COPENHAGUE. VILLES
chiffres qui confirment ces deux lois que la phthisie est en moindre proportion dans les petites villes, et que son accroissement marche de pair avec celui de la population.
De 1866-75, les phthisiques ont constitué 136,5 pour 1000 des décès à Copenhague, et 129,7 dans les autres villes; l'ensemble des agglomérations urbaines donne un rapport de 152,8, c'est-à-dire du 7'^ ou du 8" des morts. Otto estimait que de 1833-56, à Copenhague, la phthisie avait formé les 122 millièmes des décès : l'accroissement est donc considérable ; la capitale du Danemark compte, du reste, une proportion de décès de phthisie plus élevée que dans la plupart des capitales européennes, à part Christiania et Stockholm (comme termes de comparaison, voy. Lombard, de Genève, ouv. cité, t. 11, p. 140, et Boudin, Géogr. méd.).
Hannover, de 1840 à 1849 (20 ans), avait relevé 348 décès sur 1000 chez les artisans de Copenhague, 230 chez les non-artisans ; et sur 1000 malades, 94 artisans phthisiques, et 60 seulement dans l'autre catégorie.
Les maladies franchement inflammatoires des voies respiratoires se montrent surtout fréquentes en hiver et au printemps sous l'influence des vents d'est, et au moment, par conséquent, où les pluies sont au minimum (Fenger). Elles sont aussi plus communes en été qu'en automne, sans que ce dernier auteur ait pu en trouver l'explication. Assez fréquentes dans la jeunesse, elles augmentent de nombre dans l'âge viril ; cette fréquence croît avec les années et atteint son maximum après 50 ans où elle est le quadruple de ce que l'on observe dans la jeunesse {ibidem).
La pneumonie et la pleurésie sont au nombre des plus fréquentes maladies aiguës de Copenhague, d'après Otto, et se montrent dès qu'un froid rigoureux succède à un temps de brouillards humides, et surtout quand le vent d'est a souflé pendant quelque temps ; près des 2/5 des inflammations aiguës traitées à l'hôpital Frédérik, de 1834-56, étaient des pneumonies ou des pleurésies. De 1822-53, d'après Boudin, la pneumonie entrait à Copenhague pour 65 sur 1000 dans la mortalité générale ; M. Lombard estime qu'avant 1865 les pneumonies formaient les 91 millièmes des décès à Copenhague et les 71 millièmes dans les autres villes de province.
Les statistiques de 1865-75 ont englobé sous la rubrique pneumonie iowi&'i les inflammations aiguës des organes de la respiration, et il devient impossible de faire la part de ce qui revient à la bronchite et à l'inflammation du parenchyme ou de la séreuse. Dans cette période, ces inflammations réunies repré-
sentent 108 pour 1000 de la mortalité générale à Copenhague et près de 84 dans les villes.
Des épidémies de coqueluche se sont montrées et se montrent encore à des intervalles très-indéterminés ; elles ne paraissent subordonnées aux influences d'aucune saison particulière, et quelques-unes ont été fort graves. Otto a surtout observé la coqueluche dans les classes pauvres de la capitale; de 1833-36 (4 ans), il a constaté une mortalité de 10,5 pour 100 des malades. Dans la période de 15 années considérée plus haut, le rapport à la mortalité générale a été de 17 pour 1000 décès généraux pour Copenhague, et de 19 pour les autres villes du royaume.
La diphthérite a régné épidémiquement à diverses époques et sous des formes graves, de 1846 à 1848 et en 1850, tant dans les îles que dans le Jiitland. Les statistiques danoises qui réunissent les angines simples et les angines <liphtlicritiques accusent par ces maladies, à Copenhague, une proportion de mortalité à 1000, de 8,1 seulement, qui s'élève à 17,8 dans les autres villes (1805-75). Trois épidémies de croup ont passé à Copenhague en 1823, et dans le district de Vejle en 1859 et 1844. Cette maladie est représentée par le rapport de mortalité 11,2 pour l'ensemble des villes; fait peu habituel, il est beaucoup plus faible à Copenhague, 6,4, que dans les villes, 15,9 (1866-75). En 1865, ces dernières avaient perdu jusqu'à 45,7. La maladie se montre pour ainsi dire chaque année dans l'hiver et dans la première partie du printemps, principalement quand les vents d'est prédominent ; elle est le plus souvent sporadique et attaque principalement les enfants des classes pauvres (Otto).
La (Uarthée occupe le premier rang parmi les maladies de l'appareil de la digestion^ comme cause de mortalité; la dysenterie est fort rare dans le Danemark proprement dit, qui n'a jamais été atteint par les épidémies du Slesvig et du Holstein. La première a fourni le chiffre fort élevé de 59,7 pour 1000 décès à Copenhague, et de 25 dans les villes.
Le choléra nostras, très-fréquent à Copenhague, suivant Otto, surtout en automne, provient du froid et de l'abus des fruits, surtout des fruits non arrivés à maturité. Malgré un appareil symptomatique en apparence sérieux, il guérit rapidement.
En été, on rencontre plutôt des fièvres bilieuses gastriques; cette pyrexie est si commune à Copenhague, d'après Hannover, qu'elle atteint à peu près le dixième des malades traités dans les hôpitaux civils.
Les maladies inflammatoires aiguës ou chroniques du ventre, entérite, péritonite, etc., les affections chroniques du foie et de la rate, rarement développées sous l'influence des fièvres intermittentes du pays, figurent en résumé pour 40,5 et 45,6 à Copenhague et dans les villes danoises, et en dehors de la diarrhée (1866-75).
Les affections aiguës et chroniques des centres nerveux (à l'exclusion
des maladies mentales) ont entraîné à la même époque une mortalité de 156
pour 1000 dans la capitale, et de 164 dans les villes secondaii'es ; chiffres plus
élevés que partout ailleurs dans les grandes villes européennes (Lombard, ouv.
cité, t. II, p. 144). Dans ce groupe, nous avons fait figurer : 1" Vapoplexie
(22 et 24) , plus fréquente à Copenhague au printemps et à l'automne d'après
Otto ; en hiver et en automne suivant Hirsch, le printemps venant au troisième
rant^ et Tété en dernier lieu. C'est le retour du froid en novembre, décembre
et janvier, qui provoque un plus grand nombre d'hémorrhagies cérébrales, et
es variations de température si accentuées à Copenhague agissent dans le nême sens que le froid. Le chiffre mortuaire de l'apoplexie à Copenhague, )Our une période de 11 années, a été trouvé de 11,0 sur 10 000 habitants )ar Hirsch. Il en résulte que Copenhague aurait moins d'apoplexies que la )lupart des grandes villes des autres Étals de l'Europe.
2° Les convulsions., Védampsie et le tétcmos des nouveau-nés. Le chiffre éthifère pour les deux premières a été de 53 à Copenhague et de 65,5 dans es villes, pendant le décennium ci-dessus. 51. Lombard fait remarquer qu'à Dart Amsterdam ces chiffres sont plus élevés dans les villes danoises que dans les villes du Nord, mais il est difficile d'en pre'ciser la cause. L'influence du îlimat semble peu probable, attendu que les convulsions sont plus fréquemment naortelles dans les villes de province comparées à la capitale : « Ce fait est probablement ethnique, pense M. Lombard, et tient à quelque défaut dans les soins que l'on donne aux nouveau-nés et aux très-jeunes enfants » {oiiv. cit., p. 141).
Otto dit le tétanos très-rare à Copenhague, et provenant, quand il se montre, le traumatismes graves. 11 est donc à supposer que les 270 et 510 cas de tétanos mentionnés dans les statistiques danoises de 1866-75, pour la capitale 3t les autres villes, ne sont pour la plupart que des cas de trisinus neo-natorum.
3° La méningite, Veyicéphalite, la myélite, Vhydrocéphalie aiguë, comptent pour 49 et 45 dans les décès de Copenhague et des villes.
4° La méningite cérébro-spinale épidémique s'est montrée pendant quatre années consécutives en Danemark; sa première apparition eut lieu en 1845, dans le district de Frysenburg d'oii elle se répandit dans le Jutland et en Seland. Elle reparut dans l'hiver de 1846 et pendant les deux mois suivants en Seland et dans la plupart des villes danoises. Depuis, pas de nouvelle apparition. En Danemark comme en Angleterre, en Suède et en Norvège, ces épidémies n'ont frappé que la population civile et ont complètement épargné les casernes.
Otto rapporte que les maladies spasmodiques sont extrêmement nombreuses à Copenhague, parmi les classes les plus pauvres particulièrement. La chorée pourtant est assez rare, et se montre surtout, d'après cet auteur, aux approches de la puberté, faits qui ne concordent pas avec la fréquence du rhumatisme dans celte ville, soit que l'on considère comme cause de la chorée le rhumatisme en lui-même, ou plutôt les maladies cardiaques dont le rhumatisme est si fréquemment le point de départ, selon l'opinion de Jaccoud {Leçons cliniques de riiôp. de Lariboisière, 1872). Mais Y hystérie se rencontre très-commune dans toutes les classes ; Otto affirme que le plus grand nombre des femmes dans les hautes classes sont hystériques, ce qui n'implique pas l'absence de la maladie dans les classes pauvres, car le même médecin l'a rencontrée 28 fois sur 1000 parmi les malades de l'hôpital Frédérik.
L'épilepsie donne une mortalité de 6 à 7 sur 1 000 décès.
Les aveugles et les sourds-muets sont au nombre de 6 et 7 sur 10 000 habitants [voy. Lombard, ouv. cité, p. 144).
Aliénation mentale. Olto et Hubertz ont fourni pour deux périodes peu éloignées l'une de l'autre des renseignements très-précis sur l'aliénaton mentale en Danemark, mais qui roulent sur la totalité de l'ancien royaume. De 1832- 36, le nombre annuel des malades reçus à l'hôpital Saint-Jean, de Copenha<^ue
s'éleva en moyenne à 150 et 170, dont 57,3 pour 100 du sexe masculin : il y eut 179guérisons sur 368 cas; 32,5 pour 100 parmi les hommes étaient célibataires ; 22 parmi les femmes. Les âges compris entre 30-50 ans ont prévalu chez les hommes, entre 50-40 chez les femmes. Le plus grand nombre des entrées a lieu dans les trois mois les plus chauds, juin, juillet, aoiit; l'automne vient en deuxième ligne, puis le printemps, mars, avril et mai ; le minimum appartient aux trois mois d'hiver. Sur ces 368 entrées, il y eut 95 cas de manie et 45 de monomanie. Otto voit dans l'alcoolisme la cause la plus fréquente de la folie, 14 pour 100 des entrées ci-dessus; l'épilepsie vient en second lieu. La plupart des décès d'aliénés eurent lieu par phthisie pulmonaire.
Le recensement au 1'^'' juillet 1847 a fourni à Hubertz des renseignements plus complets sur les maladies mentales. On relevait à cette époque en Danemark, sur une population de 1 391 100 âmes, 1 aliéné sur 790 (1,26 sur 1000) et 1 idiot sur 687 habitants (1,43), soit une proportion de 2,70 aliénés et idiots. (Miez les premiers, le sexe masculin figure pour un rapport de 45 à 100, les femmes pour 55 ; dans la seconde catégorie, les hommes entrent pour 55, les femmes pour 47. A cette époque, le nombre des idiots qui, d'habitude, est sensiblement inférieur à celui des fous dans la majorité des divers États européens, était donc en Danemark notablement plus élevé. La folie est plus fré- <iuentc chez la femme ; la proportion des idiots l'emporte dans l'autre sexe. Comme partout ailleurs, on a constaté plus d'aliénés parmi les célibataires et surtout parmi les veufs que parmi les mariés, ainsi, pour 1000 habitants :
MARIES
Sexe masculin 0,59
Sexe féminin 0,82
Totaux 1,41
CELIBATAIRES.
VEDFS.
Les aliénés (idiots exclus), classés par âges au moment de la manifestation de la maladie, se répartissent ainsi qu'il suit d'après Hubertz (pour 100 aliénés) :
De 0-5 ans -i,53
De 40-50 ans 12,85
Ages inconnus 7,85
il y a lieu de faire des réserves pour les rapports qui indiquent dans les basâges de la vie un nombre d'aliénés beaucoup trop élevé, du moins d'après les observations faites dans les autres pays.
37 pour 100 des aliénés proviennent des villes; 63, des campagnes. Les villes fournissent 11 pour 100 des idiots, et la campagne 89 (census de 1855); c'est un aliéné pour 781 habitants dans les villes, et pour 1772 dans les campagnes. Dans les îles, la proportion des aliénés et des idiots est de 2 à 3 sur 100 habitants; elle s'élève à 3-5 parmi la population moins dense du Jutland. Laaland est l'île qui fournit la proportion la plus faible, elle s'élève rarement à 2 ; dans le Vandful, elle monte à 6 pour 1000 habitants (Rey).
On comptait sur 1000 habitants de chaque culte en 1847 : 3,54 catholiques aliénés, 5,85 juifs; 9,16 calvinistes et 2,70 luthériens. Ces derniers seraient donc moins atteints que les dissidents ; mais il y a peu de confiance à accorder
à ces rapports en raison de l'imperfection des statistiques sur les cultes à la même époque.
Sur 3756 cas d'aliénation et d'idiotisme, 660 complications diverses ont été notées, dont voici les principales dans les deux sexes pour 1000 :