HOMMES. FEMMES
Épilepsie 36,2 29,0
Paralysie 7,7 5,7
Surdi-mutité 23,6 U,5
Surdité 2,1
Cécité 5,8 2,9
Etc.
De 1867-76, il y a ou à Copcngague 1 ,5 et dans les villes de province 3,9 décès d'aliénés sur 100 décès généraux.
Les maladies mentales se présentent dans les hôpitaux civils avec une supériorité de nombre marquée chez les relieurs, les tailleurs et les cordonniers (Ilannover) ; pour les premiers, ajoute l'auteur que nous venons de citer, la lecture superficielle des livres qui leur tombent entre les mains, pour les autres, un travail sédentaire qui leur permet de se livrer à toutes sortes de rêveries religieuses et autres, etc., peuvent donner l'explication de ces désordres intellectuels parmi ces proléssions. Fonder, médecin de l'hospice des aliénés de Copenhague, a fourni des statistiques qui confirment ces assertions du docteur Hannover.
Comparé à d'autres pays, le Danemark occupe le second rang de fréquence pour l'aliénation mentale ; la Norvège est le seul pays qui en ait davantage (340) ; toutes les autres nations sont plus favorisées que le Danemark, puisque la Saxe en compte 260, l'Irlande 150, la France 130, la Bavière 110, la Belgique et la Suède 100, l'Ângleteire et l'Ecosse 90 pour 100 000 habitants (Lombard).
L'alcoolisme trouvera ici sa place en raison des relations de causalité qui l'unissent si fréquemment à l'aliénation mentale ; sous la forme de delirium treniens, c'est une des causes fréquentes de mort en Danemark, et ses ravages sont surtout imputables à l'eau-de-vie. Le prix relativement élevé de ht bière, la boisson nationale, l'influence d'un climat froid et humide, expliquent jusqu'à un certain point cette appétence de la population danoise, dans les basses classes, pour les spiritueux. L'hydromel entre pour une certaine part dans la consommation des boissons alcooliques, le vin pour une très-faible quantité, car en 1873 la consommation individuelle de vin en Danemark ne s'élevait qu'à 0''',96. En revanche, dès 1845, celle de l'alcool pur était de 16"S51 par tète.
De 1826-36, le delirium tremens figurait pour 42 entrées sur 1000 à l'hôpital Frédérik, et avait causé un décès sur 6 (Otto). Hannover rapporte que les cas d'alcoolisme avaient presque doublé de 1830-47, et que l'abus des alcooliques causait le plus ordinairement la mort des sujets, soit par l'intensité des symptômes, soit par la gravité des complications; il avait constaté le delirium tremens plus spécialement parmi certaines professions, maçons, cabaretiers, cordonniers, etc.;... nous avons vu plus haut que ces derniers fournissent une proportion élevée d'aliénés. Certaines grandes corporations n'en avaient pas présenté un seul cas dans le cours de vingt années, boulangers, peintres, etc. (Hannover). Bang a rencontré le délire alcoolique en plus grand nombre parmi les cultivateurs, les soldats et les gens de lettres, et il l'a observé 10 fois seulement chez la femme, à Copenhague, sur un total de 456 cas. La maladie éclate plus
particulièrement en mai, juin et juillet, probablement sous l'influence de la chaleur el des changements atmosphériques.
Les cas d'alcoolisme ont, depuis, augmenté en Danemark comme ailleurs; les statistiques danoises pour le décennium 1866-76 signalent le delirium tremens comme ayant déterminé 6,7 pour 1000 des décès à Copenhague, et 10,8 dans les autres villes, en moyenne 8,8 pour les villes, proportion supérieure à celle de quelques autres grandes cités mises en parallèle par M. Lombard : villes britanniques, entre 2 et 4; Francfort, 5; Hambourg, 4,8, etc. L'alcoolisme est donc plus répandu en Danemark qu'en beaucoup d'autres pays.
L'abus du tabac est poussé aussi loin que celui de l'alcool ; on fume dans toutes les classes de la société, dit Otto. Le Danemark consomme par an, et par 100 habitants, 100 kilogrammes de tabac, la France 81, la Norvège 102,5, la Belgique 250 (chiffre maximum), la Suède 34 (chiffre minimum), etc.
Les maladies des organes de la circulation n'occupent qu'une place relativement assez restreinte dans la mortalité générale. Les inflammations aiguës des séreuses cardiaques sont rares à Copenhague, et il y a lieu de s'en étonner, si l'on considère la fréquence du rhumatisme dans cette ville. Les maladies organiques du cœur, hypertrophie, dilatations, ossifications valvulaires, etc., y sont moins rares, 55,5 des décès et 21,1 dans les autres villes. L'anévrysme n'est pas commun. En somme, les affections du système circulatoire dans leur ensemble fournissent un chiffre léthifère de 39,2 à Copenhague, et de 26,8 dans les villes.
Maladies du système locomoteur. Le rhumatisme dans ses différentes formes se rencontre à Copenhague, dans tous les âges, chez les deux sexes, dans toutes les classes et toute l'année, même en été ; la forme chronique est plus commune, les deux formes sont toutefois plus tenaces que dangereuses, et les métastases sont comparativement rares (Otto). La goutte et les hémorrhoïdes sont extrêmement communes dans la capitale.
En comparant le chiffre léthifère (5 à 7 pour 1000) des maladies rhumatismales ou goutteuses aiguës et chroniques, à Copenhague, aux chiffres fournis par d'autres grandes villes, M. Lombard est arrivé à cette conclusion que Londres est la seule ôii l'on ait autant de décès de ce genre, que le rhumatisme est une des maladies les plus répandues en Danemark, et qu'il y est en outre plus grave et plus souvent mortel qu'à Christiania, Bruxelles, Edimbourg, Amsterdam, etc.
Les maladies chroniques des os et des articulations relèvent pour la plupart de la diathèse scrofuleuse et n'offrent rien de spécial. Le rachitisme semble assez répandu.
Parmi les maladies des organes génito-urinaires , Otto signale la fréquence de la gonorrhée, de la leucorrhée chronique, chez les femmes hystériques surtout, entretenue peut-être par l'abus du thé. Les inflammations de la vessie et des reins dans leur forme franche ne sont pas communes; les statistiques les plus récentes ne signalent, en effet, qu'une mortalité de 6,3 ^at néphrite, pyélile et cystite. Pourtant, la maladie de Bright fournit un contingent mortuaire de 10,8 à Copenhague et de 9,6 dans les villes. La métrite serait assez peu fréquente à Gopenliague, et il en est de même des maladies utérines en général, polypes, déplacements, etc.
La mortalité par lithiase urinaire est de 1,3 dans la capitale, et de 1 dans les villes de province, proportion] plus élevée que celle de Londres (0,0), d'Amsterdam (0,33), Christiania (0,77) ; les calculs urinaire. sjnt beaucoup plus cora-
nmns dans certaines villes secondaires telles que Aarliuus et Odensee qu'à Copenhague. Civiale avait relevé 4,5 calculeux par 10 000 habitants dans la capitale, 7,5 à Aarhuus, 11,4 à Odensee, sans qu'il soit possible de donner l'explication de cette plus grande fréquence des calculs dans certaines régions des îles et de la terre ferme.
La gravelle, liée à la goutte, serait beaucoup moins fréquente à Copenhague qu'en d'autres p;iys (Otto).
Les épidémies de fièvre puerpérale ont été souvent observées à Copenhague dans le dernier siècle, de 1765 à 1791, et dans le siècle actuel, les années 1829, 1855-44, ont compté de nombreux décès de ce genre dans Ja plupart des villes. Entre 1853-75, le rapport de la mortalité par cette maladie s'est trouvé de 14,4 à Copenhague et de 9,4 dans les autres villes. 11 y a, du reste, de grandes variations suivant les années.
Dans les maladies subordonnées à des altérations de la nutrition, le scorbut et la chlorose doivent être plus spécialement mentionnés. D'après Piper, le scorbut a été fréquent en Danemark jusqu'au dix- huitième siècle ; on l'a môme signalé comme épidémique de 1783 à 1799. Otto, en 1836, le considérait comme aussi rare que la dysenterie; il s'est montré dans les prisons en 1846-47. Il fournit encore, de nos jours, 1 à 2 décès sur 1000.
Dans le travail que nous avons eu déjà l'occasion de citer, le docteur Cold a présenté des observations intéressantes sur la fréquence de la chlorose dans les communes rurales de Seland, Frederiksvaerk et ses environs, sur leRoskildefiord. « Le temps présent, dit-il, est un temps anémique,» et les chiffres qu'il fournit à l'appui de cette assertion confirment l'accroissement de fréquence de la maladie et de sa gravité, aussi bien dans la population riche ou aisée des campagnes que chez les pauvres. La population féminine est atteinte dans la proportion de 7 sur 1000 dans ces paroisses rurales, et de 13, si on l'envisage seulement entre les âges de 6 à 40 ans. 11 a eu à traiter 11,5 pour 100 de la population féminine entre 11 et 25 ans, ce qui ne représente pas encore le nombre total des chlorotiques entre ces âges, un certain nombre se bornant à un traitement purement domestique. La maladie se montre principalement de 16 à 20 ans, c'est-à-dire à partir de l'époque de la menstruation ; le plus grand nombre des malades appartient aux âges de lia 25 ans, 85 à 87 pour 100. L'été (juin et juillet) amène le plus grand nombre de cas ', le mois de décembre est le mois le moins chargé ; la maladie commence au printemps, est traitée pendant l'été et diminue considérablement en automne. Septembre et octobre sont pourtant favorables aux reprises, qui, de novembre à mars, c'est-à-dire pendant l'hiver, ne se reproduisent plus.
Les scrofules sont des plus fréquentes à Copenhague ; plus répandues dans les classes pauvres, elles sont loin d'être rares dans les familles des hautes classes et se montrent avec leur cortège symptomatique ordinaire. Les traces extérieures habituelles de la constitution scrofuleuse sont fortement accusées dans le peuple danois (Otto). C'est une des maladies qui caractérisent la pathologie danoise.
Aucune autre grande ville en Europe ne présente un rapport de mortalité par le cancer aussi élevé que Copenhague, 38,9 ; dans les villes danoises, il monte à 29,1 (1866-75). Peut-être, comme le pense M. Lombard, cette prédominance de la capitale tient-elle à ses hôpitaux où les cancéreux viennent séjourner et mourir. En tout cas, on ne trouve une proportion aussi élevée nulle part, ni à Londres, 20 à 1000 décès, ni à Stockholm, 24, à Christiania, 29, etc.. DICT. ENG. XXV. 29
Les maladies vénériennes dans les villes commerciales du Danemark n'offrenl pas plus de fréquence que dans les centres maritimes des autres pays. Mais il existe encore dans quelques districts du Jutland une maladie considérée depuie longtemps comme endémique et sur la nature syphilitique de laquelle on est bien fixé aujourd'hui. La syphiloïde juilandaise (Van Dcurs) ne semble pas avoir été bien connue ni observée avant le milieu du siècle dernier; ce ne fut que vers 1775 que ses ravages excitèrent l'attention du gouvernement danois. Elle semble avoir pris naissance en Fionie, probablement par importation étrangère, et de là se répandit dans le pays. L'établissement d'hôpitaux dans les villes maritimes, la distribution d'instructions populaires indiquant les symptômes les plus essentiels de la maladie et son mode de propagation, contribuèrent à ralentir ses progrès. Elle diminua d'aboid en Fionie et finit par disparaître dans les parties sud et est du Jutland. Vers 1836, Otto la disait encore endémique dans le nord de la péninsule, dans les biiilliages d'Aalberg, d'Hioring et de Thisted, et dans quelques autres localités du S. 0. La description qu'en ont faite Lillie, Van Deurs, Otto, etc.,.. ne laisse aucun doute qu'elle soit née d'une infection syphilitique. Toutefois, Lillie (1777) avait pensé qu'elle se distinguait de la vraie syphilis par ce fait que les malades avaient rarement la gononhée; Van Deurs en a fait une espèce à part et lui a appliqué le nom de syphiloïde ou syphilis des innocents (S. insonfi«(m) pour cette seule raison qu'elle se transmettait principalement par les cuillers, les vases, les habits et les literies dont on se sert en commun. Pour Hassing, en effet, il n'est pas douteux que la transmission ait lieu par l'intermédiaire des acccidents secondaires et principalement par le moyen des tuberculeux muqueux. Aujourd'hui, la syphiloide jutlandaise, comme le sibbens d'Ecosse, comme hradezyge de Norvège et d'Islande, comme le marsksydom ou morbus venereus Dithmarsensis dans leHolstein, etc.,... est rentrée, selon l'expression de Boeck, dans le giron de la syphilis commune, et l'efficacité du traitement antisyphilitique a dissipé tous les doutes foi'mulés sur sa nature (V. J, Rochard, [Étnde synthétique sur les maladies endémiques, 1871).
Plus heureux que l'État voisin, la Norvège, le Danemark est aujourd'hui complètement indemne de la lèpre ou spedalsked des pays Scandinaves ; la maladie en a complètement disparu depuis le milieu du dix-huitième siècle.
En fait de maladies parasitaires, Otto a signalé la gale comme étant autrefois
universelle en Danemark. Les Danois seraient très-rarement attaqués de vers
cestoïdes, d'après 0. Fr. Mûller {Goeze, Natiirgesch.,-p. 22, cité par Rudolphi). La
trichina spiralis a été observé par Mônster et Sviter {Bibliotek for Lceger,
Cop., 1845).
La rage est apparue sous forme épizootique en Danemark en 1815 et 1824; plus récemment, en 1886, une nouvelle apparition de la maladie a entraîné l'abatage de 1315 chiens, par la police seulement, à Copenhague.
Otto signale de fréquents empoisonnements dans le Jutland principalement et dans les basses classes par un fromage (Kiiapost) préparé avec du lait aigri, les symptômes sont ceux des poisons acres, quelquefois des poisons narcotiques; hallucinations, vertiges, etc.. L'issue n'est pas fatale et la guèrison a lieu en peu de jours par les évacuants et l'opium. Otto attribue ces accidents à la formation de sels ammoniacaux pendant la fermentation.
En résumé, ce que l'on rencontre déplus caractéristique dans la pathologie du Danemark proprement dit, c'est la fréquence de la phthisie, de la chlorose, de
DANEMARK {bibliographie). 451
la scrofule et du cancer. Les endémies anciennes, telles que les maladies de malaria et la syphilis du Jutland, sont, de nos jours, à peu près éteintes; le chiffre des suicides a semblé également décroître dans ces dernières années, mais l'aliénation mentale [ne s'est pas atténuée et l'alcoolisme grandit comme ailleurs. D'un autre côté, les épidémies sont rares ou peu meurtrières et, en définitive, la morbidité est peu considérable, puisque la mortalité du pays est une des plus faibles de l'Europe. D'où cette conclusion formulée par M. Lombard: que les Danois sont très-favorisés, non-seulement pour leurs conditions démographiques, mais aussi pour la bénignité de leur pathologie. Bourel-Roncière.
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DANIEL (Les). 455
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DAIVETA. Nom donné par quelques auteurs anciens à la Tanaisie. Pl.
DAIVGER (E.-P.). Chimiste fran(,^ais, né vers 1800, connu par ses expériences sur l'arsenic, l'antimoine et le mercure, faites en collaboration avec Ch. Flandin. « Orfila avait émis l'opinion qu'il existait naturellement dans les tissus humains, principalement dans les os, de l'arsenic, qu'il appelait normal. Danger et Flandin, dans l'ouvrage intitulé : De V arsenic, suivi d'une instruction propre à servir de guide aux experts dans les cas d'empoisonnement, etc., 1841, in-8", se sont attachés à prouver : 1° qu'il n'entre point d'arsenic dans le corps humain; 2» que les taches qu'on prend pour arsenicales ne sont que des taches organiques, c'est-à-dire provenant de la nature des organes ; 3° que ces taches en effet disparaissent alors qu'on a calciné complètement ces organes et charbonné la matière au moyen d'un appareil de leur invention et d'acides puissants. L'Académie des sciences a confirmé ces expériences » (Biogr. Didotj. On a encore de Danger :
L'art du souffleur à la lampe, ou moyen facile de faire .loi-même, à très-peu de frais, tous les instruments de physique et de chimie, etc. Paris, 1829, in- 12, 4 pl. L. Hn.
DAIVIEL (Les).
Daniel (Christian-Friedrich). Médecin allemand, né le 13 décembre 1714, à Sondershausen, oii son père était conseiller provincial et premier bourgmestre. Il reçut sa première éducation dans sa ville natale, puis en 1733 se rendit à léna, pour y apprendre la médecine et écouler les leçons de maîtres célèbres, tels que Wedel, Hamberger et Teichmeyer. Deux ans après, il passa à l'Université de Halle, où il devint le secrétaire et le commensal du grand Hoffmann ; il vécut ainsi pendant sept ans dans l'intimité de cet illustre savant.
Reçu docteur en 1742, Daniel exerça l'art de guérir à Halle, devint médecin pensionné de la ville et de plus conseiller et médecin du prince de Schwarzburg- Sondershausen. Il mourut en 1771, laissant :
I. Diss. inaug. de specialissima medendi methodo omnis felicis curationis fundamento . Halœ, 1742, in'4°. — II. Beytrâge %ur medicinischen Gelchrsamkeit in welchen Iheils auserlesene und niitzliche Materien abgehandelt, theils allerhand merkwûrdige Casus vorgetragen iverden. Halle, 1746-1755, in-4°. — III. Sammlung medicinischer Gutachlen und
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Zeugnisse, etc. Publié par C.-F. Daniel fils. Leipzig, 1776, in-S". Suppl., ibidl., 1777, in-8».