté la difficulté de l'opération reconnue par Tillaux, grand partisan de la méthode, et par Nélaton lui-même. Nous avons signalé la possibilité des héraorrhagies, tant veineuses qu'artérielles. Enfin, la statistique, malgré ses défauts, en donnant à la taille bilatérale une mortahté de 15 pour 100, ne plaide pas en sa faveur. Supérieure à la taille hypogastrique pour les calculs dont le diamètre excède 4 à 5 centimètres, la taille bilat°érale est mférieure aux autres méthodes périnéales pour les pierres qui ne dépassent pas 5 centimètres. C'est donc aux calculs compris entre 5 et 4 centimètres qu'elle est rationnellement applicable. Encore ne faut-il pas oublier que la possibilité de déterminer l'impuissance par la lésion des canaux éjaculateurs l'a fait complètement rejeter par quelques chirurgiens.

V. Cystotomie médio-hilatérale . Inventée par Civiale que nous avons vu la mettre à exécution avec de brillants résultats à l'hôpital Necker, la cystotomie médio-bilatérale n'est guère sortie des mains de quelques ch'irurc^iens En Angleterre, Thompson, qui l'avait quelquefois pratiquée, l'a abandonnée complètement, à cause des héraorrhagies par lésion du bulbe. En France Dolbeau, Sédillot, la louent un peu théoriquement ; Reliquet s'en rapproche 'beaucoup dans sa pratique. Destinée dans les vues de son auteur à permettre l'ex traction même de calculs volumineux, la cystotomie médio-bilatérale cherche à réunir les avantages de l'incision médiane des parties superficielles et de la double section prostatique. Civiale, nous l'avons dit, divisait les rayons transverses de la prostate, mais sans dépasser jamais 25 à 30 millimètres pour le développement des lames. Cette incision, ainsi limitée, ne pouvait donner un

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passage facile qu'à des calculs dont le diamètre n'excédait guère 30 à 35 millimètres. En revanche, les limites de la glande étaient loin d'être atteintes.

L'incision des parties molles périnéales, placée sur la ligne médiane, exposait, comme nous l'avons fait remarquer, à la lésion du bulbe. Mais il suffit de la reporter plus en arrière, de lui donner par l'addition d'une petite incision transversale en avant de l'anus la forme d'un T renversé, pour diminuer ce danger, en même temps qu'on agrandit la porte de sortie et qu'on rend la voie plus directe. Ainsi modifiée, la cystotoniie médio-bilatérale présente pour l'extraction des calculs de moyen volume plus d'av;intages que les méthodes précédentes. 11 reste entendu que la grandeur des incisions doit toujours être en rapport avec le volume delà pierre pour éviter tout effort d'extraction.

Voici, au reste, l'appréciation de Thompson sur cette méthode : « Cette opération n'a pas été suffisamment pratiquée pour pouvoir être jugée. Je l'ai employée plusieurs fois, croyant à cette époque qu'elle pouvait présenter quelque avantage sur la taille latérale; mais il n'en est rien, autant que j'en puis juger. J'y avais eu recours comme à un procédé exceptionnel pour de très-gros calculs qu'on ne pouvait attaquer par la lithotritie et toujours chez des sujets âgés et débiles.

« L'expérience m'a appris, ce que j'étais loin de soupçonner, qu'on s'exposait parce procédé à des hémorrhagies souvent abondantes et difficiles à arrêter et aussi que l'intestin, très-voisin de l'incision, risquait fort d'être lésé dans le cas de pierre volumineuse. Non pas peut-être que le bistouri l'atteigne alors, mais parce que le calcul pendant les manœuvres d'extraction déchirera facilement la mince paroi qui le sépare de la cavité rectale. »

VI. Cystotoniie latéralisée. La statistique de Gross, qui donne la mortalité des différentes tailles, comprend plus de 9000 cystotomies latéralisées, chiffre qui seul suffit à prouver la supériorité admise de ce mode opératoire. En Angleterre, Thompson l'emploie dans tous les cas, chez l'adulte et le vieillard comme chez l'enfant, pour les petits et pour les gros calculs.

En France, la cystotomie latéralisée ne jouit pas de la même faveur, mais elle est cependant fort souvent employée. Nous avons vu que, d'une façon générale, sans tenir compte de l'âge des sujets, la mortalité de cette opération était de 12,5 pour 100 ou 1 : 8 opérés.

Mais chez l'adulte et le vieillard la léthalité est bien plus grande que dans l'enfance.

Cheselden, sur 46 opérés au delà de vingt ans, compte 13 morts ou près de 30 pour 100.

Marlineau de Norwichn'a que 2 décès, sur 42 opérations, mais il s'agit d'une série heureuse et non de toute sa pratique.

Thompson, dans sa pratique personnelle, compte 18 pour 100 de décès, mais il emploie la méthode latérale pour les grosses pierres et dans les conditions les plus graves. La statistique générale donne, de dix-sept à quatre-vingt-un ans, 799 opérations avec 161 morts ou 20 pour 100. Le résultat est seiisiblement le même dans la statistique de C. Williams, qui, du reste, repose probablement sur les mêmes faits. Les recherches de ces deux chirurgiens prouvent également que la mortalité de la taille latéralisée va croissant avec l'âge, et que de 9 pour 100 de vingt à quarante ans, elle monte progressivement jusqu'à près de 30 pour 100 chez les vieillards. C'est là, dans l'histoire de la cystotomie, un fait qui se reproduit, quelle que soit la méthode, parce qu'il dépend des con-

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ditions défavorables qu'amène l'âge avance dans la région cervico-prostaliqiie de l'iirèthre.

Il semble cependant résulter des statistiques que la taille latéralisée est, d'une façon générale, moins meurtrière que les méthodes qui précèdent.

Les reproches adressés à la cystotomie latérale sont d'exposer à des hémorrhagies. Ces hémorrhagies proviennent du bulbe, si l'incision est commencée trop en avant de l'anus et sur le raphé ou un peu à sa droite, conditions qu'on peut éviter, mais qu'on n'évite pas toujours même avec beaucoup d'attention. L'écoulement sanguin par blessure de la honteuse interne est exceptionnel. La lésion de l'artère ti'ansverse est bien plus fréquente et sou volume assez gros, pour que l'accident ne soit pas sans gravité. De même la périnéale superficielle peut être atteinte par un instrument porté trop en dehors. Si l'on joint à ces causes normales d'hémorrhagie la possibilité d'anomalies artérielles que rien ne peut faire prévoir, il est juste de reconnaître que la cystotomie latéralisée est celle qui expose le plus aux lésions vasculaiies dans l'incision superficielle.

Dans l'incision profonde, les mêmes dangers se présentent, si l'on franchit les limites de la prostate, par la section des plexus veineux cervico-prostatiqucs, toujours très-développés chez l'adulte et plus encore chez les vieillards.

La lésion du rectum est un accident rare de la cystotomie latéralisée. Cependant, il est arrivé plusieurs fois à d'habiles opérateurs, tels qne Thompson, de perforer l'intestin. C'est que pour éviter sûrement le bulbe on rapproche l'incision de l'anus, s'exposant ainsi à un nouveau danger pour fuir un péril non moins redoutable.

Quoique Thompson n'attache aucune importance aux sinosités du trajet périnéo-vésical, résultat du non-parallélisme des incisions superficielle et profonde, cet inconvénient de la taille latéralisée ne saurait être passé sous silence. L'introduction du doigt dans la vessie devient impossible, pour peu que le périnée ait une épaisseur notable. De là, une certaine difficulté pour la manœuvre des instruments d'extraction, et plus tard pour l'écoulement de l'urine. L'infiltration urineuse paraît donc plus à redouter qu'après les méthodes dites centrales.

Un dernier reproche fait à la taille latéralisée est de ne permettre l'extraction de calculs volumineux qu'en dépassant les limites de la loge prostatique, et par conséquent en divisant et les plexus veineux et le tissu cellulaire ambiant! C'est toujours la question de savoir si la gravité de la cystotomie dépend de Tétendue des lésions du col de la vessie, question si diversement résolue. « Les procédés de taille, dit Malgaigne, n'ont que peu d'influence sur la mortalité. C'est prmcipalement l'inflammation qui tue, et ses causes sont surtout le tiraillement, la déchirure, le broiement des tissus, inévitables, si le calcul est un peu gros. Les incisions doubles, triples, quadruples, n'augmentent pas en définitive l'étendue ni l'élasticité des couches extérieures de la prostate et, eu la divisant davantage, semblent l'exposer davantage à être broyée au passage du calcul.

« Le seul moyen de rendre l'opération moins périlleuse est de diviser lar^^ement la prostate d'un seul côté au delà de ses limites, en entamant le col vésical et le tissu cellulaire, si le volume de la pierre l'exige.... Pour rendre plus larsc la plaie extérieure, on peut empiéter plus ou moin'^s sur le côté droit du raphé, pour avoir moins à s'approcher de la tubérosité sciatique... Incision au besoin bilatérale à l'extérieur, incision unilatérale à la prostate, mais avec toute l'élendue nécessaire, tel est en résumé le procédé auquel je donne la pré

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férence. » Telle est également l'opinion de Teevan qui ne compte que 1 1 morts sur 349 opérations. Dans tous les cas douteux, il pratique la taille latérale avec de larges incisions, dépassant toujours les limites de la prostate. 11 fait lever ses malades le lendemain, et s'abstient de tout lavage de la vessie.

Les avantages de la taille latéralisée sont : d'épargner le bulbe, presque louiours'atteint'dans les opérations centrales; d'éviter le rectum avec un peu d'attention; d'être d'une exécution très-facile; d'épargner constamment un des canaux éjaculateurs ; enfin de donner une ouverture suffisante pour le passage des plus gros calculs.

Nous voyons par ce parallèle que ce qui est avantage pour les uns devient inconvénient pour les autres. Ainsi que le dit fort justement Thompson, le jugement est difficile, car les lithotomistes font toujours partie de l'un des deux camps, dont les convictions s'appuient sur des principes opposés. Les uns préfèrent les incisions mesquines ou timorées, les auties les incisions larges et franches. Les premiers préconisent les incisions médianes, les seconds les sections latérales. Thompson se range de l'avis des derniers, parce que la cystotomie latéralisée, d'exécution plus facile, donne une voie plus large, sans exposer davantage aux hémorrhagics, à la lésion du bulbe et du rectum.

« Le problème cystotomique, dit l'habile spécialiste, consiste à pénétrer dans la vessie sans offenser le bulbe, ni son artère, ni le rectum. Eh bien, je crois (Hic la taille latérale, convenablement exécutée le résout mieux que toute autre méthode, lorsque vousavezafl'aireà un calcul volumineux, qui réclame une large ouverture. )> Et dans un travail plus récent : « Je puis ajouter que dans la première partie de la série je désirais éprouver les diverses opérations médianes, alors très-discutées, et que 20 des 27 premières opérations furent celles nommées médiane, médio-bilatérale, et bilatérale de Dupuytren. Ensuite je revins à l'opération latérale, et depuis, la mortalité a beaucoup diminué, le premier tiers des 78 cas comjitant plus de morts que le second, et le dernier moins encore que le précédent. Ce résultat est sans doute diî, en partie, à la plus grande expérience que j'ai acquise de l'opération, mais en partie aussi, il me semble, à la supériorité de la cystotomie latérale sur les méthodes médianes dans les cas de grosses pierres. Or la lithotomie, actuellement, n'est plus applicable qu'à ces

cas. »

Sans partager l'enthousiasme des chirurgiens anglais pour la taille latéralisée, nous dirons que cette méthode n'est pas aussi dangereuse qu'on le prétend quelquefois, et qu'inférieure à la cystotomie bilatérale pour les gros calculs, elle est parfaitement indiquée dans les calculs de dimension moyenne. Nous rejetons les incisions extra-prostatiques, et si la voie est trop étroite, on aura recours à la section du lobe droit de la prostate, ou aux débridements limités, successifs, sur les points trop étroits du trajet.

VII. Cystotomie médiane. Comme les méthodes précédentes, la cystotomie médinne a ses partisans et ses adversaires convaincus. Mal jugée en Angleterre, elles y est à peu près abandonnée, pendant qu'en France et en Italie elle jouit en ce moment d'une certaine faveur. Les reproches faits à cette méthode sont :

L'hémorrhagie par lésion du bulbe, aussi abondante et plus difficile à arrêter que l'écoulement sanguin provenant de la section de l'artère transvèrse. Suivant Thompson, dans les opérations médianes, le bulbe est toujours plus ou moins intéiessé. Celte affirmation de l'auteur ajiglais demanderait des preuves indiscutables, car les expériences et les faits de Dolbeau, Bouisson,etc., lui sont tout

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à fait opposés. Jusqu'à nouvel ordre, il ne nous est pas possible de l'admeltre d'une façon absolue.

Les hémorrhagies par déchirure des plexus prostatiques sont à craindre, si l'on cherche à extraire par violence des calculs volumineux.

La lésion des canaux éjaculateurs et surtout l'impuissance consécutive ne sont aucunement démontrées. Théoriquement elles semblent possibles, pratiquement elles n'ont pas été constatées. La dilatation de l'urèthre prostatique et du col y exposerait plus que l'incision nette.

La lésion du rectum est à redouter, si, pour éviter le bulbe, le bistouri se rapproche beaucoup de l'anus. Elle peut cire le résultat de la déchirure de la paroi antérieure de l'intestin, pendant l'extraction d'un volumineux calcul.

L'infiltration sanguine du scrotum n'offre aucune iniportance par elle-même, mais elle prouve que le bulbe a été atteint.

L'objection principale faite à la taille médiane, objection qui atteint surtout la simple dilatation de l'urèthre prostatique et du col (Allarton, Borsa, liizzoli) est l'étroitesse du trajet obtenu. L'incision cutanée, comprise entre le bulbe et le rectum, est forcément limitée; l'incision de la prostate en arrière ne donne guère plus que la dilatation, l'espace interosseux est lui-même très-étroit. Cependant, Bouisson affirme après expérience avoir retiré de la vessie des calculs de 3 et même de 4 centimètres de diamètre, sans difliculté et sans courir le ris(iue de déchirer ou de contondre les parties molles. 25 à 30 millimètres paraissent à la plupart des chirurgiens la grandeur maximum de la pierre, si on veut l'extraire sans déchirure et sans efforts. Aussi voyons-nous la fragmentation conseillée, sitôt que le calcul est volumineux. De là est née la lithotritie périnéule.

L'incision de la prostate donne plus d'espace que la dilatation. Poland rapporte que deux fois il fut oblige d'y recourir, ne pouvant extraire le calcul par le procédé d'A'llarton. Si la pierre dépasse un certain volume, la taille médiane nécessite le broiement et la déchirure de la prostate, d'où résultent presque inévitablement des accidents mortels. Les statistiques, si favorables en apparence, demandent à être révisées. Le tableau d'Allarton, qui renferme 170 cas de tout âge avec une mortalité de 1 : 7, ne présente pas l'état vrai, bien des morts, suivant Poland, n'ayant pas été inscrites. G. Williams a trouvé, pour la taillé médiane appliquée à des sujets de plus de cinquante ans, une mortalité de i : 2,5 bien supérieure à celle de la taille latérale. Les résultats si tàvorables de Gl'ot- Bey et de Bouisson ont trait surtout à des enfants.

Les avantages attribués à la cystotomie médiane sont : la facilité d'exécution par la moindre épaisseur des tissus à traverser; l'absence d'hémorrhao-ie, sauf lésion du bulbe et de son artère. Dans l'incision superficielle, on reste constamment en dedans des vaisseaux du périnée ; dans la section profonde, on intéresse la prostate et le col vésical, sur la ligne médiane, partie la moins vasculaire

D'après Bouisson, l'opération convient à tous les âges. Chez les enfant^ le peu de développement de la prostate est compensé par la facilité d'atteindre Jes parties; chez les vieillards, la saillie du bulbe uréthral est atténuée par J'ao-randissement du rayon direct ou postérieur de la glande prostatique. "

Enfin, la rectitude du trajet facilite les manœuvres de préhension et d'extrac tion, ainsi que l'introduction du doigt dans la vessie ; elle favorise l'écoulement de 1 urine, et s'oppose aux chances d'inflammation suppurative. La simplicité de la plaie rend également la réunion bien plus prompte, et les fistules persistante, tout à fait exceptionnelles,

Dinr. ENc. XXV. .^

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Certes, de tels avantages peuvent compenser bien des inconvénients, mais là n'est pas le point faible de la cystotomie médiane. Si la lilhotrilie n'existait pas, nul doute que celte méthode, chez l'adulte, ne fût presque exclusivement employée pour l'extraction des petits calculs. Taille membraneuse avec dilatation simple, digitale, pour les pierres de 2 centimètres de diamètre et au-dessus; taille médiane avec incision pour les concrétions de 25 à 50 millimètres; mais les indications de cette opération sont justement diminuées par la possibilité d'appliquer aux pierres de cette grosseur le broiement par les voies naturelles.

Pour les calculs dont le diamètre dépasse 3 centimètres, la cystotomie médiane exige l'adjonction de la fragmentation vésicale. Elle se confond alors avec la litholritie périuéale, dont nous avons plus haut étudié la valeur et les incjications.

Bouisson cr'oit que la taille médiane doit être préférée chez les sujets débiles et exsangues. « On peut donc établir, dit-il, que les indications majeuies de cette taille, autant qu'on les puise dans les dispositions du sujet à opérer, se tirent surtout de la délicatesse de sa constitution, de sa faiblesse originelle ou acquise, de la perversion de l'action nerveuse ou de l'excès de sensibilité. »

Le Fort, dans les cas de petit calcul, si la lithotritie est contre-indiqnée par l'état général du sujet, par l'état local des organes ou la dureté de la pierre, préfère la taille membraneuse d'Allarton, au besoin la cystotomie médiane ou latéralisée. Pour les concrétions plus volumineuses, mais qu'il est possible de réduire en fragments assez volumineux pour ne pas exiger l'inti-odiiction répétée des tenettes, il admet volontiers la lithotritie périnéale, dans le sens large de l'expression, c'est-à-dire la fragmentation pratiquée par le trajet de la taille membraneuse avec dilatation, ou le trajet de la cystotomie médiane urélhro-pro^ statique, qui donne une plus large ouverture.

La lithotomic médiane avec dilatation, ou avec une incision cervico-prostatique aussi limitée que possible, est indiquée nettement (Legouesl, Reliquet), pour l'extraction des corps étrangers introduits accidentellement dans la vessie, quand l'extraction par les voies naturelles ou la lithotritie ne peuvent être apphquées.

Cadge de Norwitk, Poland, Thompson et presque tous les chirurgiens anglais, considèrent actuellement la taille médiane comme hasardeuse et même dangereuse, en dehors des calculs de petit volume. L'opération d'Allarton n'a plus sa raison d'être, dans les conditions présentes de la lithotritie manuelle. 11 est un cas cependant où la cystotomie médiane peut rendre des services. La forme généralement sphéroïde et la dureté des concrétions d'oxalate de chaux font d'une pierre moyenne (25 millimètres de diamètre) une production véritablement grosse, sinon trop volumineuse pour la lithotritie. Dans ces conditions, et ce sont les seules^ la taille médiane ordinaire est indiquée. Si le calcul est volumineux, dur et compact, la taille latérale est préférable.

Conclusio7is. 11 est impossible de préciser à l'avance et de formuler nettement les indications des diverses méthodes de cystotomie. Nous les avons successivement étudiées, examinant les reproches faits à chacun des modes opératoires vis-à-vis des avantages qu'on leur a attribués.

Comme nous l'avons dit, la lithotritie par les voies naturelles est aujourd'hui d'un commun accord, chez l'homme qui a franchi la seizième ou la vin'^tième auuée, la méthode générale de traitement des calculs vésicaux. Dans tous les cas oià des contre-indications formelles la rendent inapplicable, le chiriir-Mense

CYSTOTOMIE. 259

voit forcé de recourir à la cystotomie et de clioisir entre ses diverses méthodes. Repoussant la lithotritie périnéale pour les calculs dont le diamètre dépasse 5 centimètres, nous n'admettons pour eux que la cystotomie sus-pubienne, si elle est praticable, et la taille recto-vésicale, exclusivement comme expédient opératoire.

Tous les calculs dont le diamètre n'atteint pas 5 centimètres rentrent dans les indications des tailles périnéales. Aux plus volumineux, 35 à 45 millimètres, convient la cystoLomie bilatérale ordinaire ou la taille dite prérectale, suivant les préférences du chirurgien. Pour les calculs de 25 à 35 millimètres de diamètre, nos préférences sont pour l'incision médiane superficielle, avec adjonction d'une petite incision transversale en avant de l'anus, ce qui donne plus de jour, plus d'espace, et permet avec de l'attention de découvrir et de ménager le bulbe en avant et le rectum en arrière. Suivant le volume de la pierre, l'opérateur pratiquera une incision prostatique médiane, latérale, ou deux incisions latérales, limitées à la prostate, ne dépassant jamais les limites de Ja glande, mais, au contraire, aussi peu étendues que le permettra l'état d'élasticité du tissu prostatique. La pierre saisie sera conduite doucement j usqu'au col , et doucement engagée dans le trajet périnéo-vésical. Pas de tractions violentes. Si le passage est trop étroit, l'index gauche ira reconnaître la nature et le siège de l'obstacle, pendant que la main droite soutient la traciiou. Puis, confiant les tenettes à un aide, l'opérateur, avec un Listouri boutonné conduit sur la pulpe du doigt, pratiquera de petits débridements sur les parties résistantes, et agira ainsi autant qu'il lui semblera nécessaire pour amener le calcul au dehors.

Ces incisions limitées et successives sont naturellement applicables à tous les cas. C'est le débridement multiple et innocent, substitué aux larges incisions. La fragmentation de la pierre dans la vessie doit rester une dernière ressource, en tant que pratiquée par le trajet de la taille. Nous ne nions ni son utilité, ni son indispensable nécessité. Le principe est excellent, mais les instruments de fragmentation et la longueur comme la répétition des manœuvres en font actuellement un procédé plein de dangers. Peut-être le peifectionnement des instruments rendra à cette manière de faire la valeur et l'importance qu'elle posséda pendant quelque temps.

II. Valeur comparative et ii\dicatio.\s des diverses méthodes de cystotomie chez l'enfant îiALE. Le choix de la méthode cystotomique présente moins de difficultés chez l'enfant que chez l'homme adulte. La taille prérectale et la lithotritie périnéale ne sont pas matériellement praticables. Pour les calculs volumineux, il ne reste donc que la taille hypogastrique, que la situation de la vessie chez l'entant semble rendre facile, mais à laquelle le petit volume du réservoir, son excessive irritabilité, et la difficulté de passer une sonde à dard, créent des obstacles parfois insurmontables.

Pour les pierres de moindre volume, nous avons les méthodes périnéales. La taille bilatérale, avec le lithotome double, a donné entre les mains de Guersant 14 pour 100 de mortalité. La taille latéralisée, d'après les recherches de Thompson, compte de un à seize ans, sur 1028 opérés, 68 morts, soit 6,6 pour lOOdeléthalité. La statistique de C. Williams, sur 383 cas de un à quatorze ans, ne compte que 24 décès, ou une proportion de 6,2 pour 100. Nous ne possédons pas de chiffres comparatifs sur les résultats de la taille médiane cliez les enfants.

Quand on met en présence la mortalité considérable donnée entre les mains

260 CYSTOTOMIE.

ileGuersant par la cyslotomie bilatérale, et les nombreux succès donnés par la taille latéralisée, on conipiend que la première méthode, n'offrant aucun avantage pratique, doit être abandonnée pour la seconde.

La taille latéralisée chez l'enfant n'offre presque aucun danger; elle est d'exécution facile et peut s'appliquer aux calculs de gros et de moyen comme do petit volume, sans qu'il soit nécessaire de modifier en rien sa pratique.

Lu taille médiane présente des conditions favorables et donne probablement autant de succès que la méthode latéralisée, quand elle est judicieusement appliquée. Chez l'enfant, le bulbe de l'urèthre n'existe pas, on ne peut le léser; mais pour éviter le rectum l'incision doit être très-courte. Ou a signalé la possibilité d'intéresser le cul-de-sac péritonéal, qui descend très-bas, jusque sur la prostate, mais nous n'avons trouvé aucun fait précis.

Chertés la taille médiane chez l'enfant est plus délicate d'exécution que la taille latéralisée ; mais ce qui la fait repousser souvent, c'est l'étroitesse excessive du trajet obtenu, d'où efforts de traction, contusions, déchirures des tissus dans le cas de pierres volumineuses. Atlhol Johnson dut inciser la paroi antérieure du rectum, et son petit malade conserva une fistule incurable.

En résumé, si le calcul est petit, la cystotomie médiane est bonne et peut être mise en usage; si la pierre est moyenne ou grosse, si ses dimensions ne sont pas exactement déterminées, la taille latéralisée, dont la voie peut être agrandie à volonté, nous paraît de tout point préférable.

111. VaLEIÎR comparative et liNDICATIOAS DES DIVERSES MÉTHODES DE CYSTOTOMIE

c.HKz LA FEMME. Le choix d'uuc métliodc cystotomique, chez la femme, est actuellement très-dificile. Aucune donnée statistique n'existe dans la science, et les faits épars ne permettent pas de combler cette lacune. Ilybord relève les résultats suivants : Cross 35 tailles, 2 morts; Castara 59 tailles, 2 morts; Dupuytren 48 tailles, 5 morts. En réunissant tous les faits, il trouve que 2H cystotomies ont donné 29 décès ou 9 pour 100; mais, les procédés n'étant ])as précisés, ces chiffres n'ont que peu d'intérêt. Les avantages et les dangers de chaque méthode ne sont pas jusqu'ici nettement déterminés. Les discussions récentes de la Société de chirurgie de Paris ont montré combien les chirurgiens étaient divisés d'opinion, et les praticiens étrangers ne sont pas |»lus d'accord.

Laissant de côté la taille vestibulaire, nous nous trouvons en présence de (piatre grandes méthodes : la cystotomie sus-pubienne, Ja taiJJe vaginale, la lilliotomie uréthrale et la dilatation rapide avec anest/iésie.

\. Cystotomie sus-pubienne. D'une exécution toujours délicate, en raison de l'impossibilité d'injecter du liquide dans la vessie ou de faire conserver une notable quantité d'urine, elle présente de grands dangers aussi bien chez l'adulte que chez la petite fille. Frère Côme eut 7 décès sur 42 opérés, ou 17 0/0. Aussi Malgaigiie, Lane, la proscrivent d'une façon absolue. Elle peut cependant devenir indispensable, dans Je cas de pierres très-volumineuses, mais elle doit être réservée à ces conditions tout à fait exceptionnelles.

2. Cystolomie vaginale. Nous la considérons comme inapplicable chez les petites filles, en raison de l'étroitesse du vagin et de la nécessité de rupturer l'hymen. Chez les vierges, la présence de l'hymen doit également rendre le chirurgien excessivement réservé. Ce n'est que dans les cas de calculs volumineux, quand la dilatation et l'incision de l'urèthre paraissent devoir être insuffisantes, que l'on y doit recourir.

CYSTOTOMIE. 201

Chez la femme adiiUc et délloréc, la cystotomic vaginale offre de grands avantages. Facilité d'exécution, mortalité insignifiante, large voie d'extraction, absence d'incontinence, possibilité de laver la vessie et de modifier ses tuniques altérées, tels sont les mérites qui l'ont fait adopter d'une façon générale par les Américains.

La possibilité et la crainte des fistules persistantes ne sont plus à redouter aujourd'hui, et qu'on tente l'occlusion immédiate de la plaie ou qu'on s'efforce de la maintenir béante pendant un certain temps, on peut être assuré d'obtenir son occlusion.

Pour les calculs moyens et volumineux, la cystotomie vaginale paraît devoir être préférée.

3. Cystotomie uréthrale par incision. Simple et rapide dans son exécution, elle est surtout applicable aux petites filles, chez lesquelles la dilatation n'est pas sans danger. L'étendue et le nombre des incisions seront en rapport avec le volume de la pierre, mais on les fera toujours aus;si limitées que possible et l'on pratiquera la suture métallique immédiate. L'incision supérieure semble offrir le plus d'avantages.

Chez la femme adulte, la taille uréthrale expose à l'incontinence d'urine. Sur 12 cas, Rogie compte 2 morts, 2 incontinences permanentes, 4 temporaires. Comme l'incision ne permet d'extraire que des calculs de 25 à 30 millimètres de diamètre, Picard ne la juge supérieure à la dilatation que par sa rapidité d'exécution. Lane préconise l'opération latérale de Buchanan, si l;i taille vaginale est conlre-indiquée par l'état des organes ou l'âge peu avancé du sujet. Anger, Périer, ne croient pas l'incontinence aussi fréquente que le prétend le professeur Verneuil. Quatre faits de Pamard, deux de liichet, deuv d' Anger, et bien d'autres, viennent à l'appui de cette opinion.

Nous admettrons donc la taille uréthrale comme méthode générale chez les petites filles. Chez les femmes adultes, elle peut venir au secours de la dilatation insuffisante, mais n'offre par elle-même que peu d'avantages.

4. Dilatation deliirèthre. La dilatation rapide de l'urèthre avec anesthésie offre à peu près les mêmes avantages que l'incision uréthrale, sans en présenter les inconvénients. Les observations récentes tendent à montrer que l'incontinence d'urine est très-rare, quand on dilate le canal pendant l'insensibilité et la résolution chloroformiques. Nous en avons dit les raisons.

Cette méthode n'est guère applicable aux petites filles, à cause de l'étroitessc du conduit urinaire et de l'espace interosseux ischio-pubien. Chez les adultes, c'est la méthode par excellence, quand le diamètre de la concrétion ne dépasse pas 25 et même 50 millimètres. Les débridements légers du méat évitent les déchirures à ce niveau. Si l'extraction du calcul offre quelque résistance, l'index gauche introduit dans la plaie reconnaît la nature de l'obstacle. Puis, le bistouri boutonné conduit sur la pulpe du doigt, divise par de petites sections les parties qui gênent la sortie de la pierre. On rentre ainsi dans la cystotomie à débridements multiples, successifs et limités, qui constitue la méthode la plus svire et la plus avantageuse en même temps. Le trajet, plus large, donne passade à des calculs un peu plus volumineux. 11 n'y a à craindre ni l'hémorrhagie, ni ses conséquences si graves : la lésion des plexus veineux, la phlébite^et' la pyoémie.

Conclusions : a. Chez l'enfant. La dilatation et la taille vaginale ne sont que difficilement applicables. La taille uréthrale doit être la méthode générale pour

'^^''^ CVSTOÏOMIE (BlBLIOGBArilIE).

les calculs peliis et moyens, la cystotomie sus-pubienne étant réservée aux calculs de gros volume.

b. Chez VaduUe. La dilatation rapide de l'urètbre pendant l'anesUiésie e.st la meilleure pratique pour les calculs inférieurs à 25 ou 50 millimètres. Toute difficulté dans l'cxtraclion par étroitesse du passage sera combattue par des débridements appropriés. La conciétion est-elle un peu plus grosse, on recourt à la taille urélhrale. Vient ensuite la cystotomie vaginale avec ou sans suture immédiate de la plaie, et en dernier lieu, pour les pierres énormes, reste comme ressource ultime la litbotomie sus-pubienne. Tels sont les enseignements qui nous pai'aissent ressortir de l'examen des faits. Mais, ainsi que nous le disions en commençant, la question du traitement des calculs vésicaux chez la femme est encore à l'étude, et de nouvelles observations sont nécessaires pour arriver à sa solution. J. Chauvel.

BiBLioGRAniiE. — Nous n'avons pas la prétention de réunir ici tous les ouvrages publics sur ropéralion de la cystotomie. La liste complète de ces publications suffirait à remplir un gros volume, et les recherches bibliographiques exigeraient un temps et des ressources dont nous n'avons pu disposer. Mais l'indicaiion des principaux et des récents écrits sur la matière suffira pour donner une idée de l'inlérêt qu'a toujours éveillé l'opération de la taille depuis la renaissance delà chirurgie.

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eiTHÉRÉE. [Cijtherea \jM-ak) . Genre de Mollusques-Lamellibranches du groupe des Siplioniens et de la famille des Vénéridés, dout lus représentants, trèsvoisins des Vénus (voy. ce mot), n'en diffèrent qu'en ce que la charnière de la coquille est pourvue, outre les trois dents cardinales, d'une quatrième dent antérieure située sous la lunule de la valve gauche et s'enchâssant dans une échancrure correspondante de la valve droite. L'animal est semblable à celui des Vénus.

Les G} thérées, très-nombreuses en espèces, se rencontrent dans presque toutes les mers. Leurs coquilles équivalves, de forme suborbiculaire ou oblongue, et jamais couvertes d'un épidémie [Drap marin), sont tantôt lisses, tantôt ornées de siries concentriques ou de sillons plus ou moins prononcés, quelquefois armées d'épines ; beaucoup sont remarquables par la beauté et la divei'sité de leurs couleurs. Comme espèces principales, nous mentionnerons Cytherea spinosa Lamk, de la merdes Antilles, C labiata Lamk et C. gigantea L., du Grand Océan Indien, C. rudis Poli, qui abonde dans le golfe de Marseille, et C. chione L., qui se trouve à la fois dans l'océan Atlantique et dans la Méditerranée et qui est comestible.

On connaît un grand nombre de Cythérées fossiles propres aux terrains tertiaires. Ed. Lefèvre.

CTTIKET [Cytimis L.). Genre de plantes apétales, autrefois rapporté avec raison aux Aristolochiées, et dont on a fait le type d'une famille des Cytinécs. On en décrit plusieurs espèces, de l'Afrique australe et de l'Amérique centrale. En Europe, il n'y en a qu'une, avec plusieurs variétés, qui est l'Hypociste et qui tire ce nom de ce qu'elle est presque toujours parasite des Cistes. On la trouve aussi vivant sur les Helianlhus et, dit-on, les Cytises. C'est une plante humble, colorée de jaune, quelquefois blanchâtre ou teintée de carmin, charnue, vivace, dont la base forme une gangue celluleuse sous l'écorce des racines de la plante nourrice, et qui émet çà et là, à la surface de cette racine, des bourgeons perforant l'écorce et venant s'épanouir dans l'atmosphère à l'état de branches florifères. Les feuilles sont remplacées par des écailles alternes, imbriquées d'abord, et les fleurs sont disposées en courts épis. Elles sont, dans ce genre, monoïques ou dioïques. Les fleurs mâles ont un périanthe tubuleux ou en entonnoir, avec un limbe de 4-8 folioles imbriquées. Les étamines sont unies en un seulverticille sur une colonne centrale contre laquelle s'appliquent exactement les anthères allongées, extrorses, déhiscentes par deux fentes longitudinales. Dans les fleurs femelles, le réceptacle, qui porte un périanthe analogue à celui delà fleur mâle, se dilate inférieurement en une sorte de poche logeant l'ovaire

CYTISE (botanique). 'iTI

infère, uniloculaire, avec un nombre variable de placentas pariétaux qui portent de nombreux ovules orlbotropes, droits ou arqués. Le fruit charnu est polysperme ; et les graines (souvent rongées à l'intérieur par des insectes) renferment une amande charnue, que M. Planchon a prise pour l'embryon. Le C Hyi)0cystis était d'abord, pour Linné, VAsaruni Hypocystis; Clusius a nommé ses principales variétés Hypocystis lutea et varia. On le trouve dans toute la région méditerranéenne, en Gironde, en Algérie, en Anatolie et en Bylhinie. Les anciens faisaient grand cas de son suc comme médicament. On l'obtient par expression ; après quoi on le fait évaporer. Il forme alors des amas bruns ou noirs, à surface extérieure terne, à cassure brillante quand ce Suc dliypociste est pur. Sa saveur est acidulée, sans amertume; il fond dans la bouche. 11 est astringent, et l'on dit qu'il renferme de l'acide gallique. Les anciens, notamment Bergius, disent qu'on préparait de l'encre en faisant agir sur ce suc une solution de sulfate de fer. Jadis, on l'employait assez souvent contre les diarrhées rebelles, la dysenterie, les hémorrhagies, les flux, les écoulements uréthraux, en un mot, à titre d'astringent. Il est aujourd'hui bien peu usité. II faisait partie de la thériaque de Mithridate, du fameux Emplâtre à ruptures, etc. II. Ba.

BiBUOGBAPniE. — L., Gen. (éd. 6), n. 1252. — Endl., Gen., 75. — J. Hook., in DC. Prodi-., XVII, 107. — Mér. et Del., Dict. Mai. niéd., II, 573. — Hosent»., Syiu pi. diapli., 249. — Païeb, Fatn. nat., 147. — Arcang , in N. Giorn. bot. ital.; Ait. Coiujr. bot. Fir. (1876), 155. — H. Bn, in Compl. rend. Assoc. franc., III, t. V ; in Bull. Soc. Linn. Par., 27. 11. Cn.

CYTISE [Cytisus). § I. Botanique. Genre de Légumineuses-Papilionacées, série des Genêts, dont les fleurs sont hermaphrodites et irrégulières, avec un réceptacle cupuliforme ou brièvement turbiné, garni en dedans d'un disque glanduleux. Le calice gamosépale est plus ou moins nettement bilabié, avec des dents ou des lobes coui-ts, dont les deux supérieurs sont unis dans une étendue variable ou môme dans toute leur hauteur. La corolle papilionacée a les pétales libres ou légèrement connés à la base avec celle du tube androcéen. L'étendard est ovale et suborbiculaire ; les ailes, obovales ou inégalement oblongues • la carène, droite ou incurvée, obtuse ou légèrement acuminée. Toutes les étamines ont leurs filets unis en un tube clos, et leurs anthères sont dimorphes; les oppositipétales plus courtes, versatiles ; les allernipétales plus longues et sulibasifixes. Le gynécée est sessile ou supporté par un pied court. L'ovaire renferme un nombre indéfini d'ovules, et le style, glabre, incurvé, a sa surface stigmatique terminale, capitée ou oblique. La gousse est oblongue ou linéaire, pianocomprimée, glabre ou velue, à cavité continue ou rarement partagée par d'incomplètes fausses-cloisons; elle s'ouvre en deux panneaux. Les graines sont nombreuses, pourvues d'un petit arille; construites comme celles de la plupart des Papilionacées. Les Cytises sont des arbustes ou de petits arbres, à rameaux quelquefois spinescents, à feuilles digitées, 5-foliolées, plus rarement I-foliolées, ou petites et bractéiformes. Les stipules sont petites, sétacées ou nulles. Les fleurs sont disposées en grappes, tantôt terminales et allongées, tantôt courtes pauciflores, avec des bractées petites ou foliacées. On en décrit 50 à 40 espèces' originaires de l'Europe, de l'Afrique boréale, des îles Canaries et de l'Asie occidentale. Un grand nombre ont été employées et peu le sont aujourd'hui.

Le Cytisus Laburrmm L., plus connu sous le nom de Faux-Ebénier, est la plus communément cultivée des espèces indigènes II croît spontanément dans nos Alpes, où on le nomme encore Autours. Il est recherché dans les jardins pour

272 CYTISE (action physiologique).

ses grappes pendantes de belles fleurs jaunes. Plusieurs animaux s'en nourrissent, et cependant il n'est pas sans danger pour l'homme ; car plusieurs de ses paities sont douées d'une grande âcreté : on doit le dire surtout de la graine et de l'écorce, et il faut empêcher l'homme et surtout les enfants de tenir à la bouche des rameaux fleuris de cette plante {voy. plus loin).

Le Cytise des Alpes {Cytisus alpinus L.), qui est, suivant les divers auteurs, une espèce distincte, ou une variété du précédent, est aussi cultivé dans nos jardins. Il croît dans nos Alpes, en Hongrie, dans les Apennins, etc. Ses propriétés doivent être analogues à celles de l'espèce précédente. Ses diverses parties sont également douces d'une grande âcreté.

Le C. lanigerus DC, de l'Europe méridionale, qu'on a cru être VAundÏM', de Dioscoride, a été indiqué contre les hémorrhagies, les flux, les angines, etc. Le C. Weldeni Vis., espèce de Dalmatie, a été vanté contre les céphalalgies. Le C. spinosus Lamk {Spartium spinosum L.) passe pour un médicament astringent, utile surtout dans les cas de blennorriiagic, d'hémorrhagie, etc. le C. spinosus de Descoiu-tils, que De (landolle a nommé C. Antillarum, et qui n'appartient peut-être pas à ce genre, est indiqué comme un médicament fébrifuge, dont les diverses parties sont amèrcs et toxiques. H. Bn.

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g II. Action physiologique. Les anciens ne font aucune mention des propriétés toxiques du cytise et encore actuellement son action physiologique et thérapeutique est très-imparfaitement connue. Depuis la lin du seizième siècle, le faux ébénier est cultivé dans la plupart des contrées de l'Europe, et dès lors les propriétés nocives de cette plante ne tardèrent pas à être connues dans le peuple. Les propriétés purgatives et surtout vomitives des pousses, même jeunes, de cytise, ont été signalées tout d'abord par Tollard et Vilmorin ; le premier cas d'empoisonnement par les feuilles, l'écorce, les fleurs ou les semences de cette plante, a été observé en Angleterre. Depuis, de nouveaux cas ont été signalés en France et surtout en Allemagne.

Les principes actifs du cytise sont contenus dans toutes les paiiies de la plante, écorce, racine, feuilles, fleurs, gousses et semences. D'après Scott Gray, la cijlisine {voy. ce mot), préparée par Chevallier et Lassaigne, ne serait pas un principe pur; il extrait en revanche du cytise deux principes amers neutres, la laburnine et le cystinea, ainsi qu'un acide, Yacide laburnique. On se sert de préférence, pour leur préparation, des semences ou de l'écorce, dont la composition est plus constante que celle des feuilles.

Les trois principes décrits par Gray sont solubles dans l'eau , tandis que l'alcool n'en dissout qu'fcne partie. Pour les obtenir isolés, on précipite l'acide laburnique de la solution aqueuse au moyen de l'acétate de plomb, puis on le met en liberté en décomposant le laburnate de plomb par l'hydrogène sulfuré. On sépare les deux principes neutres au moyen de l'alcool méthylique, qui ne dissout pas la laburnine. Gray ne fait pas connaître la composition élémentaire des substances ainsi isolées, qui ne sont peut-être que des corps impurs. Husemann et Marmié ont de leur côté obtenu un alcaloïde auquel ils ont donné le nom de laburnine, mais, d'après les recherches ultérieures du premier de ces savants, la laburnine n'est autre chose que de la cytisine impure. Nous

CYTISE (action physiologique). 275

croyons que l'étude chimique du cytise est à refaire; cependant l'existence de la cylisine nous semble clairement démontrée.

Quoi qu'il en soit, voici les résultats des expériences pratiquées par Gray sur les animaux. Cet auteur administrait à des clials une décoction de cytise, dont l'action ne fut pas trouvée identique dans tous les cas. Introduite dans l'estomac à dose modérée, au moyen d'une sonde œsophagienne, cette décoction provoque un malaise considérable, bientôt suivi de nausées et de vomissements ; tout se borne en généi"al à un ou deux accès de ce genre, puis survient de la torpeur et de la dépression. Quelques heures après, l'animal revient à son état normal. Il n'a pas été possible d'amener la mort par ce moyen, à moins de pratiquer la ligature de l'œsophage et d'empêcher ainsi le rejet de la substance toxique p;ule vomissement. L'action sur les pupilles est très-variable ; le plus souvent elles sont contractées ; d'autres fois elles sont dilatées. La respiration, d'abord accélérée, ne tarde pas à revenir à son rhythme normal. L'action du cœur présente également une phase d'accélération au début. Les fonctions digestives ne paraissent pas être influencées par le cytise, et, môme dans les cas où la mort a été provoquée par l'injection d'une forte dose de ce poison dans le tissu cellulaire sous-cutanc ou dans une cavité séreuse, on ne trouve point à l'autopsie de traces d'une hyperémie ou d'une indammation de l'estomac.

Le vomissement est plus siir et plus rapide quand le cytise est injecté dans le tissu cellulaire sous-cutané que si on l'introduit dans l'estomac; si l'on n'injecte qu'une faible dose, l'effet est le même que dans ce dernier cas, mais l'action narcotique est plus prolongée.

De ces expériences Gray conclut que le cytise n'est pas irritant. Dans quelques cas, on observe des tremblements et des convulsions passagers, de l'hypercrinie salivaire et un effet diurétique notable. Quand la dose est mortelle, les symptômes ordinaires s'aggi'avent et la respiration cesse ; le cœur continue encore à battre pendant quelques minutes. A l'autopsie, on trouve le système veineux et les cavités droites du cœur gorgés d'un sang noir, les poumons affaisses et le ventricule gauche généralement contracté ; point de signes d'inflammation dans

aucun organe.

Nous ne suivrons pas Gray dans la description qu'il a donnée des symptômes provoqués par le cystinea, la laburnine et l'acide laburnique, dont l'action ne diffère pas sensiblement du reste de celle de la décoction de cytise, sauf les symptômes de paralysie des extrémités postérieures que produisent, d'après lui, le cystinea et l'acide laburnique.

Dans d'autres expériences sur des lapins, auxquels Gray faisait man<ïer les diverses parties de la plante, on observa d'abord des phénomènes d'excitation légère, suivis d'un effet nai-cotique très-prononcé, d'un sommeil interiompu par des secousses spasmodiques des membres. L'action sur les chiens a été trèssensiblement la même que sur les chats.

Chez les grenouilles, la mort est précédée de spasmes musculaires dans les membres postérieurs.

L'extrait de cytise introduit dans l'organisme humain par la voie stomacale produit sur lui les effets suivants. Après une légère excitation du système nerveux, accompagnée d'un peu d'accélération du pouls et de la respiration le pouls diminue de fréquence et il survient de la torpeur et de la tendance au sommeil. La sécrétion urinaire est un peu augmentée en général. Gray attribue en outre au cytise la propriété d'activer la sécrétion biliaire, mais il lui refuse

BICT. ENC. XXV. ^jj

274 CYTISE (toxicologie).

toute action irritante sur le tube digestif; il explique la diarrhée profuse observée dans certains empoisonnements par l'émotion très-vive qui survient en pareil cas, par le choc que subit le système nerveux, par les émélo-cathartiques ou autres remèdes administrés aux malades pour débarrasser leur tube digestif du poison. Cependant il admet que, dans le cas de dyspepsie bilieuse, par exemple, le cytise, en provoquant une sécrétion plus active de la bile, peut déterminer des évacuations alvincs plus ou moins abondantes.

En résumé, d'après Gray, le cytise introduit dans l'organisme animal d'une manière quelconque est absorbé, pénètre dans la circulation, puis agit sur les centres nerveux, particulièrement sur les centres respiratoires, en empêchant la transformation complète dd sang veineux en sang artériel. Le sang, ainsi imparfaitement oxygéné, influence à son tour les centres nerveux, dont l'énergie se trouve déjà épuisée par l'action directe du poison, et paralyse les muscles respiratoires. Le cœur, à son tour, par suite de l'arrêt de la respiration, est distendu par le liquide sanguin, et la mort ne tarde pas à survenir,

§ III. Action tbi'-rapentiquc. Gray administre la décoction de cytise amenée par concentration à un poids spécifique de 1,024, à la dose de 1 à 20 gouttes, fréquemment répétée, suivant l'âge et la constitution du malade. L'extrait est donné par lui à la dose de 5 milligrammes à 10 centigrammes. Nous ne noterons que pour mémoire les doses des prétendus principes actifs qu'il a isolés : pour l'acide laburnique,de5à 30 centigrammes; pour le cystinea, de 5 milligrammes à 20 centigrammes, et pour la laburnine, de 25 à 60 centigrammes. L'action de toutes ces préparations est du rc'^te à peu près la même sur l'économie.

Comme nous l'avons vu plus haut, on obtient au moyen du cytise un effet narcotique très-net, et pour que celte action ne soit pas précédée de vomissements, il suffit de ne pas dépasser les doses indiquées ci-dessus.

Yauters préconisait les jeunes pousses de cytise comme succédané du séné.

Gray attribue en outre au cytise des propriétés stomachiques et cholagogues; il l'a trouvé surtout utile dans le traitement de la dyspepsie bilieuse avec vomissements bilieux périodiques, et alternatives de constipation et de diarrhée. 11 donne dans ces cas des doses plus élevées, trois fois par jour, avant les repas, pendant six semaines ou deux mois ; l'appétit ne tarde pas à revenir, eu même temps que les vomissements s'arrêtent. Les préparations de cytise paraissent du reste exercer une action très-favorable dans la plupart des troubles fonctionnels du foie. Elles arrêtent rapidement les vomissements des enfants, quand ils sont dus à une irritabilité exagérée de l'estomac; il convient de les donner dans ces cas environ dix minutes avant le repas et à dose peu élevée. Des petites doses fréquemment répétées sont un bon palliatif contre les quintes de la coqueluche.

En Angleterre, l'emploi du cytise comme diurétique est populaire.

Gi'ay a employé avec succès le C}tise contre les nausées et les vomissements qui surviennent dans les premiers temps de la grossesse. II est utile en outre dans le traitement du prurigo; il convient ici d'employer des doses très-élevées, répétées quatre fois par jour, et l'on fait bien en outre d'appliquer une décoction de cytise extérieurement.

De même que les autres narcotiques, les préparations de cytise ont une action sédative utile pour calmer la toux dans la bronchite et la dyspnée dans l'asthme.

§ IV. Toxicologie. L'empoisonnement par le cytise s'observe surtout sur

CYTISE (toxicologie). 2:5

les enfants, avalant les fleurs en jouant, ou les graines non mûres qu'ils prennent pour des pois, ou enfin mâchant la racine ou la tige en guise de racine de réglisse, ou sur des personnes qui avaient eu l'idée de se servir des semences à la façon des autres légumineuses alimentaires. De petites doses suffisent pour provoquer des accidents très-graves, souvent mortels. Dans un moulin on avait broyé les semences pour en faire l'analyse chimique ; malgré un nettoyage minutieux de la pierre meulière qui avait servi dans cette occasion, la farine, moulue ensuite, provoqua chez les personnes qui en firent usage des accidents assez sérieux, vertiges, vomissements, malaise persistant durant plusieurs heures. On cite encore des cas d'emjioisonncment par des beignets confectionnés aux fleurs de cytise, prises par erreur pour des fleurs d'acacia {Robinia pseudo-acacia).

Les symptômes les plus saillants de l'intoxication par le cytise sont: des nausées et des vomissements très -violents, survenant en général un ({uart d'heure à une heure ou plus après l'ingestion du poison ; de la diarrhée, moins fréquente ; des douleurs épigasli'iques et abdominales persistant souvent plus d'un mois ; Gray, se basant sur l'absence dans le tube digestif des animaux empoisonnés par le cytise des lésions inflammatoires, n'admet pas que la diarrhée soit provoquée par le cytise ; cependant un grand nombre d'auteurs ont observé de véritables symptômes cholériformes (Polak, etc.), une diarrhée sanguine (Weelhouse), une gastro-entérite intense avec dysenterie chronique consécutive (Christison), une gastrite violente, de durée fort longue (Popham), chez neuf personnes sur dix empoisonnées en même temps; encore la deuxième présenta-l-elle tous les phénomènes de l'intoxication par un poison narcotico-âcre (BulL gén. thér., t. LXXIV, p. 93, 1868). Dans les autopsies qui ont été faites, on a trouvé tantôt une intégrité complète du tube digestif (Ilinckeldeyn) , tantôt les traces d'une inflammation intense des intestins et du mésentère, avec intégrité des autres organes (Wilson).

En même temps on voit survenir des phénomènes d'origine nerveuse, convulsions, aneslhésie, refroidissement des extrémités, cyanose des lèvres et de la face, affaiblissement du pouls, coma, etc. Les pupilles sont tantôt dilatées, tantôt rétrécies. Les phénomènes tétaniques sont rarement observés.

Dans les cas mortels, ces symptômes se suivent rapidement et avec une grande violence; quinze à vingt minutes après l'ingestion du poison surviennent déjà les vomissemenls violents qui ouvrent la scène, et souvent tout est terminé après trois quarts d'heure ou une heure.

Généralement, dit Husemann, les accidents nerveux et les phénomènes d'irritation gastro-intestinale s'observent simultanément.

D'après Endlicher, l'odeur dnCytisns ramentaceus Sieh. suffit pour provoquer des vertiges, et le lait des chèvres qui en ont mangé occasionne, paraît-il, de violents maux de tête. D'après Reissck, les chèvres qui mangent du Cytisus Weldeni, commun en Dalmatie, présentent elles-mêmes des phénomènes manifestes d'intoxication.

Mais dans quelle catégorie de poisons convient-il de placer le cytise? Les uns et ce sont les plus nombreux, veulent le ranger dans les uarcotico-âcres, les autres, avec Gray, lui refusent toute action irritante sur les voies di^estives et ne lui laissent que ses propriétés narcotiques et stupéfiantes. En l'aljsence de données plus positives, il nous est impossible de nous prononcer de préférence en faveur de l'une ou de l'autre théorie.

276 CYTISINE (chimie).

Traitement. Comme dans la plupart des empoisonnements, la première indication à remplir, c'est de débarrasser l'estomac de son contenu; ce résultat se produit parfois spontanément, comme nous l'avons vu; en pareil cas, s'il ne s'agit pas d'une dose très-élevte, le mieux est de ne pas donner un vomitif, qui aurait pour résultat d'affaiblir encore davantage le malade; Gray recommande de préférence les slimulants, tels que les préparations ammoniacales. Si l'on craint qu'il ne soit resté des matières suspectes dans l'estomac, on peut donner une ou deux cuillerées à café de charbou pour absorber les principes toxiques du cytise et le rendre inerte. Dans les cas où après l'ingestion de doses élevées de cytise le vomissement ne se produit pas spontanément, surtout chez les enfants, il est bon de donner de l'émétique, et, après vomissement, du charbon et de l'esprit ammoniacal aromatique des Anglais (Gray). L. Hahn.

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CYTISI]\'E. C^"H"Az'0. § I. Chimie. Basc organique, douée d'une grande énergie, découverte par Chevallier et Lassaigne {Journ. de pharm., i. IV, p. 540; t. VII, p. 235) dans les graines miires du Cylisus laburnum L.; on la trouve en outre dans les graines de plusieurs autres espèces de cytise, notamment dans celles du Cytisus alpimis, d'où elle a été extraite par Peschier et Jacquemin, et en petite quantité dans les gousses non arrivées à maturité, dans les fleurs et l'écorce, et même dans les feuilles de ces plantes. La cylisine se rencontre également en petite quantité dans plusieurs autres plantes de la famille des Légumineuses, telles que ri?irt^î/ris fœtida, le Coronilla fœlida et le C. varia.

Le produit préparé par Chevallier et Lassaigne était extrêmement impur; Husemann et Marmié {Zeitschr. Chem., 1865, p. 161; Husemann, ibid., 1869, p. 677), les premiers, ont obtenu la cytisine pure et ont établi sa formule.

Préparation. Les graines de cytise sont épuisées à froid par de l'eau acidulée au moyen de l'acide sulfurique ; l'extrait est neutralisé par de la chaux. puis précipité par de l'acétate de plomb et filtré. On débarrasse la liqueur du plomb par l'acide sulfurique, puis on sature avec de la soude et après évaporation on traite par le tannin. Le dépôt de tannate est ensuite additionné d'une quantité suffisante de lilharge, séché au bain-marie, et le résidu épuisé

CYTISINE (chimie). 277

par de l'alcool ; le liquide filtré est soumis à l'évaporatioa et saturé d'acide nitrique; on ajoute six à huit volumes d'alcool absolu, qui entraîne d'abord le dépôt des substances résineuses, puis après un séjour suffisamment prolongé le dépôt du nitrate de cytisine pur en cristaux volumineux. On soumet ce sel aune nouvelle cristallisation, puis on le chauffe avec une lessive concentrée de potasse; la cytisine vient ensuite former une couche huileuse qui surnage et se prend par le refroidissement en une masse cristalline. On débarrasse ce produit de la potasse qu'il a entraînée en le plaçant dans une atmosphère d'acide carbonique. Enfin on reprend par l'alcool et on fait cristalliser.

Propriétés. La cytisine forme une masse blanche de cristaux rayonnes, sans odeur, de saveur amère, inaltérables à l'air. Elle se dissout dans l'eau en toutes proportions; elle est également très-soluble dans l'alcool, mais à peine soluble dans l'éther pur, le chloroforme, le sulfure de carbone ou la benzine. Elle fond vers 154 degrés en un liquide huileux, qui se prend en cristaux par le refroidissement. A une température plus élevée, elle se volatilise; chauffée avec précaution dans un courant d'hydrogène, elle se sublime sans subir de décomposition.

La cytisine est soluble dans l'acide azotique, et sa solution jaunit sous l'influence de la chaleur. La solution incolore de cytisine dans l'acide sulfurique concentré, additionnée d'acide nitrique ou d'acide chromique, jaunit, puis brunit et finalement passe au vert.

La cytisine est énergiquement alcaline ; sa saveur est légèrement caustique. Elle décompose les sels ammoniacaux même à froid et précipite les oxydes terreux et ceux des métaux lourds.

Elle s'unit soit à deux, soit à quatre atomes des acides monoatomiques, pour former des sels neutres dans le premier cas, acides dans le second cas. Les sels de cytisine ont une saveur amère plus prononcée que la base elle-même ; ils sont très-solubles, et un grand nombre d'entre eux, notamment les sulfates, les phosphates, les acétates, les oxalates, les tartrates, etc., sont déliquescents et difficiles à obtenir à l'état cristallin. 11 n'y a guère que l'azotate de cytisine :

C^^H^Az^O. 2Az05H-4-2tP0,

qui cristallise bien en gros prismes monocliniques, transparents, qui perdent leur transparence et prennent une apparence porcelanée entre 100 et 110 degrès, par perte de leur eau de cristallisation.

En traitant une solution d'un sel de cytisine par le chlorure de platine, on obtient du chloroplatinate de cytisine :

C^«H"Az50.2HCl.PtClS

sous forme d'un précipité jaune-orange floconneux, qui cristallise peu à peu ; l'eau-mère donne par évaporation un chloroplatinate acide, ayant pour composition :

G^"H"Az'0.4HCI.2PtCl*;

c'est une substance jaune clair, cristallisuble, plus aisément soluble dans l'eau que le précédent.

Si on traite les solutions salines de la cytisine par de l'iodure de potassium ioduré, on obtient un piécipité rouge brim foncé, qui cristallise à la longue; dans une

278 CYTTARIA.

solution à 1/15000, on obtient encore un trouble avec ce réactif. L'eau brome'e donne un précipité jaune-orangé et trouble encore manifestement une solution à 1/15000. L'acide phospho-molybdique détermine un précipité jaune dans les solutions très-acides et les trouble même quand elles sont diluées à 1/30000.

Le bichromate de potasse est sans action sur la cyfisine et sur ses sels. Le chlorure mercureux donne avec la cytisine libre un précipité blanc, très-insoluble, même dans l'eau chaude, cristallisable, soluble dans l'acide chlorhydrique et l'acide nitrique, et répondant à la foimule :

§ II. Action physiologique. La cylisiue est le principe toxique du cytise ; ses propriétés vomitives l'avaient fait considérer par Peschier et par Gérard comme identique avec la cathartine du séné [Journ. de chim. méd., t. YI, p. 65), opinion dont l'inexactitude fut démontrée peu après par les recherches de Heerjein, Tunderman et Martius.

Quelques décigrammes de cytisine en injection sous-cutanée ont suffi pour tuer un chien de grande taille; 50 à 40 milligrammes tuent un chat.

La cytisine injectée dans le sang à la dose de 10 à 15 milligrammes fait périr des chats et des lapins de grande taille ; une dose de 30 milligrammes est mortelle pour un chien.

La mort est due à l'asphyxie et peut être empêchée en pratiquant la respiration artificielle (W. Marmié. Jahresb. der nalurforsch. Gesellach. Graiibûndens, Bd.XlV, p. 219,1869).

Chez l'homme, la cytisine prise à l'intérieur produit des étourdissements, des spasmes, des vomissements, et divers symptômes d'irritation gastro-intestinale (voy. Cytise). L. Ihm.

CïTOBLASTE (de xyroç, corps, cellule, et j3X«(7Tôç, germe]. Mot désignant le noyau des cellules en général, dans l'hypothèse qui considérait le noyau comme le germe dont dérivait la cellule [voy. Cellule, p. 571 et 682),

Ch. Robin.

CYTOBLASTIOIV' (de /wtoç, corps^ cellule, et p^aatctov, bourgeon). Ce terme désigne les noyaux libres d'origine mésodermique qui, en grandissant, deviennent ovoïdes et alors, sous les noms de noyaux du tissu cellulaire, embryoplastiques ou fibroplastiques, servent de centre de génération aux cellules, aux fibres lamineuses {vcy. Fibre et Lawuneux, p. 211). Us ont ainsi été nommés parce qu'ils dominent dans le tissu des bourgeons charnus des plaies. Mais dans le mésoderme, partout où aux cellules de ce feuillet embryonnaire succède du tissu cellulaire, il débute par la génération de noyaux ayant cet état primitif dit de cytoblastions. Dans la trame du tissu pulmonaire, du derme des muqueuses dermo-papillaire, utérine, etc., il y en a qui restent toute la vie sous cet état. Le chorion de la muqueuse gastro-intestinale et le tissu propre de ses villosités en contiennent surtout une grande proportion. Ces parties sont ainsi formées de tissu cellulaire qui n'arrive pas à un degré d'évolution beaucoup plus élevé que le tissu cellulaire de l'embryon en général [voy. Lami- MEux, p. 243, 247 et 259, et Muquecx, p. 453). Cir. Robin.

CïTTARiA. Berkeley {Trans. Soc. linn. de Londres, vol. XIX, p. 40) a

CZERMAK. 279

établi sous ce nom un genre de Cliampignons-Hyménomycètes de la famille des Pézizées, qu'il caractérise de la manière suivante: « Réceptacles charnus-gélatineux, agrégés ou réunis dans une sorte de stroma globuleux revêtu d'un épiderme épais; cupules placées à la périphérie du stroma, d'abord closes, remplies de gélatine, puis ouvertes lors de la rupture de l'épiderme ; hyménium séparable, excepté sur les bords de la cupule; Ihèques (isci) géantes, finissant par se dégager des paraphyses entre lesquelles elles sont placées ; vélum ne se rompant que tardivement ; sporidies pâles. »

On connaît seulement deux espèces de ce genre remarquable. L'une (C Berteroi Berk.) croît au Chili sur le Fagus obliqua Mirb.; l'autre (C Darwinil Berk.) a été rencontrée à la Terre de Feu sur le Fagus beluloïdes Willd. Cette dernière, qui est d'une belle couleur jaune, est mangée avec délices par les naturels, malgré sa saveur styptique désagréable. Ed. Lefèvre.

CZERMAK (JoH. Nepom.). Né à Prague, le 17 juin 1828, d'une vieille famille tchèque, étudia la médecine successivement à Vienne, à lireslau, à Wurtzbourg, et prit ses degrés à Vienne. Doué d'un remarquable talent de professeur, il entra, dans sa ville natale, comme médecin assistant de son compatriote, l'illustre physiologiste Purkinje, à l'Institut physiologique; il fut appelé ensuite à remplir les fonctions de professeur de zoologie à Graz (1855), de professeur de physiologie à Cracovie (1856), et en 1857, à Pesth, et trois ans après il revint à Prague, mais, cette fois, avec le titre de directeur de l'Institut. En 1865, il accepta la chaire de physiologie à léna, et enfin, en 1869, il passa avec le même titre à Leipzig, qui avait voulu accaparer un homme dont les leçons attiraient les élèves de toutes les contrées de l'Allemagne. C'est là qu'il fut prématurément enlevé à la science, le 16 septembre 1873. 11 était membre correspondant do l'Académie des sciences de Vienne, et c'est dans les comptes rendus de cette société qu'il a fait paraître la plupart de ses travaux.

Animé d'une véritable passion pour la physiologie, il s'efforçait d'en inspirer le goût à la jeunesse, en vulgarisant cette science par des cours publics ; il voulait faire comprendre à tous l'importance qu'il y a pour l'homme de connaîtfe sa propre organisation, quelle que soit la carrière qu'il embrasse. Son zèle, son activité, n'avaient pas de bornes, et on lui doit, entre une foule de travaux sur sa science de prédilection, divers appareils fort ingénieux, imaginés ou perfectionnés par lui, notamment le laryngoscope qui porte son nom, un sphygmographe électrique, etc. 11 avait institué, à Prague d'abord, puis à Leipzig, un magnifique laboratoire privé, dont il a donné lui-même la description, et qu'il utilisa pour des recherches publiées en 1864 et en 1875.

On lui doit les principales publications suivantes :

I. Physiologische Studien. In SUiungsber. der k. Akad. der Wissensch., 1854-55, 1,2 3 Abth. Wien, 1854-1856, in-8°, l'I. — II. Beilrâge zur Kenntniss der Beihûlfe der Nerv'en' zur Speichehecretion. Ibid., 1857, et Wien, 1857, in-8% PI. — III. Ideen zu einer Lehre vom Zeitsinn. Ibid., 1857, et Wien, 1857, in-8°. — IV. Ueber das Verhalten desweicken Gaumens beim Hervorbringen der reinen Vocale. Ibid., 1857, et Wien, 1857, in-8°. — V. Physiologische Unlersuchungen mit Garcia's Kehlkopfspiegel. Ibid., 1858, et Wien 1858, pi. 5 — VI. Ueber die Datier und die Aiizahl der Venlrikel Contraclionen des aiigeschmttenen Ka'ninchenherzens (avec G. v. Piotuowski). Ibid., 1857, et Wien, 1858, in-8°. — VU. Ueber die Sprache bei lufldiclUer Verschliessung des Kehlkopfs. Ibid., 1859, et Wien, 1859, m-8°. — VIII. Kleine Mitllieilungen ans dem k. k. i^hysiologischen Inslilut in Pes/.' Ibid.' 1859-60 1, 2, 5 Reihe, et Wien. 1859-60, in-8°. - IX. Das p/ujsœlogische lns(i(ut der Universilât Pest. Pest, 18'J0, in-8°, Ijg. 5. - X. Der Iiehlkopf,,,iegel und seine Verwerthung fur Phy-

280 CZKRWIAKOWSKI.

siologie und Medizin, eine Monographie, etc. Leipzig-, 18G0, in-8°, fig. 50 et pi. 3, et ibid., 1863, in-8°, trad. t'r. par Mandl. Paris, J8G0, in-8°, fig. — XI. Miltlieilungcn ans dem p/tijsiologischen Prival-Laboralorium. Wien, 1804, in-S". — XII. Ucber don Spirilus axper und lenis und ûber die Fliisterslimme. Wien, 18G0, in-8°. — XIII. PopuUire plujsiologische Vortrâge, gehalten in akad. Bosensaale zii Jena, 1867-69. Wien, 1869, in-S", fig. — XIV. Der eleclrischc Doppclkebel. Ein Universal-Conlact, etc. Leipzig, 1871, in-4"', pi. — XV, Ueber das Hen und den Einfluss des Nervensystetns aufdasselbe. Leipzig, 1871 , in-8°. — XVI. Ueher das physiologisclie Privat-Laboratorium an der Universilàt Leipzig. Leipzig, 187-5, in-8°, fig. — XVII. En 1879, les héritiers de Czermalv ont t'ait réunir et publier les principaux mémoires de l'illustre physiologiste, qui se trouvaient disséminés dans divers recueils, souvent peu accessibles au lecteur : Czermak's gesammelte Schriften. Leipzig, 1879, 2 vol. in-8°. En tête du second volume se trouve une biographie de Czermak par .\. Spinger. Yoyez encore sur ce savant la notice nécrologique publiée par M. Krishaber {Revue scientifique, 2° sér., t. YI, p. 755, 1874). E. Bgd. et L. Hn.

CZERYWIAKOWSKI (Joskph-Raphael). Célèbre chirurgien polonais, mort le 5 juillet 1810. Après avoir fait des études à Pinsk, il se fit piariste, puis se rendit à Rome en 1771, où il pratiqua la chirurgie à l'hôpital du Saint-Esprit de Saxia. 11 vint ensuite à Paris pour se perleclionner dans son art et peu après, en 1779, fut nommé à la chaire de médecine pratique de l'Université de Cracovie. Malgré les entraves qu'apportaient à son enseignement l'ignorance fanatique et les préjugés ridicules de la population, il eut le courage d'ouvrir, en 1780, un cours d'anatomie ; c'est dans ces conditions qu'il forma un grand nombre d'élèves, et la république de Cracovie, reconnaissante des services rendus par lui, lui décerna, à l'occasion de la publication de l'un de ses ouvrages, une grande médaille commémorative en or. Du l'este Czerwiakowski n'épargna pas ses services à la patrie polonaise lors de la grande guerje de l'indépendance, sous Kosciusko, en 1794. 11 a publié :

I. Chirurgie septimafique, annoncée en 12 volumes, dont quatre seulement ont paru. —

II. De la nécessité de former de meilleurs médecins (en langue polonaise). Cracovie, 1791. —

III. Un grand nombre de Dissertations, que nous n'énumérerons pas. L. Un.

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